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 Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs

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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Ven 19 Sep 2008, 21:09

Cher Adamev,

L'autre monstre est le communiste et ses 100 millions de morts.

Un peuple entier, femmes et enfants compris, dévoré partout dans le monde et qui a un seul désavantage par rapport aux victimes des Nazis: Les communistes ont réussi à faire taire leurs cris. Mais j'espère que viendra un jour un cinéaste aussi talentueux que celui qui fit le film "Shoah" et qui vous ouvrira les yeux.
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Ven 19 Sep 2008, 21:12

Eh oui, Arnaud. Le drame du drame, c'est que les morts d'hier, cachent ceux d'aujourd'hui et que la dictature continue, et que les chefs d'Etas laissent mourir de faim, leurs sujets ! Et c'est marrant, eux, ils sont comme innocents, grâce aux Etats dont ils sont les dirigeants !
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Wàng



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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Ven 19 Sep 2008, 21:18

Arnaud Dumouch a écrit:
Cher Adamev,

L'autre monstre est le communiste et ses 100 millions de morts.

Un peuple entier, femmes et enfants compris, dévoré partout dans le monde et qui a un seul désavantage par rapport aux victimes des Nazis: Les communistes ont réussi à faire taire leurs cris. Mais j'espère que viendra un jour un cinéaste aussi talentueux que celui qui fit le film "Shoah" et qui vous ouvrira les yeux.

Malheureusement, dans les milieux bobos en France on continue à admirer le communisme. J'en connais qui disent que meme si ça a été un échec provisoire, il faudrait reessayer un jour. drunken Et que c'est grâce à la révolution russe que le grand capital a fait dans son froc et que la condition des ouvriers s'est améliorée dans le reste du monde. Rolling Eyes
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Ven 19 Sep 2008, 21:18

doris a écrit:
Eh oui, Arnaud. Le drame du drame, c'est que les morts d'hier, cachent ceux d'aujourd'hui et que la dictature continue, et que les chefs d'Etas laissent mourir de faim, leurs sujets ! Et c'est marrant, eux, ils sont comme innocents, grâce aux Etats dont ils sont les dirigeants !

Chère Doris, il faut objectiver. Depuis que le communisme disparaît de pans entiers du monde (Russie et Chine), le niveau de vie de centaines de millions d'hommes ne cesse de progresser. Les grandes famines de Chine ont disparu.

Il reste un modèle communiste stalinien: la Corée du Nord.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Ven 19 Sep 2008, 21:22

Arnaud. Merci de me clamer. Je n'ai aucune objectivité politique, c'est pour cela que moins j'en cause, mieux je me porte !
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adamev



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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Ven 19 Sep 2008, 22:15

Vous noyez le poisson (du moins vous essayez). On ne fait pas ici le procès du communisme dans ce qu'il a de plus horrible.

Il est question de votre idéologie selon laquelle dans le cours de la guerre contre le nazisme :
pour vous le SS bourreau de juifs, d'enfants, d'handicapés, d'homosexuels, de tziganes, de polonais, de russes, de roumains; de tchèques, de résistants de toutes mouvances (y compris catholique) ... accessoirement de francs-maçons = un défenseur de Stalingrad, un partisan russe, un résistant français morts pour que les alliés puissent débarquer en Normandie...
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Ven 19 Sep 2008, 22:50

Ouais !!!! Ce qui me gonfle, c'est que depuis 2000 ans, on ne veut pas entrer dans le salut offert par Dieu ! J'ai mis trente ans à le piger, adamev. Alors maintenant, que les hommes se massacrent, c'est plus mon problème !
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Sam 20 Sep 2008, 07:29

adamev a écrit:
Vous noyez le poisson (du moins vous essayez). On ne fait pas ici le procès du communisme dans ce qu'il a de plus horrible.

Il est question de votre idéologie selon laquelle dans le cours de la guerre contre le nazisme :
pour vous le SS bourreau de juifs, d'enfants, d'handicapés, d'homosexuels, de tziganes, de polonais, de russes, de roumains; de tchèques, de résistants de toutes mouvances (y compris catholique) ... accessoirement de francs-maçons = un défenseur de Stalingrad, un partisan russe, un résistant français morts pour que les alliés puissent débarquer en Normandie...

Où avez vous lu cela ?

Je ne parle pas des individus.

je fustige juste les deux idéologies en les mettant dos à dos (Nazisme et communisme).

Comment pourrais-je juger de l'âme de tel ou tel combattant Allemand et la comparer à celle de tel résistant communiste ? C'est un autre problème, qui appartient au jugement de Dieu seul.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Sam 20 Sep 2008, 09:17

J'ai lu ça ici (hier 17h03)

AD a écrit:
L'Occident s'est allié avec Beelzébuth (le communisme de staline) pendant un temps pour vaincre Belial (le Nazisme). Mais ces deux idéologies sont du même genre, tuant des millions d'hommes sur l'autel d'une idole.

A la suite de ceci :


--------------------------------------------------------------------------------

AD a écrit:
- AVANT LA GUERRE, il a donné avec Pie XI la lumière intellectuelle qui permattait à chacun de voir les deux chemins à ne pas suivre: L'encyclique en Allemand "Mit Brennender Sorge", qui condamne le nazisme, est son oeuvre. L'encyclique qui condamne le communisme est celle de Pie XI.


Adamev a écrit :
Je ne veux en aucune manière entrer dans le débat Pie XII et les Juifs où je pense qu'il est innocent des accusations portées contre lui. Même si je pense que l'église en tant que telle aurait pu agir autrement. En France notamment.

Par contre je m'élève contre cette manière insidieuse que vous avez de mettre le communisme et le nazisme sur le même plan. Notamment dans la période de la guerre.

D'accord le communisme est loin d'être blanc-blanc à cause du Pacte Germano-Soviétique notamment (et de bien d'autres horreurs avant et après). Mais au moins, durant la période de guerre où la russie fut au côté des Alliés contre le nazisme, admettez que les Russes (et les pays de l'Est en général), communistes ou pas, ont payé un lourd tribu à la cause de la Liberté. Que s'ils n'avaient pas ouvert le front Est nous serions sans doute sous la botte nazie car jamais les alliés n'auraient pu débarquer en Normandie.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Sam 20 Sep 2008, 09:28

adamev a écrit:


D'accord le communisme est loin d'être blanc-blanc à cause du Pacte Germano-Soviétique notamment (et de bien d'autres horreurs avant et après). Mais au moins, durant la période de guerre où la russie fut au côté des Alliés contre le nazisme, admettez que les Russes (et les pays de l'Est en général), communistes ou pas, ont payé un lourd tribu à la cause de la Liberté. Que s'ils n'avaient pas ouvert le front Est nous serions sans doute sous la botte nazie car jamais les alliés n'auraient pu débarquer en Normandie.

Mais le sacrifice des hommes et des peuples n'a aucun rapport avec la condamnation du communisme et de Staline.

Bizarre que vous ayez lu autre chose...

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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Sam 20 Sep 2008, 10:08

Induction à partir de votre mise en // de deux encycliques. L'une condamnant à juste titre le nazisme et l'autre condamnant aussi le communisme (à juste titre également) avec des attendus différents et à des époques différentes.

Et ce alors que le thème du fil est les accusations injustes portées contre PXII durant la période de la guerre. Alors même que le communisme était allié au camp de la liberté contre l'idéologie nazie. Ca n'excuse rien de la sauvagerie de l'époque et des gouvernements lénino-staliniens. Sauf que l'enjeu était la liberté du monde occidental à laquelle les peuples d'obédience communiste ont payé un lourd tribu qu'occulte totalement votre mise en // de deux encycliques.

Et notez que si j'ai une certaine sympathie pour l'idéal communiste des origines j'en récuse totalement les déviances bolchevico-lénino-staliniennes (et consorts).
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Sam 20 Sep 2008, 10:14

Cher Adamev, vous vous trompez sur les dates.

quand ces deux encycliques sortes (1938 et 1939), l'URSS est alliée à l'Allemagne Nazie.

Durant la guerre, face à la horde Nazie, le pape Pie XII fait le même choix que vous et essaye de prévenir Staline de l'invasion imminente de l'URSS par Hitler.

Staline n'écoutera pas.

L'histoire montre aujourd'hui que, sur tous les points, Pie XII agit prudentiellement, réussissant aussi, dans le silence, à faire sauver par les catholiques et ses missives secrètes près d'un million de Juifs.

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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Sam 20 Sep 2008, 10:54

adamev a écrit:


Et notez que si j'ai une certaine sympathie pour l'idéal communiste des origines j'en récuse totalement les déviances bolchevico-lénino-staliniennes (et consorts).

Des catholiques l'avaient fait avant vous , cher adamev . J'avais lu dans mon enfance " Onze ans au paradis " par le père assomptionniste français
Judicaël Nicolas , qui racontait son séjour de 11 ans dans les camps soviétiques . Il avait survécu grâce à ses talents de dessinateur : il faisait le portrait des cuisinères et obtenait ainsi des rations supplémentaires .
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Ven 10 Oct 2008, 14:07

Benoît XVI hésite encore
à béatifier Pie XII






Jean-Marie Guénois
09/10/2008 | Mise à jour : 22:04 |


Commentaires 40


.






Benoît
XVI a défendu jeudi la mémoire de Pie XII dans une messe pour le 50e
anniversaire de sa mort. (AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO)





Persuadé
de la sainteté de Pie XII, le Pape réfléchit à l'opportunité d'un tel
geste, qui scandaliserait une majorité de la communauté juive.






Plus de doute possible, Benoît XVI est ouvertement favorable à la béatification de Pie XII.
Même s'il doute personnellement de l'opportunité d'un tel acte. À deux
reprises en trois semaines, il a publiquement évoqué les vertus de son
prédécesseur et même souhaité, jeudi, que survienne cette
béatification. Dans la basilique Saint-Pierre à Rome, il présidait une
messe anniversaire pour les cinquante ans de la mort d'Eugenio Pacelli,
le 9 octobre 1958, qui avait été élu pape le 2 mars 1939. «Nous
prions, a confié jeudi Benoît XVI, avant d'aller à l'issue de la messe
se recueillir sur la tombe du pape défunt, pour que la cause de
béatification du serviteur de Dieu Pie XII se poursuive heureusement.»
Phrase clé d'une longue homélie, très attendue, en forme de plaidoyer
pour l'œuvre ecclésiale accomplie par ce pape italien mais dont «le
silence» pendant la Shoah gêne beaucoup de catholiques et reste
inadmissible pour une majorité de l'opinion juive. Un rappel
spectaculaire de cette opposition a été lancé, ce lundi 6 octobre, par
le rabbin de Haïfa, Shear-Yashuv Cohen. Invité exceptionnel du synode des évêques
(réuni ce mois-ci à Rome pour réfléchir sur l'usage de la Parole de
Dieu dans la Bible), il a affirmé, devant le Pape et les trois cents
évêques et experts présents : «Nous ne pouvons pas oublier le fait
douloureux que de nombreuses personnes, y compris des grands dirigeants
religieux, ne se soient pas élevées pour sauver nos frères et qu'ils
aient choisi de garder le silence. (…) Nous ne pouvons pas pardonner et
oublier cela et j'espère que vous le comprenez.» Une communauté
juive qui n'est toutefois pas unanime sur le sujet, comme l'indique le
colloque organisé, le 18 septembre dernier, à Rome par la fondation «Pave the way»,
présidée par un Juif américain, Gary Krupp. Lors de cette rencontre
d'historiens visant à défendre la mémoire d'Eugenio Pacelli, Benoît XVI
avait d'ailleurs tissé un éloge déjà remarqué de Pie XII. «Vertus héroïques»

