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 La Liturgie des heures

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Thiebault



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MessageSujet: La Liturgie des heures   Dim 13 Juil 2008, 09:25

Salut à tous !

Est-ce quelqu'un sait comment se servir des livres de la Liturgie des heures ? Y en a-t-il parmi vous qui prie(nt) la Liturgie des heures ?

Fraternellement,

Thiébault
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La Liturgie des heures   Dim 13 Juil 2008, 15:31

Cher Thibault, c'est l'office journalier des religieux.

Si vous avez le PTP (Prière du temps présent), vous lisez les 150 psaumes en un mois (le psaume 118, qui est immense, est lu par morceau). Comme nous sommes en temps ordinaire, commencez par les vêpres du dimanche de la première semaine (à 17 heures).

Vous aurez les complies le soir vers 21 heures.

Les laudes le matin et l'office de sexte vers 13 heures.

Mais peut-être disposez vous du Livre des jours en quatre tomes qui comprend aussi toute une série de lectures.

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Arnaud
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Thiebault



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MessageSujet: Re: La Liturgie des heures   Dim 13 Juil 2008, 21:01

Oui, ce sont ces livres-là que je possède, ceux en quatre tomes. Nous sommes dans le volume 3 pour l'instant.

Pouvez-vous m'expliquer comment s'en servir ?
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MessageSujet: Re: La Liturgie des heures   Dim 13 Juil 2008, 21:14

Thiebault a écrit:
Oui, ce sont ces livres-là que je possède, ceux en quatre tomes. Nous sommes dans le volume 3 pour l'instant.

Pouvez-vous m'expliquer comment s'en servir ?
Les livres de heures sont référencés par semaines.

Aujourd'hui,c'est le 15ème dimanche ordinaire et ce jusqu'à vendredi. En haut à droite du jour, vous avez l'indication de la semaine du psautier, soit Ière semaine, 2ème, 3ème et 4ème. Au milieu du Livre, toutes les semaines du psautier. Si par exemple, aujourd'huit, c'est la semaine 2ème semaine, vous lisez les psaumes de la 2ème semaine. Le samedi est la veille de la semaine qui suit. Donc samedi prochain sera la veille de la 16ème semaine du temps ordinaire, qui débutera également une nouvelle semaine du psautier.
Il y a une lecture par jour et son commentaire.

C'est une très bonne lecture que cette liturgie des heures (en référence aux offices du matin, du milieu du jour et du soir).
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La Liturgie des heures   Dim 13 Juil 2008, 21:30

Thiebault a écrit:
Oui, ce sont ces livres-là que je possède, ceux en quatre tomes. Nous sommes dans le volume 3 pour l'instant.

Pouvez-vous m'expliquer comment s'en servir ?

Cher Thiebault, avez vous un scanner ?

En effet, le site http://docteurangelique.free.fr cherche l'Office complet de la fête du corps du Christ (l'eucharistie) avec les lectures. C'est écrit par saint Thomas d'aquin.

Si vous pouviez le scanner et me l'envoyer a.dumouch@hotmail.com... Very Happy

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Arnaud
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Thiebault



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MessageSujet: Re: La Liturgie des heures   Lun 14 Juil 2008, 11:34

Salut Arnaud,

Je vois en effet "Lecture de saint Thomas d'Aquin pour l'Office du corps du Christ - Le mystère de l'Eucharistie" dans le tome 3. Est-il possible que ce que tu demandes ne fasse qu'une page et demie ?

Salut Doris,

Merci pour ces renseignements forts utiles. Je te contacte via la messagerie privée.

Thiébault
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La Liturgie des heures   Lun 14 Juil 2008, 15:15

Il doit y avoir aussi des lectures pour l'office de Nuit ? Confused

Les vois-tu ?

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Arnaud
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Thiebault



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MessageSujet: Re: La Liturgie des heures   Lun 14 Juil 2008, 17:52

Non ! Mais je vais me renseigner.
Tu es sûr qu'il s'y trouve (l'Office complet) ? Est-ce la Fête-Dieu ? Dans quel volume se trouve-t-il selon toi ?
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La Liturgie des heures   Lun 14 Juil 2008, 19:07

C'est peut-être l'office de la fête-Dieu...

En fait saint Thomas, pour être précis, a composé l'Office du corps de notre Seigneur (l'eucharistie)...

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Arnaud
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Thiebault



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MessageSujet: Re: La Liturgie des heures   Lun 14 Juil 2008, 20:07

OK, je me renseigne et je te tiens au courant !
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Rose



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MessageSujet: Re: La Liturgie des heures   Jeu 05 Juil 2012, 20:56

Citation :
La liturgie des Heures ou office divin vise à sanctifier le jour et la, nuit. Le cycle quotidien est le rythme fondamental de la vie humaine : il constitue le cadre naturel de nos rencontres avec Dieu. Yahvé n’avait-il pas l’habitude, dans le paradis, de venir retrouver ses amis humains « à la brise du jour » (Gn 3) ?

Les Psaumes sont des prières du matin (Ps 5.16.56), du milieu du jour (Ps 54, 18), du soir (Ps 4.133.140) et du milieu de la nuit (Ps 62, 7 ; 118, 62). Daniel, « trois fois par jour, se mettait à genoux, priant et confessant Dieu : c’est ainsi qu’il avait toujours fait » (6, 11 ; cf. Ps 54, 18). Après l’Ascension de Jésus, les apôtres « étaient constamment dans le Temple à louer Dieu » (Lc 24, 53 ; Ac 2, 46), et l’on voit Pierre et Jean « monter au Temple pour la prière de la neuvième heure » (Ac 3, 1).

Les Heures principales sont celles du matin (Laudes) et du soir (Vêpres) ; un office est prévu pour le Milieu du jour, à moins que l’on veuille célébrer les trois petites Heures traditionnelles de Tierce, Sexte et None. L’office des lectures peut être dit au moment le plus favorable. Complies achève la journée.

Dans l’office monastique, la première Heure se situe vers la fin de la nuit (Matines ou Vigiles) : elle correspond à l’office des lectures du Bréviaire romain ; certains monastères célèbrent les Vigiles au milieu de la nuit. L’ordre des offices est donc le suivant : Vigiles (ou Matines), Laudes, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies.

La structure habituelle d’une Heure liturgique est la suivante : après le verset d’introduction vient l’hymne qui donne la tonalité de l’Heure ; puis la psalmodie, encadrée par l’antienne et constituant la substance de l’office ; la lecture de la Parole de Dieu, prolongée dans l’office des lectures, brève aux autres offices ; enfin, la prière finale : l’oraison du jour, précédée par l’intercession et le Pater à Laudes et à Vêpres. Noter que dans l’office monastique de la Règle de saint Benoît, les hymnes de Laudes, de Vêpres et de Complies se situent après la psalmodie.

Nous pouvons profiter des vacances d'été et du temps qui nous y est imparti pour s'associer de tout notre coeur à la prière de l'Eglise. Membres du corps du Christ, l'Office Divin ou célébration des Heures est pour nous une manière concrète de participer activement à la Louange et au Culte rendu à Dieu par son Eglise. Very Happy
Le Bréviaire est désormais relativement accessible aux fidèles laïcs. L'usage du PTP dans la forme ordinaire se répand de même que le recours à au Diurnal Monastique pour la forme extraordinaire.
N"hésitons pas à faire le pas si ce n'est déjà fait ou à tenter l'expérience à notre rythme. ;)

Citation :

L'Église a toujours tenu la Liturgie des Heures pour la prière du Christ lui-même.

Que la Liturgie des Heures soit la prière officielle de l'Église peut faire croire à certains qu'elle est impersonnelle, ritualiste et dépourvue de sentiments. Il est vrai qu'elle est structurée et qu'elle existe avant de devenir la prière de chacun. Nous la recevons d'une Église de priants qui nous a précédés. Mais, en cela même, elle peut être une école de prière : elle est un incomparable trésor pour ceux qui la pratiquent et un inégalable modèle pour ceux qui s'en inspirent dans leur prière privée.

Elle est prière du Christ

" Elle (la Prière de l'Église) participe de la piété du Fils unique envers le Père et de la prière que, durant sa vie sur terre, il a exprimée par la parole et qui, à présent, se perpétue sans interruption dans toute l'Église et en tous ses membres, au nom et pour le salut de tout le genre humain. " (Présentation générale de la Liturgie des Heures, PGLH n 7) Quelqu'un faisait un jour, à propos des psaumes cette réflexion : " c'est la Parole de Dieu qui retourne à Dieu en passant par nous. " Quelle étonnante et magnifique attitude que celle du chrétien, priant avec la Prière de l'Église, qui rend à Dieu ce qu'il a reçu de lui ! Et ce qui est vrai des psaumes l'est aussi plus largement de l'ensemble des Offices des heures qui ponctuent et sanctifient la journée. La Prière de l'Église n'est pas un monologue ; elle est la
continuelle réponse offerte à Dieu au nom de l'humanité, reprenant les mots mêmes qu'il nous a adressés. L'Église a toujours tenu la Liturgie des Heures pour la prière du Christ lui-même. Ailleurs, cette même PGLH (n 108) a une formule d'une force insurpassable : celui qui prie les psaumes dans la Liturgie des Heures, les prie " en tenant la place du Christ lui-même. " On pourrait adapter la phrase de Saint Paul (Galates 2, 20) : " ce n'est plus moi qui prie, c'est le Christ qui prie en moi. "

