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 Evangiles apocryphes?

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Diotime



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MessageSujet: Evangiles apocryphes?   Mer 09 Avr 2008, 05:56

Bonsoir des Etats-Unis,

Hier soir un collegue qui a soit-disant enseigne la religion dans une ecole en Belgique, m'a affirme que Marie-Madeleine a existe historiquement, ce qui n'est pas le cas pour quelques-uns des apotres. Il a aussi ajoute que Marie-Madeleine a ecrit un testament qu'on a cache parce qu'il ne s'inscrivait pas dans la lignee du christianisme et qui affirmait qu'elle etait l'epouse de Jesus. Je sais que ce ne sont que des foutaises a la Dan Brown, mais ceci m'a quand meme intriguee. Selon quels criteres l'Eglise a-t-elle juge les 4 evangiles authentiques et a consideres les autres comme apocryphes? Est-ce que le choix des evangiles a-t-il ete remis en question recemment?
Est-ce que l'evangile de Marie-Madeleine existe vraiment? Et finalement, est-ce que, historiquement parlant, les "personnages" bibliques ont reellement existe?
Je m'excuse d'avance pour mon ignorance sur le sujet; j'ai juste besoin de quelques eclaircissements pour poursuivre ma "recherche" existentielle.

Merci Smile
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Mer 09 Avr 2008, 21:31

Cher Diotime,

La grande mode actuelle est l'éxégèse et elle se qualifie d'historique et critique. Elle consiste souvent à émettre des hypothèses en se gardant bien d'employer le mode conditionnel et de les déclarer "vérité" parce qu'un certain nombre de gens y croient.

Ainsi, dire que tel ou tel Apôtre n'a pas existé ou que Jean n'a pas écrit l'évangile de Jean est à la mode en ce moment; Il va de soi qu'il n'y a aucune preuve, aucun texte antique pour étayer ces dires.

Pour ce qui est des évangiles, et du choix qui en a été fait, voici ce qui s'est passé :

Après le départ de Jésus, au début de l'Eglise, une solide succession apostolique s'est établie. Il n'était pas bon d'être évêque à cette époque et ils risquaient vite de mourir martyrisés. Aussi les candidats étaient sincères.

Saint Jean, par exemple, ordonna saint Polycarpe. Saint Polycarpe ordonna saint Irénée qui fut évêque de Lyon et mit par écrit tout ce que lui avait raconté son maître. Il parla des 4 évangiles sûrs et raconta l'occasion de leur rédaction.

Saint Pierre, quant à lui, ordonna saint Lin, qui ordonna saint Anaclet, qui ordonna saint clément qui écrivit aussi.

Et tous ces témoignages apostoliques rejoingnirent (à quelques détails près) ce que tous croyaient sur les quatre textes les plus sérieusement écrits. Ils furent donc unanimement reconnus.

Des dizaines d'autres évangiles existaient, certains étant parfaitement fantaisistes (mettant en scène un Jésus de dessin animé transformant en animal un petit camarade arrogant), d'autres étant plus profonds et racontant par exemple le voeu de Marie au Temple dans son enfance.

Mais, à cette époque là, on n'avait pas tout vu. C'est plus tard, vers le troisième siècle, qu'une seconde fournée d'évangiles Apocryphes sortit. Ils étaient GNOSTIQUES, c'est-à-dire que des gens prétendirent que l'Eglise officielle de Rome mentait, cachait au bon peuple la vérité, mais que le secret était gardé par quelques savants rares et priviligiés (les gnostiques - ceux qui savent-) : Selon eux, le corps était une oeuvre du Diable. Judas, ami de Jésus, avait livré Jésus par amitié pour qu'il puisse se délivrer de son corps. L'évangile de Marie Madeleine date de cette époque. Il dit que Marie Madeleine faisait partie des Parfaites et recevait directement de Jésus l'enseignement secret et le baisé de la gnose.

Tous les spécialistes actuels, ceux qui sont sérieux, reconnaissent le caractère tardif de ces évangiles gnostiques.

Débordée par cette foison d'hérésie, l'Eglise se réunit donc et décida de définir définitivement le canon des Ecritures inspirées (donc les 4 évangiles).

C'est la Tradition Sainte qui, plus tard, décida de retenir certaines scènes des autres évangiles comme la présentation de marie, le nom de ses parents, ainsi que les récit de son assomption.

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Arnaud
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Diotime



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MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Jeu 10 Avr 2008, 06:13

Merci Arnaud,

Voici ce que j'ai trouve sur le sujet:
http://www.davinci-codex.com/actu/article.php3?id_article=78

Penser que Jesus a pu tomber amoureux ou avoir des relations amoureuses avec une femme est-il une heresie?
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Jeu 10 Avr 2008, 07:52

Cher Diotime,

Jésus aurait pu, de fait, choisir de tomber amoureux et de se marier.

S'il ne l'a pas fait, bien que visiblement Marie-Madeleine ait été amoureuse de lui, s'il ne l'a pas laissée le toucher:
"Ne me touche pas ! Je ne suis pas encore monter vers mon Père.", c'est pour la faire entrer dans un autre mariage, plus grand que celui de la chair et de l'amour humain: le mariage de la charité.


D'ailleurs, la Tradition raconte que Marie-Madeleine le comprit très bien après la pentecôte et se fit ermite.

Si Jésus avait été marié, ce qui eut été absolument normal à son époque, et logique avec la loi Juive, jamais l'Ecriture ne l'aurait caché. Son épouse serait alors considérée comme l'image de l'union de notre âme avec Dieu.

Citation :
Penser que Jesus a pu tomber amoureux ou avoir des relations amoureuses avec une femme est-il une heresie?

Une hérésie est ce qui s'oppose à un dogme proclamé solennellement.

Je ne pense pas que l'Eglise ait eu besoin de proclamer solennellement la perpétuielle virginité de Jésus puisque nul n'en a jamais douté. Dans l'Ecriture, ce n'est pas dit explicitement, mais c'est partout évident.

Disons que ce n'est pas une "hérésie", mais que c'est une erreur évidente.

Si l4Eglise proclame un dogme, cela deviendra une hérésie.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Jeu 10 Avr 2008, 20:30

Je vois...
Mais ce que je ne comprends pas c'est l'attitude des gens qui sont offusques et choques par la possibilite que Jesus ait pu eprouver un sentiment amoureux. On ne peut nier sa nature humaine, donc comme quand il a eu faim durant son jeun ou mal sur la croix, il aurait pu avoir des sentiments pour une femme ou meme avoir des tentations. Ma question serait donc la suivante: le fait meme de se poser la question et d'emettre cette possibilite est-il une heresie ou une erreur grave?
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Jeu 10 Avr 2008, 21:11

Cher Diotime, ce qui caractérise Jésus et Marie, qui possèdent la grâce originelle, c'est que leur désir sexuel est parfaitement contrôlé par leur intelligence et volonté, comme ils l'étaient en Adam et Eve.

Cela se fait sans lutte, simplement.

S'ils décident de ne pas user des relations sexuelles, c'est une décision simple et limpide.

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Arnaud
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Diotime



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MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Sam 12 Avr 2008, 05:10

merci Smile
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Brice



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MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Lun 14 Avr 2008, 09:43

Arnaud pourriez vous nous en dire plus sur la tradition qui nous est transmise par les textes certifiés comme apocryphes (et qui par conséquent contiennent une part de vérité)?
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Lun 14 Avr 2008, 09:52

Brice a écrit:
Arnaud pourriez vous nous en dire plus sur la tradition qui nous est transmise par les textes certifiés comme apocryphes (et qui par conséquent contiennent une part de vérité)?

Certains évangiles apocryphes n'ont pas été reconnus par l'Eglise. Mais, parfois, ce n'est pas à cause du fait qu'ils seraient hérétiques (évangiles gnostiques du III° s. par exemple) ou écrits par un habile faussaire. (évangiles où Jésus crée, dura,nt son enfance, un oiseau à partir de l'argile, ou anéantit un camarade de jeu arrogant par exemple).

Certains n'ont pas été gardés car ils centrent leur récit sur autre chose: l'enfance de Jésus ou de Marie par exemple, ou les miracles.

Ceci dit, ils contiennent des vérités que, par la suite, l'Eglise a dogmatiquement reconnu comme le voeu de religion de Marie dans son enfance, son assomption.

Je ne peux préciser ici quels sont les textes précis car ces évangiles sont très nombreux.

