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 L’énigme Jean Moulin

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Lephenix



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MessageSujet: L’énigme Jean Moulin   Dim 25 Oct 2009, 23:09

Histoire à l’endroit : l’énigme Jean Moulin - Tuesday 31 March 2009

La maison du Docteur Dugoujon à Caluire, dans la banlieue de Lyon, où Jean Moulin a été arrêté le 21 juin 1943, va être transformée en mémorial de la résistance.

Ce mémorial devrait ouvrir ses portes au public en 2011, a annoncé jeudi le secrétaire d’Etat à la Défense Jean-Marie Bockel. L’occasion de revenir sur certaines zones d’ombre du « héros de la Résistance ».

L’ouverture au public du mémorial Jean Moulin est prévue au premier semestre 2011 selon le Conseil général du Rhône, qui a acquis les lieux en 2007 et finance la reconstitution de la maison telle qu’elle était en 1943 et la transformation du sous-sol en musée relatant le contexte et les détails de l’arrestation.

Pour M. Bockel, « La transmission de la mémoire aux jeunes générations passe par la préservation de lieux à forte symbolique ». C’est dans cette maison bourgeoise du XIXème siècle que s’étaient retrouvés le 21 juin 1943 huit hauts responsables de la résistance, pour réorganiser le mouvement après l’arrestation du chef de l’armée secrète, le général Charles Delestraint.

La Gestapo lyonnaise, commandée par Klaus Barbie, ayant été informée de cette réunion, a investi la maison où elle a arrêté huit résistants, dont Jean Moulin, alias Max, représentant du Général de Gaulle, ainsi que le docteur Dugoujon, qui avait prêté sa maison pour la tenue de cette réunion. Ce dernier, revenu des camps, est décédé en 2004. Il a occupé la demeure jusqu’en 1990.

Officiellement, Jean Moulin est décédé le 8 juillet 1943 dans le train qui l’emmenait vers Berlin après avoir subi des jours de torture. Dans son ouvrage L’affaire Jean Moulin – La contre-enquête (Albin Michel), l’avocat Charles Benfredj met en évidence quelques incohérences de la version officielle, et s’interroge sur certaines zones d’ombre de la vie de ce personnage romanesque et insaisissable.

Né en juin 1899, Moulin aurait dû s’engager en juin 1917, dès l’obtention de son baccalauréat. Or il en a été dispensé et part s’inscrire à la faculté de droit de Montpellier. De quels appuis a-t-il bénéficié ?

Finalement mobilisé le 17 avril 1918, il est affecté au régiment de 2e génie basé à… Montpellier. Le 25 septembre 1918, il arrive dans les Vosges et s’apprête à monter en ligne quand l’armistice est proclamé.

Malgré ces états de service peu glorieux, Moulin devient en 1925, à 26 ans donc, le plus jeune sous-préfet de France, puis en 1937, à 38 ans, le plus jeune préfet. S’agissant de fonctions de grande autorité sous la IIIème République, quels furent ses protecteurs ? L’appartenance de son père à la franc-maçonnerie est-elle à mettre en lien avec ce beau profil de carrière ?

Après l’entrevue de Montoire, le 24 octobre 1940, alors que la France s’enfonce dans les-heures-les-plus-sombres-de-son-histoire, Moulin continue de servir avec loyauté le régime de Vichy. En tant que préfet d’Eure-et-Loir, il exécutera docilement dans le département dont il a charge les lois anti-juives et anti-maçonnes, ce qui fait quelque peu tache sur le costume de figure tutélaire de la gauche que d’aucuns ont cru pouvoir lui tailler par la suite. Le 15 novembre 1940, ce n’est pas lui qui démissionne, mais Vichy qui décide de se passer de ses services.

Le 17 juin 1940, il est arrêté à Chartres par les Allemands, officiellement parce qu’il a refusé d’accuser une troupe de tirailleurs sénégalais de l’Armée française d’avoir commis des atrocités envers des civils dans un village d’Eure-et-Loir.

La geste officielle jean-moulinienne affirme que « maltraité et enfermé pour refus de complicité avec les Allemands, il tente de se suicider en se tranchant la gorge avec un débris de verre. Il évite la mort de peu et en gardera une cicatrice qu’il cachera sous une écharpe ».

