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 Un exemple une musulmane convertie Mariam

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AuteurMessage
jean-charles cayouette



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MessageSujet: Un exemple une musulmane convertie Mariam   Jeu 08 Jan 2009, 02:16

en Terre Sainte — Mariam Baouardy


Vie de Soeur Marie de Jésus Crucifié




Enfance en Galilée


Dès le début, Mariam Baouardy est "l'enfant du miracle". Ses parents, profondément croyants, portent une lourde épreuve : ils ne parviennent pas à mettre au monde d'enfant qui survive; l'un après l'autre, douze garçons sont morts tout petits. Dans leur profonde douleur et confiance en Dieu, ils décident alors de faire un pèlerinage à pied d'Abellin à Bethléem, distant de 170 km, pour aller prier à la crèche, et demander à la Vierge Marie la grâce d'une fille. Mariam naît neuf mois après, le 5 janvier, 1846. Elles est baptisée et confirmée selon l'usage greco-catholique de sa famille. L'année suivante, un petit frère, Boulos vient s'ajouter à la joie de la famille.


Mais Mariam n'a pas encore 3 ans lorsque son père meurt assez rapidement, puis quelques jours plus tard sa mère, de douleur. Voyant la mort arriver, son père avait pris Mariam dans ses bras, demandant à St Joseph d'être désormais son père et de veiller sur elle… ce qu'il fera à bien des reprises.


Boulos fut alors adopté par une tante maternelle, habitant un village voisin, et Mariam par un oncle paternel, de condition aisée. Quelques années plus tard, celui-ci s'installera à Alexandrie en y emmenant Mariam.


De ses années d'enfance en Galilée, il lui restera tout à la fois l'émerveillement devant la beauté de la Création, la lumière, les paysages où tout lui parle de Dieu : et cela se reflètera plus tard dans les hymnes jaillis spontanément de son cœur au cours de certaines extases. Et tout à la fois le sentiment profond que tout passe; un petit incident la marque profondément en ce sens : voulant faire prendre un bain à deux petits oiseaux lors de l'un de ses jeux, ceux-ci n'y résistent pas et en meurent; elle doit donc les enterrer, tristement, lorsqu'elle entend intérieurement cette parole qui la marquera pour toujours : "vois, tout passe; mais si tu veux me donner ton cœur, je te resterai toujours."



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Alexandrie


1858 : Mariam a tout juste 13 ans, elle est depuis quelques années à Alexandrie quand elle apprend que son oncle veut la marier. Mais elle est décidée à se donner tout entière au Seigneur; menaces, humiliations et mauvais traitements ne peuvent entamer sa résolution. Au bout de trois mois elle s'enfuit auprès d'un serviteur pour tenter de faire porter une lettre à son frère resté en Palestine. Entendant le récit de ses souffrances, le serviteur, qui est musulman, l'exhorte à quitter les chrétiens et à devenir musulmane elle aussi. Mariam refuse. En colère, l'homme tire son cimeterre et lui tranche la gorge, puis abandonne son corps dans une ruelle sombre.


A nouveau le surnaturel va entrer très fort dans sa vie. Elle racontera plus tard qu'elle est vraiment morte à ce moment-là, et qu'il lui avait semblé entrer au Paradis, avoir vu la Vierge, les Saints et ses parents, la Glorieuse Trinité. Mais son temps n'était pas encore venu; et elle ne sait comment, elle se réveille dans une grotte, auprès d'une jeune femme qui ressemblait à une Sœur, et en qui elle reconnaîtra la Vierge Marie; durant 4 semaines, celle-ci la soigne, la nourrit, l'instruit.. puis l'emmenant un jour auprès d'une Église, la laisse...


De ce jour, elle ira de ville en ville (Alexandrie, Jérusalem, Beyrouth, Marseille…), comme servante, choisissant de préférence des familles pauvres, les aidant, partant dès qu'elle se trouve trop honorée. Mais elle va devenir aussi de façon toute particulière témoin de cet "univers invisible" auquel nous croyons sans le voir, et qu'elle a expérimenté de façon si forte.



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Le Carmel de Pau


A Marseille, elle est mise en contact avec les Sœurs de St Joseph de l'Apparition; elle a 19 ans et n'en paraît que 12 ou 13; elle parle mal le français, est de petite santé après tout ce qu'elle a vécu, mais elle est accueillie au noviciat, et sa joie est grande de pouvoir ainsi se donner au Seigneur. Toujours prête pour les travaux les plus fatigants, elle passe la plus grande partie de son temps à la lessive ou à la cuisine. Mais deux jours par semaine elle revit la Passion de Jésus, reçoit les stigmates (que, dans sa simplicité elle croit être une maladie), et toutes sortes de grâces extraordinaires commencent à se manifester. Certaines sœurs en sont bien déconcertées, et au bout de 2 ans de noviciat, elle n'est pas admise à s'engager dans la congrégation. C'est alors qu'un concours de circonstances l'oriente vers le Carmel de Pau.



Elle y est reçue avec joie, et y trouvera toujours amour et compréhension au milieu de toutes les épreuves qu'elle aura à traverser. Pour le moment, la voici de nouveau au noviciat, où elle reçoit le nom de Sr Marie de Jésus Crucifié. Elle insiste pour être sœur converse, se trouvant toujours plus à l'aise dans le service des autres, et ayant du mal à lire pour réciter l'Office divin. Sa simplicité, sa générosité lui conquièrent les cœurs. Et ses paroles au sortir d'une extase sont le fruit de sa vie :

"Où est la charité, Dieu est aussi. Si vous pensez à faire le bien pour votre frère, Dieu pensera à vous. Si vous faites un trou pour votre frère, vous y tomberez; il sera pour vous. Mais, si vous faites un ciel pour votre frère, il sera pour vous"

…Elle n'est pas parfaite pour autant, et se reproche par moments ses vivacités… Don de prophétie (par exemple avec le pape Pie IX), attaques du démon ou extases… parmi toutes les grâces divines dont elle est comblée, il y a celle, très forte, de son néant en face de Dieu, et lorsqu'elle parle d'elle-même en s'appelant "le petit rien", c'est vraiment l'expression profonde de son être. Et c'est ce qui lui fait pénétrer l'insondable profondeur de la miséricorde divine où elle trouve sa joie et ses délices, sa vie.

"L'humilité est heureuse d'être un rien, elle ne s'attache à rien, elle ne se fatigue jamais de rien. Elle est contente, heureuse, partout heureuse, satisfaite de tout… Bienheureux les petits !"

Là est la source de son abandon au cœur des grâces les plus étranges comme au cœur des événements humains les plus déconcertants.



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De Mangalore à Bethléem


Au bout de 3 ans, en 1870, elle est envoyée avec un petit groupe fonder le premier monastère de carmélites en Inde, à Mangalore. Le voyage en bateau jusque-là est déjà toute une aventure, et trois sœurs meurent avant d'arriver. Mais du renfort est envoyé et, fin 1870, on peut inaugurer la vie cloîtrée. Ses expériences extraordinaires continuent sans l'empêcher pour autant d'affronter les travaux les plus lourds et les troubles toujours liés à une nouvelle fondation; elle en est d'ailleurs vraiment l'âme. Durant ses extases, tantôt on la voyait avec un visage rayonnant à la cuisine ou ailleurs; tantôt elle participait en esprit à ce qui se passait dans l'Église comme au moment des persécutions en Chine par exemple; tantôt le démon semblait prendre possession d'elle, mais pour l'extérieur seulement, lui faisant vivre de terribles tourments et combats. Bien des incompréhensions commencèrent alors à se produire autour d'elle, mettant même en doute l'authenticité de ce qu'elle vivait. Elle put encore émettre ses vœux au terme de son noviciat le 21 novembre 1871; mais les tensions créées dans son entourage finirent par provoquer son renvoi au Carmel de Pau en 1872.


Là elle retrouve sa vie simple de converse au milieu de l'affection de ses sœurs, et son âme se dilate. Lors de certaines extases elle, qui est presque illettrée, improvise dans l'élan de sa reconnaissance envers Dieu des poésies d'une grande beauté, pleines de fraîcheur et d'un charme tout oriental, où la création entière chante son Créateur; ou bien en un clin d'œil la voici attirée au sommet d'un arbre, sur une branche qui ne supporterait pas même un oiseau, par l'élan de son âme vers le Seigneur. Elle est alors comme un témoin de cet univers transfiguré décrit par le prophète Isaïe (le loup habitera avec l'agneau…), ou par l'auteur de l'Apocalypse (avec la Femme qui a pour manteau le soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles).

"Tout le monde dort. Et Dieu, si rempli de bonté, si grand, si digne de louanges, on l'oublie!…Personne ne pense à lui!… Vois, la nature le loue; le ciel, les étoiles, les arbres, les herbes, tout le loue; et l'homme, qui connaît ses bienfaits, qui devrait le louer, il dort!… Allons, allons réveiller l'univers !"

Nombreux aussi sont ceux qui viennent chercher auprès d'elle réconfort, conseils, prières, et qui repartent éclairés, fortifiés par sa rencontre.



Peu après son retour de Mangalore, elle commence à parler de la fondation d'un Carmel à Bethléem; les obstacles sont nombreux, mais se lèvent progressivement, et parfois contre toute attente. Une fondatrice, Berthe Dartigaux lui sera toute dévouée; son confesseur, père de Bétharram l'encourage et la soutiendra jusqu'au bout; enfin l'autorisation est donnée par Rome. Le Seigneur lui-même lui "montre" le lieu et la construction. C'est au cours de l'été 1875 qu'un petit groupe de religieuses s'embarque pour cette aventure. Mariam étant seule à parler l'arabe est plus particulièrement chargée de suivre les travaux; "plongée dans le sable et la chaux", elle s'attire vite la sympathie des ouvriers, et la communauté peut venir habiter les lieux dès le 21 novembre 1876, pendant que certains travaux se poursuivent. Elle se préoccupe aussi de la fondation d'un Carmel à Nazareth, et s'y rend pour l'acquisition d'un terrain en août 1878. C'est au cours de ce voyage qu'elle identifie le site d'Emmaüs-Nicopolis. De retour à Bethléem, elle reprend la surveillance des travaux sous une chaleur étouffante. En portant à boire aux ouvriers, elle tombe dans un escalier et se brise un bras. La gangrène va s'y mettre très rapidement et elle meurt en quelques jours, le 26 août 1878, à 33 ans.



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Mariam et l'Esprit Saint


Tous les aspects extraordinaires de sa vie le sont-ils tellement ?


Elle nous ouvre à ce monde invisible si proche de nous, et qui est toute miséricorde; ainsi l'avait déjà fait le prophète Elisée, (qui est selon l'esprit Père du Carmel avec Elie) pour rassurer son serviteur lors d'un combat qui semblait par trop inégal ( 2 R 6,15-17). Elle nous apprend par là à miser toute notre vie sur "ce qui ne passe pas", ce qui seul "a du poids", Dieu seul.


La lutte contre toutes les forces du mal est loin d'être achevée aujourd'hui; Mariam, qui est appelée par certains "Patronne de la Paix" pour la Terre Sainte, est pour nous comme un encouragement à nous laisser transfigurer par le Seigneur pour devenir nous-mêmes artisans de cette transfiguration du monde par la grâce de Dieu. Elle est témoin d'un monde déjà transfiguré, ou bien encore de ce premier jour de la Création, où le Ciel et la Terre n'étaient pas encore séparés, mais seulement la lumière et les ténèbres; ce jour Un, reflet de l'Unité divine, où tout resplendit de cette Unité.


Et Mariam a été particulièrement attirée par l'Esprit Saint, cet Esprit qui planait sur les eaux, "au commencement". C'est ce qu'elle nous livre, comme un héritage en nous tournant vers l'Esprit qui, lorsqu'il vient prendre la place de notre "moi" égoïste transfigure toute chose, "crée du nouveau", comme le dit encore Isaïe.


"Adressez-vous à l'Esprit Saint qui inspire tout.."


"Le moi est ce qui perd le monde. Ceux qui ont le moi portent la tristesse, l'angoisse avec eux. On ne peut pas avoir Dieu et le monde ensemble…On prie, on supplie, et la prière ne monte pas, n'arrive pas à Dieu. Celui qui n'a pas le moi, a toutes les vertus et la paix et la joie."


Mais avec l'Esprit Saint, même "une goutte" seulement, tout devient possible :


"Source de paix, lumière, venez m'éclairer; je suis ignorante, venez m'instruire…


Les disciples étaient très ignorants, ils étaient avec Jésus et ne comprenaient pas Jésus… Quand vous leur avez donné le rayon de lumière, les disciples ont disparu; ils n'étaient plus ce qu'ils étaient auparavant; leur force a été renouvelée.


Esprit Saint, je m'abandonne à vous".


Et pour finir sans la quitter vraiment, nous pouvons reprendre avec elle cette prière toute simple qui habitait son cœur :




Esprit Saint, inspirez-moi;
Amour de Dieu, consumez-moi;
Au vrai chemin, conduisez-moi;
Marie, ma Mère, regardez-moi,
Avec Jésus, bénissez-moi;
De tout mal, de toute illusion,
De tout danger, préservez-moi.




Prière en d'autres langues.

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