DOCTEUR ANGÉLIQUE FORUM CATHOLIQUE

Théologie Spirituelle Catholique
Pour déposer une intention de prière:Agapé
ATTENTION : Les publicités ci-dessous sont indépendantes de notre volonté !
 
AccueilAccueil  PortailPortail  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Conversions de musulmans au christianisme...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jean-Louis B



Masculin Messages : 1319
Inscription : 03/07/2007

MessageSujet: Conversions de musulmans au christianisme...   Jeu 10 Jan 2008, 09:32

Vu sur Zenit :
Citation :

C. Eid : Dans l’islam, il y a une porte d’entrée mais pas de sortie


Entretien avec l’expert du monde arabe du quotidien italien « Avvenire »




ROME, Lundi 7 janvier 2007 (ZENIT.org) - Le journaliste libanais Camille Eid a publié en italien, avec l'écrivain italien Giorgio Paolucci, un ouvrage intitulé « Chrétiens venus de l'islam » (Editions Piemme), rassemblant des témoignages de musulmans convertis au christianisme. Il présente son ouvrage dans cet entretien accordé à ZENIT.

Camille Eid est journaliste au quotidien italien l'« Avvenire ». Il est aussi auteur de livres et de recherches sur le monde arabe et islamique.

Zenit - Pourquoi les conversions à l'islam ont-elles tant d'échos et celles au christianisme si peu ?

Camille Eid
- Alors que la conversion d'autres religions à l'islam est bien connue et que les convertis deviennent des leaders d'organisations musulmanes (en Italie la quasi totalité des organisations de musulmans sont dirigées par des personnes qui se sont converties), le phénomène inverse n'est pas connu et il est dangereux, car la conversion est considérée dans bon nombre de pays musulmans, comme une trahison faite à la tradition et à la foi islamique.

Un grand nombre de constitutions ou de lois prévoient la peine capitale en cas de conversion, comme on le voit dans des pays comme l'Arabie Saoudite, le Soudan, la Mauritanie, l'Afghanistan (on se rappellera du cas d'Abdul Rahman, afghan converti, condamné à mort il y a un an, et dont la presse a beaucoup parlé).

On ne parle pas des conversions au christianisme tout d'abord parce que cela veut dire mettre en péril la vie de ces convertis, qui se comptent par milliers, et parce qu'ils vivent dans leurs pays. Dans ce livre, nous avons surtout choisi de parler des musulmans convertis qui vivent en Italie (certains d'entre eux se sont convertis dans leurs pays d'origine et d'autres ont connu le christianisme en Italie).

Zenit - Pensez-vous qu'il y ait une sorte de « mode » à se convertir à l'islam ?

Camille Eid
- Se convertir à l'islam, à l'hindouisme ou au bouddhisme est une mode, car il y a là quelque chose d'exotique, alors que pour un musulman, se convertir à une autre religion, c'est comme rester sans visage, car cela entraîne aussitôt des difficultés au sein de la famille, dans le pays, avec l'Etat, et personne ne veut perdre son travail, la garde de ses enfants, etc. C'est pourquoi les conversions de musulmans sont de vraies conversions, authentiques, pas un simple changement.

Zenit - Votre livre rapporte un témoignage qui dit : « En occident, changer de religion est normal, ça ne coûte rien, parfois j'ai l'impression que c'est une mode. Néanmoins, pour notre culture, il s'agit d'un chemin accidenté, plein d'obstacles et d'adversités, c'est comme s'arracher la peau pour l'échanger contre une autre »...

Camille Eid
- Oui, car au Maroc, en Algérie, en Tunisie, etc., cela veut dire mettre aussi en danger les personnes qui aident les convertis dans leur parcours. En Algérie, depuis deux ans, une nouvelle loi condamne les chrétiens qui aident les convertis. C'est donc une situation difficile de part et d'autre.

Dans ce contexte, le père Samir Kahlil écrit dans le prologue du livre, que l'immigration de musulmans en Europe peut représenter une occasion historique, un signe de Dieu, car ils sont obligés de se confronter à un christianisme qui n'est pas un christianisme « officiel », mais qui est le témoignage des chrétiens. Cela peut leur être d'un grand secours. Ici, les musulmans peuvent entrer dans une librairie et acheter facilement un Evangile ; dans leurs pays ce n'est pas toujours simple.

Zenit - Ce que vous dites laisse supposer que la situation des musulmans convertis, toujours difficile, l'est encore plus pour ceux qui restent dans leurs pays d'origine...

Camille Eid
- Ce facteur ne met pas un point final à l'aventure du converti. Il est vrai que dans beaucoup de pays musulmans, la liberté d'expression religieuse, politique ou d'un autre type, n'existe pas, mais vivre en Europe et ne pas avoir la liberté de manifester sa nouvelle foi chrétienne frappe davantage, et l'Etat ne protège pas les convertis, car il ne peut mettre un policier à côté de chacun.

En Italie, en France, en Allemagne ou en Angleterre, les convertis se comptent par milliers. Dans mon livre beaucoup de noms sont de faux noms car ils ne peuvent pas proclamer ouvertement leur nouvelle foi, contrairement, comme je viens de dire, aux nouveaux leaders musulmans, anciens chrétiens, qui parlent ouvertement avec la presse. La chaîne de télévision italienne « Canale 5 » a diffusé une émission sur ce thème et les musulmans convertis ont dû parler à visage caché. Pourquoi ? Ils ne sont plus en Algérie, en Tunisie ou au Maroc...

Il y a une responsabilité de la part des Etats et de la communauté chrétienne, qui n'accompagnent pas toujours ces nouveaux chrétiens, qui ont tout perdu, qui ont perdu leur famille. Une femme écrivain du Maroc a raconté il y a trente ans l'histoire d'un converti qui, rentré au pays, frappe à la porte de chez lui et lorsqu'il répond à sa mère qui lui demandait qui il était : « Je suis ton fils Hassis », celle-ci répond : « Non, Hassis est mort ».

Dans les pays musulmans qui ne prévoient pas la peine capitale, ce qui attend les convertis, c'est « la mort civile », être considérés comme morts ; leur héritage est alors partagé entre les autres membres de la famille.

Zenit - Peut-on exiger une certaine réciprocité des pays musulmans, vu que l'islam jouit d'une pleine liberté en Europe pour construire des mosquées et professer publiquement le culte ?

Camille Eid
- Le problème de la construction d'édifices religieux dans les pays islamiques n'est pas homogène, car seul un pays au monde nie ce droit : l'Arabie Saoudite, qui considère que la péninsule arabique est la terre sacrée de l'islam. Dans d'autres pays du Golfe, ces dernières années, la construction de temples a été permise, mais les musulmans ne peuvent y entrer ; seuls les chrétiens immigrés qui travaillent et vivent dans ces pays peuvent le faire.

