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 Comprendre les sources du judaïsme

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MessageSujet: Comprendre les sources du judaïsme   Jeu 04 Aoû 2016, 15:58

Comprendre les sources du judaïsme

Nicolas Senèze, le 10/07/2016 à 11h12

À l’occasion de la session « Découvrir le judaïsme », organisée du 12 au 17 juillet à Paray-le-Monial, regard sur les textes fondamentaux à la base de la foi juive.



Un scribe achève de transcrire à la plume une copie de la Torah, un acte sacré, dans une synagogue à Berlin. / Carsten Koall/Getty Images

► Torah

La source primordiale du judaïsme est d’abord la Bible : le mot venu du grec ta biblia et qui a fait florès dans le christianisme est d’ailleurs la traduction exacte de l’hébreu ha-sefarim, « les livres ». Légèrement différente de la Bible chrétienne, la Bible hébraïque est une collection de livres répartis généralement en trois parties : la Torah (le Pentateuque, les cinq premiers livres relisant l’histoire de la Création à la mort de Moïse), les Prophètes et les Écrits.

Dans cet ensemble, la Torah, attribuée à Moïse lui-même, tient une place particulière. Souvent traduite par « loi », « Torah » vient en fait de la racine hébraïque yrh signifiant « enseigner ». En effet, même si la Torah énonce 613 commandements, elle « ne se limite pas à des prescriptions juridiques ou rituelles, souligne le Dictionnaire encyclopédique du judaïsme (1). Le sens de ce mot renvoie plus généralement à l’idée d’instruction ».

En outre, pour les sages juifs, à côté de la Torah écrite du Pentateuque existe aussi une Torah orale, transmise à travers les générations de maître à élève depuis Moïse lui-même. Toutes deux sont complémentaires, la Torah orale venant expliquer l’écrite. « Par exemple si la loi écrite ordonne :”Tu ne travailleras pas le shabbat”, la loi orale a pour objet de définir avec précision quels genres de travaux constituent une violation de ce commandement » (1).

► Halakha et haggada

« Les rabbins tirent de l’Écriture des règles qui, régissant toute l’existence du juif, visent à le faire vivre, ici et maintenant, dès ce monde-ci, dans le “royaume des cieux” », expliquait le grand rabbin Charles Touati (2) pour qui « l’interprétation vivante vivifie la lettre ». Cette façon de vivre la règle transmise par la Tradition s’appelle la halakha (du verbe halokh, « marcher »), manière de rappeler le précepte biblique : « Tu informeras les gens des décrets et des lois, tu leur feras connaître le chemin à suivre et la conduite à tenir » (Exode 18, 20).

Une règle veut que, en cas de divergence entre deux sages, l’opinion du sage le plus récent l’emporte car, « tel un nain juché sur les épaules d’un géant », il peut voir plus et raisonner plus juste. Pour interpréter l’Écriture, les sages du judaïsme utilisaient une méthode appelée midrash (de la racine hébraïque drsh, « interroger, étudier ») pour aller au-delà du sens littéral du texte et en dégager le sens profond. Au début du Moyen Âge, le midrash se divise en deux branches : le midrash halakha (qui reprend l’enseignement dispensé dans les académies et a une portée plutôt juridique) et le midrash haggada (élaboré à partir des sermons des synagogues, de portée plus morale).

Car, au-delà de la législation, les rabbins s’attachent à forger l’âme du peuple juif et développent toute une littérature faite de maximes, de légendes et d’enjolivement du récit biblique : c’est la haggada (de higgid, « raconter »). Si les haggadot n’ont pas la même autorité que la halakha, ils l’influencent et sont d’une grande richesse spirituelle.

► Mishna

Après la destruction du Temple de Jérusalem (70 ap. J.-C.), redoutant la disparition de la loi orale, les rabbins décidèrent de mettre en ordre les traditions reçues. Une compilation systématique de la Torah orale est mise en œuvre par Rabbi Aqiba (mort en 135) et poursuivie par ses disciples : la Mishna (de shanah, « répéter ») est publiée vers 200 par Yehouda Ier, dit « Rabbi ».