Mais
une communauté juive avec qui Benoît XVI ne veut pas entrer en conflit.
Depuis le début de son pontificat en 2005, il n'a pas manqué une
occasion de marquer son respect et son amitié pour le judaïsme selon
l'héritage et la lignée ouverts par son prédécesseur Jean-Paul II. Et
c'est là tout l'embarras de Benoît XVI ; car l'étape décisive du
dossier de béatification de Pie XII, elle, est considérée comme achevée
depuis un an et demi… Elle attend donc le feu vert du pape, qui semble
juger que les temps ne sont pas mûrs pour mettre en route une telle
célébration. Ce jour-là, le 8 mai 2007, les treize membres du
tribunal de la congrégation pour la Cause des saints ont en effet voté
à l'unanimité - et «avec enthousiasme», ajoute un témoin - le
«jugement» positif et conclusif d'un long procès visant à établir «les
vertus héroïques» d'Eugenio Pacelli. Sans la reconnaissance de
ces «vertus héroïques», la seconde étape, indispensable pour une
béatification, - à savoir : l'étude de la reconnaissance d'un miracle -
ne peut être enclenchée. Ce vote, même si le pape le suit
habituellement, n'oblige toutefois pas celui-ci. Il reste souverain
pour «approuver» ce processus. Et sans cette approbation formelle, le
décret sur l'héroïcité des vertus ne peut être signé par le préfet de
la congrégation pour la Cause des saints. La situation n'est donc pas
bloquée mais elle est en attente. Benoît XVI connaît la controverse
puisque la cause a été introduite sous le pontificat de Paul VI (en
même temps que celle de Jean XXIII) le 18 novembre 1965 ! On ne compte
plus aujourd'hui les colloques, livres et travaux, pour ou contre
l'attitude de Pie XII. Reste le symbole d'une telle béatification. La question n'est pas sans conséquences. Benoît XVI hésite.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Ven 10 Oct 2008, 14:21

Benoît XVI a bien raison d'hésiter à canoniser le pape Pie XII si il ne sent pas que le temps est arrivé, on a pu voir la controverse soulevée par la canonisation de St Josémaria Escriva le 6 octobre 2002 par Jean-Paul II.

Le fondateur de l'Opus Dei est un saint très calomnié encore de nos jours.

Faut-il choisir pour ne pas scandaliser certains de ne pas donner l'honneur des autels à des saints ou passer outre ?

C'est cela la vraie question.

Nul doute que Benoît XVI agira sous l'inspiration du Saint-Esprit.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Mar 04 Nov 2008, 09:35

Un rabbin français remercie Pie XII et des prêtres catholiques de leur aideLettre du rabbin Zaoui au pape en 1944



ROME, Lundi 3 novembre 2008 (ZENIT.org) - Un rabbin français remercie Pie XII et des prêtres catholiques de l'aide apportée aux juifs persécutés pendant la Shoah. Cette
lettre du rabbin André Zaoui, aumônier capitaine du Corps
expéditionnaire français, adressée à Pie XII le 22 juin 1944, se trouve
parmi les pièces les plus intéressantes de l'exposition sur la
biographie de Pie XII présentée aujourd'hui au Vatican. Une
pièce d'autant plus intéressante que l'exposition ne cherche pas à
faire le point sur les faits et gestes et les paroles de Pie XII en
faveur des juifs persécutés, mais à retracer l'itinéraire du pape
Pacelli de son enfance à sa mort en 1958, il y a cinquante ans. Elle
met en évidence
les facettes de sa personnalité, depuis son amour des animaux (on le
voit photographié avec un canari ou des agneaux), sa fascination pour
toutes les inventions modernes (son rasoir électrique et sa machine à
écrire, sa présence sur les ondes de Radio Vatican), son souci constant
des plus démunis (les matelas installés jusque dans les escaliers du
Palais apostolique ou à Castel Gandolfo pour accueillir les réfugiés,
sans distinction), son amour des arts (et son sauvetage des œuvres
d'art pendant la guerre, ou le concert de l'orchestre philharmonique
d'Israël, le 25 mai 1955, en signe de « gratitude pour son œuvre en
faveur des juifs persécutés pendant la guerre »), ses interventions
répétées contre la guerre, et son activité diplomatique, etc . Le rabbin Zaoui rappelle qu'il a pu assister à une audience
publique du pape « le 6 juin 1944 (sic !) à 12 h 20 », avec de « nombreux officiers et soldats alliés ». Il
mentionne aussi sa visite à l'Institut Pie XI « qui a protégé pendant
plus de six mois une soixantaine d'enfants juifs dont quelques petits
réfugiés de France ». Il dit avoir été frappé par la
« sollicitude paternelle de tous les maîtres » et il cite cette phrase
du préfet d'étude : « Nous n'avons fait que notre devoir ». Le
8 juin 1944, le rabbin Zaoui rapporte un autre événement auquel il a
participé : la réouverture de la synagogue de Rome fermée par les nazis
en octobre 1943. Il signale la présence d'un prêtre français,
le P. Benoît
« évadé de France » et qui s'est dévoué « au service des familles
juives de Rome ». Le rabbin rapporte ces paroles du prêtre et
l'impression forte qu'elles ont eues sur l'assemblée qui l'a reconnu et
acclamé : « J'aime les juifs de tout mon cœur ». Cette parole rappelle
au rabbin celle de Pie XI, qu'il rapporte ainsi : « Nous sommes
spirituellement des sémites ». André
Zaoui dit sa reconnaissance en ces termes: « Israël n'oubliera
jamais ». La lettre se trouve aussi reproduite dans le très beau et
très complet catalogue de l'exposition publié sous l'autorité du Comité
pontifical des sciences historiques (« L'Uomo e il pontificato
1876-1958 », « L'homme et le pontificat 1876-1958 », 238
pages, Libreria Editrice Vaticana, p. 157). Une lettre du
cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat, reproduite en fac similé
(pp. 13-14) souligne l'importance de ce catalogue et de l'exposition
qui aide à « faire mieux connaître un Pontife qui est reconnu à juste
titre comme l'un des plus grands personnages du XXe siècle ». Il
remercie vivement tous ceux qui ont participé à cette entreprise et
souhaite qu'elle contribuera « à faire apprécier, spécialement des
nouvelles générations, l'extraordinaire figure de ce pape, qui a su
préparer, avec une intuition prophétique des signes des temps, le
chemin de l'Eglise à l'époque contemporaine ». L'exposition
qui est organisée dans le « Bras de Charlemagne », soit le côté gauche
de la
colonnade du Bernin, lorsque l'on regarde la basilique Saint-Pierre,
ouvre à partir de demain, 4 novembre 2008, et ce jusqu'au 6 janvier
2009. Elle doit ensuite partir à Berlin et à Munich. Elle
a été présentée par le président du Comité pontifical des sciences
historique, le prof. Mgr Walter Brandmüller, par M. Giovanni Morello
(de la Fondation pour les Biens et les Activités culturelles de
l'Eglise), le journaliste spécialiste du Vatican du quotidien « Il
Giornale », Andrea Tornielli, les prof. Matteo Luigi Napolitano
(Université du Molise) et Philippe Chenaux (Université pontificale du
Latran), en présence du prof. Don Cosimo Semeraro, SDB, secrétaire du
Comité pontifical

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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Mar 04 Nov 2008, 09:46

Je me réjouis de cette exposition concernant le Pape Pie XII !

Cela atténuera la déception de ne pas le voir encore béatifié et surtout ouvrira les yeux du monde concernant ce grand pape.

J'ai toujours entendu dire que le Pape Pie XII avait été gratifié dans les jardins du Vatican de la danse du soleil telle qu'elle s'est produite à Fatima.

Bien sûr, les saints n'échappent pas non plus à la calomnie ils sont persécutés encore plus que le commun des mortels, puisqu'ils ne sont pas du monde tout en étant dans le monde comme nous... qui croyons en Jésus. Le contraire serait anormal d'ailleurs.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Jeu 05 Mar 2009, 06:06

Un nouveau document atteste l’action de Pie XII en faveur des juifs
Révélations de l’historien Peter Gumpel


ROME, Mercredi 4 mars 2009 (ZENIT.org) - Un nouveau document atteste l'action de Pie XII en faveur des juifs, révèle aujourd'hui au micro de Radio Vatican l'historien Peter Gumpel, sj, relateur de la cause de béatification du pape Pacelli.

Il s'agit d'une Note extraite du « Mémorial des religieuses Augustines du Monastère de Quatre Saints Couronnés » de Rome, le fameux monastère qui a accueilli des juifs persécutés pendant l'occupation nazie, non loin du Latran, dont le séminaire était aussi plein de réfugiés.

On y lit ceci :
Citation :
« Le Saint-Père veut sauver ses Enfants, y compris les Juifs, et ordonne aux monastères d'accorder l'hospitalité aux persécutés ».
La note date de novembre 1943. Elle comporte une liste de 24 personnes accueillies par le monastère, conformément à la volonté du pape.

Ce genre de témoignage est « rare » commente le P. Gumpel : la clandestinité et le danger impliquait la plupart du temps la destruction de toute trace, ce qui rend difficile la tâche des historiens. Ils doivent, comme le fait Yad Vashem interroger les survivants et enregistrer leurs témoignages.

L'historien ajoute :
Citation :
« Il s'agit d'un document que j'ai moi-même obtenu des sœurs augustines, un document écrit, et important pour cette raison. Ce n'est pas le seul témoignage que l'on ait dans ce sens. Il y a de nombreux témoignages oraux, de religieuses et de prêtres mais aussi d'autres personnes mais souvent on manque de témoignages contemporains écrits, et cela a donné à certains - qui continuent d'attaquer Pie XII - de contester et de dire : « Il n'y a pas de documents attestant qu'il ait jamais fait quelque chose durant la rafle des juifs du 16 octobre 1942. C'est d'une fausseté totale. La seule chose à relever c'est qu'en temps de persécution et dans des situations comme celles dans lesquelles on vivait alors à Rome, quelqu'un de prudent ne mettait pas beaucoup de choses « noir sur blanc », parce qu'il y avait le danger que celles-ci tombent aux mains des ennemis et qu'ils ne prennent des mesures encore plus hostiles contre l'Eglise catholique ».

