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  Le nom de Dieu est miséricorde - Le livre-entretien du pape François : incohérences et ambiguïtés - 3 février 2016

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AdoratriceSaintSacrement



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MessageSujet: Le nom de Dieu est miséricorde - Le livre-entretien du pape François : incohérences et ambiguïtés - 3 février 2016   Ven 12 Fév 2016, 13:36

Le nom de Dieu est miséricorde - Le livre-entretien du pape François : incohérences et ambiguïtés - 3 février 2016






L'abbé Matthias Gaudron, prêtre de la Fraternité Saint-Pie X, a dirigé durant douze ans le Séminaire international du Sacré-Cœur à Zaitzkofen (Bavière). Il est actuellement professeur à l’Institut Sainte-Marie, dans le canton de Saint-Gall (Suisse). Auteur du Catéchisme catholique de la crise dans l’Eglise (éd. du Sel), il analyse le livre du pape François, Le nom de Dieu est miséricorde, dans un article paru sur le site Internet du district d’Allemagne.

Dans la traduction française de cet article par DICI, les citations renvoient aux pages de l’édition française parue chez Robert Laffont/Presses de la Renaissance.

Dans le cadre de l’Année de la miséricorde, le pape François fait paraître un petit livre, à partir d’un entretien avec le journaliste vaticaniste Andrea Tornelli. A le lire, la miséricorde, serait pour lui « le message le plus important de Jésus » (p. 26). « Le Seigneur ne se lasse jamais de nous pardonner : jamais ! Alors, nous devons demander la grâce de ne jamais nous lasser de demander pardon. » (p. 11).

Il ne s’agit pas pour le pape de minimiser le péché. La connaissance de notre état de pécheur est même la condition pour pouvoir recevoir la miséricorde de Dieu : « Le péché est bien plus qu’une tache. Le péché est une blessure qui doit être soignée, pansée » (p. 48). A la question de savoir pourquoi nous sommes des pécheurs, le pape François répond : « A cause du péché originel… Notre humanité est blessée » (p. 64). « Quand on ressent la miséricorde de Dieu, on a vraiment honte de soi-même, de son propre péché… La honte est l’une des grâces que saint Ignace fait demander dans la confession des péchés devant le Christ crucifié » (p. 31). « La honte est… un facteur positif, parce qu’elle nous rend humbles » (p. 49). Au sujet de l’évangile de la femme adultère (Jn 8), il déclare : « Il (Jésus) ne lui dit pas : l’adultère n’est pas un péché, mais il ne la condamne pas au nom de la loi » (p. 15).

Le pape accorde une grande valeur au sacrement de la pénitence. Le deuxième chapitre de son livre est intitulé : « Le don de la confession ». Les évêques et les prêtres « deviennent… des instruments de la miséricorde divine. Ils agissent in persona Christi. » (p. 43). Aux confesseurs, il demande de ne pas rendre la confession pénible aux pénitents en posant par curiosité des questions superflues (p. 49) et, aussi, de penser à leurs propres péchés en écoutant les confessions (p. 50).

Ce sont là sans aucun doute des considérations importantes et belles, auxquelles nous ne pouvons qu’adhérer de grand cœur. Cependant, à la lecture de l’ouvrage, quelques interrogations surgissent et certaines incohérences sautent à l’esprit.



Incohérences

Le pape reconnaît absolument qu’il y a des cas où le confesseur doit refuser au pénitent l’absolution, par exemple lorsque que ce dernier entretient une relation peccamineuse à laquelle il ne veut pas mettre fin. Certes François pense que l’on doit vraiment « chercher le moindre rai de lumière » (titre du chapitre III) pour conférer l’absolution, mais parfois, le refus de l’absolution est justement un devoir. A ce sujet il dit : « Si le confesseur ne peut pas absoudre, qu’il explique pourquoi, mais qu’il donne une bénédiction, quoi qu’il en soit, même sans absolution sacramentelle » (p. 39). Il est exact que le prêtre peut donner une bénédiction à une personne en état de péché grave ; cela n’implique nullement l’approbation du péché, mais cela peut lui donner des grâces qui l’aideront à se convertir. Cependant, en avril 2014, le témoignage d’une femme, Jakelin Lisboa, ayant épousé civilement un homme divorcé, et qui par conséquent ne recevait pas la communion de son curé, n’a-t-il pas été rendu public ? Le pape François l’aurait appelée au téléphone et lui aurait conseillé de s’approcher de la communion “sans problème”. Ce témoignage n’est pas dénué de fondement, bien que le Vatican – en la personne de son porte-parole, le P. Federico Lombardi très embarrassé -, n’ait pas osé confirmer ni démentir les propos de François, se contentant de déclarer que l’on « ne saurait tirer parti » des « conversations téléphoniques privées » du pape « concernant l’enseignement de l’Eglise ». N’y a-t-il pas là une contradiction, si en théorie le pape enseigne la doctrine exacte alors qu’ensuite, en pratique, il exerce une fausse miséricorde qui ne prend pas le péché au sérieux ?