Dans des pays comme l'Egypte, la condition pour construire des temples est très particulière, car une loi ottomane, héritée du passé, concède ce droit au sultan, qui est actuellement le président de la République. Le président égyptien doit donc signer un décret présidentiel pour accorder le droit de restauration ou de construction.

Les coptes, soit les chrétiens d'Egypte, devaient attendre des années et des années pour recevoir ce décret présidentiel sans lequel aucun travail de restauration ne peut être entrepris. J'ai en ma possession, un décret signé par le président Moubarak, autorisant la restauration des toilettes et de l'escalier d'une église, et ceci est très humiliant. En 2005, Moubarak a accordé ce pouvoir aux gouverneurs des provinces pour alléger la procédure.

Quant à la liberté religieuse, c'est en général une question très compliquée et elle varie de pays à pays. Le mois dernier, le parlement européen a approuvé une résolution en faveur de la liberté religieuse, sans citer le monde islamique, même si bon nombre de cas mentionnés dans le texte concernent des pays musulmans : Irak, Gaza, Turquie, Egypte, etc. C'est la première fois que tous les groupes politiques du parlement, à l'exception des verts, émettent un vote favorable. Cela peut constituer un premier pas pour demander au monde islamique de comprendre que la liberté religieuse fait partie d'autres libertés. Et même si la résolution européenne n'a aucune valeur contraignante, il est dit qu'il faudra dès lors en tenir compte au moment d'établir des relations commerciales avec ces pays.

Quant au concept de réciprocité, pour moi, chrétien d'Orient, cela sonne un peu comme une offense, car en tant que chrétien, je ne peux pas dire à un musulman « si vous me donnez ça je vous donne ça ». Cela voudrait dire islamiser la foi chrétienne, la transformer en « œil pour œil dent pour dent ».

Dans ce livre nous avons expliqué que de nombreux versets du Coran parlent de liberté religieuse, mais l'interprétation radicale n'en tient pas compte. Cette interprétation considère les versets abrogés par d'autres qui parlent du jihad, de la guerre sainte, etc. et affirme qu'ils ont été produits dans un contexte différents, quand Mahomet était à la Mecque et que les musulmans n'étaient pas assez forts. Selon cette théorie, l'instauration de l'Etat islamique a mis fin à la tolérance vis-à-vis des infidèles et aujourd'hui seuls les versets les plus durs sont considérés valables. Autrement dit, cela est très dangereux, car cela signifie montrer l'islam comme une religion basée uniquement sur une foi violente.

Beaucoup de pays musulmans ont signé la déclaration universelle des droits de l'homme, mais ont émis des réserves concernant un article qui parle de la liberté de conscience (qui prévoit le passage d'une foi à l'autre). Dans de nombreux pays islamiques la liberté de culte existe : les chrétiens peuvent se rendre à l'église, célébrer des mariages ou des funérailles, mais ils ne peuvent pas transmettre leur propre foi. Les textes chrétiens ne peuvent être vendus dans les librairies par des musulmans et les inspecteurs y veillent avec attention.

La liberté de culte, en général garantie, est une chose ; la liberté de conscience, qui est la véritable liberté religieuse, en est une autre, bien différente. Les musulmans n'empêchent pas un chrétien d'entrer dans leur religion, mais une fois converti à l'islam un chrétien ne peut plus en sortir. Dans l'islam, il n'existe que la porte d'entrée, il n'y a pas de porte de sortie ; on est libre d'entrer, mais pas de sortir.

Zenit - Votre livre montre que le christianisme constitue également un attrait là où les obstacles sont pourtant nombreux. Comment l'expliquez-vous ?

Camille Eid
- Pour un musulman il est très difficile de comprendre la foi chrétienne, car le Coran parle du Christ, parle de Marie (dans le Coran il existe un chapitre consacré à Marie, on parle d'elle plus que dans l'Evangile), mais il a construit une histoire autour de Marie et de Jésus très différente de celle que l'on trouve dans l'Evangile. Le Christ n'est pas mort sur la croix, la Trinité est critiquée dans le Coran, elle est considérée comme une espèce de triade. Le Coran parle d'un Dieu père, d'un Dieu Mère, qui est Marie, et d'un Fils né d'eux, comme si Dieu avait rencontré la femme Marie pour engendrer le Christ.

Le musulman a des informations inexactes, fausses sur le christianisme, et quand il trouve la foi professée par l'Eglise et par les fidèles chrétiens il est émerveillé. Un converti a dit un jour : « Vous chrétiens n'avez pas le droit de garder votre foi pour vous, vous avez le devoir de la transmettre ». Parmi les cas que nous présentons dans ce livre, il y a plusieurs convertis qui ont trouvé la foi en écoutant la radio pour apprendre l'italien, en écoutant « Radio Maria » par exemple ; d'autres ont connu des fidèles dont les témoignages ont eu une influence sur eux ; d'autres encore ont connu des mouvements apostoliques...

Zenit - Dans le livre, on voit que derrière chaque homme se cache une recherche de vérité. Pensez-vous, dans cette optique, que cela puisse aider à faire tomber les préjugés, surtout vis-à-vis des musulmans ?

Camille Eid
- Cela peut contribuer à ouvrir une possibilité de dialogue avec les musulmans, en premier lieu comme hommes, car prendre le musulman pour un fidèle à la foi imperméable est une théorie à démonter, vu qu'en Italie et dans d'autres pays d'Europe il y a beaucoup de convertis, de même que dans certains pays islamiques comme la Malaisie et l'Indonésie. Sur l'Ile de Java, un million de chrétiens sont d'origine musulmane.

Le jour où le monde islamique reconnaîtra la liberté religieuse, beaucoup d'autres pourront entrer. Pour le moment, cela est impossible car se convertir au christianisme est comme une loterie, ça finit bien ou ça finit mal, je perds ma famille, je perds mon travail... tous mes droits ; mais quand ces pays reconnaîtront ces droits, tout sera beaucoup plus facile.

Zenit - Que signifie pour un musulman découvrir le Christ non seulement sous les traits d'un prophète, mais aussi sous les traits du Sauveur et du Dieu rédempteur ?

Camille Eid
- Dans la dédicace de notre livre nous avons rapporté une phrase écrite par un converti, pour qui « chaque objectif constitue un nouveau début ». Nous, les auteurs, avons consacré notre travail à tous les nouveaux convertis qui ont rencontré Jésus comme réponse à leur soif de bonheur, qui ont découvert que chaque objectif constitue un nouveau début et ils nous l'ont fait découvrir à nous aussi.

Quand les convertis racontent leur expérience... nous, chrétiens de naissance, habitués à être chrétiens, pour lesquels le christianisme ne représente pas une nouveauté, une conquête... Quand les convertis, disais-je, racontent comment ils ont découvert un trésor, ils font quelque chose qui secoue notre for intérieur.