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Arnaud
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Lun 14 Avr 2008, 09:54






http://www.info-bible.org/articles/apocryphes_nt.htm









Les Apocryphes du Nouveau Testament


Il n’y a rien d’étonnant
ou de choquant à ce que des textes de diverses origines sur Jésus et la foi
chrétienne aient circulé depuis le commencement.
Différences entre livres apocryphes et
canoniques



Mais les Evangiles dits
apocryphes se démarquent des textes apostoliques sur plusieurs points :

- ils répondent à la curiosité
humaine en inventant les histoires que les Evangiles n’ont pas traité
(l’enfance de Jésus, par ex., qui contient des histoires peu crédibles) ;

- ils contiennent des notions
théologiques tardives (comme le titre de Mère de Dieu- theotokos dans le Protévangile
de Jacques, titre datant du concile d’Ephèse au Ve s.) ;

- ils contiennent des notions
contraires au Nouveau Testament ;

- ils sont tous pseudépigraphiques,
c’est-à-dire faussement attribués à un auteur connu.
Origine des textes apocryphes


Un certain nombre de
lettres et d’Evangile pseudépigraphiques (empruntant le nom de quelqu’un
d’autre) circulaient dans les églises en même temps que les écrits des apôtres.
Mais la plupart des Evangiles apocryphes étaient en copte et avait cours en
Egypte parmi des groupes gnostiques. Au IIe s., les églises commencèrent à écarter
ce qu’elles n’acceptaient pas comme vraiment apostolique. C’est justement
à cette époque que les gnostiques fleurirent parmi les chrétiens et obligèrent
les églises à se positionner sur certains points de doctrine ainsi que sur le
canon des Ecritures.

Article de l’Encyclopedia
Britannica
(Titre : Apocrypha):
« Tous les apocryphes du Nouveau Testament sont pseudépigraphes… Les mouvements hérétiques
gnostiques et montanistes ont produit un grand nombre de pseudépigraphes du Nouveau Testament.
L’apparition de ces nombreux écrits a provoqué le processus de canonisation
des livres saints au sein de la jeune église chrétienne. »
Définition des apocryphes


Le terme apocryphe
signifie secret en grec (apokruphos).
Il est employé principalement par les gnostiques qui basaient leurs croyances
et leurs pratiques sur l’occulte, l’ésotérique, les mystères. Pour eux,
la connaissance salvatrice passait par des secrets révélés par des éons, des
esprits angéliques, voire des dieux. On trouve au IIe s. par exemple Le
Livre Secret de Jean
qui explique la mythologie gnostique sous la forme
d’une révélation de Jésus ressuscité à l’apôtre Jean.

Les évangiles
apocryphes sont des textes qui copient et modifient les Evangiles apostoliques,
comme l’Evangile selon Marcion (un croyant semi-gnostique du IIe siècle) par
ex., qui modifie l’Evangile selon Luc.

Les évangiles
apocryphes ressemblent aussi aux Targums juifs (développement libre du texte
biblique) quand ils proviennent de groupes nazaréens comme les Ebionites.



Les Actes apocryphes,
loin d’atteindre le degré de précision historique du livre de Luc, étaient
des récits épiques et romancés destinés à enthousiasmer le lecteur
populaire.

Nombreux textes dans les
7 premiers siècles au sujet de Jésus.
Il existait notamment un
recueil de paroles de Jésus appelé Jesu
logia
(rapporté par Eusèbe de Césarée dans son Histoire Ecclésiastique,
III, 39,16 et citant Papias).


Parce que différents
groupes philosophiques et religieux se réclamant de Jésus.
Les apocryphes du Nouveau Testament
imitent le style du Nouveau Testament et se regroupent sous 4 formes : les Evangiles, les
Actes, les Epitres et les Apocalypses.
22 Evangiles apocryphes
du IIe (12 en latin et 10 en grec)
15 Actes
10 Epitres
6 Apocalypse
[voir tableau http://users.hrnet.fr/~dupuypas/Apocryphes/Les_Apocryphes_NT_tableau.htm]

Trois thèmes prédominent
: 1) histoire de Marie et Joseph 2) enfance de Jésus 3) histoire de Pilate

Les plus connus sont
l’Evangile selon Jacques, l’Evangile selon Nicodème (ou Les Actes de
Pilate), l’Evangile selon Pierre, et plusieurs Apocalypses.
37 manuscrits et 5
fragments en langue copte (tirés probablement d’originaux grecs) ont été découverts
en 1946 à Nag Hammadi (près de Louxor, Egypte)

Aucun n’est daté
avant le IIe siècle. Il n’y a que le Jesus
Seminar
pour dater l’Evangile de Thomas des années 50 de notre ère, soit
avant les Evangiles canoniques. Cela me paraît impossible à cause des faits
suivants :

- Le fragment le plus ancien de
l’Evangile de Thomas, le Papyrus Oxyrhynchos 1, date de 200 environ.

- La mention la plus ancienne
de cet écrit vient d’Hippolyte qui en parle au IIIe s (entre 222 et 235)

- L’Evangile de Thomas
contient des phrases tirées des autres évangiles.
La dominante gnostique des apocryphes


La plupart de ces textes
proviennent de groupes gnostiques égyptiens. Les éléments gnostiques
(dualisme et docétisme) s’y retrouvent souvent.

Par exemple, dans l’Evangile
de Pierre
(dont Bouriant a découvert un fragment en 1886 à Akhmîn en
Egypte), Jésus semble ne pas souffrir (IV, 10) et il ne meurt pas mais est
enlevé (V, 19). Cela correspond au docétisme gnostique qui enseignait que Jésus
n’était pas vraiment humain et n’avait qu’une apparence humaine (docétisme
vient du grec dokeo = imaginer).

L’Evangile
selon Thomas
commence ainsi : « Voici les paroles secrètes que Jésus
le vivant a dites et qu’a écrites Didyme Jude Thomas. Logia 1 : Et celui
qui trouvera l’interprétation de ces paroles ne goûtera point la mort. »
Cette idée de secret réservé à une élite est tout à fait gnostique et
s’oppose aux livres du Nouveau Testament qui affirment que les mystères de Dieu ont été
révélés et ne sont plus secrets (ex. : Epitre de Paul aux Romains
16/25-26).
Evaluation des paroles apocryphes de Jésus


Eusèbe de Césarée
parle dans son Histoire Ecclésiastique de Papias, évêque de Hiérapolis au IIe
siècle qui aurait compilé des paroles de Jésus (Exposition
des Oracles de Jésus
) auprès des témoins oculaires. Son texte a
malheureusement été perdu et ne doit pas être confondu avec l’Evangile de
Thomas. F.F. Bruce considère, au vu des extraits cités par des auteurs grecs,
que ces oracles de Jésus rapportés par Papias n’apportent rien de plus au
Nouveau Testament.



L’Evangile
de Thomas,
qui contient 114 paroles attribuées à Jésus, contredit à
plusieurs reprises les autres textes du Nouveau Testament.

  • La parole 114 est carrément misogyne : « Simon Pierre leur dit :
    Que Marie sorte du milieu de nous car les femmes ne sont pas dignes de la Vie. Jésus
    dit : Voici que je la guiderai afin de la faire mâle, pour qu’elle
    devienne, elle aussi, un esprit vivant semblable à vous, mâles. Car toute
    femme qui se fera mâle entrera dans le royaume des cieux. »

  • La parole 77 est panthéiste : « Jésus a dit : je suis la lumière
    qui est sur eux tous. Je suis le Tout : le Tout est sorti de moi, et le
    Tout est arrivé à moi. Fendez du bois : je suis là ; levez la
    pierre et vous me trouverez là. »

  • De nombreuses autres paroles, par contre, sont des citations directes des
    Evangiles canoniques, souvent sorties de leur contexte, preuve qu’elles sont
    reprises et non antérieures aux Evangiles canoniques.
    Formation du canon


    Dès le IIe siècle
    circulait une abondante littérature dans les églises qui citait les livres du
    Nouveau Testament. C’est Tertullien qui, vers 200 après J.C., forgea
    l’expression « Nouveau Testament » (littéralement Nouvelle
    Alliance
    – comp. Hébreux 12:24).


    Une majorité
    d’historiens et de papyrologues confirment que tous les livres du Nouveau Testament étaient
    écrits à la fin du 1er siècle et largement copiés et répandus au cours du
    IIe siècle. « L’Epitre
    aux Corinthiens de Clément de Rome, datée autour de 95, contient des citations
    de nombreux livres du Nouveau Testament : Matthieu, Marc, Luc, Romains, Galates,
    Philippiens, Ephésiens, et probablement Hébreux, Actes, Jacques et 1 Pierre »
    (Bruce Metzger, The Canon of the New Testament,
    1987).


    Sur
    quels critères a-t-on choisi les livres du Nouveau Testament ?