On est aussi étonné en lisant comment le souverain pontife juge le relativisme moderne : « Le relativisme aussi blesse les personnes : tout semble avoir la même importance, tout se vaut, en apparence. » (p. 37). Mais lui-même n’applique-t-il pas ce relativisme ? La vidéo interreligieuse publiée le 6 janvier dernier ne donne-t-elle pas l’impression que le christianisme, le judaïsme, l’islam et le bouddhisme ne sont finalement que des chemins différents pour parvenir au même but ? Lors de sa visite à l’église luthérienne de Rome, en novembre 2015, ne parlait-il pas exactement comme si les différences entre la foi catholique et la croyance protestante étaient finalement insignifiantes ?




Ambiguïtés

Tornielli s’adresse directement au pape sur sa fameuse déclaration au sujet des homosexuels : « Qui suis-je pour juger ? ». L’explication du pape sur ce point n’est pas très claire. Il affirme qu’il a seulement voulu dire que l’on doit traiter ces personnes avec beaucoup de délicatesse et ne pas les marginaliser. Textuellement il dit : « Je préfère que les personnes homosexuelles viennent se confesser, qu’elles restent proches du Seigneur, que nous puissions prier ensemble. On peut leur conseiller la prière, la bonne volonté, leur indiquer le chemin, les accompagner » (p. 82). Une réponse catholique n’était pourtant pas difficile à donner : un homosexuel qui lutte contre son inclination et qui n’a pas contracté de « mariage homosexuel » ou de relation semblable, peut naturellement venir se confesser et être absout, quand bien même il retomberait de temps à autre dans ce péché. Par contre, s’il ne veut pas renoncer à ses penchants homosexuels, mais continuer à vivre ainsi, on peut seulement lui conseiller de prier quand même, et d’aller à la messe pour ne pas perdre complètement la relation avec Dieu. On peut comprendre la déclaration du pape en ce sens, mais on a l’impression qu’il a peur d’indiquer clairement que l’homosexualité est un péché.

Dans l’introduction, Tornelli cite un sermon de François qu’il a donné, le 7 avril 2014, sur l’évangile de la femme adultère. Il y déclarait que la miséricorde « est quelque chose de difficile à comprendre : elle n’efface pas les péchés », car ce qui efface les péchés « c’est le pardon de Dieu », pourtant « la miséricorde va plus loin » que le pardon (p. 15-16). Il devient difficile de comprendre ce que François veut dire par là. Que la miséricorde nous épargne de la peine due en justice devant Dieu ? Peut-être.



Qu’est-ce qui est nécessaire à notre époque ?

Le pape François fustige l’attitude des personnes soi-disant justes, qui cachent leurs propres péchés derrière une façade pieuse et regardent avec mépris ceux dont les péchés leur sont connus. Cela semble être un sujet qui lui tient à cœur (cf. par ex. pp. 65-66 et 88-90). Il y a certainement toujours eu de tels chrétiens-pharisiens, et il y en a encore aujourd’hui. On peut toutefois se demander si c’est vraiment un problème crucial pour notre temps. N’est-ce pas plutôt le fait que de nos jours, beaucoup de chrétiens ont même perdu la conscience du péché ? Les fidèles ne sont-ils pas aujourd’hui traités d’hypocrites et de pharisiens simplement parce qu’ils maintiennent que le péché reste un péché, même s’il ne s’agit absolument pas pour eux de condamner ni de mépriser les pécheurs ?