Construite en six parties (d’où son nom abrégé ShaS pour Shisha Sedarim, « six sections »), la Mishna recense les opinions d’environ 150 sages, commençant par les opinions minoritaires – afin de souligner qu’elles sont prises en compte – avant d’établir l’opinion halakhique introduite par l’une des deux phrases consacrées : « Rabbi Yehouda dit que… » ou « Mais les sages déclarent que… » Quant aux traditions qui n’ont pas été retenues par la Mishna, elles forment la barayta (mot araméen signifiant « extérieur »).

En systématisant ainsi la halakha, Rabbi Yehouda a-t-il voulu élaborer un code définitif et impératif à partir duquel prendre toute décision halakhique, ou a-t-il voulu se contenter de constituer un manuel de base pour l’étude de la halakha au sein des académies ? La question ne cesse de diviser le judaïsme.

► Talmud

Quoi qu’il en soit, la Mishna devint l’objet principal de l’étude des rabbins qui, du IIIe au Ve siècle, se donnent pour tâche d’en élucider les textes : c’est ce que l’on appellera la Gemara (de l’araméen gemar, « ce que l’on apprend de la tradition »). La Mishna et la Gemara donneront naissance au Talmud (de la racine lmd, « étude ») dont il existe deux compilations : le Talmud de Jérusalem, élaboré au IVe siècle, principalement à Césarée et à Tibériade, et le Talmud de Babylone, élaboré au VIIe siècle en Babylonie, notamment dans les académies de Soura et Poumbedita (actuel Irak).

Du VIIe au XIe siècle, les recteurs de ces académies, en relation étroite avec les communautés juives du pourtour méditerranéen, diffusent le Talmud de Babylone et posent le principe de sa suprématie sur le Talmud de Jérusalem. Pour Rabbi Isaac Alfassi (1013-1103), en effet, les rédacteurs du Talmud de Babylone avaient celui de Jérusalem sous les yeux : s’ils ont rejeté une de ses opinions, c’est en toute connaissance de cause…

Œuvre « la plus gigantesque du judaïsme » avec la Bible pour le grand rabbin Touati, le Talmud, imprimé dès 1520 à Venise, va devenir l’objet central – et parfois exclusif – de l’enseignement juif à travers le monde. « Les juifs ont consacré au Talmud des efforts extraordinaires parce que cela satisfaisait en général tous leurs besoins, écrit le grand rabbin Touati : quand les autres sciences leur étaient fermées, le Talmud comblait leurs besoins intellectuels par sa dialectique serrée qui aiguisait leur esprit, leurs besoins affectifs par ses aggadot édifiantes et consolatrices, leurs besoins d’évasion, de surnaturel et de merveilleux par ses contes et légendes. Pour les juifs dispersés à travers le monde et privés d’autorité centrale, il fut un remarquable facteur d’unité. »

http://www.la-croix.com/Religion/Judaisme/Comprendre-les-sources-du-judaisme-2016-07-10-1200774859

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MessageSujet: Re: Comprendre les sources du judaïsme   Jeu 04 Aoû 2016, 15:59


L'identité juive se fonde d'abord sur la Torah

le 28/11/2007 à 18h01

Pour Théo Klein comme pour Armand et éliette Abécassis, ni la Shoah ni l'État d'Israël ne peuvent constituer les fondements de la judéité

On connaissait le parcours exemplaire et les interrogations spirituelles du juif laïque Théo Klein, depuis les entretiens avec Sophie de Villeneuve (1). Ce Parisien engagé chez les Éclaireurs israélites puis dans la Résistance, devenu avocat (à la tête d'un gros cabinet d'affaires parisien), s'impliqua durant les années 1950-1960 dans les activités du Fonds social juif unifié. C'est par son métier - un projet de télévision en Israël - qu'il découvre, tardivement, l'État d'Israël, en 1956. « À l'époque, je ne parlais pas encore bien l'hébreu, mais j'ai violemment ressenti le sentiment que j'arrivais chez moi », explique-t-il à Jean Bothorel, journaliste et écrivain. Un sentiment qui ne l'a jamais abandonné, au point qu'il deviendra citoyen israélien.

