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 Guy Môquet

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lagaillette



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MessageSujet: Guy Môquet   Mar 02 Oct 2007, 16:06

Je ne sais pas trop quelle idée avait derrière la tête Nicolas Sarközy quand il a suggéré que la lettre de Guy Môquet soit lue dans les écoles. Cette lettre a été lue devant l’équipe de rugby française avant son matche contre l’Argentine ; il parait que ces grands gaillards de rugbymen en avaient les larmes aux yeux ; du coup, ils ont perdu le matche.

La lecture de cette lettre pourrait être l’occasion de rappeler que Guy Môquet était un jeune militant communiste résistant ; ce pourrait être aussi l’occasion d’une réflexion sur qu’a signifié « la Résistance ».

La direction du Parti Communiste Français, inféodée à l’URSS, avait approuvé le pacte germano-soviétique ; ce qui avait provoqué certains remous dans le Parti. A la base, très vite, des militants étaient entrés en résistance contre l’occupant nazi, et la présence des militants communistes, quoi qu’on puisse penser de leurs méthodes, a été un élément important de la résistance.

L’épisode du pacte germano-soviétique n’avait été qu’un entracte dans les rapports entre l’Union Soviétique et le régime nazi. En Allemagne, les communistes avaient dans les premiers à subir une répression féroce de la part des nazis. Malgré l’opposition fondamentale entre « capitalisme » et « communisme », l’Union Soviétique et les démocraties occidentales s’étaient retrouvées alliées dans la guerre contre le régime nazi. En 1945, le régime nazi avait été vaincu par les forces alliées des « libéraux » et des « communistes ».

L’Histoire ne se répète jamais à l’identique, mais on retrouve toujours des analogies entre les évènements qui se produisent à des époques différentes.

L’arrivée de Hitler au pouvoir dans les années 30 avait été une suite de la grande crise de 29 : au peuple allemand, humilié et sévèrement sanctionné, financièrement, par le traité de Versailles, durement touché par la crise de 29, Hitler avait rendu une fierté qui allait s’exacerber dans le nationalisme et l’idéologie de la « race supérieure » ; il avait redressé l’économie allemande, faisant de l’Allemagne une puissance industrielle qui allait révéler toutes ses capacités dans la guerre qui allait l’opposer aux alliés occidentaux.

Aujourd’hui, la configuration des puissances mondiales s’est totalement transformée ; et, notamment, les USA sont devenues la superpuissance qui impose, pour le moment, son hégémonie sur toute la planète. Le « capitalisme », rebaptisé « libéralisme » prétend se présenter comme l’horizon indépassable de l’humanité ; mais, en même temps, son expansion, sous la forme de la « société de consommation », fait peser une menace sérieuse sur l’environnement, de même que sur l’équilibre entre « nantis » et « laissés pour compte », aussi bien au niveau international qu’à l’intérieur de chacune des nations, « développées » ou « en développement ». Si bien que nous vivons une crise, moins aiguë, plus diffuse que celle de 29, crise que les institutions financières parviennent, jusqu’ici, à maîtriser, mais dont on ne sait toujours pas quel sera le dénouement final.

En 38-39, on « sentait » que la guerre allait prochainement éclater. Aujourd’hui, on « sent » que quelque chose de grave, dont on ne saurait dire quoi, va se produire. Dans le texte qu’ils viennent de publier, au nom de la conférence des évêques de France, Mgrs Olivier de Béranger et Claude Shockert évoquent « une opinion dominée par la peur ». Cette peur conduit les peuples à se resserrer sur leur « identité nationale ». Cette résurgence des nationalismes se traduit par l’existence de groupes, marginaux, qui se réfèrent explicitement au nazisme, mais, plus largement, par des réactions de xénophobie : peur de l’étranger, qui pousse aux mesures de restriction de l’immigration, allant jusqu’à une « chasse » aux immigrés clandestins, désignés comme les boucs émissaires des difficultés actuelles, comme les juifs avaient été désignés comme boucs émissaires des difficultés qu’avait connu la période des années 30. Cette « chasse » ne prend évidemment des formes aussi brutales que celle qu’avaient organisée les nazis ; elle revêt des formes plus « civilisées », plus « acceptables » pour l’opinion en général.

Le grand patronat allemand avait été un soutien résolu du régime nazi ; le grand patronat français, sous le régime de Vichy, avait « collaboré » avec ce régime nazi, et les formations politiques de droite avaient payé cette « collaboration » par une quasi disparition de la scène politique qu’elle a mis des années à reconquérir. Aujourd’hui, la droite au pouvoir, affichant ouvertement son inféodation au MEDEF, reprend les thèmes antisociaux de l’immédiate avant-guerre 39-45, dénonçant les « acquis sociaux » accusés d’être responsables de la faiblesse de la nation face à ses concurrents, voire, ses ennemis. Et aujourd’hui, comme il y a 70 ans, on voit s’éveiller une « résistance » au pouvoir en place. Les circonstances historiques sont évidemment fort différentes, mais on ne peut manquer de remarquer la réapparition de ce mot « Résistance » dont le jeune militant communiste, Guy Môquet est une figure emblématique. Qu’avait donc derrière la tête notre président en proposant aux jeunes scolaires la lecture de cette lettre ?
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Atomic



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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 03 Oct 2007, 12:06

Bonjour,

Sarkozy rentre dans la catégorie générale et planétaire des grands communiquants et donc manipulateurs.
Derrière tout cela, il n'y a que commucation et rien d'autres, si, mais très grave, MANIPULATION DES CERVEAUX.

Soyons des dissidents, Sarkozy n'est pas Dieu
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Jehova



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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 03 Oct 2007, 13:00

la « race supérieure »<---Oui le peuple élu c'est cela hein ? lol
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Atomic



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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 03 Oct 2007, 13:07

re-bonjour,

Pour ma part, il ne fait aucun doute que si Guy Môquet revenait en France en 2007, il lutterait contre la démagogie crasse de Sarko.

Sarkozy pour devenir président s'est allié avec le patronat, la presse, les syndicats, tous les pouvoirs. Nous avons vécu une parodie de démocratie, tout était joué d'avance, y compris dès le départ, les finalistes avec le duo Sarko - Ségo.

On voit bien que les ouvertures à gauche de Sarkozy sont la finalisation de ce vaste programme, tout était prévu à l'avance, DSK au FMI etc....

La démocratie ne fonctionne pas, ni en France, ni ailleurs, et ce phénomène est beaucoup plus grave que le réchauffement climatique...que l'on nous rabache tous les jours, afin de nous divertir et occulter la réalité.

Sarko se moque de tous les français, nous payerons le prix fort de notre naïveté.
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Atomic



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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 03 Oct 2007, 13:16

Jehova a écrit:
la « race supérieure »<---Oui le peuple élu c'est cela hein ? lol

Jéhova,

Je ne sais qui vous êtes, ni ce que vous faites dans ce forum, et la vraie nature de vos interventions.

C'est vous qui parlez du peuple élu, pas moi.

J'aimerais que vous développiez un peu plus avant, ce serait interressant.
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Atomic



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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 03 Oct 2007, 16:35

Jehova a écrit:
la « race supérieure »<---Oui le peuple élu c'est cela hein ? lol

J'insiste Jehova, mais j'attends toujours votre réponse, précisez ce que vous avez écrit, que voulez vous exprimez, quelles sont vos insinuations ?
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Jonas et le signe



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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Ven 05 Oct 2007, 16:31

lagaillette a écrit:
Qu’avait donc derrière la tête notre président en proposant aux jeunes scolaires la lecture de cette lettre ?

Pas besoin de chercher midi à 14 h00: le président souhaite réhabiliter les valeurs de patriotisme et l'amour dela patrie dt l'exemple n'est plus donné aux générations actuelles... depuis des décennies.

Pourquoi Guy Moquet? Amon avis parce que, quoique communiste, il était trop jeune pour être corrompu par la démagogie et l'idéologie qu'ont notamment pratiquée ses camarades.