Elle est prière écclésiale

Celui qui prie avec la Prière de l'Église accepte, il est vrai, de se dessaisir un peu de lui-même : il n'a pas choisi l'hymne, un psaume de joie lui est proposé alors qu'il est dans la peine... Mais ne peut-on pas dire qu'une personne est d'autant plus chrétienne, et donc que le chrétien est davantage lui-même, lorsqu'il accepte d'être ainsi incorporé au Christ et à l'Église qui est son corps (Colossiens 1, 18) ? Tout en se laissant dessaisir d'une part de ses choix et de ses sentiments personnels, il accède à une plus grande communion, non seulement dans le Christ et l'Église, mais avec toute l'humanité au nom de laquelle il prie (Cf. PGLH, n 6).
Elle utilise les " mots mêmes de Dieu "

Elle est prière de louange, de fils vers le Père

" Par la louange des Heures offerte à Dieu, l'Église s'associe au divin chant de louange chanté de toute éternité dans les cieux ; en même temps, elle perçoit un avant-goût de la louange céleste, décrite par saint jean dans l'Apocalypse. Cette liturgie céleste, les prophètes l'ont contemplée à l'avance dans la victoire du jour sans nuit, de la lumière sans obscurité : "Tu n'auras plus le soleil comme lumière le jour, la clarté de la lune ne t'éclairera plus, mais le Seigneur sera ta lumière éternelle" (Isaïe 60, 19 ; cf. Apocalypse 21, 23.35)& "Le renouvellement du monde est irrévocablement acquis et, en toute réalité, anticipé dès maintenant" (Lumen Gentium n 48). Ainsi, par la foi nous sommes instruits même sur le sens de notre vie temporelle, pour vivre, avec toute la création, dans l'attente de la manifestation des fils de Dieu. Dans la Liturgie des Heures, nous proclamons cette foi, nous exprimons et nourrissons cette espérance, nous participons en quelque sorte à la joie de la louange perpétuelle et du jour qui ne connaît pas de crépuscule. " (PGLH, n 16) Au-delà du cri : " Dieu, viens à mon aide ! " par lequel s'ouvre la prière des Heures, au-delà des intercessions et des psaumes d'imploration, la caractéristique la plus importante et la fonction première de la Prière de l'Église est de louer Dieu du matin jusqu'au soir : Louange au Dieu créateur, que nous rappellent les heures ; louange au Dieu rédempteur en son Fils qui nous éclaire au-delà de nos obscurités ; louange au Dieu " lumière sans déclin " dans l'anticipation des derniers temps. D'ailleurs, le premier office de la journée ne porte-t-il pas le nom de " Laudes " ? C'est à dire " louange " qui exprime l'attitude filiale par excellence, l'attitude de la créature tournée vers son créateur. Ces quelques éléments d'apprentissage que la prière de l'Église nous fait vivre devraient nous ôter l'idée que cette liturgie est une affaire de spécialistes.
La Prière de l'Église est assurément la prière de tous les chrétiens ; et l'Église, en bonne mère, nous y initie.




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petero



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MessageSujet: Re: La Liturgie des heures   Jeu 05 Juil 2012, 22:04

Thiebault a écrit:
Salut à tous !

Est-ce quelqu'un sait comment se servir des livres de la Liturgie des heures ? Y en a-t-il parmi vous qui prie(nt) la Liturgie des heures ?

Fraternellement,

Thiébault

Pour la liturgie des heures, je me sers de l'ordo liturgique de mon diocèse (Diocèse aux armées) : http://www.dioceseauxarmees.catholique.fr/ordo.html

Sur cet ordo, je trouve les indications nécessaires pour célébrer l'office :

. semaine liturgique,
. si l'église fête ou fait mémoire d'un saint particulier ; où si mon diocèse fête un saint qui lui est propre
. m'est indiqué aussi les lectures du jour

Par contre, je prie avec le PTP (1 volume)
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Rose



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MessageSujet: Re: La Liturgie des heures   Mer 08 Aoû 2012, 18:24