Le père Gumpel explique comment opérait le pape dans ces conditions :
Citation :
« L'œuvre de sauvetage de Pie XII - par ailleurs attestée aussi par de nombreuses sources juives - a été faite à travers des messagers personnels - des prêtres - qui étaient envoyés à différentes institutions et à des maisons catholiques de Rome - universités, séminaires, paroisses, convents de sœurs, maisons de religieux - avec toujours ce même message : ‘Ouvrez vos portes à tous ceux qui sont persécutés par les nazis', et naturellement, cela valait en premier lieu pour les juifs ».
Pour ce qui est de la « résistance » à accepter ces témoignages, le P. Gumpel explique : « Nous avons affaire à des personnes qui disent en quelque sorte : ‘Nous croirons à l'œuvre de Pie XII en faveur des juifs seulement si nous avons un document écrit'. Nous avons maintenant deux documents écrits : l'un envoyé à l'évêque d'Assise, Mgr Nicolini, qui l'a fait voir à son collaborateur, le Révérend Brugnazzi. Ils ont ensuite été décorés tous les deux par Yad Vashem comme des ‘Justes parmi les Nations' ».

Le site de Yad Vashem consacre en effet toute une section au « réseau d'Assise » et à l'équipe de Mgr Giuseppe Placido Nicolini.

Citation :
« Ici, à Rome, continue le P. Gumpel, nous avons maintenant ce document de la chronique des Sœurs Augustines cloîtrées. Je le répète : c'est une nouvelle confirmation qui peut être utile pour ceux qui veulent persister à dénigrer Pie XII et ce faisant attaquer l'Eglise catholique ».

Enfin, pour ce qui concerne la cause de béatification, le P. Gumpel précise : « La cause de canonisation de Pie XII a eu un verdict le 9 mai 2007 : 13 cardinaux et évêques du tribunal le plus haut de la Congrégation pour les causes des saints se sont prononcés à l'unanimité positivement en faveur des vertus du pape Pie XII. On attend la signature du décret par le pape » sur « l'héroïcité » des vertus du pape Pacelli.

Avant une béatification (étape précédant la canonisation), l'enquête de cette congrégation doit établir, rappelons-le, si le baptisé a vécu les vertus humaines et chrétiennes de façon héroïque. Ensuite, pour la béatification, il faut l'authentification d'un miracle dû à l'intercession du candidat à la gloire des autels. Il faudra un nouveau miracle pour que la canonisation aboutisse ensuite : le processus prend des années et parfois des siècles.

Rappelons aussi que l'image de Pie XII était très positive à sa mort, et il a reçu un hommage unanime en particulier dans la communauté juive, comme en témoignage le message de Mme Golda Meir. Cette image a ensuite été brouillée à partir de la publication de la pièce de théâtre « Le Vicaire », dont la documentation est très contestée par une nouvelle génération d'historiens.

Elle était due à l'auteur d'Allemagne de l'Est Rolf Hochhuth. L'œuvre originale, qui durait huit heures, avait été, selon les critiques de théâtre, « manifestement écrite par un débutant ».

Pour améliorer la pièce et faire en sorte qu'elle puisse être jouée, Erwin Piscator, un habile metteur en scène et producteur, est venu en aide à Hochhuth. Selon le père Gumpel, Erwin Piscator était « manifestement communiste. Réfugié en Union soviétique pendant la Deuxième guerre mondiale, il avait travaillé en Allemagne et aux Etats-Unis auprès de bureaux et d'universités notoirement procommunistes ».

Il est évident pour le père Gumpel que « la réduction de la pièce à deux heures et le montage du texte avec les calomnies contre Pie XII sont dus à l'influence de Piscator » (cf. Zenit du 19 février 2007).

Quant à la responsabilité de l'Union soviétique dans cette opération, l'historien explique qu' « au Vatican on savait depuis longtemps que la Russie bolchevique était à l'origine de cette campagne de discrédit contre Pie XII ».

Et de préciser que
Citation :
« dans les pays occupés par les communistes après la seconde guerre mondiale, « Le Vicaire » de Hochhuth était obligatoirement représenté au moins une fois par an dans toutes les grandes villes ».
Il cite
Citation :
« les quotidiens et les revues communistes comme l'Unità en Italie et l'Humanité en France, qui ont fait une grande propagande à l'œuvre de Hochhuth : aucun doute donc quant à son influence communiste ».

« Je ne peux affirmer que Hochhuth était un agent des russes, affirme le père Gumpel, mais il est évident que son œuvre a été fortement influencée par l'appareil communiste »
Anita S. Bourdin

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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Jeu 05 Mar 2009, 09:23

Merci Arnaud pour ce nouvel éclairage ! sunny
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Ven 06 Mar 2009, 20:20

Yad Vashem analyse le rôle de Pie XII pendant l’holocauste
Une rencontre à Jérusalem organisée avec le Studium Theologicum Salesianum


ROME, Vendredi 6 mars (ZENIT.org) - Au lendemain du cinquantième anniversaire de la mort du serviteur de Dieu Pie XII, dans le siècle Eugenio Pacelli, l'Institut international de recherche de l'holocauste Yad Vashem et le Studium Theologicum Salesianum, Saints Pierre et Paul, organisent les 8 et 9 mars un atelier d'experts qui analyseront l'état actuel de la recherche sur le pape Pie XII et l'holocauste.

Selon les propos rapportés par don Francesco De Ruvo, s.d.b., à ZENIT, « des historiens débattront et partageront les résultats de leurs recherches afin de répondre à une série de questions relatives à la controverse en cours ».

Les historiens et les experts, qui confèrent une dimension internationale à l'initiative, appartiennent aux deux écoles de pensée sur la question : celle qui est plus critique à l'égard de Pie XII et celle qui en apprécie l'œuvre.

La rencontre a lieu alors que les préparatifs de la visite de Benoît XVI le 11 mai prochain à Yad Vashem, mémorial de l'holocauste, battent leur plein et où il participera à une cérémonie en mémoire des victimes de la shoah.

Les experts qui participent aux débats sont Sergio Minerbi, Paul Oshea, Michael Phayer, Susan Zuccotti, Thomas Brechenmacher, Jean-Dominique Durand, Grazia Loparco, Matteo Luigi Napolitano et Andrea Tornielli.

La session d'ouverture sera inaugurée par Avner Shalev, président du Comité de direction de Yad Vashem, et par Mgr Antonio Franco, nonce apostolique en Israël. Les modérateurs seront, pour le Studium Theologicum Salesianum, Don Roberto Spataro et pour Yad Vashem, Mme Iael Orvieto.

« Ces dernières années, de nombreux livres et de nouveaux articles ont été publiés. Ainsi, du nouveau matériel a été présenté qui a permis de mettre en lumière de nouveaux aspects, qui ont besoin d'être regroupés et débattus, pour voir s'il y a quelque chose de nouveau et qui doit être totalement revu », explique le père De Ruvo.

Parmi les différents arguments qui feront l'objet de débats parmi les historiens, se trouve la période qui précède le pontificat de Pie XII, les relations avec les évêques allemands, Pie XII et l'holocauste, la situation en Italie pendant la période de l'holocauste et celle qui a suivi.

« Aujourd'hui, au Musée de l'holocauste Yad Vashem, il y a une légende de photo objet de polémique sur l'œuvre de Pie XII » au sujet de laquelle les historiens et n'ont cessé de débattre, explique le père De Ruvo, salésien et chercheur à Jérusalem.

« Pour certains, Pie XII aurait été un spectateur indiffèrent de l'holocauste qui, par son silence, se trouva de connivence avec la monstrueuse tragédie qui se déroulait. Toutefois, d'autres chercheurs et historiens soutiennent depuis longtemps une thèse totalement opposée qui donne une appréciation positive de l'œuvre de Pie XII : il aurait agi pour limiter de toutes les façons possibles les effets de l'holocauste, parfois avec des résultats concrets ».

« Cette dernière position historiographique, ajoute-t-il, est basée sur des documents historiques d'archives et de témoignages aussi bien oraux qu'écrits des protagonistes. Les auteurs qui louent l'action de Pie XII pour le sauvetage des juifs soumettent leurs conclusions, sans distinction d'appartenance ethnique et religieuse. Parmi ceux-ci l'on note de nombreux experts juifs ».

« Un climat d'écoute cordiale et respectueuse a régné jusqu'à aujourd'hui parmi les institutions engagées dans cette initiative qui, selon le souhait de tous, conduira à un accord sur le texte actuel de la légende que l'on voit à Yad Vashem » conclut-il.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Ven 06 Mar 2009, 20:40

Espérons que les résultats seront largement publiés, sans détournement !

Merci Arnaud de nous rapporter ces nouvelles pleines d'espoir pour la cause de la vérité.
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Chrysostome



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MessageSujet: Pie XII. Un livre et un essai font la lumière sur la légende   Ven 03 Avr 2009, 23:51

L'article est trop long pour le mettre ici alors j'invite à aller lire à cette adresse:
http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=0304091_magister
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Philomène



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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Lun 07 Déc 2009, 07:14

les remerciement des juifs envers le Pape Pie XII :



13 février 1945, Israële Zolli (1881-1956), Grand Rabbin de Rome, se converti au catholicisme et prend pour nom de baptême Eugène, en hommage à Eugène Pacelli, alias Pie XII.

• 7 septembre 1945. Giuseppe Nathan, commissaire de l’Union des communautés israélites, rend grâce « au souverain Pontife, aux religieux et aux religieuses qui n’ont vu dans les persécutés que des frères, selon les indications du Saint-Père" (L’ Osservatore Romano, 8-9-1945) ».

• 21 septembre 1945. Le docteur Leo Kubowitski, secrétaire du Congrès Juif Mondial, est reçu par Pie XII afin de lui présenter ses remerciements pour l’oeuvre effectuée par l’Eglise Catholique dans toute l’Europe en défense du peuple juif. (L’ Osservatore Romano, 23-9-1945).

• 11 octobre 1945. Le Congrès juif mondial offre 20 000 dollars au Vatican en reconnaissance des efforts de la Sainte Eglise catholique romaine dans le sauvetage des Juifs persécutés par le nazisme et le fascisme (New-York Times, 11 octobre 1945).

• 29 novembre 1945. Le pape reçoit 80 délégués des réfugiés juifs, provenant de camps de concentration allemands, « très honorés de pouvoir remercier personnellement le Saint-Père, pour la générosité qu’il leur a démontrée pendant la terrible période nazie ».

• 26 mai 1955. 94 musiciens juifs, de l'orchestre philharmonique d'Israël, sous la direction de Paul Kletzki, ont joué sous les fenêtres du Vatican « en reconnaissance de l’œuvre humanitaire grandiose accomplie par le Pape pour sauver un grand nombre de juifs pendant la seconde guerre mondiale ».

• 9 Octobre 1958. A la mort de Pie XII, le Premier Ministre Israélien Golda Meir déclare : « Pendant la décennie de terreur nazie, quand notre peuple a subi un martyre terrible, la voix du pape s’est élevée pour condamner les persécuteurs… Nous pleurons un grand serviteur de la paix ».

• 10 Octobre 1958. Le Dr. Elio Toaff, Grand Rabbin de Rome, déclare : « Les juifs se souviendront toujours de ce que l’Eglise catholique a fait pour eux sur l’ordre du Pape au moment des persécutions raciales ». Il ajouta : « de nombreux prêtres ont été emprisonnés et ont sacrifié leur vie pour aider les juifs ». (Le Monde 10.10.1958).