Le choix d'un tel individu, dont le milieu et les idées politiques sont connues coupe l'herbe sous le pied des détracteurs éventuels du contenu de sa lettre.
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lagaillette



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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Ven 05 Oct 2007, 18:21

PACALOU a écrit:


Pourquoi Guy Moquet? Amon avis parce que, quoique communiste, il était trop jeune pour être corrompu par la démagogie et l'idéologie qu'ont notamment pratiquée ses camarades.


Oh, que c'est bien dit !

Mais que dirait-on des jeunes qui sont élevés dans la religion catholique ? Dirait-on aussi qu'ils sont trop jeunes pour être corrompus par l'idéologie pratiquée par leurs parents ?
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Sam 06 Oct 2007, 11:39

lagaillette a écrit:
PACALOU a écrit:


Pourquoi Guy Moquet? Amon avis parce que, quoique communiste, il était trop jeune pour être corrompu par la démagogie et l'idéologie qu'ont notamment pratiquée ses camarades.


Oh, que c'est bien dit !

Mais que dirait-on des jeunes qui sont élevés dans la religion catholique ? Dirait-on aussi qu'ils sont trop jeunes pour être corrompus par l'idéologie pratiquée par leurs parents ?

Une société sans classe n'existera jamais; il y aura toujours des privilégiés et des plus pauvres. Et le meilleur moyen d'élever la condition des plus pauvres n'est pas le communiste puisque tout le monde se trouve dans la pauvreté afin que personnes puissent s'enrichir au détriment de l'autre. Il n'y pas pire tyrannie que de vouloir imposer le paradis terrestre. L'exploitation de l'homme par l'homme subsistera constamment…

Au moins les catholiques savent qu'il y aura justice là haut, dont l'autre monde apporte le paradis cette fois. Ce qui ne veut pas dire qu'il faille ne pas aider les plus démunies, au contraire, il y a exploitation et exploitation.

Le capitalisme doit être rendu plus moral surtout dans les pays en développements. Même certains pays pauvres aimeraient avoir à bénéficier de la mondialisation.

Bref tout est question d'équilibre entre sociale et capital et on est encore loin d’y arriver.
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Sam 06 Oct 2007, 11:55

P. Cantalamessa : Dieu veut sauver les riches de leur richesse
Homélie du dimanche 30 septembre



ROME, Vendredi 28 septembre 2007 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le commentaire de l’Evangile du dimanche 30 septembre, proposé par le père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale.

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 16, 19-31

« Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux. Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies.
Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c'étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies. Or le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui.
Alors il cria : 'Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise.
Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c'est ton tour de souffrir.
De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous.'
Le riche répliqua : 'Eh bien ! père, je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père.
J'ai cinq frères : qu'il les avertisse pour qu'ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture !’
Abraham lui dit : 'Ils ont Moïse et les Prophètes : qu'ils les écoutent !
Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.'
Abraham répondit : 'S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus.' »

© http://www.aelf.org

Un homme riche vêtu de pourpre et de lin fin

L’élément essentiel à souligner à propos de la parabole du mauvais riche que propose l’Evangile de ce dimanche est son actualité. Cette histoire se répète aujourd’hui, au milieu de nous, aussi bien à l’échelle mondiale que locale. Au niveau mondial, les deux personnages représentent en réalité les deux hémisphères : le mauvais riche représente l’hémisphère nord (l’Europe occidentale, l’Amérique, le Japon) et le pauvre Lazare, l’hémisphère sud, à quelques exceptions près. Deux personnages, deux mondes : le premier monde et le « tiers-monde ». Deux mondes de grandeur inégale : celui que nous appelons le « tiers-monde » représente en effet les « deux tiers du monde ». La coutume de l’appeler ainsi : non pas « tiers-monde » (third world) mais « deux tiers du monde » (two-third world) est d’ailleurs en train de s’affirmer.

Cette même opposition entre le mauvais riche et le pauvre Lazare se répète au sein de ces deux groupes de pays. Il y a des mauvais riches qui vivent au coude à coude avec des pauvres Lazare dans les pays du tiers-monde (là, d’ailleurs, leur luxe solitaire est encore plus criant, au milieu de la misère générale) et il y a des pauvres Lazare qui vivent au coude à coude avec les mauvais riches dans les pays du premier monde. Dans toutes les sociétés dites du « bien-être », il y a des personnes du spectacle, du sport, de la finance, de l’industrie, du commerce, qui ne comptent leurs gains et leurs contrats de travail qu’en millions d’euros, et ceci devant le regard de millions de personnes qui se demandent comment elles parviendront à payer leur loyer, les médicaments et les études de leurs enfants, avec leur maigre salaire ou leur allocation chômage.

La chose la plus odieuse, dans l’histoire racontée par Jésus, est l’ostentation du riche, l’exhibition sans retenue de sa richesse, devant le pauvre. Celle-ci se manifestait surtout dans deux domaines : la nourriture et les vêtements : le riche banquetait généreusement et revêtait des vêtements de pourpre et de lin fin, qui étaient à l’époque les étoffes des rois. Le contraste n’est pas seulement entre qui abonde de nourriture et qui meurt de faim, mais également entre qui change de vêtement tous les jours et qui n’a même pas un haillon à se mettre sur le dos.

Un vêtement fait entièrement de feuilles d’or pur d’une valeur de plus de 500.000 euros, fut un jour présenté, chez nous, lors d’un défilé de mode. Il ne faut pas avoir peur de le dire : le succès mondial de la mode italienne et le business qu’elle suppose, nous est monté à la tête ; nous ne faisons plus attention à rien. Tout ce qui se fait dans ce domaine, y compris les excès les plus flagrants, jouissent d’une sorte de traitement spécial. Les défilés de mode qui, à certaines périodes, remplissent les journaux télévisés du soir, souvent au détriment de nouvelles bien plus importantes, sont comme des représentations théâtrales de la parabole du mauvais riche.

Mais jusqu’ici, il n’y a, au fond, rien de nouveau. Le caractère nouveau et unique de la dénonciation faite par l’Evangile dépend entièrement de l’angle sous lequel on observe l’histoire. Dans la parabole du mauvais riche, tout est vu comme rétrospectivement, de l’épilogue de l’histoire : « Or le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra ». Si l’on voulait porter cette histoire à l’écran, on pourrait très bien partir (comme on le fait souvent dans les films) de cette fin dans l’au-delà, et reparcourir toute l’histoire en flashback.

Tout au long des siècles on a dénoncé ainsi la richesse et le luxe, mais aujourd’hui ces dénonciations passent ou bien pour de la rhétorique et pour quelque chose d’irréalisable, ou pour de la commisération affectée et anachronique. Après deux mille ans, cette dénonciation conserve tout son caractère explosif. La raison en est que celui qui la prononce n’est pas un homme qui prend partie, qui est pour les riches ou pour les pauvres, mais un homme qui se trouve au-dessus des parties et se préoccupe aussi bien des riches que des pauvres, peut-être d’ailleurs davantage des premiers que des seconds (qu’il sait moins exposés au danger !). La parabole du mauvais riche ne naît pas d’une rancœur envers les riches ou d’un désir de prendre leur place, comme tant de dénonciations humaines, mais d’une préoccupation sincère pour leur salut. Dieu veut sauver les riches de leur richesse.
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lagaillette



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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Sam 06 Oct 2007, 17:37

Code:
Au moins les catholiques savent qu'il y aura justice là haut, dont l'autre monde apporte le paradis cette fois. Ce qui ne veut pas dire qu'il faille ne pas aider les plus démunies, au contraire, il y a exploitation et exploitation.

A condition qu’il y ait un paradis « là-haut ».

En attendant, tout en sachant qu’il y aura toujours des classes dominantes et des classes dominées, il n’est pas anodin de savoir de quel côté on se situe : du côté des dominants ou du côté des dominés. Et les "démunis", les aider à quoi ? A patienter en se résignant à leur sort, ou bien à lutter pour s'en sortir ?

Code:
Dieu veut sauver les riches de leur richesse.

