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 Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?

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SJA



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MessageSujet: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 10:30

Salvador Allende et la voie chilienne vers le socialisme



Très loin d’un projet progressiste mais modéré utilisant la voie démocratique, le programme politique de l’Unité populaire mené par Allende relevait de la classique ligne marxiste-léniniste. Avec toutes ses désastreuses conséquences politiques, économiques et sociales. Une expérience catastrophique pour le Chili à laquelle l'armée mettra dramatiquement fin, à la demande du parlement.



Par Jose López Martínez

Cela fait maintenant quarante ans qu’à travers le monde la gauche, extrême ou moins, célèbre le régime de Salvador Allende et la « voie chilienne vers le socialisme », cette fameuse « révolution avec empanadas [1] et vin rouge ». Depuis la chute du Mur de Berlin, on a certes fait le constat définitif de l’échec du socialisme et de son incapacité consubstantielle à tenir ses promesses théoriques. Mais cette défaite idéologique a créé chez certains un attachement à un passé idéalisé et vénéré d’un Lénine, d’un Mao, d’un Che Guevara ou d’un Salvador Allende. S’accrochant à leurs icônes, ceux-ci abusent de la mauvaise foi, déforment les événements, tentant de réécrire l’Histoire afin de s’accommoder d’un passé illusoire au lieu de prendre connaissance des faits et d’essayer de comprendre la réalité. Parce que, dans les faits, la réalité du gouvernement d'Allende a été beaucoup plus sinistre que ne le laisse supposer l’hagiographie entretenue depuis les années 70. Or, il est utile, voire nécessaire de bien se rappeler ces faits alors qu'aujourd'hui même, dans plusieurs endroits du monde, on peut voir comment un gouvernement légal peut détruire les institutions d'un pays et, partant, perdre toute légitimité à son pouvoir.



La « voie chilienne vers le socialisme » débuta le 4 septembre 1970, lorsque, après une campagne électorale où les partis politiques s’opposèrent avec une rare véhémence, Salvador Allende, candidat de l’Unité populaire (une coalition de six partis de gauche), obtint 36,6% des voix aux élections présidentielles chiliennes. Il devançait, à la grande surprise de son propre camp, de moins de 40.000 votes Jorge Alessandri, du Parti National (35,3%) et Radomiro Tomic, de la Démocratie Chrétienne (28,1%). Le candidat de la gauche chilienne ne recueillait donc qu’un peu plus du tiers des suffrages de la population, obtenant même moins de voix que lors des précédentes présidentielles de 1964 (38,9%). Selon l'historien Christopher Andrew – qui se base sur les archives secrètes du major du KGB Vasili Mitrokhin passé à l'Ouest en 1992 –, cette victoire relative obtenue de justesse aurait été due en partie au soutien politique et surtout financier reçu par Allende de la part des services secrets soviétiques.

Dans le cas où aucun candidat à l'élection présidentielle n’obtenait la majorité absolue, la constitution chilienne ne prévoyait pas de second tour. Et comme le disposaient les articles 64 et 65, Allende fut choisi par le congrès entre les deux premiers candidats ayant obtenu le plus de voix. Il fut donc proclamé à la présidence le 24 octobre 1970, malgré diverses manœuvres des éléments les plus radicaux de la droite chilienne et des tentatives rapidement abandonnées des services secrets américains de fomenter un coup de force légal ou même un coup d’État. La désignation d'Allende put se faire grâce à l’appui de Tomic qui aspirait à une poursuite de la politique d’État providence initiée par le précédent président démocrate-chrétien Eduardo Frei. En échange de cet appui nécessaire de la Démocratie chrétienne, Allende devait signer un Statut de garanties constitutionnelles et s’engager à n’entreprendre des réformes structurelles que par la voie législative. Le patron de l’Unité populaire signera bien ce document mais ne l’honorera jamais. Il se vantera d’ailleurs six mois plus tard de sa duplicité dans une entretien avec Régis Debray, expliquant que la signature de ce pacte de respect de la constitution n’avait été qu’une simple concession tactique afin d’accéder au pouvoir, sans conséquence aucune sur le développement de sa politique révolutionnaire et sa volonté de rupture de l’ordre constitutionnel.

Le programme révolutionnaire de l'Unité populaire

Car, très loin d’un soi-disant projet « progressiste » mais « modéré » et utilisant la voie démocratique, le programme politique de l’Unité populaire mené par Allende relevait bien de la classique ligne marxiste-léniniste. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les programmes politiques des partis membres de la coalition de l'Unité populaire ou les déclarations de leurs dirigeants, avant et après l'arrivée au pouvoir d'Allende.

Ainsi, pour les dirigeants du Parti radical, le moins gauchiste de la coalition : « [...] seulement en dehors du système capitaliste se trouve la solution pour la classe travailleuse » ; « Le processus révolutionnaire chilien est irréversible [...] transformant ceux qui résistent en contre-révolutionnaires » ; « Le Parti radical est socialiste et sa lutte est dirigée en vue de la construction d’une société socialiste [...] » ; « [...] nous acceptons entre autres le matérialisme historique et la lutte des classes comme interprétation de la réalité ». (Déclaration politico-idéologique approuvée lors de la 25e Convention nationale du Parti radical en 1971)

Tandis que pour le Parti socialiste fondé par Allende : « Notre stratégie écarte de fait la voie électorale comme méthode pour atteindre notre objectif de prise du pouvoir. » « Nous affirmons que c'est un faux dilemme que de se poser la question si nous devons prendre la 'voie électorale' ou la 'voie insurrectionnelle'. » (21e congrès général du Parti socialiste, Linares, 1965) « Le Parti socialiste, comme organisation marxiste-léniniste, pose la prise du pouvoir comme objectif stratégique à atteindre [...] pour instaurer un État révolutionnaire [...] » ; « La violence révolutionnaire est inévitable et légitime. [...] Elle constitue l’unique chemin qui mène à la prise du pouvoir politique et économique, et à sa défense et renforcement » ; « « Seule la destruction de l'appareil bureaucratique et militaire de l'État bourgeois peut consolider la révolution socialiste » ; « Les formes pacifiques ou légales de lutte (revendicatrices, idéologiques, électorales, etc.) ne conduisent pas par elles-mêmes au pouvoir. Le Parti socialiste les considère comme des instruments limités d’action, intégrés au processus politique qui nous emmène à la lutte armée. » (22e congrès général du Parti socialiste, Chillán, 1967)

Prolongeant la ligne du congrès de Chillán, dans un article intitulé « Laisser de côté l’illusionnisme électoral » paru le 22 novembre 1967 dans la revue Punto final, l'idéologue du parti socialiste et futur ministre des Affaires étrangères du gouvernement Allende, Clodomiro Almeyda, rappelait la nécessité de la violence en vue de la prise de pouvoir et de la substitution « d'une légalité de classe par une autre ». Après s'être appuyé sur Staline contre les réformistes, il spéculait également sur le futur de cette voie révolutionnaire et sur la possibilité d'une guerre civile, dans le genre de celle de la Guerre d'Espagne, avec intervention étrangère. Quant à Allende lui-même, peu de temps avant ce même congrès de Chillán, il avait conduit à La Havane une délégation de socialistes, de communistes et d'autres représentants de la gauche chilienne, pour participer à la Conférence tricontinentale de solidarité. Lors de cette conférence, il fut à l'origine et le premier président de l'Organisation latino-américaine de solidarité (OLAS), une machine à exporter la révolution castriste dans toute l'Amérique latine via la lutte armée et la lutte de guérilla.

Bien sûr, on pourrait objecter qu'il ne s'agissait là que de simples discours de propagande inscrits de manière, pour ainsi dire, rituelle dans le corpus programmatique de partis de gauche qui, depuis leur échec complet aux élections de 1964, pensaient n'avoir aucune espérance d'atteindre démocratiquement le pouvoir. Malheureusement, ces discours antisystémiques de rupture révolutionnaire et de nature antidémocratique continueront et s'amplifieront alors même que l'Unité populaire sera à la tête du gouvernement chilien. En janvier 1971, le nouveau secrétaire du Parti socialiste, Carlos Altamirano, insistait sur le fait que la fausse solution du réformisme était le grand ennemi de la révolution, que le gouvernement d'Unité populaire ne devait pas être un gouvernement de plus dans la rotation de l'exercice du pouvoir respectant les règles de la démocratie représentative mais un gouvernement qui devait promouvoir le changement en se défaisant de « l'appareil étatique bourgeois », de sa bureaucratie, de son appareil policier, de son parlement, de son système judiciaire, etc. Par ailleurs, après sa prise de fonction comme président, le 4 février, Allende rappelait à des journalistes, qui l'interrogeaient sur la nomination d' Altamirano au poste de secrétaire général du parti socialiste, qu'il n'était pas le président de tous les Chiliens. Quant à son ministre de l'Économie Pedro Vuskovic, celui-ci définit on ne peut plus clairement les objectifs du gouvernement d'Unité populaire via le contrôle par l'État de l'économie : « détruire les fondements économiques de l'impérialisme et de la classe dirigeante pour mettre fin à la propriété privée des moyens production ».

Plus tard, en 1972, le sous-secrétaire général du parti socialiste, Adonis Sepúlveda Acuña rappelait que l'insurrection révolutionnaire restait bien l'objectif final des socialistes chiliens : « Notre stratégie met, de fait, de côté la voie électorale comme méthode pour atteindre notre objectif de prise du pouvoir. » « [...] s'il s'agit de répondre à la question de savoir s'il est possible de conquérir le pouvoir par la voie électoral, c'est-à-dire l'instauration d'un gouvernement ouvrier qui exproprie les moyens de production de la bourgeoisie, pour organiser une société socialiste, sans aucun doute possible, aussi bien l'histoire du mouvement ouvrier que les principes marxistes indiquent clairement que cela n'est pas possible et qu'une politique de cet ordre ne sert seulement qu'à semer de fausses illusions auprès des travailleurs. » « Le parti a un objectif, et pour l'atteindre il devra employer les méthodes et les moyens que la lutte révolutionnaire rendra nécessaires. L'insurrection devra être déclenchée quand la direction du mouvement populaire sentira que le processus social qu'elle a elle-même lancé aura atteint sa maturité et qu'elle se prépare à être l'accoucheuse de la révolution. »

