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 Benoit XVI et la dictature du relativisme

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Jean-Marie



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MessageSujet: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Mar 24 Jan 2006, 18:23

De la dictature du relativisme à saint Thomas d’Aquin
Ou comment redécouvrir la philosophie de l’Eglise


Introduction :


La veille du Conclave qui devait élire Benoît XVI pape de l’Eglise Catholique, le cardinal Ratzinger, alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a célébré le 18 avril 2005, en tant que doyen du Sacré Collège, la messe pro eligendo Romano Pontifice. Dans son homélie, prononcée en la Basilique Saint-Pierre, le cardinal Ratzinger a eu des phrases qui ne peuvent que réjouir tous ceux qui aiment la vérité. Après avoir dénoncé l’influence des idéologies positivistes (marxisme, libéralisme, individualisme, agnosticisme, syncrétisme) sur les baptisés, il a déclaré : une dictature du relativisme est en train de se constituer qui ne reconnaît rien comme définitif et qui retient comme ultime critère que son propre ego et ses désirs. Qu’il est bon d’entendre un homme d’Eglise quand il est fidèle à la vérité et à sa mission de Pasteur !


Cette dictature du relativisme a une histoire. Cette histoire est relativement récente puisqu’elle s’enracine dans la Renaissance. A l’époque, le relativisme ne touchait que quelques élites perverties, entraînées dans la désobéissance. De nos jours, il est partagé par le plus grand nombre et tourne en pression sociale et en terrorisme intellectuel.

Nous espérons œuvrer dans le sens du Saint-Père et de l’Eglise en évoquant ici les grandes lignes de ce naufrage de la raison qu’est la philosophie relativiste. Et comme la grâce ne détruit pas la nature mais la parfait dans le sens du mode de cette nature, l’altération (et a fortiori la destruction) de la raison naturelle altère la foi. En effet, Aristote, au début de la Politique, nous dit que pour comprendre la nature d’une chose, il faut en retracer la genèse. Cette histoire est, comme vous l’imaginez, une triste et sombre histoire. Attristante, car c’est l’histoire de multiples renoncements de la part de ceux-là même qui devaient garder le dépôt de la vérité. Ténébreuse, car elle manifeste la puissance du démon dans l’histoire des idées. Et quand cette puissance touche l’Eglise même de Jésus-Christ, ce sont les baptisés qui souffrent et qui s’inquiètent.

Nous allons ici essayer de montrer comment la naissance de la philosophie positiviste a engendré l’agnosticisme spéculatif et le relativisme morale (qui n’est autre qu’un subjectivisme). Mais nous allons aussi tenter de manifester comment cette négation de la vérité rationnelle ne peut qu’entraîner deux attitudes déséquilibrées : le naturalisme et le surnaturalisme.


Aristote et saint Thomas :


Sans entrer dans les détails de l’argumentation logique, il faut dire que la raison naturelle, laissée à ses seules forces comme chez le païen non-baptisé Aristote, peut aboutir à des vérités sur la nature, sur la nature humaine, sur Dieu. Nous pouvons connaître la vérité sur les choses qui nous entourent en passant de notre expérience sensible à la définition universelle et nécessaire. Concernant Dieu, Aristote aboutit à des vérités certes partielles mais qui ne viennent point contredire la Révélation. La voie inductive nous amène à observer des exemples concrets pour en abstraire l’essence commune (logique matérielle, première par rapport à la logique formelle qui analyse les formes de raisonnement). C’est la leçon des Analytiques, particulièrement en II-Analytiques, II, 19. Cette voie est nommée mode par saint Thomas, sachant qu’il existe un mode spéculatif (réflexion) et un mode pratique (action) qui diffèrent l’un de l’autre tout en étant complémentaires.


L’intelligence, quand elle est bien menée, aboutit sans erreur à la vérité. C’est ainsi que l’intelligence humaine passe de quelques cas (les hommes que j’ai observé) à tous les cas (l’homme en général). Ce passage est réaliste. C’est ce que explique Aristote dans son œuvre logique et c’est ce que confirme saint Thomas d’Aquin dans ses commentaires qui ne font à aucun moment appel aux Ecritures. Ce processus est comparé par saint Thomas à une illumination (Contra Gentes, II, 76). La raison naturelle, sans la foi, peut parvenir à des vérités naturelles qui ne contredisent en rien la Révélation et viennent même la soutenir.