Eh bien, y a du boulot ! On pourrait peut-être l'aider en entreprenant de débarrasser les riches d'une partie de leur richesse.
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Sam 06 Oct 2007, 18:38

Citation :
En attendant, tout en sachant qu’il y aura toujours des classes dominantes et des classes dominées, il n’est pas anodin de savoir de quel côté on se situe : du côté des dominants ou du côté des dominés. Et les "démunis", les aider à quoi ? A patienter en se résignant à leur sort, ou bien à lutter pour s'en sortir ?

En tuant les richesses et le travail puis l'homme par le communisme, non merci. Regardez la Chine qui devient capitaliste et qui va autant devenir matérialiste que l’Occident !

Citation :
Eh bien, y a du boulot ! On pourrait peut-être l'aider en entreprenant de débarrasser les riches d'une partie de leur richesse.

C’est pourquoi je suis favorable au développement économique dans les pays en développements qui favorisent leurs conditions de vie, mais on sait que ceux qui ont, sont moins enclins à donner et ceux qui n’ont rien, plus à même de partager. Ainsi va l’exploitation des plus pauvres. En outre la lutte doit être dans l’éthique d’une moralisation du capitalisme et non dans l’abaissement du communisme qui tue la richesse dans l’appauvrissement justement.

Regardez la corée du Nord!
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lagaillette



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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Sam 06 Oct 2007, 19:43

Vous croyez donc, Enchrist, que les communistes français ont pour objectif de refaire ce qui a tragiquement échoué en Union Soviétique ?

Les exemples que vous citez : la Chine n'a gardé du régime hérité de l'Union Soviétique que le totalitarisme d'Etat puisqu'elle est s'est ralliée à la mondialisation capitaliste libérale. Quant à la Corée du Nord, on ne peut faire meilleure caricature de ce que pourrait être le communisme.

Le communisme n'a pas pour objectif de "tuer les richesses et le travail puis l'homme" ; son objectif est, au contraire, l'émancipation de l'homme, son épanouissement dans un travail qui ne soit plus une sorte d'esclavage, au service du "profit".

Autant il serait injuste de juger le christianisme à partir des croisades ou de l'Inquisition, autant il est injuste de juge le communisme à partir du goulag. C'est une leçon de l'Histoire que les plus beaux idéaux peuvent conduire, quand ils sont dénaturés, aux pires barbaries. L'idéal de la promotion de la personne humaine et des libertés individuelles n'est-il pas en train de subir la même perversion dans notre société actuelle de profit et de "consommation" ?
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Sam 06 Oct 2007, 20:14

Citation :
Autant il serait injuste de juger le christianisme à partir des croisades ou de l'Inquisition, autant il est injuste de juge le communisme à partir du goulag. C'est une leçon de l'Histoire que les plus beaux idéaux peuvent conduire, quand ils sont dénaturés, aux pires barbaries. L'idéal de la promotion de la personne humaine et des libertés individuelles n'est-il pas en train de subir la même perversion dans notre société actuelle de profit et de "consommation" ?

Vous faites erreur.

Le communisme porte dans ses principes mêmes le goulag (haine du riche, instauration de la DICTATURE des pauvres, utopie d'un système qui ne marchera qu'au ciel.


Le christianisme au contraire, a tué CONTRE SES PRINCIPES, et a rejeté dès le départ les rêves de l'utopie meurtrière (un monde ici-bas parfait), l'annonçant pour le Ciel.

Voilà pourquoi le communisme revendique 100 000 000 de morts en 70 ans.

Le christianisme a tué, en 700 ans d'inquisition, au maximum 15 000 personnes (ce qui est certes impardonnable).

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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Sam 06 Oct 2007, 22:57

Code:
le communisme revendique 100 000 000 de morts en 70 ans.

Et le capitalisme combien au cours des siècles et aujourd'hui encore ?

Mais je persisterai dans mon "erreur" de ne pas confondre l'idéal communiste et la caricature qui en a été faite en Union Soviétique et ailleurs.

Le parallèle que je faisais avec le christianisme, ce n'est pas sur le nombre de morts, mais sur le fait que de grands idéaux pouvaient être trahis par ceux qui prétendent les mettre en pratique.
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Dim 07 Oct 2007, 07:44

Le capitalisme pur, celui qui n'est pas modéré par des lois sociales, a fait des millions d'esclaves et de morts au XIX° siècle EN EUROPE et est directement responsable, en soumettant l'homme au marché, de la naissance de l'un des plus grands courants mortels de l'histoire, le marxisme.


Mais le capitalisme est modéré par des lois sociale et produit, au plan matériel, une enrichissement comme jamais dans le monde entier. La Chine refait en ce oment l'erreur du capitalisme pur. Elle se plantera.

Cher Lagaillette, avant que votre rejet des leçons de l'histoire ne vous fasse réessayer l'utopie mortelle qu'est le communisme, sachez que l'Eglise elle-même l'a essayé au début de son histoire (voir Actes des apôtres) et que cela a produit tout de suite du vol puis des morts.

Du coup, elle ne l'a gardé que dans la vie monastique CELIBATAIRE. En ce moment, l'expérience de la mise en commun des biens pour des familles dans des communautés charismatiques comme les Béatitudes est remis en cause: certains bergers sembles, comme c'est logique, avoir détourné discrètement des biens. Bref, dès qu'il y a enfants et héritage, cela ne marche pas.

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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Dim 07 Oct 2007, 11:46

Nous ne nous résignerons jamais, nous, les communistes, à ce que ce beau nom de « communisme reste assimilé à la terrible caricature qui en a été faite par les régimes qui l’ont usurpé.

L’utopie communiste a son origine dans les Actes des Apôtres

Citation :
2.44
Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun.
2.45
Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun.


4.33
Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur eux tous.
4.34
Car il n'y avait parmi eux aucun indigent: tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu,
4.35
et le déposaient aux pieds des apôtres; et l'on faisait des distributions à chacun selon qu'il en avait besoin.


C’est cette utopie qui est vécue dans les communautés monastiques où, en effet, tout est en commun et au service des besoins de chacun.

C’est cette utopie qui a animé, au cours de l’Histoire, de nombreux mouvements sociaux luttant contre ceux qui s’accaparaient la terre à leur profit particulier sans trop se préoccuper des besoins de tous..

L’objectif des communistes reste cette lutte contre l’exploitation et l’aliénation des êtres humains sous la loi du profit individuel où les plus forts l’emportent sur les plus faibles.

Ce n’est pas tant contre des hommes que nous luttons mais contre des structures d’exploitation dont les « propriétaires » ne sont, finalement, que les marionnettes, et qui seront eux-mêmes exclus du système s’ils n’en respectent pas les règles ; un système dénoncé dans les évangiles comme le règne de « Mammon ».

Nous lutterons donc toujours pour que la terre, l’air, l’eau, et les outils de production que les humains se sont fabriqués soient reconnus comme un patrimoine inaliénable de la communauté humaine tout entière.

C’est ça, le communisme : le combat pour un monde juste et fraternel. Et c’est pour cet idéal que le jeune Guy Môquet et ses compagnons sont morts. Cet idéal dans lequel il avait été nourri, comme nous-mêmes avons été nourris dans l’idéal évangélique de justice et de fraternité. L’idéal communiste ne fait, au fond, que reprendre, laïcisé, l’idéal évangélique.

A lundi pour aborder la question du vice fondamental des régimes totalitaires qui ont usurpé ce nom de « communiste ».
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Dim 07 Oct 2007, 12:10

lagaillette a écrit:


L’utopie communiste a son origine dans les Actes des Apôtres

Citation :
2.44
Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun.
2.45
Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun.


4.33
Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur eux tous.
4.34
Car il n'y avait parmi eux aucun indigent: tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu,
4.35
et le déposaient aux pieds des apôtres; et l'on faisait des distributions à chacun selon qu'il en avait besoin.

Vous oubliez de citer la suite du texte, cher Lagaillette, et la raison qui fait que, l'idéal communiste, appliqué à la terre, est qualifiée par le CDC 676d'Antéchrist meurtrier".