Zenit - Compte tenu du manque de sensibilité actuel vis-à-vis du transcendant et de la récente sécularisation, pensez-vous que ces histoires peuvent aider les chrétiens, qui ont perdu leurs racines, à retrouver la religion de leurs origines ?

Camille Eid
- Beaucoup de musulmans reprochent à la société européenne de détruire ses coutumes et la considèrent comme une société qui a renoncé à Dieu. Cette critique invite les chrétiens à s'interroger sur la signification de leur présence. Ce n'est pas de la faute des immigrés si, lorsqu'ils arrivent en Europe, ils ne voient pas les chrétiens.

Voir avec les yeux d'un musulman en quoi consiste la foi chrétienne peut aider tous ceux qui sont habitués à la foi. La redécouverte par d'autres personnes peut nous aider à valoriser le trésor que nous possédons.
Revenir en haut Aller en bas
fleurdoranger



Féminin Messages : 646
Inscription : 10/12/2006

MessageSujet: Re: Conversions de musulmans au christianisme...   Sam 12 Jan 2008, 12:39

et c'est encore pire pour les gens nés dans des familles dites musulmanes,car dans ce cas,ils sont d'office musulmans! quelle abérration!
Revenir en haut Aller en bas
Gabrielle



Féminin Messages : 242
Inscription : 14/09/2007

MessageSujet: Re: Conversions de musulmans au christianisme...   Sam 12 Jan 2008, 16:05

Et pourtant...je viens d'entendre ce midi dans une émission télévisée une réflexion qui m'a fait sauter au plafond ! Elle est d'Abdelwahab Meddeb, cet écrivain tunisien, partisan d'une certaine réforme de l'islam, et dont on parle beaucoup depuis quelque temps (c'est lui qui a écrit "La maladie de l'islam") : il disait que les mystiques musulmans (à quelle époque, je ne sais pas, il faudrait vérifier) conseillaient aux musulmans de rester ouvert aux autres religions, car Dieu pouvait très bien leur apparaître un jour sous une forme totalement différente de celle qu'ils pouvaient imaginer (texto)...

J'ai repensé à ce qu'Arnaud disait sur l'apparition du Christ en gloire au moment de la mort : ça colle complètement...et dans ce cas ça revient à reconnaître qu'il ne pourrait pas y avoir de conversion au christianisme avant la mort.

Comme quoi il y aurait peut-être lieu pour les musulmans de s'intéresser d'un peu plus près à ce que disent ou ont dit leurs mystiques...

Gabrielle.
Revenir en haut Aller en bas
bajulum



Messages : 1029
Inscription : 03/10/2007

MessageSujet: Re: Conversions de musulmans au christianisme...   Sam 12 Jan 2008, 17:28

Abdelwahab Meddeb est un type remarquable, tout autant que son émission "culture d'Islam". Quelle pitié qu'aucune émission catholique ne soit de ce niveau.
Revenir en haut Aller en bas
fleurdoranger



Féminin Messages : 646
Inscription : 10/12/2006

MessageSujet: Re: Conversions de musulmans au christianisme...   Sam 12 Jan 2008, 18:05

Citation :
dans ce cas ça revient à reconnaître qu'il ne pourrait pas y avoir de conversion au christianisme avant la mort.
Citation :

je ne comprends pas.bien sûr que la conversion peut avoir lieu avant la mort.mais ceux qui refusent Jésus pendant leur vie terrestre,peuvent avoir une autre chance au moment du trépas.
Revenir en haut Aller en bas
polaire



Masculin Messages : 1858
Inscription : 22/05/2005

MessageSujet: Re: Conversions de musulmans au christianisme...   Sam 12 Jan 2008, 19:12

Citation :
et c'est encore pire pour les gens nés dans des familles dites musulmanes,car dans ce cas,ils sont d'office musulmans! quelle abérration!

Mais enfin quoi !? c'est exactement la même chose dans le catholicisme .
Ou avez -vous vu que des parents catholiques ne font pas baptiser leurs enfants ?
Revenir en haut Aller en bas
saint Zibou



Masculin Messages : 9446
Inscription : 01/01/2006

MessageSujet: Re: Conversions de musulmans au christianisme...   Sam 12 Jan 2008, 22:08

Jean-Louis B a écrit:
Vu sur Zenit :

C. Eid : Dans l’islam, il y a une porte d’entrée mais pas de sortie

Comme en enfer, quoi! :mdr:
Revenir en haut Aller en bas
respect13



Messages : 470
Inscription : 28/12/2007

MessageSujet: Re: Conversions de musulmans au christianisme...   Dim 13 Jan 2008, 19:34

Jean-Louis B a écrit:
Vu sur Zenit :
Citation :

C. Eid : Dans l’islam, il y a une porte d’entrée mais pas de sortie







à un christianisme qui n'est pas un christianisme « officiel », mais qui est le témoignage des chrétiens. Cela peut leur être d'un grand secours. Ici, les musulmans peuvent entrer dans une librairie et acheter facilement un Evangile ; dans leurs pays ce n'est pas toujours simple.

Zenit - Ce que vous dites laisse supposer que la situation des musulmans convertis, toujours difficile, l'est encore plus pour ceux qui restent dans leurs pays d'origine...

Camille Eid
- Ce facteur ne met pas un point final à l'aventure du converti. Il est vrai que dans beaucoup de pays musulmans, la liberté d'expression religieuse, politique ou d'un autre type, n'existe pas, mais vivre en Europe et ne pas avoir la liberté de manifester sa nouvelle foi chrétienne frappe davantage, et l'Etat ne protège pas les convertis, car il ne peut mettre un policier à côté de chacun.

En Italie, en France, en Allemagne ou en Angleterre, les convertis se comptent par milliers. . La chaîne de télévision italienne « Canale 5 » a diffusé une émission sur ce thème et les musulmans convertis ont dû parler à visage caché. Pourquoi ? Ils ne sont plus en Algérie, en Tunisie ou au Maroc...

Il y a une responsabilité de la part des Etats et de la communauté chrétienne, qui n'accompagnent pas toujours ces nouveaux chrétiens, qui ont tout perdu, qui ont perdu leur famille. Une femme écrivain du Maroc a raconté il y a trente ans l'histoire d'un converti qui, rentré au pays, frappe à la porte de chez lui et lorsqu'il répond à sa mère qui lui demandait qui il était : « Je suis ton fils Hassis », celle-ci répond : « Non, Hassis est mort ».

Dans les pays musulmans qui ne prévoient pas la peine capitale, ce qui attend les convertis, c'est « la mort civile », être considérés comme morts ; leur héritage est alors partagé entre les autres membres de la famille.

