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 Canonisation du frère André

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Chrysostome



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MessageSujet: Canonisation du frère André   Mar 11 Aoû 2009, 00:59

Une étape cruciale est franchie dans la cause de canonisation du frère André : un jugement favorable



La Commission médicale du Vatican, chargée d’étudier un cas de guérison attribuable à l’intercession du frère André, vient de rendre un jugement favorable. Cette nouvelle a été transmise par le vice-postulateur à la cause de canonisation du frère André, père Mario Lachapelle, c.s.c. en poste à Rome, le 26 février 2009. « Selon l’opinion unanime des spécialistes médicaux, la guérison est scientifiquement inexplicable. Il s’agit-là d’une étape cruciale dans sa cause de canonisation », de mentionner père Lachapelle.

La cause peut maintenant recevoir l’attention de la Commission théologique, la deuxième des trois commissions chargées d’étudier le cas. Un des mandats de cette commission est de s’assurer que la guérison est bien attribuable à la seule intercession de frère André. Si le jugement s’avère également positif, le cas sera délégué à une troisième commission composée d’archevêques et de cardinaux qui jugera, entre autres choses, de la pertinence d’étendre la dévotion au frère André à l’Église universelle. Après les recommandations des trois commissions, sa Sainteté le pape Benoît XVI décidera des suites à donner dans cette cause.

Le recteur de l’Oratoire Saint-Joseph, père Claude Grou, c.s.c., déclare avec joie : « Nous pouvons vraiment nous réjouir de cette bonne nouvelle qui nous démontre une fois de plus le rôle exceptionnel du frère André pour notre Église et notre société. »

http://www.saint-joseph.org/fr_1020_index.asp
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Mar 11 Aoû 2009, 01:00

Pour ceux qui ne connaissent pas le frère André

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A8re_Andr%C3%A9_(religieux_qu%C3%A9b%C3%A9cois)


Dernière édition par Paul le Dim 20 Déc 2009, 23:44, édité 1 fois
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 20 Déc 2009, 22:59

Le frère André bientôt proclamé saint?

Daphné Cameron

Cyberpresse

Le frère André pourrait bientôt grossir les rangs des saints de l'Église catholique.

Le pape Benoît XVI a reconnu samedi une guérison miraculeuse attribuable à l'intercession du célèbre religieux montréalais. L'homme à qui l'ont doit l'Oratoire Saint-Joseph deviendrait ainsi le premier saint québécois.

C'est lors d'une rencontre privée à Rome avec le préfet de la Congrégation pour la cause des saints, Mgr Angelo Amato, que le souverain pontife a reconnu la guérison inexplicable scientifiquement. Le Vatican est toutefois resté muet sur les circonstances entourant le miracle. Il s'agit de l'étape ultime à franchir avant de pouvoir être canonisé. Le chef de l'Église catholique devra prochainement trancher à savoir si le frère André mérite sa place parmi les saints.

Les représentants de l'Église catholique et de l'Oratoire Saint-Joseph refusent d'accorder des entrevues aux médias avant l'émission officielle, en 2010, du décret reconnaissant la guérison miraculeuse.


Le vice-postulateur de la cause de canonisation du frère André, père Mario Lachapelle, a toutefois indiqué dans un communiqué que la voie à la canonisation du frère André était maintenant ouverte. «Aujourd'hui, l'une des plus belles pages de notre histoire collective s'écrit», a-t-il déclaré.

Selon le communiqué, le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, s'est également «réjouit» de la nouvelle.

Le frère André est né en août 1845. À son décès en 1937, près d'un million de personnes ont défilé dans les rues de Montréal pour lui rendre un dernier hommage. Au fil des ans, dix millions de personnes ont signé des pétitions pour demander sa canonisation.

Le religieux a été déclaré vénérable le 12 juin 1978 par le pape Paul VI, puis a été béatifié le 23 mai 1982 par le pape Jean-Paul II à Rome.

Celui-ci a également franchit un premier pas sur le chemin de la sainteté samedi. Au cours de la même rencontre, le pape Benoît XVI a signé un décret attestant des vertus héroïques à son prédécesseur, un préalable à la béatification. Le père Popieluszko, mais aussi le controversé pape Pie XII, ont également avancé vers le statut de «bienheureux», étape vers la canonisation. Le Saint-Père a reconnu l'héroïcité des vertus du pape Pie XII mort en 1958, malgré l'opposition d'organisations juives qui lui reprochent son silence sur l'Holocauste pendant la Seconde guerre mondiale.

http://www.cyberpresse.ca/actualites/200912/19/01-932671-le-frere-andre-bientot-proclame-saint.php
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 20 Déc 2009, 23:06

Je suis contente Paul que vous allez avoir votre saint quebecquois !

Et en effet je me suis réjouie hier en écoutant les informations :

Au cours de la même rencontre, le pape Benoît XVI a signé un décret attestant des vertus héroïques à son prédécesseur, un préalable à la béatification. Le père Popieluszko, mais aussi le controversé pape Pie XII, ont également avancé vers le statut de «bienheureux», étape vers la canonisation. Le Saint-Père a reconnu l'héroïcité des vertus du pape Pie XII mort en 1958, malgré l'opposition d'organisations juives qui lui reprochent son silence sur l'Holocauste pendant la Seconde guerre mondiale.
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 20 Déc 2009, 23:17

-Julienne a écrit:
Je suis contente Paul que vous allez avoir votre saint quebecquois !

Et en effet je me suis réjouie hier en écoutant les informations :

Au cours de la même rencontre, le pape Benoît XVI a signé un décret attestant des vertus héroïques à son prédécesseur, un préalable à la béatification. Le père Popieluszko, mais aussi le controversé pape Pie XII, ont également avancé vers le statut de «bienheureux», étape vers la canonisation. Le Saint-Père a reconnu l'héroïcité des vertus du pape Pie XII mort en 1958, malgré l'opposition d'organisations juives qui lui reprochent son silence sur l'Holocauste pendant la Seconde guerre mondiale.

Oui, c'est un grand moment pour nous! Merci, Saint-Père! cheers

Pour Pie XII, la vérité éclatera bien un jour!
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 20 Déc 2009, 23:21

Paul a écrit:
-Julienne a écrit:
Je suis contente Paul que vous allez avoir votre saint quebecquois !

Et en effet je me suis réjouie hier en écoutant les informations :

Au cours de la même rencontre, le pape Benoît XVI a signé un décret attestant des vertus héroïques à son prédécesseur, un préalable à la béatification. Le père Popieluszko, mais aussi le controversé pape Pie XII, ont également avancé vers le statut de «bienheureux», étape vers la canonisation. Le Saint-Père a reconnu l'héroïcité des vertus du pape Pie XII mort en 1958, malgré l'opposition d'organisations juives qui lui reprochent son silence sur l'Holocauste pendant la Seconde guerre mondiale.

Oui, c'est un grand moment pour nous! Merci, Saint-Père! cheers

Pour Pie XII, la vérité éclatera bien un jour!

Que de bonnes nouvelles avant Noel !

Oui pour Pie XII la vérité éclatera, je suis vraiment très heureuse sunny
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Lun 21 Déc 2009, 01:15

Benoît XVI reconnaît une guérison miraculeuse due à l'intercession de frère André

Le 20 décembre 2009 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Le pape Benoît XVI a reçu en audience privée, hier matin à Rome, le préfet de la Congrégation pour la cause des saints, Mgr Angelo Amato, s.d.b.. Au cours de l'audience, le Saint-Père a autorisé la Congrégation à promulguer le décret concernant un miracle attribué à l'intercession du bienheureux frère André, c.s.c., fondateur de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal. Né le 9 août 1845 à Saint-Grégoire d'Iberville dans le diocèse de Saint-Hyacinthe, au sud de la métropole québécoise, frère André est décédé le 6 janvier 1937 à Ville Saint-Laurent (Montréal). Il a été déclaré vénérable le 12 juin 1978 par le pape Paul VI et a été béatifié le 23 mai 1982 par le pape Jean-Paul II à Rome.

C'est avec joie que la direction et l'équipe de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal ont appris que Sa Sainteté le pape Benoît XVI venait de reconnaître une guérison miraculeuse due à l'intercession du bienheureux frère André. Le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, se réjouit de la nouvelle et souligne que "Frère André figure en bonne place parmi les bâtisseurs de notre Eglise diocésaine."

Le vice-postulateur de la cause de canonisation de frère André, père Mario Lachapelle, c.s.c., indique: "La voie à la canonisation de frère André est maintenant ouverte! Le moment semble enfin venu. Aujourd'hui, une des plus belles pages de notre histoire collective s'écrit." Le supérieur général de la Congrégation de Sainte-Croix, à Rome, père Hugh Cleary, c.s.c., mentionne "C'est une grâce pour notre famille religieuse de compter en ses rangs un tel modèle de vie chrétienne donné au monde, une réelle inspiration d'accueil, de présence et de compassion. Voilà une bonne nouvelle!"

Le recteur de l'Oratoire Saint-Joseph, père Claude Grou, c.s.c., commente ainsi cette bonne nouvelle: "En ces jours de préparation à la grande fête de Noël, nous avons une raison supplémentaire de nous réjouir en apprenant que le Saint-Père reconnaît officiellement la guérison miraculeuse obtenue par l'intercession du bienheureux frère André. Cette étape importante ravive notre espérance de voir frère André parmi les saints de l'Eglise catholique." Quant à lui, le supérieur de la Province canadienne de la Congrégation de Sainte-Croix, père Jean-Pierre Aumont, c.s.c., déclare: "Frère André est reconnu par toute la famille de Sainte-Croix comme un homme dont la prière a su toucher le coeur de Dieu. Ce miracle manifeste combien il sait encore et toujours être à l'écoute des souffrances humaines et inspirer la vie et la mission des religieux de Sainte-Croix."

Cette annonce survient à la suite de la session ordinaire des cardinaux et des évêques (regroupant 15 membres) au cours de laquelle un jugement favorable a été émis. La Congrégation pour la cause des saints a ainsi pu présenter l'ensemble des jugements de cette longue étude au Saint-Père.

http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=2012092_andre
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Lun 21 Déc 2009, 20:52

cheers cheers cheers
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Lun 21 Déc 2009, 23:20

Canada : Le bienheureux André Bessette pourrait être canonisé

ROME, Dimanche 20 décembre 2009 (ZENIT.org) - « Pauvre, serviteur et humble », « Pauper, servus et humilis », lit-on sur la tombe de ce bienheureux canadien né en 1845 et mort en 1937. Jean-Paul II a en effet béatifié en 1982 le serviteur de Dieu André-Alfred Bessette, de la Congrégation de la Sainte-Croix, à Montréal, apôtre de saint Joseph et grand thuamaturge.

Il avait connu la misère d’être orphelin au milieu de douze frères et sœurs, sans argent, sans instruction, avec une santé médiocre. Jusqu’à l’âge de 25 ans, il travaillera en ferme, à l’atelier, en usine, puis il était entré chez les frères de la Sainte-Croix. Pendant 40 ans, il assumera la tâche de portier du collège de Montréal. Il passera trente autres années comme gardien de l’oratoire Saint-Joseph, à proximité du collège.

Homme de prière à qui l’on venait se confier, l’humble « frère André » est à l’origine de l’imposante basilique construite en l’honneur de S. Joseph, en qui il avait une confiance toute spéciale.

Son rayonnement spirituel était inouï. Une foule quotidienne de malades, d’affligés, de pauvres de toute sorte, handicapés ou blessés de la vie, cherchait auprès de lui, au parloir du collège comme à l’oratoire accueil, écoute, réconfort, foi en Dieu, avec une confiance particulière dans l’intercession paternelle de saint Joseph.

Frère André repose dans une modeste tombe de granit noir, et la puissance de son intercession n’a pas diminué.

Parmi les guérisons miraculeuses survenues de son vivant, on raconte que Frère Albéric, qui s’était blessé à la jambe et était immobilisé dans sa chambre depuis un mois, désespérait de ne pouvoir se rendre aux célébrations en l’honneur de St. Joseph au jour de sa fête patronale. Il fit une neuvaine au grand saint avec le Frère André, et bien que, la veille encore, son état n’avait pas changé, le 19 mars il put se rendre avec joie à la chapelle.

On rapporte aussi qu’un jeune élève se trouvait confiné au lit depuis plusieurs jours en raison d’une fièvre maligne. Mais lors d’une récréation, le Frère se rendit à l’infirmerie, et lui dit : « Lève-toi, petit paresseux ! Tu es en parfaite santé. Va-t-en jouer dehors avec les autres ! » Se sentant mieux, le garçon partit rejoindre ses camarades. Le Frère fut réprimandé par le médecin du collège pour son imprudence, mais quand celui-ci examina le garçon, il reconnut que l’élève était effectivement guéri.

Quand une épidémie de variole toucha le collège, l’infirmerie de l’ancien noviciat fut remplie de patients, religieux et élèves. Quelques-uns moururent, malgré les soins assidus prodigués par le Supérieur du collège, et par le Frère André, qui se mit à prier saint Joseph de faire cesser l’épidémie. Dès lors, plus personne ne fut atteint, et les malades se trouvèrent subitement guéris !

Les guérisons obtenues par la prière de frère André firent affluer les pauvres et les malades : des mourants recouvraient la santé, des cas « désespérés » étaient guéris, des jambes et des bras infirmes devenaient normaux comme par un jeu d’enfant. La guérison pouvait être instantanée ou prendre du temps et de la persévérance, des prières et des neuvaines, être totale ou partielle, par contact direct ou au loin : « Ayez confiance en St Joseph ! Frottez la partie malsaine avec une médaille ou de l’huile de St Joseph », recommandait frère André.

L’affluence fut telle que les supérieurs ordonnèrent au Frère de cesser de recevoir les malades. Il obéit, pas les malades. Frère André eut la permission de recevoir les malades à la station de tramway, en face du collège. Mais les passagers se plaignirent du danger constitué par la présence des malades, tandis que certains continuaient de se rendre au collège. Mais l’archevêque de Montréal, Mgr Bruchési, apprenant que le Frère André s’était toujours montré obéissant, donna cette consigne : « Laissez-le faire. Si son œuvre est de Dieu, elle continuera, sinon elle s’effondrera d’elle-même. »

Lorsque le sanctuaire à saint Joseph fut édifié, les supérieurs nommèrent Frère André comme gardien. Les pèlerins vinrent par milliers. Frère André passait huit à dix heures par jour dans son bureau à recevoir plusieurs centaines d’entre eux. Des guérisons miraculeuses se vérifièrent, et les pèlerins exaucés déposèrent en ex-voto leurs cannes ou leurs béquilles, et des plaques de marbre : en 1916, par exemple, on enregistra officiellement 435 guérisons, plus d’une par jour !