• 1963. M. Pinchas Lapide, consul d’Israël à Milan du vivant de Pie XII, déclare au journal Le Monde : « Je peux affirmer que le pape, le Saint-Siège, les nonces et toute l’Eglise catholique ont sauvé de 150.000 à 400.00 juifs d’une mort certaine… L’église catholique sauva davantage de vies juives pendant la guerre que toutes les autres églises, institutions religieuses et organisations de sauvetage réunis ». (Le Monde le 13.12.1963).

• 1975. Le Dr Safran, Grand Rabbin de Roumanie, a estimé à 400.000, les juifs de Roumanie sauvés de la déportation par l’œuvre de St Raphaël organisée par Pie XII. « La médiation du Pape sauva les juifs du désastre, à l’heure où la déportation des Roumains était décidée » (Pie XII face aux nazis, Charles Klein - S.O.S. 1975).

• 16 Février 2001. Le grand rabbin de New York, David Dalin, déclare que Pie XII était injustement attaqué alors qu’il peut être considéré comme “un juste”, aux yeux des Juifs. « Il fut un grand ami des Juifs et mérite d’être proclamé “Juste parmi les Nations” parce qu’il a sauvé beaucoup de mes coreligionnaires, bien plus même que Schindler… Selon certaines statistiques, au moins 800.000". Il rend hommage à l’écrivain Antonio GASPARI pour son ouvrage "Les juifs sauvés par Pie XII" et rappelle qu’"au cours des mois où Rome a été occupée par les nazis, Pie XII a donné pour instruction au clergé de sauver des juifs par tous les moyens". Lorsqu’on a remis au cardinal Palazzini la médaille des "justes" pour avoir sauvé des juifs, il affirmait : "le mérite en revient entièrement à Pie XII" ». Le Grand Rabbin Dalin conclut : « Jamais un pape n’a été autant félicité par les Juifs. Immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale et durant les années qui ont suivi, des centaines de manifestations d’estime envers Pie XII ont été apportées à son égard de la part des plus hautes autorités d’Israël depuis Mme Golda Meir et le Grand Rabbin de Jérusalem, jusqu’au Grand Rabbin de Rome, Elio Toaff » (Interview au Weekly Standard).

• 13 Octobre 2008 : Plusieurs Juifs italiens témoignent devant les caméras avoir été sauvés par des membres de l'Eglise, avec le soutien de Pie XII, lors des persécutions nazies. Parmi eux, Emanuele Pacifici, le fils de Riccardo Pacifici, rabbin de Gênes durant la guerre.
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Lun 07 Déc 2009, 11:15

« L’Église catholique a été la seule à protester contre les assauts
hitlériens portés à la liberté. Jusqu’alors, je n’avais pris aucun
intérêt pour elle, mais aujourd’hui j’éprouve une grande admiration
pour l’Eglise, qui seule a eu le courage de se battre pour la vérité
spirituelle et la liberté morale.
»
Albert Einstein

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"Les désastres nous enseignent l'humilité" Saint Anselme de Canterbury
« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. » Frédéric Bastiat
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Lun 07 Déc 2009, 12:15

Oui, Albert Einstein et tant d'autres ont salué l'oeuvre grandiose du Pape Pie XII pendant la guerre :
ma page "facebook" consacrée à Pie XII : http://www.facebook.com/#/profile.php?ref=name&id=1450922013
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Lun 07 Déc 2009, 17:44

Un jour, Pie XII sera reconnu comme "Juste parmi les nations", mais pour ce faire, il faut faire connaître la vérité.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Jeu 21 Jan 2010, 22:13

Citation :
Bernard-Henri Lévy dénonce une désinformation sur Benoît XVI et Pie XII

ROME, Jeudi 21 Janvier 2010 (ZENIT.org) - L'écrivain et journaliste français Bernard-Henri Lévy a dénoncé « la mauvaise foi » et « la désinformation » relayées par les médias français sur Benoît XVI et Pie XII, les qualifiant de « boucs émissaires ».

C'est ce qu'il a affirmé dans un article paru dans le quotidien italien Il Corriere della Sera le 20 janvier et repris le lendemain par L'Osservatore Romano.

Après la visite de Benoît XVI à la synagogue de Rome et « alors que l'événement est encore chaud », Bernard-Henri Lévy a souhaité « mettre quelques points sur les ‘i' ».

« Il faudrait en finir avec la mauvaise foi, le parti pris et, pour tout dire, la désinformation dès qu'il s'agit de Benoît XVI », déplore-t-il. « Depuis son élection, on a intenté un procès à son ultra-conservatisme, repris continuellement par les médias (comme si un pape pouvait être autre chose que conservateur) ». « On a insisté avec des sous-entendus, si ce n'est avec des plaisanteries lourdes, sur ‘le pape allemand', sur ‘le post-nazi' en soutane, sur celui que l'émission satirique française ‘Les Guignols' n'a pas hésité à surnommer ‘Adolphe II' ».

A l'occasion de la visite de Benoît XVI à la synagogue de Rome, les médias n'ont pas attendu « que le pape passe le Tibre pour annoncer, urbi et orbi, qu'il n'avait pas su trouver les mots qu'il fallait dire, ni accomplir les gestes qu'il fallait faire, et qu'il avait donc manqué son objectif... », a encore ajouté l'écrivain français.

Dans cet article, Bernard-Henri Lévy s'est aussi arrêté sur les polémiques autour de la figure de Pie XII.

Il a rappelé que Rolf Hochhuth, l'auteur de la pièce de théâtre Le vicaire, qui « lança en 1963 la polémique sur les ‘silences de Pie XII' », est « un négationniste patenté, condamné plusieurs fois comme tel et dont la dernière provocation, il y a 5 ans, fut de prendre la défense, dans une interview à l'hebdomadaire d'extrême droite Junge Freiheit, de celui qui nia l'existence des chambres à gaz, David Irving ».

Bernard-Henri Lévy a aussi rappelé qu'en 1937, « le terrible Pie XII, quand il n'était encore que le cardinal Pacelli, fut co-auteur avec Pie XI de l'encyclique Mit brennender Sorge, qui continue aujourd'hui encore à être un des manifestes anti-nazis les plus fermes et les plus éloquents ».

« Avant d'opter pour l'action clandestine, avant d'ouvrir, sans le dire, ses couvents aux juifs de Rome traqués par les fascistes, le silencieux Pie XII prononça quelques allocutions radiophoniques (par ex. à Noël 1941 et 1942) qui lui valurent après sa mort, l'hommage de Golda Meir : ‘pendant les dix années de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyre effroyable, la voix du Pape s'est élevée pour condamner les bourreaux' », a-t-il encore ajouté.

« On s'étonnera surtout que, dans le silence assourdissant qui marqua le monde entier lors de la Shoah, on fasse porter tout le poids, ou presque, à celui qui, parmi les dirigeants d'alors : a) n'avait ni canons ni avions à disposition ; b) ne ménagea pas ses efforts pour partager, avec ceux qui avait des avions et des canons des informations dont il avait connaissance ; c) sauva en personne, à Rome et ailleurs, un très grand nombre de ceux dont il avait la responsabilité morale », a poursuivi Bernard-Henri Lévy.

« Pie et Benoît : on peut être papes et boucs émissaires ».

Marine Soreau

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Arnaud
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Philomène



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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Jeu 21 Jan 2010, 22:26

Le journaliste Eric Zemmour fait également un excellent commentaire sur Le Pape Pie XII :
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Jeu 21 Jan 2010, 22:27

thumleft Thumright

Bernard-Henri Lévy, est souvent pénible à écouter, mais il dit parfois des choses très vraies et très justes.

thumleft Thumright
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Jeu 21 Jan 2010, 22:32

Excellent résumé historique et analyse d'Éric Zemmour.
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Vincent01



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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Ven 22 Jan 2010, 17:27

Si il fallait écouter le monde, on ne serait pas souvent dans la vérité.

C'est bien Dieu qu'il faut écouter, car lui seul est vérité. Il est trompeur, de penser que notre raison étant pourtant légitime résulte de la vérité, c'est bien trop facile comme raisonnement ! ;)
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Dim 24 Jan 2010, 23:30

Pie XII : un homme à redécouvrir

De Rome, Dominique Rimaz

Le 24 janvier 2010 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Andrea Tornielli est l’un des vaticanistes les plus connus de la planète catholique. Ce journaliste qui vit à Milan et à Rome suit l’actualité du Saint-Siège pour « Il Giornale » et a aussi une forte audience internationale grâce à son blog (tornielli)). Il a publié - en italien et un français - une biographie de Pie XII très complète. Cette étude est d’autant plus actuelle que la décision de Benoît XVI de lancer le processus de béatification de Pie XII a ressuscité une polémique sur l’attitude de ce pape durant la Seconde guerre mondiale.

Les travaux sur les archives vaticanes réalisés par le Père jésuite Pierre Blet sont connus. Mais est-ce que, d’après-vous, avant la proclamation des vertus héroïques de Pie XII, le Saint Siège et Benoît XVI ont fait une enquête historique approfondie des archives secrètes ?

Oui, il est certain que le Saint Siège a fait une étude historique approfondie. En 2007, lorsque la Congrégation pour la cause des saints avait donné son assentiment, à l’unanimité, le Pape avait décidé de prendre du temps. Il n’a donc pas publié à l’époque le décret. Benoît XVI a fait faire une nouvelle enquête sur le document de la « positio » sur les vertus et également sur les archives de la Secrétairerie d’Etat. Donc il a été fait une enquête historique très soignée et approfondie. De ces archives, non seulement il ne ressort rien contre Pie XII, mais il en résulte davantage d’aspects positifs. C’est la raison pour laquelle Benoît XVI a récemment promulgué ce décret.

Pour l’écriture de votre biographie sur Pie XII, vous avez eu accès aux archives du frère d’Eugenio Pacelli. Quelles furent vos découvertes ?

La première nouveauté, qui n’est peut-être pas très grande mais qui peut tout de même l’être, est le côté humain de la figure d’Eugenio Pacelli. Pie XII fut un homme qui s’est totalement identifié à son rôle de prêtre, diplomate, nonce puis enfin Pape. Il mettait totalement de côté sa propre personne en étant parfaitement dédié à son institution. Les biographies précédentes n’avaient pas d’éléments concrets et historiques pour raconter la figure de l’homme Pacelli.

Par contre, des archives familiales, très importantes, qui sont surtout constituées par les lettres intimes échangées avec son frère, il ressort par exemple que Pacelli ne voulait pas devenir cardinal. Il aurait souhaité un diocèse. Ensuite, dès le début, il a parfaitement compris le grand danger du nazisme. Il y a des lettres qui font apparaître cette peur. Pacelli pense la même chose, que cela soit en privé ou lorsqu’il s’adresse à ses supérieurs. Car il y a des lettres, par exemple à la Secrétairerie d’Etat, où il définit le national-socialisme comme l’hérésie la plus dangereuse de son époque. Il a aussi dénoncé les débuts du nazisme en tant que nonce à Munich, en Bavière. Cela est donc très intéressant.