Citation :
Actes 5, 1 Un certain Ananie, d'accord avec Saphire sa femme, vendit une propriété;
Actes 5, 2 il détourna une partie du prix, de connivence avec sa femme, et apportant le reste, il le déposa aux pieds des apôtres.

L'Eglise supprima donc cette utopie communiste.

Lénine, loin de le faire, créa le goulag puis exécuta 7 millions de paysans ukrainiens par la famine.



Citation :



C’est cette utopie qui est vécue dans les communautés monastiques où, en effet, tout est en commun et au service des besoins de chacun.

Sans lutte des classe, sans haine des riches, sans dictature du prolétariat et surtout SANS MARIAGE.

Le communisme monastique est, vous oubliez de le dire, lié à un voeu de PAUVRETE, de CHASTETE et d'OBEISSANCE.

Les communiste, désespérée par le manque de réussite de leur utopie, n'ont fait que d'appliquer ces trois voeux de force au goulag !

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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Dim 07 Oct 2007, 12:18

Quoi qu'on en dise, l'homme nouveau n'existe pas. C'est de la manipulation idéologique. Car l'homme est fait de bon grain certes mais aussi d'ivraie.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Dim 07 Oct 2007, 12:28

En Christ a écrit:
Quoi qu'on en dise, l'homme nouveau n'existe pas. C'est de la manipulation idéologique. Car l'homme est fait de bon grain certes mais aussi d'ivraie.

C'est une évidence. Et cet ivraie s'appelle non seulement l'égoïsme, mais est aussi fait, pour empêcher le communisme, de choses bonnes comme "l'amour premier que tout homme a, EN PREMIER, de sa propre famille."

Donc le communisme, basé sur un amour totalement purifié de l'ivraie, sera POUR LE CIEL, pas pour la terre.

Jésus en donne la raison:
Citation :

En arrachant l'ivraie, vous arracheriez aussi le bon grain.

C'est ce que Lénine a fait.

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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Dim 07 Oct 2007, 13:14

Arnaud Dumouch a écrit:
En Christ a écrit:
Quoi qu'on en dise, l'homme nouveau n'existe pas. C'est de la manipulation idéologique. Car l'homme est fait de bon grain certes mais aussi d'ivraie.

C'est une évidence. Et cet ivraie s'appelle non seulement l'égoïsme, mais est aussi fait, pour empêcher le communisme, de choses bonnes comme "l'amour premier que tout homme a, EN PREMIER, de sa propre famille."

Donc le communisme, basé sur un amour totalement purifié de l'ivraie, sera POUR LE CIEL, pas pour la terre.

Jésus en donne la raison:
Citation :

En arrachant l'ivraie, vous arracheriez aussi le bon grain.

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Tout est dit.
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mar 09 Oct 2007, 10:55

lagaillette a écrit:
PACALOU a écrit:


Pourquoi Guy Moquet? Amon avis parce que, quoique communiste, il était trop jeune pour être corrompu par la démagogie et l'idéologie qu'ont notamment pratiquée ses camarades.


Oh, que c'est bien dit !

Mais que dirait-on des jeunes qui sont élevés dans la religion catholique ? Dirait-on aussi qu'ils sont trop jeunes pour être corrompus par l'idéologie pratiquée par leurs parents ?


Je vous sens vexé, violenté ds vos convictions; je m'en excuse; mais sans doute n'ignorez-vous pas ce que je voulais signifier:

à savoir que le jeune Guy ne peut être tenu, en raison de sa jeunesse, comme co-responsable des trahisons de ses "camarades" qui ont placé aveuglément leur idéal jusqu'à approuver le pacte des soviétiques avec Hitler, qui ont saboté les usines d'armement et l'approvisionnement des armées françaises, qui ont naivement demandé en 1940 aux autorités allemandes d'occupation le droit de faire reparaitre "l'Humanité", qui ne sont entrés -officiellement car je veux croire qu'il y eut des exceptions pour sauver l'honneur- en résistance qu'après le 22 juin 1941...

Votre parti, vexé lui aussi de l'initiative du président qui leur parait abusivement s'emparer de ce qu'il considère sans doute comme une icône, un martyr de son idéal, placarde à présent sur les murs des appels à le rejoindre, exhibant la photo du jeune Guy: bel exemple de récupération partisane, quand l'idée du président était de rassembler les jeunes français autour d'une figure emblématique de la fidélité à la patrie, sans préjudice, justement, de son appartenance politique...
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mar 09 Oct 2007, 15:35

Code:
Votre parti, vexé lui aussi de l'initiative du président qui leur parait abusivement s'emparer de ce qu'il considère sans doute comme une icône, un martyr de son idéal, placarde à présent sur les murs des appels à le rejoindre, exhibant la photo du jeune Guy: bel exemple de récupération partisane, quand l'idée du président était de rassembler les jeunes français autour d'une figure emblématique de la fidélité à la patrie, sans préjudice, justement, de son appartenance politique...

En revendiquant pour lui la figure de Guy Môquet, le Parti Communiste Français ne fait que répondre à la récupération que Sarkozy a voulu en faire pour sa propre cause.

La figure de Guy Môquet est emblématique de l'amour de la patrie ET de l'idéal communiste, double fidélité qui a animé les résistants communistes, en dépit des trahisons de leur dirigeants. Et les combat des résistants, communistes ou non, a abouti, à la Libération, à instaurer des réalisations sociales que Sarkozy s'applique aujourd'hui à détruire. D'où l'intérêt de rappeler l'idéal, à la fois de patriotisme ET de justice sociale, qui a animé les résistants communistes, comme les autres.
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mar 09 Oct 2007, 16:09

lagaillette a écrit:
Code:
Votre parti, vexé lui aussi de l'initiative du président qui leur parait abusivement s'emparer de ce qu'il considère sans doute comme une icône, un martyr de son idéal, placarde à présent sur les murs des appels à le rejoindre, exhibant la photo du jeune Guy: bel exemple de récupération partisane, quand l'idée du président était de rassembler les jeunes français autour d'une figure emblématique de la fidélité à la patrie, sans préjudice, justement, de son appartenance politique...

En revendiquant pour lui la figure de Guy Môquet, le Parti Communiste Français ne fait que répondre à la récupération que Sarkozy a voulu en faire pour sa propre cause.

La figure de Guy Môquet est emblématique de l'amour de la patrie ET de l'idéal communiste, double fidélité qui a animé les résistants communistes, en dépit des trahisons de leur dirigeants. Et les combat des résistants, communistes ou non, a abouti, à la Libération, à instaurer des réalisations sociales que Sarkozy s'applique aujourd'hui à détruire. D'où l'intérêt de rappeler l'idéal, à la fois de patriotisme ET de justice sociale, qui a animé les résistants communistes, comme les autres.

Cher Lagaillette, j'aime à lire cela sous votre clavier; que des communistes n'aient pas attendu le feu vert des dirigeants pour résister, je veux bien le croire; c'est tout à leur honneur, et c'est tout au déshonneur du parti de se glorifier du patriotisme authentique de ces résistants-là, que le seul bon sens animait, au-delà de l'idéologie.
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 10 Oct 2007, 10:51

Arnaud Dumouch a écrit:
En Christ a écrit:
Quoi qu'on en dise, l'homme nouveau n'existe pas. C'est de la manipulation idéologique. Car l'homme est fait de bon grain certes mais aussi d'ivraie.

C'est une évidence. Et cet ivraie s'appelle non seulement l'égoïsme, mais est aussi fait, pour empêcher le communisme, de choses bonnes comme "l'amour premier que tout homme a, EN PREMIER, de sa propre famille."

Donc le communisme, basé sur un amour totalement purifié de l'ivraie, sera POUR LE CIEL, pas pour la terre.

Jésus en donne la raison:
Citation :

En arrachant l'ivraie, vous arracheriez aussi le bon grain.

C'est ce que Lénine a fait.

Il y a du vrai dans ce que tu dis là, Arnaud. L'erreur fatale des régimes "dits communistes" a été de croire qu'on pouvait réaliser dans l'immédiat l'utopie communiste des premières communautés chrétiennes et l'imposer par la force. Mais si on renonce à l'utopie, on arrête le mouvement de l'Histoire.

Vous voudriez bien que la lutte des classes soit remisée aux vieilles lunes dépassées ; ce serait alors la victoire définitive des maîtres du monde. Vous rêvez d'un monde docile et apaisé sous le règne des curés et des patrons ; mais les opprimés continueront toujours à espérer un Messie qui viendrait établir le règne de la justice et de la fraternité.

La victoire actuelle du capitalisme, c'est d'avoir réussi à transformer les bataillons de prolétaires en troupeau de consommateurs qui poussent leur chariot dans les allées des grandes surfaces ; mais les moutons redeviendront enragés le jour où les verts pâturages se transformeront en déserts arides.

Un capitalisme régulé, d'accord ; mais les capitalistes ne cèdent jamais rien de leurs privilèges que contraints et forcés ; et ils trouveront toujours, résolus, en face d'eux, les vrais communistes.


Pacalou, les erreurs et les fautes d'une organisation ne l'oblige pas à se laisser déposséder de ses héros. C'est le cas aussi pour l'église catholique, qui a ses "saints" en dépit des erreurs et des fautes de ses dirigeants et de ses fidèles.
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 10 Oct 2007, 11:18

Rien que le fait qu'il y ait des emplois plus difficiles que d'autres rendent le communisme inapplicable puisque pourquoi se casser le dos quand d'autres font un travail moindre (moins difficile) et que par égalitarisme, la paye est pareille.

Donc on peut vraiment dire que le communisme est une utopie dans le concret. Et la réalité applique par conséquent une rééducation dans des camps.
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 10 Oct 2007, 11:45

En Christ a écrit:
Rien que le fait qu'il y ait des emplois plus difficiles que d'autres rendent le communisme inapplicable puisque pourquoi se casser le dos quand d'autres font un travail moindre (moins difficile) et que par égalitarisme, la paye est pareille.

Donc on peut vraiment dire que le communisme est une utopie dans le concret. Et la réalité applique par conséquent une rééducation dans des camps.

C'est vrai que le communisme est une "utopie".

Et quel est le rôle d'une "utopie" ?

C'est une étoile qui donne à l'action une direction. L'étoile, on ne l'atteint jamais ; parfois les nuages la cachent ; mais elle continue à guider l'action dans une certaine direction, même si on sait qu'on n'atteindra jamais l'idéal vers lequel on tend.
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 10 Oct 2007, 11:49

lagaillette a écrit:
En Christ a écrit:
Rien que le fait qu'il y ait des emplois plus difficiles que d'autres rendent le communisme inapplicable puisque pourquoi se casser le dos quand d'autres font un travail moindre (moins difficile) et que par égalitarisme, la paye est pareille.

Donc on peut vraiment dire que le communisme est une utopie dans le concret. Et la réalité applique par conséquent une rééducation dans des camps.

C'est vrai que le communisme est une "utopie".

Et quel est le rôle d'une "utopie" ?

C'est une étoile qui donne à l'action une direction. L'étoile, on ne l'atteint jamais ; parfois les nuages la cachent ; mais elle continue à guider l'action dans une certaine direction, même si on sait qu'on n'atteindra jamais l'idéal vers lequel on tend.

Du moment qu'on ne l'applique pas comme régime ça me va.
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 10 Oct 2007, 13:56

En Christ a écrit:
Du moment qu'on ne l'applique pas comme régime ça me va.
Oh oui, plus jamais, par pitié !
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 10 Oct 2007, 14:15

spidle33 a écrit:
En Christ a écrit:
Du moment qu'on ne l'applique pas comme régime ça me va.
Oh oui, plus jamais, par pitié !

Tant qu'elle existe, une utopie ravageuse doit être combattue;
On peut avoir abandonné le concept de dictature du prolétariat et même celui de lutte des classe, si le PC ou ses épigones (à mesure plus costauds que le Parti s'affaiblit) sont tjrs disponibles, ce ne sera jamais pour porter la Bonne Nouvelle de l'Evangile.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 10 Oct 2007, 15:29

lagaillette a écrit:


Vous voudriez bien que la lutte des classes soit remisée aux vieilles lunes dépassées ; ce serait alors la victoire définitive des maîtres du monde. Vous rêvez d'un monde docile et apaisé sous le règne des curés et des patrons ; mais les opprimés continueront toujours à espérer un Messie qui viendrait établir le règne de la justice et de la fraternité.

Cette analyse est périmée. Le capitalisme, tempéré de social, transforme le monde en un peuple de riche.

Autrement dit, il réalise le projet d'égalité.

Mais, étant un projet materialiste, il a tendance à vider la vie des gens de toute réponse spirituelle.



Citation :

La victoire actuelle du capitalisme, c'est d'avoir réussi à transformer les bataillons de prolétaires en troupeau de consommateurs qui poussent leur chariot dans les allées des grandes surfaces ; mais les moutons redeviendront enragés le jour où les verts pâturages se transformeront en déserts arides.

Vous êtes sûrement le membre d'un troupezau poussant un Kadi.

Pour ma part, je trouve que les gens sont plutôt plus cultivés et plus blucides sur leur vie.

Mais ils se laissent piéger par les RICHESSES MATERIELLES.

Citation :
Un capitalisme régulé, d'accord ; mais les capitalistes ne cèdent jamais rien de leurs privilèges que contraints et forcés ; et ils trouveront toujours, résolus, en face d'eux, les vrais communistes.

C'est Marx qui vous l'a appris. Et il s'est trompé. Notre monde manifeste qu'un impôt raisonnable est accepté des riches. Ils se sauvent quand l'impôt est CONFISCATOIRE.

Bref, la pollution des esprits par l'analyse marxiste ne quittera l'humanité que dans la génération prochaine.

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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 10 Oct 2007, 17:34

Code:
Du moment qu'on ne l'applique pas comme régime ça me va.

Alors, nous sommes tous d’accord.

Code:
Le capitalisme, tempéré de social, transforme le monde en un peuple de riche.

Jusqu’à présent, c’est loin d’être évident que nous sommes dans un « monde transformé en un peuple de riches ». Tu ne crois pas que c’est une utopie, Arnaud, ton « capitalisme tempéré de social » ?

Code:
Vous êtes sûrement le membre d'un troupezau poussant un Kadi.

Justement pas. Je « modère » ma consommation et je fais mes courses « chez Momo », le petit commerce de proximité local. Mais je ne voudrais pas me donner en exemple ; j'ai simplement voulu rétablir les faits.

Code:
un impôt raisonnable est accepté des riches. Ils se sauvent quand l'impôt est CONFISCATOIRE.

Ils ne sauvent pas ; ils font voter par le gouvernement à leur dévotion un « bouclier fiscal ».
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Mer 10 Oct 2007, 18:40

Citation :
Jusqu’à présent, c’est loin d’être évident que nous sommes dans un « monde transformé en un peuple de riches ». Tu ne crois pas que c’est une utopie, Arnaud, ton « capitalisme tempéré de social » ?

POURTANT....

Si les gens apprenaient à VOIR, à juger avec objectivité.

Le moindre RMIste à un pouvoir d'achat dix fois plus grand qu'un professeur du début du XX° siècle.

Car le pouvoir d'achat se mesure aussi à la qualité des marchandises technologiques achetées. On s'achète maintenant pour 40 Euros une chaine stéréo qui en valait 1500 il y a 25 ans.

Pour expliquer que les gens ne le voient pas, il faut distinguer pauvreté objective et pauvreté PAR COMPARAISON.

Il se peut que, dans 100 ans, les possibilités de tous soient équivalentes à celles des millionnaires actuels.

Mais ILS NE LE VERRONT PAS et se plaindront encore de l'injustice, en comparant aux plus riches qu'eux.

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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Ven 19 Oct 2007, 13:04

Je me souviens de la première fois où j'ai entendu lire des parties de cette lettre. C'était il y a quelques mois lors d'un rassemblement des Jeunes Populaires à Paris. Je me trouvais non loin de Nicolas Sarkozy. Ces paroles m'ont beaucoup ému, et comment ne pas voir en Guy Môquet un exemple pour les jeunes Français d'aujourd'hui, lui qui est mort pour une France libre ?
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Ven 19 Oct 2007, 14:56

Les profs qui refusent de commémorer lundi cette journée de la résistance sont encore cette frange d'extrême gauche qui confondent leur rôle éducatif et leur idéologie politique.

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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Ven 19 Oct 2007, 22:39

Code:
comment ne pas voir en Guy Môquet un exemple pour les jeunes Français d'aujourd'hui, lui qui est mort pour une France libre ?

et un jeune militant communiste, un de ces résistants communistes qui, avec d'autres, d'horizons politiques divers, ont lutté contre le nazisme et le régime collaborateur de Vichy, et qui, à la Libération, ont mis en place un programme de progrès social que le régime actuel s'applique méthodiquement à démolir, de l'aveu même d'un dirigeant du MEDEF dont j'ai oublié le nom.
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Sam 20 Oct 2007, 08:53

lagaillette a écrit:
Code:
comment ne pas voir en Guy Môquet un exemple pour les jeunes Français d'aujourd'hui, lui qui est mort pour une France libre ?

et un jeune militant communiste, un de ces résistants communistes qui, avec d'autres, d'horizons politiques divers, ont lutté contre le nazisme et le régime collaborateur de Vichy, et qui, à la Libération, ont mis en place un programme de progrès social que le régime actuel s'applique méthodiquement à démolir, de l'aveu même d'un dirigeant du MEDEF dont j'ai oublié le nom.

Mr.Red

Il n'y a pas lutté comme communiste et ce pour deux raisons:

1° A 17 ans, il ne savait probablement pas ce qu'était le matérialisme dialectique.

2° Le PCF était en collaboration avec les Nazis à travers le pacte germano-soviétique.

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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Sam 20 Oct 2007, 11:35

Il était né et avait été formé dans un milieu communiste, comme moi, je suis né et ai été formé dans un milieu catholique.

Et les militants communistes ont devancé leur direction dans la résistance. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ils étaient tous loin d'être des moutons par rapport à leur direction ; de même qu'il y a des catholiques qui sont également critiques par rapport à leur direction.
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Sam 20 Oct 2007, 13:25

Guy Moquet avait 17 ans. Il avait la générosité de cet âge. D'autres l'ont eu en entrant dans la milice et avec des raisons tout aussi idéalistes.

Ce qui est mis ici en avant devant les jeunes, c'est avant tout son sens de l'amour de la France.

Le reste, c'est de la polémique.

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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Sam 20 Oct 2007, 18:38

GUY MÔQUET

Des otages et des lettres

Le 22 octobre 1941, peu après 13h, dans la baraque numéro 10 du camp de Choisel, Guy Môquet est en train de terminer "une lettre assez tranquille à sa mère", écrit Pierre-Louis Basse (1). "Il fallait bien la remercier pour une épaule d’agneau arrivée par colis express. Epatante ! Avec le morceau qui restait , il pourrait casser la croute. Guy avait bien remarqué la présence des allemands gardant le camp depuis deux jours. Plus de lumière, le soir, pour jouer aux échecs ou à la belotte. Mais il n’y avait pas de quoi faire un drame. "Tu me dis dans la carte de lundi que tu vas m’envoyer dès qu’il sera nettoyé un pantalon noir. Où l’as-tu eu ? Tu ne me le dis pas". Guy avait conservé l’ambition de plaire. (…) La porte s’ouvrit, le nom "Môquet" prononcé, ce fut sans surprise le jeune homme se levait. "Présent". (in "Guy Môquet, une enfance fusillée").
Devant le gendarme français et le gradé allemand qui font l’appel, un prisonnier se fâche : "Vous n’avez pas honte de fusiller un gosse de 17 ans?". Alors, le "gosse" : "Laisse, je suis aussi communiste que toi. Moi aussi, je saurais mourir". En représailles à l’assassinat deux jours plus tôt du lieutenant-colonel Hotz, il a été décidé, sur ordre de Hitler, que 50 otages seraient exécutés en représailles, pour "marquer les esprits". A la demande des autorités allemandes, les noms des futurs fusillés ont été désignés chez «les internés communistes les plus dangereux parmi ceux actuellement concentrés à Châteaubriant», explique le sous-préfet Bernard Lecornu au commandemant allemand. C’est Pierre Pucheu, ministre de l’intérieur qui s’en est lui-même chargé, "pour éviter de laisser fusiller 50 bons Français". Au conseil, un ministre se fâche : "Comment avez-vous pu mettre le doigt dans cet engrenage ? Comment avez-vous pu désigner vous-même les otages ? ". 27 otages sont désignés dans le camp de Choisel, près de Châteaubriant,

Le 22 octobre vers 13h30, au camp de Choisel, les 27 otages sont transférés dans la "baraque numéro 6", aussitôt baptisée "la baraque de la mort" et le sous-préfet s’inquiète soudain de leurs dernières volontés. Une feuille et une enveloppe leur est distribuée à chacun.

Ils se mettent à écrire, "les uns sur les quelques bancs placés dans la salle, les autres appuyés le long des cloisons du baraquement", témoignera plus tard l’abbé Moyon, leur dernier visiteur (in Ouest-France, le 16 octobre 1944).

"Chacun s’empressa de finir sa lettre pour me la remettre. (…) Je revois encore Mr Timbaud donnant le bras au jeune Môquet. J’ai devant les yeux le beau visage de ce jeune homme de 17 ans. J’entends sa déclaration : "Je laisserai mon souvenir à l’histoire car je suis le plus jeune des condamnés"".

Toutes les lettres ne sont pas connues, certaines ont été perdues, d’autres jamais communiquées par les familles. (L’amicale des anciens internés de Châteaubriant vend, pour un prix modique, la totalité de ses lettres recensées). FA



Lettre de Raymond Laforge, 43 ans, instituteur à Montargis, militant communiste, à sa femme et sa fille.


Ma chère femme, ma chère Dédée,

Nous étions comme otages dans notre baraque en cas d’évènements graves.

Ces évènements viennent de se produire et nous sommes mis à la disposition des Fritz par les gendarmes français.

Cette fois, on vient nous avertir que nous allons être fusillés dans un délai assez rapproché. J’aurai aimé vous embrasser une dernière fois avant de mourir, par cette belle journée ensoleillée d’automne où il fait si doux pour la saison.

Les Fritz nous attendent avec leurs mitrailleuses.

Vive la France, vivent les Soviets !

Il y a mon vieux copain Tellier qui va mourir avec moi.

Ne me pleurez pas et faites votre vie comme vous voudrez, ou plutôt comme vous pourrez.

Mon vieux copain Bartoli est aussi avec moi. Il y en a un de 60 ans et un qui n’a pas dix-huit ans. Il y en a qui, comme moi, on fait les deux guerres.

Les heures, les minutes sont comptées, il est 14h10. On va nous emmener je ne sais où, chargés de chaines sans doute, car j’en vois dans un coin de la baraque où nous sommes groupés.

Pour ma dépouille, faites comme vous voudrez, laissez moi pourrir là ou autre part. Conservez le souvenir de celui qui vous a aimé malgré tout.

Le sous-préfet vient de nous faire ses adieux et exprimez ses regrets !!!!

Je meurs sans religion, le cœur calme, un peu énervé malgré tout.

Adieu à Paul, Georges, Jeanne. Tous nous faisons nos derniers adieux et écrivons comme nous pouvons. Les gendarmes qui nous gardent sont encore plus blancs que nous. Nous allons "collaborer" une dernière fois : comme le chasseur et le gibier !

C’est sans doute le dernier mot que tu auras de moi. Je te joins mon portefeuille avec plus de 1200 francs. Un prêtre récite la prière des morts.

Adieu mes chéries, je vous embrasse bien fort et bien longuement pour la dernière fois.

Gros baisers et derniers baisers. R . Laforge.


La lettre de Pierre Timbaud, 31 ans, secrétaire général de métallurgie de Paris, à sa femme et sa fille.





"Mes deux grands amours,

C’est la dernière lettre que je vous écris. Je vais être fusillé dans quelques instants.

Mes chéries, ma main ne tremble pas. Je suis un honnête travailleur : c’est vous deux qui êtes à plaindre. Il faudra surmonter ce grand malheur, soyez courageuses comme je le suis.

Toute ma vie, j’ai combattu pour une humanité meilleure. J’ai la grande confiance que vous verrez se réaliser mon rêve ; ma mort aura servi à quelque chose.

Mes dernières pensées s’en vont tout d’abord à vous deux, et puis au grand idéal de ma vie.

Au revoir, mes deux grands amours, du courage, vous me le jurez !

Vive la France ! Vive le prolétariat international !

Encore une fois, tant que j’ai la force de le faire, des millions de baisers.

Celui qui vous adore pour l’éternité,

Timbaud.


La lettre de Jules Vercruysse, 48 ans, secrétaire général de la fédération CGT-Textile du Nord, à sa femme et son fils.


Mes deux chers amours,

Il me reste quelques instants avant de mourir. Adieu, mes chers amours ! Depuis un an que je suis enfermé, j’avais fait avec toi ma chère Yvonne, beaucoup de rêves de bonheur. Je voyais des journées s’écouler heureuses pour tous deux, ayant la joie de voir grandir notre cher Michel.

Les Allemands, tout à l’heure, vont me fusiller comme otage.

Ne soyez pas désespérés, il y aura encore de beaux jours pour vous. Toi, mon Yvonne, console-toi, vis surtout, tu as Michel, tu as tes parents.

Toi, mon cher Michel, sois un homme de bonne heure, écoute ta maman, suis toujours la route droite, deviens juste et loyal. Plus tard, lorsque tu auras appris un métier, pense à me venger. Dans aucun cas ne sois enclin à la clémence ! Pas de vaine pitié, les Allemands doivent payer les crimes qu’ils commettent.

Lorsque tu rentreras dans le parti communiste, ne te laisse pas influencer par l’esprit de camaraderie au sens étroit du mot. Pas d’autres mobiles ne doivent te conduire, hors le but à atteindre.

Je vous serre fortement sur mon cœur.

Avec beaucoup de chagrin, je vous quitte.

A vous mes chers parents, adieu. Je souhaitais vous voir, vous gâter avant votre mort. C’est moi qui pars le premier, Adieu !

Adieu mes sœurs, mes nièces, mon neveu.
Et toi mon frère, je compte sur toi pour veiller sur mon petit Michel et l’aider à me venger. Je vous embrasse tous.

Votre Jules, adieu.

Lettre de Charles Michels, 38 ans, député communiste de la seine, secrétaire de la fédération CGT Cuirs et peaux, à sa femme Aimée.


Console ma bonne petite mère, fais de nos fille de braves petites femmes et qu’elles se souviennent que leur père s’efforça toujours d’être un honnête homme et qu’il fit le plus qu’il pût pour que les travailleurs aient une vie meilleure. Cela viendra…Embrasse bien mes frères, ce vieux Jean-Jean, Etienne ; si on te renvoie mes affaires, il y aura un peu de tabac pour eux. Par le temps de crise, c’est toujours ça de pris, il faut bien rire un peu.

Tu vois, chérie, comme la vie est drôle, déchu pour soi-disant complicité avec l’Allemagne (de son mandat de député en 1940, ndlr), je suis aujourd’hui fusillé par les soldats de ce pays.

Si sur ton chemin, tu trouves un compagnon digne de toi, n’hésite pas chérie, refais ta vie, tu es jeune encore. Ne te frappe pas, je vais mourir avec courage.

Pardonne-moi les petites misères que je t’ai fait supporter.


La lettre de Désiré Granet, 37 ans, adjoint au maire communiste de Vitry-sur Seine et secrétaire de la fédération CGT du papier carton, à son fils dit "le petit Loupiot".


"Mon cher petit Raymond,

C’est fini, tu ne verras plus ton papa que tu aimais tant ! Quelle douleur pour ton petit cœur d’enfant. Je sais que mon souvenir restera impérissable dans ta mémoire.

Avant de te quitter pour la dernière fois, je te demanderai de tenir la promesse que tu m’avais faite. Apprends bien à l’école, aime bien ta mère, qui m’a tant aimé et qui t’aime tant. Sois bien sage. C’est là ma recommandation.

Tu es bien jeune, 11 ans, et tu n’as plus ton papa. Console ta maman et dans la vie, sois bien courageux et honnête.

Allons mon gars, une dernière fois, je t’embrasse bien.

Embrasse ta mère pour moi. Te voila grand. Tu remplaceras ma mémoire auprès d’elle.

Adieu, mon gars.

Bon baiser de ton papa qui s’en va en t’envoyant sa dernière pensée,

De Désiré Granet à sa femme :

"Ma chère Yvonne,

Quand cette lettre te parviendra, tu auras appris l’horrible nouvelle. Dans un instant, je serai parti rejoindre ceux qui sont déjà tombés. Comme tu me l’as demandé, je suis courageux, je n’ai pas peur de la mort. Aime bien notre petit comme je l’aimais, fais en un homme courageux et honnête, sois fidèle à ma mémoire. Je pars en emportant la certitude que tu ne seras pas seule, car mes amis et mes parents t’aideront à supporter la douleur qui te frappe.

Ma pauvre chérie, je t’ai toujours aimée, et dans quelques minutes, un point final sera mis à mon existence : ma dernière pensée s’en va vers vous, je ne tremble pas.

Ma petite Yvonne, sois courageuse comme je le suis. Du courage, de la confiance dans l’avenir. Nous sommes ici 27 qui dans un instant, seront exécutés ; leur courage à tous est magnifique.

Embrasse une dernière fois tes parents pour moi, ainsi que les miens. Je t’embrasse une dernière fois.

Ton Dédé pour toujours. Une dernière pensée à tous les amis.
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MessageSujet: Re: Guy Môquet   Sam 20 Oct 2007, 18:38

Lettre de Jean Poulmar’ch, 31 ans, secrétaire général de la fédération CGT des industries chimiques de la région parisienne, à sa femme.




Ma petite Lolo chérie,
Je m’excuse de la peine immense que je vais te causer, je vais mourir. Otages des allemands, dans quelques minutes, dans quelques heures au maximum, je vais être fusillé. Tu verras hélas dans la presse, la longue liste des copains qui, innocents comme moi, vont donner bêtement leur vie.

Du courage, j’en ai à revendre, mes amis aussi sont admirables devant la mort. C’est surtout à toi que je veux m’adresser pour les tourments, la douleur infinie que cette nouvelle va te causer.

Sois forte, chérie, tu es jeune encore, ne te laisse pas sombrer dans la tristesse et le découragement. Refais ta vie, en gardant au cœur le souvenir impérissable de celui qui t’a aimée jusqu’à son dernier souffle. Elève notre fils chéri dans l’esprit qui fut celui de toute ma vie, qu’il devienne un homme épris de justice, attaché à la défense des faibles, ce sera la meilleure vengeance.

Console mes parents chéris, mon papa qu’ai aimé de mon mieux, qu’ils soient forts devant l’adversité. Embrasse-les et mets-y tous ton cœur.

Pauvre Marguerite, pauvre Jean, je regrette le chagrin que je vais leur causer. Je les aimais bien et elles me le rendaient au meiux.

A tous, adresse mon salut, apporte leur ma confiance inébranlable en la victoire prochaine. L’heure n’est plus aux pleurnicheries et à la passivité. L’heure est à la lutte impitoyable pour la libération de la France et de son peuple glorieux. Jusqu’à ma mort, j’ai lutté ; je suis fier de ma vie et je ne doute pas que mon sacrifice, comme celui de mes camarades ne soit pas vain.

Excuse moi, j’écris sur mes genoux, mais ne crois pas que je tremble.

Chérie, encore une fois, si tu trouves un compagnon pour poursuivre ta vie, ton Jean n’hésite pas à te le dire : "Prends le !". Essuie tes pleurs, ressaisis toi et poursuis ton chemin courageusement.

