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 christianisme et capitalisme

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caesor



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MessageSujet: christianisme et capitalisme   Mar 01 Sep 2009, 18:18

sortie de :

http://observatoiredesreligions.fr/spip.php?article85

Le Christianisme à l’origine du capitalisme
Rodney Stark, Le triomphe de la raison, Pourquoi la réussite du modèle occidental est le fruit du christianisme, Presses de la Renaissance, 2007, traduction de l’anglais (américain) de Gérard Hocmard
samedi 9 juin 2007

Le livre de Rodney Stark est le plus intéressant qu’il nous ait été de donner de lire depuis longtemps sur les relations entre religion et économie. C’est le seul ouvrage de l’auteur qui ait été traduit en français. Stark est un sociologue de la religion (il enseigne cette discipline à Baylor University, Etats-Unis) que les économistes aimeraient bien enrôler dans leur rang. Ses études sur le monothéisme et l’essor du christianisme sont dignes, elles aussi, d’être portées à la connaissance du public français. Il leur manque juste un peu de raisonnement économique. Avec le Triomphe de la raison, nous ne pouvons que rendre hommage au sociologue qui dépasse de beaucoup, ici, les lieux communs et le jargon trop courants dans cette discipline. Et nous sommes éblouis par la rigueur du raisonnement, l’amplitude des connaissances, et la clarté du propos. Pour résumer le propos de l’auteur, on dira que le capitalisme est à l’origine de la prospérité occidentale et qu’à l’origine du capitalisme, on trouve le christianisme, tout simplement. Cela peut paraître bizarre qu’une religion qui a enseigné que l’on ne pouvait servir deux maîtres, Dieu et Mammon, et béni non seulement l’esprit de pauvreté, mais la pauvreté elle-même, puisse être à l’origine de la hausse du niveau de vie de millions de gens depuis des siècles. Mais Rodney Stark soutient sans ciller ce paradoxe tout au long de ses trois cent cinquante pages avec beaucoup de vaillance et de force.
Rien à voir, disons-le tout de suite avec la thèse fameuse de Max Weber (L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme), qui met la Réforme à l’origine du capitalisme, thèse qui vient récemment d’être renforcée par Robert Ekelund, Robert Herbert, et Robert Tollison dans leur dernier ouvrage, non traduit, qui a été annoncé par l’Observatoire des religions (The marketplace of Christianity, The MIT Press, 2006). Pour Stark, la naissance et l’essor du capitalisme sont bien antérieurs à l’arrivée de Luther et Calvin sur la scène religieuse. Suivons le fil du raisonnement de notre auteur. Au départ, loin du credo qui absurdum de Tertullien, Stark se livre à une sorte de réhabilitation de la théologie, « discipline sophistiquée, hautement rationnelle, qui ne connaît de plein épanouissement que dans le christianisme ». Cette « science de la foi » consiste à raisonner de façon formelle sur Dieu, à découvrir sa nature, ses intentions et ses exigences. Les dieux du polythéisme ne permettraient pas une telle science dans la mesure où ils sont bien trop inconséquents. Même remarque pour le confucianisme et le bouddhisme. La théologie requiert une image de Dieu qui le présente conscient, rationnel et tout-puissant. Ce dieu-là est le dieu unique de la Bible. Soit ! mais quid du judaïsme et de l’islam ? « Les juifs et les musulmans, répond Stark, penchent plutôt vers un strict constructionnisme et appréhendent l’Ecriture sainte comme une loi à comprendre et à appliquer, et non pas comme le point de départ d’une investigation sur son sens ultime ». Bref, judaïsme et islam sont des orthopraxies qui se préoccupent avant tout d’une pratique (praxis) correcte (ortho), alors que le christianisme est une orthodoxie qui met l’accent sur ce qu’il faut penser, par exemple de la Trinité ou de la nature du Christ ou de la perpétuelle virginité de Marie. C’est pourquoi, selon Stark, l’élan fondamental des trois religions a divergé. L’interprétation de la loi juive ou musulmane repose sur le précédent et s’ancre par conséquent dans le passé, « tandis que des efforts pour mieux comprendre la nature de Dieu supposent la possibilité d’un progrès », explique l’auteur. Cette supposition de la possibilité du progrès serait ainsi la différence la plus critique entre le christianisme et toutes les autres religions. « Il en serait peut-être allé autrement si Jésus avait laissé des écrits, remarque astucieusement Stark. Mais, à la différence de Mahomet ou de Moïse dont les textes furent acceptés comme étant de transmission divine et ont par conséquent favorisé une interprétation littérale, Jésus n’a rien écrit et les pères de l’Eglise furent contraints d’emblée de raisonner sur les implications d’une collection de souvenirs de