Anita S. Bourdin

http://news.catholique.org/28134-canada-le-bienheureux-andre-bessette
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Lun 21 Déc 2009, 23:23

Alors j'espère qu'il sera vite canonisé sunny
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Oculus



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Mar 22 Déc 2009, 00:24

quelle misère quand on voit une telle sainteté éclatante et illuminatrice et le cas de Pie XII,
le contraste est saisissant !
comme quoi être gentil , quand on s'appelle Pie XII , c'était vraiment héroïque de sa part!
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Ven 12 Fév 2010, 23:04

Citation :
Le frère André bientôt canonisé

Radio-Vatican annonce aujourd’hui que le frère André sera bientôt canonisé. Les participants à un consistoire public se prononceront vendredi prochain sur six causes de canonisation.

C’est le Bureau des célébrations liturgiques pontificales à Rome qui a annoncé que le pape Benoît XVI présidera le 19 février un consistoire qui confirmera la canonisation de six bienheureux dont le frère André. Le pape annoncera par la suite les dates de canonisation de ces six nouveaux saints.

Le frère André, décédé en 1937, a été le fondateur de l’Oratoire St-Joseph. Il est présentement un bienheureux, l’étape avant la sainteté. Le frère André a été déclaré vénérable le 12 juin 1978 par le pape Paul VI, et a été béatifié le 23 mai 1982 par le pape Jean-Paul II à Rome. Et puis, le 19 décembre dernier, Benoît XVI a autorisé la Congrégation pour la cause des saints à promulguer le décret attribuant officiellement un miracle au frère André.

Parmi les autres bienheureux qui devraient être bientôt canonisés figure celle qui deviendra la première sainte australienne, la religieuse Mary MacKillop (1842-1909).

http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/national/archives/2010/02/20100212-163336.html

Very Happy cheers
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Lun 15 Fév 2010, 00:59

L'émission "Second Regard" (diffusée à la télévision canadienne) de ce dimanche parle du frère André:

http://www.radio-canada.ca/emissions/second_regard/2009-2010/Reportage.asp?idDoc=103773

C'est en deux parties (qui commencent avec un délai dû à la publicité): un reportage sur la vie et l'oeuvre du frère André et une entrevue avec le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal.
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Ven 19 Fév 2010, 17:09

C'est officiel, le bienheureux frère André sera canonisé le 17 octobre prochain! Very Happy

Merci, Seigneur, d'avoir exaucé le voeu de tes fidèles qui désiraient le voir accéder au rang de saint! cheers

Citation :
Religion: Le frère André canonisé le 17 octobre

(Source: Radio-Canada) Le pape Benoît XVI profite d'un consistoire au Vatican pour annoncer que le fondateur de l'Oratoire Saint-Joseph sera canonisé dans huit mois.

Au Vatican, le pape Benoît XVI a annoncé vendredi que le frère André, fondateur de l'Oratoire Saint-Joseph, sera canonisé le 17 octobre prochain.

La nouvelle a été annoncée lors d'un consistoire, réunion du pape avec ses évêques, qui était retransmis pour la première fois à la télévision.

Le cardinal Jean-Claude Turcotte a célébré une messe à l'Oratoire Saint-Joseph vendredi matin pour souligner l'événement. Il doit rencontrer la presse plus tard en matinée.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a soutenu que sa canonisation « confirme la dévotion des innombrables personnes qui se sont tournées vers lui pour obtenir de l'aide, du million de personnes qui ont assisté à ses funérailles et des deux millions de fidèles qui visitent l'Oratoire Saint-Joseph tous les ans ».

« La vie du frère André nous montre le pouvoir de la foi et l'importance de s'occuper des malades et des autres personnes dans le besoin. Par cet acte solennel, l'Église catholique romaine honore un Canadien qui a atteint la grandeur par l'humilité, la détermination et le service à autrui. »

La canonisation du frère André, ajoute-t-il, « intensifie l'inspiration que nous ressentons quand nous regardons [l'Oratoire Saint-Joseph], un symbole et un centre de foi à Montréal et pour l'ensemble du Canada. »

En décembre dernier, le pape avait reconnu une guérison miraculeuse du frère André.

Cette étape était cruciale dans le processus qui devrait mener le frère André à devenir le deuxième saint québécois, après sainte Marie-Marguerite d'Youville. Cette dernière a été canonisée par le pape Jean-Paul II en 1990.

Cinq autres canonisations ont été annoncées:

Stanislas Soltys, prêtre polonais des chanoines réguliers du Latran (1433-1489);
Mary MacKillop, soeur australienne, fondatrice des Soeurs de Saint-Joseph du Sacré-Coeur (1842-1909);
Candida Maria de Jesus Cipitria y Barriola, religieuse espagnole, fondatrice de la Congrégation des filles de Jésus (1845-1912);
Giulia Salzano, religieuse italienne, fondatrice des Suore catechiste del Sacratissimo Cuore di Gesu (1846-1929);
Camilla Battista Varanno, religieuse italienne, clarisse franciscaine (1458-1524).

http://nouvelles.sympatico.ca/abc/Grands_titres/ContentPosting_SRC_grands_titres.aspx?isfa=1&feedname=CBC_TOPSTORIES_V3_FR&showbyline=True&date=true&newsitemid=464135
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Ven 19 Fév 2010, 23:10

Extrait de l'homélie du pape Jean-Paul II, lors de la messe de béatification du frère André, le 23 mai 1982:

"6. Enfin, sans quitter le Canada, nous vénérons aussi dans le bienheureux Frère André Bessette un homme de prière et un ami des pauvres; mais d’un tout autre style, à vrai dire étonnant.

L’œuvre de toute sa vie – sa longue vie de quatre-vingt-onze ans – est celle d’un serviteur pauvre et humble: “Pauper, servus et humilis”, comme on a écrit sur sa tombe. Travailleur manuel jusqu’à vingt-cinq ans, en ferme, à l’atelier, à l’usine, il entre ensuite chez les Frères de Sainte-Croix, qui lui confient, durant presque quarante ans, le service de portier dans leur collège de Montréal; en enfin pendant presque trente autres années, il reste gardien de l’Oratoire Saint-Joseph à proximité du Collège.

D’où lui vient alors son rayonnement inouï, sa renommée auprès de millions de personnes? Une foule quotidienne de malades, d’affligés, de pauvres de toutes sortes, de ceux qui sont handicapés ou blessés par la vie trouvaient auprès de lui, au parloir du collège, à l’Oratoire, accueil, écoute, réconfort et foi en Dieu, confiance dans l’intercession de saint Joseph, bref, le chemin de la prière et des sacrements, et avec cela l’espérance et bien souvent le soulagement manifeste du corps et de l’âme. Les “pauvres” d’aujourd’hui n’auraient-ils pas tout autant besoin d’un tel amour, d’une telle espérance, d’une telle éducation à la prière?

Mais qu’est-ce qui en donnait la capacité au Frère André? Dieu s’est plu à doter d’un attrait et d’un “pouvoir” merveilleux cet homme simple, qui, lui-même, avait connu la misère d’être orphelin au milieu de douze frères et sœurs, était resté sans argent, sans instruction, avec une santé médiocre, bref, démuni de tout, sauf d’une grande confiance en Dieu. Il n’est pas étonnant qu’il se soit senti tout proche de la vie de saint Joseph, le Travailleur pauvre et exilé, si familier du Sauveur, que le Canada et spécialement la Congrégation de Sainte-Croix ont toujours beaucoup honoré. Le Frère André a dû supporter l’incompréhension et la moquerie à cause du succès de son apostolat.

Mais il restait simple et jovial. En recourant à saint Joseph et devant le Saint-Sacrement, il pratiquait lui-même, longuement et avec ferveur, au nom des malades, la prière qu’il leur enseignait.

Sa confiance dans la vertu de la prière n’est-elle pas une des indications les plus précieuses pour les hommes et les femmes de notre temps, tentés de résoudre leurs problèmes en se passant de Dieu?"




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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Sam 20 Fév 2010, 23:54

Biographie détaillée du frère André, tirée du Dictionnaire biographique du Canada en ligne:

BESSETTE, ALFRED, dit frère André, frère convers de la Congrégation de Sainte-Croix et figure charismatique, né le 9 août 1845 dans la paroisse de Saint-Grégoire (Mont-Saint-Grégoire, Québec), fils d'Isaac Bessette et de Clothilde Foisy ; décédé le 6 janvier 1937 à l'hôpital Notre-Dame-de-l'Espérance de ville Saint-Laurent, Québec.

Alfred Bessette est le neuvième enfant d'une famille de 13 (dont 4 morts en bas âge). Il est si frêle à sa naissance que le curé le baptise, le lendemain, « sous condition ». À l'automne de 1849, Isaac Bessette vend sa propriété de Saint-Grégoire et achète une terre à neuf milles de là, au sud-est, à Farnham, près de la rivière Yamaska. Le père de famille, pauvre, exerce divers métiers : menuisier, charpentier, tonnelier et charron. Le 20 février 1855, un arbre qu'il abat lui tombe sur la poitrine et le tue. Désormais seule avec ses enfants, Clothilde assure leur éducation chrétienne et leur transmet la dévotion traditionnelle à la sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Restée sous le choc de la mort de son mari, elle dépérit et meurt de tuberculose le 20 novembre 1857.

Alfred a 12 ans. Il est recueilli par sa tante maternelle Marie-Rosalie et son mari Timothée Nadeau, qui résident à Saint-Césaire. Il suit des leçons de catéchisme, puis reçoit la confirmation de Mgr Jean-Charles Prince, premier évêque de Saint-Hyacinthe, le 7 juin 1858. Sa pauvreté et sa santé fragile expliquent la brièveté de ses études ; il ne saura que signer son nom et lire les caractères imprimés. Pour gagner sa vie, Alfred transporte des matériaux de construction. Quand l'oncle Nadeau, en 1860, part chercher de l'or en Californie, le maire de Saint-Césaire, Louis Ouimet, accueille l'adolescent pour travailler dans la ferme. Alfred exerce ensuite divers métiers à Farnham, à Saint-Jean (Saint-Jean-sur-Richelieu), à Waterloo et à Chambly. En 1862, de retour à Saint-Césaire, il est apprenti boulanger et cordonnier. Ces multiples expériences de travail n'améliorent pas son état, lui qui ne digère rien, disent des témoins, mais qui prie toujours. D'ailleurs, depuis sa tendre enfance à Farnham, Alfred a des comportements qui inquiètent son entourage : malgré sa santé fragile, il se prive de dessert et porte à la taille une ceinture en cuir avec des pointes de fer. Ses stations de prière à genoux sont longues, fréquentes et intenses : on le trouve les bras en croix, devant un crucifix, à l'église, dans sa chambre ou dans une grange.

Dans l'espoir d'y trouver un travail adapté à sa constitution, Alfred prend le train pour la Nouvelle-Angleterre en octobre 1863. Des milliers de compatriotes attirés par la prospérité du pays y ont déjà émigré, et parmi eux, des frères, des sœurs et des connaissances d'Alfred. Le jeune homme de 18 ans, qui a peine à supporter le travail en usine, alterne les emplois dans des filatures de coton avec le travail dans des fermes. Il est embauché au Connecticut (Moosup, Putnam, Hartford et Killingly), au Massachusetts (North Easton) et au Rhode Island (Phenix). Réservé de nature, Alfred, épuisé après sa journée de travail, s'enferme dans sa chambre et prie.

Après avoir cherché sans succès pendant quatre ans un emploi qui lui convienne, Bessette revient au Canada en 1867 et s'installe à Sutton, où vivent sa sœur Léocadie et son frère Claude. Il retourne bientôt à Farnham. Le prêtre de l'endroit, Édouard Springer, l'engage pour prendre soin du cheval, du jardin et des gros travaux du presbytère. Quand il change de cure en 1868, Bessette retourne à Saint-Césaire chez Louis Ouimet ; ce dernier, témoin de sa piété, en parle à son curé, André Provençal. Interrogé sur son désir d'entrer en religion, Alfred invoque son ignorance. L'abbé Provençal calme ses réticences en l'assurant qu'il trouvera dans la Congrégation de Sainte-Croix, à laquelle il confie en 1869 la direction d'un collège dans sa paroisse, le climat de prière dont il a besoin, tout en se rendant utile.

Le 22 novembre 1870, Bessette se présente au collège Notre-Dame, à Côte-des-Neiges (Montréal), où la Congrégation de Sainte-Croix vient d'installer son noviciat. Le mois précédent, le curé Provençal a écrit une lettre de recommandation au maître des novices, Julien-Pierre Gastineau, lui disant qu'il envoyait un saint à sa communauté. Le 8 décembre, le pape Pie IX déclare saint Joseph patron de l'Église universelle. Avec un autre postulant, Bessette prend l'habit religieux le 27 décembre, ainsi que le nom d'André, en l'honneur du curé Provençal. On lui confie la fonction de portier du collège, qu'il exercera jusqu'à la mi-juillet 1909. Il doit aussi assurer la propreté des lieux, faire les courses, donner l'aumône aux pauvres. Il fait de plus office de barbier et d'infirmier auprès des collégiens malades, s'occupe du courrier, du transport des colis des élèves, qu'il accompagne parfois les jours de promenade. En 1872, les supérieurs de la congrégation hésitent cependant, en raison de sa mauvaise santé, à l'admettre à la profession religieuse. Après une conversation avec Mgr Ignace Bourget - celui-là même qui a fait venir la congrégation au pays [V. Joseph-Pierre Rézé* ; Jean-Baptiste Saint-Germain] -, l'évêque de Montréal rassure le frère André. Peu après, le nouveau maître des novices, Amédée Guy, le recommande en disant : « Si ce jeune homme devient incapable de travailler, il saura au moins bien prier. » Admis à prononcer ses vœux temporaires le 22 août 1872, le frère André fait sa profession perpétuelle à 28 ans et 6 mois, le 2 février 1874.