Cette vision de rupture révolutionnaire, brisant le cadre constitutionnel et démocratique, se retrouvait plus détaillée encore dans un document interne du parti socialiste publié au début de 1972 après une session d'évaluation qui avait pour objet d'analyser le sec revers électoral subi par l'Unité populaire lors d'élections partielles en janvier : « Nous voulons que les moyens de production passent aux mains des travailleurs, et pour cela ils faut les arracher des mains des capitalistes, parce ceux-ci ne les remettront pas gratuitement » ; « [...] nous, socialistes, réitérons les affirmations suivantes : l'État bourgeois au Chili ne peut servir pour construire le socialisme, et sa destruction est nécessaire. Pour construire le socialisme, les travailleurs chiliens doivent exercer leur domination politique sur la bourgeoisie, ils doivent conquérir tout le pouvoir et graduellement lui arracher tout le capital. C'est ce qu'on appelle la dictature du prolétariat » ; « Nous savons qu'en dernière instance, le pouvoir de la bourgeoisie repose sur son pouvoir économique » ; « Au travers de la création et de l'élargissement de l'aire de propriété sociale, au dépens des entreprises impérialistes et de la bourgeoisie monopoliste, nous leur enlevons leurs bases de pouvoir économique [...] » ; « Nous ne pouvons être ingénus au point de croire que nous pouvons construire le socialisme au travers des actuelles institutions et des vingt mille lois qui existent » ; « Pour les révolutionnaires, la solution ne réside pas dans l'occultation ou la négation de l'objectif de la prise du pouvoir et du socialisme [...] si la révolution implique un passage violent lors d'une étape, il convient de ne pas nier la révolution au nom du moindre coût mais bien d'affronter la violence de manière organisée [...] » ; « L'ensemble des mesures économiques, sociales et politique du gouvernement [...] ont provoqué la détérioration et une perte réelle et progressive du pouvoir économique et social de la bourgeoisie [...] la bourgeoisie n'est pas capable de résister à la gestion de ses propres lois par ses adversaires de classe » ; « En présence d'une situation révolutionnaire, la tâche fondamentales des avant-gardes révolutionnaires est de guider le peuple vers la conquête de tout le pouvoir politique, en substitution de l'État bourgeois par l'État prolétaire [...] » (Rapport du Comité central du Parti socialiste à la réunion générale d'Algarrobo, février 1972)

La voie chilienne vers le socialisme

Pour réaliser ce classique programme révolutionnaire d'instauration de la dictature du prolétariat, fallacieusement dénommé de « transition démocratique vers le socialisme », le gouvernement Allende employa, dans le cadre du planisme et de la centralisation économique définis par la convention de Chillán, plusieurs méthodes : intervention directe dans les entreprises, acquisition d’actions par l’État grâce aux réserves budgétaires, à un déficit public massif et à la planche à billets, expropriations (régulièrement condamnées par les tribunaux pour leur caractère illégal) ou mises sous tutelle après réquisitions d’entreprises privées et enfin ce qui sera finalement connu sous le nom d’Opération Asphyxie. Le tout, essentiellement contre la volonté de la majorité des Chiliens. Rappelons encore une fois qu'Allende n'avait recueilli que 36,6% des suffrages lors de son élection et que, au sein du congrès chilien, son gouvernement ne pouvait compter que sur un appui minoritaire de parlementaires issus de partis membres de l'Unité populaire élus lors des élections parlementaires de 1969 : 60 députés sur 150 et 18 sénateurs sur 50.

Pour faire tomber une entreprise sous la coupe du gouvernement de l'Unité populaire, une tactique régulièrement employée consistait à provoquer, grâce aux cellules de l’Unité populaire et du Front des Travailleurs Révolutionnaires, syndicat lié au groupe terroriste, Mouvement de la Gauche Révolutionnaire (MIR), des conflits sociaux et des grèves dans les entreprises privées. Une fois la production bloquée, le gouvernement intervenait en faisant appliquer le décret-loi 520 hérité de l'éphémère République socialiste de 1932 – tombé en désuétude depuis des décennies, mais jamais abrogé – qui autorisait l’intervention du pouvoir central dans toutes les industries productrices d’articles de première nécessité. Ce procédé sera considéré comme illégal par la justice et l'opposition parlementaire réclamera jusqu'à la fin du gouvernement d'Unité populaire un plébiscite pour résoudre ce conflit juridico-constitutionnel. Dans le même temps, le gouvernement d’Allende s’empara du système bancaire chilien. Pour éviter l'obstacle presque insurmontable du parlement – qui aurait dû approuver une loi d'expropriation – et court-circuiter le processus légal, cette prise de contrôle s’effectua, via l'agence gouvernementale Corporación Estatal de Fomento, par l’achat massif d’actions des banques privées grâce aux fonds publics. Souvent, la simple menace suffisait pour semer la panique chez les actionnaires et faire chuter les actions, permettant ainsi de les acquérir à vil prix.

Toujours dans la droite ligne de la stratégie marxiste visant à éroder les bases économiques de la « bourgeoisie » au travers de la redistribution inflationnaire et le contrôle étatique des entreprises privées pour forcer un changement de l'équilibre des pouvoirs dans la société chilienne, le gouvernement d'Allende lança l'Opération Asphyxie. En établissant des quotas de production, en contrôlant le commerce avec l’étranger ainsi que les licences d’importation, de même que les réserves de devises (ce qui permettait, par exemple, au gouvernement d'empêcher à des journaux ou des radios de l'opposition de se procurer des pièces de rechanges à l'étranger), en manipulant arbitrairement les taux de change et en fixant les prix de fabrication selon des critères politiques (qui obligeaient nombre d'entrepreneurs privés à vendre leurs produits à des prix pré-inflationnaires malgré l'augmentation du coût de la main-d’œuvre et des matières premières), l’Unité populaire visait – grâce à l'utilisation discriminatoire et intensive du pouvoir de l'État – la concentration de tous les pouvoirs entre ses mains.

Les conséquences de ces différentes politique ne furent pas longues à se faire sentir. Durant la première année du gouvernement Allende (sarcastiquement appelée « l’année des cadeaux » par les Chiliens), l’augmentation des dépenses publiques et des salaires par décret (augmentation des salaires entre 35% et 50%), l'utilisation intensive des stocks disponibles, la dilapidation des réserves de devises (qui passèrent de 394 millions de dollars en 1970 à 76 en 1972) permirent à l’économie chilienne d’enregistrer une croissance économique en trompe-l’œil d’un peu moins de 9%, contre une moyenne de 5% la décennie précédente. Ainsi qu'une très légère baisse du taux de chômage, en grande partie grâce à l’augmentation du nombre de fonctionnaires (entre 1970 et 1972, le nombre d'employés publics augmentera de plus de 11% par an) et au lancement de travaux publics à grande échelle.

Mais, inévitablement, le planisme centralisateur – qui ira jusqu’à un délirant essai de contrôle par ordinateur et en temps réel de l’économie, le projet Cybersyn – finit par déstabiliser complètement l’économie chilienne. La première année du gouvernement Allende, la politique monétaire laxiste provoquera le doublement de la masse monétaire, suivi par une augmentation de 173% en 1972 et de 413% en 1973. La reforme agraire (30% des terres agricoles expropriées, dont 1,4 millions d'hectares lors des 6 premiers mois du mandat d'Allende) sera menée en dépit du bon sens et souvent avec une violence anarchique. Avec, pour conséquence, une production agricole en chute libre retombant au niveau de 1936 suite au triplement des grèves des ouvriers agricoles dès 1970 et aux affrontements consécutifs à l’usurpation violente de centaines de propriétés par les partisans les plus radicaux de l’Unité populaire. Parallèlement, la nationalisation d’un grand nombre d’entreprises (dont 80% des établissements financiers) provoquera une chute de la production de 10% chaque année suite à la gestion calamiteuse de commissaires politiques incapables, en remplacement des anciens propriétaires ou administrateurs.




L'étude des chiffres macro-économiques illustrent l'ampleur du désastre économique provoqué par la gestion du gouvernement Allende : baisse du PIB qui se retrouve en 1973 pratiquement au même niveau que 1970 (-1,21% en 1972 et -5,57% en 1973) ; indice des salaires réels chutant de 45% durant la même période ; pouvoir d’achat chutant de 10% d’octobre 1970 à avril 1973 sur base des prix alimentaires ; investissement brut dégringolant à 15% du PIB contre une moyenne de plus de 21% entre 1965 et 1970. Dans le même temps, les dépenses publiques passeront de 13% du PIB en 1970 à 53% en 1973 avec un déficit budgétaire sautant de 39% des recettes de l’État en 1970 à 115% en 1973 (de 2,7% du PIB en 1970 à 24,7% en 1973). De leur côté, les entreprises publiques cumuleront plus d'un milliard de dollars de pertes.

Les déséquilibres économiques provoqueront l'explosion des importations qui s'envoleront de 956 millions de dollars en 1970 à près de 1,5 milliard en 1973, alors que la valeur des exportations stagne (sauf en 1973, grâce à un boom du prix du cuivre sur les marchés internationaux). La balance commerciale excédentaire de 155,9 millions de dollars en 1970 devint déficitaire de 16,3 millions en 1971, 253,4 millions en 1972 et 138,3 millions en 1973. Parallèlement, la dette extérieure augmentera de 500 millions de dollars entre 1970 et 1973. Le tout encadré par de rigides barrières douanières qui interdisaient l'entrée de pas moins de 300 produits au Chili et des tarifs douaniers pouvant grimper jusqu'à 750%, avec une moyenne de 105% en 1973. De même, on comptera pas moins de 15 taux de change différents, avec un ratio entre le plus bas et le plus élevé excédant les 8.000% !

Plus dramatique encore : le déchaînement de l’inflation et l’établissement d’un plafonnement des prix qui, au lieu de juguler l’augmentation des prix, créera des ruptures dans l’approvisionnement et conduira à l’hyperinflation. De 28% en 1971 à 606% en septembre 1973. Avec une monnaie chilienne qui sera dévaluée de près de 1.000% face au dollar. Cette situation laissera les commerces désapprovisionnés et donnera naissance aux interminables queues devant les magasins, typiques de tout pays socialiste qui se respecte. La majorité des biens de première nécessité ne se trouvant plus qu’au marché noir. Le pays restera finalement sans réserves, ne serait-ce que pour importer les denrées les plus élémentaires. Le 6 septembre 1973, le gouvernement Allende annonçait que les réserves de farine ne pouvaient couvrir que quelques jours.

La gauche chilienne, malgré les fanfaronnades de circonstances et les discours de façade, admit très rapidement que tout n'allait pas pour le mieux sur la voie chilienne vers le socialisme. Ainsi, le MIR expliquait déjà en décembre 1971 que le doublement des importations de produits alimentaires et l'explosion des coûts de production étaient à la base de la dévaluation de la monnaie chilienne, du déficit impressionnant de la balance des paiements et de la presque totale disparition des réserves en devises du pays. Le MIR prévenait également qu'aucune des recettes traditionnelles (endettement à l'étranger ou planche à billet) ne serait viable pour 1972. Quelques mois plus tard, dans le numéro de mars-avril 1972 de Panorama Económico, Sergio Bitar, ministre des Mines du gouvernement Allende, exprimait ses inquiétude quant à la situation économique chilienne. Il pointait les graves problèmes causés par l'inflation et les pénuries provoquées par les politiques de l'année précédente. Et il prévoyait une aggravation de la conjoncture, due selon, lui à l'impossibilité qu'une économie de marché puisse fonctionner correctement lorsque l'on tente d'imposer un modèle socialiste à la société.


Pénurie et rationnement, grands classiques de l'économie socialiste.

De leur côté, Kalki Glauser et Julio López, dirigeants du Mouvement d'action populaire unitaire (MAPU), faisant partie de la coalition de l'Unité populaire, décrivaient clairement en septembre 1972 comment les pénuries et les dysfonctionnements économiques résultaient de l'excès d'une demande artificielle. Prolongeant leur analyse, ils admettaient que le risque d'échec des politiques qui accentuaient les tendances socialistes était réel. Quant au Ministre de l’Économie Carlos Matus, qui avait remplacé Pedro Vuskovic, il venait d'augmenter de 30% à 200% les prix de produits de première nécessité et essayait de faire passer une loi instaurant le rationnement de la population. Faisant preuve de la plus grande franchise, il reconnaissait, dans une interview reprise par Der Spiegel en octobre, que « Selon les critères économiques conventionnels, nous sommes réellement en crise. Par exemple, si le précédent gouvernement avait été dans notre situation économique, il aurait été liquidé depuis longtemps. » Mais, après avoir expliqué comment cette situation permettait au gouvernement d’imposer sa politique, il concluait : « Ce qui pour vous est une crise, est pour nous la solution. »

En effet, tel était le projet marxiste : détruire de fond en comble la structure socio-économique chilienne afin de pouvoir imposer la dictature du prolétariat revendiquée par le parti d’Allende. C’est ainsi que l’inflation galopante et les « mesures destinées à la combattre » devaient permettre l’établissement d'un contrôle policier sur la population, qui aurait été autrement inacceptable. Le gouvernement se servit de ce prétexte pour imposer en avril 1972 un système de rationnement (chose jamais vue dans toute l’histoire du Chili) qui octroyait aux Juntes d’approvisionnement et de prix (JAP) – naturellement aux mains des partisans de l’Unité populaire – des pouvoirs considérables pour contrôler la vie quotidienne des citoyens et, au-delà, leurs bonnes dispositions envers le gouvernement d'Unité populaire. Malgré cela et la création au début de 1973 du Secrétariat national de distribution qui devait centraliser le commerce de gros, la lutte contre la pénurie fut un échec car l'infrastructure nécessaire pour appliquer le système de rationnement n'existait pas. Par ailleurs, en maintenant artificiellement bas par décret les salaires des travailleurs qualifiés et des professions libérales, le gouvernement, toujours dans la ligne de son programme politique, ruinait une classe moyenne victime de l’inflation galopante.

L’expérience chilienne mettait ainsi en évidence une vérité prédite des décennies auparavant par les économistes autrichiens Mises et Hayek : le contrôle par l’État de l’économie est le « chemin de la servitude » qui finit par étrangler les libertés individuelles, la vie privée et le pluralisme idéologique.

Car une des autres cibles du gouvernement Allende fut la presse et la liberté d’expression. Les attaques se multiplièrent contre les journaux d'opposition El Mercurio, La Segunda, Tribuna, Mañana, etc. La nationalisation de la maison d’édition Zig-Zag ou la tentative de prise de contrôle de la Compagnie Manufacturière de Papiers et de Cartons afin de s’assurer du monopole de la production de papier faisait clairement planer la menace de la censure sur la presse d’opposition. De même que l'interdiction faite aux chaînes de télévision de l’Université catholique, Canal 13 et Canal 4, et celle de l'Université du Chili, Canal 9, de diffuser sur tout le territoire national. Ainsi que le harcèlement sans fin et des agressions à l’encontre de journalistes d’opposition, jusqu’à des cas de tortures ou d’enlèvements. Les derniers mois du gouvernement d'Unité populaire virent s’installer une répression généralisée et des assassinats fréquents d’opposants, mais aussi de travailleurs et de défavorisés (comme le dénoncera d’ailleurs l’extrême-gauche chilienne). Le 2 novembre 1972, se trouvant dans l’incapacité de mater des soulèvements d’ouvriers et de mineurs dans différentes provinces du pays et pour mettre fin à la grande grève générale d'octobre qui bloqua le pays durant un mois, Allende appela l’armée à participer à son gouvernement et intégra trois militaires de haut rang à son cabinet pour donner l’illusion à la population de la recherche d’un apaisement social.



Moins de trois années d’expérimentations socialistes – où les morts consécutifs aux violences politiques dépasseront la centaine – suffirent pour que la crispation politique et sociale s’exacerbât de manière paroxystique à travers toute la société chilienne jusqu’au sommet de l’État. On verra ainsi Allende s’entourer d’une garde prétorienne armée composée de membres du MIR et des Jeunesses socialistes, connu sous le nom, grossièrement teinté d’euphémisme, de « Groupe d’amis personnels » (GAP). Avec la connivence du gouvernement, de grands stocks d’armes étaient introduits dans le pays et accumulés par les marxistes dans leurs fiefs (« cordons industriels » composés d’industries nationalisées et autres). Comme ce fut le cas avec l’arrivée, le 11 mars 1972, de plusieurs caisses de « cadeaux personnels » de Fidel Castro à Allende qui furent interceptées à l'aéroport de la capitale par la douane chilienne. Un petit arsenal composé de pistolet-mitrailleurs, de fusils-mitrailleurs d'assaut, de lances-roquettes, de pistolets, revolvers et de munitions qui fut finalement emporté vers la résidence présidentielle de la rue Tomás Moro sous la supervision du directeur de la police judiciaire, Eduardo Paredes, qui accompagnait ces caisses depuis Cuba, et après l'intervention du ministre de l’Intérieur, Hernán del Canto, rameuté dare-dare pour rabrouer les fonctionnaires trop zélés. Un épisode rocambolesque qui ne représentait que la partie visible de l’iceberg. Selon l'écrivain cubain, dissident et ancien collaborateur du régime castriste, Norberto Fuentes, rien que via la valise diplomatique cubaine, ce furent quelques 3.000 ou 4.000 fusils d'assaut AK-47 qui entrèrent au Chili pendant la période du gouvernement d'Unité populaire.



Avec ces armes, le MIR – dirigé notamment par Andrés Pascal Allende, neveu du président et responsable de dizaines d’assassinats complaisamment couverts – et d’autres groupes révolutionnaires (tolérés et favorisés par l'abandon en novembre 1970 par Allende des poursuites judiciaires à l'encontre de membres du MIR, arrêtés pour atteinte contre la sécurité de l'État) développaient une stratégie de « pouvoir dual » parallèle au gouvernement. Cette stratégie, mise en avant dès 1969 dans le programme de base de gouvernement de l'Unité populaire, misait également sur des milices entraînées par des centaines d’assesseurs issus des pays communistes, essentiellement castristes (dont le responsable des services secrets cubains, Manuel « Barbe rouge » Piñeiro). Lors du fameux procès pour corruption et trafic de drogue qui éclaboussa les plus hautes sphères castristes à La Havane en 1989, le général cubain Patricio de la Guardia, pour sa défense, fera état de ses services au Chili sous Allende lorsqu'il entraînait des forces militaires clandestines. Un autre exemple de tentative d'instauration d'un double pouvoir en marge de la loi fut, le 28 juillet 1972 dans la ville de Concepción, la constitution provisoire d'une « Assemblée du Peuple » présentée comme une « alternative révolutionnaire » à la légalité institutionnelle « bourgeoise » (proposition également inscrite dès 1969 dans le programme de base de gouvernement de l'Unité populaire) à l'instigation de plusieurs directions régionales de partis membres du gouvernement d'Allende.

Pour faciliter la « transition vers le socialisme », d'autres voies étaient empruntées comme l’occupation violente et illégale de terres et d’entreprises ou le meurtre d’opposants. Le plus spectaculaire et marquant fut celui de Pérez Zujovic, démocrate-chrétien, ancien vice-président et ministre dans le précédent gouvernement Frei. Il périt en juin 1971, assassiné par un commando du groupe extrémiste Avant-garde Organisée du Peuple (VOP), composé en partie d’anciens membres des Jeunesses communistes. Les marxistes se préparaient également à une guerre civile contre les forces armées tout en tentant de les infiltrer – et ce alors que l’armée chilienne n’était plus intervenue politiquement depuis plus d’un demi-siècle. Quelques mois avant la chute d'Allende, le sénateur communiste Volodia Teitelboim pronostiquait entre 500.000 et un million de morts en cas de guerre civile ! Ces manœuvres d’infiltration de l'armée seront un des éléments qui décideront les militaires à renverser Allende. Par ailleurs, des milliers – entre 10.000 et 15.000 selon certaines sources – de révolutionnaires professionnels entraient dans le pays en provenance du Brésil, de l’Uruguay, de l’Argentine, du Pérou, du Nicaragua, du Honduras, etc. Pendant qu’en novembre 1971 Castro s’installait au Chili comme à demeure durant près d’un mois et qu’était multiplié le personnel de l’ambassade cubaine, dépassant finalement celui de tout autre représentation diplomatique. La situation que traversait le pays était si tendue que le 11 juin 1973, on verra le député socialiste Mario Palestro affirmer, dans un violent discours à la Chambre des députés, que l'Unité populaire était en train de former des milices afin se préparer à « la violence révolutionnaire » et qu'à l'heure dite elles se dirigeraient « vers les beaux quartiers et que ceux qui seraient fusillés ne seraient pas des ouvriers ni des paysans ». Deux mois plus tard, le général Prats, commandant en chef de l'armée, présentera d'ailleurs à son encontre une accusation pour infraction à la loi de sécurité intérieure de l'État.


Salvador Allende & Fidel Castro

Pendant ce temps, le pouvoir législatif, majoritairement hostile au gouvernement dès 1972 (les démocrates chrétiens floués par Allende lui ayant retiré définitivement tout appui), était systématiquement bafoué par l’exécutif. Ainsi, plusieurs fois, alors qu’un de ses ministres était renversé par une motion de censure, Allende le gardait dans son cabinet en lui attribuant un autre portefeuille. Pire, son gouvernement attaquait de front l’indépendance de la justice chilienne, soit en violant de manière répétée les jugements des tribunaux, soit en n’y donnant pas suite, soit encore en les contournant en tolérant la mise en place de « tribunaux populaires révolutionnaires » en marge de toute légalité. De 1972 à 1973, la Cour suprême du Chili et le Contrôleur général de la République (la plus haute juridiction administrative) ne cesseront de protester et de dénoncer en pure perte le non respect des décisions judiciaires ainsi que les abus administratifs.

Allende – démontrant son mépris souverain du cadre constitutionnel – leur répondra : « Dans une période de révolution, le pouvoir politique a le droit de décider en dernier ressort si les décisions judiciaires correspondent ou non avec des objectifs élevés et les nécessités historique de transformation de la société, qui doivent avoir une absolue préséance sur toute autre considération ; par conséquent, l'exécutif a le droit de décider s'il doit tenir comptes des décisions de justice. » État d'esprit concordant parfaitement avec celui de son ministre de la Justice qui déclarait le 1er juillet 1972 que « la révolution se maintiendrait à l'intérieur du droit tant que le droit ne prétendait pas freiner la révolution ». En avril 1975, dans un article publié à Belgrade, Oscar Waiss, qui avait été le directeur du journal La Nación, l'organe officiel du gouvernement d'Unité populaire, revenait sur les scénarios extrémistes qui circulaient alors à la tête du gouvernement Allende : « Le moment était venu de jeter par-dessus bord le fétichisme légaliste ; le moment de retirer les militaires conspirateurs ; de destituer le Contrôleur général de la République ; de prendre le contrôle de la Cour suprême de justice et du pouvoir judiciaire ; de saisir le Mercurio et toute la meute journalistique contre-révolutionnaire. Il était préférable de frapper les premiers, car qui frappe le premier, frappe deux fois. »

La réaction et la chute d'Allende

Le conflit institutionnel ne put malheureusement être résolu lors des élections parlementaires du 4 mars 1973. L’opposition à l’Unité populaire (regroupant la Démocrate chrétienne, le Parti national, mais aussi la Démocratie radicale, le Parti de gauche radical – qui avait quitté le giron de l'Unité populaire – et le Parti démocratique national) remporta certes une large victoire sous la bannière unitaire de la Confédération de la Démocratie en enlevant 87 sièges sur 150 à la Chambre. Mais avec seulement 30 sénateurs sur 50, elle rata de peu la majorité qualifiée des deux tiers qui aurait permis une destitution d’Allende pour violation répétée de la constitution et des lois chiliennes.

