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 Trois noel

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mandonnaud



Messages : 984
Inscription : 21/10/2006

MessageSujet: Trois noel   Dim 13 Déc 2009, 14:42

En 1954 mon père était avec ma mère dans le groupe chrétien de "Vie nouvelle", très actif dans le partage et péréquation de salaire, réflexion évangélique et de société. Mais aussi très attentif aux plus pauvres, ils avaient amélioré un bidonville en mettant des wagons aménagés au lieu de baraques de carton et tôle. Mais à l'appel de l'abbé Pierre, ils ont organisé le ramassage de montagnes d'objets pour les démunis, stockés dans d'anciens hangars d'aviation, j'avais 8 ans et j'y ai participé et j'ai le souvenir de tas de chaussures plus hauts que moi. Ils ont aussi récupéré une usine abandonnée au quai militaire. Actuellement l'autoroute passe près des voies ferrées, où ils ont rassemblé 8 à 10 personnes très pauvres, la plupart rentrés de Cayenne après leur incarcération, qui triaient les objets récupérés et les vendaient en un des premiers Emmaüs de France. L'abbé Pierre était venu pour la mise en place.

En plus au Vigenal, un des premiers prêtres-ouvriers de France, le Père Négrin, avait créé une famille avec 12 enfants de la DDASS suite a des deuils de guerres et de la pauvreté. Mais alors en lien avec les familles il avait donné un terrain sur sa ferme où il avait son atelier de menuiserie et avec une femme consacrée cette famille recomposée. Sur ce terrain furent construits 6 igloos provisoires pour des mal logés des bidonvilles.

Arrivent les fêtes de Noël, avec mes cinq frères et soeurs plus jeunes nous nous faisions une joie de cette soirée dans la maison bourgeoise que nous louions rue Mirabeau, et voilà que papa nous annonce que Noël sera cette année au quai militaire avec Emmaüs et ses hommes cassés, sur le coup je lui en voulais, dépaysement. Le père Négrin est venu dire la messe de minuit sur une table ordinaire et en français, entouré de ses enfants et des anciens forçats, puis nous avons mangé ensemble. Quel bonheur de voir leur joie, de les voir prendre sur leurs genoux mes frères et soeurs pour chanter, moi Paul j'avais 8 ans, Bernard 7 ans, Françoise 6 ans, Dominique 4 ans, Claire 3 ans et Claude 2 ans (celle qui sera 57 fois championne de france et 4 jeux olympiques et 17 records de france en papillon, crawl et 4 nages).

L'année où mon père va mourir d'un cancer en 1996, il va avoir la joie d'avoir ses 6 enfants toujours vivants, venant exprès des États-Unis pour Françoise, d'Aix-en-Provence pour Claude, autour de lui pour la messe de minuit toujours avec le Père Négrin, toujours avec les enfants devenus adultes de la DDASS avec une nouvelle génération plus jeune, et au milieu de ses pauvres, mes frères humbles et simples et avec mes frères jamais Jésus n'a été si présent...

En même temps avec ses amis de Vie nouvelle, voyant l'état déplorable des sans-abri et des Algériens venus en France pour la reconstruction (HLM) et vivant en bidonville, mon père avec M. Barrière et le soutien de M. Vandermark ont envahi une église fermée car reconstruite, le Sacré-Coeur, et ont créé à l'intérieur des chambres pour 100 lits d'homme avec des espaces pour la cuisine et les sanitaires, plus, au balcon, un espace pour 10 femmes clochards. Ceci durant plus d'un an, avec moi tout les soirs mon père y montait car il avait prévu une soupe chaude tous les soirs, et faisait le contrôle, car comme il avait la confiance des Algériens, ils lui remettaient leurs économies avant les envois en Algérie pour éviter les vols. J'ai vu aussi mon père organiser des fêtes comme Noël ou celles musulmanes avec leurs danses du ventre. Presque tous les jours avant d'ouvrir son bazar il se levait plus tôt pour y être. Et souvent les familles avec enfants venaient loger chez nous où le dernier étage de la maison louée était vide. Bien sûr il a souffert du racisme des Limousins et de l'OAS qui lui lançaient des condamnations à mort. Pour finir le relais a été pris par la Sonacotra qu'il a aidé aussi à mettre en place. Plus tard c'est à la Sonacotra des Algériens où j'allais faire de la formation bénévole au français que j'ai connu ma femme Jacqueline.

OUI pour moi, mon père m'a montré ce que c'était d'être chrétien en saint, car je le voyais aussi se confesser et tous les dimanches nous amener à la messe tous les 6.
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cébé



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MessageSujet: Re: Trois noel   Dim 13 Déc 2009, 15:24

fleur 6

Merci pour ces lignes pleines d'émotion!