Parmi les visiteurs que le frère André accueille au collège se trouvent des personnes qui confient leur maladie à ses prières. D'autres l'invitent à les visiter à la maison. Le religieux prie avec eux ; il leur remet une médaille de saint Joseph, celui à qui il voue une dévotion particulière, quelques gouttes de l'huile d'olive qui brûle devant la statue du saint, dans la chapelle du collège, et leur conseille de s'en frictionner avec confiance. Des personnes, de plus en plus nombreuses, se mettent à déclarer avoir été guéries ou soulagées de cette manière. Le premier récit connu, celui de Désiré-Michel Giraudeau, dit frère Aldéric, qui rapporte sa propre guérison ainsi que celle de plusieurs autres personnes, est publié à Paris en 1878, dans les Annales de l'Association de Saint-Joseph. La réputation de thaumaturge et de sainteté du petit frère - il mesure à peine plus de cinq pieds - se répand de bouche à oreille. La direction du collège finit par s'inquiéter du flot croissant des visiteurs. Des parents, des confrères et même le médecin de l'établissement dénoncent aux autorités religieuses et sanitaires de la ville la présence de malades à proximité des élèves. Certains qualifient le frère de charlatan, de vieux graisseux… Autour de 1900, on demande au frère André de recevoir les malades dans un abri construit en face du collège, à l'arrêt du tramway, pour les parents des élèves. Il amène ses visiteurs prier devant une statue de saint Joseph qu'il a installée dans une niche sur le mont Royal. Le terrain, acquis en 1896 par le collège Notre-Dame, a été nommé parc Saint-Joseph ; la partie du bas sert à la culture et celle du haut fait office de lieu de récréation. Le frère André nourrit le projet d'y ériger une chapelle à saint Joseph. Avec l'appui de ses amis - les vœux de plusieurs d'entre eux ont été exaucés après avoir prié avec lui -, il finit par obtenir l'autorisation de la construire. La direction du collège et l'archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési, précisent toutefois que les frais engagés seront à la charge des demandeurs. Grâce aux dons offerts spontanément, en argent ou en nature (par exemple des statues, des vases, des vêtements liturgiques, une cloche), le sanctuaire primitif est inauguré le 16 octobre 1904.

De 1905 à 1908, la cérémonie du jeudi de l'Ascension et la procession de septembre marquent l'ouverture et la fermeture de la saison des pèlerinages. Après s'être réunis à plusieurs reprises en 1907, les zélateurs de l'oratoire Saint-Joseph se constituent en comité le 9 septembre 1908, sous le nom de comité de l'oratoire Saint-Joseph de la Côte-des-Neiges. L'afflux des pèlerins est tel qu'on devra augmenter les dimensions de la chapelle à quatre reprises de 1908 à 1912. Chaque fois, la générosité populaire permettra de payer les travaux rubis sur l'ongle. Le comité existe jusqu'à la mi-juillet 1909 ; à partir de ce moment, les autorités du collège Notre-Dame assument l'administration de l'oratoire, dont le frère André devient alors le gardien. Une association pieuse, la confrérie de Saint-Joseph du Mont-Royal, est constituée officiellement par Mgr Bruchési le 21 novembre 1909. Des laïques, hommes et femmes, amis du frère André et bienfaiteurs de l'œuvre, en font partie et sont convoqués par le recteur de l'oratoire, le supérieur provincial Georges-Auguste Dion, pour une heure de prière à trois heures de l'après-midi, le troisième dimanche de chaque mois. C'est l'occasion de rendre compte des affaires du sanctuaire : lettres reçues, intentions recommandées, guérisons obtenues, renseignements divers sur le développement et les activités de l'œuvre. À partir de 1910, le frère André a un secrétaire pour répondre au courrier qui lui est adressé.

En 1912, on organise le conseil de l'oratoire Saint-Joseph, formé de trois prêtres et de trois frères de Sainte-Croix, dont le frère André. La revue mensuelle les Annales de Saint-Joseph - destinée à répandre la dévotion à saint Joseph et à faire connaître les œuvres de l'oratoire et les missions de la Congrégation de Sainte-Croix au Bengale, tout en faisant écho aux préoccupations sociales de l'époque - commence à paraître à Montréal la même année. Une édition anglaise verra le jour en 1927. Une équipe de religieux s'emploie à la rédaction des articles et des chroniques ; des auteurs de choix, tels Félix Leclerc*, Guy Mauffette, Alfred DesRochers*, Françoise Gaudet-Smet [Gaudet*], Marie-Antoinette Grégoire-Coupal, apporteront par la suite leur collaboration, ainsi que les illustrateurs Edmond-Joseph Massicotte, Jacques Gagnier* et Gui Laflamme. La revue paraît encore au début du xxie siècle et s'intitule l'Oratoire. De 3 600 en 1912, le tirage sera de 122 000 exemplaires en 1932.

L'affluence au sanctuaire continue d'augmenter. En 1913, sous la pression des laïques et avec l'encouragement de Mgr Bruchési, un projet de basilique, dont les plans sont dessinés par les architectes Alphonse Venne et Dalbé Viau, est mis en branle. L'argent nécessaire pour financer la construction de la crypte, soit 80 000 $, est déjà amassé grâce aux dons des fidèles. Les travaux commencent donc dès 1914 et l'inauguration de la crypte - première étape du projet - a lieu le 16 décembre 1917. En moins d'un an, le sanctuaire, qui peut accueillir 1 000 personnes assises, se révèle cependant trop petit. Le nombre de visiteurs s'accroît encore au cours des années 1920, pendant lesquelles le sanctuaire devient, selon la volonté de l'archevêque et de son coadjuteur, Mgr Georges Gauthier, le cœur des activités religieuses de l'archidiocèse. Des associations de toutes sortes - mouvements sociaux, syndicats catholiques, congrégations - prennent l'habitude d'y faire des pèlerinages et des rassemblements qui attirent des milliers de personnes. Dans les paroisses et les établissements d'enseignement, on organise des visites annuelles à l'oratoire.

Les visiteurs ne viennent plus seulement de la province de Québec, mais aussi de l'Ontario, du Nouveau-Brunswick, de l'Ouest canadien, et des États-Unis. Le frère André les reçoit chaque jour de neuf heures du matin à cinq heures de l'après-midi. Le soir, des amis le conduisent en auto chez des malades qui ne peuvent se déplacer. Une seule personne ne suffit plus pour répondre aux quelque 200 à 300 lettres qu'il reçoit quotidiennement ; on met en place un secrétariat. En 1920, le frère André institue la tenue, chaque vendredi soir à huit heures, d'une heure sainte à la crypte, bientôt suivie d'un chemin de la croix ; ces soirées de prière attirent des centaines de fidèles. L'idée de réparation que proposent les autorités religieuses pour contrer la menace du socialisme et du communisme, ainsi que les guerres en Europe, donne lieu à diverses initiatives laïques. À compter de 1926, par exemple, Édouard-L.-H. Barsalo organise un pèlerinage à pied pour assister à la première messe de chaque année à l'oratoire ; des centaines, puis des milliers de personnes répondent à l'appel.

Dès 1915, les supérieurs du frère André lui permettent de prendre un peu de repos deux fois par année ; il en profite pour aller visiter des parents et des amis à Sutton, à Saint-Césaire et à Québec, mais également aux États-Unis (surtout en Nouvelle-Angleterre) et en Ontario (Toronto, Sudbury et Ottawa). Sa réputation de saint et de thaumaturge le précède. Les chefs de gare annoncent sa venue et les gens se pressent à sa descente du train, à la porte des hôtels ou des presbytères où il est hébergé. C'est chaque fois l'occasion de guérisons que relatent les journaux locaux. Il revient toujours avec les offrandes données en reconnaissance des faveurs obtenues. La population réclame de plus en plus la poursuite du projet de basilique ; en 1927, Mgr Georges Gauthier autorise une souscription pour recueillir la somme nécessaire. En attendant, on continue d'aménager le terrain et d'y construire des chemins et des aires de stationnement, d'y ériger des lieux de services.

Les merveilles qui s'accomplissent à l'oratoire Saint-Joseph suscitent l'intérêt des journaux, surtout anglophones. En 1922, George Henry Ham, lobbyiste pour la Compagnie du chemin de fer canadien du Pacifique, publie dans le magazine Maclean's, de Toronto, un reportage qu'il a rédigé après avoir visité le religieux et rencontré des personnes qu'il aurait guéries. Le texte suscite un tel intérêt qu'il donne immédiatement lieu à la parution, à Toronto, de la première biographie du frère André, The miracle man of Montreal, aussitôt traduite par Raoul Clouthier et publiée à Montréal sous le titre le Thaumaturge de Montréal. La même année, Arthur Saint-Pierre* reçoit le mandat d'écrire l'histoire du sanctuaire ; l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, paru à Montréal, connaîtra plusieurs rééditions.

Après avoir montré beaucoup de réticence au sujet de son projet, les supérieurs du frère André ont fini par se laisser gagner par la sincérité, la simplicité et la conviction de celui qui, pour étayer sa cause, ne s'est réclamé d'aucun miracle ni d'aucune vision, mais seulement de sa dévotion à saint Joseph. À cette ferveur particulière s'ajoutaient l'amour de Dieu, la fréquentation de l'Évangile, ainsi qu'un culte à la sainte Famille et au Sacré-Cœur. À ses amis intimes, il racontait la Passion avec une telle émotion qu'ils en étaient remués et transformés. Avec eux, il priait et faisait le chemin de la croix. À tous, il demandait de prier. Parmi ceux qui l'ont accompagné assidûment figurent Jules-Aimé Maucotel, qu'il appelait son conseiller, et qui a activement collaboré à l'organisation des cérémonies, Azarias Claude, riche commerçant qui est devenu son bras droit et son chauffeur, Joseph-Olivier Pichette qui, après avoir été condamné par son médecin à une mort prochaine à l'âge de 25 ans, attribuait sa guérison aux longues prières avec le thaumaturge.

Plusieurs années avant sa mort, le frère André était déjà la figure emblématique de l'oratoire Saint-Joseph. Son charisme, sa figure souriante - toute ridée et respirant la bonté -, son humour simple savaient gagner les plus indifférents. Il faisait preuve de discernement auprès de ses visiteurs, mais aussi d'une charité sans bornes : il accueillait tous ceux qui se présentaient, sans égard à leur condition sociale ni à leur religion. Même s'il aimait rire, il avait des moments d'impatience, surtout quand on lui attribuait le mérite des faveurs obtenues : « n'est pas moi qui guéris. C'est saint Joseph, disait-il alors en pleurant.

Alfred Bessette est mort le 6 janvier 1937. Son corps a été exposé à l'oratoire - auquel on a permis l'accès jour et nuit - jusqu'au 12 janvier. Un premier service funèbre a eu lieu à la cathédrale de Montréal, puis un deuxième à l'oratoire Saint-Joseph. Plus de un million de personnes sont venues de partout pour lui rendre hommage, pour le pleurer et pour prier auprès de lui. Le frère André a été déclaré bienheureux le 23 mai 1982 par le pape Jean-Paul II.

Denise Robillard

http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?BioId=42128
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 21 Fév 2010, 00:04

Benoît XVI annonce la canonisation de Frère André : Réaction du cardinal Marc Ouellet

Le 20 février 2010 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Plusieurs membres de la famille religieuse de Sainte-Croix, du diocèse de Montréal et de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal ont été réunis aujourd'hui dans la Salle du Consistoire de la Cité vaticane, pour entendre le pape Benoît XVI annoncer en leur présence et devant les cardinaux en réunion que frère André sera canonisé le dimanche 17 octobre prochain à Rome.

Cette nouvelle attendue depuis si longtemps du premier modèle masculin de sainteté né au Canada a provoqué des applaudissements nourris. Le supérieur général de la Congrégation de Sainte-Croix, père Hugh Cleary et le recteur de l’Oratoire Saint-Joseph, père Claude Grou étaient au nombre de la délégation en compagnie de madame l'ambassadrice du Canada auprès du Saint-Siège, Anne Leahy : « La canonisation de frère André est un grand honneur pour le Canada. Frère André est une figure très connue non seulement dans l'Église catholique. Son rayonnement s'étend bien au-delà de Montréal; il a touché les gens au Canada tout entier et même à l'étranger. Ses mérites, que l’Église tient à reconnaître, sont une expression particulièrement resplendissante de la contribution des catholiques à notre pays et à sa tradition spirituelle. »

Frère André : réaction du cardinal Marc Ouellet

Le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec, se réjouit de l’annonce faite hier matin par le pape Benoît XVI à l’effet que le Frère André Bessette, csc, sera canonisé le 17 octobre 2010 : « Un bienheureux Québécois, le Frère André, deviendra un modèle de sainteté pour l’Église universelle dans quelques mois. Cet humble religieux de la Congrégation de Sainte-Croix avait une foi qui pouvait déplacer des montagnes, lui qui fit construire sur le flanc du mont Royal le plus grand sanctuaire au monde dédié à saint Joseph. Je suis persuadé que son témoignage de vie encouragera des hommes et des femmes de partout à poursuivre leur cheminement dans cette foi en Jésus Christ qui lui était si chère. J’accompagnerai sûrement de nombreux diocésains lors de cette cérémonie de canonisation qui revêtira un sens tout particulier pour l’Église du Québec. Nous pouvons aujourd’hui être tous très fiers de cette grande nouvelle ! »

Le Cardinal a ajouté que de nombreux évènements seront organisés sur le territoire de l’archidiocèse de Québec d’ici le 17 octobre pour souligner la canonisation prochaine du Frère André.

***

Depuis le début de son pontificat, Benoît XVI a proclamé 28 nouveaux saints. Les canonisations du 17 octobre prochain porteront à 34 le nombre de saints proclamés par le pape allemand.