François cite bien le pape Pie XII qui disait que le drame de notre temps est que nous avions perdu le sentiment du péché (p. 37). Mais sur ce point il ne va pas plus loin, si ce n’est en mentionnant l’obstacle que représentent le manque de foi dans la rédemption et la rémission des péchés. C’est tout à fait exact, mais le problème fondamental est justement que l’on ne veut plus parler du péché. En Argentine la situation est peut-être différente, mais en Europe, en tout cas, une grande partie des pécheurs ne désirent pas la miséricorde, ils veulent plutôt que l’Eglise cesse de parler du péché. Les homosexuels, ceux qui vivent en concubinage, ceux qui ne pratiquent pas, etc. ne veulent pas entendre parler du message de la miséricorde, mais que l’Eglise reconnaisse et bénisse leur situation.

Le pape souhaite que nous sortions « des églises et des paroisses » pour aller chercher les gens « là où ils vivent, où ils souffrent, où ils espèrent », pour soigner leurs blessures et leur faire voir « le visage d’une Eglise qui redécouvre le ventre maternel de la miséricorde » (p. 74), mais ce désir reste comme une parole en l’air. Sans la foi, l’homme est insensible à la miséricorde de Dieu. Le pape devrait donc d’abord appeler à proclamer de nouveau la foi aux hommes, car même la plupart des catholiques ne connaissent presque rien des grandes vérités de la foi, de la Sainte Trinité, de l’Incarnation, du Sacrifice de Notre Seigneur pour les hommes, et des sacrements. C’est seulement à la lumière de la foi que l’homme prend conscience de ses péchés et comprend qu’il a besoin de la miséricorde de Dieu. Malheureusement, tant que cette annonce de la foi ne se fera pas, des initiatives comme « l’Année de la miséricorde » resteront en définitive sans effet.

Abbé Matthias GAUDRON

Pape François, Le nom de Dieu est miséricorde – Conversation avec Andrea Tornielli, Edition française : Robert Laffont/Presses de la Renaissance, 2016, 171 p.

Sources : FSSPX/Allemagne – Traduction française DICI du 02/02/16
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MessageSujet: Re: Le nom de Dieu est miséricorde - Le livre-entretien du pape François : incohérences et ambiguïtés - 3 février 2016   Ven 12 Fév 2016, 14:02

Voici ce qu'en dit l"Eglise catholique de France

Le Pape François publie « Le nom de Dieu est Miséricorde »

Publié le 12 janvier 2016  

« Le nom de Dieu est Miséricorde », tel est le titre du livre-entretien du Pape François avec le journaliste italien Andrea Tornielli. Distribué dans 86 pays, l’ouvrage a été présenté ce matin à Rome par le Cardinal Secrétaire d’Etat Pietro Parolin et l’acteur italien Roberto Benigni.

Parmi les présents, M. Zhang Agostino Jianquing, un détenu chinois de la prison italienne de Padoue, converti au christianisme et qui a reçu l’an dernier le baptême, la communion et la confirmation. Un passage d’une conférence de Roberto Benigni sur les Dix Commandements a été cité par le Pape dans son homélie du Te Deum de 2014, car il y parlait de la la faiblesse de l’homme, capable de céder à l’esclavage et au péché par peur de la liberté.

Le volume, dont le titre est écrit de la main du Saint-Père sur la couverture des éditions anglaise, espagnole, française, italienne et portugaise, est divisé en neuf chapitres. Il commence par  »Le temps de la Miséricorde » et se termine par  »Pour bien vivre le Jubilé ». Tout au long des autres chapitres le Pape dialogue avec Andrea Tornielli, avec qui il s’est entretenu pendant quatre heures l’été dernier.

Ce dernier lui a posé une quarantaine de questions dont le fil conducteur est la divine miséricorde,  »la carte d’identité Dieu », selon la formule du Pape. Pour lui la confession n’est pas un nettoyage ou une torture. Elle doit être fondée sur l’écoute et non se transformer en interrogatoire. L’Eglise condamne le péché mais embrasse le pécheur, et pour ce il est besoin de la miséricorde de Dieu. Après s’être confessé, il faut prendre conscience que la logique de Dieu est une logique d’amour. Certes elle a scandalisé les docteurs de la Loi, mais l’attachement formel aux règles conduit à ne pas voir le salut que Dieu nous offre.