Ainsi, chez le Docteur commun, sous le tutorat d’Aristote, la vérité est d’abord dans l’objet et passe en quelque sorte dans notre intelligence par induction. L’homme peut ainsi aboutir à des vérités qui ne sont point sujettes à discussion et qui sont des repères dans son pèlerinage terrestre.


La scolastique décadente :


Malheureusement, saint Thomas n’a pas été suivi dans sa logique inductive. Par scolastique décadente, nous entendons une philosophie, certes fidèle aux conclusions du Docteur, mais coupée de l’induction et donc des raisons de ces conclusions. Comme l’a remarqué Etienne Gilson : c’était du catéchisme (Le Philosophe et le Théologien). Or, s’il est vrai que, dans l’ordre de la foi, l’argument d’autorité est premier, en philosophie, l’induction est première, si du moins on veut vraiment avoir la science (et pas seulement une opinion). Ne restait donc plus que la logique formelle, qui tendra à discréditer la philosophie réaliste. Il est à craindre que le néo-thomisme du XXème siècle, malgré un louable effort, ne restaure pas l’induction (logique matérielle) de saint Thomas d’Aquin. Le néo-thomisme reste une néo-scolatique formelle.


Descartes :


Avant de faire de Descartes le père de la philosophie moderne, positiviste et relativiste, il faut savoir que bien d’autres auteurs antérieurs avaient tenté de discréditer la capacité de l’intelligence humaine, en s’opposant ainsi au Magistère de l’Eglise. Les sophismes de l’histoire des idées sont toujours les mêmes. Et il s’agit toujours de prétendre être plus fidèle à la vérité, même quand on nie les capacités humaines à la connaître. Nier la capacité humaine à atteindre les vérités stables, c’est cela le positivisme. C’est la philosophie officielle de l’Université française d’Etat (et bien-sûr des programmes de Terminale). Elle s’appuie d’ailleurs en grande partie sur l’argument d’autorité et l’orgueil l intellectuel.


C’est une voie ancienne. Sans remonter jusqu’à l’Antiquité (où nous pouvons évoquer Antistène, un des maîtres des Sophistes, les disciples d’Epicure, de Démocrite, dans une certaine mesure le Stoïcisme romain), dans cette voie positiviste, nous devons citer le franciscain Guillaume d’Occam (1297-1349), mais aussi du même Ordre Adam Woodham, Robert Holkot (dominicain), Grégoire de Rimini (Général de l’ordre des Augustins), Gabriel Biel (+ 1495) dont les disciples vont initier Luther à Occam, Jean Buridan à la Sorbonne (+1360). Plus tard, Nicolas de Cues, Peter Ramus (1515-1572), Giordano Bruno (1548-1600), Nicolas d’Autrecourt, un humien avant la lettre (David Hume va critiquer la logique d’Aristote et de saint Thomas : ses thèses sont celles de nombreux universitaires français actuels). Tous ces auteurs nient à l’intelligence humaine la vocation à la vérité naturelle et tous séparent déjà philosophie et théologie. C’est la doctrine protestante qui se dessine. C’est la schizophrénie de l’intelligence qui nie l’unité et l’ordre voulus par l’Eglise et expliqués par son Docteur Commun.


Mais revenons à Descartes : il n’invente rien. On le voit emprunter des ornières connues dans le monde des chercheurs médiévaux. Et que disent ces novateurs ? Notre connaissance est bornée au sensible : nous ne connaissons rien de vraiment différent de ce que connaissent les animaux. Et si notre connaissance est simplement animale : notre désir le sera aussi. Nous sommes par conséquent enfermés dans notre bien sensible singulier : nos égoïsmes, nos intérêts, nos petits calculs terrestres. Nous sommes dés lors incapables de désirer le Bien Commun. Et si je ne peux pas passer du singulier sensible à l’universel intelligible (logique matérielle d’Aristote et de saint Thomas), je n’ai plus la science des choses : c’est la fin de la science au sens où l’entendait la scolastique. Et c’est la fin de la vérité. C’est la porte ouverte à la seule mesure des choses (la science quantitative contemporaine). Voilà esquissés les enjeux de Descartes. De lui vont sortir les auteurs empiristes et idéalistes qui pervertissent l’intelligence de nos adolescents sous l’autorité de l’Education Nationale et avec l’aval des Directions Diocésaines de l’Enseignement Privé sous contrat.


Lorsque nous lisons Mémoire et Identité, nous sommes heureux de voir le Pape Jean-Paul II enraciner les erreurs modernes dans l’œuvre de Descartes (p.20) et souhaiter un retour à saint Thomas d’Aquin, c’est-à-dire à la philosophie de l’être (p.25). Il est réconfortant d’entendre un Pape analyser les effets du post-cartésianisme et dénoncer l’émergence d’une civilisation positiviste et agnostique dont les effets ultimes sont de penser et d’agir comme si Dieu n’existait pas (p.63). Auparavant, Jean-Paul II avait rappelé l’œuvre mortifère des Lumières, et particulièrement des Lumières françaises.


Les Lumières :

La philosophie des Lumières a été une machine de guerre effroyablement efficace pour la déchristianisation de l’Europe. Ses lignes de front sont multiples, mais c’est l’engagement proprement philosophique qui nous occupe ici. Ces Lumières en effet vont critiquer la scolastique en insistant sur son défaut fondamental : son formalisme. Ainsi, comme nous l’avons vu plus haut, la logique matérielle ayant été négligée, les scolastiques avaient développé une logique formelle tentaculaire dont on ne voyait pas trop l’intérêt pour la foi et le Bien Commun. Restaient certes les conclusions, mais on avait perdu la voie qui mène aux raisons de ces conclusions. On n’avait donc plus que des opinions scolastiques, que seule soutenait la foi catholique : l’argument d’autorité.


Par différents sophismes fort habiles, les Lumières vont discréditer l’Eglise et sa doctrine philosophique et théologique. Viendront les hymnes à l’Humanité sans Dieu dont nous vivons les ultimes effets et leur cortège de misères, de dépressions, de conduites addictives, de suicides, de désespoirs. Bref : le désert intérieur, des âmes qui étouffent sans prière et sans sacrements. Mais avant ces fruits délétères, c’est l’adoption de politiques temporelles dont les inspirateurs sont nombreux mais le plus représentatif est sans conteste Thomas Hobbes (1588-1679). Le raisonnement est toujours le même : notre connaissance ne touche jamais la vérité des choses mais son aspect sensible seulement. Et par conséquent comme l’appétit suit la connaissance, mon désir sera borné à un calcul d’intérêt singulier. Suivront les utilitaristes anglo-saxons : Adam Smith (1723-1790), Jeremy Bentham (1748-1832), Bernard Mandeville (1670-1733), son disciple Ricardo (1772-1823), John Stuart Mill (1806-1873), Malthus (1766-1834). Mais nous pourrions citer la plupart des auteurs des programmes de Terminale (public et privé) et de l’université française d’Etat. Voilà les sources de cette dictature ambiante du relativisme.


Tous ces auteurs détruisent la politique du Bien Commun. Tous ces auteurs sont les lointains disciples de Descartes. Tous ces auteurs, enfin, ont ceci de commun qu’ils s’opposent au mode, à la doctrine et aux principes du Docteur angélique. Et si l’on veut véritablement rechercher les causes, nous devons dire qu’ils s’opposent à l’induction. Tout comme Auguste Comte, formulateur du positivisme contemporain, père des ingénieurs et de l’esprit positiviste, esprit d’efficacité pratique et matérialiste. Il va sans dire que cet esprit méprise la vie contemplative, considérée comme inutile. C’est Marthe qui persécute Marie. Comment ne pas constater les dégâts de ce sophisme puissant ? Seuls comptent les activités pratiques et… qui font de l’argent. On voit qu’avant de subir la dictature du relativisme, l’esprit humain doit subir le joug de la dictature du positivisme.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Mar 24 Jan 2006, 20:59

(suite du texte de Jean-Marie)

Enjeux du rejet d’Aristote et de saint Thomas :

Cette auto-mutilation de l’esprit humain a des conséquences dramatiques pour la vie humaine, conséquences naturelles et surnaturelles.