Toutes les messes de canonisation ont été célébrées Place Saint-Pierre, à Rome, sauf celle, en mai 2007, à São Paolo (Brésil), du frère Antonio de Sant’Anna (1739-1822). Contrairement à Jean Paul II, Benoît XVI ne préside cependant pas les messes de béatification, le plus souvent célébrées dans le pays d’origine des nouveaux bienheureux.

http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=2002101_canonisations
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 21 Fév 2010, 01:28

Tiré de l'Évangile au quotidien du 20 février:

Citation :
Commentaire du jour :

Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Soeurs Missionnaires de la Charité
No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès, 1997, p. 67)

Appelés à devenir saints

Quelle est la volonté parfaite de Dieu à notre endroit ? Tu dois devenir saint. La sainteté est le plus grand don que Dieu puisse nous faire car il nous a créés à cette fin. Se soumettre, pour celui ou celle qui aime, est plus qu'un devoir; c'est le secret même de la sainteté.

Comme le rappelait saint François, chacun de nous est ce qu'il est aux yeux de Dieu -- rien de plus, rien de moins. Nous sommes tous appelés à devenir des saints. Il n'y a rien d'extraordinaire à cet appel. Nous avons tous été créés à l'image de Dieu afin d'aimer et d'être aimés. Jésus désire notre perfection avec une indicible ardeur. « Voici quelle est la volonté de Dieu : c'est votre sanctification. » (1Th 4,3) Son Sacré Coeur déborde d'une envie insatiable de nous voir progresser vers la sainteté.

Chaque jour nous devons renouveler notre décision de nous hausser à plus de ferveur, comme s'il s'agissait du premier jour de notre conversion, disant : « Aide-moi, Seigneur mon Dieu, dans mes bonnes résolutions à ton saint service, et donne-moi la grâce aujourd'hui même de vraiment commencer, car ce que j'ai fait jusque-là n'est rien. » Nous ne pouvons pas être renouvelés si nous n'avons pas l'humilité de reconnaître ce qui en nous a besoin de l'être.
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Mar 09 Mar 2010, 23:07

Le Québec se passionne pour son futur saint

Modèle d’une foi humble et proche des gens, Frère André, qui deviendra en octobre prochain le premier saint québécois, reste très populaire dans cette société sécularisée

Dans un Québec sécularisé, l’annonce, en février, de la canonisation de Frère André à Rome, le 17 octobre prochain, a eu un retentissement inhabituel : les Québécois ont ressenti une grande fierté devant l’élévation au rang de saint, pour la première fois, d’un homme né dans la Belle Province,

Orphelin, pauvre et sans instruction, Frère André, entré chez les Frères de Sainte-Croix en 1870, a pris pour modèle saint Joseph, qui vécut dans l’ombre de Jésus et de Marie. Il va devenir le religieux québécois le plus aimé de son temps, et ce au-delà des frontières de la province francophone. À sa mort, en 1937, des millions de croyants pleurent l’ancien portier de l’école Notre-Dame qui a soulagé des milliers de malades.
Le Québec reste une terre profondément catholique

« Frère André représentait une religion populaire qui séduit et qui trouve encore un écho dans la société actuelle, lance le sociologue Jean-Guy Vaillancourt, de l’université de Montréal, pour expliquer l’attachement des Québécois à ce petit homme aux dons de guérisseur. Un personnage auquel le peuple a pu facilement s’identifier. Frère André appartenait au monde des gens sans nom. » Un avis que partage le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal : « Cet homme, à la fois humble et visionnaire, reste un exemple de ténacité, encore d’actualité en 2010. »

Pour le sociologue des religions Raymond Lemieux, « il y a une sorte de construction idéologique qui affirme que les Québécois ont abandonné en grand nombre la religion catholique au moment de la “révolution tranquille” qui s’est abattue sur le Québec au tournant des années 1960. Bien sûr, une forme d’anticléricalisme est apparue. Mais on est loin des mouvements laïcisants que la France a connus. L’Église québécoise a essentiellement perdu son rôle de porte-parole d’une identité nationale francophone. »

Il estime, de plus, que si le Québec est aujourd’hui une société post-catholique très dure à l’égard du clergé, le procès fait à l’Église est essentiellement mené par les classes sociales qui ont pris le pouvoir pour la remplacer. Le Québec n’en reste donc pas moins une terre profondément catholique. La décision du pape a d’ailleurs été saluée par tous les responsables politiques, qui ont rappelé l’existence d’un lien historique entre l’Église et la Belle Province.

Yasmine BERTHOU (à Montréal)

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2417609&rubId=4079#1268150400000
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Jeu 02 Sep 2010, 23:59

Portrait du Canadien André Bessette qui sera canonisé le 17 octobre

Entretien avec Mario Lachapelle, c.s.c. vice-postulateur de la cause

ROME, Jeudi 2 septembre 2010 (ZENIT.org) - Ce qui caractérise le Canadien André Bessette, qui sera canonisé le 17 octobre, c'est sans aucun doute son « accueil inconditionnel de l'autre », sa « compassion », et sa « confiance en Dieu ». Dans cet entretien à Zenit, le vice-postulateur de sa cause de canonisation, le P. Mario Lachapelle, fait le portrait de ce futur saint auquel plus d'un million de personnes étaient venues rendre hommage, lors de ses funérailles, en janvier 1937.

Zenit - Comment Fr. André a-t-il compris qu'il avait reçu la vocation de consacrer toute sa vie à Dieu ?

P. Mario Lachapelle - On peut discerner trois étapes importantes dans le développement de la vie de foi de frère André. Celle de sa jeunesse (1845-1870) où il connut de grandes épreuves (une santé faible et le manque d'instruction, la perte de ses deux parents à un âge jeune, l'exil en pays étranger pour trouver du travail) ; cette période permit à frère André de consolider fortement sa relation à Dieu. On aurait dit qu'au lieu de le détourner de Dieu, les événements malheureux de la vie ne faisaient que l'en approcher. Il y a ensuite la période qui s'étend de 1870 (son entrée dans la Congrégation de la Sainte-Croix comme religieux frère) à 1904 (la construction de la chapelle primitive dédiée à saint Joseph sur le Mont-Royal). Beaucoup d'obédiences sont alors confiées au jeune religieux malgré son mauvais état de santé. Il est nommé, entre autres choses, portier au Collège Notre-Dame de la Côte-des-Neiges à Montréal au Canada. Il accueille visiteurs et parents. L'autre devient alors une réalité importante pour frère André ; il s'ouvre au prochain comme il a su s'ouvrir auparavant à Dieu. Il échappe ainsi à l'enfermement d'une relation exclusive à Dieu où les épreuves de la vie auraient pu le conduire. Il apprend qu'on ne peut aimer vraiment Dieu sans aimer son prochain ni aimer les autres sans reconnaître la présence de Dieu en eux. L'accueil, la compassion, l'ouverture à l'autre deviennent des traits caractéristiques de sa personne. Sa réputation de thaumaturge commence aussi à se répandre au-delà des murs du collège. Enfin, de 1904 à sa mort le 6 janvier 1937, commence son ministère public. À 60 ans, à un âge où souvent on ne pense qu'à la retraite, il se fait bâtisseur du plus grand sanctuaire jamais dédié à saint Joseph. Frère André n'est pas seulement un bâtisseur d'un édifice de pierres mais d'une communauté chrétienne vivante. Il devient un rassembleur remarquable. Plus d'un million de personnes viendront lui rendre hommage à ses funérailles malgré un temps d'hiver des plus difficiles et aujourd'hui encore, plus de deux millions et demi de pèlerins et de visiteurs viennent chaque année à l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal.

Comment était sa relation avec Dieu avant qu'il devienne frère ? Pendant son enfance et sa jeunesse ?

C'est sur les genoux de sa mère qu'il a appris ses premières prières et qu'il a appris à aimer Dieu. La perte de son père à l'âge de 9 ans et celle de sa mère à l'âge de 12 ans l'a profondément ébranlé. Marie et Joseph deviendront alors ses parents d'adoption. Ils lui serviront de guide pour aller à Dieu. La prière et la fréquentation des sacrements occupent une grande partie de sa vie. Il apprend la confiance en Dieu malgré de rudes épreuves. « La prière - confia-t-il plus tard à un de ses amis - est ma meilleure arme ».

Pouvez-vous nous parler de son service en tant que concierge au collège Notre-Dame ?

C'est sans doute peu à peu que le frère André découvrit sa vocation à servir et à faire aimer le Seigneur. Sa fonction de portier au Collège Notre-Dame de la Côte-des-Neiges à Montréal a dû l'aider dans ce sens puisqu'il y avait à recevoir beaucoup de parents et de visiteurs. Il s'informait discrètement auprès de chacun de l'état de santé des membres de la famille et de leurs affaires. Il en profitait souvent pour placer un bon conseil et pour encourager tous et chacun à faire confiance au Seigneur.

Quel a été le miracle qui a conduit à sa canonisation ?

Un jeune garçon de 9 ans fut victime d'un accident de la route qui lui infligea un sérieux traumatisme crânien et le plongea dans un coma irréversible menant à la mort. Les prières des gens très proches de lui, et l'intercession de frère André, l'ont ramené à l'état conscient et à la santé, et cela a été jugé scientifiquement inexplicable par plusieurs experts en médecine. Ce cas s'est produit en 1999.

Quelles étaient ses principales vertus ?

Sans nul doute, la compassion, l'accueil des plus démunis et la confiance en Dieu. Il aimait à dire que « Dieu, c'est avec les plus petits pinceaux qu'il fait les plus beaux tableaux ». Cela signifie que chacun a du prix aux yeux de Dieu et personne ne devrait être exclu de son amour ou se trouver indigne de Lui. À une époque où trop souvent ses contemporains avaient une image d'un Dieu lointain et justicier, il se plaît à dire que Dieu est tout proche de chacun de nous et que l'on ne devrait pas oublier de parler de sa miséricorde. Il sut aussi très tôt s'entourer de laïcs et leur faire confiance. Son accueil inconditionnel de l'autre le conduisit à un œcuménisme avant-gardiste. Une des plus grandes qualités de frère André résidait sûrement dans sa grande habilité à parler tout simplement, avec des mots de tous les jours, de la grandeur et de l'amour de Dieu. Il savait parler au cœur des gens. Lorsque les gens venaient le visiter à son bureau d'accueil, tous n'étaient pas guéris dit-on mais tous repartaient transformés.

Que signifie sa canonisation pour le Canada ?

À une époque difficile pour l'Eglise canadienne, les croyants du Canada tout entier se réjouissent de constater que Dieu est bien parmi eux et qu'il manifeste des signes non-équivoques de sa présence. La reconnaissance officielle faite présentement par l'Eglise universelle de la sainteté d'un humble frère canadien donne à tous et chacun une raison de persévérer plus que jamais dans leur foi. Au cours des récentes années, plus de 10 millions de pèlerins qui sont venus à l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal ont signifié par écrit leur désir que l'Église reconnaisse au plus tôt la sainteté de l'humble ami des pauvres et des affligés. C'est un nouveau souffle d'espérance pour l'Église canadienne.

A-t-il écrit quelque chose ? Etes-vous en possession de ses écrits ?

Frère André n'a jamais écrit de sa vie. Nous possédons seulement quelques signatures de sa main. La connaissance de ses dévotions, de sa spiritualité et de sa personne nous vient surtout de personnes qu'il a côtoyées et qui ont laissé un témoignage écrit de leurs rencontres.

Propos recueillis par Carmen Elena Villa

http://www.zenit.org/article-25251?l=french
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Lun 11 Oct 2010, 23:16

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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Lun 11 Oct 2010, 23:47

Le Saint-Père Jean Paul II parle du frère André à l'occasion de sa béatification (durée env. 4:30 min):

http://archives.radio-canada.ca/societe/religion_spiritualite/clips/9229/
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Mar 12 Oct 2010, 23:22

Les miracles du frère André

Le frère André, qui doit être canonisé le dimanche 17 octobre, a laissé un souvenir impérissable à plusieurs.

C’est notamment le cas dans les familles des Lavalloises Ginette Forest, Suzanne Turgeon et Marcelle Plante.

Le 10 janvier 1937, quatre jours après la mort du frère André, les grands-parents de Ginette Forest se sont recueillis près de son cercueil. Ils étaient loin de se douter qu’au même moment, la vie de l’un de leurs fils était en danger.

«Mes grands-parents ont demandé au frère André de bénir leurs enfants, explique Mme Forest. Le même après-midi, mon oncle Lionel est tombé dans un trou sur la glace du fleuve Saint-Laurent, et mon père l’a sauvé de la noyade. Il a aussi porté secours à deux autres personnes.» Mme Forest a toujours en sa possession la médaille de bravoure de son père, ainsi que d’autres documents relatant cet évènement.

La famille Forest a toujours eu une grande ferveur envers le frère André. «Je suis certaine qu’il est intervenu ce jour-là. Nous l’avons toujours cru», affirme Ginette Forest.

Guérisons inexpliquées

Le frère de Marcelle Plante avait 10 ans lorsqu’il a été visité le frère André avec son père. Il avait les deux bras paralysés.

«Quand mon frère est entré dans la salle où se trouvait le frère André, ce dernier lui a dit: "Rentre Georges". Il ne l’avait jamais vu!», raconte Mme Plante.

Lorsque l’enfant s’est approché de lui, le frère André lui a pris les deux bras et les a levés brusquement en l’air.

Le petit Georges a alors perdu conscience. «Après, le frère André l’a couché sur un divan et a frotté ses bras avec de l’huile de Saint-Joseph. Quelques semaines plus tard, mon frère a recommencé à travailler sans problème.»

Le frère André aurait aussi guéri miraculeusement les deux tantes de Suzanne Turgeon.

La première avait la tuberculose. «Quand elle s’est présentée devant lui, il s’est écrié: "Vous n’êtes pas malade!", se souvient Mme Turgeon. Ma tante est retournée chez elle et n’a plus jamais été malade. Elle avait environ 90 ans quand elle est morte.»

L’autre tante de Suzanne Turgeon a quant à elle arrêté de boiter lorsqu’elle a rencontré le frère André.

Ginette Forest a aussi une histoire semblable. «Mes grands-parents croyaient au frère André d’abord parce qu’il avait guéri un de leurs bébés. À l’époque, quand ils étaient arrivés en face de lui, il leur avait dit en bougonnant de rebrousser chemin, car l’enfant n’était pas malade. Évidemment, arrivé à la maison, le bébé était guéri.»