    Pour être intégré à
    la collection des livres du Nouveau Testament, un écrit devait 1°) provenir des apôtres 2°)
    ne pas contredire leur enseignement et celui de Jésus. 3°) confirmer les écrits
    de l’Ancien Testament


    Qui décidait
    d’inclure tel ou tel livre ?


    Personne en particulier.
    Les lettres des apôtres et les quatre Évangiles étaient lus et commentés
    dans toutes les églises, en plus de l’Ancien Testament. Dans certaines églises, on y
    lisait aussi l’Épître de Clément de Rome ou celle de Barnabas. Les grands
    écrivains chrétiens citaient abondamment le Nouveau Testament pour défendre leur foi.


    C’est seulement en 393
    à Hippo et en 397 à Carthage que des Conciles conduits par Augustin ratifièrent
    le choix faits par les églises depuis près de deux cents ans en fixant
    officiellement la liste des livres du Nouveau Testament. Il est intéressant de noter que les
    églises d’Orient, indépendantes de celles d’Afrique du Nord où se réunirent
    les conciles, possédaient le même canon, à une exception près, le livre de
    l’Apocalypse de Jean, controversé par des hérétiques.


    A la fin du IIIè siècle,
    en effet, il y eût quelques doutes émis sur l’inspiration de l’Apocalypse
    de Jean. En fait, les partisans d’une nouvelle doctrine sur la fin des temps
    voulaient écarter l’Apocalypse du Canon pour laisser libre cours à leur
    enseignement erroné. Mais ils ne purent y réussir parce que l’Apocalypse est
    le livre le plus confirmé et attesté par l’Église primitive.

    Des Evangiles à Qumran ?


    Certains affirment que
    les grottes de Qumran contenaient des Evangiles cachés. Ceci est totalement
    faux.
    Le jésuite José
    O’Callaghan a prétendu avoir découvert un fragment de l’Evangile selon
    Marc dans la grotte 7, mais cela n’a rien à voir avec un Evangile perdu.
    Il n’y a que 2 sortes
    d’Evangiles : les Evangiles écrits par les disciples de Jésus,
    Matthieu, Marc, Luc et Jean, et les Evangiles écrits plus tard par des
    faussaires.

    Conclusion sur les apocryphes


    Les apocryphes du Nouveau Testament
    diffèrent et ressemblent à la fois aux écrits du Nouveau Testament :

    • diffèrent quant à la
      hauteur de vue : ils n’atteignent jamais l’inspiration des textes sacrés.

    • diffèrent quant à l’étendue des informations : ils ne décrivent pas
      les actions de Jésus comme le font les Evangiles, ils ne contiennent pas
      d’instructions doctrinales pour les fidèles comme le font les Epitres.

    • ressemblent quant à certaines paroles de Jésus : un certain nombre
      semblent directement prises sur les 4 Evangiles écrits un siècle avant au
      moins.

    • ressemblent en tant que copies humaines : Evangiles, Actes, Apocalypses,
      noms d’apôtres, style littéraire oriental…


    Les apocryphes du Nouveau Testament
    n’ajoutent ni ne retranchent rien aux croyances cardinales du Christianisme.

    • ils ne trahissent pas de
      doctrine secrète cachée jusque-là.
    • ils n’enlèvent rien à la
      personne centrale de Jésus le Messie.
    • ils n’enlèvent rien à
      l’œuvre de Christ, sa naissance, sa mort et sa résurrection.

    • ils citent les 4 Evangiles (sans les nommer) et y ajoutent des paroles de Jésus
      ou des récits légendaires.

    • Le Protévangile de Jacques, qui raconte l’enfance de Marie, et le Transitus
      Mariae,
      qui raconte l’assomption de Marie, contribuent il est vrai à
      faire de la mère de Jésus une personne plus importante que dans le Nouveau Testament où elle
      est peu présente. Cette vénération de Marie est historiquement une déviation
      absente chez les premiers chrétiens.


    La rumeur du complot mis
    en place par les chefs de l’
    Eglise
    pour cacher aux croyants certaines vérités ne tient pas devant un examen
    historique sérieux.
    Les apocryphes sont intéressants
    pour la curiosité, mais n’apportent rien de nouveau, rien de spirituel et
    rien de fiable, comparés aux écrits denses et profonds du Nouveau Testament.
    De plus, étant des
    mensonges pieux (ils sont faussement attribués à des apôtres ou des témoins
    oculaires de la vie de Jésus alors qu’ils datent au minimum du IIe siècle),
    ils ne sont pas dignes d’entrer dans le canon du Nouveau Testament.

    Mes sources
    d’information


    • Les
      Evangiles Apocryphes,
      Collection Retz Poche, présentés par Pierre Crepon.
    • L’Inspiration
      et l’Autorité de la Bible,
      René Pache, 1969
    • Encyclopedia
      Britannica
      sur Cd-Rom, 2000
    • Jesus
      & Christian origins outside the New Testament,
      par F.F. Bruce, 1974

  • _________________
    Arnaud
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    MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Lun 14 Avr 2008, 15:56

    Merci Arnaud, j'ai lu ceci avec beaucoup d'interêt mais je reste sur ma faim, où peut on trouver ces textes dit apocryphe?
    En effet je suis très interessé par leur lecture (par curiosité scientifique principalement). Je prend bien en compte vos mis en garde surtout par rapport à une dérive gnostique. Mais ce n'est pas tant spirituel qu'une recherche historique.
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    Arnaud Dumouch
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    MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Lun 14 Avr 2008, 16:25

    Je peux vous en envoyer certains par email ? Mais il y en a beaucoup.

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    Arnaud
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    MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Lun 14 Avr 2008, 19:13

    Voici par exemple le pré -évangile de Jacques. Il est écrit par le frère du seigneur et beaucoup de chopses ont été gardé par l'Eglise, soit comme tradition (Anne et Joachim) soit comme vérité (la présentation de Marie au Temple:




    Citation :
    Proto-Evangile de Jacques


    Apocryphes
    du Nouveau Testaments









    Chapitre 1





    (5) [1] Les histoires des douze tribus racontent qu'un homme fort riche, Joachim,
    apportait au Seigneur double offrande, se disant : " Le supplément sera
    pour tout le peuple et la part que je dois pour la remise de mes fautes ira au
    Seigneur, afin qu'il me soit propice. "


    (6) [2] Vint le grand jour du Seigneur(1), et les
    fils d'Israël apportaient leurs présents. Or Ruben se dresse devant lui et dit
    : " Tu n'as pas le droit de déposer le premier tes offrandes, puisque tu
    n'as pas eu de postérité en Israël. "


    (7) [3] Joachim eut grand chagrin, et il s'en alla consulter les registres des
    douze tribus du peuple, se disant : " Je verrai bien dans leurs archives
    si je suis le seul à n'avoir pas engendré en Israël ! " Il chercha, et
    découvrit que tous les justes avaient suscité une postérité en Israël. Et il se
    souvint du patriarche Abraham ; sur ses vieux jours, le Seigneur Dieu lui avait
    donné un fils, Isaac.


    ( [4] Alors, accablé de tristesse, Joachim ne reparut pas devant sa femme, et
    il se rendit dans le désert ; il y planta sa tente et, quarante jours et
    quarante nuits, il jeûna(2), se disant : "
    Je ne descendrai plus manger ni boire, avant que le Seigneur mon Dieu m'ait
    visité. La prière sera ma nourriture et ma boisson. "





    chapitre 2





    (12) [1] Et sa femme Anne avait deux sujets de se lamenter et de se marteler la
    poitrine. " J'ai à pleurer, disait-elle, sur mon veuvage et sur ma
    stérilité ! "


    (13) [2] Vint le grand jour du Seigneur. Judith, sa servante, lui dit : "
    Jusqu'à quand te désespéreras-tu ? C'est aujourd'hui le grand jour du Seigneur.
    Tu n'as pas le droit de te livrer aux lamentations. Prends donc ce bandeau que
    m'a donné la maîtresse de l'atelier. Je ne puis m'en orner, car je ne suis
    qu'une servante, et il porte un insigne royal. "


    (14) [3] Anne lui dit : " Arrière, toi ! Je n'en ferai rien, car le Seigneur
    m'a accablée d'humiliations. Et peut-être ce présent te vient-il d'un voleur et
    tu cherches à me faire complice de ta faute. " Et Judith la servante dit :
    " Quel mal dois-je te souhaiter encore, de rester sourde à ma voix ? Le
    Seigneur Dieu a clos ton sein et ne te donne point de fruit en Israël ! "


    (15) [4] Alors Anne, malgré son désespoir, ôta ses habits de deuil, se lava la
    tête et revêtit la robe de ses noces. Et vers la neuvième heure(3), elle descendit se promener dans son jardin. Elle
    vit un laurier et s'assit à son ombre. Après un moment de repos, elle invoqua
    le Maître : " Dieu de mes pères, dit-elle, bénis-moi, exauce ma prière,
    ainsi que tu as béni Sarah, notre mère, et lui as donné son fils Isaac.
    "





    chapitre 3





    (19) [1] Levant les yeux au ciel, elle aperçut un nid de passereaux dans le laurier.
    Aussitôt elle se remit à gémir : " Las, disait-elle, qui m'a engendrée et
    de quel sein suis-je sortie ? Je suis née, maudite devant les fils d'Israël. On
    m'a insultée, raillée et chassée du temple du Seigneur mon Dieu.