Zenit - Peut-on exiger une certaine réciprocité des pays musulmans, vu que l'islam jouit d'une pleine liberté en Europe pour construire des mosquées et professer publiquement le culte ?

Camille Eid
- Le problème de la construction d'édifices religieux dans les pays islamiques n'est pas homogène, car seul un pays au monde nie ce droit : l'Arabie Saoudite, qui considère que la péninsule arabique est la terre sacrée de l'islam. Dans d'autres pays du Golfe, ces dernières années, la construction de temples a été permise, mais les musulmans ne peuvent y entrer ; seuls les chrétiens immigrés qui travaillent et vivent dans cesannées et des années pour recevoir ce décret présidentiel sans lequel aucun travail de restauration ne peut être entrepris. J'ai en ma possession, un décret signé par le président Moubarak, autorisant la restauration des toilettes et de l'escalier d'une église, et ceci est très humiliant. En 2005, Moubarak a accordé ce pouvoir aux gouverneurs des provinces pour alléger la procédure.

Quant à la liberté religieuse, c'est en général une question très compliquée et elle varie de pays à pays. Le mois dernier, le parlement européen a approuvé une résolution en faveur de la liberté religieuse, sans citer le monde islamique, même si bon nombre de cas mentionnés dans le texte concernent des pays musulmans : Irak, Gaza, Turquie, Egypte, etc. C'est la première fois que tous les groupes politiques du parlement, à l'exception des verts, émettent un vote favorable. Cela peut constituer un premier pas pour demander au monde islamique de comprendre que la liberté religieuse fait partie d'autres libertés. Et même si la résolution européenne n'a aucune valeur contraignante, il est dit qu'il faudra dès lors en tenir compte au moment d'établir des relations commerciales avec ces pays.

Quant au concept de réciprocité, pour moi, chrétien d'Orient, cela sonne un peu comme une offense, car en tant que chrétien, je ne peux pas dire à un musulman « si vous me donnez ça je vous donne ça ». Cela voudrait dire islamiser la foi chrétienne, la transformer en « œil pour œil dent pour dent ».

Dans ce livre nous avons expliqué que de nombreux versets du Coran parlent de liberté religieuse, mais l'interprétation radicale n'en tient pas compte. Cette interprétation considère les versets abrogés par d'autres qui parlent du jihad, de la guerre sainte, etc. et affirme qu'ils ont été produits dans un contexte différents, quand Mahomet était à la Mecque et que les musulmans n'étaient pas assez forts. Selon cette théorie, l'instauration de l'Etat islamique a mis fin à la tolérance vis-à-vis des infidèles et aujourd'hui seuls les versets les plus durs sont considérés valables. Autrement dit, cela est très dangereux, car cela signifie montrer l'islam comme une religion basée uniquement sur une foi violente.

Beaucoup de pays musulmans ont signé la déclaration universelle des droits de l'homme, mais ont émis des réserves concernant un article qui parle de la liberté de conscience (qui prévoit le passage d'une foi à l'autre). Dans de nombreux pays islamiques la liberté de culte existe : les chrétiens peuvent se rendre à l'église, célébrer des mariages ou des funérailles, mais ils ne peuvent pas transmettre leur propre foi. Les textes chrétiens ne peuvent être vendus dans les librairies par des musulmans et les inspecteurs y veillent avec attention.

La liberté de culte, en général garantie, est une chose ; la liberté de conscience, qui est la véritable liberté religieuse, en est une autre, bien différente. Les musulmans n'empêchent pas un chrétien d'entrer dans leur religion, mais une fois converti à l'islam un chrétien ne peut plus en sortir. Dans l'islam, il n'existe que la porte d'entrée, il n'y a pas de porte de sortie ; on est libre d'entrer, mais pas de sortir.

Zenit - Votre livre montre que le christianisme constitue également un attrait là où les obstacles sont pourtant nombreux. Comment l'expliquez-vous ?

Camille Eid
- Pour un musulman il est très difficile de comprendre la foi chrétienne, car le Coran parle du Christ, parle de Marie (dans le Coran il existe un chapitre consacré à Marie, on parle d'elle plus que dans l'Evangile), mais il a construit une histoire autour de Marie et de Jésus très différente de celle que l'on trouve dans l'Evangile. Le Christ n'est pas mort sur la croix, la Trinité est critiquée dans le Coran, elle est considérée comme une espèce de triade. Le Coran parle d'un Dieu père, d'un Dieu Mère, qui est Marie, et d'un Fils né d'eux, comme si Dieu avait rencontré la femme Marie pour engendrer le Christ.

Le musulman a des informations inexactes, fausses sur le christianisme, et quand il trouve la foi professée par l'Eglise et par les fidèles chrétiens il est émerveillé. Un converti a dit un jour : « Vous chrétiens n'avez pas le droit de garder votre foi pour vous, vous avez le devoir de la transmettre ». Parmi les cas que nous présentons dans ce livre, il y a plusieurs convertis qui ont trouvé la foi en écoutant la radio pour apprendre l'italien, en écoutant « Radio Maria » par exemple ; d'autres ont connu des fidèles dont les témoignages ont eu une influence sur eux ; d'autres encore ont connu des mouvements apostoliques...

Zenit - Dans le livre, on voit que derrière chaque homme se cache une recherche de vérité. Pensez-vous, dans cette optique, que cela puisse aider à faire tomber les préjugés, surtout vis-à-vis des musulmans ?

Camille Eid
- Cela peut contribuer à ouvrir une possibilité de dialogue avec les musulmans, en premier lieu comme hommes, car prendre le musulman pour un fidèle à la foi imperméable est une théorie à démonter, vu qu'en Italie et dans d'autres pays d'Europe il y a beaucoup de convertis, de même que dans certains pays islamiques comme la Malaisie et l'Indonésie. Sur l'Ile de Java, un million de chrétiens sont d'origine musulmane.

Le jour où le monde islamique reconnaîtra la liberté religieuse, beaucoup d'autres pourront entrer. Pour le moment, cela est impossible car se convertir au christianisme est comme une loterie, ça finit bien ou ça finit mal, je perds ma famille, je perds mon travail... tous mes droits ; mais quand ces pays reconnaîtront ces droits, tout sera beaucoup plus facile.

Zenit - Que signifie pour un musulman découvrir le Christ non seulement sous les traits d'un prophète, mais aussi sous les traits du Sauveur et du Dieu rédempteur ?

Camille Eid
- Dans la dédicace de notre livre nous avons rapporté une phrase écrite par un converti, pour qui « chaque objectif constitue un nouveau début ». Nous, les auteurs, avons consacré notre travail à tous les nouveaux convertis qui ont rencontré Jésus comme réponse à leur soif de bonheur, qui ont découvert que chaque objectif constitue un nouveau début et ils nous l'ont fait découvrir à nous aussi.

Quand les convertis racontent leur expérience... nous, chrétiens de naissance, habitués à être chrétiens, pour lesquels le christianisme ne représente pas une nouveauté, une conquête... Quand les convertis, disais-je, racontent comment ils ont découvert un trésor, ils font quelque chose qui secoue notre for intérieur.

Zenit - Compte tenu du manque de sensibilité actuel vis-à-vis du transcendant et de la récente sécularisation, pensez-vous que ces histoires peuvent aider les chrétiens, qui ont perdu leurs racines, à retrouver la religion de leurs origines ?

Camille Eid
- Beaucoup de musulmans reprochent à la société européenne de détruire ses coutumes et la considèrent comme une société qui a renoncé à Dieu. Cette critique invite les chrétiens à s'interroger sur la signification de leur présence. Ce n'est pas de la faute des immigrés si, lorsqu'ils arrivent en Europe, ils ne voient pas les chrétiens.

Voir avec les yeux d'un musulman en quoi consiste la foi chrétienne peut aider tous ceux qui sont habitués à la foi. La redécouverte par d'autres personnes peut nous aider à valoriser le trésor que nous possédons.

il y a bcp de choses interesante a faire sortir de cette interview.
tout dabord, les raison des conversion.
contrairement a lislam, la conversion "hypocrite" du mariage, dit, le "mariage de facade", consistant a la femme ou au mari de se convertir pour avoir la benediction de la famille, car les enfant doivent etre musulman, le christianisme(a ma connaissance,) ne pose pas de tels principe.

on choisit le christ par coeur, par foi, non par interet.
ensuite, outre les autres conversion "stupides" mais helas reeles, comme la "camaraderie", ou la "mode", sans meme lecture du coran a mnima, il faut bine preciser ke les converison se font dansles deux sens.

et lislam, notamment pour sa "rigueur" plait, alors meme ke bcp de chretien ne savaient meme pas kil pouvait exister une rigueur de la sorte, car deraciné.

jai moi meme des amis musulman ki se sont tourné vers le christ. baigné dans un environnement, dans une culture musulmane, ils estimaient ke le nombre donterdit, la kestion du "est ce haram ou hallal", la trop rigueur justement, face a une foi simple ki prone lamour et non les prieres comme les bonnes action, et la severité dun dieu punisseur pour tel ou tel acte, leur etait pesant.

il y a certes evidement le pardon.
mais est il le meme ke chez les chretien, ce pardon inconditionel, montré par jesus?
la loi du talion existe bien , elle est ecrite dans le coran.

ensuite, vient le probleme de lapostasie. le musulman ki kitte lislam, ki abjure sa foi, peut non seulemnt avoir des represailles, mais surtout, et c helas souvent le cas, etre "rayé" du paysage familial. c un "traitre".

dailleurs, bcp de musulman ne comprennet pas ke ce chemin se fasse en sens inverse, car pour eux, lislam etant la religion parachevant toutes les precedentes, revélées par la torah et la bible, il ne peut y avoir de recul.

dans la meme logik, le musulman ki kitte lislam, c'est forcement du a une ignorance de lislam, pour bcp, on ne peut kitter lislam si on le connait.
pour bcp, on est "égarés", on est forcement sur une mauvaise voie.


de plus, lidée de la construction dedifice religieux est a relever.
en effet, il y a peu deglise construite sdans le monde musulman.
mais il serait faux de penser ke le christianisme ne se developpe pas ausein de ce monde. un "christianisme des caves" nait comme un "islam des caves" en france se pratiquait.

mais il serait faux de vouloir apliker la regle du talion, comme relevait camille.
la tendance montre meme ken agissant de cette sorte, non seulemnt nous ne sortons pas de limpasse, nous ne reglons pas le problem, mais kau contraire, le ressentiment grandissait.

chacun sa route, chacun son chemin. comme on dit, il faut laissr libre court aux volontés du coeur, pour ne pas faire face a sa fureur.

la kestion est: le christianisme ki renait de ses cendres dans le monde musulman a til rellement sa place? kelle place?
Revenir en haut Aller en bas
bajulum



Messages : 1029
Inscription : 03/10/2007

MessageSujet: Re: Conversions de musulmans au christianisme...   Lun 14 Jan 2008, 13:39

respect13 a écrit:
mais il serait faux de penser ke le christianisme ne se developpe pas ausein de ce monde. un "christianisme des caves" nait comme un "islam des caves" en france se pratiquait...
la kestion est: le christianisme ki renait de ses cendres dans le monde musulman a til rellement sa place? kelle place?
Avez-vous des informations précises sur l'existence d'un "christianisme des caves" et quelle est votre propre réponse aux 2 questions que vous posez ?
Revenir en haut Aller en bas
respect13



Messages : 470
Inscription : 28/12/2007

MessageSujet: Re: Conversions de musulmans au christianisme...   Mer 16 Jan 2008, 15:33

bajulum a écrit:
respect13 a écrit:
mais il serait faux de penser ke le christianisme ne se developpe pas ausein de ce monde. un "christianisme des caves" nait comme un "islam des caves" en france se pratiquait...
la kestion est: le christianisme ki renait de ses cendres dans le monde musulman a til rellement sa place? kelle place?
Avez-vous des informations précises sur l'existence d'un "christianisme des caves" et quelle est votre propre réponse aux 2 questions que vous posez ?

en realité, il faut savoir ke de plus en plus de missionaires evangeliques sinstallent pour precher la parole chretienne, en terre dislam.

les autorité ont beau etouffer ce genre de "proselythisme" , l'avancée du nombre de chretien est reelle, comme lavancée de lislam lest en france(meme si des conversion en sens inverse se font aussi).

une donnée, a prendre avec des pincettes: 6millions de musulman se seraient tournés vers le christianisme en 2006.

info ou intox?

par exemple, jai un ami qui lui est parti en afrique au mali. il y a vecu pendant 10 ans.
a son retour, il ma confié (lui est athé) que le christianisme, dans ce pays pacifique, fait des emules. les chiffres officiel (87% de musulman et 11% de chretien, sont vraiment faux) et il ma montré plusieurs photo deglises nouvellement construite, notamment dans les petit villages, a linitiative des habitant meme, sans contrainte publique.

son estimation ( prendre avec precaution aussi, c'est pluto au mnimum 25% de chretien, tres pratiquant).

il faut aussi savoir que renier lislam constitute un danger pour sa propre vie, selon les pays.

le hic, c'est ke la population, voyant des chretien mourir parce kils etiant dancien musulman voient dun mauvais oeil(et ouf!) ces condamnation de chretien, avec ki ils sentendent bien.
il nest pa srare dans certain pays malheureusement, de voir des eglise brulées, des chretien crucidié, et des famille entiere assassinées...