Un homme humble

Mme Turgeon, qui est une cousine éloignée du frère André, se rappelle que son arrière-grand-mère soupait souvent avec lui.

«C’était un homme humble qui n’avait pas beaucoup d’argent. D’ailleurs, il ne mangeait pas beaucoup.»

La grand-mère de Mme Turgeon lui a aussi parlé du personnage.

«Elle m’a dit que c’était un homme sage et poli. Il ne parlait pas beaucoup. Par contre, quand il parlait, ça comptait.»

Même si la religion catholique est en déclin au Québec, le souvenir du frère André apporte toujours paix et réconfort à plusieurs personnes.

«Mon père a déjà monté les marches de l’Oratoire Saint-Joseph à genoux, se souvient Ginette Forest. Moi, je suis beaucoup moins fervente, mais j’ai toujours une espèce de confiance envers le frère André.»

http://lejournaldemontreal.canoe.ca/journaldemontreal/actualites/regional/montreal/archives/2010/10/20101009-174143.html
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MessageSujet: Un homme guéri grâce au frère André   Ven 15 Oct 2010, 17:47

Un religieux de la Congrégation de Sainte-Croix a été guéri grâce au frère André (qui était aussi de la même Congrégation).

(Il y a une pub de 15 sec. au début)

http://videos.lcn.canoe.ca/video/denis-l%C3%A9vesque-s'entretient-avec-un-fr%C3%A8re-qui.../636767585001
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Sam 16 Oct 2010, 18:00

FRÈRE ANDRÉ

Un homme grand aux yeux de Dieu

«J’ai toujours été convaincu que le plus grand saint que l’on avait au Québec, c’était le frère André». Voilà ce qu’a confié Mgr Jean-Claude Turcotte à TVA Nouvelles.

L’archevêque de Montréal, quelques jours avant de quitter la métropole pour le Vatican en vue de la canonisation du frère André, a accordé une entrevue à Paul Larocque.

«C’était un homme humble, peu instruit, il savait à peine écrire son nom, raconte le cardinal Turcotte. Il avait une confiance en Dieu de façon extraordinaire. Il avait aussi l’amour des malades, des petits et des souffrants.»

Mgr Turcotte raconte qu’à la fin de la vie du frère André, qui bien que sa santé soit fragile, il passait 12 ou 13 heures par jour à recevoir des malades en quête d’une guérison. De plus, il recevait du courrier en abondance, quelque 4000 lettres par semaine.

«Le frère André ne voulait pas qu’on le prenne pour un saint, poursuit le cardinal Turcotte. Il répétait que ce n’était pas lui qui faisait les miracles, mais le Bon Dieu par son grand ami Saint-Joseph.»

Religieux le plus populaire du Québec, la canonisation du frère André revêt une grande importance pour les catholiques de la province. «Personne n’a oublié le frère André. [...] Il devrait y avoir plus de 5000 Canadiens à Rome [pour la cérémonie de canonisation] Et on va remplir le Stade olympique le 30 octobre. On aurait pas prévu ça il y a cinq ou dix ans vu l’état où se trouve la religion au Québec», souligne Mrg Turcotte.

Soixante-treize ans après sa mort, le frère André deviendra Saint-André, intervalle qui paraît long aux yeux de certains, mais rapide aux yeux de l’archevêque de Montréal. «Parmi les religieux qui seront canonisés avec lui dimanche, certains sont morts au XVe siècle, alors le frère André est un des plus rapides à être canonisé.»

«Le frère André demeure pour nous le symbole de quelqu’un d’humble qui est grand aux yeux de Dieu», conclut Mgr Jean-Claude Turcotte.

(TVA Nouvelles)

http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/lemonde/frereandre/archives/2010/10/20101016-082136.html
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Sam 16 Oct 2010, 23:23

Benoît XVI canonisera six nouveaux saints dimanche

Le 16 octobre 2010 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Demain dimanche, le Pape Benoît XVI canonisera six nouveaux nouveaux saints dont le second saint d’origine canadienne. En 1990, le pape Jean Paul II avait élevé à la gloire des autels Marguerite d'Youville, fondatrice des Sœurs de la Charité de Montréal. C’est maintenant au tour du frère André d’être donné comme modèle de vie aux Chrétiens du Canada, sa Patrie.

Vers midi dimanche, heure de Rome, le frère André sera devenu saint André Bessette et c'est l'archevêque de Montréal, le cardinal Jean-Claude Turcotte, qui sera le premier à le nommer par son nouveau nom.

Cela se produira en la basilique Saint-Pierre, quelques instants après que le pape Benoît XVI aura prononcé la formule inscrivant le nom du bienheureux André Bessette et ceux de cinq autres religieux (une Australienne, un Polonais, une Espagnole et deux Italiens) dans le canon (dans la liste) des «Saints honorés pieusement parmi les Saints».

Vendredi, il faisait à Rome un temps estival, dont profitaient paisiblement les touristes et les pèlerins déambulant sur la place Saint-Pierre, où des milliers de chaises ont déjà été installées. Les services de presse du Vatican prévoient que 50000 fidèles et curieux s'y masseront dans la matinée de dimanche. Parmi eux, selon les estimations, se trouveront 5000 Canadiens, dont une large majorité de Québécois, on peut le croire.

Pour cette canonisation multiple, Benoît XVI sera entouré de pas moins de 48 officiants, huit par nouveau saint. Juste à côté du Saint-Père prendra place l'archevêque de Montréal, Mgr Jean-Claude Turcotte. Parmi les autres officiants, on reconnaîtra l'archevêque de Moncton, André Richard (lui-même membre de la Congrégation Sainte-Croix), et trois évêques: Martin Veillette (Trois-Rivières), Pierre Morissette (Saint-Jérôme) et François Lapierre (Saint-Hyacinthe). Claude Grou, le recteur de l'oratoire Saint-Joseph, figurera aussi parmi les "cocelebranti"

De même ce dimanche, Mary MacKillop (15 janvier 1842 - 8 août 1909) sera canonisée par Benoît XVI, quinze ans après sa béatification par Jean-Paul II. Elle devient ainsi la première sainte australienne, ce qui constitue un événement pour ce pays d’Océanie. La vie de mère Marie de la Croix, son nom de religieuse, a été marquée par son amour des plus pauvres, ainsi que son caractère pionnier en matière d’évangélisation. Mary MacKillop a par ailleurs fondé la communauté des sœurs de Saint-Joseph du Sacré-Cœur, aujourd’hui la congrégation la plus importante d’Australie.

Lire la liste des autres futurs saints►Benoît XVI annonce la canonisation de six nouveaux saints

http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=1610105_cannonisation
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 17 Oct 2010, 00:33

Vidéo sur le frère André et l'Oratoire Saint-Joseph de Montréal (en français).

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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 17 Oct 2010, 22:42

C'est officiel, le frère André est un saint ! Very Happy

Merci, mon Dieu, de nous avoir donné cet homme, parfait exemple de vie évangélique ! cheers

Voici un extrait de l'homélie du pape Benoît XVI, lu en français, sur le saint frère André:

"Frère André Bessette, originaire du Québec, au Canada, et religieux de la Congrégation de la Sainte-Croix, connut très tôt la souffrance et la pauvreté. Elles l’ont conduit à recourir à Dieu par la prière et une vie intérieure intense. Portier du collège Notre Dame à Montréal, il manifesta une charité sans bornes et s’efforça de soulager les détresses de ceux qui venaient se confier à lui. Très peu instruit, il a pourtant compris où se situait l’essentiel de sa foi. Pour lui, croire signifie se soumettre librement et par amour à la volonté divine. Tout habité par le mystère de Jésus, il a vécu la béatitude des cœurs purs, celle de la rectitude personnelle. C’est grâce à cette simplicité qu’il a permis à beaucoup de voir Dieu. Il fit construire l’Oratoire Saint Joseph du Mont Royal dont il demeura le gardien fidèle jusqu’à sa mort en 1937. Il y fut le témoin d’innombrables guérisons et conversions. «Ne cherchez pas à vous faire enlever les épreuves» disait-il, «demandez plutôt la grâce de bien les supporter». Pour lui, tout parlait de Dieu et de sa présence. Puissions-nous, à sa suite, rechercher Dieu avec simplicité pour le découvrir toujours présent au cœur de notre vie! Puisse l’exemple du Frère André inspirer la vie chrétienne canadienne!"
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 17 Oct 2010, 22:56

Le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, a écrit:
Frère André, un bâtisseur, un prophète

En canonisant frère André, Sa Sainteté le pape Benoît XVI reconnaît son exemplarité pour l'Église universelle. C'est un grand jour pour l'Église de Montréal qui a été bâtie et qui est toujours animée par des hommes et des femmes portés par leur idéal de foi. Frère André fait partie de cette race de fondateurs et de bâtisseurs qui savent nous inspirer.

Humble portier au collège Notre-Dame, frère André accueillait les gens en rêvant qu'une chapelle soit construite sur la montagne située tout en face, afin de leur permettre de prier et de s'y reposer. Il y est parvenu. Sa foi, son énergie et son audace lui ont permis de convaincre les autorités et de trouver les ressources nécessaires.

En même temps que le projet de l'Oratoire progressait, frère André n'a jamais cessé de recevoir ceux et celles qui venaient chercher du réconfort auprès de lui. Sa réputation a grandi très vite sans que jamais lui-même veuille retenir l'attention. Il invitait plutôt les gens à garder confiance et à prier saint Joseph.

L'Oratoire a vu le jour et est devenu un haut lieu de prière et de spiritualité à Montréal. La basilique domine la ville. Elle semble tout près du ciel. On y rencontre des catholiques, très nombreux certes, mais il y a aussi des gens d'autres confessions religieuses qui reconnaissent le caractère sacré du lieu et qui choisissent de s'y recueillir.

En 2010, l'oeuvre de frère André se poursuit toujours. Malgré une baisse remarquée de la fréquentation de nos églises paroissiales, l'Oratoire Saint-Joseph demeure un lieu très fréquenté. En cela, peut-être frère André est-il un prophète de la spiritualité du 21e siècle ?
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 17 Oct 2010, 22:58

cheers Alleluia! Très heureuse que vous ayez un tel saint André Bessette au sein de l'Eglise au Canada. Qu'il intercède pour vous et pour toute son Eglise. flower
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 17 Oct 2010, 23:03

Arc-en-Ciel a écrit:
cheers Alleluia! Très heureuse que vous ayez un tel saint André Bessette au sein de l'Eglise au Canada. Qu'il intercède pour vous et pour toute son Eglise. flower

Moi aussi, je suis très fier, en tant que Québécois, que nous ayons eu un aussi grand saint chez nous ! Very Happy

Puisse-t-il continuer à soulager les misères de ce monde, qui a besoin de modèles comme lui !
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Arc-en-Ciel



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 17 Oct 2010, 23:05

:amen:
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 17 Oct 2010, 23:37

Paroles prononcées par le Saint-Père à l'angélus en français

Je salue avec plaisir les pèlerins francophones, notamment la Délégation officielle du Canada et tous les Canadiens ici présents pour la canonisation du Frère André Bessette. Recueillant son message, je vous encourage à marcher à sa suite pour accueillir librement et par amour la volonté de Dieu dans votre existence. Puissiez-vous aussi, comme lui, déborder de charité envers vos frères et sœurs qui connaissent la détresse. Que Dieu vous bénisse tous, ainsi que vos familles ! Bon séjour à Rome !

http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=1710101_homelie
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Dim 17 Oct 2010, 23:48

Quelqu'un a écrit, sur le Salon beige:

On peut vénérer le Frère André, religieux de Sainte Croix, dans l'église Sainte Croix du Mans (6 rue Notre Dame - 72000).
A coté du tombeau du fondateur, le Bienheureux Père Basile Moreau, se trouve la statuette de Saint Joseph ayant appartenu au Frère André.

Photo ici :
http://picasaweb.google.com/NDSainteCroix/ChapeletInternationalDesEnfants#5526529448267126578

vitrail de l'oratoire :
http://picasaweb.google.com/NDSainteCroix/Vitraux#5452335335120049762


Si vous passez par là ou habitez dans le coin, pensez faire un arrêt ! Smile
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Lun 18 Oct 2010, 00:43

Le deuxième québecois canonisé : frère André, "pauper, servus et umilis"

J'ai trouvé tout cela impressionnant ce soir:

tout simplement impressionnant de lire toutes ces pages consacrées dans la presse au nouveau saint du jour canonisé par Benoît XVI;

impressionnant de voir la ferveur des fidèles;

impressionnant de voir ces photos;

impressionnant surtout de lire la vie de ce saint, guérisseur et analphabète. Si simple, lui "portier de Dieu". Il est mort il n'y a pas 75 ans et plus d'un million de personnes est venu à ses funérailles nationales (vidéo).

Zenit nous offre une belle présentation de lui :

"Le médecin de l'école, le Dr Charrette, qualifie le frère André d'imposteur, le traitant de «frère graisseux» à cause de l'huile de Saint-Joseph qu'il applique sur les malades tout en priant avec eux. Le médecin va très vite revenir sur ses paroles. Son épouse tombe malade et saigne abondamment. Aucun traitement ne peut arrêter les hémorragies. Craignant sa mort imminente, elle prie son mari de demander l'intercession de frère André.

Malgré sa frustration, le docteur se plie à la demande de sa femme et le frère André peut lui rendre visite et prier avec elle. Madame Charrette guérit miraculeusement. A partir de ce moment, le Dr Charrette devient l'un des grands défenseurs de frère André.

Le frère André avait toujours une grande dévotion pour saint Joseph et voulait que d'autres prient avec lui le père de Jésus. En 1900, il reçoit la permission d'amasser les fonds nécessaires pour construire un petit oratoire dédié à saint Joseph. Une petite chapelle est inaugurée en 1904. Les autorités de Sainte-Croix permettent l'ajout d'une pièce à la chapelle. Le frère André y établit sa résidence et peut ainsi recevoir les pèlerins. Il délaisse la station de tramway et commence donc à recevoir les gens sur la montagne, là où se trouve l'actuel oratoire.