Des fraudes gouvernementales lors des élections furent peut-être à la base de cet échec relatif de l'opposition chilienne. Le 18 juillet, le doyen de la faculté de Droit de l'Université catholique, Jaime del Valle Alliende, présenta un rapport rédigé par une commission de professeurs de la faculté. Ceux-ci attiraient l'attention sur le fait que 750.000 nouveaux électeurs avaient été inscrits depuis les élections municipales de 1971 alors qu'ils n'auraient dû être normalement que 500.000. Le rapport décrivait également les énormes disparités dans les augmentations de nouveaux électeurs selon les circonscriptions. Il signalait par ailleurs des cas de fraudes avérés à Santiago ou Coquimbo (carnets d'électeurs ne correspondant pas aux personnes ayant voté, centaines d'électeurs inscrits le dernier jour au même domicile, etc.) Le rapport concluait : « lors des élections parlementaires de mars a eu lieu une fraude électorale de grandes proportions, qui concerne entre 200.000 et 300.000 votes illégaux ».

Le drame chilien se nouera le 23 août 1973. Après deux jours de débats houleux, les parlementaires chiliens approuvèrent par 81 voix contre 47 une demande officielle aux autorités, mais surtout aux forces armées et de police de mettre fin immédiatement aux innombrables violations constitutionnelles et légales du gouvernement d’Allende.

Ce véritable « accord contre la tyrannie », d'une structure similaire à la chaîne d'accusations adressées au roi George III dans la Déclaration d'indépendance des États-Unis, se divisait en plusieurs partie. Tout d'abord, un préambule énonçait les conditions qui devaient être respectées pour qu'existe un État de droit et avertissait qu'un gouvernement qui s'arrogeait des pouvoirs non conférés risquait la révolte. Ce préambule rappelait aussi qu'Allende n'avait pas été élu par une majorité du vote populaire, mais qu'il avait été choisi par le congrès, sous la condition explicite du respect des garanties démocratiques et constitutionnelles. Ensuite, le texte de l'accord continuait par l'énumération d'une vingtaine d'accusations de violations de la constitution et des lois chiliennes. Une accusation générale, dix sur les violations concrètes et précises de droits de l'homme, sept concernant le non-respect de la séparation des pouvoirs et finalement deux sur des actions séditieuses. Enfin, après un rappel sur le rôle des ministres militaires qu'Allende avait intégrés dans son gouvernement, les parlementaires chiliens lançaient un appel au président Allende et aux ministres membres des forces armées pour mettre immédiatement fin à ces graves violations.

Le 24 août, Allende dénonçait dans une lettre publique l'accord de la Chambre qui appelait l'armée et le corps des Carabiniers à prendre position face à l'exécutif. Voyant là une incitation au coup d'État, il accusait la majorité parlementaire de vouloir le destituer sans accusation constitutionnelle formelle. Une semaine plus tard, le 31 août, le Collège des Avocats, faisant référence à l'article 43.3 de la constitution, déclara que les circonstances créaient des obstacles « qui entravaient la tâche du Président de la République dans les termes, les privilèges et les prérogatives ainsi que la dignité que la Constitution donne à la charge ». Tandis que le 4 septembre, le parti démocrate-chrétien annonçait une accusation constitutionnelle contre tous les ministres qui auraient posé des actes contraires à l'accord du 23 août.



Finalement, le 11 septembre 1973, l’armée chilienne assiégea et bombarda le Palais de la Moneda où s’était réfugié Allende. Celui-ci, plutôt que de se rendre et partir en exil comme on le lui offrait, préféra se donner la mort. Le rôle exact des États-Unis lors de ces événements aura longtemps fait l’objet de controverses. Même s’il est probable que les services secrets américains aient eu vent du coup d’État en préparation, ni la commission sénatoriale Church ni le rapport Hinchey n’ont trouvé aucune preuve de l’implication des États-Unis dans le renversement d’Allende par les militaires.

Le lendemain du renversement du gouvernement de l'Unité populaire, dans un document signé par le sénateur Patricio Aylwin – président de la Démocratie Chrétienne et premier président élu du Chili après la dictature militaire –, le vice-président Osvaldo Olguín et le secrétaire général Eduardo Cerda, le parti démocrate-chrétien exprimait son appui à la junte militaire constituée. Cinq jours après, le même Aylwin expliquait dans une entrevue à la télévision espagnole comment le gouvernement d'Allende tentait d’installer une dictature socialiste et que l’action préventive de l’armée avait été salvatrice. Le 10 octobre, le prédécesseur d’Allende à la présidence, le chrétien-démocrate Eduardo Frei, rappelait également au journal espagnol ABC comment les militaires avaient été appelés par les parlementaires chiliens afin qu’ils remplissent leur obligation légale de sauvegarde du cadre constitutionnel du pays. Auparavant, le 18 septembre 1973, avait eu lieu, à l'occasion de la fête nationale, le traditionnel Te Deum en la Basilique de la Reconnaissance nationale auquel assistèrent les anciens présidents de la République Gabriel González (ancien chef du parti radical, qui faisait partie de l'Unité populaire), Jorge Alessandri et Eduardo Frei. Leur présence fut interprétée comme un signal d'appui à l'action des militaires.



L’intervention de l’armée – à la demande du parlement – ne fut donc pas une surprise pour les Chiliens qui l’attendaient, avec crainte ou espoir, depuis des mois. Mais celle-ci surprit par sa violence brutale teintée de revanchisme idéologique. Les militaires appliquèrent, en effet, une stratégie visant à couper toutes les têtes des mouvements révolutionnaires et utilisèrent sciemment la terreur, dont les dimensions ne furent pas dissimulées afin de provoquer une réaction de panique auprès de la gauche chilienne : arrestations extra-judiciaires, tortures et exécutions sommaires. Les rapports Rettig de 1991 (Commission Nationale de Vérité et Réconciliation) et Valech de 2004 (Commission Nationale sur la Prison Politique et la Torture) ont ainsi recensé 33.221 arrestations, 2.008 personnes tuées et 1.183 autres disparues. Essentiellement, la répression militaire connut une phase aiguë durant les premiers mois (y compris des affrontements armés avec des membres de l’Unité populaire), dont la virulence diminua dès lors que le contrôle sur le pays fut bien établi par la junte militaire au pouvoir, notamment grâce à l’exil offert à beaucoup (entre 20.000 et 30.000 Chiliens abandonnèrent le pays les deux premières années de la dictature) et parce que la répression découragea les anciens partisans d’Allende.

Ainsi s’achevèrent lamentablement et tragiquement ces trois années de socialisme à la chilienne. Cette route de la servitude tracée par Allende, pavée de planisme, d’inflation, de rationnement, d’appauvrissement, d’étouffement de la liberté, de violations des droits qui mènera à la dictature militaire, désolante prolongation d’une violence politique initiée par l’Unité populaire. Le 16 septembre 1973, le New York Times résumait parfaitement ce que furent ces mille jours où Allende gouverna le Chili : « L'expérience du docteur Allende a échoué parce que sa coalition d'Unité populaire, dominé par les socialistes et les communistes, a tout fait pour installer au Chili un système socialiste radical auquel était farouchement opposé plus de la moitié de la population. Il avait été élu en 1970 avec seulement 36,3% des voix, à peine 39.000 votes de plus que son concurrent conservateur arrivé en deuxième place. Lors des élections législatives du début de cette année, l'Unité populaire n'a seulement obtenu que 44%. Pourtant, en dépit d'un parlement dominé par l'opposition, souvent en méprisant les tribunaux et face au chaos économique et à une inflation qui faisait rage, le régime a continué de "réquisitionner" des entreprises, grandes et petites. Ces actions ont polarisé le Chili comme jamais auparavant, provoquant une opposition tous azimuts, non seulement de la part du riche ou d'une frange fasciste, mais bien de la classe moyenne qui représente la moitié de la population et qui se voyait affronter sa propre destruction. Si le docteur Allende avait progressé de manière plus réfléchie, s'il avait fait une pause pour consolider après la nationalisation des industries de base du Chili et posé des limites raisonnable à son programme socialiste, il aurait probablement terminé son mandat avec de grandes chances de succès. » Et comme le concluait The Economist dans son éditorial du 15 septembre 1973 : « Le gouvernement technocratique qui est apparemment en train de prendre forme tentera de reconstruire le tissu social que le gouvernement Allende a détruit. Cela signifiera la mort provisoire de la démocratie au Chili, ce qui sera déplorable, mais il ne faut pas oublier qui a rendu cela inévitable. »
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boulo
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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 13:57

Dans " Le Soir " du mercredi 11 septembre 2013 , deux pleines pages ( 16 et 17 ) sur le Chili , sous le titre :

" 40 ans après le coup de Pinochet , le Chili ose changer " .

_________________
" Faux départ . Enquête sur les EMI/NDE " , par Sonia Barkallah , se trouve dans " Témoignages ... " . Dernière réponse le 31/12/2015 1h33 .
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SJA



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 13:59

boulo a écrit:
Dans " Le Soir " du mercredi 11 septembre 2013 , deux pleines pages ( 16 et 17 ) sur le Chili , sous le titre :

" 40 ans après le coup de Pinochet , le Chili ose changer " .
Ils devraient rajouter 40ans après le coup de Pinochet et 40ans de prospérité économique.

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adamev



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 15:07

Non!!! Car SJA oublie volontairement de nous dire que les difficultés économiques de ce pays étaient déjà grandes avant l'arrivée démocratique d'Allende au pouvoir. En particulier que le plan de redistribution des terres aux paysans voulu par Frei (démocrate chrétien) allait beaucoup plus loin que ce que voulait Allende lui-même. Que ce plan était combattu par la droite chilienne soutenue par l'église alliée des grands propriétaires avec l'appui du capitalisme américain qui n'a jamais supporté de voir une démocratie socialisante s'installer à sa porte.

SJA fait partie de cette catégorie malodorante de gens pour qui le sabre, le goupillon et la dictature dite "libérale" de l'argent constituent le seul mode de gouvernement acceptable.


Dernière édition par adamev le Mer 11 Sep 2013, 15:38, édité 1 fois
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SJA



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 15:35

Godon a écrit:
SJA a écrit:
Ils devraient rajouter 40ans après le coup de Pinochet et 40ans de prospérité économique.
Je ne cesse de m'interroger au sujet de l'inaction de l'administration face au militantisme ostentatoire d'un forumeur dont 99,99% des messages semblent n'avoir d'autre but que le prosélytisme monomaniaque en faveur d'une idéologie économique et politique sans rapport direct avec l'objet du forum...