bcp ont eu une mauvaise image islam, il faut sans doute aller plus en profondeur, et se sont interessé au message du christ redempteur.
face aux responsabilité ke pose lislam, ils se sont tourné vers un christ damour, loin du mauvais souvenir de la colonisation.

toutefois, ce nest pas la meme situation partout. il est par exemple difficile en algerie de contruire une eglise, mais va! les chreiten (il ne faut pas croire ke cela est le cas ken kabylie c'est se leurrer) pratik leur foi, tout en sacahtn ke les autorité le savent, mais de facon tres dicretes, comme les musulman lont fait il y a encore 10 ans.

donc je ne peux pas avoir dinformation plus precises, bine sur, vous pouvez vous meme consulter les information sur le nombre de musulman convertis au christianisme au maroc, lestimation faite dans les autres pays dafrique noire.

kant a mes kestion, je vous propose mon point de vue:
-oui, le christianisme a sans nul doute sa place. Bien que les gouvernement se bornent a montrer une image negative de la religion chretienne, notamment a travers lenseignement dune bible falsifiée, une ridiculisation de la trinité(=trois dieu distinct et non une meme entité), mettant en valeur un islam porteur dune morale et de verité scientifik, un mouvement de fonds, certes petit pour le moment il ne faut pas s'alarmer, a bien lieu.

dailleur, le nombre de debat entre chretien et musulman augmentent, meme au sein des famille, et si certain se bornent a linculkation dune verité a lecole, dautres sinteresse a cet ancien frere ennemi.

le passé dun islam conkerant ressurgit, et la dhimmi imposé il y a kelke siecle lors de lexpansion de lislam fait remonter aussi un souvenir peu glorieux dun islam pas moin guerrier ke limage des croisades.

par exemple, le maghreb est en pleine recherche didentité: doit il se "moderniser", ou "garder ses tradition". pour le moment, c le milieu ke lon vise. mais de plus en plsu de comportement, notamment des nouvelles generation, plus libre, a limage, notamment dans les grandes villes, des jeunesse "occidentales", conduisent a penser ke celle ci prochainement au pouvoir vont "reformer" un islam, aller de lavant, ne plus regarder dans un passé prestigieux, et se tourner vers lavenir, souvrir au monde.

ce nest pas les politik destabilisatrice de cettain mouvement radicaux (freres musuman etc) ki vont changer ce mouvement, cela fait en realtié plus de bruit qu'autre chose.

kelle place? tout dependra de lacceptation des autorité, et selon les pays.
toutefois, il est evident ke dans les procahines années, les pays africain seront condamné a souvrir et accepter kune partie de leur population soit chretienne.

enfin, une note a savoir, importante, ce sont les pays dasie ki connaissent surtout une fulgurante percée de la doctrine chretienne, au desavantage de musulman, bouddhiste, confucianiste, atheiste et animistes.


faites un tour ne serait ce ken chine, et vous vous rendrez compte ke le message du christ traverse le coeur de bcp de chinois. dailleur les autorité ne peuvent pas faire autrment, elles ont accepté linaguration de plusieur eglises. le renouveau religieux en general en chine simpose comme une facon de sentendre avec le pouvoir(oficiellemnt) athé.
Revenir en haut Aller en bas
yacoub



Masculin Messages : 280
Inscription : 26/01/2011

MessageSujet: Re: Conversions de musulmans au christianisme...   Mar 19 Juil 2016, 15:55

Le coming out des Marocains protestants

28 août 2016 à Casablanca. Le Temple protestant de la paroisse de Casablanca de l'Eglise evangelique du Maroc. Un lieu très fréquenté par les communautés protestantes étrangères, les Marocains préférant faire profil bas et prier dans des secret churchs installées dans des lieux privés. DAVID RODRIGUES / LE DESK
#Eglise


28 août 2016 à Casablanca. Le Temple protestant de la paroisse de Casablanca de l'Eglise evangelique du Maroc. Un lieu très fréquenté par les communautés protestantes étrangères, les Marocains préférant faire profil bas et prier dans des secret churchs installées dans des lieux privés. DAVID RODRIGUES / LE DESK

14.07.2016 à 12 H 47 • Mis à jour le 14.07.2016 à 15 H 46
Par Hicham Oulmouddane

Le coming out des Marocains protestants

Religion.
Ils sont chrétiens et se disent Marocains avant tout. Ils revendiquent haut et fort leur foi sur la toile. Une sortie de la clandestinité dans une société tiraillée entre permissivité et interdit.

Musique orientale, plusieurs plans sur des épices, des villes impériales et des kasbahs. Il ne s’agit pas du film institutionnel vantant la destination Maroc mais d’une vidéo dans laquelle une dénommée Imane annonce qu’elle est chrétienne. Clap, plan fixe et drapeau du royaume incrusté sur l’écran. « Je suis Imane, Marocaine et chrétienne, pas nasraniya (chrétienne ndlr)…je suis née et j’ai grandi au Maroc tout comme le Maroc a grandi en moi… ».

Le Christ m’a appris à aimer le roi

En darija, Imane reprend les fondamentaux : richesse culturelle du pays, hospitalité et culture marocaine, mais revendique son droit à la différence. « Le Christ m’a appris à aimer ma patrie, à aimer le roi de mon pays. Il m’a appris à prier pour lui, le soutenir même en cas de désaccord avec lui. » Comme elle, Atiqa, Youssef, Zoubir, Zineb, ont choisi aussi de faire leur sortie à visage découvert pour révéler leur chrétienté. Un tournant qui révèle une rupture dans la communication des Chrétiens du Maroc dont le nombre est estimé à quelques milliers. Zouhair, 40 ans, qui a souhaité garder l’anonymat, est né chrétien, nous décrypte cette vidéo. « Le cas d’Imane et les autres frères et sœurs montre que les porteurs du discours évangélique n’est plus l’étranger mais provient bel et bien de gens qui ont un enracinement local. C’est plus fort. Ce sont des chrétiens de quatrième génération qui ont choisi de le déclarer ouvertement. » Paradoxalement, les commentaires sur Youtube sont partagés entre stupéfaction et curiosité mais n’occultent pas le côté belliciste de certaines personnes qui veulent en découdre avec « ces Marocains surgis de nulle part ». Selon Zouhair, ils seraient des dizaines de milliers à s’être convertis depuis les années 60, spécialement dans les classes aisées.

Une dizaine d’évangéliste activistes dans l’orphelinat Village de l’espérance (Village of Hope), situé à Aïn Leuh à proximité d’Ifrane.Une dizaine d’évangélistes activistes dans l’orphelinat Village de l’espérance (Village of Hope), situé à Aïn Leuh à proximité d’Ifrane avaient été expulsés du Maroc en 2010, accusés de prosélytisme auprès des enfants et des populations alentours. VOH .