ses paroles » Progrès, donc dans la connaissance de Dieu, mais aussi de la nature qui, parce qu’elle a été créée par lui a nécessairement une structure rationnelle, légitime, stable qui attend que l’homme la comprenne mieux. Dès le 5e siècle, dans un texte que Stark nous fait lire, saint Augustin s’exclamait : « Quels progrès merveilleux, et on pourrait dire stupéfiants, l’industrie humaine a faits dans les techniques du tissage, de la construction, de l’agriculture et de la navigation ! » Il poursuivait en admirant « la maîtrise acquise en ce qui concerne les mesures et le calcul ! ». Et tout ceci était dû au « bénéfice ineffable » que Dieu conférait à sa création, « nature rationnelle » ( La cité de Dieu, 22, 24). D’où l’envol de la science là où le christianisme s’est implanté, à savoir l’Europe, alors qu’elle n’y est pas parvenue ni en Chine, ni dans la Grèce ou la Rome antique, ni en terre d’islam. Le christianisme est aussi, selon Stark, à l’origine de quelques innovations éthiques telles que l’individualisme et l’éloge du travail. De toutes les grandes croyances, le christianisme a été la seule à élaborer une sérieuse opposition religieuse à l’esclavage, et cela dès le 7e siècle. Il fonde aussi la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la légitimité de la lutte contre le despotisme et surtout le droit de propriété. On regrette que l’auteur ne connaisse pas la thèse de Marie-France Renoux-Zagamé sur les Origines théologiques du concept moderne de propriété ( Librairie Droz, Genève, Paris.1987), qui n’aurait pu que renforcer son propos. Il en résulte que contrairement à ce que racontent la plupart des historiens, le haut Moyen Age, loin d’avoir été une époque de ténèbres et de régression, fut une période d’inventivité et de progrès remarquables, dont l’auteur nous dresse une liste impressionnante. Comme de récents travaux statistiques de l’OCDE l’ont montré, qui confirment les observations de Rodney Stark, c’est aux alentours du 12e siècle que l’Europe a dépassé la Chine et non au 19e siècle comme tant d’historiens l’ont prétendu, et ce « détail » a une importance cruciale pour l’interprétation de la suite de l’histoire : non l’Europe n’a pas connu de progrès économique en dominant et en exploitant le reste du monde par la conquête et la colonisation ; elle a dominé le monde grâce à ses progrès économiques. Ce que l’on a appelé l’ « impérialisme » est la conséquence et non la cause du progrès économique de l’Europe. Le capitalisme a commencé à se développer dans les zones qui échappaient au despotisme étatique, à savoir les cités italiennes, Venise, Gênes, Milan, Florence pour se répandre ensuite là où il était faible : les Pays-Bas, puis l’Angleterre. Les pays en retard ont exactement été ceux qui ont été dominés par des monarchies absolues : l’Espagne, qui a exporté son despotisme en Amérique du Sud, et la France qui en a fait de même dans ses colonies. Par contre, le capitalisme a fleuri là où la liberté et le droit de propriété étaient les mieux respectés, à savoir les Etats-Unis d’Amérique qui ont dépassé l’Europe dès la fin du 19e siècle. « Le monde moderne, conclut Stark, a pris son essor seulement dans les sociétés chrétiennes. Pas en terre d’islam. Pas en Asie [...] Et toute la modernisation qui a depuis gagné l’extérieur de la chrétienté a été importée d’Occident, souvent amenée par les colonisateurs et les missionnaires ». Aussi bien, explique-t-il, « faute à la fois de liberté et de capitalisme, les nations musulmanes restent à l’état de semi-féodalité, incapables de produire la plupart des objets qu’elles utilisent dans la vie quotidienne. Leur niveau de vue exige des importations massives réglées avec l’argent du pétrole exactement comme l’Espagne a joui des fruits de l’industrie d’autres pays tant que l’or et l’argent du Nouveau Monde l’ont maintenue à flot. Sans droit de propriété assurés ni liberté individuelle, il ne peut pas pleinement émerger de sociétés modernes ». Nous dirions, nous, que seul le défaut de droit de propriété est dirimant, la liberté étant une conséquence du droit de propriété. Si le christianisme n’a désormais plus de rapport avec la modernisation, comme le prétendent tant de philosophes et d’experts, alors comment expliquer qu’il continue à se répandre si rapidement, demande Rodney Stark. Et le fait qu’il se répand en Amérique du Sud, en Afrique, et même en Chine où notre grand Blaise Pascal craignait qu’il ne pénétrât jamais vraiment. Un facteur de cette expansion, prétend Stark, est que le christianisme fait appel à la raison et qu’il est indissolublement lié à l’essor de la civilisation occidentale. « Pour beaucoup de non-Européens, devenir chrétien revient intrinsèquement à devenir moderne » conclut-il.
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caesor