Forumeur dont on peut prendre la mesure des sentiments chrétiens lorsqu'il se réjouit de 40 années de prospérité économique (pour qui, au fait?), semblant considérer qu'un coup d'état militaire contre un gouvernement démocratiquement élu, la trahison par l'armée des serments prononcés de respect et obéissance au pouvoir légitime, les assassinats politiques, la dictature meurtrière, les pères, mères, fils arrachés à leurs proches et disparus dans les geôles ou les fosses communes, le recul des droits démocratiques sont des éléments tout à fait secondaires...

Vive le libéralisme à la sauce SJA, chrétien modèle, pour qui la fin (l'établissement de son idéologie, bien sûr!) justifie tous les moyens! Pour qui une dictature militaire meurtrière, mais libérale et religieuse, vaut mieux qu'un pouvoir de gauche et laïque tirant pourtant sa légitimité de l'expression démocratique...

Et le titre de ce topic se termine par "De quel côté étaient les gentils"!!!! On hallucine !!! Parce que "les gentils" étaient du côté de ces militaires félons et assassins, sans doute? Môssieur SJA peut s'évertuer à déployer en pure perte des trésors de rhétorique pour entamer la légitimité démocratique du gouvernement d'Allende, il n'arrivera jamais à convaincre qui que ce soit que Pinochet et l'armée, cette bande de tyrans sanguinaires, en aient jamais eu le début du commencement. Il faut véritablement être "gonflé" pour tenir un discours aussi répugnant et mensonger que celui que nous offre SJA !

Resterai-je le seul à m'indigner devant un tel scandale???
Cher Godon,

C'est vrai je poste beaucoup de fil sur ce thème car cela me parait important qu'on discute entre nous (les catholiques) des systèmes politiques afin de tenter de déterminer lesquels sont conformes avec la tradition de l'Eglise. Pour ma part, la confrontation avec l'argumentaire construit des contradicteurs me permet de mettre à l'épreuve mes pensées. J'en tire un grand bénéfice, je suis ravi que mes contradicteurs existent et je rumine leurs arguments.


Sur l'affaire chilienne,

Vous mettez de côté le fait que c'est le parlement qui a appelé au secours l'armée contre un Allende qui avait récolté un peu de 30% des voies et qui faisait fi des décisions du parlement et de la Cour suprême.

Pourquoi mettez vous la légitimité démocratique d'Allende alors qu'une majorité de la population était contre lui ?

Le gouvernement d'Allende était légal certes mais sur la légitimité, il y a débat.


Et je suis d'accord pour dire que le gouvernement Pinochet manquait également de légitimité démocratique bien qu'il ait finit par rendre le pouvoir sur pays à l'économie bien plus prospère que celle de ses voisins.
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SJA



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 15:43



El ladrillo », le programme économique des Chicago Boys

Publié le 11/09/2013, Par Contrepoints.

Le programme de développement économique élaboré par les Chicago Boys avant et pendant la présidence d'Allende a fait du Chili le premier pays d'Amérique du Sud à intégrer l'OCDE, le 7e le plus libre économiquement au monde en 2013, en offrant aux Chiliens les meilleurs indices de développement humain et le plus haut PIB par habitant de toute l'Amérique latine, ainsi que les taux de pauvreté les plus bas de toute leur histoire. Un bien beau résultat pour une aventure qui commença, il y a près de 60 ans, par un accord de coopération entre deux universités.



En 1956, sous le patronage de Theodore Schultz et Arnold Harberger, de l'Université de Chicago, un accord fut signé entre cette dernière et l'Université catholique du Chili. L'accord prévoyait l'envoi d'étudiants boursiers chiliens à Chicago (où étudiaient déjà 300 autres latino-américains) pour y poursuivre des études de 3e cycle en économie. L'objectif était de doter l'Université catholique d'un groupe initial d'au moins quatre professeurs à temps plein formés à la pointe des études économiques.

C'est ainsi qu'à partir de 1958 se produisit une profonde transformation dans l'enseignement économique au Chili. Le résultat fut atteint lorsqu'en 1967 et 1968 furent organisés des cours d'économie spécialement conçus pour des dirigeants d'entreprises. Ces cours se donnèrent dans les locaux de la société Fabril. Y participèrent les entrepreneurs les plus représentatifs et importants du Chili. Les relations entres professeurs et chefs d'entreprises furent mutuellement enrichissantes et débouchèrent sur une proposition de ces derniers pour qu'un groupe de la faculté d'Économie élabore un programme économique pour Jorge Alessandri, qui se présentait à l'élection présidentielle de 1970.

« El ladrillo », le programme économique des Chicago BoysEn 1969, toute l'attention de la population chilienne était dirigée vers l'élection présidentielle. Les candidats à la plus haute magistrature étaient connus : Salvador Allende, Radomiro Tomic et Jorge Alessandri. Un groupe commença la rédaction d'un Programme de développement économique – connu plus tard sous le nom de « El ladrillo » (la Brique) – qui devait être présenté à Alessandri. Les travaux se déroulèrent au sein du Centre d'études socio-économiques (CESEC), dirigé par Emilio Sanfuentes, qui était secondé par Sergio de Castro, Pablo Baraona. Un département d'études fut créé, qui intégra Sergio de la Cuadra, Adelio Pipino et Juan Carlos Méndez pour le secteur économique, et José Garrido et Armando Dussaillant pour le secteur agricole. Participa également de manière régulière Manuel Cruzat.

Les politiques économiques alors en vogue au Chili et en Amérique latine, promues par la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes de l'ONU (CEPAL), se caractérisaient par des schémas se basant sur la substitution des importations, le contrôle des prix, les restrictions à l'importation, des tarifs douaniers élevés, le maintien au plus bas de la valeur de la devise nationale. Opérant une véritable révolution dans ce panorama, les orientations fondamentales du programme qui fut présenté à Jorge Alessandri étaient l'ouverture économique de l'économie chilienne, l'élimination des pratiques monopolistiques, la libéralisation du système des prix, la modification de la fiscalité pour la rendre plus neutre, efficace et équitable, la création et la formation d'un marché de capitaux, la création d'un nouveau système prévisionnel, la normalisation de l'activité agricole, détruite par la réforme agraire et la protection des droits de propriété. De nombreuses études virent le jour dans les bureaux du CESEC. Entre avril et juin 1970, Sergio de Castro présenta le programme socio-économique aux principaux assesseurs d'Alessandri. Le groupe d'entrepreneurs qui dirigeait sa campagne déclara être d'accord avec le projet élaboré, tout en estimant que les réformes devaient être introduites graduellement.

Le 4 septembre 1970, Salvador Allende remportait l'élection présidentielle avec une majorité relative et le 4 novembre, Eduardo Frei lui remettait les insignes du pouvoir. Commencèrent les mille jours du gouvernement marxiste d'Unité populaire qui provoquèrent l'effondrement économique chilienne et la division du pays en deux camps farouchement antagonistes et irréconciliables. Le groupe de 1969 retourna dans les salles de cours de l'université, principalement de l'École d'économie de l'Université catholique.

Néanmoins, face à la catastrophe économique que connaissait le Chili sous le gouvernement d'Allende, Emilio Sanfuentes décida de relancer le projet afin de sortir le pays de la prostration. Les lignes directrices furent tracées par lui-même, Sergio de Castro, Pablo Baraona, Manuel Cruzat et Sergio Undurraga. La tâche était immense et dépassait de loin les maigres capacités du groupe. Au début de l'année 1973, celui-ci s'élargit et accueillit de nouveaux membres : Juan Braun, Rodrigo Mujica, Alvaro Bardón, Juan Carlos Méndez, Juan Villarzú, José Luis Zavala et Andrés Sanfuentes. À partir de mars, les réunions furent hebdomadaires, et au fil du temps, la cadence augmenta, de même que le nombre de participants pour aider aux analyses, aux discussion et à l'élaboration de documents, notamment José Luis Federici, Ernesto Silva, Enrique Tassara, Julio Vildósola ou Jaime Guzmán. En marge de la confection du programme de développement économique, Sergio Undurraga réalisait, avec l'aide d'Arsenio Molina, de Jorge Cheyre, de Gerardo Zegers et de Ramiro Urenda, des études de conjoncture économique qui non seulement étaient remises aux autres membres du groupe, mais également à un grand nombre de parlementaires de l'opposition au gouvernement d'Unité populaire. Ces études furent à la base du projet d'action du ministre des Finances de la junte militaire en octobre 1973, le contre-amiral Lorenzo Gotuzzo.

Les discussion du groupe concernaient un large spectre de sujets : la propriété de la terre, des banques, des entreprises « d'aire sociale », des mines furent des thèmes largement débattus. Tous les participants étaient convaincus des bienfaits de la liberté économique, après des années d'étatisme et ce bien avant l'arrivée d'Allende au pouvoir. La réalité sociale et économique de la gestion du gouvernement d'Unité populaire était si absolument catastrophique que sur de nombreux points mentionnés, les participants du groupe jugèrent nécessaire d'avoir une approche unique et concertée au lieu de présenter des alternatives qui auraient pu provoquer retard et désorientation, insistant sur l'application globale du plan dans son ensemble plutôt que par une approche partielle qui pouvait être contre-productive. Ainsi la politique monétaire n'était pas indépendante de la politique fiscale ; les politiques de change et celle du commerce extérieur étaient intimement liées à la politique interne des prix ; l'assignation efficace des ressources requérait une concordance entre les politiques monétaires, de marchés de capitaux, de prix, de fiscalité et de commerce extérieur ; etc.

Après le coup d'État du 11 septembre, c'est avec étonnement que les membres du groupe apprirent que la junte militaire avait connaissance de leur projet et le considérait comme d'application possible pour sortir le Chili de la crise. C'est ainsi que le premier effet du Programme de développement économique fut la migration de presque tous ses auteurs des salles de cours vers le gouvernement. On peut s'étonner de ce que les responsables militaires chiliens aient décidé d'appliquer un programme libéral aussi éloigné des concepts d'extrême centralisation auxquels ils sont accoutumés, et alors même que les autres dictatures militaires qui gouvernèrent l'Amérique latine se signalaient par leur goût pour l'intervention étatique dans le domaine économique.

La réponse doit certainement se trouver dans le chaos indescriptible créé par le gouvernement marxiste d'Allende qui ne fit qu'accélérer la tendance socialisante et étatiste qui caractérisait la politique chilienne depuis les années 30, maintenant le pays dans l'arriération économique et, incapable de créer de la richesse, ne disposant que du seul outil de la redistribution forcée des revenus pour palier à la misère d'une partie de la population. Il fut, dès lors, facile de démontrer aux militaires que les modèles socialistes conduisaient toujours à l'échec. Le modèle d'économie sociale de marché telle qu'il était proposé en remplacement du modèle en vigueur avait sa propre cohérence logique et offrait la possibilité de sortir du sous-développement par la création de richesse plutôt que par la spoliation d'une partie de la population au profit d'une autre..

