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 Peuple de Dieu, peuple de saints

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Vince



Masculin Messages : 1287
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MessageSujet: Peuple de Dieu, peuple de saints   Lun 18 Fév 2008, 11:13

Ce texte, à vous faire partager.

Citation :
Le frère Philippe Verdin vit au couvent de l'Annonciation, à Paris. Il est Directeur régional du pèlerinage du Rosaire, qui rassemble à Lourdes plusieurs milliers de personnes chaque année, et a publié plusieurs essais et romans (le dernier en date : L'Assassin de Tassin, Éditions du Rocher, 2006).




PEUPLE DE DIEU, PEUPLE DE SAINTS


« Moi, Jean, j'ai vu une foule immense que nul ne pouvait dénombrer. Une foule de toute nation, race, peuple et langue, debout devant le trône et devant l'Agneau, vêtus de robes blanches et des palmes à la main. Cette foule crie : Le salut à notre Dieu, qui siège sur le trône, ainsi qu'à l'Agneau ! » (Apocalypse 7,9-10).

Voilà l'une des visions, l'une des révélations, l'apocalypse qui saisit le petit Jean un dimanche matin alors qu'il se reposait sur l'île de Patmos. Vision grandiose, qui le laisse ébahi et tremblant. Il se demande qui sont ces gens.
Un des vieillards lui répond : « C'est le peuple de Dieu. C'est son troupeau. Il les conduit aux sources de la vie. Ces gens viennent de la grande épreuve. Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. »
Le vieillard fait confiance à Jean. Le disciple bien-aimé transcrira soigneusement ce qu'il a vu. Le vieillard fait confiance à la perspicacité de Jean. L'évangéliste reconnaîtra la promesse jurée au prophète Isaïe sept cents ans auparavant : « Le Seigneur déchirera le voile qui voilait tous les peuples. Il fera disparaître la mort à jamais. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages. »

Cette foule immense, c'est l'Église. C'est l'Église des catacombes et des camps de Sibérie. C'est l'Église des baraques de banlieue et des JMJ. C'est l'Église constituée par une poignée de villageois dans un village sénégalais et c'est l'Église du jubilé rassemblée sur la place Saint-Pierre à Rome. C'est l'Église fidèle, éprouvée, inattendue, constante et irréductible dans les épreuves terribles qu'elle a subies depuis vingt siècles. C'est l'Église des saints.


Oser la sainteté


Quand il veut parler des disciples de Jésus, le Nouveau Testament dit : « les saints ». Les saints, pour Paul de Tarse, ce sont ceux que Dieu a sauvés dans la foi et par le baptême. Le peuple de Dieu, ce sont les saints. Paul écrit aussi : « Le Seigneur nous a sauvés pour être saints ». Sans bien nous en rendre compte, nous sommes unis, nous sommes amalgamés aux saints. Tu as reçu le baptême ? Tu as revêtu le Christ. Tu es devenu un saint.

J'entends d'ici les objections : « N'est-ce pas un peu présomptueux d'accepter la qualification de saint ? Mère Térésa, Jean-Paul II, Geneviève De Gaulle-Anthonioz, Bernadette de Lourdes, Vincent de Paul, oui. Voilà des saints. Mais moi ? Moi, je suis tellement imperméable à la grâce ! Mes petits péchés, je n'en suis pas fier, mais j'y suis habitué. J'avance dans la vie clopin-clopant, cahin-caha. Je compte sur la miséricorde de Dieu et l'intercession des vrais saints, des saints qui portent des auréoles, des saints qui ont souffert par fidélité à Dieu. Moi, je ne suis pas un saint. Ce titre me paraît usurpé. »

Avec le carême, voilà le moment ou jamais de se poser la question radicale : Quel est mon rêve ? Quelles est mon ambition ? Quel est mon désir ? Qu'est-ce que je veux faire de ma vie ? En quoi ma foi transforme-t-elle ma vie ?
La sainteté, c'est un peu l'image d'Épinal du catholique : saint Georges qui embroche le dragon, saint Denis qui se promène avec sa tête sous le bras, saint François qui parle aux oiseaux, saint Laurent sur son grill, saint Philippe Néri qui tirait la barbe des gardes suisses au Vatican, Jean-Marie Vianney dans son confessionnal, Thérèse de Lisieux et ses bouquets de roses fraîches, Jean Bosco et ses jongleries, sainte Geneviève qui défie les Huns du hauts des murailles parisiennes, sainte Jeanne d'Arc qui caracole sous les pommiers en fleurs, Maximilien Kolbe qui rayonne l'amour au coeur de l'enfer...

La sainteté, ce sont des histoires pleines de héros tendres et de légendes charmantes. La sainteté, c'est la part merveilleuse de la religion. La sainteté, ce sont les dogmes apprivoisés. La sainteté, c'est la foi rendue proche, séduisante. Non plus une affaire théorique, mais une histoire de passion et de rire, d'épreuves et de gloire, d'ingénuité et de courage. Catherine de Sienne, en parlant de saint Dominique, disait : « Sa religion est un délicieux jardin, immense et parfumé ». C'est cette religion là qu'inventent les saints. C'est cette Église des saints qui est plaisante, fascinante, attirante. C'est cette Église qui accueille les fils perdus qui retrouvent leur route. Les saints, à la porte du jardin, poussent des cris de joie.