En 1909, le frère André est assigné à temps plein à l'Oratoire Saint- Joseph. Le jour, il recevait les personnes qui venaient le voir et le soir, il visitait les malades qui n'avaient pu se rendre jusqu'à l'Oratoire. La petite chapelle allait laisser place en 1917 à une crypte en mesure d'accueillir 1000 personnes. Au début des années 1920, l'Oratoire accueillait plus d'un million de pèlerins par an, et des centaines de guérisons sont attribuées aux prières du frère André chaque année.

Le frère André est décédé à Montréal le 6 janvier 1937 sans voir la fin de son rêve. On estime que plus d'un million de visiteurs sont venus de toute l'Amérique pour lui rendre un dernier hommage dans les jours qui suivirent sa mort. Il fut béatifié par le Pape Jean-Paul II le 23 mai 1982 à Rome. Le 17 octobre 2010, le frère André sera canonisé et deviendra le premier saint natif du Canada".

http://lesalonbeige.com/
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Lun 18 Oct 2010, 01:01

L'étonnant parcours d'un mal-aimé de l'Église

La journaliste et écrivaine Micheline Lachance a actualisé sa biographie du frère André d'abord parue il y a plus de 20 ans.

Louise Leduc
La Presse


Le 17 octobre, le frère André sera canonisé. Entrevue avec Micheline Lachance, historienne, journaliste et auteure de l'ouvrage Le frère André, fruit de très méticuleuses recherches sur le plus célèbre thaumaturge du Québec.

Q : L'Église s'apprête à canoniser le frère André. À son époque, pourtant, les religieux d'ici n'étaient-ils pas embarrassés par ce «frère graisseux» qui recommandait aux malades de se frotter avec de l'huile de saint Joseph?

R : Les religieux se sont toujours méfiés des guérisseurs, de peur de tomber sur des charlatans. Au début, les pères de Sainte-Croix étaient au surplus embêtés par les mouvements de foule occasionnés par la popularité du frère André. Ils ne voyaient pas d'un bon oeil non plus que des parents du collège Notre-Dame (où le frère André recevait des visites) menacent de retirer leur enfant du collège de peur que les malades ne soient contagieux. Mais il n'y avait pas que cela: certains regardaient de haut ce frère illettré qui pouvait mettre de 5 à 10 minutes pour écrire son nom.

Q : Vous relatez que, à partir de 1909, le frère André recevait plus de 9000 lettres par mois. Comme il était analphabète, en prenait-il tout de même connaissance?


R : Il avait un secrétaire et des amis qui les lisaient et qui répondaient en son nom.

Q : Si, de nos jours, un autre frère André était réputé faire des miracles, le croirait-on?

R : J'en doute, d'autant plus que les gens ont souvent tendance à crier rapidement au miracle. À preuve, tous ces gens qui, par exemple, se blessent en ski et apportent leurs béquilles à l'Oratoire en disant qu'ils ont été guéris par le frère André! Fait à savoir, l'Oratoire m'a informé qu'on ne conserve que les béquilles datant de l'époque du frère André. Les autres sont envoyées en Haïti.

Q : Une théologienne m'a déjà dit qu'elle trouvait très douteux ces miracles que l'on finit toujours par trouver quand on veut béatifier ou canoniser quelqu'un. Qu'en pensez-vous?

R : La question des miracles fait l'objet de débat dans l'Église. N'est-ce pas le parcours exemplaire de quelqu'un qui fait de lui un saint? On ne connaît pas de miracles à mère Teresa, et pourtant... Il faut aussi voir que plusieurs guérisons autrefois inexpliquées trouvent aujourd'hui des explications scientifiques, sans compter ce qui relève de l'autoguérison ou de l'effet placebo. Et combien de gens se sont décrétés miraculés de la tuberculose alors qu'ils n'avaient couvé qu'une fièvre des foins? Même les guérisons miraculeuses authentifiées par Rome après de longs examens peuvent trouver plus tard une explication scientifique, y compris les miracles attribués aujourd'hui au frère André. N'empêche, l'Église continue d'exiger ces miracles, qu'elle voit comme un signe visible que la personne est auprès de Dieu, au ciel. Personnellement, je trouve que c'est un peu injuste, notamment pour ceux ou celles, comme Jeanne Mance, qui sont tombés dans l'oubli et qui n'ont pas, comme le frère André, un sanctuaire pour nous rappeler leur oeuvre.

Q : Quels sont ces miracles attribués officiellement au frère André?

R : Dans la longue enquête sur sa vie qui a précédé sa béatification, les médecins ont étudié 16 guérisons et n'en ont retenu que trois. Un seul de ces cas a été authentifié par Rome, celui de Joseph Audino, un Américain de Rochester qui s'est remis d'un cancer du foie généralisé en 1957 alors que son médecin ne lui donnait, à un moment donné, que 24 heures à vivre. Ensuite, pour qu'une personne soit canonisée, il faut qu'on puisse lui attribuer un miracle survenu depuis sa béatification. Ce miracle, ai-je appris en parlant au Dr Yvon Roy, chef de l'équipe de huit médecins qui se sont penchés sur le sujet, c'est celui d'un garçon de 10 ans qui a été heurté alors qu'il roulait à vélo. Il a eu deux fractures du crâne, une hémorragie cérébrale, une pneumonie, son coma a duré trois semaines, mais il s'en est sorti sans séquelle.

Q : De son propre aveu, le frère André pouvait avoir un sale caractère, envoyer promener des gens. Il était cassant et, dit-on, misogyne. La marque d'un saint?

R : Il était de son temps, et non, il ne supportait pas le moindre décolleté. Pour ce qui est de sa personnalité - qui a fait partie de l'enquête sur sa vie avant qu'il ne soit déclaré vénérable -, il aurait été le premier à penser qu'il ne méritait pas d'être saint. Il se savait impatient, il se sentait mal quand il avait eu une saute d'humeur et il s'en ouvrait souvent à son ami, le père Émile Déguire. En même temps, il faut se rappeler qu'il voyait jusqu'à 40 personnes à l'heure, ce qui était sûrement éprouvant lorsqu'il est devenu vieux et fatigué. Et tous ces malades n'espéraient rien de moins que d'être guéris par lui, alors que lui n'avait de cesse de rappeler qu'il n'était que le «petit chien» de saint Joseph. Petite parenthèse ici, selon Émile Déguire, le frère André savait, dès qu'il voyait quelqu'un, s'il allait être guéri. Dans certains cas, peut-être trouvait-il justifié de secouer certaines personnes, de les amener à se prendre en main.

Q : Les mortifications que s'imposait le frère André - comme le cilice qu'il portait - ont-elles aidé ou nui à sa béatification et à sa canonisation?

R : Ces mortifications n'ont pas eu d'impact dans le procès qui a été fait sur sa vie avant qu'il ne soit déclaré vénérable. Pour ma part, j'ai quand même cherché à savoir si c'était là la marque du masochisme. Un psychanalyste m'a répondu que ce n'était pas nécessairement le cas et un prêtre m'a rappelé que les mortifications faisaient partie de la tradition chrétienne. Il a fait l'analogie avec les athlètes, qui s'imposent des souffrances pour mieux se dépasser. Le tribunal est par ailleurs resté froid devant les allégations voulant que le frère André ait été tourmenté par le diable, qui lui aurait serré le cou. On a pensé qu'il pouvait s'agir d'hallucinations.

Q : Les journalistes sont souvent des êtres assez pragmatiques et plutôt sceptiques. Vous y croyez, vous, aux miracles?

R : Je suis croyante. Pour ce qui est des miracles, je trouve cela plus secondaire. Aujourd'hui, je crois que le frère André inspire moins par ses miracles que par son parcours, celui d'un petit homme de peu de santé, sans famille ni avenir, qui a réalisé son rêve: élever un lieu de culte consacré à saint Joseph sur le mont Royal.

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/201010/02/01-4328930-letonnant-parcours-dun-mal-aime-de-leglise.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B17_portrait_1316539_section_POS1
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Lun 18 Oct 2010, 01:06

Frère André Bessette, par le P. Thomas Rosica

ROME, Dimanche 17 octobre 2010 (ZENIT.org) - Nous reprenons ci-dessous une réflexion du P. Thomas Rosica, c.s.b.* publiée dans l'édition du 12 octobre de L'Osservatore Romano en langue française sur frère André Bessette, canonisé ce dimanche par Benoît XVI.

Le dimanche 17 octobre prochain, six bienheureux seront canonisés par le Pape Benoît XVI. Parmi elles se trouve un Canadien de la Congrégation de Sainte-Croix, frère André Bessette né en 1845 dans le village de Saint-Grégoire d'Iberville au Québec, au sein d'une famille nombreuse. Le petit semble tellement chétif que son père, Isaac, ne s'attendait pas à ce que son fils survive plus d'une journée.

Un nuage sombre semble flotter au-dessus de la famille Bessette. Alfred a dix ans lorsque un arbre tue son père qui coupait du bois en forêt. Il lui reste sa mère, celle qui lui a tout appris. Seule avec dix enfants, frappée par la mort subite de son mari, celle-ci meurt des suites de la tuberculose à peine trois ans plus tard.

Orphelin, Alfred s'en va vivre chez une tante. Il est souvent malade et fréquente très peu l'école. Depuis qu'il est petit, il souffre de maux d'estomac chroniques, des maux qu'il aura tout au long de sa vie. Il fait tous les métiers avant de s'en aller aux Etats-Unis pour trouver du travail, comme de nombreux Canadiens français. A nouveau, il passe d'un emploi à l'autre, de la ferme aux usines de textiles de la Nouvelle-Angleterre. La santé d'Alfred demeure fragile et il cherche toujours sa véritable vocation.

En 1867, Alfred revient au Canada, alors nouvellement constitué, pour retourner à Saint-Césaire, le village où il vécut après la mort de sa mère. C'est là qu'il a fait sa première communion. Il s'offre pour aider le curé, André Provençal, qui lui a enseigné le catéchisme lorsqu'il était jeune. Il passe aussi de plus en plus de temps en prière, entre autres devant la statue de saint Joseph dans l'église paroissiale. Le curé Provençal observe vite que la prière d'Alfred est à la fois profonde et authentique. En 1870, convaincu que son jeune paroissien est appelé par Dieu, le bon curé suggère à Alfred de considérer la vie religieuse au sein de la Congrégation de Sainte-Croix. Même s'il se juge inapte à la vie religieuse, en particulier au sein d'une congrégation d'enseignants, Alfred accepte malgré tout d'être présenté aux Sainte-Croix pour entamer un processus de formation et de discernement. Il a alors vingt-cinq ans. L'abbé Provençal écrit alors aux supérieurs de la Congrégation de Sainte-Croix: «Je vous envoie un saint».

Malheureusement, la santé fragile du jeune Alfred s'avère un obstacle aux yeux des autorités de Sainte-Croix. A la fin de son année de noviciat, Alfred demande à prononcer ses voeux temporaires. Les supérieurs de la Congrégation rejettent sa demande affirmant que son état de santé l'empêcherait de vivre les engagements de pauvreté, chasteté et obéissance, les trois voeux que font les religieux. Alfred est anéanti par cette annonce.

Quelques semaines après cette nouvelle épreuve pour Alfred, l'évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, visite le Collège Notre-Dame, où se trouve également le noviciat de la communauté. Alfred aurait alors supplié l'évêque d'intercéder pour lui auprès des autorités de Sainte-Croix en disant: «Ma seule ambition est de servir Dieu dans les tâches les plus humbles».

L'évêque aurait été touché par cette demande. En fin de compte, Alfred est admis aux voeux comme frère de Sainte-Croix le 2 février 1874 et prend alors le nom d'André, en l'honneur de son mentor André Provençal. En acceptant le frère André comme frère laïc, le maître des novices affirme: «S'il ne peut travailler, il saura au moins prier».

La plupart des membres de la Congrégation de Sainte-Croix étaient prêtres et enseignants. Les frères laïcs contribuaient à la mission par leur travail manuel qui était nécessaire au maintien et à l'organisation de l'école. Pendant près de quarante ans, le frère André va travailler comme portier du Collège Notre-Dame dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal. Commentant plus tard la tâche qu'on lui avait confiée il dit: «On m'a mis à la porte et j'y suis resté toute ma vie».

En tant que portier du Collège, le frère André loge dans une petite pièce près de l'entrée, pièce qui est aussi son bureau. On lui a également confié d'autres tâches telles que laver les planchers et les fenêtres, nettoyer les lampes (à l'huile à l'époque), et porter le bois à l'intérieur. Chaque matin, il sonne le réveil pour l'école, vide les pots de chambre, prend le courrier au bureau de poste et chaque semaine, il porte la lessive des élèves chez leurs parents. Il est aussi le barbier du Collège, ce qui lui donne d'autres occasions d'échanger et surtout, d'écouter les gens, jeunes et moins jeunes.

Le frère André presse les personnes qui viennent le voir, de prier avec confiance et persévérance, tout en demeurant ouverts à la volonté de Dieu. Il les incite à prendre le chemin de la guérison avec foi et humilité, en allant se confesser et en recevant les sacrements de l'Eglise. Il encourage les malades à consulter un médecin. Pour lui, la souffrance trouve un sens lorsqu'elle est jointe à la souffrance du Christ. Il était attentif et présent à la tristesse et à la douleur des autres, mais était toujours de nature joyeuse avec un bon sens de l'humour. On raconte l'avoir vu pleurer avec les visiteurs qui lui confiaient leurs difficultés et leur peine. La rumeur de guérisons obtenues à la suite de ses prières, se répand. Alors que sa renommée de guérisseur dépasse les frontières, lui-même insiste toujours plus: «Je ne suis rien... qu'un simple instrument entre les mains de la Providence, un humble instrument au service de saint Joseph».

La tension monte au Collège Notre-Dame qui voit de plus en plus de gens malades se présenter pour voir le portier. Les supérieurs décident alors que le frère André doit s'établir de l'autre côté de la rue, dans la station de tramway, pour recevoir ses visiteurs. Alors que sa réputation continue de s'étendre, le frère André devient une figure controversée. Plusieurs religieux de sa congrégation, des enseignants et des parents d'élèves du Collège l'appuient et l'apprécient mais beaucoup d'autres le considèrent comme une menace au bien-être et à la réputation de l'école et le voient comme un charlatan. D'autres sont préoccupés pour la santé des élèves avec tous ces malades qui risquent de propager des maladies dans l'école.