157-EVENGELISTE-EXPULSION

Après les attentats du 16 mai, Ahmed Taoufiq, le ministre des affaires islamiques,estimait que la présence des Chrétiens est comme une offensive contre la sécurité spirituelle des Marocains. AICPRESSAprès les attentats du 16 mai, Ahmed Taoufiq, ministre des affaires islamiques, estimait que la présence des Chrétiens est comme une offensive contre la sécurité spirituelle des Marocains. AIC PRESS
Les chaînes sunnites financées par l’Arabie saoudite sera déterminante pour diffuser un islam belliciste et prosélyte. CAPTURELes chaînes de télévision sunnites financées par l’Arabie saoudite n'hésitent pas à donner la parole à des prédicateurs d'un islam belliciste et prosélyte. CAPTURE YOUTUBE
Brother Rachid, né au Maroc en 1971, ce fils d’imam, est l'un des animateurs star de la chaîne évangéliste Al Hayat TV basée à Chypre. CAPTUREBrother Rachid, né au Maroc en 1971, ce fils d’imam, est l'un des animateurs star de la chaîne évangéliste Al Hayat TV, basée à Chypre. CAPTURE YOUTUBE

Chrétiens et Mgharba tal mout

Dans son bureau à Casablanca, Zouhair est plongé dans une lecture des coupures de presse. Un article en particulier attire son attention. Il s’agit du récit de l’expulsion de plusieurs chrétiens du Maroc en 2010. « C’est une date fondatrice de ce qui se passe actuellement. L’Etat sous prétexte de prosélytisme avait lancé un vaste coup de filet et expulsé 157 évangélistes. Moins d’une dizaine d’entre eux étaient des activistes dans l’orphelinat Village de l’espérance (Village of Hope), situé à Aïn Leuh à proximité d’Ifrane. Mais l’occasion était trop belle pour nettoyer le royaume de toute présence des évangélistes » se souvient Zouhair, qui accuse au passage les médias d’accointance avec l’Etat. « Jusqu’en 2010, la majorité de la presse dépeignait la présence des Chrétiens comme une offensive contre la ‘sécurité spirituelle’ des Marocains, une doctrine développée par le ministre des affaires islamiques, Ahmed Taoufiq, après les attentats du 16 mai. Or, la spiritualité n’est pas palpable, comment peut-on prétendre à en faire un sanctuaire sécuritaire ? », s’emporte Zouhair. La nouvelle Constitution de 2011 a été l’occasion de grands débats sur la place des libertés individuelles dans la société marocaine. Si la petite histoire retient que l’Etat a failli lâcher du lest en accordant une large définition à ces libertés, il a finalement fait marche arrière sous la pression de la classe politique, islamistes du PJD en tête, suivis de l’aile conservatrice de l’Etat lui-même. Depuis, l’Etat gère au cas par cas les revendications des chiites, des LGBT, des non- jeûneurs …  qui cherchent une existence légale dans la société ou une abrogation des dispositions incriminant leur activité. Un signe de mutation amorcée de la société marocaine ?

Crise des valeurs

Pour Zouhair, le monde arabo-musulman a plongé dans une crise des valeurs à partir du début les années 90. L’effondrement du mur de Berlin avait déjà sonné la faillite des régimes arabes qui maintenaient l’illusion de modèles politiques proches des peuples. La mondialisation galopante, accompagnée d’une ouverture des médias, puis l’arrivée d’internet ne font qu’accentuer les effets de cette crise. « Cette perte de repères pousse les gens à redéfinir leur rapport à la religion. Au Maroc, la salafisation de la société sur le modèle du Moyen-Orient est un signe indicateur que l’islam populaire marocain n’était plus à même d’apporter les réponses suffisantes. D’autres commencent à se diriger vers le chiisme ou la non religiosité. Le christianisme n’est qu’une issue dictée par cette quête de sens », décrypte Zouhair.


Dans cette course pour récupérer les « égarés », les chaines satellitaires jouent un rôle-clé. L’offensive menée par les chaînes sunnites financées par l’Arabie saoudite sera déterminante pour diffuser un islam belliciste et prosélyte à souhait. Or, elles sont concurrencées par l’apparition des chaines évangéliques qui pénètrent progressivement les foyers. Si l’islam cathodique, fort de près de 220 chaînes, influe sur la pratique de la religion dans le monde arabe, les évangélistes lui livrent un combat sans merci. C’est le cas de la chaîne Al Hayat TV qui diffuse à partir de Chypre. Parmi ses animateurs stars : Brother Rachid. Né au Maroc en 1971, ce fils d’imam a fait de la nouvelle exégèse des textes coraniques en darija et de l’histoire de l’islam, la force de frappe de la chaîne pour prêcher.


Tanger, au coeur de la vieille ville, se dressent deux minarets et deux clochers. D&MTanger, au coeur de la vieille ville, se dressent deux minarets et deux clochers. D&M

Au Maroc, les conversions au christianisme crispent les islamistes Un curé donne un sermon dans une église à Rabat 12 Novembre 2006. ABDELHAK SENNA / AFPAu Maroc, les conversions au christianisme crispent les islamistes Un curé donne un sermon dans une église à Rabat 12 novembre 2006. ABDELHAK SENNA / AFP

A la conquête des musulmans

Pourtant, les premières traces d’évangélisation dans le royaume remontent à 1859, date de la signature d’un accord de commerce avec la Grande-Bretagne. A côté des activités commerciales, plusieurs évangélistes débarquent au Maroc, à Essaouira en particulier, pour convertir les juifs marocains. Contrairement à une idée reçue, le protectorat français, soucieux de ne pas bouleverser les structures culturelles du pays, n’a jamais encouragé le prosélytisme chrétien. Toutefois, plusieurs missionnaires ont élu domicile au Maroc et réussi à convertir nombre d’habitants des régions du Moyen-Atlas. A partir des années 60, plusieurs familles aisées et instruites se convertissent au christianisme. Puis au milieu des années 70, plusieurs jeunes militants influencés par les idéologies de l’époque deviennent non croyants, ou se convertissent. Ils subissent une répression féroce de la part de l’Etat, qui joue la carte des islamistes dans les foyers universitaires pour contrebalancer leur influence. « Depuis, d’autres couches sociales les rejoignent. Mais leur activisme est soit personnel, soit inféodé à des groupes étrangers. Aujourd’hui, les chrétiens bien que de plus en plus nombreux, ne se connaissent pas nécessairement  », explique Zouhair. En clair, il n’existe pas de noyau de chrétiens qui se revendique en tant que tel et qui cherche à être le porte-drapeau de la marche vers une éventuelle reconnaissance en tant que groupe social. « Seuls les services de l’Etat connaissent exactement le nombre de chrétiens au Maroc. Ils demandent à ce qu’ils ne soient pas visibles, pour éviter une crispation de la vox populi. Autrement l’Etat n’a pas peur des chrétiens parce qu’il n’y voit aucun danger politique, contrairement à la mouvance chiite », poursuit notre source.