Que notre Claude sache comment son père est mort, et qu’il poursuive la route que son père a tracée.

Ma petite femme, je t’embrasse une dernière fois, que mes baisers soient les plus ardent, qu’ils soient le témoignage de mon attachement dernier. Embrasse mon papa, maman, Marguerite, jeanne, notre pauvre fils chéri, ta brave et admirable maman, embrasse René, Suzanne, Jacqueline, Lise et tous les amis qui nous sont chers. Adieu, pauvre petite, mais courage ! Courage.

Ton mari tombe la tête haute, le cœur solide, confiant dans l’avenir de bonheur qui règnera sur le monde.

Vive le Communisme ! Vive la France libre, forte et heureuse.

Jean, 14h


Lettre de Victor Renelle, 53 ans, ingénieur-chimiste, à Paris.


Ma chère Henriette,

Promets-moi que tu vas être courageuse, bien courageuse, autant que je vais tâcher de l’être tout à l’heure. Tu as déjà compris…

Que te dire, ma pauvre chérie, ainsi qu’à notre fille bien-aimée et à ma mère ? Les mots sont inaptes à rendre compte d’une minute aussi intense. Tu te rappelleras, les 22 octobre, à deux heures, l’après midi. Ma dernière pensée sera pour toi et elle m’aidera à franchir ce dernier pas.

Excuse cette écriture hachée, j’écris sur les genoux, avec pour tout support mon portefeuille.

Ton mari qui te remercie de la vie d’affection que tu lui as faite.

Victor.

Lettre de Titus Bartoli, 58 ans, instituteur à la retraite à Digoin, militant communiste.


Chers, bien chers tous,

C’est d’une main ferme que je vous écris, je ne tremble pas ; dans quelques minutes peut être, je ne serais plus. Je meurs avec courage, avec espoir que mon idéal triomphera.

Mon seul regrat est de ne pas pouvoir vous embrasser tous avant mon départ pour toujours.

Adieu donc ! Je te laisse, ma chère Lucie, un nom sans tache. Sois on interprète auprès de ma vieille mère si tu juges à propos de la prévenir.

Adieu à tous ceux que j’ai aimé, de tout mon cœur, autant qu’il est possible d’aimer.

Mes baisers les plus doux pour ma petite Mimi adorée et pour la Suzon.

Je n’oublis pas les autres parents et les amis. Mais est-ce que je ne rêve pas ? Adieu, adieu pour toujours, je vous aime. Courage,

Titus.

Lettre de Maurice Gardette, 49 ans, conseiller général communiste de la Seine

A ma chère femme, à mes chers enfants, à ma chère mère, à mes chers frères, à toute ma famille et aux amis,

C’est un suprême adieu que je vous envoie. Dans quelques instants, je vais être fusillés après bientôt 23 mois de souffrances. Arrêté le 19 décembre 1939 comme agent de l’Allemagne, c’est en bon français que je m’apprête à mourir pour la liberté.

A toi, ma chère Marguerite, que j’ai aimée de toute mes forces, à toi ma fille Raymonde, à toi, mon petit Maurice, il vous faudra me regretter. C’est pour vous, pour que vous soyez libres, que je meurs plein de moral et de courage.

Je vous embrasse bien tendrement, Adieu,

Maurice

Lettre de Charles Delavacquerie, 19 ans, imprimeur, militant communiste à Montreuil, à son père.

Cher Père,

Je t’écris mais c’est la dernière lettre. On va venir me chercher pour me fusiller, avec mes amis, nous pauvres fils d’ouvriers qui ne demandions qu’à vivre et avions l’espérance.

Soyez courageux, toi et mes sœurs, je le suis moi-même. On est 27 à y passer, un de chaque région.

Nous ne verrons plus les beaux jours revenir.

On vient, il est une heure et demie.

Finis les derniers bons jours en famille. Je ne verrais plus mon beau Montreuil.

Nous sommes tous courageux, cher Père ; c’est ton fils qui a 189 ans et demi et qui aurait bien voulu voir les Soviets arriver avec nous, qui te dit adieu. Adieu à toute la famille, sans oublier Grand-Mère.

Ton fils qui pense à vous et va mourir pour son devoir.

Vivent les soviets ! Vive l’Urss !

Charles Delavacquerie


Lettre de Julien Le Panse, 34 ans, ouvrier du bâtiment à Nantes, militant communiste, à sa femme.


Ma chérie,

Ils vont nous fusiller, tous ou presque. Ma chère compagne, je compte sur toi pour élever mes enfants comme je le voulais. Je meurs pour mon parti et pour la France. Adieu mes chéris,

Julien.


Lettre de Claude Lalet, étudiant, 21 ans,


Ma petite femme adorée,

Ma chère petite Mût,

Déjà la dernière lettre et déjà il faut se quitter. Que la route est jolie, jolie ah vraiment. Oui, chantons, chantons de toutes nos forces.

Un tout petit peu nerveux mais cela n’est rien. Comme je voudrais être dans vos bras pour mourir.

Ma Ninoutchka adorée, j’ai deux choses à te demander : sois toujours, sois pleinement heureuse, pense toujours à notre si chère petite Mût ; elle est vieille, mais garde la jeune. Je sais qu’il faut serrer les dents, la vie était si belle, mais gardons, oui, gardons nos rires et nos chansons… Ces tout petits sabots..Bonjour aux uns et aux autres.

Paure Toto chéri, d’autres Toto chanteront eux aussi.

Vis ma Mût adorée, vis ma petite femme adorée.

Courage, amour, joie, immense joie. Je vous adore toujours sans cesse, je t’embrasse, je te serre dans mes bras avec toutes mes forces. Vive la vie, vive la joie, vive l’amour !

Votre Claude pour toujours.


Lettre de An Huyng- Khuong, 29 ans, professeur, secrétaire des étudiants communistes, à sa femme.


Sois courageuse ma chérie. C’est sans aucun doute la dernière fois que je t’écris. Aujourd’hui, j’aurai vécu.

Nous sommes enfermés provisoirement dans une baraque non habitée, une vingtaine de camarade prêts à mourir avec courage et dignité.

Tu n’auras pas honte de moi ? Il te faudra beaucoup de courage pour vivre, plus qu’il ne m’en faut à moi pour mourir.

Mais il te faut absolument vivre. Car il y a notre chéri, notre petit que tu embrasseras bien fort quand tu le reverras.

Il te faudra maintenant vivre avec mon souvenir. de nos heureux souvenirs, des cinq années de bonheur que nous avons vécu ensemble.

Adieu, ma chérie.

An

Lettre de Eugène Kerivel, 50 ans, marin-pêcheur, à sa femme Léoncie


Léoncie, un dernier mot. C’est à toi que je pense, j’espère que tu sauras te débrouiller.

J’ai vu que tu étais courageuse. Je m’en vais avec moins de regret…(la feuille à été coupée ici, ndlr)


Lettre de Antoine Pesqué, 55 ans, médecin à Aubervilliers, à sa femme.


Cher, cher petit Géo chéri,

Je te dis adieu,

Dans quelques instants 26 camarades et moi seront fusillés en représailles.

En cet instant suprême toutes mes pensées les plus tendres, les plus graves vont vers toi.

Je suis courageux.

Sois très courageuse maintenant et toujours.

Garde dans ton cœur le souvenir de celui qui t’aima plus que tout toujours.

Je t’embrasse une dernière fois de tout mon cœur.

Antoine.

Lettre de Emile David, 19 ans, mécanicien -dentiste, 21 ans, secrétaire des jeunesses communistes, à sa mère et sa femme.


Mes dernières pensées sont celles-ci : j’ai fait une paire de sabots à trèfles à 4 feuilles pour toi, chère maman ; et l’hydravion pour mon cher petits frère. Je n’ai rien pour Suzanne…Je demanderai qu’une partie de mes photos lui soit remises. Bien triste souvenir que cette lettre, mais mourir à présent ou plus tard, cela n’a pas d’importance. Ne t’en fais pas, maman, et garde ta force et ton courage.


(1) "Guy Moquet, une enfance fusillée" (juin 2000, Stock)
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