Enjeux naturels :


Enjeux spéculatifs :


Notre connaissance rationnelle, par induction, aboutit à des conclusions nécessaires et universelles (selon des degrés que n’abordons pas ici) : c’est l’enseignement de la philosophie réaliste. Quand on nie, avec Descartes et David Hume par exemple, la véracité de l’induction, on tombe dans le scepticisme. A chacun sa vérité. Et c’est le triomphe de la raison quantitative : celle qui construit, qui modifie la nature, qui s’en rend maître et possesseur, sans la foi qui devient une adhésion arbitraire puisque non soutenue par des vérités naturelles de raison.

Mais il existe pour les baptisés un autre écueil, dénoncé par le magistère de l’Eglise. Ce piège est excellemment manifesté chez Guillaume d’Occam, franciscain. Que les démonstrations, en théologie, partent de vérités révélées, et donc objets de foi, Occam l’admet. Mais il ne peut supporter l’idée qu’on puisse démontrer par notre raison humaine des vérités révélées, comme l’existence de Dieu, l’immortalité de l’âme : Occam sépare philosophie et théologie. Il rompt l’unité et l’ordre.


Cet écueil, c’est la foi sans la raison, c’est le fidéisme. La foi devient une croyance infondée (et donc ne peut être qu’une affirmation privée : c’est d’ailleurs la logique protestante). Or, l’Eglise nous dit que la raison conduite droitement ne contredit point la Révélation. Nous parlons ici de la saine raison, celle qui suit le processus naturel de connaissance, par induction. Car sans cette voie inductive, on n’a pas la science, la conviction certaine, mais on reste dans l’opinion chancelante.


Enjeux pratiques :


S’il n’existe pas de vérité, alors tout se vaut. Et c’est la vague du tolérantisme. Il est évident que lorsqu’on n’a aucune conviction, il est facile d’être tolérant (c’est même une nécessité). Or, c’est l’ordre naturel (et surnaturel) qui est mesure objective. Quand on perd cette mesure, ce sont les désirs de chacun qui motivent les choix, et particulièrement ceux des décideurs. Or, ces désirs, depuis la disparition de l’enseignement rationnel, sont inspirés par les passions du moment déguisées en idéologies d’apparence rationnelles.

Chez Aristote, la philosophie spéculative est ordonnée à la philosophie pratique. La finalité de l’homme ici-bas est de vivre dans l’amitié, symbiose des vertus morales. L’homme est donc ici profondément un animal politique fait pour l’amitié. Mais dés qu’on nie l’induction et ses conclusions pratiques, on assiste à la naissance d’une nouvelle définition de l’homme. Sans cette intuition des essences, nous n’avons plus de différences spécifiques entre l’homme et l’animal. Et si c’est le cas, la volonté humaine n’est plus saturée, comblée, par l’amitié, mais par nous-mêmes : notre propre ego et nos désirs (intérêts singuliers) comme le rappelait le cardinal Ratzinger. Le Bien commun n’est plus l’objet de notre volonté, mais le plaisir et le pouvoir, comme chez les animaux. C’est le règne du matérialisme et le préjudice social de la lourdeur des psychologies immergées dans le matériel, sans aucune spiritualité. D’où le subjectivisme moral, d’où la morale des sentiments, d’où les politiques hobbiennes modernes qui ne cherchent plus à rendre les citoyens vertueux mais à gérer la jungle. Les hommes sont considérés comme des prédateurs. Et c’est d’ailleurs ce qu’ils deviennent rapidement sans prière, sans pénitence, sans sacrements. Or, cet enseignement sur l’amitié était fondamental, car l’amitié définie par Aristote était le fondement de la définition de la charité chez saint Thomas.

Le naufrage de la raison que nous subissons engendre une dictature de l’émotion, renforcée dans notre quotidien par une forte féminisation des esprits, laquelle est l’effet de la disparition de la paternité dans toutes ses dimensions.



D’où vient la vérité ?

La raison seule : naturalisme (Comte)
La foi seule : surnaturalisme fidéiste. (épisode Janséniste : Pascal et tous les Protestants).
Ces deux attitudes sont également déséquilibrantes et ne respectent point l’ordre naturel et surnaturel voulu par l’Instituteur de la Nature.
Nous regrettons beaucoup que l’encyclique Fides et Ratio n’ait pas une doctrine très claire à ce sujet, signe qu’un travail de restauration reste à faire (mais l’ignorait-on ?) en philosophie et en théologie.

Enjeu surnaturel :

Le but de la philosophie réaliste est d’engendrer les vertus naturelles (spéculatives et pratiques). Ces vertus naturelles ne sont pas des dispositions qui causent nécessairement la grâce qui reste un don gratuit de Dieu, mais ce sont bien des dispositions lointaines (II Sentences). On sait en effet que la grâce ne détruit pas la nature mais agit en suivant le mode de cette nature. La philosophie positiviste et relativiste n’engendre pas les vertus naturelles (spéculatives et pratiques) et donc ne dispose pas aux vertus surnaturelles.

Cette dictature du relativisme est effectivement gravissime pour les hommes de ce monde. Car il faut bien le reconnaître : cette philosophie engendre les vices et les 7 péchés capitaux, particulièrement peut-être la convoitise et l’envie. Sans l’issue surnaturelle, les hommes finissent par adorer Mamon.


Conclusion :


La raison sans la foi, la foi sans la raison : ces deux errances ont contribué à la prolifération des idéologies positivistes dont la dictature relativiste blessent nos intelligences faites pour la vérité et nos volontés faites pour l’amour. Le cardinal Ratzinger poursuivait :
Combien de vents de doctrines avons-nous connu au cours de ces dernières décennies, combien de courants idéologiques, de modes de pensée… Nous, en revanche, nous avons une autre mesure : le Fils de Dieu… C’est l’amitié avec le Christ… qui nous ouvre à tout ce qui est bon et nous donne le critère pour discerner le vrai et le faux, entre l’imposture et la vérité. Et le Saint-Père de continuer : la charité sans vérité serait aveugle ; la vérité sans charité serait comme « une cymbale qui retentit » ( I Cor., 13,1).


Certainement. Mais si l’unique critère de la vérité est la foi : nous sommes dans le surnaturalisme de type protestant évoqué plus haut. Ce fidéisme s’appuie sur un agnosticisme qui nie le pouvoir de la raison d’atteindre des vérités naturelles. Or, nous savons que ces vérités naturelles sont exposées magistralement par Aristote et non moins magistralement commentées par saint Thomas d’Aquin dans le corpus de la philosophie réaliste vanté par exemple par saint Pie X dans Doctoris Angelici. Le Magistère de l’Eglise a en quelque sorte consacré cette philosophie en faisant de saint Thomas le Docteur Commun des baptisés.


Il est manifeste, pour ceux qui sont menés par l’amour de la vérité, que c’est cette philosophie-là qu’il faut redécouvrir si l’on veut réfuter les sophismes de la philosophie relativiste dont la dictature empêche une saine réflexion des baptisés et des citoyens et donc leur pleine humanité dans la charité. Redécouvrir, car la puissance du démon que nous évoquions au début a été assez forte pour s’introduire jusque dans le Magistère en invalidant le mode, la doctrine et les principes du docteur angélique. C’est dans ce sens qu’on redécouvrira l’équilibre surnaturel qui s’appuie sur des vérités naturelles rationnelles.

Après ces déclarations pleines d’espérance, prions pour que notre nouveau Pape encourage cette redécouverte qui redynamisera le bien commun de l’Eglise et donc de l’humanité toute entière. Prions pour que ces discours soient suivis d’actes courageux et bienfaisants. Il faut combattre, mais combattre bien. Il faut restaurer, mais restaurer bien. Le bon combat est missionnaire, mais il ne saurait être efficace sans redécouverte de la philosophie réaliste voulue par l’Eglise dans sa Tradition bimillénaire.

On présente souvent avantageusement le Pape Benoît XVI comme un grand théologien qui s’est confronté aux philosophies modernes et contemporaines. Très bien. Mais qui a gagné, et avec quelles armes ? Dans une confrontation, et particulièrement quand on croît que Jésus-Christ est « la Voie, la Vérité, la Vie », il n’y a pas de match nul. Il y a un vainqueur et un vaincu. Si le gardien du dépôt de Foi est vainqueur, il faut espérer que c’est avec les armes philosophiques et théologiques de saint Thomas, car il ne saurait en exister d’autres, à moins de faire du fidéisme. Par ailleurs, on loue le Pape d’avoir intégré les grandes philosophies actuelles. Intégrer n’est pas une fin en soi : il faut réfuter. Et avec quels principes, sinon ceux du Docteur Commun ? Nous pensons qu’il reste encore beaucoup de travail à faire dans le Magistère actuel. Nous croyons en l’assistance du Saint-Esprit qui nous mène à la vérité toute entière.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Mar 24 Jan 2006, 21:10

Chrer Jean-Marie,
Pour que tout le monde puisse en profiter, pourriez vous lancer une question, une problématique qui vous interresse sur ce texte?

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Arnaud
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Mar 24 Jan 2006, 21:13

Réponse de Christian,

Citation :
Cher Jean Marie


Citation :
Dans une confrontation, et particulièrement quand on croît que Jésus-Christ est « la Voie, la Vérité, la Vie », il n’y a pas de match nul. Il y a un vainqueur et un vaincu. Si le gardien du dépôt de Foi est vainqueur,
Puisqu'affaire de Dieu, pourquoi voudriez-vous, qu'il y ait, dès ici-bas, vainqueur et vaincu? Il y a combat, certes, mais combat entre les droits de Dieu et les droits de son singe par excellence. Les philosophies modernes qu'a si bien digérées et intégrées le Cardinal Ratzinger, ne sont que de petits outils de l'homme pour essayer de prouver des droits de l'hommes. Et il faut donc non pas les réfuter, mais sans servir comme d'un boomerang contre leurs "créateurs". C'est d'ailleurs, il me semble, la démarche qu'entame Benoit XVI avec le Nouvel Order Mondial, qui veut se mettre en place contre Dieu et en définitive contre la Liberté de l'homme (voulue par Dieu).
Qu'il y ait donc un vainqueur, oui, et nous le connaissons dès l'origine, puisqu'il est le principe unique de la fin, Dieu. Tout le reste est cheminement des individus et des nations dans la connaisance de soi, la connaisance de Dieu Trine, et donc de l'humilité nécessaire et obligatoire pour emprunter ce chemin semé d'épines et de roches.

Qu'en pensez-vous?
amitiés
Christian
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Louis



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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Mar 24 Jan 2006, 21:35

Cher jean-Marie

J'avais lancé un sujet au propos du relativisme mais qui n'avait pas abouti bien loin : http://docteurangelique.forumactif.com/viewtopic.forum?t=597&highlight=relativisme

J'ai l'impression qu'on y met un peu tout et n'importe quoi dans ce "relativisme". Le nouveau bouc émissaire invisible. C'est excellent pour les théoriciens du complot ça! affraid Very Happy

Heureusement que le cardinal Radzinger a prononcé ce discours avant d'être pape! Je pense que maintenant il ne parlerait plus comme cela.
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saint Zibou



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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Mer 25 Jan 2006, 03:46

Jean-Marie a écrit:
C’est la doctrine protestante qui se dessine. C’est la schizophrénie de l’intelligence qui nie l’unité et l’ordre voulus par l’Eglise et expliqués par son Docteur Commun. .
8 La loi de Yahweh est parfaite : elle restaure l'âme.
Le témoignage de Yahweh est sur :
il donne la sagesse aux simples(Ps.XIX/8 )
97 Combien j'aime ta loi!
Elle est tout le jour l'objet de ma méditation.
98 Par tes commandements, tu me rends plus sage que mes ennemis,
car je les ai toujours avec moi.
99 Je suis plus sage que tous mes maîtres,
car tes enseignements sont l'objet de ma méditation (Ps.CXIX/97-99)

Alors, je ne vois pas comment l’Écriture seule peut rendre fou,hormis pour ceux qui périssent:
18 En effet, la doctrine de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais
pour nous qui sommes sauvés, elle est une force divine.(ICor.1/18 )
3 Si l'Evangile est encore voilé, c'est pour ceux qui se perdent qu'il reste
voilé,
4 pour ces incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l'intelligence, afin
qu'ils ne voient point briller la splendeur de l'Evangile, où reluit la gloire du
Christ, qui est l'image de Dieu.(IICor.IV/3-4)
Arnaud Dumouch a écrit:
(suite du texte de Jean-Marie)
Cet écueil, c’est la foi sans la raison, c’est le fidéisme. La foi devient une croyance infondée (et donc ne peut être qu’une affirmation privée : c’est d’ailleurs la logique protestante). Or, l’Eglise nous dit que la raison conduite droitement ne contredit point la Révélation.

17 Ainsi la foi vient de la prédication entendue, et la prédication se fait par la
parole de Dieu.(Rom.x/17)
15 et que, depuis l'enfance, tu connais les Saintes Lettres, qui peuvent te donner la sagesse
pour le salut par la foi en le Christ Jésus.
16 Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour reprendre, pour
redresser, pour éduquer en la justice,
17 afin que l'homme de Dieu soit parfait, prêt pour toute œuvre bonne. (IITim.III/15-17)

Selon ces paroles, la Foi pro-testante n’est pas infondée!
19 N'éteignez pas l'Esprit.
20 Ne méprisez pas les prophéties;
21 mais éprouvez tout, et retenez ce qui est bon; (IThess.V/19-21)
11 Ces derniers avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique;
ils reçurent la parole avec un entier empressement, examinant chaque jour les
Ecritures (pour voir) s'il en était bien ainsi (Actes.XVII/11)

Nous faisons, exactement, ce que l’Église romaine préconise, conformément à la Bible :nous veillons à ce que la raison ne contredise pas la Révélation divine!

Je suis navré de constater que vous puissiez répandre de telles calomnies sur la Foi pro-testante ou confessante. Rolling Eyes
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Loup Ecossais



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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Mer 25 Jan 2006, 08:16

Louis a écrit:
C'est excellent pour les théoriciens du complot ça! affraid Very Happy

Very Happy Very Happy Very Happy

Cher Louis, le Bouc je connais. C'est Satan. Mais qui est ce "missaire"? Mr. Green
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Louis



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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Mer 25 Jan 2006, 13:50

Cher Jean-Marie

De qui est ce texte?? Si une partie provient de l'homélie du cardinal Radzinger, il faudrait l'indiquer plus clairement, peut-être en changeant la couleur du texte.
Si ce texte est de vous ou d'un autre auteur, alors le titre du sujet porte à confusion. Merci de préciser.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Mer 25 Jan 2006, 15:42

Olivier a écrit:
Encyclique de Benoit XVI : DIEU est Amour


En lecture directe : format Word

Cher Louis, je laisse le lien d'Olivier, même s'il est sans rapport avec le texte de Jean-Marie (mais ce lien est précieux).

Le texte de Jean-Marie est quant à lui un commentaire de Jean-Marie sur un texte du cardinal Ratzinger.

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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Sam 10 Mar 2007, 12:08

Il faut alors mettre aussi le judaisme dans ce "démoniaque" relativisme.
En effet, Tout l'intêret du Tamuld est d'affirmer que toute opinion est toujours discutable, qu'il n'existe pas de vérité dogmatique.
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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Sam 10 Mar 2007, 13:21

Louis a écrit:
Il faut alors mettre aussi le judaisme dans ce "démoniaque" relativisme.
En effet, Tout l'intêret du Tamuld est d'affirmer que toute opinion est toujours discutable, qu'il n'existe pas de vérité dogmatique.

Je ne pense pas que le Talmud soit relativisme.

Mais les Juifs, étant persécutés, ont inventé la notion de tolérance et d'écoute policée de l'argument de l'autre.

Car la découverte de la tolérance est surtout une vertu de celui qui est écrasé et parle au fort.

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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Dim 11 Mar 2007, 01:58

Ainsi que la dit Louis on met un peu tout et n’importe quoi sous ce relativisme . Ce qui n’est pas de l’opinion de thomas d’ Aquin ( ou d’ Aristote puisqu’ il le suit ) est relativiste .

Moi je veux bien qu’il n’y ait qu’une vérité une seule et pas deux , mais c’est une option dangereuse .Parce que si la vérité était ailleurs que dans le thomisme ,c’est lui qui serait marron dans une affaire qu’il aurait instruite .
Il lui faut pour être sur de son coup être persuadé que lui détient la vérité, la seule l’unique ce qui est loin d ‘être démontré, mais il fait comme si .
Le thomisme emprunte une voie à la suite d’Aristote ,dans cette voie il est rigoureux à l ‘image du grec, mais c est loin d’être la seule et unique manière possible de penser les choses du monde .

Devant la diversité des approches on ne peut que rester perplexe quant aux certitudes des thomistes droits dans leurs bottes , certitudes qu’accompagne très généralement une impossibilité notoire à comprendre ( à seulement essayer de comprendre ) toute démarche philosophique un peu décalée par rapport à la leur , je parle là des philosophies postérieures thomas d’ Aquin ayant critiqué les antérieures adverses
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Dim 11 Mar 2007, 06:54

Citation :
Le thomisme emprunte une voie à la suite d’Aristote ,dans cette voie il est rigoureux à l ‘image du grec, mais c est loin d’être la seule et unique manière possible de penser les choses du monde .

Certains thomistes ont dit cela.

Mais pas saint Thomas qui le prouve partout dans ses écrits: Il prend la vérité PARTOUT OU ELLE EST, même chez les païens.

Et c'est pour cela qu'il peut dire qu'il n'y a effectivement qu'une seule vérité, même si personne ne l'atteind jamais (ici-bas) :

La vérité, c'est la tension vers l'adéquation au réel.

Conclusion: vous identifiez Thomisme et Delaportisme ! Mr.Red

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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Dim 11 Mar 2007, 15:43

à Arnaud



Citation :
Conclusion: vous identifiez Thomisme et Delaportisme !

Non non , j’ai lu aussi ( une partie notable en tout cas) la somme théologique . Je vous dis expressément que Thomas à critiqué les antérieurs . Sa présentation constante procède par exposés des thèses puis synthèse .
Mais il n’a pas ( forcément ) pu critiquer Descartes, Spinoza Berkeley , Hume ou Kant .
Les thomistes me semblent assez aveugles à tout ce qui a suivi . L histoire s' arrête au XII eme siècle .
Bon je reconnais que vous poussez jusqu ‘au concile de trente, mais les philosophes que je cite sont ultérieurs .
study
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Dim 11 Mar 2007, 19:04

Cher Polaire, saint Thomas comme Aristote n'ont qu'un maître en philosophie: le réel. C'est à la lumière de ce seul réel qu'ils critiques les anciens, et sans autre a priori.

Aristote serait aujourd'hui, à mon avis, passionné de science moderne.

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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Dim 11 Mar 2007, 23:27

A partir du moment où on commence à philosopher on s écarte du réel . Du réel des sens , des sensations , et c’est Aristote et Thomas qui le disent eux mêmes .Ils disent qu’on abstrait, qu ‘on intellige ,et je dirai qu’alors on apporte des éléments de compréhension qui pour être réels dans l ‘esprit ne sont pas nécessairement d’une conformité absolue avec ce dont ils sont censés parler .On intellige d’une façon ,d’une autre ,de mille manières selon diverses causes lesquelles autant dans l’esprit que dans les choses qui n’y sont pas .
Aristote tient tout un discours sur les choses lequel n’ a rien de spontané . On entre dans son univers conceptuel ou on y entre pas . La vie réelle ne nous y oblige pas à preuve le philosophe est ignoré de la grand majorité des humains .Il est loin en outre de faire l’unanimité dans la gente philosophique .
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Benoit XVI et la dictature du relativisme   Lun 12 Mar 2007, 06:46

L'essentiel est

1° de le savoir (= humilité intellectuelle).

2° Et de ne jamais cesser de tendre vers ce réel, qui doit être le seul maître. (esprit de recherche).

Ce sont les deux yeux symboliques du hibou = le philosophe.

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