    (20) [2] Las, à qui se compare mon sort ? Pas même aux oiseaux du ciel, car les
    oiseaux du ciel sont féconds devant ta face, Seigneur. Las, à qui se compare
    mon sort ? Pas même aux animaux stupides, car les animaux stupides sont eux
    aussi féconds devant toi, Seigneur. Las, à quoi se compare mon sort ? Non plus
    aux bêtes sauvages de la terre, car les bêtes sauvages de la terre sont
    fécondes devant ta face, Seigneur.



    (21) [3] Las, à quoi se compare mon sort ? A ces eaux non plus, car ces eaux sont
    tantôt calmes tantôt bondissantes, et leurs poissons te bénissent, Seigneur.
    Las, à qui se compare mon sort ? Pas même à cette terre, car la terre produit
    des fruits en leur saison et te rend gloire, Seigneur."





    chapitre 4





    (25) [1] Et voici qu'un ange du Seigneur parut, disant : " Anne, Anne, le
    Seigneur Dieu a entendu ta prière. Tu concevras, tu enfanteras et l'on parlera
    de ta postérité dans la terre entière. " Anne répondit : " Aussi vrai
    que vit le Seigneur Dieu, je ferai don de mon enfant, garçon ou fille, au Seigneur
    mon Dieu et il le servira tous les jours de sa vie. "


    (26) [2] Et voici, deux messagers survinrent, qui lui dirent : " Joachim, ton
    mari, arrive avec ses troupeaux. Un ange du Seigneur est descendu auprès de
    lui, disant : "Joachim, Joachim, le Seigneur Dieu a exaucé ta prière.
    Descends d'ici. Voici que Anne ta femme a conçue(4)
    en son sein".


    (27) [3] Aussitôt Joachim est descendu, il a convoqué ses bergers, leur disant :
    " Apportez-moi ici dix agneaux sans tache ni défaut. Ces dix agneaux
    seront pour le Seigneur Dieu. Apportez-moi aussi douze veaux bien tendres et
    les douze veaux seront pour les prêtres et le Conseil des Anciens. Aussi cent
    chevreaux, et les cent chevreaux seront pour tout le peuple. "


    (2 [4] Joachim arriva avec ses troupeaux. Anne l'attendait, aux portes de la
    ville(5). Dès qu'elle le vit paraître avec ses
    bêtes, elle courut vers lui, se suspendit à son cou et s'écria : "
    Maintenant je sais que le Seigneur Dieu m'a comblée de bénédictions ! Voici :
    la veuve n'est plus veuve et la stérile a conçu(6)
    ! " Et Joachim, ce premier jour, resta chez lui à se reposer.





    chapitre 5





    (32) [1] Le lendemain, il apportait ses offrandes : " Si le Seigneur Dieu m'a
    été favorable, pensait-il, la lame d'or du prêtre me le révélera(7). " Il présenta ses offrandes, et scruta la
    tiare du prêtre quand celui-ci monta à l'autel du Seigneur ; et il sut qu'il
    n'y avait pas de faute en lui. " Maintenant, dit-il, je sais que le
    Seigneur Dieu m a fait grâce et m'a remis tous mes péchés. " Et il
    descendit du temple du Seigneur, justifié, et rentra chez lui.


    (33) [2] Six mois environ s'écoulèrent ; le septième, Anne enfanta. "
    Qu'ai-je mis au monde ? " demanda-t-elle à la sage-femme. Et celle-ci
    répondit : " Une fille. " Et Anne dit : " Mon âme a été exaltée
    en ce jour ! " Et elle coucha l'enfant. Quand les jours furent accomplis,
    Anne se purifia(8), donna le sein à l'enfant et
    l'appela du nom de Marie.





    chapitre 6





    (37) [1] De jour en jour, l'enfant se fortifiait. Quand elle eut six mois, sa mère
    la mit par terre, pour voir si elle tenait debout. Or l'enfant fit sept pas,
    puis revint se blottir auprès de sa mère. Celle-ci la souleva, disant : "
    Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, tu ne marcheras pas sur cette terre,
    que je ne t'ai menée au temple du Seigneur. " Et elle apprêta un
    sanctuaire dans sa chambre et elle ne laissait jamais sa fille toucher à rien
    de profane ou d'impur. Et elle invita les filles des Hébreux, qui étaient sans
    tache, et celles-ci la divertissaient.



    (3 [2] Quand l'enfant eut un an, Joachim donna un grand festin où il convia les
    grands prêtres, les prêtres, les scribes, les Anciens et tout le peuple
    d'Israël. Il présenta l'enfant aux prêtres qui la bénirent : " Dieu de nos
    pères disaient-ils, bénis cette enfant, et donne-lui un nom illustre à jamais,
    dans toutes les générations. " Et tout le peuple s'écria : " Qu'il en
    soit ainsi ! Amen ! " Et ils la présentèrent aux grands prêtres, et
    ceux-ci la bénirent, disant : " Dieu des hauteurs, abaisse ton regard sur
    cette petite fille et bénis-la d'une bénédiction suprême, qui surpasse toute
    bénédiction. "


    (39) [3] Et sa mère l'emporta dans le sanctuaire de sa chambre et elle lui donna
    le sein. Anne éleva un chant au Seigneur Dieu : " Je chanterai un cantique
    sacré au Seigneur mon Dieu, parce qu'il m'a visitée et m'a enlevé l'outrage de
    mes ennemis. Et le Seigneur mon Dieu m'a donné un fruit de sa justice, unique
    et considérable devant sa face. Qui annoncera aux fils de Ruben qu'Anne donne
    le sein ? Écoutez, écoutez, ô les douze tribus d'Israël : Anne donne le sein !
    " Et elle reposa l'enfant dans le
    sanctuaire de sa chambre, sortit et servit ses hôtes. Quand le banquet fut
    achevé, ils descendirent joyeux et ils glorifièrent le Dieu d'Israël.





    chapitre 7





    (43) [1] Les mois se succédèrent : l'enfant atteignit deux ans. Joachim dit :
    " Menons-la au temple du Seigneur, pour accomplir la promesse que nous
    avons faite. Sinon le Maître s'irriterait contre nous et rejetterait notre
    offrande. " Mais Anne répondit : " Attendons sa troisième année, de
    peur qu'elle ne réclame son père ou sa mère. " Joachim opina : "
    Attendons. "


    (44) [2] L'enfant eut trois ans. Joachim dit : " Appelons les filles des
    Hébreux, celles qui sont sans tache. Que chacune prenne un flambeau et le
    tienne allumé : ainsi, Marie ne se retournera pas et son cœur ne sera pas
    retenu captif hors du temple du Seigneur. " L'ordre fut suivi, et elles
    montèrent au temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l'enfant et l'ayant
    embrassée, il la bénit et dit : " Le Seigneur Dieu a exalté ton nom parmi
    toutes les générations. En toi, au dernier des jours, le Seigneur manifestera
    la rédemption aux fils d'Israël. "



    (45) [3] Et il la fit asseoir sur le troisième degré de l'autel. Et le Seigneur
    Dieu répandit sa grâce sur elle. Et ses pieds esquissèrent une danse et toute
    la maison d'Israël l'aima.





    chapitre 8





    (49) [1] Ses parents descendirent, émerveillés, louant et glorifiant le Dieu
    souverain qui ne les avait pas dédaignés. Et Marie demeurait dans le temple du
    Seigneur, telle une colombe(9), et elle recevait
    sa nourriture de la main d'un ange.