« le national-socialisme est l'hérésie

la plus dangereuse de notre époque »

lettre d'Eugenio Pacelli

Ensuite, après la publication du livre, dans les archives du Cardinal Tisserant, que j’ai consultées pour la biographie du Pape Paul VI, j’ai trouvé par hasard un document capital : une lettre que Pacelli envoie au nonce en Pologne, à la demande du Cardinal Tisserant, en faveur des juifs. Durant les années 30, la Pologne voulait introduire une loi qui tentait de prohiber l’abatage rituel des animaux selon les rites hébreux. Il était donc question d’une discrimination et pas tant de persécution. Pourtant Pacelli écrit à la demande du Cardinal Tisserant et intervient immédiatement auprès du nonce. Il dit aussi qu’il faudra protester si cette loi venait à passer. De la lecture de ces lettres, il ressort que Pacelli n’avait, de façon absolue, aucun sentiment anti-juif.

Il est pourtant avéré historiquement que lorsque Pacelli deviendra Pape, il ne parlera pas publiquement contre l’extermination des juifs. Comment expliquez-vous ce silence ?

Avant de parler de silence, il convient de parler de ce que le Pape a dit. Le Pape a fait beaucoup d’interventions publiques. Il faut savoir que les Papes, à l’époque, ne parlaient pas autant qu’aujourd’hui. Les Papes ne parlaient que très rarement. Il a parlé lors de ses radios messages qui faisaient le tour du monde. En 1940, Pie XII affirme publiquement: “il est pour nous d’un grand réconfort d’avoir pu assister (avec notre argent) les persécutés, également parmi des « non-ariens ». A cette époque, dire « non-ariens » signifiait juifs. Cela était compris par tous. Si, en 1940, Pie XII dit publiquement être heureux d’avoir pu aider les juifs quel est le message qu’il veut donner à l’Eglise ? Que les juifs doivent être aidés ou non ? Il est clair que le oui l’emporte. Et il le dit publiquement.

Egalement en 1942, dans le fameux radio Message de Noël, il parle « des centaines de milliers de personnes qui sans faute de leur part, seulement pour raison de nationalité ou de race (« stirpe » en italien) sont déportés dans des camps de concentration et tués ». Cela aussi, à l’époque, était bien compris.

C’est historiquement avéré qu’après ce message de 1942 il n’y eut plus d’appel public contre la déportation des Juifs. Il faut se poser la question du pourquoi ? Il est plus facile de juger après coup. Premièrement, cherchons la motivation même que le Pape veut donner. En juin 1943, parlant au Sacré Collège des cardinaux, il dit textuellement: « chaque parole adressée par nous aux autorités compétentes, doit être soigneusement pondérée, afin de ne pas rendre, même sans le vouloir, encore plus difficile la condition des persécutés ». Il demande de la prudence dans les paroles pour ne pas aggraver la situation. Puis il est irréfutable et historiquement documenté qu’il y eut tout un réseau d’aide aux Juifs, également à travers les nonciatures apostoliques. L’unique diplomate qui restera jusqu’à la fin de la guerre à Berlin avec l’ambassade ouverte fut le nonce apostolique. Pie XII a cherché à ouvrir tous les canaux possibles. Sa prudence dans les paroles a permis à ce réseau d’aide de fonctionner. Ce sont des faits.

« chaque parole adressée par nous aux autorités compétentes,

doit être soigneusement pondérée, afin de ne pas rendre,

même sans le vouloir, encore plus difficile la condition des persécutés »

Pie XII

Ensuite, on peut juger avec la sensibilité d’aujourd’hui et avec les données en notre possession de ce que fut vraiment l’horreur de la Shoah. Alors, certes il aurait peut-être fallu un geste prophétique avec des paroles. Mais il faut se souvenir que nous n’avons pas vécu dans les années de ce régime dictatorial. Les persécutés ne demandaient pas tant des appels publics que des aides concrètes. Enfin, il y eut le cas emblématique des déportations en Hollande, qui ont montré au Pape que les appels publics des évêques contre la déportation, non seulement n’arrêtaient pas la déportation, mais que celle-ci continuait d’une manière bien pire qu’avant. Car les nazis ne raflèrent pas seulement les juifs, mais aussi les juifs convertis au catholicisme. Edith Stein fut arrêtée à cette occasion et déportée à Auschwitz.

Aussi, cela nous permet de comprendre que Pie XII a bien ses raisons pour être prudent dans ses prises de paroles.

Dans votre livre vous écrivez que les limites de Pie XII sont aussi celles de son époque. Quelles furent ces limites ?

Je pense en effet qu’il y a des limites pour cette époque. Une confiance sans doute excessive dans la possibilité des rapports diplomatiques. Une trop grande confiance aussi dans les concordats, bien que la politique des concordats provienne non de Pie XII, mais de Pie XI. Il faut donc quelque peu diluer les responsabilités. Ne pas tout centrer sur le seul Pie XII.

Peut-être que la limite majeure fut le manque de prise de conscience, à cette époque, de la spécificité et des dimensions dramatiques de l’holocauste juif. A cette époque, on ne savait pas tout et le conflit était mondial, il a fait tout de même plus de 50 millions de morts. La limite fut donc, peut-être, de ne pas avoir compris l’énormité de la Shoah, limite qui n’est pas que celle de Pie XII, mais de tous.

Pourriez-vous nous dresser un portrait de Pie XII, les points saillants de son long pontificat ?

Je crois que fixer le débat uniquement sur le drame des Juifs fait perdre quelque peu une vue d’ensemble de la grandeur de ce pontificat. Cela donne une fausse vision. On présente Pie XII comme le dernier représentant d’une Eglise hiératique, hiérarchique et attachée au passé.

En réalité, Pie XII, dans son Magistère, est un Pape qui regarde plus vers le futur que vers le passé. Quelques faits : c’est le Pape le plus cité dans tous les documents du Concile Vatican II, qui débute la réforme liturgique avec l’encyclique « Mediator Dei » et qui réforme la Semaine Sainte en 1954. Pie XII institue une commission qui travaille sur la liturgie. Bunigni travaille déjà sous Pie XII, avec le préfet des rites le Cardinal Cicognani. Si le Concile a pu travailler et approuver la première constitution sur la liturgie « Sacrosanctum Concilium» cela est dû au travail préparatoire qui a commencé avec Pie XII. C’est ensuite le premier Pape, dans une Encyclique « Humanae Generis » qui s’ouvre à l’hypothèse de l’évolution, bien qu’elle reste une hypothèse, sans vouloir la présenter comme la vérité absolue. Pie XII est le Pape qui se prononce, contre l’avis du Saint Office, pour la voie des méthodes naturelles pour la paternité responsable.

C’est le Pape qui a béatifié et canonisé le plus grand pourcentage de femmes, en tenant compte du nombre total. Wojtilà est certes celui qui de façon absolue a béatifié et canonisé le plus, encore plus que tous ces prédécesseurs. Mais si nous regardons les pourcentages, entre Pie XII et Jean Paul II, Pie XII gagne encore car il a promu plus de femmes. Puis pensons à tous les discours adressés à toutes les catégories de personnes, aux hommes de la science, aux médecins, aux obstétriciens… Encore aujourd’hui, la Congrégation pour la doctrine de la foi, il n’y a de cela qu’un an et demi, devant prendre des décisions ou répondre à des questions fondamentales, cite et se base sur la Magistère de Pie XII, un Pape qui a parlé à toutes les catégories de professions. Il se préparait de façon incroyable. Si le Pape devait faire une conférence lors d’un congrès de physiciens, il voulait avoir un mois à l’avance, 10 à 15 livres avec lui. Il voulait tenir compte de l’état réel des discussions, des modèles, et ne voulait certes non pas pour parler comme un physicien. Il se préparait de façon minutieuse. Tous ces discours sont de ce point de vue des vrais chefs d’œuvres.

Pensez-vous que Jean Paul II aide Pie XII pour la béatification ?

Il faut savoir que la cause de béatification de Pie XII fut introduite par Paul VI, qui n’est pas un Pape traditionaliste ou pré conciliaire. Je pense que la cause de béatification aide, pour prendre une comparaison, comme pour celle de Pie IX advenue en 2000 avec Jean XXIII. Ils furent béatifiés ensemble et le même jour. Je ne sais pas du tout s’ils seront béatifiés ensemble. Mais cela me semble difficile. Il manque du temps. Alors que pour Wojtilà il existe déjà le miracle, pour Pie XII, il y a aussi un miracle, mais le travail n’est pas encore fait. Je verrais aussi difficile de béatifier les deux Papes en sachant que la date du 16 octobre toucha le ghetto de Rome en 1943. Il faut être prudent sur les coïncidences des dates. Le Saint Siège fit une erreur en béatifiant une foule de martyrs chinois le jour même de la fête nationale chinoise. Cela a conduit à des problèmes diplomatiques. Je ne sais donc rien sur la béatification conjointe. Mais par contre, je sais que pour Jean Paul II, les archives n’ont pas toutes été consultées, car il s’agit de milliers et de milliers de documents. Faire avancer ensemble les causes permet surtout de comprendre l’herméneutique de la continuité, la Réforme dans la continuité, qui est l’idée forte que Benoît XVI veut donner à toute l’Eglise, comme lecture du Concile et comme lecture générale de l’histoire de l’Eglise.

Ceci dit, je pense qu’il y a aussi un risque de faire tant de Papes bienheureux. Les gens peuvent penser : mais qu’ont fait Benoît XV et Pie XI de mal pour ne pas être bienheureux ? La béatification et la canonisation consistent à présenter aux fidèles des modèles, les faire connaître, les mettre sur les autels pour dire : « Regardez, ils sont des exemples de sainteté ». Les Papes, par leur charge et leur service, sont déjà sur un piédestal. Ils sont connus. Il y a donc des risques. Cela peut induire l’idée que l’institution se béatifie elle-même, en béatifiant ses chefs. Ces trois limites doivent être présentes, surtout pour le futur. Les procès qui ont déjà commencé, pour une question de justice, doivent se poursuivre. Toutefois, il existe une question de fond.

La salle de presse, sans doute pour adoucir la décision de Benoît XVI, a parlé d’un jugement plus spirituel sur Pie XII qui n’implique pas nécessairement l’histoire. N’y-a-t-il pas un risque de faire de Pie XII un être désincarné, avec une sainteté qui sort des actes posés dans l’histoire et dans le temps ?

Cette note n’est pas officielle car la salle de presse ne l’a pas publiée dans son bulletin. Elle fut diffusée dans l’Osservatore Romano et sur Radio Vatican. La clef de lecture de cette déclaration permet de dire qu’elle a été faite pour rendre possible la visite du Pape à la synagogue. C’est en fait une citation de Jean Paul II, qui lors de l’homélie de septembre 2000*, à l’occasion de la béatification de Pie IX et de Jean XIII, fit comprendre que, malgré les fortes polémiques autour de l’Unité italienne et du Risorgimento, lorsque l’Eglise béatifie une personne, elle ne béatifie pas pour autant tous les actes historiques.