C'est ainsi qu'après un militaire (Lorenzo Gotuzzo), un planificateur (Raúl Sáez) et un entrepreneur (Fernando Léniz), en 1974, ceux qui seront plus tard connus sous le nom de Chicago Boys prirent en main les destinées économiques du Chili, avec l'arrivée de Jorge Cauas au ministère des Finances. Les premières mesures adoptées concernèrent la diminution des dépenses publiques, la restructuration de l'appareil de l'État et un contrôle strict des finances publiques. Une fois réalisées ces mesures d'urgence, une réforme fiscale fut entreprise, de même qu'une réforme du marché du travail, une libéralisation de différents secteurs de l'économie (notamment dans l'agriculture). La libre circulation des capitaux fut instaurée et opérée une réduction drastique des barrières douanières. Plus tard, vint la réforme de la sécurité sociale (avec notamment l'instauration d'un système de pensions privé par José Piñera), l'élaboration d'un nouveau code du travail, la privatisation d'entreprises dites « stratégiques » et l'ouverture au privé d'anciens monopoles (mines, énergie, télécommunications, infrastructure, etc.)

Cette politique de renforcement du secteur privé et de la concurrence dans l'économie fut menée durant toute la période du régime militaire et, après le retour à la démocratie, sans aucune modification substantielle, par les quatre gouvernements de centre-gauche, dont deux présidences socialistes (Lagos – qui, aux Etats-Unis, fera même la promotion du système de pensions privé – et Bachelet), qui se succédèrent entre 1990 et 2010 (privatisations de ports, concessions privées de routes et d'aéroports, élargissement et approfondissement du système de pensions privé , etc.), ainsi que par le gouvernement de centre-droit de Sebastián Piñera depuis cette date. Après être passé par les inévitables maladies de jeunesse qui surgissent lors de toute réorganisation sociale et économique, le modèle proposé dans le Programme de développement économique élaboré avant et pendant la présidence d'Allende tint toutes ses promesses et fit du Chili le premier pays d'Amérique du Sud à intégrer l'OCDE, le 7e le plus libre économiquement au monde en 2013, le propulsant en tête des nations latino-américaines, en offrant aux Chiliens les meilleurs indices de développement humain et le plus haut PIB par habitant de toute l'Amérique latine, ainsi que les taux de pauvreté les plus bas de toute leur histoire. Un bien beau résultat pour une aventure qui commença, il y a près de 60 ans, par un accord de coopération entre deux universités.
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Lebob



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 15:54

SJA a écrit:


El ladrillo », le programme économique des Chicago Boys

Publié le 11/09/2013, Par Contrepoints.

Le programme de développement économique élaboré par les Chicago Boys avant et pendant la présidence d'Allende a fait du Chili le premier pays d'Amérique du Sud à intégrer l'OCDE, le 7e le plus libre économiquement au monde en 2013, en offrant aux Chiliens les meilleurs indices de développement humain et le plus haut PIB par habitant de toute l'Amérique latine, ainsi que les taux de pauvreté les plus bas de toute leur histoire. Un bien beau résultat pour une aventure qui commença, il y a près de 60 ans, par un accord de coopération entre deux universités.



Ce genre de statistiques ne veut généralement pas dire grand chose, mais constitue en l'occurrence une excellente raison de disculper les militaires de leurs exactions et les "Chicago Boys" d'avoir transformé un pays et sa population en un laboratoire d'expérience économiques dont il n'est en définitive rien ressorti, sinon le renforcement de leurs idées préconçues.
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SJA



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 16:08

Lebob a écrit:

Ce genre de statistiques ne veut généralement pas dire grand chose, mais constitue en l'occurrence une excellente raison de disculper les militaires de leurs exactions et les "Chicago Boys" d'avoir transformé un pays et sa population en un laboratoire d'expérience économiques dont il n'est en définitive rien ressorti, sinon le renforcement de leurs idées préconçues.  
Alors qu'il est ressorti de l'expérience Allende, des expropriations et un début de famine.

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Lebob



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 16:17

SJA a écrit:
Lebob a écrit:

Ce genre de statistiques ne veut généralement pas dire grand chose, mais constitue en l'occurrence une excellente raison de disculper les militaires de leurs exactions et les "Chicago Boys" d'avoir transformé un pays et sa population en un laboratoire d'expérience économiques dont il n'est en définitive rien ressorti, sinon le renforcement de leurs idées préconçues.  
Alors qu'il est ressorti de l'expérience Allende, des expropriations et un début de famine.

Et la dégradation de la situation économique du Chili n'a pas été provoquée - au moins en partie - de l'extérieur...
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SJA



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 16:28

Lebob a écrit:
SJA a écrit:
Lebob a écrit:

Ce genre de statistiques ne veut généralement pas dire grand chose, mais constitue en l'occurrence une excellente raison de disculper les militaires de leurs exactions et les "Chicago Boys" d'avoir transformé un pays et sa population en un laboratoire d'expérience économiques dont il n'est en définitive rien ressorti, sinon le renforcement de leurs idées préconçues.  
Alors qu'il est ressorti de l'expérience Allende, des expropriations et un début de famine.

Et la dégradation de la situation économique du Chili n'a pas été provoquée - au moins en partie - de l'extérieur...  
Bonne question.

Vous avez des éléments à l'appui de cette proposition ?

J'ai plutôt l'impression de ce que faisait Allende suffisait à provoquer la pénurie de tout.

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boulo
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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 17:04

Godon a écrit:
... un membre dont la seule raison de la présence sur le forum semble être la promotion d'une idéologie - ...
N'est-ce pas un procès d'intention ?
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Casper



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 17:10

boulo a écrit:
Godon a écrit:
... un membre dont la seule raison de la présence sur le forum semble être la promotion d'une idéologie -  ...
N'est-ce pas un procès d'intention ?
envers qui??
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SJA



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 17:16

Godon a écrit:
Lebob a écrit:
Et la dégradation de la situation économique du Chili n'a pas été provoquée - au moins en partie - de l'extérieur...
Bien sûr. Tout le monde sait que les USA ont manoeuvré par tous les moyens possibles pour empêcher l'accession au pouvoir d'Allende, pour le discréditer après son élection, pour affaiblir l'économie chilienne afin de désespérer le peuple, et tout ceci n'aboutissant pas malgré les millions de dollars investis, pour appuyer un coup d'état si ce n'est le susciter. Tout le monde le sait, même SJA. Mais ne comptez pas sur lui pour vous le dire. Son seul objectif est de défendre son idéologie ultra-libérale qui continue aujourd'hui encore de dévaster le monde en jetant les peuples dans la misère pour le profit d'une poignée de grands possédants. Alors il faut bien détourner l'attention en tenant des arguties sans fin sur la distinction entre "légalité" et "légitimité" (Comme si en démocratie, un gouvernement "légal" n'était pas "légitime"! SIC!) et en répandant d'ahurissantes contre-vérités au besoin... sans oublier: en prenant un ton mielleux qu'on ne lui connaissait pas, croyant sans doute que cela suffirait pour nous berner...

Lorsque vous dites "tout LE MONDE sait", vous voulez parler du journal subventionné à hauteur de dizaines de millions d'Euros par l'argent de l'Etat ?  scratch 


Vous dites que les USA ont manœuvré mais ces manœuvres n'étaient-elle pas compensées par celle du régime Soviétique qui a multiplié les lignes de crédit en soutient de son pion Allende ?

Reconnaissez-vous au moins que c'est le parlement qui a demandé à l'armée d'intervenir ?

Personnellement, je l'ignorai jusqu'à ce matin. La nomenklatura des medias français avait dû oublier de m'en informer.


PS: je n'avais jamais conversé avec vous auparavant mais je vous trouve particulièrement fielleux à mon égard.

PS bis :  vous parlez de contre-vérités que je répandrais. Lesquelles ?

PS ter : Légalité et légitimité, non! ce n'est la même chose. Exemple : 51% de la population décide de couper une oreille au 49% restant. C'est légal mais ce n'est pas légitime. Dans les démocraties occidentales , les déclarations de droits tendent à rendre immuablement illégal ce qui est illégitime. Mais il ne s'agit que de listes limitées et comme ce qui est potentiellement illégitime est infini, il y a toujours des loi illégitimes qui sont votées.

PS quater : pour Allende, ces actions était illégales en plus d'être illégitimes puisqu'il ne tenait aucun compte des lois votées par le parlement et des décisions des cours de justice. Bref, c'était un bel oiseau celui là.
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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 17:56

Godon a écrit:
L'assassinat d'Allende par Pinochet, son coup d'état militaire et sa dictature meurtrière n'étaient ni légaux, ni légitimes, il n'y a pas débat.

Comprenez-vous cela?
D'abord, personne ne peut dire qu'il s'est suicidé ou s'il a été assassiné.

Ensuite, comment pouvez vous parler d'illégalité du coup militaire puisqu'il a été demandé par le parlement ?

Là j'ai du mal à comprendre. J'espère que vous répondrez à cette question.


Ne pensez-vous pas que si coup d'Etat il y a, il est l'œuvre d'Allende, lui dont le gouvernement agissait dans l'illégalité (contre les lois votées par le parlement) et à l'encontre des décisions de justice ?



Et j'ai déjà dit que la dictature militaire qui a suivit était illégitime.
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 18:04

Godon a écrit:
Son seul objectif est de défendre son idéologie ultra-libérale qui continue aujourd'hui encore de dévaster le monde en jetant les peuples dans la misère pour le profit d'une poignée de grands possédants.
Les grands possédants ne souhaitent aucunement une idéologie "ultra-libérale", qui est fondamentalement hostile à leur mode de vie : la rente.

C'est un très grand malheur que beaucoup de gens croient, comme vous (et comme j'ai pu le faire par le passé) que ce que l'on voit avec les banques, tout ça, c'est du capitalisme libéral. C'est faux et archifaux : ce que vous dénoncez, qui existe et qui effectivement ruine les petits, c'est le capitalisme de connivence qui s'appuie sur la force de l'Etat pour se soustraire aux lois du marché.

Alors que les entrepreneurs qui se soumettent aux lois du marché et, par leurs performances, cherchent à séduire le consommateur, ne font jamais fortune au détriment des petits, mais à leur service, en leur permettant d'accéder à plus de biens et de services à moindre coût.


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Alexandre Romeo Morisani



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 18:09

Les dictatures deviennent sympathiques quand elles sont marxistes, c'est un axiome de base cher SJA, faut vous l'expliquer comment ? L'expropriation, la subordination du système judiciaire à ses propres intérêts, tout cela est bon. Et même si la Cour suprême s'est indignée, et si la Chambre des Députés a sollicité l’armée pour restaurer le droit au Chili, c'est tout de même un bon gars cet Allende. Certes, antisémite et raciste, mais avec des bons côtés.
On ne vous a pas appris à reconnaître les salauds à l'école ? Vous savez, des gens qui croient que la propriété privée est une chose respectable et qui vont parfois à l'église du coin. Vous avez dû en sécher des cours !
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SJA



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 18:18

Alexandre Romeo Morisani a écrit:
Les dictatures deviennent sympathiques quand elles sont marxistes, c'est un axiome de base cher SJA, faut vous l'expliquer comment ? L'expropriation, la subordination du système judiciaire à ses propres intérêts, tout cela est bon. Et même si la Cour suprême s'est indignée, et si la Chambre des Députés a sollicité l’armée pour restaurer le droit au Chili, c'est tout de même un bon gars cet Allende. Certes, antisémite et raciste, mais avec des bons côtés.
On ne vous a pas appris à reconnaître les salauds à l'école ? Vous savez, des gens qui croient que la propriété privée est une chose respectable et qui vont parfois à l'église du coin. Vous avez dû en sécher des cours !
Cher Alexandre,

En tous cas, j'ai du sécher celui où ont enseigne que c'est le parlement qui a demandé le secours de l'armée parce que je viens de l'apprendre.