    (50) [2] Quand elle eut douze ans, les prêtres se consultèrent et dirent : "
    Voici que Marie a douze ans, dans le temple du Seigneur. Que ferons-nous
    d'elle, pour éviter qu'elle ne rende impur le sanctuaire du Seigneur notre Dieu
    ? " Et ils dirent au grand prêtre :
    " Toi qui gardes l'autel du Seigneur, entre et prie au sujet de cette
    enfant. Ce que le Seigneur te dira, nous le ferons. "


    (51) [3] Et le prêtre revêtit l'habit aux douze clochettes(10), pénétra dans le Saint des Saints et se mit en prière. Et voici
    qu'un ange du Seigneur apparut, disant : " Zacharie, Zacharie, sors et
    convoque les veufs du peuple. Qu'ils apportent chacun une baguette. Et celui à
    qui le Seigneur montrera un signe en fera sa femme. " Des hérauts
    s'égaillèrent dans tout le pays de Judée et la trompette du Seigneur retentit,
    et voici qu'ils accoururent tous.





    chapitre 9





    (55) [1] Joseph jeta sa hache et lui aussi alla se joindre à la troupe. Ils se
    rendirent ensemble chez le prêtre avec leurs baguettes. Le prêtre prit ces
    baguettes, pénétra dans le temple et pria. Sa prière achevée, il reprit les
    baguettes, sortit et les leur rendit. Aucune ne portait de signe. Or Joseph
    reçut la sienne le dernier. Et voici qu'une colombe s'envola de sa baguette et
    vint se percher sur sa tête. Alors le prêtre : " Joseph, Joseph, dit-il,
    tu es l'élu : c'est toi qui prendras en garde la vierge du Seigneur.
    "


    (56) [2] Mais Joseph protesta : " J'ai des fils, je suis un vieillard et elle
    est une toute jeune fille. Ne vais-je pas devenir la risée des fils d'Israël ?
    " - " Joseph, répondit le prêtre, crains le Seigneur ton Dieu, et
    souviens-toi du sort que Dieu a réservé à Dathan, Abiron et Corê. La terre
    s'entrouvrit et les engloutit tous à la fois, parce qu'ils lui avaient résisté.
    Et maintenant, Joseph, crains de semblables fléaux sur ta maison ! "


    (57) [3] Très ému, Joseph prit la jeune fille sous sa protection et lui dit :
    " Marie, le temple du Seigneur t'a confiée à moi. Maintenant je te laisse
    en ma maison. Car je pars construire mes bâtiments. Je reviendrai auprès de
    toi. Le Seigneur te gardera. "





    chapitre 10





    (61) [1] Cependant, les prêtres s'étaient réunis et avaient décidé de faire tisser
    un voile pour le temple du Seigneur. Et le grand-prêtre dit : "
    Appelez-moi les jeunes filles de la tribu de David(11),
    qui sont sans tache. " Ses serviteurs partirent, cherchèrent et en
    trouvèrent sept. Mais le prêtre se souvint que la jeune Marie était de la tribu
    de David et qu'elle était sans tache devant Dieu. Et les serviteurs partirent
    et l'amenèrent.


    (62) [2] Et l'on fit entrer ces jeunes filles dans le temple du Seigneur. Et le
    prêtre leur dit : " Tirez au sort laquelle filera l'or, l'amiante, le lin,
    la soie, le bleu, l'écarlate et la pourpre véritable. " La pourpre véritable et l'écarlate échurent à
    Marie. Elle les prit et rentra chez elle. C'est à ce moment-là que Zacharie
    devint muet et que Samuel le remplaça jusqu'à ce qu'il eût retrouvé la parole.
    Et Marie saisit l'écarlate et se mit à filer.



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    MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Lun 14 Avr 2008, 19:21

    Citation :
    chapitre 11

    (66) [1] Or elle prit sa cruche et sortit pour puiser de l'eau. Alors une voix
    retentit : " Réjouis-toi, pleine de grâce. Le Seigneur est avec toi. Tu es
    bénie parmi les femmes. ". Marie regardait à droite et à gauche : d'où
    venait donc cette voix ? Pleine de frayeur, elle rentra chez elle, posa sa
    cruche, reprit la pourpre, s'assit sur sa chaise et se remit à filer.


    (67) [2] Et voici qu'un ange debout devant elle disait : " Ne crains pas,
    Marie, tu as trouvé grâce devant le Maître de toute chose. Tu concevras de son Verbe. " Ces paroles jetèrent Marie dans le désarroi. " Concevrai-je,
    moi, du Seigneur, dit-elle, du Dieu vivant, et enfanterai-je comme toute femme?


    (68 [3] Et voici que l'ange, toujours devant elle, lui répondit : " Non,
    Marie. Car la puissance de Dieu te prendra sous son ombre. Aussi le saint
    enfant qui naîtra sera-t-il appelé le fils du Très-Haut. Tu lui donneras le nom
    de Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés. " Et Marie dit alors :
    " Me voici devant lui sa servante ! Qu'il m'advienne selon ta parole.
    "
    chapitre 12
    (72) [1] Et elle reprit son travail de pourpre et d'écarlate puis l'apporta au
    prêtre. Et quand le prêtre le reçut, il la bénit et dit : " Marie, le
    Seigneur Dieu a exalté ton nom et tu seras bénie parmi toutes les générations
    de la terre. "


    (73) [2] Pleine de joie, Marie se rendit chez sa parente Elisabeth et frappa à la porte. En l'entendant Elisabeth jeta l'écarlate, courut à la porte, ouvrit, et la bénit en ces termes : " Comment se fait-il que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? Car vois-tu, l'enfant a tressailli et t'a bénie. " Or Marie avait oublié les mystères dont avait parlé l'ange Gabriel(12). Elle leva les yeux au ciel et dit : " Qui suis-je, pour que toutes les femmes de la terre me proclament bienheureuse?
    "
    (74) [3] Et elle demeura trois mois chez Elisabeth. Et de jour en jour son sein s'arrondissait. Inquiète, elle regagna sa maison et elle se cachait des fils d'Israël. Elle avait seize ans, quand s'accomplirent ces mystères(13).

    chapitre 13

    (78 , [1] Son sixième mois arriva, et voici que Joseph revint des chantiers ; il
    entra dans la maison et s'aperçut qu'elle était enceinte. Et il se frappa le
    visage et se jeta à terre sur son sac et il pleura amèrement, disant : "
    Quel front lèverai-je devant le Seigneur Dieu ? Quelle prière lui adresserai-je
    ? Je l'ai reçue vierge du temple du Seigneur et je ne l'ai pas gardée. Qui m'a
    trahi ? Qui a commis ce crime sous mon toit ? Qui m'a ravi la vierge et l'a
    souillée? L'histoire d'Adam se répète-t-elle à mon sujet ? Car tandis qu'Adam
    faisait sa prière de louange, le serpent s'approcha et surprit Eve seule ; il
    la séduisit et la souilla. La même disgrâce me frappe. "


    (79) [2] Et Joseph se releva de son sac et appela Marie : " Toi la choyée de
    Dieu, qu'as-tu fait là ? As-tu oublié le Seigneur ton Dieu ? Pourquoi t'es-tu
    déshonorée, toi qui as été élevée dans le Saint des Saints et as reçu
    nourriture de la main d'un ange ? "

    (80) [3] Et elle pleura amèrement, disant : " Je suis pure et je ne connais
    pas d'homme. " Et Joseph lui dit : " D'où vient le fruit de ton sein
    ? " Et elle répondit : " Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu,
    j'ignore d'où il vient. "


    chapitre 14

    (84) [1] Et Joseph, rempli de frayeur, se tint coi, et il se demandait ce qu'il
    devait faire d'elle. " Si je garde le secret sur sa faute, se disait-il,
    je contreviendrai à la loi du Seigneur. Mais si je la dénonce aux fils
    d'Israël, et que son enfant vienne d'un ange, ce dont j'ai bien peur, alors je
    livre à la peine capitale un sang innocent. Que ferai-je d'elle ? Je la
    répudierai en secret. " La nuit le surprit dans ces réflexions.


    (85) [2] Et voici qu'un ange du Seigneur lui apparut en songe, disant : " Ne
    t'inquiète pas à propos de cette enfant. Ce qui est en elle vient de l'Esprit
    saint. Elle t'enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus. Car il
    sauvera son peuple de ses péchés. " Joseph se réveilla et glorifia le Dieu
    d'Israël qui lui avait donné sa grâce. Et il garda la jeune fille.


    chapitre 15

    (89) [1] Or le scribe Anne vint le voir et lui dit : " Joseph, pourquoi
    n'as-tu point paru à notre réunion? -Mon voyage m'avait fatigué, répondit-il, et j'ai passé le premier jour à me reposer. " Mais Anne se retourna et vit Marie enceinte.