Le Père Lombardi et le Saint Siège ont voulu rappeler que si on béatifie Pie XII, cela ne signifie pas clore le débat historique, qui doit continuer. Il permettra d’évaluer et de découvrir encore d’autres choses. Par ce décret, Benoît XVI dit que Pie XII s’est comporté selon l’Evangile, a pratiqué les vertus héroïques, avec au sommet la vertu de la Charité. Il y a donc bien un jugement historique. Les choix historiques peuvent être aussi jugés par l’histoire et comporter certaines erreurs pour la mentalité des générations suivantes. Mais ces choix ont été faits en conscience en pensant toujours vouloir accomplir le bien soit de l’Eglise, soit des persécutés. Pie XII a agi en étant convaincu d’adhérer à l’Evangile. On pourra toujours discuter sur les conséquences historiques, d’une manière ou d’une autre. Le fait d’être arrivé au décret signifie que l’Eglise n’a pas de doute sur Pie XII. Elle n’en a pas non plus sur le plan historique. Ceci dit, cela ne signifie en aucun cas mettre un terme au débat historique.

***********

"La sainteté vit dans l'histoire et aucun saint n'échappe aux limites et aux conditionnements propres à notre humanité.

En béatifiant l'un de ses fils, l'Eglise ne célèbre pas les choix historiques particuliers qu'il a pris, mais elle l'indique plutôt comme devant être imité et vénéré pour ses vertus, comme une louange à la grâce divine qui resplendit en celles-ci".

Homélie de Jean Paul II, septembre 2000, béatification de Pie IX et Jean XXIII


Article paru dans Le Nouvelliste

(Andrea Tornielli, Pie XII, Biographie, Ed. du Jubilé Tempora, 807 pages)

http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=2401105_pie_xii
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Lun 25 Jan 2010, 10:18

Dans la revue "La Parrocchia", selon un témoignage de Don Piero Scavezzi, aumônier militaire, le Pape lui aurait confié lors d’une audience à son retour du front russe :
« De très pressantes recommandations nous sont parvenues afin que le Saint-Siège n’assume pas une attitude catégorique. Après bien des alarmes et bien des prières, j’ai jugé qu’une protestation de ma part, non seulement n’aurait bénéficié à personne, mais aurait provoqué les réactions les plus féroces contre les Juifs et multiplié les actes de cruauté, parce que ceux-ci sont sans défense. Peut-être, ajouta Pie XII, une protestation solennelle de ma part m’aurait apporté les louanges du monde civilisé, mais elle aurait valu aux malheureux Juifs une persécution encore plus implacable que celle dont ils souffrent. J’aime les Hébreux, c’est justement parmi eux, peuple élu, qu’est venu naître le Rédempteur. »
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Lun 25 Jan 2010, 11:02

Article de jean Sevilla


Des dizaines de milliers de Juifs sauvés par Pie XII :

«Amen dénonce l’attitude du Vatican qui, trahissant ses idéaux et sa mission, ne leva pas le petit doigt pour sauver les Juifs exterminés
dans les camps nazis». C’est toujours le même hebdomadaire de gauche, analysant le film de Costa-Gavras, qui porte ce jugement péremptoire.
Mais où sont les preuves?
Le 25 septembre 1928, Pie XI étant pape, un décret du Saint-Office a désavoué l’antisémitisme: «De même que le Siège apostolique
réprouve tous sentiments d’envie et de jalousie parmi les peuples, de même il condamne tout particulièrement la haine contre le peuple jadis
élu de Dieu et notamment cette haine que l’on a l’habitude de désigner par le mot antisémitisme». En 1937, l’encyclique Mit brennender
Sorge a fustigé le racisme: «Ne croit pas en Dieu celui qui prend la race, ou le peuple, ou l’État, ou les dépositarires du pouvoir, ou
toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine et les divinise par un culte idolâtrique». En avril 1938, les instituts catholiques
du monde entier ont reçu une lettre des Congrégations romaines des séminaires et universités manifestant la même réprobation
du racisme. En juin de cette année 1938, un jésuite américain, le père LaFarge, a travaillé, à la demande de Pie XI, sur un texte réaffirmant
l’unité du genre humain, texte qui aurait pu servir d’ébauche à une encyclique contre le racisme. Toujours en 1938, le 29 juillet, lors d’une allocution devant les élèves du Collège de la propagation de la foi, Pie XI a réitéré l’enseignement de l’Église: «Le genre humain n’est qu’une seule et universelle race». Le 6 septembre 1938, devant un groupe de pèlerins belges, le pape a tenu ce discours:
«Par le Christ et dans le Christ, nous sommes de la descendance spirituelle d’Abraham. Non, il n’est pas possible de participer
à l’antisémitisme. L’antisémitisme est inadmissible. Nous sommes spirituellement des sémites».

Le cardinal Pacelli a été pendant près de dix ans le plus proche collaborateur de Pie XI, lequel l’avait préparé à lui succéder. Par
quel mystère Pie XII aurait-il eu, au sujet du racisme, une pensée différente de celle de Pie XI? Le 6 mars 1939, à peine élu, il fait diffuser
par le Saint-Office un avertissement dénonçant la politique antisémite de Mussolini. Le 20 octobre 1939, il publie sa première encyclique,
Summi Pontificatus, écrite au moment où la Pologne subit le martyre. À cette occasion, Pie XII défend une doctrine anti-totalitaire
et antiraciste, récusant la divinisation de 1’État et proclamant l’égalité de tous les hommes et de toutes les races devant Dieu. La Gestapo fait interdire l’impression de cette encyclique en Allemagne: elle comprend où est son adversaire. Le 9 novembre 1939, un journal juif de Cincinatti, American Israelite, ne se trompe pas non plus: «En condamnant le totalitarisme, Pie XII a confirmé l’égalité fondamentale
des hommes. Cette encyclique souligne l’inviolabilité de la personne humaine et son caractère sacré».

Avant la guerre, il existe encore quelques possibilités pour les Juifs de quitter l’Allemagne. L’édition des Actes et Documents du
Saint-Siège montre comment le pape, en collaboration avec l’Association catholique allemande Saint-Gabriel, s’efforce d’obtenir des visas
d’immigration dans les pays neutres d’Europe, en Amérique du Nord ou en Amérique latine. Son initiative concerne les catholiques d’origine
juive, mais ceux-ci, considérés comme juifs par la législation nazie, sont tout aussi menacés que les autres. À peu près partout, la diplomatie
vaticane se heurte à des refus, arrachant péniblement trois mille visas au Brésil.

Après l’adoption du second statut des Juifs par l’État français ( juin 1941), le maréchal Pétain charge son représentant au Vatican de
s’enquérir de l’opinion du Saint-Siège sur cette législation. Le 2 septembre 1941, Léon Bérard rend son rapport. Convenant que, sur un
point, la loi se réfère expressément à la notion de “race”, dans la mesure où un Juif converti sera considéré comme juif s’il est issu «d’au
moins trois grands-parents de race juive», l’ambassadeur est contraint de faire une concession: «Là, il faut le reconnaître, il y a contradiction entre la loi française et la doctrine de l’Église». Mais c’est pour conclure par cette impression générale : «Comme quelqu’un d’autorisé me l’a dit au Vatican, il ne nous sera intenté nulle querelle pour le statut des Juifs».

En réalité, pour effectuer son enquête, Bérard n’a eu de contactni avec Pie XII ni avec le cardinal Maglione, mais avec Mgr Montini (le
futur Paul VI) et Mgr Tardini, tous deux substituts à la secrétairerie d’État. Or le père de Lubac a démontré que leur jugement ne correspondait
pas à ce qu’en a dit l’ambassadeur, qui a interprété les propos de ses interlocuteurs. Les Actes et Documents du Saint-Siège confirment
l’opposition de Rome à la législation antisémite française, opposition exprimée à maintes reprises par le nonce, Mgr Valerio Valeri.

Au cours d’une réception donnée à Vichy, au milieu du mois de septembre 1941, Pétain, s’adressant au nonce, lui dit avoir reçu la
lettre de Bérard relative à la législation raciale. Le Vatican, affirme le Maréchal, «tout en trouvant quelques dispositions dures et un peu inhumaines, n’avait pas, dans l’ensemble, d’observations à faire». Ce que répondit Mgr Valeri, nous le savons par la lettre qu’il a ensuite
envoyée au cardinal Maglione: «Je réagis assez vivement, déclarant que le Saint-Siège avait déjà manifesté ses idées sur le racisme, qui est
à la base de toutes les dispositions prises vis-à-vis des Juifs. Je relevai les graves inconvénients que fait surgir du point de vue religieux la législation actuellement en vigueur». Le 31 octobre 1941, le secrétaire d’État de Pie XII approuve Valeri, exprimant l’espoir que les interventions conjuguées du cardinal Gerlier de Lyon et du nonce conduiraient à adoucir l’application de la «malencontreuse loi».
Nous possédons un autre témoignage, celui de l’ambassadeur du Portugal à Vichy, Caerio da Nata, reçu en audience par le maréchal
Pétain, le 16 septembre 1941, en même temps que Mgr Valeri. Ce jour-là, au nom de Pie XII, le nonce réprouve vivement la législation
antisémite: «Le pape est absolument opposé aux mesures iniques qui ont été prises. Et je demande la permission au héros de Verdun de poser
la question de savoir si beaucoup de soldats qui sont morts glorieusement pour la France n’étaient pas juifs, et s’il est sûr que le soldat inconnu qui repose sous l’Arc de triomphe n’était pas juif».
..
Toujours selon les archives du Vatican, quand les Juifs commencent à être raflés en France, en 1942, le nonce juge la lettre de protestation
envoyée par le cardinal-archevêque Suhard “assez platonique”.
À partir de cette phase aiguë de la persécution, les interventions de Mgr Valeri – qui suit les directives de Pie XII – sont nombreuses.
Le Saint-Siège exerce notamment une action décisive en vue de sauver des enfants juifs de la déportation. Le 11 octobre 1942, le
délégué apostolique dans l’État d’Orange, en Afrique du Sud, informe le Vatican que «cinquante-neuf députés réunis de la communauté
juive avaient pris acte avec estime de la vigoureuse résistance opposée par le Saint-Siège à l’extradition des Juifs réfugiés en France».
Le père Blet en tire cette évidente conclusion: «Le nonce en France
Quelle est la destination des déportés? Selon Laval, la Pologne où les Allemands pensent créer «une espèce de maison mère»... Coupable
incuriosité. Mais on retrouve ici l’interrogation abordée au chapitre précédent. Que sait-on, pendant la guerre, de la réalité de la déportation?
Et que sait Pie XII?
Au printemps 1942, via les nonciatures de Suisse et de Slovaquie, les premières informations parviennent au Vatican, faisant état de
massacres systématiques des Juifs d’Europe de l’Est. Cependant, ce ne sont que des rumeurs sans preuves, si énormes qu’elles sont difficilement crédibles. En août 1942, Mgr Cheptytskyi, métropolite grec catholique d’Ukraine, livre à son tour des renseignements sur les violences commises contre les Juifs. À l’été 1941, comme nombre de ses compatriotes, il avait perçu l’arrivée de la Wehrmacht comme une délivrance du communisme. «Saluons l’armée allemande victorieuse qui nous a libérés de l’ennemi», écrivait-il à Pie XII le 1er juillet 1941. Un
an plus tard, le prélat a déchanté. Le 29 août 1942, il s’adresse au pape: «Aujourd’hui, tout le pays est d’accord pour penser que le régime
allemand est mauvais à un degré peut-être plus élevé que le régime bolchevique. Il est presque diabolique».