Masculin Messages : 977
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MessageSujet: Re: christianisme et capitalisme   Mar 01 Sep 2009, 18:19

question à débattre : la crise actuelle (qui dure depuis 1973, sous forme de crises à repetitions) n'est elle pas la conséquence de la déchristianisation de l'Europe ? ou sa cause ?
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SJA



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MessageSujet: Re: christianisme et capitalisme   Mar 01 Sep 2009, 22:02

caesor a écrit:
question à débattre : la crise actuelle (qui dure depuis 1973, sous forme de crises à repetitions) n'est elle pas la conséquence de la déchristianisation de l'Europe ? ou sa cause ?

Et bien voilà une excellente question.

J'aurai tendance à répondre pourquoi pas. La déchristianisation est peut être bien la cause de la crise trentenaire que nous vivons.

J'ai cru comprendre qu'Adam Smith (qui était philosophe de la morale) disait que le capitalisme ne peut prospérer que dans un environnement où est établie la liberté mais aussi la vertu.

La plus part des libéraux qui se réclame de lui oublient trop souvent ce deuxième aspect.
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Vincent01



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MessageSujet: Re: christianisme et capitalisme   Mar 01 Sep 2009, 22:24

N'est ce pas paradoxal, le christianisme prônant en temps normal la charité, alors que le capitalisme de nos jours aurait bien plus tendance à favoriser l'égoïsme, voir même la cupidité.

Enfin je parle de nos jours donc pas vraiment de rapport avec le moyen age.

Même si Arnaud me dira que tout le monde est cupide, il n'en reste pas moins que la situation est paradoxal.
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Antoine L.



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MessageSujet: Re: christianisme et capitalisme   Mer 02 Sep 2009, 15:13

Vincent01 a écrit:
N'est ce pas paradoxal, le christianisme prônant en temps normal la charité, alors que le capitalisme de nos jours aurait bien plus tendance à favoriser l'égoïsme, voir même la cupidité.

Enfin je parle de nos jours donc pas vraiment de rapport avec le moyen age.

Même si Arnaud me dira que tout le monde est cupide, il n'en reste pas moins que la situation est paradoxal.

On est d'accord le libéralisme (pas le capitalisme qui est la base naturelle de toute communauté humaine, sauf exception) est hautement anti-chretien. Il dresse les hommes contre leur frère et pousse ceux ci a l'égoïsme et a l'orgueil. Rien ne peux être plus anti-chretien que le système libérale.
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: christianisme et capitalisme   Mer 02 Sep 2009, 16:00

Antoine L. a écrit:
Vincent01 a écrit:
N'est ce pas paradoxal, le christianisme prônant en temps normal la charité, alors que le capitalisme de nos jours aurait bien plus tendance à favoriser l'égoïsme, voir même la cupidité.

Enfin je parle de nos jours donc pas vraiment de rapport avec le moyen age.

Même si Arnaud me dira que tout le monde est cupide, il n'en reste pas moins que la situation est paradoxal.

On est d'accord le libéralisme (pas le capitalisme qui est la base naturelle de toute communauté humaine, sauf exception) est hautement anti-chretien. Il dresse les hommes contre leur frère et pousse ceux ci a l'égoïsme et a l'orgueil. Rien ne peux être plus anti-chretien que le système libérale.

Pas du tout. Le libéralisme, c'est le fait de laisser les gens entreprendre.
C'est un outil formidable dont le principe est d'utiliser des forces naturelles qui sont en l'homme : volonté de s'enrichir, de faire ce qui lui plaît, d'agir librement et avec le moins possible de contraintes extérieures (administratives, etc...) pour établir un système qui favorise le bien commun : hausse de la productivité, progrès technique, etc...qui améliorent matériellement la vie de l'homme.
Le problème du libéralisme est celui de tout outil : il peut servir en bien comme en mal. Avec un couteau on peut couper un tas de truc, mais on peut aussi blesser.
Lorsque le libéralisme dépasse le cadre économique et matériel pour devenir autonome, il devient sa propre idéologie. Il remplace alors le spirituel, par l'idéologie matérialiste : lui qui devait servir à améliorer matériellement la vie de l'homme, il se met à prôner que l'homme n'a besoin que d'améliorer matériellement sa vie. Un moyen devient une fin.
Partant, il prend aussi la place de la morale : l'entreprise et la recherche du profit s'affranchit de toute limite et devient une fin en soi. La pornographie rapporte, alors c'est admissible.