Quinze jours plus tard, on le retrouve dans les jardins de la préfecture en train de sabler le champagne avec le baron von Gutligen, chef de la Kommandantur, lequel lui offrira une de ses photos le représentant en uniforme d’apparat avec cette dédicace : « A Monsieur le préfet Moulin, mon très distingué collègue et hôte »…

Lorsque ce dernier quitte Chartres, le 27 septembre 1940, il écrit à son « distingué collègue » : « Je crois que nous nous sommes compris l’un et l’autre. Mon désir est que votre collaboration avec le nouveau commandant se tienne dans les mêmes voies que celles que vous et moi avons suivies ».

Le vœu du baron von Gutlingen sera d’ailleurs exaucé puisque le limogeage de Moulin par Vichy le 15 novembre 1940 donnera lieu à une protestation des autorités d’occupation auprès du gouvernement du maréchal Pétain.

Entre sa révocation en novembre 40, et sa rencontre à Marseille en juillet 41 avec Henri Fresnay, de Combat, on cherche en vain les actes de résistance à mettre à l’actif de Moulin qui puissent justifier qu’il soit reçu par le chef du plus important mouvement de résistance.

Après son retour de Londres en janvier 1942, investi par De Gaulle de la mission d’unifier l’ensemble des mouvements de résistance, il se rend à Vichy à l’invitation de Pierre Laval qui lui fera des offres de service.

Sous son vrai nom, Moulin ouvre à Nice une galerie de tableaux où, de février à mai 43, il reçoit lors de vernissages de nombreuses personnalités du régime de Vichy et des forces d’occupation.

L’arrestation de Jean Moulin à Caluire, dans la proche banlieue lyonnaise, le lundi 21 juin 1943, est également entourée d’épaisses zones d’ombre. Connu pour sa méticulosité et son extrême prudence – il imposait entre autre comme règle absolue de ne jamais attendre un retardataire –, Moulin a « géré » le rendez-vous de Caluire d’une manière incroyablement légère. Il s’agissait ni plus ni moins ce 21 juin de désigner les remplaçants du général Delestraint, arrêté deux semaines plus tôt par la Gestapo.

Dans l’attente de la décision finale de De Gaulle, Aubrac avait été pressenti par Moulin pour diriger la zone sud, et Schwartzfeld la zone nord.

Alors qu’il a lui-même fixé la réunion à 14h 30 dans la maison du docteur Dugoujon, place Castellane, Moulin donne rendez-vous à Aubrac et Schwartzfeld à 14h 15 dans le centre de Lyon. Il est matériellement impossible aux trois hommes d’être à Caluire à 14h 30. D’autant que Schwartzfeld arrive en retard…

De fait, le trio débarque place Castellane vers 15h. Lacaze, Larat, Hardy, Lassagne, Aubry attendent depuis déjà une demi-heure, dans un lieu non sécurisé – le colonel Rivière, chef des Corps francs, s’était proposé pour « couvrir » la réunion de Caluire mais cette proposition avait été rejetée par Moulin.

Lorsque ce dernier, flanqué d’Aubrac et de Schwartzfeld se présente à la porte du cabinet, la femme de ménage croit avoir affaire à de simples patients et les dirige… vers la salle d’attente !
C’est là que la gestapo les cueillera, quelques minutes plus tard. Pour un peu, nos trois « résistants » arrivaient après Barbie…

Pascal Copeau - un des principaux lieutenants, avec Aubrac, d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie - confie en effet à Henri Noguères (Histoire de la Résistance, tome 2, p 549)« Je peux bien vous l’avouer aujourd’hui. J’ai fait des coups en douce avec Max [Jean Moulin] parce que je considérais Fresnay comme impossible. Pour tout dire, nous avons beaucoup comploté avec Max, et d’ailleurs avec ses successeurs, pour éliminer les chefs historiques de la Résistance ».

Si Jean Moulin avait voulu « éliminer les chefs historiques de la Résistance » en un seul coup de filet - à l’exception notable de Fresnay et Bénouville, qui n’étaient pas prévus à la réunion - s’y serait-il pris autrement ?

Le rapport Kaltenbrunner du 29 juin 1943 relate en ces termes l’arrestation de Caluire : « La réunion avait été provoquée par le chef des Mouvements Unis de Résistance désigné par le général De Gaulle, et qui se faisait appelé Max.

Cependant, Max lui-même n’a pas assisté à la réunion, car il a été probablement retardé par une rafle de la police française ».

En effet, Moulin (Max) n’aurait pas dû être présent dans la maison du Dr Dugoujon au moment de l’intervention de la Gestapo. A ceci près que la raison en aurait été, non une rafle de la police française, mais les légèretés (programmées ?) du « chef de la résistance ».