    (90) [2] Et il partit en courant chez le prêtre et lui dit : " Eh bien, ce
    Joseph dont tu te portes garant, a commis une faute ignoble.- Quoi donc ?
    " demanda le grand-prêtre. L'autre reprit : " Il a déshonoré la jeune
    fille que le temple du Seigneur lui avait confiée et il l'a épousée
    secrètement, sans avertir les fils d'Israël ! " Et le grand-prêtre lui dit
    : " Joseph a-t-il fait cela ? " Et l'autre répondit : " Envoie
    tes gens et tu verras que la jeune fille est enceinte. " Des serviteurs
    partirent et la trouvèrent dans l'état qu'il avait dit. Ils la ramenèrent au
    temple et elle comparut au tribunal.
    (91) [3] Le grand-prêtre lui dit : " Marie, qu'as-tu fait là? Pourquoi as-tu
    perdu ton honneur ? As-tu oublié le Seigneur ton Dieu, toi qui fus élevée dans
    le Saint des Saints et qui reçus nourriture de la main des anges? Toi qui
    entendis leurs hymnes et dansas devant eux ? Qu'as-tu fait là ? " Et elle pleura amèrement et dit : "
    Aussi vrai que vit le Seigneur Dieu, je suis pure devant sa face et ne connais
    pas d'homme. "


    (92) [4] Et le grand-prêtre dit : " Et toi, Joseph, qu'as-tu fait? " Et
    Joseph répondit : " Aussi vrai que vit le Seigneur et que vivent son
    Christ et le témoin de sa vérité je suis pur vis-à-vis d'elle. " Le
    grand-prêtre insista. " Ne rends
    pas de faux témoignage ! Dis la vérité ! Tu l'as épousée en cachette, tu n'as
    rien dit aux fils d'Israël et tu n'as pas incliné ta tête sous la puissante
    main qui eût béni ta postérité ! " Et Joseph garda le silence.


    chapitre 16
    (96) [1] Le grand-prêtre reprit : " Rends-nous la jeune fille que tu avais
    reçue du temple du Seigneur. " Joseph fondit en larmes. Le grand-prêtre
    ajouta : " Je vous ferai boire l'eau de l'épreuve rituelle(14) et votre faute éclatera à vos yeux. "


    (97) [2] Le grand-prêtre prit de l'eau, en fit boire à Joseph puis il l'envoya au
    désert(15), Or celui-ci revint indemne. Et il fit boire aussi la jeune fille et l'envoya au désert. Et elle redescendit, indemne. Et tout le peuple s'étonna que leur faute n'eût pas été manifestée.


    (98, [3] Alors le grand-prêtre dit : " Puisque le Seigneur Dieu n'a pas
    révélé de péché en vous, moi non plus je ne vous condamne pas. " Et il les
    laissa partir. Et Joseph prit Marie et rentra chez lui, heureux et louant le Dieu d'Israël.

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    MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Lun 14 Avr 2008, 19:22

    Citation :

    chapitre 17
    (102) [1] Il parut un édit du roi Auguste qui invitait tous les habitants de
    Bethléem en Judée, à se faire recenser. Et Joseph dit : " J'irai inscrire
    mes
    fils. Mais que faire avec cette enfant? Comment la recenser? Comme ma
    femme ? Je ne puis décemment. Comme ma fille ? Mais les fils d'Israël
    savent que je n'ai pas de fille. Qu'en ce jour donc, le Seigneur en
    décide à son gré. "


    (103) [2]
    Et il sella son âne et la jucha dessus. Son fils tirait la bride et
    Samuel suivait. Et ils entamaient le troisième mille quand Joseph se
    retourna et la vit fort rembrunie. " L'enfant qu'elle porte,
    pensa-t-il, doit la faire
    souffrir. " Il se tourna une nouvelle fois et vit qu'elle riait. Il lui
    dit : " Marie, qu'as-tu donc? Je vois tour à tour joie et tristesse sur
    ton visage. " Et elle lui dit : " Joseph, deux peuples sont sous mes
    yeux(16). L'un pleure et se frappe la poitrine, l'autre danse et fait la fête. "

    (104) [3] Ils étaient à mi-chemin(17),
    quand Marie lui dit : " Joseph, aide-moi à descendre de l'âne.
    L'enfant, en moi, me presse et va naître. " Il lui fit mettre pied à
    terre et lui dit : " Où t'emmener? Où abriter ta pudeur? L'endroit est
    à découvert. "

    chapitre 18
    (108) [1] Mais il trouva là une grotte(18),
    l'y conduisit et la confia à la garde de ses fils. Puis il partit
    chercher une sage-femme juive dans le pays de Bethléem. {Il en trouva
    une qui descendait de la montagne et il l'amena(19).}


    (109) [2]
    " Or moi20, Joseph, je me promenais et ne me promenais pas. Et je levai
    les yeux vers la voûte du ciel et je la vis immobile, et je regardai en
    l'air et je le vis figé d'étonnement. Et les oiseaux étaient arrêtés en plein
    vol. Et j'abaissai mes yeux sur la terre et je vis une écuelle et des ouvriers
    étendus
    pour le repas, et leurs mains demeuraient dans l'écuelle. Et ceux qui
    mâchaient ne mâchaient pas et ceux qui prenaient de la nourriture ne la
    prenaient
    pas et ceux qui la portaient à la bouche ne l'y portaient pas Toutes
    les faces et tous les yeux étaient levés vers les hauteurs.


    (110) [3]
    Et je vis des moutons que l'on poussait, mais les moutons n'avançaient
    pas. Et le berger levait la main pour les frapper, et sa main restait
    en l'air. Et je portai mon regard sur le courant de la rivière et je
    vis des chevreaux qui effleuraient l'eau de leur museau, mais ne la
    buvaient pas. Soudain la vie reprit son cours.


    chapitre 19
    (114) [1]
    Et je vis une femme qui descendait de la montagne et elle m'interpella
    : " Eh, l'homme, où vas-tu ? " Je répondis : " Je vais chercher
    une sage-femme juive. - Es-tu d'Israël ? me demanda-t-elle encore. - Oui
    ", lui dis-je. Elle reprit : " Et qui donc est en train d'accoucher
    dans la grotte ? " {Et Joseph dit à la sage-femme : " C'est Marie, ma
    fiancée ; mais elle a conçu de l'Esprit saint, après avoir été élevée dans le
    temple du Seigneur. "} Et je lui dis : " C'est ma fiancée. - Elle
    n'est donc pas ta femme ? " demanda-t-elle. Et je lui dis : " C'est
    Marie,
    celle qui a été élevée dans le temple du Seigneur. J'ai été désigné
    pour l'épouser, mais elle n'est pas ma femme, et elle a conçu du
    Saint-Esprit. " Et la sage-femme dit : " Est-ce la vérité ? " Joseph
    répondit
    : " Viens et vois. " Et elle partit avec lui,


    (115) [2] et ils s'arrêtèrent à l'endroit de la grotte. Une obscure nuée
    enveloppait celle-ci. Et la sage-femme dit : " Mon âme a été exaltée
    aujourd'hui car mes yeux ont contemplé des merveilles : le salut est né pour
    Israël. " Aussitôt la nuée se retira de la grotte et une grande lumière
    resplendit à l'intérieur, que nos yeux ne pouvaient supporter. Et peu à peu
    cette lumière s'adoucit pour laisser apparaître un petit enfant. Et il vint
    prendre le sein de Marie sa mère. Et la sage-femme s'écria : " Qu'il est
    grand pour moi ce jour ! J'ai vu de mes yeux une chose inouïe. "


    (116) [3]
    Et la sage-femme sortant de la grotte, rencontra Salomé et elle lui dit
    : " Salomé, Salomé, j'ai une étonnante nouvelle à t'annoncer : une
    vierge a enfanté, contre la loi de nature. " Et Salomé répondit : "
    Aussi vrai
    que vit le Seigneur mon Dieu, si je ne mets mon doigt et si je n'examine son
    corps,
    je ne croirai jamais que la vierge a enfanté. " {Et elle s'approcha, et
    la disposa, et Salomé examina sa nature. Et elle s'écria qu'elle
    avait tenté le Dieu vivant : " Et voici, je perds ma main, brûlée par un
    feu. " Et elle pria le Seigneur et la sage-femme fut guérie dès cet
    instant. Or un ange du Seigneur se dressa devant Salomé, disant : " Ta
    prière
    a été exaucée devant le Seigneur Dieu. Approche-toi et touche le petit
    enfant, et pour toi aussi il sera le salut. " Salomé obéit et fut guérie
    selon qu'elle avait adoré, et elle sortit de la grotte. Et voici, un ange du
    Seigneur fit entendre une voix.}


    chapitre 20
    (120) [1] Et la sage-femme entra et dit : " Marie, prépare-toi car ce n'est
    pas un petit débat qui s'élève à ton sujet. " A ces mots, Marie se
    disposa.
    Et Salomé mit son doigt dans sa nature et poussant un cri, elle dit : "
    Malheur à mon impiété et à mon incrédulité ! disait-elle, j'ai tenté le
    Dieu vivant ! Et voici que ma main se défait, sous l'action d'un feu."