Ce sont là quelques-uns des arguments abordés par le Saint-Père, qui insiste au chapitre 7 pour rappeler que la corruption est un péché élevé au rang de système, que la compassion doit vaincre la mondialisation de l’indifférence, et que la pratique des oeuvres de miséricorde est la pierre de touche du chrétien.

Dans ce livre, déjà considéré par beaucoup comme une synthèse de l’enseignement papal, le Saint-Père répond souvent au vaticaniste de La Stampa en utilisant des souvenirs de jeunesse ou des événements liés à son expérience de pasteur. Il explique aussi les raisons qui l’ont amené à convoquer une Année Sainte extraordinaire consacrée à la Miséricorde, mot-clé de son magistère.

http://www.eglise.catholique.fr/actualites/dossiers/jubile-de-la-misericorde/413749-le-pape-francois-publie-le-nom-de-dieu-est-misericorde/

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MessageSujet: Re: Le nom de Dieu est miséricorde - Le livre-entretien du pape François : incohérences et ambiguïtés - 3 février 2016   Ven 12 Fév 2016, 14:22

Il est pourtant un pape qui parle BEAUCOUP du péché. En voici quelques phrases :

Seul celui qui a été touché, caressé par la tendresse de la miséricorde, connaît vraiment le Seigneur. C’est pourquoi je répète souvent que le lieu où advient la rencontre avec la miséricorde de Jésus est mon péché.

Nous sommes face à un Dieu qui connaît nos péchés, nos trahisons, nos reniements, notre misère. Et pourtant, il est là qui nous attend, pour se donner entièrement à nous, pour nous relever. » La miséricorde sera toujours plus grande que tous les péchés, nul ne pourra mettre une limite à l’amour de Dieu qui pardonne.

En suivant le Seigneur, l’Église est appelée à répandre sa miséricorde sur tous ceux qui se reconnaissent pécheurs, responsables du mal qu’ils ont accompli, qui sont demandeurs de pardon
.

L’Église n’est pas là pour condamner, mais pour permettre la rencontre avec cet amour viscéral qui est la miséricorde de Dieu.

Le Seigneur de la miséricorde me pardonne toujours ; Il m’offre donc la possibilité de toujours repartir. Il m’aime pour ce que je suis, il veut me soulager, il me tend la main. Cela aussi, c’est une des tâches de l’Église : faire sentir aux gens qu’il n’existe pas de situation sans issue, que, tant que nous sommes vivants, nous pouvons toujours recommencer, si seulement nous permettons à Jésus de nous embrasser et de nous pardonner.

Dans l’accueil de l’exclu qui est blessé dans son corps, et dans l’accueil du pécheur qui est blessé dans son âme, se joue notre crédibilité en tant que chrétiens. Souvenons-nous toujours des mots de saint Jean de la Croix : “Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour”.

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MessageSujet: Re: Le nom de Dieu est miséricorde - Le livre-entretien du pape François : incohérences et ambiguïtés - 3 février 2016   Ven 12 Fév 2016, 18:47

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MessageSujet: Re: Le nom de Dieu est miséricorde - Le livre-entretien du pape François : incohérences et ambiguïtés - 3 février 2016   Sam 13 Fév 2016, 15:18

« La honte est… un facteur positif, parce qu’elle nous rend humbles » (p. 49).
Comment la honte rend humble? j'ai plutôt l'impression que la honte est la manifestation d'un amour propre blessé, quand on a honte c'est qu'on souffre dans notre amour propre de ce qui nous humilie.

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MessageSujet: Re: Le nom de Dieu est miséricorde - Le livre-entretien du pape François : incohérences et ambiguïtés - 3 février 2016   Sam 13 Fév 2016, 15:28

l'idiot a écrit:
« La honte est… un facteur positif, parce qu’elle nous rend humbles » (p. 49).
Comment la honte rend humble? j'ai plutôt l'impression que la honte est la manifestation d'un amour propre blessé, quand on a honte c'est qu'on souffre dans notre amour propre de ce qui nous humilie.


oui, je pense que c'est cela, mais après, devant la miséricorde de Dieu, on se sent humble et  c'est à partir de cela qu"on peut regretter et demander pardon.

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