Le médecin de l'école, le Dr Charrette, qualifie le frère André d'imposteur, le traitant de «frère graisseux» à cause de l'huile de Saint-Joseph qu'il applique sur les malades tout en priant avec eux. Le médecin va très vite revenir sur ses paroles. Son épouse tombe malade et saigne abondamment. Aucun traitement ne peut arrêter les hémorragies. Craignant sa mort imminente, elle prie son mari de demander l'intercession de frère André.

Malgré sa frustration, le docteur se plie à la demande de sa femme et le frère André peut lui rendre visite et prier avec elle. Madame Charrette guérit miraculeusement. A partir de ce moment, le Dr Charrette devient l'un des grands défenseurs de frère André.

Le frère André avait toujours une grande dévotion pour saint Joseph et voulait que d'autres prient avec lui le père de Jésus. En 1900, il reçoit la permission d'amasser les fonds nécessaires pour construire un petit oratoire dédié à saint Joseph. Une petite chapelle est inaugurée en 1904. Les autorités de Sainte-Croix permettent l'ajout d'une pièce à la chapelle. Le frère André y établit sa résidence et peut ainsi recevoir les pèlerins. Il délaisse la station de tramway et commence donc à recevoir les gens sur la montagne, là où se trouve l'actuel oratoire.

En 1909, le frère André est assigné à temps plein à l'Oratoire Saint- Joseph. Le jour, il recevait les personnes qui venaient le voir et le soir, il visitait les malades qui n'avaient pu se rendre jusqu'à l'Oratoire. La petite chapelle allait laisser place en 1917 à une crypte en mesure d'accueillir 1000 personnes. Au début des années 1920, l'Oratoire accueillait plus d'un million de pèlerins par an, et des centaines de guérisons sont attribuées aux prières du frère André chaque année.

Le frère André est décédé à Montréal le 6 janvier 1937 sans voir la fin de son rêve. On estime que plus d'un million de visiteurs sont venus de toute l'Amérique pour lui rendre un dernier hommage dans les jours qui suivirent sa mort. Il fut béatifié par le Pape Jean-Paul ii le 23 mai 1982 à Rome. Le 17 octobre 2010, le frère André sera canonisé et deviendra le premier saint natif du Canada.

Le miracle ayant mené à sa canonisation s'est produit en 1999. Un garçon de 9 ans avait été victime d'un accident de voiture qui l'avait plongé dans un coma irréversible. Les prières de ses proches et l'intercession de frère André lui ont fait reprendre conscience jusqu'à une guérison complète. Cette guérison a été jugée scientifiquement inexplicable par le corps médical.

«Pauper, servus et umilis»

Grâce aux efforts, aux souffrances et à la foi du frère André, d'une petite chapelle sur le Mont Royal s'est élevée une grande basilique qui domine désormais Montréal et le paysage spirituel de tout un pays. L'Oratoire Saint-Joseph est le plus grand sanctuaire au monde dédié à saint Joseph, grâce au rêve du frère André Bessette. La puissance et la grandeur de Dieu se sont révélées à travers un humble frère de Sainte-Croix. «Pauper, servus et umilis» est l'épitaphe de son tombeau à l'Oratoire: pauvre, obéissant et humble serviteur.

Ce sont les mêmes mots qui sont chantés dans le Panis Angelicus, ce magnifique hymne eucharistique. Qui peut dire pourquoi André a été choisi? Dans sa magnifique lettre à la famille Sainte-Croix d'il y a quelques mois, l'ancien supérieur général, le père Hugh Cleary, c.s.c., déclarait: «Peut-être qu'André a été choisi, tout comme Marie et Joseph, parce qu'il n'était rien aux yeux de ce monde; il n'avait rien, rien ne le possédait (...). Dieu l'a possédé en lui donnant ce qui lui importait le plus, lui accordant la réalisation de l'aspiration la plus profonde de son cour».

La vocation d'un frère coopérateur

Dans son exhortation apostolique Vita Consecrata, le Serviteur de Dieu Jean-Paul ii affirmait: «Aux personnes consacrées, il est demandé d'être vraiment expertes en communion et d'en pratiquer la spiritualité, comme "témoins et artisans du projet de communion qui est au sommet de l'histoire de l'homme selon Dieu"».

Les frères coopérateurs rendent un grand service au Peuple de Dieu, bien qu'ils soient moins connus au sein de l'Eglise. Il y a aussi un sentiment que ces frères religieux sont nos pairs, en vivant et en travaillant parmi nous comme compagnons dans notre cheminement de foi. Ces hommes sont des exemples qui nous montrent à quel point nos gestes quotidiens peuvent en eux-mêmes êtres saints.

Le frère André était un véritable expert et un artisan de communion qui vécut et travailla parmi nous. Il était le compagnon de milliers de gens qui cheminaient dans la foi. Sa vocation de religieux était un don de Dieu. Son témoignage est à la fois prophétique, radical, visible, effectif, crédible et joyeux. Adulte, le frère André mesurait à peine 1,50 mètre. Malgré cela, il était un géant de foi et de spiritualité, et son ombre veille toujours sur Montréal et sur le Canada. Il nous montre ce qu'il est possible de réaliser par la foi et l'amour. Pour reprendre les mots de l'humble portier: «L'artiste, c'est avec les plus petits pinceaux qu'il peint les plus beaux tableaux».

Ouvrir les portes de nos coeurs et de l'Eglise

Le Christ est la porte vers le Père, qui frappe à la porte de nos cours, de nos maisons, de notre Eglise. L'Eglise, et en particulier l'Oratoire Saint-Joseph à Montréal, est la porte du salut, la porte du Royaume de Dieu. Le frère André était le portier de cet endroit béni. Le Seigneur est passé par ses doutes, ses infirmités, ses forces, sa persévérance et son ingéniosité pour construire une église et construire l'Eglise.

Nous franchissons chaque jour plusieurs portes sans même nous en apercevoir. Nous nous souvenons tous de l'époque où nos parents ou grands-parents «ne fermaient jamais à clé». Nous vivons aujourd'hui à une époque de serrures et de systèmes d'alarme. Finis les jours où les portes de nos maisons s'ouvraient sans difficulté aux proches, aux amis, aux voisins. Les portes de nos maisons et de nos églises ne semblent plus s'ouvrir aussi facilement ou aussi souvent qu'avant. Il est urgent de trouver des manières d'ouvrir les portes de nos maisons, de nos églises et de nos cours à tous ceux qui ont besoin de nous.

A son époque, le frère André était le Portier de Montréal et il est désormais l'un des gardiens spéciaux de la porte du Ciel. Il nous montre l'importance d'accueillir chaque personne comme le Seigneur lui-même. Certains viendront à nous dans la joie, d'autres seront effrayés, certains viendront guéris et d'autres viendront chercher la guérison. André nous engage à être sensibles et accueillants à l'égard de tous ceux et celles qui frappent à nos portes. Puisse-t-il continuer à nous inspirer à ouvrir des portes et bâtir des ponts vers les personnes que le Seigneur met sur notre route chaque jour, spécialement celles qui sont malades, pauvres, seules et éprouvées. Aujourd'hui, puisse André de Montréal faire de nous des instruments de paix, de joie, d'amitié et de guérison.

«Télévision Sel + Lumière» a réalisé un documentaire sur la vie et l'ouvre du frère André Bessette:

www.seletlumieretv.org/frereandre

*Directeur général, Fondation catholique Sel et Lumière média

© Corpyright 2010 : L'Osservatore Romano

http://www.zenit.org/article-25744?l=french
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Lun 18 Oct 2010, 01:50

Frère André - Un ami. Un frère. Un saint:

http://frere-andre.saint-joseph.org/fr/

J'ai laissé ce petit mot en guise de témoignage:

Merci, saint frère André, pour tout ce que vous avez fait à ceux qui venaient à vous chercher du réconfort. Que Dieu vous bénisse !
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Lun 18 Oct 2010, 17:53

Un protestant me demande sur Youtube:

Citation :
Why do you think that this dead man can hear your prayer? I urge you to read the Bible for Truth...and it reads: Only ONE mediator btwn GOD and man, and that is Jesus Christ.
GOD did not change His Word because André Bessette walked the Earth.
Goodness, wake up Catholics! Read (on Internet) the story of Father Chiniquey, his book called: L'homme qui osa défier Rome (in English: The man who defied Rome. Chiniquey was a priest in Victoriaville during that time and saw the lies.

Je lui réponds:

Dieu a guéri des milliers de personnes grâce à la prière du saint frère André, c'est la preuve qu'il entendait leurs prières ! Et il n'y a rien de mal à prier les saints comme intercesseurs car Jésus a dit:

"Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, de sorte que le Père soit glorifié dans le Fils." - Jean 14, 13

Les saints ne sont pas des dieux, ce sont des amis de Dieu et des messagers qui portent nos prières au Père. Réveillez-vous, les protestants, les catholiques ne sont pas des idôlatres ou des polythéistes !
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Mar 19 Oct 2010, 00:43

Publié le 16 octobre 2010 à 08h06 | Mis à jour le 16 octobre 2010 à 08h06

L'avocat du frère André

Marc Thibodeau
La Presse

(Rome) Pour que le frère André franchisse la marche suprême de la canonisation, le père Mario Lachapelle, biologiste de formation, a dû convaincre les autorités du Vatican qu'Alfred Bessette avait bel et bien fait des miracles. Jacalyn Duffin, elle, a certifié il y a quelques années que la guérison d'une patiente était un miracle attribué à la première sainte québécoise, Marguerite d'Youville. Portraits de scientifiques au service des saints.

Peu de temps avant sa mort, le frère André avait déclaré à ses proches que la sainteté «n'arrive pas comme un coup de fouet». Et ce n'est pas le père Mario Lachapelle qui le contredira.

Le religieux de 52 ans a passé les sept dernières années à Rome, dans les coulisses du Vatican, à plaider pour la canonisation du modeste fondateur de l'oratoire Saint-Joseph.

«Je suis très heureux que le frère André soit reconnu par l'Église. Je pense qu'il le mérite. Pour moi, c'est un signe de la présence de Dieu parmi son peuple», a-t-il dit cette semaine à La Presse lors d'un entretien téléphonique.


Nommé assistant général à Rome par la congrégation de Sainte-Croix en 2004, le père Lachapelle s'est fait demander du même coup par ses supérieurs d'agir à titre de «vice-postulateur» de la cause en canonisation du célèbre frère. Avec un avocat romain spécialisé en droit canon, il doit répondre à toutes les interrogations pouvant émerger du «procès» chapeauté par la congrégation pour les causes des saints.

Le «promoteur de la foi» - souvent désigné comme l'avocat du diable - lui a parfois posé de «drôles de questions», relate le père Lachapelle.

«Il y a eu des moments plus difficiles que d'autres», commente le religieux, qui a dû notamment défendre le rôle présumé du frère André dans la guérison d'un garçon de 10 ans, présentée à l'appui de la demande de canonisation.

«Il disait toujours que ce n'était pas lui qui guérissait, que c'était saint Joseph. Or, il a fallu démontrer que c'était bien l'intercession du frère André lui-même qui était demandée dans ce cas et non celle de saint Joseph, puisque c'est l'un des critères pour la canonisation», illustre-t-il.

A priori, rien ne destinait le père Lachapelle à se retrouver au coeur d'une démarche aussi singulière.

Biologiste de formation, l'homme n'a été ordonné prêtre qu'à la fin des années 90 après une carrière universitaire ponctuée de dizaines de publications dans des revues internationales.

«J'ai travaillé à l'Université de Montréal de 1989 à 1991, et mon bureau donnait sur l'oratoire Saint-Joseph. En regardant par la fenêtre, je me suis dit qu'il fallait que j'aille voir. Je suis tombé sur un livre qui parlait du fondateur de la congrégation de Sainte-Croix, et c'est comme ça que j'ai réentendu parler du frère André. Je me suis dit que c'était vraiment un homme extraordinaire», relate le religieux, qui a fait par la suite une maîtrise en théologie sur la spiritualité de l'ancien portier du collège Notre-Dame.

Sa formation scientifique semble à première vue peu compatible avec la recherche des «miracles» exigés par l'Église dans le processus de canonisation, mais le père Lachapelle n'y voit aucune contradiction.

Dans tous les domaines scientifiques, il existe nombre de phénomènes qui demeurent inexpliqués et qui laissent place à «un acte de foi», dit-il. «Je suis parfaitement à l'aise avec ça», note le père Lachapelle.

Il souligne que les chercheurs appelés à se pencher sur les guérisons présentés à l'appui des demandes de béatification et de canonisation se contentent de dire si elles sont «scientifiquement inexplicables». C'est le pape, ensuite, qui parle de «miracle».

Le père Lachapelle pense que «trois ou quatre» autres guérisons auraient pu être invoquées pour la canonisation du frère André avant qu'on retienne celle du jeune garçon, survenue en 1999.

Pour l'Église catholique, les miracles sont «un signe d'authenticité qui confirme que la personne est exceptionnelle», note le religieux, qui accorde bien plus d'importance au caractère «visionnaire» du frère André qu'à ces questions.

Le fondateur de l'oratoire Saint-Joseph travaillait avec les clercs alors que l'Église «avait tendance à être suffisante». Il avait un souci de tous les instants pour les démunis et les exclus et un «très grand respect pour tous ceux qui avaient des croyances différentes des siennes». «C'est quelque chose qui devrait exister un peu plus dans nos sociétés actuelles», dit le père Lachapelle.

Bien qu'il ne cache pas sa joie de voir le processus de canonisation aboutir alors qu'il est en poste à Rome, le religieux se garde bien de s'en attribuer le mérite: «Je suis entré dans le portrait en 2004 alors que la démarche avait été officiellement lancée en novembre 1940... Je ne vais pas m'attribuer le crédit du travail de tous ceux qui m'ont précédé. Disons plutôt que j'ai ajouté la cerise sur le gâteau...»

http://www.cyberpresse.ca/actualites/dossiers/canonisation-du-frere-andre/201010/16/01-4333130-lavocat-du-frere-andre.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4332880_article_POS1
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Mar 19 Oct 2010, 00:47

Publié le 16 octobre 2010 à 11h55 | Mis à jour le 16 octobre 2010 à 11h55

Une athée passionnée par les «miracles»

Marc Thibodeau
La Presse

(Rome) Bien qu'elle soit athée et ne croie pas aux miracles, Jacalyn Duffin a joué un rôle-clé dans la canonisation de Marie-Marguerite d'Youville, célèbre fondatrice des soeurs de la Charité.