Je crois que c'est cette dérive que vous condamnez.

Le libéralisme est parfaitement compatible avec la foi chrétienne tant qu'il reste à sa place : dans le domaine matériel, et sans contestation de l'existence du domaine spirituel.

_________________
"Les désastres nous enseignent l'humilité" Saint Anselme de Canterbury
« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. » Frédéric Bastiat
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SJA



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MessageSujet: Re: christianisme et capitalisme   Mer 02 Sep 2009, 16:28

Philippe Fabry a écrit:

Le libéralisme est parfaitement compatible avec la foi chrétienne tant qu'il reste à sa place : dans le domaine matériel, et sans contestation de l'existence du domaine spirituel.

cher Philippe,

l'initateur de ce fil va plus loin que le problème de la compatibilité.

Il émet l'hypothèse que le capitalisme est la conséquence du Christianisme et que lorsque le Christianisme va mal, le capitalisme va mal également.
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Antoine L.



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MessageSujet: Re: christianisme et capitalisme   Mer 02 Sep 2009, 16:39

Bon, c'est un peu hors sujet mais j'ai un verset de l'Ecclésiaste qui me semble convenir au malaise du libéralisme actuel :

Eccl(5:9) Celui qui aime l'argent n'est pas rassasié par l'argent, et celui qui aime les richesses n'en profite pas. C'est encore là une vanité.

je me permet dans rajouter un deuxième :

Eccl(5:11) Le sommeil du travailleur est doux, qu'il ait peu ou beaucoup à manger; mais le rassasiement du riche ne le laisse pas dormir.
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: christianisme et capitalisme   Mer 02 Sep 2009, 16:44

SJA a écrit:
Philippe Fabry a écrit:

Le libéralisme est parfaitement compatible avec la foi chrétienne tant qu'il reste à sa place : dans le domaine matériel, et sans contestation de l'existence du domaine spirituel.

cher Philippe,

l'initateur de ce fil va plus loin que le problème de la compatibilité.

Il émet l'hypothèse que le capitalisme est la conséquence du Christianisme et que lorsque le Christianisme va mal, le capitalisme va mal également.

Je n'ai pas encore lu l'article en entier, je répondais à Antoine et son jugement péremptoire sur le libéralisme.
Mais le propos de l'article me semble juste, car un christianisme qui va mal c'est un capitalisme qui n'est plus borné par le spirituel, donc un train qui déraille.

_________________
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MessageSujet: Re: christianisme et capitalisme   Mer 02 Sep 2009, 17:02

caesor a écrit:
question à débattre : la crise actuelle (qui dure depuis 1973, sous forme de crises à repetitions) n'est elle pas la conséquence de la déchristianisation de l'Europe ? ou sa cause ?

Elle est surtout la cause de corruption !
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Lephenix



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MessageSujet: Re: christianisme et capitalisme   Jeu 03 Sep 2009, 01:57

Les deux « Internationales », l’une révolutionnaire et l’autre financière sont moins opposées réellement que ne pourrait le croire l’observateur superficiel ; mais tout cela, qui fait d’ailleurs partie d’un ensemble beaucoup plus vaste, est-il vraiment sous la direction de certains Juifs, ou n’est-il pas utilisé en réalité par « quelque chose » qui les dépasse ?

Pour quelles raisons le Juif, quand il est infidèle à sa tradition, devient-il plus facilement qu’un autre l’instrument des « influences » qui président à la déviation moderne ; ce serait là, en quelque sorte, l’envers de la « mission des Juifs »...
Léon de Poncins

[i]
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MessageSujet: Re: christianisme et capitalisme   Jeu 03 Sep 2009, 12:55

C'est l'heure de relire:

Ro 11:32 Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde.



et Ro 11:13 Or je vous le dis à vous, les païens, je suis bien l’apôtre des païens et j’honore mon ministère,
14 mais c’est avec l’espoir d’exciter la jalousie de ceux de mon sang (israëlites) et d’en sauver quelques-uns.