La « malchance » a voulu que les Allemands aient plus d’une demi-heure de retard au rendez-vous, par suite d’un récent changement d’adresse du Dr. Dugoujon.
Au volant de leurs Traction avant, les huit hommes de la Gestapo commandés par Barbie ont en effet longuement tourné dans l’agglomération - sans doute mal renseignés par les habitants du cru… - avant de trouver le cabinet du médecin.

Les trois hommes, bien gentiment assis dans la salle d’attente avec cinq braves dames venues consulter le bon docteur Dugoujon, n’opposeront d’ailleurs aucune « résistance » à la Gestapo… Moulin exhibe même un document prouvant qu’il est bien un patient du docteur. Il s’agit d’une lettre d’un médecin marseillais qui le recommande au docteur Dugoujon afin que ce dernier lui trouve un spécialiste des rhumatismes. Il est le seul à s’être muni d’un alibi.

Les Allemands embarquent tous les hommes présents, direction le fort de Montluc, à Lyon. Hardy réussira à s’échapper, dans des conditions rocambolesques et peu crédibles, qui laissent penser à des complicités.

A partir de la date du 21 juin, Moulin s’évanouit littéralement de l’histoire, n’étant formellement reconnu nulle part par aucun témoin.

Au soir du 24 juin, Christian Pineau, également détenu à Montluc, croit reconnaître Moulin – qu’il a rencontré à plusieurs reprises – dans l’homme agonisant dont les Allemands lui demandent de raser les cheveux. L’homme prononcera quelques mots en anglais avant de rendre l’âme.

Or aux dires de sa sœur Laure, Moulin ne parlait pas l’anglais. On ne voit pas par quel miracle, au moment de mourir, il se serait exprimé dans une langue qu’il ne connaissait pas. Concernant le moribond avec lequel il est resté seul plusieurs minutes, Pineau n’évoque pas de cicatrice à la gorge.

Le 25, Dugoujon, Aubry, Lassagne, Schwartzfeld, Lacaze et Larat sont transférés à Fresnes, où se trouve déjà Delestraint. Hardy a « faussé compagnie » aux Allemands. Quant à Aubrac, il reste curieusement à Montluc.

Moulin est transféré le surlendemain à Neuilly, dans la villa personnelle du chef de la Gestapo, Boemelburg. Lassagne et Delestraint sont extraits de leur cellule de Fresnes pour être confrontés à Moulin.

Aucun des deux ne reconnaîtra formellement Moulin dans l’homme qui leur est présenté, « allongé sur un divan, le crâne enveloppé de pansements, le visage jaune et meurtri », qui ne prononcera pas une seule parole pendant toute l’entrevue. Après une enquête minutieuse menée après la guerre, Laure Moulin a acquis la certitude que l’homme transféré à Neuilly sous l’identité de son frère n’avait pas plus de trente-cinq ans.

Or Jean était âgé de 44 ans au moment des faits. Qu’est donc devenu le vrai Jean Moulin ? Beaucoup penseront pendant longtemps qu’il n’est pas mort.

Ainsi Pierre Cot, ministre de l’Air sous Daladier en 1933 puis sous le Front populaire en 1936, écrivait le 15 juin 1945 dans le journal communiste Action : « S’il ne devait pas revenir, nous essaierions de mener à bien la tâche entreprise avec lui ».

Jusqu’au 19 octobre 1943, nul n’a de nouvelles du « chef de la résistance ». A cette date, la Gestapo rend visite à la mère de Jean Moulin à Montpellier pour lui faire part officiellement du décès de son fils le 8 juillet 1943 dans le train Paris-Berlin aux environs de Metz.

L’officier qui conduit l’affaire lui précise qu’il a été incinéré. Le 25 mai 1944, alors que l’issue de la guerre ne fait plus guère de doute, la Gestapo prend la peine de venir voir Laure Moulin, la sœur de Jean, chez elle à Montpellier pour lui dire que les cendres de son frère reposent au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Curieuse sollicitude à l’égard de la famille, de la part d’une organisation qui n’est pas connue pour faire dans les sentiments…

Jean Moulin a d’abord été inhumé le 11 février 1944 au cimetière parisien du Père-Lachaise. La case funéraire 10137 portait ces quelques mots : « Inconnu incinéré le 9 juillet 1943, présumé Jean Moulin ». Le 19 décembre 1964, sous la présidence du général De Gaulle, ses « cendres présumées » sont transférées au Panthéon, afin de commémorer le vingtième anniversaire de la Libération.

En réalité il s’agit d’un cénotaphe, son corps n’ayant jamais été formellement identifié… scratch

Henri Dubost pour Novopress France
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