Citation :
Dans la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium sur la liturgie, il est question de l'Office divin - "voix de l'Eglise" - qui est prié au choeur par les communautés religieuses ou par les chapitres de cathédrales ou de collégiales (Cf. n°95).
Au numéro 101 du document conciliaire, il est précisé que « selon la tradition séculaire du rite latin, dans l'Office divin les clercs doivent garder la langue latine ». Cependant - ajoute le document - pour les clercs chez qui l'emploi de la langue latine est un empêchement grave à acquitter l'Office divin comme il faut, l'évêque du lieu pourra au cas par cas concéder l'emploi d'une traduction en langue du pays qui soit approuvée par l'autorité compétente. On sait bien que dans la réalité, les choses ne se sont pas déroulées comme le Concile le demandait :les clercs ont très vite abandonné le latin - de plein gré ou forcés - et des monastères entiers ont jeté par-dessus bord et le latin et le chant grégorien. Quant aux évêques, certain n'ont rien dit (mais il est vrai qu'on ne leur demandait ni avis ni autorisation...) tandis que d'autres se sont plus ou moins réjouis de la disparition d'un patrimoine liturgique qui avait été jalousement conservé jusque là.
Le passage du latin au "tout en français" n'allait-il pas, à les entendre, remplir les églises et susciter un flot de vocations ? Bernique ! Mis face à la dévastation liturgique qui n'avait pas été prévue par les pères conciliaires, le 15 août 1966 le pape Paul VI adresse une Lettre aux Supérieurs généraux des communautés religieuses astreintes à la récitation chorale de l'Office. Le Souverain Pontife fait preuve ici d'une clairvoyance et d'un ton qui étonneront beaucoup. Voici donc des extraits significatifs de cette Lettre qui commence par les mots Sacrificium laudis et dont la traduction française se trouve dans le tome II des "enseignements pontificaux et conciliaires sur la liturgie" publié par les moines de Solesmes (Ed. Desclée) :

« Le sacrifice de la louange offerte par les lèvres qui professent la foi dans le Seigneur, la psalmodie et le chant des hymnes par lesquels sont sanctifiés par la piété religieuse, les heures, les jours et les saisons de l'année avec, au centre, le sacrifice Eucharistique, comme un soleil resplendissant en plein midi et attirant à soi toutes choses, avait été, d'une manière ininterrompue, toujours tenus en très grande estime par vos Congrégations religieuses vouées au service divin. On croyait à juste raison que rien ne pouvait passer avant une si sainte pratique religieuse. On comprend donc facilement toute la gloire qui a été ainsi procurée à Dieu, notre créateur, et toute l'utilité qui en a dérivé pour l'Eglise. (...) Mais les lettres de certains d'entre vous, et de nombreuses informations parvenues d'autre part, nous ont appris que, dans les monastères ou les provinces qui dépendent de vous - nous parlons seulement de celles de rite latin - on a adopté des manières différentes de célébrer la divine liturgie. Si, pour certains, la langue latine reste intouchable, pour d'autres, au contraire, on réclame les langues vulgaires et on veut aussi que le chant grégorien soit remplacé par des cantilènes aujourd'hui à la mode. (...) Nous devons vous avouer que des requêtes de ce genre Nous ont gravement troublé et beaucoup attristé. On en vient à se demander d'où est née et pourquoi s'est diffusée pareille mentalité et pareille souffrance autrefois inconnues.(...) les choses dont nous venons de parler arrivent après que le concile Vatican II s'est expressément et solennellement prononcé sur ce sujet et après que des règles claires et précises ont été énoncées dans les Instructions. Dans une de ces Instructions destinée à la mise en pratique de la Constitution sur la Liturgie, il est précisé que "dans la célébration chorale de l'office divin, les clercs sont tenus de conserver la langue latine". Une autre Instruction qui a pour titre "De la langue à employer dans la récitation de l'Office divin", publiée le 23 novembre 1965, confirme ce précepte. (...) Donc, et jusqu'il en soit établi légitimement d'une manière différente, ce sont là les lois en vigueur: elles réclament cette obéissance qui doit être la caractéristique première des membres des communautés religieuses (...). Et puis, il ne s'agit pas ici seulement de conserver la langue latine dans la récitation chorale de l'office divin (...) mais il s'agit aussi de conserver intact le décor, la beauté et la vigueur originelle des prières et des chants. Il s'agit là de l'Office divin chanté au choeur avec "les suaves accents des voix de l'Eglise" (Cf. S. Augustin, Confessions, IX, 6) que vos fondateurs, vos maîtres et les saints du Ciel, luminaires de vos familles, vous ont transmis. Il ne faut pas délaisser les traditions de vos pères qui, pendant de longs siècles, vous ont donné lustre et renommée. De plus, cette manière de réciter l'Office divin au choeur fut une des principales raisons de l'unité solide de vos familles et de leur heureux développement.

On est stupéfait, donc, d'apprendre que, sous l'effet d'un trouble imprévu, cette manière de prier est jugée désormais, par certains, dépassée. Dans les conditions actuelles, quelle langue, quel chant pourront-ils remplacer ces formes de la piété catholique que vous avez utilisées jusqu'à maintenant? Il faut réfléchir et empêcher que ne naisse une situation pire, une fois que vous auriez rejeté votre glorieux héritage. Il y a, en effet, le danger de voir l'Office choral réduit à une squelettique récitation, dont vous seriez les premiers à éprouver la pauvreté et qui engendrerait vite l'ennui.
Et puis, il y a un autre problème: est-ce que tous ceux qui veulent écouter les prières sacrées continueraient à fréquenter en aussi grand nombre vos églises si n'y résonnait plus l'antique et originelle langue soutenue par un chant plein de gravité et de dignité? (...) Sans doute la langue latine offre-t-elle aux novices de vos saintes milices quelques difficultés, même assez lourdes? Mais celles-ci ne sont pas telles qu'elles ne puissent être surmontées, spécialement dans vos maisons où, loin des préoccupations et des agitations du monde, vous pouvez facilement vous appliquer à l'étude des lettres. Du reste, ces prières pleines de force et de noble majesté, continueront à attirer à vous les jeunes appelés au service de Dieu. Au contraire, si on ôtait au choeur cette langue qui dépasse les frontières de toute nation, et qui resplendit de force spirituelle, si on le privait de cette mélodie - le chant grégorien - qui jaillit du plus profonde de l'âme, il ressemblerait à un cierge éteint qui n'illumine plus et qui n'attire plus à lui les yeux et les esprits des hommes. Quoi qu'il en soit, fils très chers, les requêtes susdites sont si importantes qu'il ne Nous est pas possible de les accueillir actuellement et de déroger aux règles fixées par le Concile et les Instructions que nous avons rappelées. (...) de la même Eglise qui, pour des raisons pastorales et la commodité du peuple, qui ignore le latin, a introduit dans la Sainte Liturgie, l'usage des langues vulgaires, vous recevez aujourd'hui le mandat de conserver - tant en ce qui concerne la langue qu'en ce qui concerne le chant - la traditionnelle dignité, la beauté et la gravité de l'Office choral. Obéissez donc avec un esprit sincère et tranquille aux préceptes que Nous vous donnons. Ceux-ci ne sont pas dictés par la nostalgie des vieilles coutumes, mais par notre amour paternel envers vous et exigés par le zèle du culte divin ».

On sait que Paul VI fut très peu obéi et qu'il n'aurait pas été davantage suivi en se montrant plus ferme : les temps étaient à la contestation. En France, l'une des grandes abbayes qui conserva intégralement le latin et le chant grégorien fut Solesmes. Ce ne fut pas sans difficultés : elle fut considérée comme réfractaire au Concile et de très nombreux évêques de France déconseillèrent vivement ou interdirent même à leurs prêtres et à leurs séminaristes d'y faire des retraites... Pour dissiper les malentendus et encourager les moines bénédictins de la famille solesmienne à poursuivre dans la voie qu'ils avaient choisie et qui était celle de la fidélité aux enseignements conciliaire ainsi qu'à ceux de leur père fondateur, Dom Guéranger, le pape Paul VI écrivit personnellement au T.R. Père Abbé de l'époque, Dom Jean Prou, qui avait à diriger sa prestigieuse communauté dans un contexte particulièrement difficile.

Sad

Encore aujourd'hui l'immense majorité des communautés religieuses n'ont pas corrigé ces "abus", ni même remis en cause ces égarements bien que les plus jeunes (et d'autres plus âgés ;) ) tendent, grâce au soutien de notre Saint Père, à redécouvrir l'Esprit de la Liturgie. L'objectif n'étant pas d'imposer le seul chant Grégorien, mais bien de ne pas l'exterminer comme on le voit souvent.
Depuis quelques années nous avons des preuves encourageantes d'un sursaut du Sacré dans la Liturgie, mais peu de Communautés ont franchi le pas d'une réelle remise en question. Pourquoi face à toutes les recommandations des Papes et du Concile lui même les Communautés ne se réforment-elles pas ?

C'est douloureux comme constat.






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La Liturgie des heures
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