Ce faisant, j'en parle sur le forum pour que ceux qui étaient absent à ce cours là puissent se rattraper comme moi.




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Lebob



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 18:55

Philippe Fabry a écrit:
Alors que les entrepreneurs qui se soumettent aux lois du marché et, par leurs performances, cherchent à séduire le consommateur, ne font jamais fortune au détriment des petits, mais à leur service, en leur permettant d'accéder à plus de biens et de services à moindre coût.

Utopie et miroir aux alouettes.

On nous parle de choses qui n'existent pas comme s'il s'agissait de réalités tangibles.

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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 18:57

Godon a écrit:
Le marché, c'est la jungle, oui! Plus je lis ce forum, et plus j'hallucine !!!!
Mais non. C'est tout le contraire.

L'échange est le seul moyen d'acquérir un bien qu'on ne possède pas.

Tous les autres moyens sont des actes de violence et relèvent donc de la loi de la jungle.

Le marché, c'est l'anti Loi de la jungle.



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 19:51

SJA a écrit:
Godon a écrit:
Le marché, c'est la jungle, oui! Plus je lis ce forum, et plus j'hallucine !!!!
Mais non. C'est tout le contraire.

L'échange est le seul moyen d'acquérir un bien qu'on ne possède pas.

Tous les autres moyens sont des actes de violence et relèvent donc de la loi de la jungle.

Le marché, c'est l'anti Loi de la jungle.



Le loi du marché amène à ça malheureusement, l’Étatisme intégral n'est guère mieux, il faut trouver une troisième voie:

ETATS-UNIS: EN TROIS ANS, LES 1% LES PLUS RICHES ONT CAPTÉ 95% DES HAUSSES DE REVENUS

http://www.slate.fr/monde/77574/reprise-revenus-menages-riches-etats-unis
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 20:26

Alexis232 a écrit:
SJA a écrit:
Godon a écrit:
Le marché, c'est la jungle, oui! Plus je lis ce forum, et plus j'hallucine !!!!
Mais non. C'est tout le contraire.

L'échange est le seul moyen d'acquérir un bien qu'on ne possède pas.

Tous les autres moyens sont des actes de violence et relèvent donc de la loi de la jungle.

Le marché, c'est l'anti Loi de la jungle.



Le loi du marché amène à ça malheureusement, l’Étatisme intégral  n'est guère mieux, il faut trouver une troisième voie:

ETATS-UNIS: EN TROIS ANS, LES 1% LES PLUS RICHES ONT CAPTÉ 95% DES HAUSSES DE REVENUS

http://www.slate.fr/monde/77574/reprise-revenus-menages-riches-etats-unis  
Parce que la législation accumulée sous Clinton et Bush pour favoriser les marchés financiers n'a pas été abrogée sous Obama, qu'au contraire les politiques monétaires de Bernanke ont continué de ruiner l'économie réelle et de faire prospérer l'économie-casino. C'est un problème étatique.

Laissons Ron Paul et Peter Schiff vous expliquer :






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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 20:29

Lebob a écrit:
Philippe Fabry a écrit:
 Alors que les entrepreneurs qui se soumettent aux lois du marché et, par leurs performances, cherchent à séduire le consommateur, ne font jamais fortune au détriment des petits, mais à leur service, en leur permettant d'accéder à plus de biens et de services à moindre coût.

Utopie et miroir aux alouettes.

On nous parle de choses qui n'existent pas comme s'il s'agissait de réalités tangibles.

Il y a trois ans, Xavier Niel débarque sur le marché de la téléphonie mobile, casse l'oligopole Bouygues/SFR/Orange en divisant les prix par deux ou trois. Des millions de gens (dont moi) se précipitent vers ce service aussi efficace que les autres et qui leur fait gagner des centaines d'euros par an, et augmente ainsi leur niveau de vie. Niel est content, ses clients dont je suis sont contents.

Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.


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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 20:34

Godon a écrit:

Philippe Fabry a écrit:
Les grands possédants ne souhaitent aucunement une idéologie "ultra-libérale", qui est fondamentalement hostile à leur mode de vie : la rente.

C'est un très grand malheur que beaucoup de gens croient, comme vous (et comme j'ai pu le faire par le passé) que ce que l'on voit avec les banques, tout ça, c'est du capitalisme libéral. C'est faux et archifaux : ce que vous dénoncez, qui existe et qui effectivement ruine les petits, c'est le capitalisme de connivence qui s'appuie sur la force de l'Etat pour se soustraire aux lois du marché.

Alors que les entrepreneurs qui se soumettent aux lois du marché et, par leurs performances, cherchent à séduire le consommateur, ne font jamais fortune au détriment des petits, mais à leur service, en leur permettant d'accéder à plus de biens et de services à moindre coût.
Chouette! Ils rediffusent enfin "Les Bisounours font de l'économie" ! Non mais, ne me dites pas que vous croyez réellement les sornettes que vous écrivez??? les gentils entrepreneurs, avec les gentils commerçants et les gentils clients, les gentils banquiers, ça fait des gentils riches et des gentils pauvres, main dans la main... Le marché, c'est la jungle, oui! Plus je lis ce forum, et plus j'hallucine !!!!
"Riche" ça ne veut rien dire. Ce qu'il faut regarder, quand vous considérez la fortune de quelqu'un, c'est comment il l'a acquise. Si quelqu'un a fait sa fortune en trouvant comment rendre un service moins cher à ses clients, et que ceux-ci ont contracté librement avec lui parce que son service est supérieur, direz-vous qu'il n'a pas mérité son argent ? Il aura pourtant rendu service à ses semblables, et il est légitime de s'enrichir en rendant service.

En revanche, si quelqu'un s'est enrichi en rendant un service médiocre mais en obtenant que l'Etat interdise à quiconque d'autre que lui de rendre un service du même genre afin que ses clients n'aient pas le choix, alors cet homme est un voleur, un mafieux qui s'est enrichi par l'extorsion.

Demandez-vous toujours comment quelqu'un s'est enrichi. Dans le premier cas c'est du capitalisme libéral. Dans le second c'est du capitalisme de connivence, du corporatisme.

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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 21:20

Philippe Fabry a écrit:
"Riche" ça ne veut rien dire.
le dilemme du "bon citoyen" allant voter:

- un riche, c'est quelqu'un qui a plus d'argent que moi, et qui ne le mérite pas.

- un pauvre, c'est quelqu'un qui a moins d'argent que moi, et qui le mérite bien.

- enfin, un honnête citoyen, c'est quelqu'un qui a le même argent que moi, qui se fait taxer de partout, sans pouvoir s'exiler comme le riche, ni profiter du système comme le pauvre.

:beret: 
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 22:22

Godon a écrit:
[
Sauf que le marché vertueux et idyllique que vous voulez nous vendre n'existe que dans les rêves des Bisounours. Si vous y croyez, vous êtes pathétique. Le marché, c'est "le renard libre dans le poulailler libre"...
C'est la citation que rabâchent sans cesse les antilibéraux. Mais si vous prenez le soin de l'analyser, vous verrez qu'elle ne décrit pas le marché libre, voyez-vous.

En effet qu'est-ce qui caractérise le renard dans le poulailler ? C'est un individu qui utilise la force pour prendre aux poules ce qu'elles ont malgré leur volonté. C'est une créature qui pratique la fraude, l'extorsion pour s'emparer des biens de ceux qui vivent pacifiquement et voudraient simplement échanger entre eux.

A votre avis cette définition s'applique elle à :
- un politicien qui promet à un groupe de personnes de lui financer des avantages sociaux en utilisant la force de l'Etat pour confisquer les biens d'une autre partie de la population ?
- à un patron d'entreprise en difficulté parce qu'il n'a pas été capable de travailler efficacement et qui, de concert avec le principal syndicat de son entreprise qui veut voir préserver les emplois, va voir le ministre pour lui demander de le renflouer avec l'argent prélevé par l'impôt sur les entreprises qui, pour avoir des finances saines, ont nécessité des efforts de la part du patron et de ses salariés ?
- à un industriel qui a inventé un métal miracle qui permet de fabriquer des tuyauteries plus sûres, des rails plus solides et durables et qui supplante sur son marché tous ses concurrents à cause de l'intérêt que les autres acteurs économiques trouvent à son invention ?

Posez-vous la question.

Et puisque vous aimez les comparaisons avec des animaux, regardez cette petite vidéo ludique :


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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Mer 11 Sep 2013, 22:51

Godon a écrit:
SJA & Philippe Fabry, duo comique de classe internationale! Encore, encore! :mdr:
On a pris le temps de vous répondre poliment. Maintenant si vous voulez juste troller, je vais pas me fatiguer.

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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Jeu 12 Sep 2013, 00:03

Godon a écrit:

Effectivement: il est inutile de vous fatiguer, vous ne me convaincrez pas. Votre idéologie malsaine n'a qu'un lointain rapport avec la réalité. Votre rêve imbécile est un cauchemar pour une proportion grandissante de la population mondiale, et vous vous entêtez à promouvoir ces idéaux mortifères. Plus la mondialisation généralise l'ultralibéralisme au niveau planétaire, plus l'économie est agitée de soubresauts, plus les écarts entre très riches et très pauvres se creusent, moins les fragiles équilibres géopolitiques sont stables... Je m'arrête là, la liste des dysfonctionnements engendrés depuis presque 40 ans par la domination ultralibérale sans partage est trop longue...
L'accroissement de la liberté économique a permis de faire reculer la faim dans le monde, a sorti des milliards de personnes de la pauvreté et augmente constamment l'espérance de vie et l'espérance de vie en bonne santé. Les dysfonctionnements sont le produit de deux facteurs :
1 ) la production n'est pas infinie, et donc tout n'est pas immédiatement accessible à tout le monde
2 ) les Etats, qui veulent aller plus vite que la musique en pratiquant la relance et/ou la redistribution, ne font que ralentir la production de la richesse ; quand ils donnent l'impression de l'accélérer, comme dans les années 2000, ce n'est qu'une illusion qui se paye cash par une crise

On ne peut rien changer au 1), qui est une réalité naturelle. En revanche on peut éviter le 2).

Les écarts entre les riches et les pauvres se creusent, dites-vous ? C'est précisément le signe d'une société qui s'enrichit. Vous préférez quoi, un système où vous êtes à 10 et votre voisin à 20 et où l'Etat intervient pour que vous ayez 15 chacun, ou un système où grâce à la dynamique du marché libre vous en venez à avoir 25 et votre voisin 100 ?

Vous savez il y a beaucoup de travaux qui démontrent que jamais dans l'histoire de l'humanité, proportionnellement à la population, il n'y a eu si peu de morts de la guerre ou de la faim. Et cela grâce au marché libre qui apprend aux hommes, par la pratique quotidienne de l'échange volontaire, à dialoguer et à négocier plutôt qu'à se taper dessus. Et si vous regardez bien, chaque fois qu'il y a un problème quelque part, c'est que quelqu'un ne joue pas le rôle de l'échange volontaire... et en général ce quelqu'un, c'est l'Etat.