    (121) [2] Et Salomé s'agenouilla devant le Maître, disant : " Dieu de mes
    pères,
    souviens-toi que je suis de la lignée d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.
    Ne m'expose pas au mépris des fils d'Israël, mais rends-moi aux
    pauvres. Car tu sais, ô Maître, qu'en ton nom je les soignais, recevant
    de toi seul mon
    salaire. "
    (122) [3] Et voici qu'un ange du Seigneur parut, qui lui dit : " Salomé,
    Salomé, le Maître de toute chose a entendu ta prière. Étends ta main sur le
    petit enfant, prends-le. Il sera ton salut et ta joie. "

    (123) [4]
    Et Salomé, toute émue, s'approcha de l'enfant, le prit dans ses bras,
    disant : " Je l'adorerai. Il est né un roi à Israël et c'est lui. "
    Aussitôt Salomé fut guérie, et elle sortit de la grotte, justifiée. Et voici
    qu'une voix parla : " Salomé, Salomé, n'ébruite pas les merveilles que tu
    as contemplées, avant que l'enfant ne soit entré à Jérusalem(21). "


    chapitre 21
    (127) [1] Alors que Joseph se préparait à partir pour la Judée(22),
    une vive agitation éclata à Bethléem de Judée. Les mages arrivèrent,
    disant : " Où est le roi des Juifs ? Nous avons vu son étoile en
    Orient, et nous sommes venus l'adorer. " {Cette nouvelle alarma Hérode
    qui dépêcha des
    serviteurs, les convoqua et ils le renseignèrent sur l'étoile. Et voici, ils
    virent des astres en Orient et ils les guidaient jusqu'à leur arrivée dans la
    grotte et l'étoile s'arrêta au-dessus de la tête de l'enfant(23).}


    (128) [2]
    Cette nouvelle alarma Hérode qui dépêcha des serviteurs auprès des
    mages. Il convoqua aussi les grands prêtres et les interrogea au
    prétoire : "Qu'est-il écrit sur le Christ ? demanda-t-il. Où doit-il
    naître ? " Ils
    répondirent : " A Bethléem en Judée. Ainsi est-il écrit. " Et il les
    congédia. Puis il interrogea les mages, leur disant : " Quel signe
    avez-vous vu au sujet du roi nouveau-né ? " Et les mages répondirent :
    " Nous avons vu une étoile géante, parmi les autres constellations, si
    éblouissante qu'elle les éclipsait toutes. Ainsi avons-nous compris qu'un roi
    était né à Israël et nous sommes venus l'adorer. " Hérode leur dit :
    " Partez à sa recherche, et si vous le trouvez, faites-le moi savoir afin
    que moi aussi j'aille l'adorer. "

    (129) [3] Les mages partirent. Et voici, l'astre qu'ils avaient vu en Orient les
    conduisit jusqu'à ce qu'ils fussent arrivés à la grotte, et au-dessus de la
    tête de l'enfant, il s'arrêta(24). Quand ils l'eurent vu là, avec Marie sa mère, les mages tirèrent des présents de leurs sacs, or, encens et myrrhe.


    (130) [4] Mais comme l'ange les avait avertis de ne pas repasser par la Judée, ils rentrèrent chez eux par un autre chemin.

    chapitre 22
    (134) [1]
    Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les mages, se mit en
    colère et envoya des tueurs avec mission de faire périr tous les
    enfants jusqu'à l'âge de deux ans.

    (135) [2] Quand Marie apprit ce massacre, saisie d'effroi, elle prit l'enfant,
    l'emmaillota et le cacha dans une mangeoire à bétail.


    (136) [3]
    Élisabeth, qui avait appris que l'on cherchait Jean, l'emporta et gagna
    la montagne, et elle regardait à la ronde où le dissimuler mais elle
    n'apercevait point de cachette. Alors elle se mit à gémir, disant : "
    Montagne de Dieu, accueille une mère et son enfant ! " Car la frayeur
    l'empêchait
    de monter. Aussitôt la montagne se fendit et la reçut en son sein, tout
    en laissant filtrer une clarté pour elle. Car un ange du Seigneur était
    avec eux et il les protégeait.

    chapitre 23
    (140) [1] Mais Hérode cherchait toujours Jean, et il envoya des serviteurs à
    l'autel, auprès de Zacharie, pour lui demander : " Où as-tu caché ton fils
    ?
    " Il répondit : " Je suis le serviteur de Dieu et je demeure attaché à
    son temple. Est-ce que je sais où est mon fils? "


    (141) [2]
    Les serviteurs repartirent et rapportèrent à Hérode ses propos.
    Celui-ci, furieux, s'écria : " Son fils va donc régner sur Israël ? "
    Et il
    renvoya ses serviteurs pour l'interroger encore : " Dis-moi la vérité. Où
    est ton fils ? Sais-tu que ma main a pouvoir de répandre ton sang? " Les
    serviteurs partirent et transmirent le message.


    (142) [3] Mais Zacharie lui fit répondre : " Je suis le martyr(25)
    de Dieu. Dispose de mon sang ; mais mon esprit, le Maître le recevra,
    parce que c'est un sang innocent qu'à l'entrée du temple tu t'apprêtes
    à faire couler. " Et vers l'aube, Zacharie fut assassiné, et les fils
    d'Israël ignoraient tout de ce meurtre.

    chapitre 24
    (146) [1]
    A l'heure de la salutation, les prêtres partirent, et Zacharie ne vint
    pas, comme à l'accoutumée, au-devant d'eux, en prononçant les
    bénédictions. Les prêtres s'arrêtèrent, et attendirent Zacharie pour le
    saluer avec des prières et glorifier le Dieu très haut.

    (147) [2] Son retard cependant les plongea tous dans l'angoisse. L'un d'eux
    s'enhardit et entra dans le sanctuaire ; près de l'autel du Seigneur, il
    aperçut du sang figé. Et une voix retentit : " Zacharie a été assassiné.
    Son sang ne s'effacera pas avant que vienne le vengeur(26)" Ces paroles le remplirent d'effroi. Il sortit et annonça aux prêtres ce
    qu'il avait vu et entendu.

    (148) [3]
    Résolument, ils entrèrent et constatèrent le drame. Et les lambris du
    temple gémirent et eux déchirèrent leurs vêtements du haut en bas. Ils
    n'avaient pas trouvé son cadavre, mais ils avaient vu son sang pétrifié. Ils
    sortirent effrayés et annoncèrent que Zacharie avait été assassiné. A cette
    nouvelle, toutes les tribus du peuple se lamentèrent et menèrent le deuil trois jours et trois nuits. [4] Et après les trois jours, les prêtres délibérèrent
    pour
    savoir qui succéderait à Zacharie. Le sort tomba sur Syméon. C'était
    lui que le Saint-Esprit avait averti qu'il ne verrait pas la mort avant
    d'avoir
    contemplé le Christ dans la chair.

    chapitre 25
    (152) [1] Et moi, Jacques, qui ai écrit cette histoire à Jérusalem, je résolus,
    lors des troubles qui éclatèrent à la mort d'Hérode, de me retirer au désert,
    jusqu'à ce que la paix fût revenue à Jérusalem. Et je glorifierai le Maître qui
    m'a donné la sagesse d'écrire cette histoire.

    (153) [2]
    La grâce sera avec tous ceux qui craignent le Seigneur. Amen. Nativité
    de Marie. Révélation de Jacques. Paix à celui qui a écrit et à celui
    qui lit !

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    MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Lun 14 Avr 2008, 19:36

    Voici un autre évangile Apocryphe, cette fois nettement hérétique (gnostique, corps mauvais, la mort perméttant de s'en séparer, composé au III° s.)

    Citation :

    EVANGILE DE MARIE MADELEINE





    Les 6 premières pages semblent manquer.


    Chapitre 7

    (7) [1] " Qu'est-ce que la matière ?
    (8) [2] Durera-t-elle toujours ? "
    (9) [3] Le Maître répondit :
    (10) [4] " Tout ce qui est né, tout ce qui est crée,
    (11) [5] tous les éléments de la nature
    (12) [6] sont imbriqués et unis entre eux.
    (13) [7] Tout ce qui est composé sera décomposé ;
    (14) [8] tout reviendra à ses racines ;
    (15) [9] la matière retournera aux origines de la matière.
    (16) [10] Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.
    (17) [11] Pierre lui dit : " Puisque Tu te fais l'interprète
    (18) [12] des éléments et des événements du monde, dis-nous :
    (19) [13] Qu'est-ce que le péché du monde ? "
    (20) [14] Le Maître dit :
    (21) [15] " Il n'y a pas de péché.
    (22) [16] C'est vous qui faites exister le péché
    (23) [17] lorsque vous agissez conformément aux habitudes
    (24) [18] de votre nature adultère
    (25) [19] là est le pêché.
    (26) [20] Voilà pourquoi le Bien est venu parmi vous ;
    (27) [21] Il a participé aux éléments de votre nature
    (28) [22] afin de l'unir de nouveau à ses racines. "
    (29) [23] Il continua et dit :
    (30) [24] " Voici pourquoi vous êtes malades
    (31) [25] et pourquoi vous mourrez,
    (32) [26] c'est la conséquence de vos actes ;
    (33) [27] vous faites ce qui vous éloigne...