La sainteté à l'oeuvre dans la monde


La sainteté n'est pas une histoire de jadis. Le vingtième siècle a été plus prodigue en saintes et en saints que tous les siècles antérieurs réunis. La sainteté permet à l'Église de vivre aujourd'hui. Les saints tiennent maintenant le gouvernail du monde plus sûrement que les courtiers de Wall Street ou les chefs d'État réunis en graves sommets. C'est notre foi. Nous croyons que Dieu consacre plus de temps à s'émerveiller de la vie de nos contemporains les saints qu'à scruter le CAC 40. Nous croyons que la prière d'un ami de Dieu est plus efficace que les stratégies des technocrates.

Le monde est tenu à bout de bras par la prière des saints. À chaque instant, nous devons le fragile équilibre de la paix à l'action de Dieu dans le monde à travers les saints. Les saints vivent autour de nous. Les saints sont avec nous. Les saints nous appellent. Leur vie est joyeuse malgré la croix, féconde malgré les renoncements, libre dans l'obéissance à l'appel de Dieu. Leur complicité avec Jésus nous séduit. Qui d'entre nous n'a rêvé de se trouver à la place de Marthe et Marie, un soir à Béthanie, à écouter des paroles qui transforment la lumière de la petite pièce, qui élargissent le coeur, qui rassurent et consolent ? Qui d'entre nous n'a rêvé de rejoindre les compagnons d'Emmaüs sur la route, de manger avec Jésus dans l'auberge ?

Notre vocation la plus profonde, la plus secrète, le rêve immense dont on ne parle jamais et auquel cependant on ne peut renoncer au risque de se renier, c'est la communion avec Dieu. Être avec lui, émerveillés. Rire et chanter avec lui, dans la compagnie des saints innombrables. Chaque matin, en nous réveillant, nous sommes tendrement invités à courir cette aventure de la sainteté. Nous sommes d'accord avec Origène : « Il vaut mieux mourir en route en allant à la recherche de la vie parfaite que de ne pas partir. »
Et pourtant nous restons là. La routine nous emprisonne. Nous avons peur des renoncements que la sainteté réclame. Nous voudrions que Dieu nous entraîne, nous saisisse. Qu'il nous sanctifie sans effort.


L'Église, lieu de notre sanctification


Nous ne sommes pas très courageux. Heureusement, le Seigneur nous connaît. Il ne nous réclame pas d'emblée de grands miracles. Il n'exige pas la conversion en un jour des mille millions de Chinois. Il ne nous demande pas de dormir sur une croix pleine de clous. Il a souffert pour nous non pour que nous souffrions, mais pour que nous devenions ses enfants. Il souhaite juste que nous entrouvrions la porte bien rouillée de notre cour. Il désire juste que nous écoutions sa voix. Il se propose de nous guider doucement. Il demande juste des volontaires. Le reste, c'est sa grâce qui l'accomplit. « Je peux tout en Celui qui me rend fort » affirme saint Paul en connaissance de cause. Moi aussi je peux tout. Moi aussi, aujourd'hui, je peux me lever et suivre le Christ comme Simon, sur un simple regard ou un mot de Jésus. C'est l'Esprit qui me sanctifie.
Thérèse de Lisieux, consciente de son inertie, c'est-à-dire de son péché, dit avec un certain culot : « Je vous demande, ô mon Dieu, d'être vous-même ma sainteté. » Osons dire la même chose : « Seigneur fais de moi ce qu'il te plaira. » « Notre Père, que ta volonté soit faite sur la terre et au ciel et aussi dans ma vie. »

L'Église des saints est le lieu parfait de notre perfectibilité. Notre vie chrétienne est comme un stage de sanctification. La Parole de Dieu, les sacrements et la liturgie servent à notre sanctification. La prière des frères contribue à notre sanctification. L'exemple des saints et leur intercession hâtent notre sanctification.

L'Église ne sert à rien si elle n'est pas la maison où nous avons rendez-vous avec Dieu. « L'Église est la maison de Dieu » affirme déjà Tertullien à la fin du deuxième siècle. L'Église est inutile si elle n'est pas la famille où nous nous entraînons mutuellement à la sainteté. L'Église faillit si elle n'est pas le lieu de la communion avec Jésus. Bossuet va plus loin encore : pour lui, l'Église n'est rien moins que « le Christ continué jusqu'à nous » ! L'Église est le corps du Christ et son épouse. L'Église est la communion des saints. Nous sommes les membres de son corps - les petits membres, genre phalanges d'orteil ! - de ce vaste corps.

L'Église est le peuple des saints. L'Église pérégrine et nous sommes entraînés dans cette marche avec les saints comme compagnons de route. À force de suer avec eux, à force de partager leur gourde d'eau et de rire à leurs histoires, nous finirons par leur ressembler. Et nous serons un jour les fils de la lumière.
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