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boulo
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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Jeu 12 Sep 2013, 07:27

Pour en revenir au titre , la réponse est : " d'aucun côté " .

_________________
" Faux départ . Enquête sur les EMI/NDE " , par Sonia Barkallah , se trouve dans " Témoignages ... " . Dernière réponse le 31/12/2015 1h33 .
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Ray



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Jeu 12 Sep 2013, 09:54

Godon a écrit:
On voit où tout cela nous a mené depuis les années Tatcher-Reagan...


Oui, on voit assez bien.

Vous êtes un ... (comment on dit pour avoir un pt godwin ? aaaah oui ! ) ... un négationniste !
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SJA



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Jeu 12 Sep 2013, 10:06

Philippe Fabry a écrit:
Godon a écrit:
SJA & Philippe Fabry, duo comique de classe internationale! Encore, encore! :mdr:
On a pris le temps de vous répondre poliment. Maintenant si vous voulez juste troller, je vais pas me fatiguer.
C'est quand même drôle ce qu'il dit.

Et puis je vous avais prévenu que malgré les déguisements on finirait par nous reconnaitre sur cette video. batman 

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SJA



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Jeu 12 Sep 2013, 10:16

Godon a écrit:

C'est aussi et surtout un système prédateur, comme je l'ai dit plus haut. Feue ma grand-mère le disait déjà: "Pour qu'il y aie des riches, il faut des pauvres"....

Elle aurait dû vous dire que pour qu'il y ait des administrateurs, il faut des administrés.

Pour qu'il y ait des maitres, il faut des esclaves.

Pour que les élus donne de l'argent à leur clientèle, il faut des contribuables.

etc ...
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SJA



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Jeu 12 Sep 2013, 10:20

Godon a écrit:
SJA & Philippe Fabry, duo comique de classe internationale! Encore, encore! :mdr:
Que doit-on en conclure ?

Pensez-vous qu'une société doit être fondé sur le principe de non agression oui ou non ?
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SJA



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Jeu 12 Sep 2013, 10:23

boulo a écrit:
Pour en revenir au titre , la réponse est : " d'aucun côté " .
Il fallait donc laisser faire, laisser la ruine et la famine définitivement s'installer au Chili ?

Il fallait que les droits naturels de l'homme soient définitivement tous bafoués alors que seuls les droits politiques l'ont été pendant la dictature ?
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Jeu 12 Sep 2013, 10:27

Godon a écrit:
Jolie tentative, vous êtes un bon commercial (entendez: un sacré bonimenteur).

Le hic, c'est que la réalité de faits est toujours autant travestie...

La réalité c'est que le "merveilleux" système économique que vous vantez permet à une poignée d'individus de devenir riches hors de toutes proportions raisonnables alors que les classes moyennes sont pressurées et que les pauvres deviennent très pauvres.
Expliquez-moi comment les pauvres s'appauvrissent.

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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Jeu 12 Sep 2013, 10:34

Cette discussion montre que c'est forcément la Démocratie qui doit arbitrer ces différents points de vue sur l'économie.
et si un trop grand interventionnisme de l'état:
Citation :
ce n'est qu'une illusion qui se paye cash par une crise
une société trop libérale est une illusion sociale qui se paye cash un jour par des tensions, des manifestations, des révoltes, voire des révolutions, beaucoup beaucoup plus violentes que les manifestations de fonctionnaires bien au chaud car mariés à vie à un Etat relativement bien portant parce que ce dernier leur a enlevé 2 ou 3 annuités de retraite.
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SJA



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Jeu 12 Sep 2013, 10:39

Scrogneugneu a écrit:
Cette discussion montre que c'est forcément la Démocratie qui doit arbitrer ces différents points de vue sur l'économie.
et si un trop grand interventionnisme de l'état:
Citation :
ce n'est qu'une illusion qui se paye cash par une crise
une société trop libérale est une illusion sociale qui se paye cash un jour par des tensions, des manifestations, des révoltes, voire des révolutions, beaucoup beaucoup plus violentes que les manifestations de fonctionnaires bien au chaud car mariés à vie à un Etat relativement bien portant parce que ce dernier leur a enlevé 2 ou 3 annuités de retraite.
Alors que les révoltes contre un Etat surpuissant se font toujours dans le calme.





Pouvez-vous citer une révolte contre le libéralisme ?

Je ne connait de révolte que contre l'Etat parce qu'il privilégie tel groupe de citoyens au profit de tel autre.

Ou la révolte de privilégiers qui cassent tout pour maintenir leurs privilèges (exemple : la commune Paris sur les tarifs).
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Dragna Din



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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Jeu 12 Sep 2013, 10:46

Philippe Fabry a écrit:
Godon a écrit:
Jolie tentative, vous êtes un bon commercial (entendez: un sacré bonimenteur).

Le hic, c'est que la réalité de faits est toujours autant travestie...

La réalité c'est que le "merveilleux" système économique que vous vantez permet à une poignée d'individus de devenir riches hors de toutes proportions raisonnables alors que les classes moyennes sont pressurées et que les pauvres deviennent très pauvres.
Expliquez-moi comment les pauvres s'appauvrissent.
Allez faire vos courses, c'est éclatant ;-) Et on ne peut toujours accuser l'Etat de la pression fiscale. Les grands groupes ne vendent pas leurs produits à leur juste valeur, mais avec une formidable marge, les pauvres s'appauvrissent donc pour survivre. Idem à Paris où les prix de l'immobilier ne sont pas imposés par l'Etat mais par votre "loi du marché". 700 euros les 25m², ça c'est le capitalisme. Avec votre libertarisnisme on en serait à 1000 avec l'interdiction aux pauvres de se montrer.
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Jeu 12 Sep 2013, 10:47

Scrogneugneu a écrit:
Cette discussion montre que c'est forcément la Démocratie qui doit arbitrer ces différents points de vue sur l'économie.
et si un trop grand interventionnisme de l'état:
Citation :
ce n'est qu'une illusion qui se paye cash par une crise
une société trop libérale est une illusion sociale qui se paye cash un jour par des tensions, des manifestations, des révoltes, voire des révolutions, beaucoup beaucoup plus violentes que les manifestations de fonctionnaires bien au chaud car mariés à vie à un Etat relativement bien portant parce que ce dernier leur a enlevé 2 ou 3 annuités de retraite.
Le pays indiscutablement le plus libéral du monde au XIXe siècle dans un sens large (jusqu'en 1913) fut les Etats-Unis d'Amérique. Compare avec l'Europe dans le même temps et vois qui a eu le plus de tensions sociales.

Ce n'est aucunement à la démocratie d'arbitrer l'économie, pas plus que ce n'est à la démocratie d'arbitrer la religion. Il faut exiger la séparation de l'Economie et de l'Etat.

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"Les désastres nous enseignent l'humilité" Saint Anselme de Canterbury
« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. » Frédéric Bastiat
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Chilli - 11 septembre 1973 - De quel côté étaient les gentils ?   Jeu 12 Sep 2013, 11:00

Dragna Din a écrit:
Philippe Fabry a écrit:
Godon a écrit:
Jolie tentative, vous êtes un bon commercial (entendez: un sacré bonimenteur).

Le hic, c'est que la réalité de faits est toujours autant travestie...

La réalité c'est que le "merveilleux" système économique que vous vantez permet à une poignée d'individus de devenir riches hors de toutes proportions raisonnables alors que les classes moyennes sont pressurées et que les pauvres deviennent très pauvres.
Expliquez-moi comment les pauvres s'appauvrissent.
Allez faire vos courses, c'est éclatant ;-) Et on ne peut toujours accuser l'Etat de la pression fiscale. Les grands groupes ne vendent pas leurs produits à leur juste valeur, mais avec une formidable marge, les pauvres s'appauvrissent donc pour survivre. Idem à Paris où les prix de l'immobilier ne sont pas imposés par l'Etat mais par votre "loi du marché". 700 euros les 25m², ça c'est le capitalisme. Avec votre libertarisnisme on en serait à 1000 avec l'interdiction aux pauvres de se montrer.
J'y vais, faire mes courses.

Et je vois que si mes courses me coûtent de plus en plus cher c'est parce que ma monnaie perd de la valeur quand la BCE rachète la dette grecque pourrie. Je vois que mes légumes me coûtent de plus en plus cher parce que la taxation des entreprises les oblige, pour faire leur marge, d'augmenter les prix.

Vous voulez parler de l'immobilier à Paris ? C'est justement la lourdeur de l'imposition dans ce domaine et des obligations imposées aux bailleurs et lors des transactions immobilières qui paralysent le marché : en dissuadant les gens ayant un capital d'investir dans l'immobilier en rendant l'investissement de moins en moins rentable et de plus en plus contraignant, l'Etat diminue l'offre tandis que la demande augmente régulièrement. Résultat : les prix grimpent en flèche. Dans un marché libre, le fait que les prix grimpent en flèche devrait attirer de nombreux entrepreneurs avides de faire de l'argent, et cela augmenterait l'offre et stabiliserait ou diminuerait les prix. Mais ils ne viennent pas parce qu'ils savent que Mme Duflot et tant d'autres vont confisquer l'argent qu'ils gagneront dans l'opération ou les obligeront à le dépenser dans des projets qu'ils ne veulent pas.

Et de l'autre côté des politiciens idiots prennent des mesures qui ont l'air sympa mais qui sont contre-productives. Ainsi Sarkozy a-t-il expliqué jadis qu'il voulait que les jeunes deviennent plus facilement propriétaires de leurs logements. A cette fin il a instauré le prêt à taux zéro, qui leur permet d'emprunter plus et donc d'acheter plus facilement alors que les prix de l'immobilier sont chers.
Seulement voilà : avec le prêt à taux zéro, des tas de gens qui n'auraient pas pu acheter sans cela, ou acheté quelque chose de moins cher, ont pu entrer sur le marché et faire grimper la demande, l'offre restant toujours stable. Alors que s'est-il passé ? Les prix ont augmenté. Résultat les jeunes n'ont rien gagné puisque l'augmentation de capacité d'emprunt qu'ils ont obtenue d'un côté a été annulée de l'autre par une augmentation parallèle des prix.
Et qui a été gagnant dans cette histoire ? Ceux qui étaient déjà propriétaires et les rentiers qui ont vu la valeur de leur bien augmenter sans rien faire.

Et si c'est comme ça, me direz-vous, pourquoi les politiciens ne cessent pas de bricoler et ne libèrent pas le marché de l'immobilier pour que les prix baissent ? Parce qu'ils se font aussi élire par les petits propriétaires et les rentiers, et qu'ils ne veulent pas que du jour au lendemain ceux-ci se plaignent de voir baisser le prix du bien qu'ils habitent ou qu'ils louent.

Tout cela n'a rien à voir avec le marché libre et tout avec l'Etat : quand l'Etat taxe et règlemente, il crée la pénurie.

Réfléchissez à un truc : que fait l'Etat quand il veut réduire la consommation de tabac des gens ? Il taxe et réglemente le paquet de cigarette.
Alors à votre avis quand l'Etat taxe et réglemente l'immobilier, quand l'Etat taxe et réglemente l'entreprise, il se passe quoi ?

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