    (34) [28] Comprenne qui pourra ! "


    Chapitre 8
    (38) [1] " L'attachement à la matière
    (39) [2] engendre une passion contre nature.
    (40) [3] Le trouble naît
    (41) [5] "Soyez en harmonie..."
    (42) [6] Si vous êtes déréglés,
    (43) [7] inspirez-vous des représentations
    (44) [8] de votre vraie nature.
    (45) [9] Que celui qui a des oreilles
    (46) [10] pour entendre entende. "
    (47) [11] Après avoir dit cela, le Bienheureux
    (48) [12] les salua tous en disant :
    (49) [13] " Paix à vous, que ma Paix
    (50) [14] naisse et s'accomplisse en vous !
    (51) [15] Veillez à ce que personne ne vous égare
    (52) [16] en disant :
    (53) [17] "Le voici,
    (54) [18] Le voila."
    (55) [19] Car c'est à l'intérieur de vous
    (56) [20] qu'est le Fils de l'Homme ;
    (57) [21] allez à Lui :
    (58) [22] ceux qui Le cherchent Le trouvent
    (59) [23] En marche !
    (60) [24] Annoncez l'Évangile du Royaume. "

    Chapitre 9

    (64) [1] " N'imposez aucune règle,
    (65) [2] hormis celle dont je fus le Témoin.
    (66) [3] N'ajoutez pas de lois à celles de celui qui a do Loi,
    (67) [4] afin de ne pas en devenir les esclaves. "
    (68) [5] Ayant dit cela, Il partit.
    (69) [6] Les disciples étaient dans la peine ;
    (70) [7] ils versèrent bien des larmes, disant :
    (71) [8] " Comment se rendre chez les païens et annoncer
    (72) [9] l'Évangile du Royaume du Fils de l'Homme ?
    (73) [10] Ils ne l'ont pas épargné,
    (74) [11] comment nous épargneraient-ils ? "
    (75) [12] Alors, Marie se leva,
    (76) [13] elle les embrassa tous et dit à ses frères :
    (77) [14] " Ne soyez pas dans la peine et le doute,
    (78) [15] car Sa Grâce vous accompagnera et vous protégera :
    (79) [16] louons plutôt Sa grandeur,
    (80) [17] car Il nous a préparés.
    (81) [18] Il nous appelle à devenir pleinement des êtres humains.
    (82) [19] Par ces paroles, Marie tourna leurs coeurs vers le Bien
    (83) [20] ils s'éclairèrent aux paroles du Maître.


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    MessageSujet: Re: Evangiles apocryphes?   Lun 14 Avr 2008, 19:37

    Citation :
    Chapitre 10


    (87) [17] Alors, je Lui dis :
    (8 [18] "Seigneur, dans l'instant, celui qui contemple
    (89) [19] Ton apparition,
    (90) [20] est-ce par l'âme qu'il voit ?
    (91) [21] Ou par l'esprit ?"
    (92) [22] Le Maître répondit :
    (93) [23] Ni par l'âme ni par l'esprit ;
    (94) [24] mais l'intellect étant entre les deux,
    (95) [25] c'est lui qui voit et c'est lui qui (...)"

    manque
    les pages 11 à 14



    Chapitre 15
    (101) [1] "Je ne t'ai pas vu descendre,
    (102) [2] mais maintenant je te vois monter ",
    (103) [3] dit le Désir,
    (104) [4] " Pourquoi mens-tu, puisque tu fais partie de moi ? "
    (105) [5] L'âme répondit :
    (106) [6] " Moi, je t'ai vue,
    (107) [7] toi, tu ne m'as pas vue.
    (108) [8] Tu ne m'as pas reconnue ;
    (109) [9] j'étais avec toi comme avec un vêtement,
    (110) [10] et tu ne m'as pas sentie. "
    (111) [11] Ayant dit cela,
    (112) [12] elle s'en alla toute joyeuse.
    (113) [13] Puis se présenta à elle la troisième atmosphère,
    (114) [14] appelé Ignorance ;
    (115) [15] celle-ci interrogea l'âme, lui demandant :
    (116) [16] " Où vas-tu ?
    (117) [17] N'as-tu pas été dominée par un mauvais penchant ?
    (118) [18] Oui, tu étais sans discernement, et tu as été asservie.
    (119) [19] L'âme dit alors :
    (120) [20] " Pourquoi me juges-tu ? Moi je n'ai pas jugé.
    (121) [21] On m'a dominée, moi je n'ai pas dominé ;
    (122) [22] on ne m'a pas reconnue,
    (123) [23] mais moi, j'ai reconnu
    (124) [24] que tout ce qui est composé sera décomposé
    (125) [25] sur la terre comme au ciel. "

    Chapitre 16
    (129) [1] Libérée de cette troisième atmosphère, l'âme continua de monter. (130) [2] Elle aperçut la quatrième atmosphère.
    (131) [3] Elle avait sept manifestations.
    (132) [4] La première manifestation est Ténèbres ;
    (133) [5] la seconde, Désir ;
    (134) [6] la troisième, Ignorance ;
    (135) [7] la quatrième, Jalousie mortelle ;
    (136) [8] la cinquième, Emprise charnelle ;
    (137) [9] la sixième, Sagesse ivre ;
    (138) [10] la septième, Sagesse rusée.
    (139) [11] Telles sont les sept manifestations de la Colère
    (140) [12] qui oppriment l'âme de questions :
    (141) [13] " D'ou viens-tu, homicide ?
    (142) [14] Ou vas-tu, vagabonde ? "
    (143) [15] L'âme répondit :
    (144) [16] " Celui qui m'opprimait a été mis a mort ;
    (145) [17] celui qui m'étreignait n'est plus ;
    (146) [18] mon désir alors s'est apaisé,
    (147) [19] et je fus délivrée de mon ignorance. "

    Chapitre 17
    (151) [6] Je vais au Silence ". "
    (152) [7] Après avoir dit cela, Marie se tut.
    (153) [8] C'est ainsi que le Maître s'entretenait avec elle.
    (154) [9] André prit alors la parole et s'adressa à ses frères :
    (155) [10] " Dites, que pensez-vous de ce qu'elle vient de raconter?
    (156) [11] Pour ma part, je ne crois pas
    (157) [12] que le Maître ait parlé ainsi ;
    (158) [13] ces pensées diffèrent de celles que nous avons connues.
    (159) [14] Pierre ajouta :
    (160) [15] " Est-il possible que le Maître se soit entretenu
    (161) [16] ainsi, avec une femme,
    (162) [17] sur des secrets que nous, nous ignorons ?
    (163) [18] Devons-nous changer nos habitudes,
    (164) [19] écouter tous cette femme ?
    (165) [20] L'a-t-il vraiment choisie et préférée à nous ? "

    Chapitre 18
    (169) [1] Alors Marie pleura.
    (170) [2] Elle dit a Pierre :
    (171) [3] " Mon frère Pierre, qu'as-tu dans la tête ?
    (172) [4] Crois-tu que c'est toute seule, dans mon imagination,
    (173) [5] que j'ai inventé cette vision ?
    (174) [6] ou qu'à propos de notre Maître je dise des mensonges ? "
    (175) [7] Lévi prit la parole :
    (176) [8] " Pierre, tu as toujours été un emporté ;
    (177) [9] je te vois maintenant t'acharner contre la femme,
    (178) [10] comme le font nos adversaires.
    (179) [11] Pourtant, si le Maître l'a rendue digne,
    (180) [12] qui es-tu pour la rejeter ?
    (181) [13] Assurément, le Maître la connaît très bien
    (182) [14] Il l'a aimée plus que nous.
    (183) [15] Ayons donc du repentir,
    (184) [16] et devenons l'être humain dans son intégrité ;
    (185) [17] laissons-Le prendre racine en nous
    (186) [18] et croître comme Il l'a demandé.
    (187) [19] Partons annoncer l'Évangile
    (188) [20] sans chercher a établir d'autres règles et d'autres lois
    (189) [21] en dehors de celle dont Il fut le témoin. "


    Chapitre 719

    (193) [1] Dès que Lévi eut prononcé ces mots,
    (194) [2] ils se mirent en route pour annoncer l'Évangile.

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