Bonsoir,
J'ai écouté les 19 premières vidéos d'Arnaud et comme chacun je suppose, j'ai appris énormément. Néanmoins, il y a quelque chose qui me chipote. Comme fil rouge, Arnaud (et la théologie catholique) propose une vision où le but de l'existence de l'âme humaine est d'acquérir la vision béatifique. Pour se faire, il faut l'humilité. Or, celle-ci, si j'ai bien compris (Arnaud corrige moi si je me trompe), est non pas de s'écraser ou d'être écrasé mais bien de se voir en toute vérité, ou toute transparence...
Plusieurs fois Arnaud suggère que les souffrances terrestres ont pour objet de transformer notre coeur, de nous faire devenir humble. S'il est vrai que parfois une remise en question s'opère dans un homme touché par la douleur, une sorte de prise de conscience, de recentrage, voir de métanoia...l'âme désespérée appelle Dieu à son secours... ce n'est pas toujours vrai.
MAIS, ce qui me chipote, c'est que je me demande dans quelle mesure une pareille position n'est pas la porte ouverte à une justification des malheurs terrestres - "soit disant provoqués par Dieu pour nous donner la leçon" - une sorte de théologie de la pédagogie divine par la souffrance.
Ne faudrait-il pas voir dans nos malheurs d'une part la manifestation de notre part d'ombre (amplifiée ou non par l'Ennemi). Et d'autre part notre résistance à l'appel de Dieu, le mal n'étant pas une "leçon" donnée par le Bien mais plutôt son absence (permise par Dieu pour nous donner le Libre Arbitre) ou pour le dire comme je ne sais plus quel théologien : "La traversée du désert que vit l’humanité, le passage de portes en portes que vit chaque homme, devraient plutôt être comprises comme la résistance du temps dispersé au temps de la relation théantropique." ?