À la même époque, via la Suisse, Roosevelt a également reçu des informations. Par le canal de son ambassadeur au Vatican, le président
américain les communique au pape. Néanmoins, restant parcellaires, ces éléments ne trahissent pas l’existence d’un génocide organisé.
En juillet 1948, in capucin français, le père Marie Benoît, arrive à Rome, porteur d’un mémoire sur le camp d’Auschwitz, rédigé à partir
d’indices recueillis dans les milieux juifs. Le centre de déportation y est présenté comme un camp de travail: «Le moral parmi les déportés
est généralement bon, ils ont confiance dans l’avenir». Le 27 octobre 1943, après la rafle des Juifs de Rome, l’adjoint du grand rabbin écrit
à Pie XII en le priant d’intervenir afin que des vêtements chauds soient envoyés aux déportés! Si le nonce en Slovaquie, Mgr Burzio, recueille,
en mai 1944, le témoignage de deux détenus qui se sont échappés d’Auschwitz, ce n’est qu’en octobre 1944 que son rapport parvient
à Rome. C’est donc très tard, comme les Alliés, que le pape découvrira l’abominable vérité du système concentrationnaire nazi.
Cependant, informé progressivement et informé partiellement, Pie XII, contrairement au portrait brossé de lui dans Amen, ne reste pas inerte. Mais il réagit en fonction de deux paramètres. En premier lieu, on l’oublie trop, quelles que soient ses préférences personnelles, il incarne une autorité spirituelle dont la vocation n’est pas de départager les belligérants: même au plus fort du conflit, pasteur universel, il est aussi le pape des catholiques allemands des pays alliés au Reich.

En second lieu, Pie XII a effectué toute sa carrière ecclésiastique dans la diplomatie vaticane. Diplomate de formation, diplomate de tempérament, il privilégie les voies de l’action discrète, voire secrète. La discrétion, toutefois, n’oblige pas toujours au silence. En dépit
de la légende noire fabriquée par certains, le pape a parlé. Lors de son message de Noël 1942, Pie XII dénonce toutes les cruautés du conflit en cours, évoquant «les centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute propre, parfois uniquement en raison de leur nationalité ou de leur race, sont destinées à la mort ou au dépérissement». Le terme “race” est bien là, et il veut dire ce qu’il veut dire.
Si le pape n’a pas employé le mot “juif”, c’est exprès, s’étant concerté avec Myron Taylor, le représentant de Roosevelt. Mais les services
secrets du Reich ne sont pas dupes. Dans un rapport adressé à Hitler, Heydrich, le chef de la Gestapo, estime que la déclaration papale est
«dirigée contre le nouvel ordre européen représenté par le nationalsocialisme.

Pie XII accuse virtuellement le peuple allemand d’injustice envers les Juifs. Il s’est fait l’allié et l’ami des Juifs. Il défend donc notre pire ennemi politique, les gens qui veulent détruire le peuple allemand».
Ribbentrop, le ministre des Affaires étrangères du Reich, ordonne d’ailleurs à son ambassadeur au Vatican de protester contre cette rupture de «la traditionnelle attitude de neutralité», lui demandant de faire savoir que l’Allemagne ne manque pas «de moyens physiques
de représailles».

Dans le film de Costa-Gavras, non seulement le message de Noël 1942 est tronqué (le passage cité plus haut n’y figure pas, alors qu’il
est essentiel), mais l’affaire est présentée comme si tous les catholiques d’Europe avaient été à l’écoute de la radio, le 24 décembre au soir, suggérant notamment qu’un coup d’éclat aurait réveillé les consciences allemandes. C’est un pur anachronisme. Pendant la guerre, Radio-Vatican est un émetteur de faible puissance, facile à brouiller. Il dépend du courant électrique que lui livre l’État italien, qui le lui a d’ailleurs coupé pour des incidents mineurs. Dans le Reich, il est interdit de l’écouter, comme toutes les radios étrangères, sous peine de sanctions allant jusqu’à la peine capitale. Le message de Noël, au demeurant, a eté lu en italien, et ce ne sont pas les quotidiens du lendemain qui l’auraient traduit.

Ceux qui dénoncent les silences de Pie XII raisonnent comme si l’Europe de 1942 avait vécu avec un système d’information libre et
ouvert comme aujourd’hui, où l’on peut entendre le pape au journal télévisé de 20 heures. Ce n’était vraiment pas le cas. Dans un continent
quadrillé dans sa quasi-totalité par les troupes allemandes, la censure sévissait à tous les niveaux – journaux, radio, courrier –, les moyens de communication, du fait des restrictions et de l’état de guerre, demeurant qui plus est réduits. «Le champ d’action du pape était limité, concède John Cornwell. On interceptait les télégrammes et messages adressés aux nonces du monde entier. On pouvait empêcher son journal [L’Osservatore Romano] de sortir du Vatican, brouiller sa radio, détruire ou falsifier une encyclique destinée à l’Allemagne».

“Représailles”. La menace brandie par Ribbentrop fournit la clé du comportement de Pie XII. Le pape a en tête l’exemple de la Hollande.
Aux Pays-Bas, occupés depuis mai 1940 par la Wehrmacht, la déportation systématique des Juifs a débuté, comme dans toute l’Europe
de l’Ouest, au printemps 1942. Le 26 juillet 1942, avec le synodede l’Eglise réformée, l’épiscopat catholique a publié une véhémente protestation, texte lu dans toutes les églises et les temples du pays. Dès le 2 août, les Allemands ont répliqué en raflant dans les couvents
tous les religieux et religieuses d’origine juive (c’est ansi que la carmélite Édith Stein, canonisée par Jean-Paul II, sera déportée à Auschwitz).
Puis ils ont accélére le rythme des déportations. «Il n’est pas dans mon pouvoir de freiner les actes criminels insensés des nazis», écrit Pie XII dans son journal intime. Sa correspondance avec les évêques allemands, dont certains sont des amis personnels, montre ses déchirements intérieurs. Que faire? Ne pas parler, mais paraître indifférent? Parler, mais en prenant le risque d’aggraver le sort des victimes? «Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place, écrit Pie XII à Mgr von Preysing, le 30 avril 1943, le soin d’appréciersi, et en quelle mesure, le danger de représailles et de pressions, ainsi que peut-être d’autres circonstances dues à la longueur età la psychologie de la guerre, conseillent la réserve – malgré les raisons qu’il y aurait d’intervenir – afin d’éviter des maux plus grands. C’est l’un des motifs pour lesquels nous-même nous nous imposons des limites dans nos déclarations». Devant le consistoire, le 2 juin 1943, le pape dénonce les «contraintes exterminatrices» qui planent sur l’Europe, mais précise: «Toute parole de notre part, adressée à ce propos aux autorités compétentes, toute allusion publique doivent être considérées et pesées avec un sérieux profond, dans l’intérêt de ceux mêmes qui souffrent, de façon à ne rendre leur position encore plus difficile et plus intolérable qu’auparavant, même par inadvertance et sans le vouloir».

Recevant don Piero Scavezzi, un aumônier militaire italien, Pie XII lui livre cet aveu: «Après bien des alarmes et des prières, j’ai jugé
qu’une protestation de ma part, non seulement n’aurait bénéficié à personne, mais aurait provoqué les réactions les plus féroces contre
les juifs et multiplié les actes de cruauté. Peut-être une protestation solennelle m’aurait apporté les louanges du monde civilisé, mais elle
aurait valu aux malheureux juifs une persécution encore plus implacable que celle dont ils souffrent. J’aime les Hébreux, c’est justement
parmi eux, le Peuple élu, qu’est venu naître le Rédempteur».

Durant le conflit, les trois quarts du clergé polonais ont été soit internés, soit mis à mort. En 1939, an nom de la même prudence appliquée ensuite aux Juifs, Pie XII n’a pas plus élevé la voix à leur sujet. «Si le pape, souligne Marc-Antoine Charguéraud, s’est dans une large mesure abstenu d’intervenir pour les Juifs polonais, ce n’est pas par antisémitisme: il n’a fait que suivre la politique qu’il s’était fixée pour ses propres fidèles. Son silence envers les catholiques polonais martyrés explique son silence à l’égard des Juifs polonais exterminés». Après la guerre, l’Américain Robert Kempner, chef du parquet au tribunal de Nuremberg, affirmera que «tout essai de propagande de l’Eglise catholique contre le Reich de Hitler n’aurait pas été seulement un suicide provoqué, mais aurait hâté l’exécution d’encore plus de juifs et de prêtres».

Pie XII a peu parlé. Mais il a beaucoup agi. Dans les pays occupés par les Allemands, il a donné instruction aux nonces de tout entreprendre
pour sauver les Juifs, mais silencieusement. Cela ressort nettement des Actes et Documents du Saint-Siège: en 1943 et en 1944,
l’action de la diplomatie vaticane a contribué à protéger des centaines de milliers de Juifs en Slovaquie, en Croatie, en Roumanie et en Hongrie.

Le 16 octobre 1943, lors de la rafle des Juifs de Rome, c’est la menace d’une protestation pontificale qui a fait reculer les Allemands ;
4 000 Juifs ont été épargnés, et se sont réfugiés au Vatican ou dans des couvents romains. En France, le pape a multiplié les démarches, en
mai 1944, afin de préserver des Juifs regroupés à Vittel et d’éviter leur transfert à Drancy, anti-chambre de la déportation.
En juin 1944, au lendemain de la libération de Rome, l’aumônier juif de la cinquième armée américaine témoigne que «sans l’assistance
apportée aux Juifs par le Vatican et les autorités ecclésiastiques de Rome, des centaines de réfugiés et des milliers de réfugiés juifs auraient
péri». Après la guerre, le Congrès juif mondial, «au nom de toute la communauté juive, exprime une fois de plus sa profonde gratitude pour la main protectrice tendue par Sa Sainteté aux Juifs persécutés pendant ces temps terriblement éprouvants»; et l’organisation offre au Vatican une somme de 20 000 dollars «en reconnaissance de l’oeuvre du Saint-Siège sauvant les Juifs de la persécution fasciste et nazie». Le grand rabbin de Rome, Israël Zolli, et sa femme se convertissent au catholicisme, au terme d’un cheminement théologique entamé dès les années 1930; ils choisissent pour prénoms de baptême Eugenio et Eugenia, en hommage à l’action de Pie XII en faveur de leurs coreligionnaires. En 1946, Pie XII reçoit soixante-dix-huit Juifs rescapés de la déportation, venus le remercier. Moshes Sharett, futur Premier ministre d’Israël, rencontre le pape. «Je lui dis, racontera-t-il, que mon premier devoir était de le remercier et, en lui, l’Église catholique, au nom de la communauté juive, pour tout ce qu’elle avait fait en différentes contrées pour secourir les Juifs». Le sénateur Levi, en témoignage de gratitude pour l’action de Pie XII en faveur des Juifs, fait don au Vatican d’un palais qui abrite aujourd’hui la nonciature apostolique à Rome. En 1955, l’Union des communautés juives d’Italie proclame le 17 avril jour de gratitude pour l’assistance du pape pendant la guerre. Le 26 mai de cette même année, quatrevingt- quatorze musiciens juifs, originaires de quatorze pays, exécutent la Neuvième Symphonie de Beethoven, à Rome, sous la direction de Paul Kletzki, «en reconnaissance de l’oeuvre humanitaire grandiose accomplie par Sa Sainteté pour sauver un grand nombre de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale».