Après la guerre des Six Jours et la prise de conscience qu'elle provoqua chez un grand nombre de juifs, Théo Klein s'engage dans sa communauté jusqu'à être élu président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) jusqu'en 1973, puis de 1983 à 1989, participant activement aux débats en France et à la vie publique en Israël, du fait de ses amitiés avec Moshe Dayan et Shimon Peres. Ses positions nuancées lui ont valu des incompréhensions, même dans sa propre communauté. Ainsi, sur le conflit israélo-palestinien, il croit au rapprochement « inéluctable » des peuples juif et arabe, et milite pour un « Benelux moyen-oriental ». Il refuse de parler d'antisémitisme pour désigner des actes de violence contre les juifs dans certains quartiers de « non-droit » : ce serait, dit-il, « ébranler profondément la paix sociale, renvoyer les uns aux erreurs tragiques et criminelles, et les juifs au sentiment terrible de l'absence des générations perdues ».

Mais c'est sur l'identité juive que cet homme, qui dit n'avoir « jamais » eu la foi, touche le plus. Il s'interroge sur son rapport à la Torah, au Talmud et à la yiddishkeit (une philosophie de la vie mêlant « pessimisme scrutateur et optimisme sans mesure »). « Ni la Shoah ni l'État d'Israël ne constituent les fondements de la judéité », répond-il aux jeunes générations souvent plus intolérantes. Pour Théo Klein, « on ne peut se déclarer valablement juif qu'en étant porteur de la Torah ».

Cette même interrogation - « qui suis-je, moi qui suis né au sein du peuple juif ? » - sert de fil conducteur à Armand et éliette Abécassis, père et fille associés pour la première fois dans une anthologie des grands textes et auteurs du judaïsme, de la Genèse à Karl Marx et Sigmund Freud, en passant par Maïmonide et Gaon de Vilna, Baruch Spinoza et Stefan Zweig, Amos Oz et Georges Perec, Emmanuel Levinas et Bernard-Henri Lévy, ou encore Heinrich Heine et Theodor Herzl… Pour chaque auteur (en neuf parties : deutérocanoniques, kabbale, littérature, face au mal, humour…), un texte d'une demi-page a été retenu, avec le souci de « délivrer une idée de la tradition et de l'identité juives ». Cette identité juive, perçoit-on au fil de l'anthologie, n'est pas fixée une fois pour toutes mais se recrée à chaque génération, traversant les crises et résistant aux pouvoirs qui veulent la dissoudre.

http://www.la-croix.com/Culture/Livres-Idees/Livres/L-identite-juive-se-fonde-d-abord-sur-la-Torah-_NG_-2007-11-28-528370

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MessageSujet: Re: Comprendre les sources du judaïsme   Jeu 04 Aoû 2016, 16:01


Rencontre avec Adin Steinsaltz, "Rachi des temps modernes"

le 15/02/2008 à 17h00

Considéré comme l'un des maîtres du judaïsme contemporain, il est "la" référence en matière d'édition et de traduction du Talmud : on parle désormais du Steinsaltz comme on parle du Larousse !


Considéré comme l'un des maîtres du judaïsme contemporain, il est "la" référence en matière d'édition et de traduction du Talmud : on parle désormais du Steinsaltz comme on parle du Larousse !

On le croirait tout droit sorti d'un shtetl - ces petites villes juives d'Europe de l'Est -, avec sa pipe et sa barbe blanche de « vieux juif » à la Rembrandt. Sa pensée ne date pourtant pas d'un autre temps !

D'une voix amusée, il parle tour à tour de recherches mathématiques, de biologie moléculaire, d'écoles psychanalytiques, prenant plaisir à citer un écrivain russe ou un philosophe français, et d'autres ouvrages encore, mémorisés par son esprit encyclopédique et sa curiosité universelle, plutôt rare chez les rabbins orthodoxes qui n'ont généralement fréquenté que l'école talmudique.

« À 10 ans, je lisais Le Décaméron de Boccace, à 11 ans, j'avais lu Freud, à 12 ans j'avais terminé Le Banquet de Platon, un livre qui m'a fait grande impression… Tous ces livres me reviennent comme des devinettes, au fil de mes souvenirs. » Il n'empêche : c'est d'abord comme grand maître du Talmud qu'Adin Steinsaltz est connu et reconnu. Au point d'être surnommé, par ses nombreux admirateurs, le « Talmud vivant » ou le « Rachi des temps modernes »…

Sa passion pour le Talmud, Adin Steinsaltz la fait remonter à l'âge de 10 ans, lorsque son père, nourri au sionisme socialiste tolstoïen, l'envoie se former chez un ami de Jérusalem, ancien professeur du séminaire rabbinique de la rue Vauquelin à Paris. « Je me fiche de savoir si tu es ou seras croyant, lui explique-t-il alors, mais je ne veux pas d'un fils ignorant dans la famille. »

"Let my people know !"

Son père, émigré de Varsovie en Palestine dès 1924, avait fondé deux kibboutz laïques avant de s'engager dans la guerre d'Espagne avec les Brigades internationales. Et Adin Steinsaltz d'ajouter, en souriant, que son père lui avait recommandé de rester critique à l'égard de l'enseignement rabbinique. Devenu rabbin, marié à une Française dont il a eu trois enfants, il est aujourd'hui grand-père de dix petits-enfants.

Adin Steinsaltz est à peine âgé de 28 ans lorsqu'il se lance dans l'aventure colossale de traduire en hébreu moderne les 5 000 pages du Talmud de Babylone, consigné en araméen. Son but : permettre à un large public de découvrir la « lumière » du Talmud. « Let my people know ! » (Laissez mon peuple connaître), a-t-il l'habitude de dire en plagiant Moïse devant Pharaon («Let my people go ! »). Le rabbin Steinsaltz travaille avec toute une équipe, installée depuis 2003 dans un bâtiment moderne du quartier de Nachlaot, à Jérusalem. Mais il relit tout et écrit lui-même beaucoup…

« Le Talmud est un jeu ; le maître du jeu est le maître du monde », poursuit-il en racontant, malicieux, qu'il s'est vu offrir dix millions de dollars par des hommes d'affaires japonais qui souhaitaient lire un résumé du Talmud dans leur langue afin de posséder le secret des diamantaires juifs religieux d'Anvers, si malins ! « J'ai reçu la même offre de Sud-Coréens », ajoute-t-il en rajustant sa kippa d'un geste vif et en tirant sur sa pipe.

S'il respecte les lois de la cacherout, Adin Steinsaltz n'y accorde pas une grande importance ; il semble d'ailleurs manger très peu et ne dormir que quelques heures par nuit.

"Il a fait sortir le Talmud des synagogues et des yeshivot"

Aujourd'hui, 42 volumes, sur les 46 programmés, ont déjà été traduits en hébreu moderne. Depuis 1989, 37 volumes ont également été publiés en anglais, ainsi qu'en russe, en espagnol, en portugais et en allemand. En français, la traduction commencée en 1995 par les rabbins Jean-Jacques Gugenheim et Jacquot Grünewald a permis à ce jour la publication de 21 volumes (1).

Au total, plus de deux millions d'exemplaires du « Steinsaltz » ont été vendus à travers le monde et presque toutes les yeshivot (écoles talmudiques) d'Israël et de la diaspora l'utilisent. Sans parler de la soixantaine d'ouvrages d'introduction à la pensée et la mystique juives (une vingtaine d'entre eux sont accessibles en français) qu'il a publiés, avec succès. « Il a fait sortir le Talmud des synagogues et des yeshivot », résume Patrick Petit-Ohayon, chef du département de l'enseignement du Fonds social juif unifié (FSJU) et auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation sur le judaïsme.

Dans les années 1980, à Moscou et à Saint-Pétersbourg, Adin Steinsaltz a fondé l'Institut d'études juives (avec centre de formation, maison d'édition…), afin de permettre à des milliers de juifs russes, souvent forcés à l'assimilation, de renouer avec leur héritage culturel, d'apprendre l'hébreu et de se former au judaïsme avant leur éventuelle alya (installation en Israël de juifs de la diaspora).

"Priez pour savoir comment prier !"

Dernière initiative du rabbin à Moscou : l'Institut international Mélamedia, qui forme des éducateurs et des responsables de communautés juives. En Israël également, il est à la tête d'un réseau d'écoles - des classes élémentaires jusqu'aux classes préparatoires - appelé Mekor Haïm (Source de vie). Et c'est son fils, le rabbin Menachem Even-Israel, qui dirige le programme éducatif du Centre Steinsaltz dans le quartier de Nachlaot.

Pourtant, si le rabbin répond aux invitations du monde entier, cela ne l'empêche pas d'être régulièrement présent dans sa synagogue de quartier à Jérusalem et de visiter écoles et kibboutz tout proches. Récompensé par les universités les plus prestigieuses (Yale, Princeton, Floride, Yeshiva University, Ben Gourion…) et les meilleures institutions (Académie russe des sciences, Ordre français des arts et des lettres…), il n'en reste pas moins modeste et d'un abord très simple.