Cela s'est passé à la fin des années 80, lorsqu'un collègue a demandé à cette hématologue et historienne de la médecine rattachée à l'Université Queen's, en Ontario, de donner son avis sur une série d'échantillons de la moelle épinière d'une femme atteinte de leucémie.

La patiente était atteinte d'une forme très agressive de la maladie. «J'ai conclu en regardant les premiers échantillons qu'elle devait être morte mais, à ma grande surprise, elle était vivante et en bonne santé», a relaté hier Mme Duffin lors d'un entretien téléphonique.

Le véritable choc était cependant ailleurs: le Vatican considérait que la guérison de la femme victime de leucémie pouvait être le miracle qui manquait pour canoniser Marguerite d'Youville.


D'abord «soufflée» d'apprendre que son expertise était utilisée à cette fin, la chercheuse canadienne a accepté de présenter son rapport devant un tribunal ad hoc. Présidée par un évêque, l'audience visait à valider ou infirmer le caractère inexplicable de la guérison.

«Il y avait un côté presque judiciaire à l'audience. Et c'est comme ça depuis des siècles. Le Vatican a des standards très élevés», souligne Mme Duffin, qui s'est rendue à Rome pour assister à la cérémonie de canonisation de Marguerite d'Youville.

«J'ai d'abord voulu refuser l'invitation, mais je me suis finalement dit que ce serait intéressant à voir. J'y suis donc allée avec mon mari, qui est juif», relate la chercheuse.

Une fois là-bas, elle décide de se plonger dans les archives du Vatican pour voir quels sont les «miracles» invoqués au fil des siècles pour désigner les saints.

«Je ne savais pas si on me laisserait regarder, mais j'ai finalement eu l'autorisation. À toutes les époques, on demande l'expertise scientifique la plus avancée. J'ai été impressionnée par l'honnêteté et la rigueur des recherches consignées dans les dossiers que j'ai consultés.»

«J'ai des collègues qui pensent que tout ça, c'est de la folie, de la pensée magique, que l'Église catholique se fait berner par des gens, ou que l'effet placebo ou l'hystérie sont en cause. Mais les experts du Vatican connaissent ces phénomènes et écartent les cas où ils sont susceptibles d'expliquer les guérisons observées.»

Les propos de Mme Duffin recoupent ceux du père Mario Lachapelle, biologiste de formation devenu père de la congrégation de Sainte-Croix, qui agissait à titre de vice-postulateur dans la cause de la canonisation du frère André.

«Les gens pensent que les cas de guérison retenus pour les canonisations sont arrangés par le Vatican, mais ce n'est pas du tout le cas, explique le père Lachapelle. C'est incroyable la quantité de spécialistes et de personnes qui sont appelés à se prononcer dans le cadre du processus.»

Bien qu'elle ne croie pas en Dieu et ne pense pas un instant qu'une intervention supranaturelle puisse accomplir des guérisons autrement inexplicables, Mme Duffin se garde bien de juger les personnes qui y croient.

«Ma conviction qu'il y a une explication naturelle pour tous les phénomènes est une croyance parce que je ne dispose pas des preuves qui permettraient de prouver que j'ai raison. Pourquoi mettrais-je ma croyance au-dessus de celle d'une patiente qui pense que Dieu l'a guérie?»

En définitive, la religion et la médecine sont des «formes parallèles de sagesse humaine» qui aident toutes deux à «soulager la douleur», conclut l'universitaire.

http://www.cyberpresse.ca/actualites/dossiers/canonisation-du-frere-andre/201010/16/01-4333175-une-athee-passionnee-par-les-miracles.php
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Mar 19 Oct 2010, 00:54

Canonisation du frère André - Le Maurice Richard de la foi

Le frère André est-il toujours un symbole de fierté ou est-il celui d'un Québec passéiste et résigné?

Christian Rioux 16 octobre 2010 Éthique et religion

Rome — Né dans une famille pauvre, pas instruit, d'une humilité presque maladive, obligé de travailler très jeune et de s'exiler aux États-Unis, orphelin de père et malade par-dessus le marché, le frère André, qui sera canonisé par le pape Benoît XVI demain à Saint-Pierre de Rome, apparaît comme le prototype du héros canadien-français miséreux.

«C'est le paradoxe du frère André: il est le plus humble de tous, mais il fera construire l'oratoire Saint-Joseph, un des plus gros lieux de pèlerinage du monde», explique l'historien Guy Laperrière, de l'Université de Sherbrooke. Est-ce au nom de cette même humilité que l'on continue à appeler «oratoire» la basilique qui trône sur le mont Royal? En français, un oratoire est pourtant la plus petite des chapelles!

Denise Robillard, qui a écrit l'histoire de l'oratoire, n'hésite pas à dire que le frère André est le prototype du héros québécois. «C'est quelqu'un de peu instruit, de pas inquiétant, qui accueillait les malades. On venait se confier à lui. Il était portier, ce qui veut dire qu'il accueillait les gens. En passant, c'était une formidable ouverture sur le monde.»

Le salut des siens

Martin Meunier va jusqu'à affirmer que le frère André est «une sorte de Maurice Richard de la foi catholique. C'est un "virtuose" rempli de la certitude de sa grâce. Le frère André n'a pas de vanité, il n'a qu'une mission. Et, comme Maurice Richard, celle-ci concerne d'abord le salut des siens. C'est peut-être pourquoi la canonisation du frère André est tant saluée, même par un peuple qui se définit de moins en moins comme catholique.» Ce sociologue des religions trace d'ailleurs un parallèle entre le Forum et l'oratoire, deux temples ou la victoire vient après de longues souffrances.

On ne connaît pourtant à peu près pas d'opinions politiques au frère André dans ces années troublées, traversées par la guerre et la renaissance du nationalisme canadien-français, avec Henri Bourassa. À l'exception d'un anticommunisme virulent et d'une anecdote concernant sa rencontre avec l'évêque de London, Mgr Fallon. L'ennemi juré d'Henri Bourassa défendait alors l'interdiction des écoles françaises en Ontario et traitait les Canadiens français de «fanatiques». Le frère André aurait lancé à son visiteur: «C'est vous qui faites de la misère à nos frères de l'Ontario?»

«La simplicité et l'humilité du frère André, c'est un peu le caractère des Québécois, dit Denis Vaugeois. Ça nous convient assez bien.» L'historien rappelle que c'est le frère André qui avait converti Maurice Duplessis à la dévotion à saint Joseph. Les deux hommes s'étaient connus l'époque où Duplessis étudiait au collège Notre-Dame.

Une religion triomphante

Ce n'est pas dans les années 50, comme on le dit parfois, que l'Église domina sans partage la vie des Canadiens français, mais au début du XXe siècle. C'est l'époque d'une religion triomphante. En 1910, Montréal accueille le 21e congrès eucharistique international, le premier à se tenir hors d'Europe, comme le rappelle Micheline Lachance dans sa biographie (Frère André, Éditions de l'Homme). Henri Bourassa y prononce son plus célèbre discours, dans lequel il réclame «le droit de vivre» dans leur langue pour la «poignée» de Canadiens français qui ont si bien servi l'Église.

«C'est l'époque où les vocations sont les plus fortes, explique Guy Laperrière. C'est aussi une grande période de bouleversements sociaux. Plus d'un million de Canadiens français se sont exilés aux États-Unis. La prospérité économique est grande, mais les conditions de vie des agriculteurs qui quittent leur terre pour Montréal sont épouvantables. La pensée sociale de l'Église se développe avec les syndicats catholiques et l'Institut du bon conseil.»

Exode vers les villes, misère urbaine, ferveur religieuse sans pareil, les conditions de l'apparition d'un thaumaturge, comme on surnommera le frère André, sont présentes. Saint Joseph n'est-il pas le patron des ouvriers? «C'est aussi le patron de la bonne mort, dit Laperrière. On l'invoque même pour des raisons financières.»

Une religion populaire

Martin Meunier voit dans le frère André «une figure de la religion populaire qui s'oppose en un sens à la religion des clercs», celle du haut clergé. Pour Denise Robillard aussi, le frère André est un pur «représentant de la tradition des religions populaires. Les miracles, ça ne s'explique pas et ce n'est pas important qu'on le sache. À cette époque, la médecine n'était pas aussi évoluée qu'aujourd'hui.»

Le culte voué au frère André dépasse en effet les institutions. Durant la seule année 1910, on lui adresse 24 000 lettres pour lui demander des faveurs. À son décès, un million de personnes défilent devant sa dépouille pendant plusieurs jours. La construction de l'oratoire est d'ailleurs une opération rentable. Il se finance tout seul. Deux millions de personnes y défilent encore chaque année.

Pourtant, selon Laperrière, l'archevêque de Montréal, Mgr Bruchési, sera très tôt associé à ce qui se passe à l'oratoire. Pour lui, il ne fait pas de doute que c'est le Lourdes du Canada. Dès 1910, il fait visiter la montagne aux évêques du monde entier. L'Église est évidemment soucieuse de rassembler ses ouailles, qui quittent en masse les campagnes pour la ville.

Le «vieux frotteux»

Mais le frère André n'a pas que des amis. Les médecins en particulier sont loin de voir d'un bon oeil le «frotteux» du mont Royal (il frotte les malades avec de l'huile de saint Joseph). Les protestants sont aussi enclins à dénoncer ce genre de pratiques superstitieuses. Le journaliste anticlérical Godfroy Langlois, qui dirige le journal Le Pays, les pourfend lui aussi. Même certains religieux se tiennent loin de ce genre de manifestations dont on ne sait jamais à partir de quand elles sombrent dans le fétichisme et l'idolâtrie. L'évêché diligente une commission pour s'assurer au moins que le frère André n'est pas un illuminé.

Du milieu du XIXe siècle au début du XXe, c'est la grande époque des «miracles». À Lourdes, le surnaturel sévit depuis 1858, date des «apparitions» à Bernadette Soubirou. Depuis, on allègue pas moins de 7000 «guérisons», dont 67 seraient reconnues par l'Église. Contrairement à Lourdes, l'oratoire Saint-Joseph ne possède pas de bureau médical afin de répertorier chaque cas.

Partout, ces «miracles» ont des points communs. Ils concernent presque toujours des guérisons, la majorité des miraculés sont des femmes, la plupart viennent du petit peuple et des couches peu instruites. «La liste des guérisons donne une image de ce que les gens estiment à la portée de la prière à un moment de l'histoire et un lieu déterminé», écrit le sociologue belge Pierre Delooz. On ne connaît presque pas de «guérisons miraculeuses» d'affections cardiovasculaires, du sida, de cancers de la prostate et du poumon. Leur nombre baissera à peu près partout avec le déclin de la foi dans les années 1940 et 1950.

Mais toutes ces données semblent finalement de peu d'importance pour ceux qui ont la foi. «Le frère André fait partie de notre culture, dit Denise Robillard. C'est un des nôtres qui a été aimé. Il nous donne une leçon d'humilité.» Pour Martin Meunier, «la canonisation du frère André est la reconnaissance d'une religiosité qui a été celle du peuple et de nos ancêtres. Une mémoire qui ne peut s'extirper d'un certain Canada français urbain, toujours travaillé par la sensibilité de naguère.»

***

http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/298212/canonisation-du-frere-andre-le-maurice-richard-de-la-foi
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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Sam 30 Oct 2010, 23:05

Saint frère André

Grande messe au stade olympique

Des milliers de catholiques se sont réunis au Stade olympique de Montréal pour une messe soulignant la canonisation du frère André.

Des catholiques du Québec, du Canada, mais aussi des États-Unis étaient dans la métropole pour l'événement.

La canonisation du frère André, né Alfred Bessette, le 17 octobre dernier, en a fait le premier homme québécois à devenir saint.

C'est l'archevêque de Montréal, le cardinal Jean-Claude Turcotte, qui célébrait la messe.

La célébration a commencé par la Litanie des saints et saintes, bienheureux et bienheureuses canadiens. Le coeur de saint frère André a aussi été exposé.

Après deux heures de cérémonie, le cardinal Turcotte a donné la bénédiction finale aux fidèles peu après 16 h.

Le cardinal Turcotte affirme que le frère André demeure une inspiration pour beaucoup de gens. « Le frère André était maladif, il a perdu ses parents jeune, il a même dû aller travailler aux États-Unis à un moment de sa vie [...]. Et, malgré tout, c'était quelqu'un de fort. Les gens se disent : "Ça, c'est quelqu'un comme nous". »

La liste des célébrants qui entouraient le cardinal Turcotte est impressionnante, de dire le journaliste de Radio-Canada et animateur de l'émission Second Regard, Alain Crevier : « Ils viennent de partout, de Vancouver, de Victoria, du Labrador, de Halifax, tout le Canada y est ».

Enfin, des 85 évêques que compte le pays, une soixantaine étaient au Stade olympique de Montréal, d'ajouter Alain Crevier.

Les premiers ministres du Québec et du Canada, ainsi que le maire de Montréal et la chef de l'opposition officielle à Québec étaient également présents à cette messe que les organisateurs préparaient depuis neuf mois.

En 1990, la messe célébrant la canonisation de Marguerite d'Youville avait réuni plus de 20 000 personnes dans le Vieux-Port de Montréal.

La planification et l'organisation d'une messe de cette envergure n'étaient pas simples. En effet, comment donner la communion dans un stade à des dizaines de milliers de personnes? « Il ne faut pas que les gens se déplacent, il faut aller à eux », a expliqué l'archevêque de Montréal.

http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2010/10/30/002-andre-frere.shtml
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Sanctus Germanus



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MessageSujet: Re: Canonisation du frère André   Mer 28 Mar 2012, 23:07

Premier anniversaire de la canonisation du frère André.

http://www.saint-joseph.org/fr_1123_index.php

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Canonisation du frère André
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