Jamaâ Ait Bakrim, considéré par l'état comme apostat, a été condané en 2005 à quinze ans de prison ferme.Jamaâ Ait Bakrim, considéré par l'Etat comme apostat, a été condamné en 2005 à quinze ans de prison ferme pour s'être converti au christianisme sous couvert d'actes de vandalisme.

Guerre souterraine

Pourtant, l’Etat n’y va pas de main morte pour punir ceux qu’il considère comme apostats. C’est le cas, en 2005, de Jamaâ Ait Bakrim, condamné en 2005 à quinze ans de prison ferme pour « vandalisme (…) destruction de biens d’autrui  » et un vague chef d’accusation d’« apostasie ». « Les PV de la police ne contiennent généralement pas une référence à une conversion au christianisme. Ils ne veulent pas en faire des héros pour éviter toute pression internationale », explique notre source. Pourtant, en 2009, 17 personnes dont une douzaine de Marocains avaient été interpellées près d’Oujda, pour avoir participé à une « réunion publique non déclarée, qui s’inscrit dans le cadre d’une action visant à propager le crédo évangéliste et à recruter des adeptes au sein des nationaux », précisait le communiqué du ministère de l’Intérieur, les accusant ouvertement de « porter atteinte aux valeurs religieuses du royaume  ».

Cependant, l’activisme d’évangéliques, pour certains affiliés à la droite américaine du courant born again, ne fait guère de doute. Selon plusieurs sources, le Maroc compterait quelques centaines de missionnaires. Leur terrain d’influence se situe dans les régions enclavées, mais aussi dans les grandes villes à la faveur d’un mode de vie de plus en plus anonymisé. C’est le cas de l’organisation Arab World Ministries, une multinationale de l’évangélisme. Elle a pour objectif officiel, « l’annonce de la Bonne Nouvelle d’un Sauveur aux musulmans du monde arabe ». Pour Zouhair, qui dit n’être affilié « à aucun groupe », le protestant se doit d’être activiste. « Je ne cherche pas à convaincre les gens, mais si on me pose des questions, j’explique pourquoi Jésus est l’unique sauveur.  »

Le pape Jean-Paul II est accueilli par le roi Hassan II à son arrivée à Casablanca lors de sa visite au Maroc, le 19 août 1985. JEAN-CLAUDE DELMAS / STFLe pape Jean-Paul II est accueilli par le roi Hassan II à son arrivée à Casablanca lors de sa visite historique au Maroc, le 19 août 1985. L'Eglise catholique officielle a droit de cité au Maroc et compte de nombreux lieux de culte. Elle demeure cependant très discrète et se défend de tout prosélytisme, selon un accord tacite entre le Vatican et le royaume. JEAN-CLAUDE DELMAS / STF

Secret Churchs

Casablanca, le 19 août 1985. Le pape Jean-Paul II revient d’un long périple en Afrique. Il fait une escale de quelques heures pour célébrer une messe à l’école Charles de Foucauld et prononcer un discours devant 100 000 jeunes réunis à l’occasion des jeux panarabes. Une première dans un pays musulman. Hassan II en fait un outil diplomatique pour renvoyer une belle image du Maroc, patrie de la tolérance et du dialogue des religions. Mais en coulisses un pacte avec le Vatican a été négocié, interdisant le prosélytisme catholique dans le pays. « Depuis, les églises font profil bas et se trouvent surveillées surtout pendant les fêtes, par des policiers en civil qui gardent un œil discret sur la fréquentation de ces lieux de culte par des Marocains  », rappelle Zouhair, qui prie chaque dimanche dans une église protestante. Quant à son choix pour le protestantisme, il le justifie par «  le caractère souple et ouvert de cette obédience qui n’impose rien et qui permet d’accomplir ses prières à n’importe quel moment. » A l’occasion des fêtes religieuses, il nous assure communier avec certains coreligionnaires dans les « secrets churchs » : des autels pour prier, installés dans des appartements et des villas connus uniquement de quelques adeptes.

 
28.06.2016, Casablanca, Maroc. Temple protestant de la paroisse de Casablanca de l'Eglise evangelique du Maroc. DAVID RODRIGUES / LE DESKUn Temple protestant de la paroisse de Casablanca de l'Eglise evangelique du Maroc. DAVID RODRIGUES / LE DESK
Sortir de la clandestinité

En plus de la répression directe en cas de surexposition médiatique, l’Etat peut compter sur l’aile conservatrice de l’islam marocain. Parmi les plus redoutés selon des protestants marocains, le mouvement d’Unicité et de la réforme (MUR), l’aile religieuse du parti islamiste PJD qui conduit la coalition gouvernementale. Certaines de ses figures de proue, comme Al Moqri Abouzaid, n’hésitent pas à parler « d’entrisme de la société marocaine pour faire le lit du sectarisme religieux », à l’image de pays comme le Liban. En clair, l’objectif serait de créer une minorité religieuse qui aura un poids politique dans l’avenir. Faux, rétorque notre source. « L’Etat marocain n’a pas le courage et ne prend pas d’initiative pour faire une place à la liberté de conscience par pur pragmatisme politique. Quand il ne persécute pas les chrétiens, il sous-traite le travail à la société et aux hommes de religion qui utilisent le logiciel de la conspiration pour étouffer les chrétiens », commente Zouhair, qui accuse certains chrétiens « de causer des dégâts à la religion de Jésus ». « Certaines personnes, après leur conversion vraie ou supposée au christianisme, ne trouvent pas ce qu’elles cherchent et l’abandonnent pour devenir athées. Je préfèrerais qu’ils restent musulmans plutôt de perdre toute religion.  »

Dans une société déboussolée et un marché mondialisé de la religion, les conversions et la transhumance religieuses sont facilitées par la puissance d’Internet qui permet de voir si les dieux sont plus cléments ailleurs.
Revenir en haut Aller en bas
http://apostats-de-lislam.xooit.org/f5-Sous-forum.htm
 
Conversions de musulmans au christianisme...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» De plus en plus de conversions de musulmans au christianisme
» les chrétiens n'ont rien trouvés pour convertir les musulmans aux christianisme en éditant un faux coran (true furquan)
» Conversion des musulmans au christianisme
» Groupe de prière pour la conversion des musulmans...
» (jesus s'innocente des chrétiens) pour les gens qui cherche la vérité (la suite) !!!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
DOCTEUR ANGÉLIQUE FORUM CATHOLIQUE :: Philosophie réaliste, Discussions diverses-
Sauter vers: