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 Marie \"Reine du saint Rosaire\"

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MessageSujet: Marie "Reine du saint Rosaire"   Dim 21 Oct 2007, 23:52

Benoît XVI invoque Marie, comme « Reine du saint rosaire »

Vocable du sanctuaire de Pompéi, aux portes de Naples

ROME, Dimanche 21 octobre 2007 – Lors de l’angélus de ce dimanche, à Naples, Benoît XVI a invoqué Marie comme « Reine du saint rosaire », selon le vocable sous lequel la Vierge est invoquée au sanctuaire de Pompéi, aux portes de Naples, où Jean-Paul II s’était rendu en 2003.

« Confions ces intentions de prière, disait Benoît XVI avant l’angélus, à la Très sainte Vierge Marie, que nous aimons invoquer, au mois d’octobre, sous le titre sous lequel elle est honorée au sanctuaire voisin de Pompéi : Reine du saint rosaire ».

Le sanctuaire de Pompéi http://www.santuario.it a été fondé par un laïc italien, le bienheureux Bartolo Longo (1841-1926), que le pape cite à cinq reprises dans sa Lettre apostolique sur le Rosaire de la Vierge Marie, du 16 octobre 2002. Chaque année, le 7 octobre, la fête de Notre Dame du Rosaire conduit à Pompéi un véritable fleuve de pèlerins.

A une époque de scepticisme et d’anticléricalisme, cet homme de loi italien devenu tertiaire dominicain, fonda le sanctuaire de Pompéi dédié à Notre Dame du Rosaire, mais aussi des œuvres charitables en faveur d’enfants de détenus, et la communauté des Filles du Saint Rosaire de Pompéi.

Il enseignait le catéchisme et à prier le rosaire. « Réveille ta confiance en la Très Sainte Vierge Marie ; tu dois avoir la foi de Jacob » , écrivait-il en 1905. Il est mort à Pompéi le 5 octobre 1926.

Il a été béatifié par Jean-Paul II le 26 octobre 1980. Le pape le cite à cinq reprises dans sa Lettre apostolique sur le Rosaire.

« Le bienheureux Bartolo Longo eut un charisme spécial, celui de véritable apôtre du Rosaire, écrit Jean-Paul II. Son chemin de sainteté s’appuie sur une inspiration entendue au plus profond de son cœur : ‘Qui propage le Rosaire est sauvé !’. À partir de là, il s’est senti appelé à construire à Pompéi un sanctuaire dédié à la Vierge du Saint Rosaire près des ruines de l’antique cité tout juste pénétrée par l’annonce évangélique avant d’être ensevelie en 79 par l’éruption du Vésuve et de renaître de ses cendres des siècles plus tard, comme témoignage des lumières et des ombres de la civilisation classique. Par son œuvre entière, en particulier par les « Quinze Samedis », Bartolo Longo développa l’âme christologique et contemplative du Rosaire ; il trouva pour cela un encouragement particulier et un soutien chez Léon XIII, le ‘Pape du Rosaire’ ». (RVM, 8

Le pape écrit encore : « Dans le parcours spirituel du Rosaire, fondé sur la contemplation incessante - en compagnie de Marie - du visage du Christ, on est appelé à poursuivre un tel idéal exigeant de se conformer à Lui grâce à une fréquentation que nous pourrions dire ‘amicale’. Elle nous fait entrer de manière naturelle dans la vie du Christ et pour ainsi dire « respirer » ses sentiments. Le bienheureux Bartolo Longo dit à ce propos : ‘De même que deux amis qui se retrouvent souvent ensemble finissent par se ressembler même dans la manière de vivre, de même, nous aussi, en parlant familièrement avec Jésus et avec la Vierge, par la méditation des Mystères du Rosaire, et en formant ensemble une même vie par la Communion, nous pouvons devenir, autant que notre bassesse le permet, semblables à eux et apprendre par leurs exemples sublimes à vivre de manière humble, pauvre, cachée, patiente et parfaite’ ». (RVM, 15

Et de souligner l’audace de son message spirituel : « Le Rosaire est à la fois méditation et supplication. L’imploration insistante de la Mère de Dieu s’appuie sur la certitude confiante que son intercession maternelle est toute puissante sur le cœur de son Fils. Elle est ‘toute puissante par grâce’, comme disait, dans une formule dont il faut bien comprendre l’audace, le bienheureux Bartolo Longo dans la Supplique à la Vierge » (RVM, 16

« Le bienheureux Bartolo Longo, explique encore le pape Wojtyla, voyait aussi le chapelet comme une ‘chaîne’ qui nous relie à Dieu. Une chaîne, certes, mais une douce chaîne ; car tel est toujours la relation avec Dieu qui est Père. Une chaîne ‘filiale’, qui nous accorde à Marie, la ‘servante du Seigneur’ (Lc 1, 38 et, en définitive, au Christ lui-même qui, tout en étant Dieu, s’est fait ‘serviteur’ par amour pour nous (Ph 2,7) » (RVM, 36

Jean-Paul II laisse à Bartolo Longo le dernier mot de sa lettre apostolique en lançant cet appel : « Je me tourne vers vous, frères et sœurs de toute condition… : reprene z avec confiance le chapelet entre vos mains…. Que mon appel ne reste pas lettre morte ! Au début de la vingt-cinquième année de mon Pontificat, je remets cette Lettre apostolique entre les mains sages de la Vierge Marie, m’inclinant spirituellement devant son image dans le splendide sanctuaire qui lui a été édifié par le bienheureux Bartolo Longo, apôtre du Rosaire. Je fais volontiers miennes les paroles touchantes par lesquelles il termine la célèbre Supplique à la Reine du Saint Rosaire : ‘Ô Rosaire béni par Marie, douce chaîne qui nous relie à Dieu, lien d’amour qui nous unit aux Anges, tour de sagesse face aux assauts de l’enfer, havre de sécurité dans le naufrage commun, nous ne te lâcherons plus. Tu seras notre réconfort à l’heure de l’agonie. À toi, le dernier baiser de la vie qui s’éteint. Et le dernier accent sur nos lèvres sera ton nom suave, ô Reine du Rosaire de Pompéi, ô notre Mère très chère, ô refuge des pécheurs, ô souveraine Consolatrice des affligés. Sois bénie en tout lieu, aujourd’hui et toujours, sur la terre et dans le ciel’ » (RVM, 43
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mandonnaud



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MessageSujet: Re: Marie \"Reine du saint Rosaire\"   Mer 24 Oct 2007, 19:34

Ma mère, intercédez donc pour moi, s’il vous plaît.
Dans le creux de ma main, je vois mon chapelet,
Et, pour moi, ses grains noirs sont comme une semence
Qu’avec un grand espoir je jette au ciel immense.

Chaque Ave va bientôt, miracle merveilleux !
S’épanouir aux pieds de la Reine des Cieux
Et, suave parfum, ma prière fleurie
Montera doucement vers la Vierge Marie.




François Coppée
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MessageSujet: Marie "Reine de la Paix"   Mer 24 Oct 2007, 22:36

Marie Reine de la Paix, peut aussi se nommer "Refuge des pécheurs". Mère de la réconciliation, debout près de la Croix. "Marie, en participant au mystère de la pauvreté de son Fils et à sa Passion, connaîtra l'exaltation et cette participation à la croix sera le fondement de sa médiation" (M-J Le Guillou "Marie" Parole et Silence.

Si nous observons attentivement le vitrail qui surplombe N-D des Victoires , nous voyons au-dessus de la Vierge couronnée accueillant les pécheurs les anges de la Nativité présentant le message de la nuit de Noël ; "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu'il aime". Et l'ange le plus à droite tient en main le rameau d'olivier symbolique de la paix (cg Gn.8.11) : paix rétablie entre les hommes et leur Dieu, réconciliation des hommes entre eux, mais aussi avec toute la création, paix du coeur enfin retrouvée pour chacun de nous. " Dès sa naissance, Marie est vraiment considérée comme le renouvellement du monde, la régénération de l'humanité, l'apparition d'un être sans tache dans un monde pollué par le péché originel" Désormais "L'innocente" "celle que le péché n'a jamais effleurée de sa grande aile noire"(Bernanos), la Reine de la Paix se fait pont, intercession pour les pécheurs et ceux-ci, enfin par elle, peuvent retrouver la Paix.

www.notredamedesvictoires.com

archiconfrerie@notredamedesvictoires.com
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MessageSujet: Re: Marie \"Reine du saint Rosaire\"   Ven 25 Jan 2008, 22:01

sunny Like a Star @ heaven RICHESSES DU ROSAIRE Like a Star @ heaven sunny




Le texte ci-après m’a été offert, il est tiré de diverses pages d’Internet et des connaissances personnelles de celui qui me l’a offert… Je souhaite vous en faire profiter, je me mets au clavier, et vous le propose en plusieurs épisodes.

« Aux considérations que nous suggère la prière vocale, j’aime à rattacher l’étude d’un moyen de prière que Léon XIII, génie élevé autant que pieux, rangea parmi les tout premiers instruments religieux de notre époque. Beaucoup n’ont pas compris que le Rosaire pût mériter un pareil jugement, parce que d’abord ils ignorent la prière, parce que ensuite cette prière-là se présente sous des dehors d’humilité qui dérobent aux esprits légers sa richesse. Des psychologues mieux inspirés daignèrent dire que dans notre humble chapelet leur science découvrait une merveille. Tant mieux ! Mais c’est à eux que revient ici l’honneur.
Notre Église n’a pas besoin de ces témoignages ; elle est une autre maîtresse de vie, une inventrice autrement géniale, sans parler de l’Esprit qui l’anime, que les classeurs de faits et combineurs de notions dénommés psychologues.
Le Rosaire consiste en la répétition par dizaines successives, coupées de doxologies, de la Salutation angélique méditée. Méditée, dis-je, non en elle-même et dans sa littéralité, mais dans tous les Mystères qu’elle évoque, parce que la vie de Jésus entière, avec tous ses enseignements, se trouve contenue dans la fait suggéré avec tant de délicate grandeur par cette perle incomparable : l’Ave Maria.

Je vous salue, Marie : coup d’encensoir qu’on répète par dix fois, qu’on suspend, puis qu’on réitère, parce que la répétition est une force d’insistance, un entêtement qui vient ici du cœur, une loi de l’amour comme une loi de l’éloquence, de la musique, de la décoration à l’égyptienne, de l’architecture et de ses formes en série dont la colonnade est le type, de tout, en art, et de tout, d’abord, dans la nature, fille du rythme ; - parce que, a écrit Lacordaire, « L’amour n’a qu’un mot, et qu’en le disant toujours il ne se répète jamais. »
Je vous salue, Marie : louange qui monte et qui trace le chemin à nos appels, l’honneur que nous rendons en paroles voulant aller jusqu’à l’honneur que nous rendrons par le succès de nos vies, par notre propre béatitude méritée, but de l’effort créateur et rédempteur que la prière seconde.
Je vous salue, Marie : prière adressée à celle qui n’est pas la source des grâces ; mais par qui nous croyons que nous arrive toute grâce, parce que de là nous vint, non selon la chair seulement, mais selon le consentement du cœur, Celui qui est source universelle. Nous passons par Marie comme par la « Porte du Ciel », le Ciel étant le lieu définitif des prières, ces élues de la miséricorde. Nous passons par Marie comme on s’élève par un échelon : n’est-elle pas « l’Échelle des pécheurs », « l’Échelle de Paradis », selon les belles expressions de nos ancêtres ? Marie a contenu l’Océan des grâces : qu’elle le déverse. Le Soleil de justice a brillé en elle : qu’elle nous éclaire, nous échauffe et nous réjouisse. Elle a fourni le sang rédempteur : qu’elle le répande sur nous et nous lave.
« Notre vie, notre douceur et notre espérance », comme le Christ, bien que ce soit par lui, elle mérite que nous lui adressions « ces titres doux et magnifiques dont le bruit ne s’apaise jamais et qui se réunissent dans la miracle d’un autre nom qui les surpasse tous, le nom de Vierge-Mère. » (Lacordaire, dans 73ème conférence).
Écoutant ainsi Lacordaire, auquel Bossuet et saint Bernard, saint Anselme et saint Jean Damascène firent la leçon, nous comprenons que le culte envers Marie est un culte envers l’Incarnation ; que c’est le chemin de chair pris d’un peu plus haut, vers son origine.
« Tristes fils d’Ève », comme dit encore le Salve Regina, nous passons par Marie, nouvelle Éve, pour venir au nouvel Adam. Elle naît de Jésus selon qu’il est Dieu ; elle le porte en la fragile humanité qu’il assume. Et nous, petits frères de ce doux Seigneur de gloire, qu’elle allaite au nom de toute la nature refluant vers son Créateur, nous nous accrochons à sa robe maternelle, pour aller jusqu’au trône de ses bras.
Salut, Mère ! Que par vous il nous reçoive, Celui qui nous est donné par vous, et que le salut introducteur de l’Ave nous mérite d’obtenir nos demandes.
Je vous salue, Marie, pleine de grâces, prête à les répandre, vous qui avez le Seigneur avec vous, vous qui êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus… parce que Jésus le fruit de vos entrailles est béni. – Votre adoption et la nôtre, ô Marie, ne peuvent-elles pas amener jusqu’à nous, en vous traversant, les bénédictions qui nous sauvent ?… Alors donc, Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous ; car c’est votre prière qui établit la communication pour les grâces. Priez pour nous, pécheurs, maintenant que nous sommes à l’heure du mérite et que nos mérites sont si courts ; priez pour nous à l’heure de notre mort, quand le dernier acte « toujours sanglant » devra clore la comédie et fixer le dénouement de l’existence. Pendant que les lèvres parlent ainsi, l’esprit, fixant la Vierge comme une cime haute et blanche auréolée de soleil, admire, contemple, mais aussi part de là pour explorer du regard la région entière, c’est-à-dire se remémorer toute la vie de Jésus, que le fait virginal inaugure. »

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Marie \"Reine du saint Rosaire\"   Ven 25 Jan 2008, 22:06

MYSTÈRES JOYEUX, DOULOUREUX, GLORIEUX.


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La série blanche, la série rouge, la série or : c’est toute la destinée du Christ, et c’est donc aussi la nôtre, puisque la vie du Christ est à l’égard de notre vie à la fois un symbole et une cause.
Demandera-t-on comment on peut méditer et réciter à la fois sans tomber dans la distraction et le verbiage ; parler à la Vierge et se parler à soi-même par les résolutions ou les reproches ; égrener, vocaliser et penser, distribuant ainsi sur un triple plan une attention déjà si peu riche ? Le mystère n’est pas grand ; mais le parti pris s’entend à grossir ce qui peut alimenter ses querelles, et les choses les plus simples ont besoin, quand on les discute, de recourir à des explications compliquées. Voyons donc cela.

Bien loin que cet assemblage de mots, de gestes, et de pensées planant au-dessus d’eux sans perdre contact – tel le ballon captif qui oscille au bout de son câble et inspecte l’horizon – bien loin, dis-je, que cela soit confus et enfantin, c’est un chef-d’œuvre, et la perle des dévotions issues de l’homme. Égrener, c’est un appui mental pour les oraisons ; c’est, par l’emploi du rythme, un secours dont toute l’Antiquité a connu la valeur. Les Orientaux n’y ont pas renoncé. L’occupation légère des doigts ne distrait en rien l’esprit et elle le stimule ; elle écarte la fatigue de l’immobilité ; elle amuse la chair puérile. Comme une mère qui amène son enfant tout petit à l’église prend soin de lui mettre en main quelque chose et le laisse jouer doucement avec ce hochet : ainsi l’enfant humain que nous gouvernons et ne voulons pas opprimer se trouvera bien de ce que l’être sublime, en nous, laisse en ses mains le chapelet, ce hochet de prière.

Les mots ? Je les vois comme un encens qui s’achemine vers les hauteurs. Échappés de l’âme du feu, se dégageant en volutes successives, où tantôt un méandre, tantôt un autre frappe le regard, cet encens spirituel monte aussi, et jamais sa ligne légère ne peut gêner les évolutions de l’autel ; la liturgie de l’esprit se poursuit, tandis que les guirlandes odorantes flottent, puis s’évanouissent.
Veut-on une comparaison plus prochaine ? Je dirai : la prière des Ave, je la livre délibérément à l’automatisme, comme la respiration de la nuit. Quand je me réveille inopinément, je sens les coups de soufflet que la nature laborieuse pousse avec énergie durant mon sommeil, et cette respiration n’est ni moins vitale ni moins active de vie, pour être inconsciente. Quand l’esprit rêve et paraît quitter le corps pour une contemplation hors le monde, un vouloir antérieur et, avec lui, cette nature surnaturelle que réalise en nous la présence de l’Esprit Divin, se révèlent ainsi par l’agitation de nos lèvres.

Et cette prière est bien comme la respiration de l’âme : elle attire l’atmosphère d’en haut ; elle exhale les pensées habituelles du chrétien et ce fond de mémoire verbale, sentimentale, motrice, qui n’a pas besoin de l’attention pour surgir. Notre être prie alors tout entier, jusqu’en son dernier fond presque inhabité, jusqu’en ses régions vagues et imprécises. Sa vie religieuse en sera donc plus complète et plus efficace ; car la vie crée de la vie, fût-ce dans l’inconscience.

Regardons de plus près à ce mécanisme, nous y trouverons, en le décomposant, des valeurs nouvelles. Mécaniser, si l’on était de purs esprits, ce serait toujours une détérioration ; car ce serait faire descendre d’un degré, sinon de deux, la spiritualité qu’on ramènerait ainsi au déterminisme. Mais quand on est machine pour une part, s’en souvenir et « plier la machine » dans le sens du divin, afin, d’abord, de la lui consacrer, c’est un bien. La lampe d’autel ne peut offrir à Dieu que sa petite flamme et le rythme léger de ses balancements : elle lui donne cette faible vie. Ensuite, dans la machine humaine, où tout se tient, une certaine forme de mécanisme ne peut manquer de réagir sur ce qui lui correspond dans l’esprit. Consacrant à Dieu des mots, des gestes, des reprises d’activité rythmée qui pourraient se détourner de Lui pour des vanités, on s’oriente et l’on s’achemine vers ce qui vous met en mains l’instrument de prière. Après cela, notre automatisme étant mêlé de conscience, et l’attention se réveillant périodiquement, le sens des mots émerge, touche l’esprit et le nourrit, sans qu’il ait besoin de s’y donner tout à fait et de quitter la méditation qui l’occupe.
C’est comme un courant d’eau sous la terre : la terre l’ignore et en est fécondée ; ou comme une vague d’harmonie indistincte : des groupes de notes s’en dégagent par instants, dont l’oreille s’enchante. Bien mieux, cette légère traction qu’exercent les mots et les gestes sur l’esprit attentif à son oraison, cette monotonie même qui tend à l’assoupir, le fixent. Il en a besoin, toujours prompt à partir vers des régions moins surnaturelles. Il devient, par ce fait, meilleur hôte de l’éternité, moins impatient du temps, assagi comme le pêcheur au fond de sa barque, dans les longues heures d’attente où il surveille la nasse et le vent.

(à suivre)


Dernière édition par le Sam 26 Jan 2008, 10:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Marie \"Reine du saint Rosaire\"   Ven 25 Jan 2008, 22:12

(suite et fin)


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« Je dors, mais mon cœur veille », dit la Bien-aimée du Cantique (Ct 5, 2). Je dors aussi d’une certaine façon, quand un rythme toujours le même berce ma phrase mystique et agite mes doigts ; mais la veille de mon cœur en est rendue plus continue et plus régulière. La bouée, immobile au fond, se balance à la surface et ne cède plus aux courants ; elle porte le feu avertisseur ou la cloche qui prévient l’orage. L’harmonie somatique interne est, selon les psychologues, une excellente condition de travail mental. La monotonie relative est ici un recueillement, et la circulation verbale régulière, une paix. La sérénité s’établit. Dans le calme horizon intérieur, des perspectives s’ouvrent ; les objets supérieurs y apparaissent ; Dieu est au bout, et notre âme s’y raccorde, ce qui est toute la visée religieuse. De temps en temps, comme la bouffée d’encens quand un grain de la précieuse résine touche une braise, un jaillissement de ferveur sortira des mots ; ils reprendront valeur, au contact de pensées auxquelles ils viennent tout à coup de correspondre. Et ce sera tantôt l’un, tantôt l’autre : Marie… pleine de grâce… avec vous, oui avec vous est le Seigneur, ô bénie entre toutes les femmes… Jésus… pauvres pécheurs… à l’heure de notre mort… et le Gloria Patri, qui attire la pensée pour une prosternation de tout notre être, puis la laisse repartir, lui permettant, dans la dizaine qui suit, pour le mystère qui suit, de se distraire des mots, qui, à leur tour, disais-je, l’empêchent de se distraire des choses par évaporation totale. On fuit les distractions et l’on a raison ; mais se distraire des mots, si c’est pour s’évader vers le monde spirituel où notre vie religieuse s’alimente, c’est le but qui succède au chemin ; c’est le résultat personnel substitué à la dictée impersonnelle des paroles ; c’est le paysage bu par les regards, avec le sentier derrière soi. En ce sens on a dit : Le Rosaire est « une longue distraction vers Dieu » (G. Goyau).

Qu’on ne dise donc pas : La pensée, enchaînée par les mots balbutiés, en deviendra prisonnière. C’est le cas des non initiés, des débutants : alors, qu’ils veuillent bien s’entraîner à traverser l’obstacle. Chez les autres, la pensée est libre, elle est ailée, elle est rapide. Les dizaines qui s’étendent sont la piste terrienne d’où l’on part, mais dans cette vue d’aborder les hauteurs, de trouver un niveau au-dessus de la terre et de ses préoccupations absorbantes, pour planer, au milieu du murmure des mots, comme le pilote d’aéroplane dans le ronflement de son moteur, loin des terres, au-dessus des nuées, sous le ciel vaste, dans la grande solitude de l’espace. Un moment est nécessaire pour prendre ce vol, et l’oiseau mécanique roule d’abord sur le sol, avec un bruit de cailloux et des sursauts de roues sur les obstacles. Mais sous l’inclinaison des ailes, l’atmosphère prend, le décollement se produit, la terre se détache, les petites roues qui pendent paraissent des pattes d’oiseau, l’équilibre s’affirme, tout porte sur la délicate membrure entoilée, tout se rassure après les premiers craquements du fuselage et des câbles (…)
L’hérésie orgueilleuse le dédaigne, ce chapelet que tous les doigts peuvent user ; il lui paraît trop matériel, trop foule. Mais la prière des humbles sort naturellement de cette âme catholique tout entière établie sur l’humilité, toute décidée à y fonder une royauté spirituelle dont la croix est le sceptre. Petits, d’ailleurs, nous le sommes tous à certains moments ; nous le sommes quant au fond, nous que le néant reprend, après que nous avions cru exister et tirer de nous-mêmes quelque chose. Comprenant alors que nous sommes vides, impuissants, mortels, pécheurs, nous sommes heureux, dans le désarroi de l’esprit, de nous raccrocher à une prière facile. Nous nous réjouissons de ce qu’elle soit commune : elle nous permet de quitter le moi qui déçoit. Et puisqu’elle est facile, nous trouverons encore dans notre faiblesse la force de murmurer en regardant, comme le psalmiste, vers les hauteurs que nous ne gravissons pas : « J’ai levé mes yeux vers les montagnes, d’où me viendra le secours. » (Ps 121, 1).

Petits ou grands peuvent ainsi se ranger à toute heure, au rang des contemplateurs, et, par le Rosaire récité pieusement, au rang des adorateurs et implorateurs que l’Église couvre. Une douceur leur en adviendra. Le philosophe à côté de la bonne vieille éprouvera, si son cœur est simple, le calmant de ce contact avec Dieu et avec tous, dans la simplicité de la nature, dans la vérité de la vie au surnaturel, dans la conciliation de l’humilité terrestre et de la grandeur où nos espérances nous portent, dans l’apaisement, dans la consolation s’il en est besoin, loin de l’inquiétude, parce qu’on est avec Dieu, et que cette impression de sainte famille vous défend des agitations, de la ruée humaine. (…) « Un jour dans ta maison, Seigneur, vaut mieux que mille loin de toi » (Ps 84, 11) – Notre maison spirituelle comporte des soins divers ; mais le repos de l’humble prière aux cent cinquante Ave qui s’emmaillent, et la rêverie mystique des quinze oraisons, et les doxologies qui inclinent nos têtes, comme si quelqu’un entrait, ô Trinité qui entres toujours dès que nous ouvrons la porte de l’âme : c’est une occupation qui parfume toutes les autres, qui y met de l’harmonie, une nuance d’attendrissement, une douceur, et qui contribue donc à rendre un jour de notre vie avec Dieu et avec sa sainte famille meilleur que mille autres, si dans ces mille il n’y avait que nos vanités.



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