15 Car si leur mise à l’écart fut une réconciliation pour le monde, que sera leur admission, sinon une résurrection d’entre les morts?

16 Or si les prémices sont saintes, toute la pâte aussi; et si la racine est sainte, les branches aussi.

17 Mais si quelques-unes des branches ont été coupées tandis que toi, sauvageon d’olivier tu as été greffé parmi elles pour bénéficier avec elles de la sève de l’olivier,
18 ne va pas te glorifier aux dépens des branches. Ou si tu veux te glorifier, ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte.


19 Tu diras: On a coupé des branches, pour que, moi, je fusse greffé.
20 Fort bien. Elles ont été coupées pour leur incrédulité, et c’est la foi qui te fait tenir. Ne t’enorgueillis pas; crains plutôt.


21 Car si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, prends garde qu’il ne t’épargne pas davantage.
22 Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu: sévérité envers ceux qui sont tombés, et envers toi bonté, pourvu que tu demeures en cette bonté; autrement tu seras retranché toi aussi.


23 Et eux, s’ils ne demeurent pas dans l’incrédulité, ils seront greffés: Dieu est bien assez puissant pour les greffer à nouveau.


24 En effet, si toi tu as été retranché de l’olivier sauvage auquel tu appartenais par nature, et greffé, contre nature, sur un olivier franc, combien plus eux, les branches naturelles, seront-ils greffés sur leur propre olivier!


25 Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous ne vous complaisiez en votre sagesse: une partie d’Israël s’est endurcie jusqu’à ce que soit entrée la totalité des païens,

26 et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit: De Sion viendra le Libérateur, il ôtera les impiétés du milieu de Jacob.

.
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Simple fidèle



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MessageSujet: Re: christianisme et capitalisme   Ven 02 Oct 2009, 23:18

Je ne sais pas si le christianisme est à l'origine du capitalisme. Ce qui est sûr, c'est que le capitalisme s'est développé dans une société chrétienne. Voilà mon hypothèse à ce sujet :

L'Eglise défend le principe de subsidiarité selon lequel la responsabilité d'une action publique doit être allouée à la plus petite entité capable de résoudre le problème d'elle-même (cf. wikipedia).
Par exemple : l'éducation de l'enfant, confiée à la famille,
En économie : l'échange des biens, confié aux individus

Le libéralisme tire ses racines de ce fameux principe et de la liberté d'entreprendre (aussi défendue par la religion chrétienne).

La justice (encore un grand principe hérité du christianisme) donne confiance aux acteurs qui vont pouvoir contracter ensemble, notamment en vue de mettre en commun du capital (c'est le capitalisme) et former un contrat d'entreprise. Les premières compagnies industrielles vont donc pouvoir se développer et devenir plus puissantes grâce aux économies d'échelles réalisées.
Prenons un exemple : produire une voiture coûte horriblement cher, en produire 1 million permet de diminuer le coût à l'unité... ce qui n'est possible que dans une grande entreprise où plusieurs actionnaires se sont réunis pour réaliser l'investissement initial (acheter l'usine et embaucher).


Antoine, ce que tu dénonces n'est pas le libéralisme mais la cupidité.

Benoît XVI rappelle dans sa dernière encyclique qu'il faut prendre en compte le péché originel et ses conséquences pour analyser les rapports sociaux (donc la cupidité dont tu parles). Il ne faut pas pour autant y voir une remise en cause du libéralisme. Si le libéralisme ne sort pas de son champs d'action (l'économie), il est bon et souhaitable et il faut le défendre.

Cependant, la sphère du libéralisme s'arrête à l'économie : si certains économistes (Ecole du "Public Choice") voient dans le mariage le résultat d'une loi de marché (rencontre de l'offre et de la demande), tel n'est pas la vision chrétienne du mariage, vu comme un don d'amour réciproque. Ainsi, Benoit XVI rappelle qu'au delà du marché, il y a des choses qui sont bonnes et même meilleures (donc à favoriser), par exemple le don.
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Lephenix



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MessageSujet: Re: christianisme et capitalisme   Dim 04 Oct 2009, 02:00

Comme je l'ai dit ailleurs, le monde moderne et ses déclinaisons, ont pour origine une dégénérescence de certaines formes traditionnelles.

Le "sionisme" et le "protestantisme", par rapport, respectivement, au "Judaïsme" authentique et au "Catholicisme", en sont des exemples.

Voir "L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme."
Max Weber
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christianisme et capitalisme
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