Racontez encore, Paul !
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MessageSujet: Re: Trois noel   Lun 14 Déc 2009, 10:56

Paul, j'aime beaucoup quand tu racontes Thumright flower
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le plombier



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MessageSujet: Re: Trois noel   Lun 14 Déc 2009, 19:54

"Paratge" , c'est un mot Occitan qui n'a pas de traduction en Français . Et pourtant c'est l'anagramme de partage .

http://www.idgo.fr/articles/art-020762-fetes-paratge-serignan.html

Jacques. :artiste:
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mandonnaud



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MessageSujet: Re: Trois noel   Mer 16 Déc 2009, 18:35

Dans ma famille, au plus lointain souvenir, je me vois avec mes frères et soeurs chaque soir à genoux devant un crucifix ou la crèche faire notre prière avec nos parents. Il y avait souvent un prêtre, un très pauvre, un artiste ou un représentant du métier (bazar) de mon père présent à table le midi ou le soir.

Quand j'allais en vacances chez ma grand-mère paternelle à Floirac dans le Lot, elle nous invitait à dire le rosaire le soir avant de se coucher, car elle était tertiaire dominicaine, et dans le reste de l'année elle m'invitait à des récollections de dominicains pour le tiers-ordre. C'est à cette occasion que j'ai écouté le Père Chery, responsable en plus du dialogue avec les sectes. Elle m'amenait en pèlerinage à Lourdes, Ars, Strasbourg, Domrémy. Et bien sûr aussi au couronnement de Marie et à la prière du mois de Mai.

A l'école Montessori la vie d'écolier et la vie religieuse étaient très imbriquées dans la journée. Au milieu des locaux il y avait une chapelle en carton de notre taille, où on pouvait fabriquer des vitraux, dire la messe avec un autel à notre taille ainsi que de petits calices, et très jeune j'ai écrit en script mon missel à la main et je l'ai relié. Durant le carême, au milieu de l'école on avait une maquette de Jérusalem et une autre de Rome et ses églises, et chaque jour avec des santons les professeurs nous jouaient les évangiles jusqu'à la passion et résurrection. Ensuite on allait à la cathédrale voir les offices de la semaine sainte, en ayant avant répété les chants grégoriens en latin.

J'ai fait ma première communion le 24 juin 1948 (j'ai encore l'image) à 6 ans avec le désir du martyre avec Jésus présent avec moi comme les saints à Rome, et d'être ami de Jésus pour aller à Jérusalem avec lui dans le temple. Mais j'étais aussi convaincu de mon indignité et du pécheur que j'étais avec la sensualité de cet âge. Aussi quand l'abbé Fayaut à 8 ans m'a demandé si je voulais être prêtre, car je lui servais la messe chaque jour et j'aimais prier les yeux fermés pour mieux écouter la parole de Dieu ou la messe, je lui ai dit que je ne m'en sentais pas digne. C'est l'abbé Jacques Glangeaux qui était l'aumônier de l'école Montessori et qui déjà me préparait pour ma première communion avec un suivi de notre évêque Mgr Rastouil. Déjà en 1948 nous avions eu l'autorisation de messe face au peuple, en français, au milieu de notre école, bâtie en carton dans une usine où l'on recueillait la laine de mouton à côté. Ces messes me marquaient beaucoup et j'ai ainsi appris par coeur le début de l'évangile de Jean, dit à la fin de chaque messe : " Au commencement était le Verbe..."

Ma confirmation a été faite le 9 juin 1952 (j'ai encore l'image) avec mes deux frère et soeur plus jeunes à ste Thérèse de l'Enfant Jésus. J'avais 10 ans et la trouille de ne pas savoir répondre aux questions du vicaire général, l'abbé Besse, devant notre évêque.

Durant les vacances on allait en Creuse à Sardent, la paroisse de l'abbé Glangeaux. (Chabrol, originaire du village, y tourna son premier film, "Le beau Serge".) Nous, on venait faire de l'évangélisation en jouant la passion dans les églises et les bars, nous étions près de 12 jeunes dans son presbytère, et j'ai des bons souvenirs du silence plein de Dieu dans les heures du jeudi saint, de nuit, chacun à son tour de veille.

Dans cette enfance Jésus était très présent pour moi. Aussi a 21 ans quand je me suis convertie, j'ai renoncer à la gloire qui se présenter pour moi en danseur étoile a la vie caché avec Jésus que j'ai eu la grace de vivre depuis 41 ans à LIMOGES. DEO GRACIAS.
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Trois noel
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