DOCTEUR ANGÉLIQUE FORUM CATHOLIQUE

Théologie Spirituelle Catholique
Pour déposer une intention de prière:Agapé
ATTENTION : Les publicités ci-dessous sont indépendantes de notre volonté !
 
AccueilAccueil  PortailPortail  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
anipassion.com
Partagez | 
 

 Benoît XVI et le Concile Vatican II

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Arnaud Dumouch
Administrateur


Masculin Messages : 80872
Inscription : 19/05/2005

MessageSujet: Benoît XVI et le Concile Vatican II   Mar 24 Jan 2006, 16:13

Par Jean-Marie Keroas
Citation :
BENOÎT XVI ET LE CONCILE :



Lors du traditionnel discours de fin d'année adressé aux membres de la curie romaine, Benoît XVI a donné son interprétation du Concile Vatican II. Le texte est trés intéressant car il aborde les problèmes de fond concernant la révolution dans l'Eglise. Le Saint Père s'est ainsi demandé "quel a été le résultat du Concile". Il a reconnu qu'une interprétation en discontinuité avec la Tradition , née lors du dernier Concile, existe toujours dans l'Eglise et se traduit - le Saint-Père dit candidement :"risque de se traduire" - par "une rupture entre Eglise pré-conciliaire et Eglise post-conciliaire". Face à cette interprétation que l'on peut nommer "moderniste", pour reprendre les justes paroles de Monseigneur Lefebvre, le Saint-Père oppose l'"herméneutique de la réforme" qui se veut fidèle à la Tradition catholique : le renouveau dans la continuité. Benoît XVI évoque à cet égard de beaux extraits du discours de Jean XXIII lors de l'ouverture du Concile : "Il faut faire la distinction entre le dépôt de la foi, c'est-à-dire les vérités ... et la façon dont celles-ci sont énoncées, en leur conservant toutefois le même sens et la même portée". Benoît XVI a rappelé par ailleurs que les relations entre la foi et le monde sont toujours contradictoires mais qu'elles sont surtout devenues plus problématiques après Galilée, Kant et la Révolution française. Une des difficultés de fond est en effet le rapport entre la foi et la raison. Benoît XVI rappelle alors que saint Thomas d'Aquin a placé "la foi dans une relation positive avec la forme de raison dominante à son époque " (à savoir Aristote). Le Docteur aurait ainsi fait ce que préconisera plus tard la Concile Vatican II en s'"ouvrant au monde".


Notre modeste analyse est que l'église conciliaire née de Vatican II s'est montrée tout d'abord ignorante et imprudente. Imprudente, car à vouloir toujours s'adapter, on finit par renier les principes qui fondent votre identité, s'il es vrai que si l'on ne vit pas comme on pense, on finit par penser comme l'on vit. On s'étonne en outre de voir le Pape évoquer les martyrs à propos de la liberté de conscience. Il suffit de lire les Bollandistes pour comprendre que les saints martyrs ne se sont pas opposer à une religion d'Etat au nom de la liberté de conscience. Mais de quelle religion d'Etat parle-t-on ? L'Eglise se serait-elle trompée depuis 313 avec Constantin ?

L'allusion au Docteur Commun de l'Eglise, saint Thomas d'Aquin, peut laisser songeur. Il manifeste en effet ce qu'il faut appeler une ignorance de la philosophie réaliste. Car enfin saint Thomas n'a pas navigué à vue en adaptant la foi "à une forme de raison dominante" : il a compris qu'Aristote cherchait la vérité honnêtement, c'est-à-dire objectivement, et que les vérités sur la nature explicitées par Aristote ne venaient pas détruire la Révélation. La grâce ne détruit pas la nature mais agit en suivant le MODE de la nature (Ia qu.1 a.8 ad 2um).Ces principes communs énoncés par celui que saint Thomas appelait "le Philosophe" ne sont pas propres à une époque, mais sont universelles et nécessaires : ils constituent la philosophie réaliste. Parmi les trés nombreux textes des Papes sur ce sujet, nous citerons le motu proprio "Doctoris Angelici" de saint Pie X : "Les points capitaux de la philosophie de saint Thomas ne doivent pas être placés dans le genre des opinions, au sujet desquelles on peut disputer en l'un ou en l'autre sens, mais bien regardés comme les fondements sur lesquels toute la science des choses naturelles et divines se trouve établie". Ce n'est point en effet une juste interprétation du Magistère dans le sens de la rénovation dans la continuité que d'affirmer "qu'il n'importe en rien à la vérité de la foi qu'on ait tel ou tel sentiment au sujet des choses créées, pourvu seulement qu'on pense juste au sujet de Dieu, car l'erreur touchant à la nature des choses engendre une fausse connaissance de Dieu". C'est ainsi, poursuit saint Pie X, que doivent être "saintement et inviolablement gardés les principes de la philosophie posés par saint Thomas d'Aquin...".