À la mort de Pie XII, le 9 octobre 1958, la mémoire du pape est unanimement saluée. Devant l’ONU, Golda Meir, alors ministre des
Affaires étrangères d’Israël, fait cette déclaration: «Pendant les dix années de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyre effroyable, la voix du pape s’est élevée pour condamner les bourreaux et pour exprimer sa compassion envers les victimes». Le rabbin Elio
Toaff (qui accueillera Jean-Paul II à la synagogue de Rome en 1986) proclame que «les Juifs se souviendront toujours de ce que l’Église a
fait pour eux, sur l’ordre du pape, au moment des persécutions raciales».

En 1963, Le Vicaire, la pièce de Hochhuth, lance la campagne contre Pie XII. Mais un député britannique, Maurice Edelman, président
de l’Associarion anglo-juive, rappelle que «l’intervention du pape Pie XII a permis de sauver des dizaines de milliers de Juifs pendant
la guerre». Établi à Jérusalem, l’écrivain juif Pinchas Lapide, consul d’Israël à Milan du vivant de Pie XII, est interrogé par le correspondant
du Monde, «Au lendemain de la libération de Rome, se souvient-il, j’ai appartenu à une délégation de soldats de la brigade juive de Palestine qui a été reçue par le pape et qui lui a transmis la gratitude de l’Agence juive, qui était l’organisme dirigeant du mouvement sioniste mondial, pour ce qu’il avait fait en faveur des Juifs. (...) Le pape personnellement, le Saint-Siège, les nonces et toute l’Église catholique ont sauvé de 150 000 à 400 000 Juifs d’une mort certaine. Lorsque j’ai été reçu à Venise par Mgr Roncalli, qui allait devenir Jean XXIII, et que je lui exprimai la reconnaissance de mon pays pour son action en faveur des Juifs, il m’interrompit à plusieurs reprises pour me rappeler qu’il avait chaque fois agi sur ordre précis de Pie XII».

Quelques années plus tard, Lapide rédige un livre – traduit en plusieurs langues – sur les rapports entre le judaïsme et l’Église.
Après une longue enquête, il révise ses chiffres à la hausse: «L’Eglise catholique, sous le pontificat de Pie XII, fut l’instrument qui sauva
au moins 700 000 mais probablement jusqu’à 860 000 Juifs d’une mort certaine de la part des nazis».

En février 2001, dans un magazine américain, un rabbin newyorkais, David Dalin, publie un long article où il revient sur la multitude
des témoignages juifs en faveur du pape, pendant et après la guerre. «Toute la génération des survivants de l’Holocauste, constate t-il, témoigne que Pie XII a été authentiquement et profondément un Juste». Dalin demande que Pie XII soit reconnu par Israël comme
«Juste des nations», car «le pape Pacelli a été le plus grand soutien des Juifs»..

JEAN SÉVILLIA
(“L’affaire de Pie XII”) JEAN SÉVILLIA, Historiquement correct. Pour en finir avec le passé unique. Paris, Perrin, 2003
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MessageSujet: Re: Pie XII et le Nazisme, pape Pie XII, Juifs   Ven 05 Fév 2010, 00:04

Pie XII et les juifs : deux chercheurs sèment la confusion

ROME, Mercredi 3 février 2010 (ZENIT.org) - Un document présenté comme preuve de l’indifférence de Pie XII lors de « la rafle » des juifs de Rome, renferme une grave erreur de date de la part des chercheurs qui l’ont présenté : le texte a été écrit avant ces terribles faits.

Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirment les deux chercheurs qui ont fait ces « révélations », il ne s’agit pas d’un document inédit : le texte avait déjà été publié en 1964 et était largement connu des historiens.

Dimanche dernier, l’agence italienne ANSA faisait état de « révélations » faites par Giuseppe Casarrubea et Mario Cereghino qui disaient avoir retrouvé dans les archives britanniques un document qui, selon eux, était daté du 19 octobre 1943, autrement dit trois jours après la rafle des juifs de Rome par les nazis.


Dans ce document, le chargé d’affaire américain Harold Tittman rend compte au gouvernement américain de son entretien avec le pape Eugenio Pacelli, qui « au lieu de s’indigner pour la déportation de plus de 1000 juifs romains s’était plutôt inquiété de la présence ‘de bandes communistes stationnées aux alentours de Rome’ », selon l’interprétation du document présenté par l’ANSA.

Or les chercheurs, comme l’explique dans un message envoyé à ZENIT le professeur Ronald Rychlak, de l’University of Mississippi, auteur de plusieurs recherches sur Pie XII, ont commis une grave erreur dans la lecture de la date.

« Le message transcrit à Washington par Harold Tittmann est daté du 19 octobre, mais il y a une erreur. Les comptes-rendus du Vatican montrent que sa rencontre avec le pape a eu lieu le 14 octobre », affirme-t-il.

’L’Osservatore Romano’ du 15 octobre 1943 rapporte en effet en première page qu’Harold Tittmann a été reçu par le pape en audience privée le 14 octobre », alors que la rafle contre la communauté juive a eu lieu le 16 octobre.

« Apparemment, le chiffre ’14’ a été lu par erreur comme un ’19’ », relève Ronald Rychlak. « Le pape ne parlait pas de la rafle des juifs car elle n’avait pas encore eu lieu ! ».

« Sa préoccupation était qu’un groupe de communistes ne commette un acte de violence, un fait qui aurait eu de sérieuses conséquences. Bien entendu, au printemps suivant, les faits lui donnèrent raison », conclut le professeur.

Un « inédit » publié il y a 46 ans

Dans les révélations des deux chercheurs figure une autre grave erreur, puisqu’ils ont présenté leur texte à l’ANSA en disant qu’il était inédit. Le document en réalité a déjà été publié en 1964 et les historiens le connaissent bien. On le trouve dans la série « Foreign Relations of United States » (FRUS), à l’intérieur du deuxième volume relatif à l’année 1943, pag. 950.

Sur son blog, Andrea Tornielli, vaticaniste du quotidien italien « Il Giornale », rappelle que Casarrubea et Cereghino ne sont pas nouveaux dans ce type de « révélations ».

« En octobre 2008, écrit Andrea Tornielli, ils passèrent pour inédit un document pour l’utiliser contre Pie XII (toujours répercuté par l’ANSA) et furent obligés de s’excuser, comme on peut le lire sur le site vaticanfiles.splinder.com ».

Jesús Colina

http://news.catholique.org/28793-pie-xii-et-les-juifs-deux-chercheurs-sement
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MessageSujet: Pie XII et le nazisme, Pape Pie XII, Juifs   Ven 05 Fév 2010, 07:15

Pie XII et les juifs : deux chercheurs sèment la confusion

Par Jean-Baptiste Maillard le mercredi 3 février 2010, 17:32


Un document présenté comme preuve de l'indifférence de Pie XII lors de « la rafle » des juifs de Rome, renferme une grave erreur de date de la part des chercheurs qui l'ont présenté : le texte a été écrit avant ces terribles faits, nous rapporte Zenit.

Par ailleurs, contrairement à ce qu'affirment les deux chercheurs qui ont fait ces « révélations », il ne s'agit pas d'un document inédit : le texte avait déjà été publié en 1964 et était largement connu des historiens.

Dimanche dernier, l'agence italienne ANSA faisait état de « révélations » faites par Giuseppe Casarrubea et Mario Cereghino qui disaient avoir retrouvé dans les archives britanniques un document qui, selon eux, était daté du 19 octobre 1943, autrement dit trois jours après la rafle des juifs de Rome par les nazis.

Dans ce document, le chargé d'affaire américain Harold Tittman rend compte au gouvernement américain de son entretien avec le pape Eugenio Pacelli, qui « au lieu de s'indigner pour la déportation de plus de 1000 juifs romains s'était plutôt inquiété de la présence ‘de bandes communistes stationnées aux alentours de Rome' », selon l'interprétation du document présenté par l'ANSA.

Or les chercheurs, comme l'explique dans un message envoyé à ZENIT le professeur Ronald Rychlak, de l'University of Mississippi, auteur de plusieurs recherches sur Pie XII, ont commis une grave erreur dans la lecture de la date.

« Le message transcrit à Washington par Harold Tittmann est daté du 19 octobre, mais il y a une erreur. Les comptes-rendus du Vatican montrent que sa rencontre avec le pape a eu lieu le 14 octobre », affirme-t-il.

'L'Osservatore Romano' du 15 octobre 1943 rapporte en effet en première page qu'Harold Tittmann a été reçu par le pape en audience privée le 14 octobre », alors que la rafle contre la communauté juive a eu lieu le 16 octobre.

« Apparemment, le chiffre '14' a été lu par erreur comme un '19' », relève Ronald Rychlak. « Le pape ne parlait pas de la rafle des juifs car elle n'avait pas encore eu lieu ! ».

« Sa préoccupation était qu'un groupe de communistes ne commette un acte de violence, un fait qui aurait eu de sérieuses conséquences. Bien entendu, au printemps suivant, les faits lui donnèrent raison », conclut le professeur.

Un « inédit » publié il y a 46 ans

Dans les révélations des deux chercheurs figure une autre grave erreur, puisqu'ils ont présenté leur texte à l'ANSA en disant qu'il était inédit. Le document en réalité a déjà été publié en 1964 et les historiens le connaissent bien. On le trouve dans la série « Foreign Relations of United States » (FRUS), à l'intérieur du deuxième volume relatif à l'année 1943, pag. 950.

Sur son blog, Andrea Tornielli, vaticaniste du quotidien italien « Il Giornale », rappelle que Casarrubea et Cereghino ne sont pas nouveaux dans ce type de « révélations ».

« En octobre 2008, écrit Andrea Tornielli, ils passèrent pour inédit un document pour l'utiliser contre Pie XII (toujours répercuté par l'ANSA) et furent obligés de s'excuser, comme on peut le lire sur le site vaticanfiles.splinder.com ».

Cette question a également été soulevée par le professeur d'histoire italien Matteo Luigi Napolitano, spécialisé dans les relations entre l'Etat et l'Eglise et l'histoire des traités et des politiques internationales à l'université d'Urbino, qui déclare, sur la page I segni dei tempi, que le document cité par Casarrubea et Cereghino est également connu dans sa version italienne, ayant été publié par Ennio Di Nolfo dans son livre « Vaticano e Stati Uniti: dalle carte di Myron Taylor » (Milan 1978, republié en 2003).

Le document que les deux chercheurs qualifient d' « inédit », rappelle-t-il, a été présenté et discuté dans les biographies et dans bon nombre d'essais sur Pie XII, « des livres que de toute évidence Casarrubea et Cereghino ne se sont pas donnés la peine de lire, continuant à faire passer pour « neuves » et « inédites » des choses que les historiens, les historiens sérieux, connaissent et dont ils discutent depuis des années ».

Source "Zenith" : http://www.zenit.org/article-23417?l=french

Article du "Blog consacré à Pie XII " : http://www.pie12.com/index.php?post/2010/02/03/Pie-XII-et-les-juifs-%3A-deux-chercheurs-sement-la-confusion
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