« Nul homme aujourd'hui ne peut être comparé à Adin Steinsaltz », n'hésitait pas à écrire récemment le magazine américain Newsweek, énumérant ses dons « extraordinaires » d'enseignant, de scientifique, d'écrivain, de critique de la société israélienne… De mystique aussi, lui pour qui la prière est « comme un arc tendu », comme une manière de se juger soi-même, ou encore comme un exercice : « Priez pour savoir comment prier ! »

Proche du mouvement Loubavitch

« Je l'ai toujours considéré comme le juif le plus éminent de notre génération », affirme pour sa part le rabbin et producteur de télévision Josy Eisenberg. Proche du mouvement Loubavitch, Adin Steinsaltz avait été pressenti un temps comme successeur du rabbin Menachem Mendel Schneerson, décédé en 1994. Mais il reste très soucieux de son indépendance. Et son sens de l'ironie lui a valu quelques solides inimitiés dans les milieux orthodoxes. Ceux-ci lui ont ainsi reproché d'avoir, un jour, traité le roi David d'« enfant turbulent » !

Pour Adin Steinsaltz, « le Talmud est une part essentielle de la judéité. Un juif qui ne sait pas cela ne se connaît pas lui-même et reste un peu comme une âme perdue. » Bon nombre de juifs lui font d'ailleurs penser au vilain petit canard du conte d'Andersen : « Ils veulent ressembler à ce qu'ils ne sont pas et, du coup, ils se haïssent eux-mêmes et tout le monde les déteste. Ce n'est qu'en commençant à comprendre qui ils sont qu'ils trouvent la paix. »

C'est sur cette question de l'identité juive qu'il s'exprimait au cours d'une récente conférence à Paris. « Un juif, c'est quelqu'un qui aura des petits-enfants juifs », a-t-il commencé par lancer à l'assistance en précisant, avec son art de la formule, qu'« être juif, c'est être comme tout le monde mais un peu davantage ». Ni meilleurs ni pires que les autres donc, mais « plus ». « Nous sommes le peuple des extrêmes, comme une image gonflée de la condition humaine ! »

Se considérer "comme un prince héritier"

Ce qu'il dit ce soir-là du judaïsme semble toucher le public : il le définit comme n'étant ni une religion, ni une culture, ni une ethnie, mais quelque chose qui tient d'une « famille », une famille dont on peut s'échapper, à laquelle on peut s'attacher, que l'on peut rallier, que l'on peut railler aussi, mais une famille. Et de comparer le processus de l'élection d'Israël et le don de la Torah au peuple juif à une proposition de mariage : « Dieu a demandé à sa fiancée si elle était d'accord, et pour lui expliquer en quoi consistera cette vie conjugale, il lui a donné les Dix Commandements. »

Le juif est ainsi marqué au sceau de Dieu. « Même s'il la refuse, cette marque reste indélébile. » Le rabbin Steinsaltz invite alors son public à changer l'air de la chanson par laquelle il affirme sa judéité : non plus en s'en excusant («J'aurais voulu être normal »), mais en se considérant comme « un prince héritier, même s'il ne dit pas à tous qu'il est d'extraction royale ».

Que l'on ne s'y trompe pas : le judaïsme du rabbin Steinsaltz n'a rien d'arrogant. D'ailleurs, il serait difficile selon lui de trouver un individu en Europe qui n'a pas « un peu de sang juif »… « Tous les êtres humains appartiennent à Dieu ; et si nous, juifs, sommes prêtres tandis que les autres sont laïcs, c'est parce que notre vocation est de servir le monde. Si nous nous conduisions comme des prêtres, le monde nous respecterait comme tels. »

Claire LESEGRETAIN

(1) Les premiers tomes du Talmud de Steinsaltz en français avaient été publiés chez Jean-Claude Lattès, les suivants chez Ramsay (avec le FSJU), Albin Michel et Biblieurope.


http://www.la-croix.com/Religion/Rencontre-avec-Adin-Steinsaltz-Rachi-des-temps-modernes-2008-02-15-668451

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MessageSujet: Re: Comprendre les sources du judaïsme   Ven 05 Aoû 2016, 00:57

Merci Espérance et j'espère que ça ouvrira une meilleure compréhension de nos deux communautés
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