L'Eglise souhaite que le théologien donne, par la philosophie réaliste héritée d'Aristote, les raisons des vérités de foi. Et il nous est pénible de devoir dire que l'église conciliaire, dans laquelle nous pérégrinons, née du dernier Concile, s'est montrée ignorante. "Oui, ces modernistes, qui jouent aux docteurs de l'Eglise, qui portent aux nues la philosophie moderne et regardent de si haut la scolastique (qui avait certes perdu le mode inductif pourtant enseigné par saint Thomas à la suite d'Aristote), n'ont embrassé celle-là (...) que parce que, ignorants de celle-ci, il leur a manqué l'instrument nécessaire pour percer les confusions et dissiper les sophismes" (n° 58).

http://www.librairie-paideia.fr/

_________________
Arnaud
Revenir en haut Aller en bas
http://eschatologie.free.fr
saint Zibou



Masculin Messages : 9464
Inscription : 01/01/2006

MessageSujet: Re: Benoît XVI et le Concile Vatican II   Mer 25 Jan 2006, 04:06

Document

"Bien comprendre Vatican II." Vœux de Benoît XVI à la Curie romaine
Texte intégral


Messieurs les cardinaux,
Vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,

Chers frères et sœurs!(...)




Nouveauté dans la continuité : la liberté religieuse

Il s'agit là de thèmes de grande portée – ce furent les thèmes de la seconde partie du Concile – sur lesquels il n'est pas possible de s'arrêter plus amplement dans ce contexte. Il est clair que dans tous ces secteurs, dont l'ensemble forme un unique problème, une certaine forme de discontinuité pouvait ressortir et que, dans un certain sens, s'était effectivement manifestée une discontinuité dans laquelle, cependant, une fois établies les diverses distinctions entre les situations historiques concrètes et leurs exigences, il apparaissait que la continuité des principes n'était pas abandonnée – un fait qui échappe facilement au premier abord. C'est précisément dans cet ensemble de continuité et de discontinuité à différents niveaux que consiste la nature de la véritable réforme. Dans ce processus de nouveauté dans la continuité, nous devions apprendre à comprendre plus concrètement qu'auparavant, que les décisions de l'Église en ce qui concerne les faits contingents – par exemple, certaines formes concrètes de libéralisme ou d'interprétation libérale de la Bible – devaient nécessairement être elles-mêmes contingentes, précisément parce qu'elles se référaient à une réalité déterminée et en soi changeante. Il fallait apprendre à reconnaître que, dans de telles décisions, seuls les principes expriment l'aspect durable, en demeurant en arrière-plan et en motivant la décision de l'intérieur.

En revanche les formes concrètes ne sont pas aussi permanentes, elles dépendent de la situation historique et peuvent donc être soumises à des changements. Ainsi, les décisions de fonds peuvent demeurer valables, tandis que les formes de leur application dans des contextes nouveaux peuvent varier. Ainsi, par exemple, si la liberté de religion est considérée comme une expression de l'incapacité de l'homme de trouver la vérité, et par conséquent, devient une exaltation du relativisme alors, de nécessité sociale et historique, celle-ci est élevée de façon impropre au niveau métaphysique et est ainsi privée de son véritable sens, avec pour conséquence de ne pas pouvoir être acceptée par celui qui croit que l'homme est capable de connaître la vérité de Dieu, et, sur la base de la dignité intérieure de la vérité, est lié à cette connaissance. Il est, en revanche, totalement différent de considérer la liberté de religion comme une nécessité découlant de la coexistence humaine, et même comme une conséquence intrinsèque de la vérité qui ne peut être imposée de l'extérieur, mais qui doit être adoptée par l'homme uniquement à travers le mécanisme de la conviction.
Le concile Vatican II, reconnaissant et faisant sien à travers le Décret sur la liberté religieuse, un principe essentiel de l'État moderne, a repris à nouveau le patrimoine plus profond de l'Église. Celle-ci peut être consciente de se trouver ainsi en pleine syntonie avec l'enseignement de Jésus lui-même (cf. Mt 22, 21), comme également avec l'Église des martyrs, avec les martyrs de tous les temps. L'Église antique, de façon naturelle, a prié pour les empereurs et pour les responsables politiques, en considérant cela comme son devoir (cf. 1 Tm 2, 2), mais, tandis qu'elle priait pour les empereurs, elle a en revanche refusé de les adorer, et, à travers cela, a rejeté clairement la religion d'État. Les martyrs de l'Église primitive sont morts pour leur foi dans le Dieu qui s'était révélé en Jésus Christ, et précisément ainsi, sont morts également pour leur liberté de conscience et pour leur liberté de professer leur foi, une profession qui ne peut être imposée par aucun État, mais qui ne peut en revanche être adoptée que par la grâce de Dieu, dans la liberté de conscience. Une Église missionnaire, qui sait qu'elle doit annoncer son message à tous les peuples, doit s'engager en vue de la liberté de la foi. Elle veut transmettre le don de la vérité qui existe pour tous, et assure dans le même temps aux peuples et à leurs gouvernements qu'elle ne veut pas détruire leur identité et leurs cultures, mais leur apporter au contraire une réponse qu'au fond, ils attendent, une réponse avec laquelle la multiplicité des cultures ne se perd pas, mais avec laquelle croît au contraire l'unité entre les hommes, et ainsi, également, la paix entre les peuples.(...)

22 décembre 2005
BENEDICTUS pp XVI


Texte original : italien – © Traduction réalisée par l'agence Zenit, avec son aimable autorisation.
Titres et intertitres de la rédaction


© [DECRYPTAGE ™] sur www.libertepolitique.com. Agence catholique de presse et d'analyse. Droits de reproduction totale ou partielle autorisés sous réserve de citer la source et le lien Internet. Fondation de Service Politique, 83 rue St-Dominique F75007 Paris. Contact : decryptage@libertepolitique.com


Dernière édition par le Mer 25 Jan 2006, 10:21, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Olivier JC



Messages : 2123
Inscription : 19/05/2005

MessageSujet: Re: Benoît XVI et le Concile Vatican II   Mer 25 Jan 2006, 09:52

:?

Et si vous allez lire ledit discours, au lieu de laisser la Paix du Christ déserter ainsi votre coeur ?
Revenir en haut Aller en bas
saint Zibou



Masculin Messages : 9464
Inscription : 01/01/2006

MessageSujet: Re: Benoît XVI et le Concile Vatican II   Mer 25 Jan 2006, 10:20

Olivier JC a écrit:
:?

Et si vous allez lire ledit discours, au lieu de laisser la Paix du Christ déserter ainsi votre coeur ?

Oui, je me suis un peu affolé! C'est beaucoup mieux comme cela. Je respire ;) 8) . Car, l'oecuménisme repose, positivement, sur "Unitatis redintegratio" et, négativement, sur"Dignitatis humanae". Or, réinterprétez l'un ou l'autre texte de Vatican II dans un sens contraire au sens obvie et ,alors, l'oecuménisme s'écroule. Ah! J'ai vraiment eu peur! pale pale affraid affraid affraid
Revenir en haut Aller en bas
Scat



Masculin Messages : 1169
Inscription : 06/06/2005

MessageSujet: Re: Benoît XVI et le Concile Vatican II   Mer 25 Jan 2006, 11:12

Citation :
Unitatis redintegratio" et, négativement, sur"Dignitatis humanae"

ça veut dire quoi ces 2 termes ?
Revenir en haut Aller en bas
http://www.linceul-turin.com
saint Zibou



Masculin Messages : 9464
Inscription : 01/01/2006

MessageSujet: Re: Benoît XVI et le Concile Vatican II   Mer 25 Jan 2006, 11:30

Scat a écrit:
Citation :
Unitatis redintegratio" et, négativement, sur"Dignitatis humanae"

ça veut dire quoi ces 2 termes ?



Réintégration de l'unité ou réunification et la dignité humaine. Ce sont deux documents de Vatican II: l'un traite de l'oecuménisme chrétien et l'autre de la liberté religieuse. Ce sont les deux pôles indispensables pour l'écliptique des bonnes relations retrouvées entre chrétiens de diverses confessions. Fin des persécutions et discussions constructives. C'est pour cela que je m'adresse à un forum catholique en toute liberté. Car, avant 1965, nous ne nous serions jamais adressé la parole! Avant, c'était la haine et la fureur et, maintenant, la paix et le dialogue. ;)
Revenir en haut Aller en bas
Sylvie



Messages : 2017
Inscription : 20/05/2005

MessageSujet: Re: Benoît XVI et le Concile Vatican II   Mer 25 Jan 2006, 15:41

...
Revenir en haut Aller en bas
 
Benoît XVI et le Concile Vatican II
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Les ennemis de Benoît XVI veulent un Vatican III !
» GARABANDAL sur le bureau de Benoît XVI !!!
» Le Vatican se dit en accord avec la théorie de l'évolution
» Benoît XVI demande préparation à la solennité dela Pentecôte
» La Porte de la Foi Lettre apostolique en forme de Motu Proprio par laquelle est promulguée l'année de la foi Par Benoît XVI

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
DOCTEUR ANGÉLIQUE FORUM CATHOLIQUE :: Archives :: Archives : Théologie dogmatique, morale et divers-
Sauter vers: