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 faire la fête, une analyse théologique du P. Louzeau

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marc



Masculin Messages : 1523
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MessageSujet: faire la fête, une analyse théologique du P. Louzeau   Sam 29 Sep 2007, 19:59

Chers amis,

Si vous n'en aviez pas entendu parlé, voici une analyse théologique de la fête que je trouve intéressante et... d'actualité !

FAIRE LA FETE !

Chrétien ou fêtard, faut-il choisir ? Le père Frédéric Louzeau nous aide à y voir plus clair


Le père Louzeau a réalisé une thèse de philosophie politique. Il enseigne aujourd'hui la doctrine sociale de l'Eglise et la question philosophique de Dieu au séminaire de Paris.

Pourquoi ce sujet de la fête ?
Vicaire pendant 5 ans dans le 16ème arrondissement parisien, il a vu cette question revenir souvent chez les étudiants : « chrétien ou fêtard, faut-il choisir ? ». L'objectif de ce petit exposé est que nous nous rendions compte des désirs profonds qui nous poussent à faire la fête et ce qui nous manque pour « bien » faire la fête.

Quelques remarques préliminaires :
1- C'est à nous de discerner sur la justesse de nos attitudes ! L'Eglise nous donne simplement des instruments de discernement.
2- La fête dépasse très largement un comportement d'étudiants en grande école : toute la société est concernée par ce sujet.

Essayons d'abord de réfléchir à ce qui suscite notre enthousiasme :
Chez les jeunes, le plus souvent, c'est : la vie relationnelle, le sport et la fête. Les sociétés reflètent nos propres désirs et notre manière d'appréhender la réalité : à Athènes, les jeunes auraient répondu « faire la guerre ».


I- Les raisons profondes qui nous poussent à faire la fête.

Il faut sans cesse se poser la question «Quel est le bien que nous recherchons derrière ces dérapages ?». En effet, il n'y a pas de mal absolu. (St François d'Assises disait au démon. « tu ne crées rien. »), mais le mal détruit le bien.
Par exemple, la fête peut déraper avec la drogue, l'alcool et le sexe. Ces trois dérapages naissent d'une recherche d'expériences plus profondes et en même temps, nous empêchent de trouver ce moi plus profond. Il faut, avant la fête, se poser la question « Que cherches-tu ? » et après la fête, « As-tu trouvé ce que tu cherchais ? »

Plus les pays sont pauvres, plus les fêtes sont longues et solennelles, plus elles engagent beaucoup de monde (cf La cité de la joie de Dominique Lapierre). L'acceptation de la souffrance a ainsi quelque chose à voir avec la fête : plus la vie est dure, plus les hommes ont besoin d'en sortir et la fête est un moment de défoulement, un échappatoire, mais ce n'est pas non plus que ça.
Chaque personne fait l'expérience du côté fastidieux de la vie quotidienne, mais on est obligé de passer par ce moment. Par exemple, dans le mariage, le travail, la famille, il y aura forcément des blocages, des moments répétitifs. Le cœur humain a besoin de sortir de sa condition quotidienne. (Ainsi le problème des personnes âgées est souvent qu'elles ne peuvent souvent pas sortir de la vie quotidienne.)
Les mécanismes sous-jacents aux dérapages (sexe, alcool, drogue) sont que l'on cherche à expérimenter un état de conscience qui nous sort de notre état ordinaire. Il y a une tentation de perdre le contrôle de soi qui trouve sa force dans notre volonté à sortir de nous-mêmes. En grec, le mot pour dire « sortir de soi-même » est extasis. Or ces trois types de fragilité ne nous donnent que l'impression que nous sortons de nous-mêmes. Au contraire, elles nous font rester dans la solitude et ne provoquent qu'une altération de la conscience, elles ne sont qu'un acte manqué. Il faut donc nous demander ce que l'on ressent après la fête, pour voir si elle est « réussie » : une joie intérieure et profonde, une paix durable ou bien de la tristesse? Est-on plus fort ou plus fragile qu'avant ? Normalement, une fête bien vécue transparaît au travers d'un apaisement.

La plus grande souffrance de l'être humain, c'est la solitude. La joie jaillit de l'unité. L'amour, célébré par la sexualité, célèbre l'unité. Perdre le sens de la fête est redoutable pour la société. Les personnes qui ne sortent pas d'elle-même peuvent tout juste communiquer, mais sans jamais communier ensemble. : Elles n'atteignent pas ce que qu'elles veulent.
Il y a deux types d'amour : l'eros et l'agape. «l'eros veut nous élever en extase vers le divin » (cf citations de l'encyclique « Dieu est amour » n°3 à 8 ). De même, la fête est le signe humain de cet au-delà qu'est la vie divine, que le cœur humain aspire à l'éternel.


II- La fête devrait être célébration d'un événement

Dans l'Ancien Testament, on remercie pour un événement historique où la puissance de Dieu s'est manifestée. Une fête était liée à l'histoire et à la tradition d'une communauté. C'est peut-être ce qui manque à nos fêtes aujourd'hui.
La définition de la fête pour Jean Vanier, fondateur de la communauté de l'Arche est « acte spécifique d'une communauté humaine par lequel les personnes se réjouissent de vivre ensemble ». Lorsqu'elles sont croyantes, elles rendent grâce à Dieu pour ce « vivre ensemble ».

Les termes sont nombreux pour désigner les dérapages des fêtes : « se lâcher, s'éclater, se mettre une mine », tous révélant la volonté de ressentir que l'on est aux frontières de l'extrême. Cela peut traduire un manque relationnel et convivial.
La multiplication des fêtes est relayée par le marketing, qui fait que les fêtes sont de plus en plus indépendantes des événements. Elles ne créent pas de lien social. La fête doit célébrer un événement fondateur, et pas un état de conscience dégradé comme elle le fait aujourd'hui.



III- Des petites pistes toutes simples pour retrouver le vrai sens de la fête

1- Fêter des événements ou des personnes

2- L'importance du lien intergénérationnel >> créer des événements où elles peuvent communiquer réellement.

3- L'importance du repas : tout repas est un acte communautaire important : joie de se rencontrer et joie de bien manger sont mêlées !

4-La préparation de la fête.
Elle demande beaucoup de soins, ainsi qu'un « discernement » de l'objectif recherché pendant la fête. Qu'est ce que je veux célébrer ? Qu'est ce qui est important ?

5-La nécessité d'inviter tout le monde à la fête.
Il ne faut pas oublier le plus pauvre et le plus fragile, qui ne doivent jamais être exclus. Cela peut par exemple passer par l'organisation de jeux ou d ‘activités auxquels tout le monde peut participer. Jésus dit « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n'invite pas de riches voisins, mais des pauvres, et tu seras heureux, car ils n'ont pas de quoi te rendre. »

Questions
- Quelles sont selon vous les raisons profondes qui font que la société est dépressive ?
La faillite de la communication en famille ou à l'école, l'isolement qui entraîne la dépression.

- Comment éclairer une conscience : comment faire comprendre à quelqu'un que ce n'est pas le bon moyen de faire la fête ?
Lui parler seul-à-seul, pour éviter tout sentiment d'humiliation, et après la fête. Peut-être nous les chrétiens devons nous nous former dans ce sens ?
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Vince



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MessageSujet: Re: faire la fête, une analyse théologique du P. Louzeau   Dim 30 Sep 2007, 23:55

Chapeau bas, on n'a plus idée de tout ça aujourd'hui et pourtant quand on y réfléchit et qu'on relit les fêtes qu'on a vécues, cela saute aux yeux...

Merci Marc !!
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Brice



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MessageSujet: Re: faire la fête, une analyse théologique du P. Louzeau   Lun 01 Oct 2007, 19:28

Pour répondre à votre question, qu'est ce qui rend la société dépressive, je pense que je peux lancer ces quelques pistes mais en premier lieue commençons par ce que je penses être la plus grande raison:

- La société marchande:
* l'Homme (et la Femme) sont devenus des objets marchands comme les autres jusque dans leurs relations intime (performance personnelle et du partenaire, facilité de séparation des couples, refus de l'attachement, culte du corps, sexuellité promus comme valeure primordiale)
* Pour que l'individu consomme, il faut également créer des besoins, pour cela il faut créer un climat d'insatisfaction permanente ainsi l'individu doit consommer mais il a toujours de nouveau besoin. S'il cherche à sortir du cercle vicieux, il consommera tout de même pour sa famille, faire comme son voisin, pouvoir communiquer avec les autres, être toujours compétitif au travail. Par exemple qui pourrait se passer aujourd'hui d'un ordinateur, d'un portable, d'une télévision? Peu de monde en vérité.
* La compétition au travail, l'individu étant une marchandise, l'entreprise veut pouvoir en changer lorsqu'elle le souhaite, garder les meilleurs au prix le plus bas. D'où les négociations sur les contrats de travail que nous constatons en ce momment.

Conclusion, on le voit dans la liste non exhaustive que j'ai formulée ci dessus, l'Homme est objetisé, il en resulte ou une mésestime de lui même ou un mépris des autres ou bien les deux. Dans tout les cas, celui-ci cherchera une fuite du monde réel par exemple par la fête...

J'espère que vous réagirez à ce fil qui me semble est très interessant (mais peut être pas à sa place).
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Vince



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MessageSujet: Re: faire la fête, une analyse théologique du P. Louzeau   Lun 01 Oct 2007, 20:16

Pour répondre également à la question sur une société dépressive.

Je crois que vous avez raison Brice quand vous dites que l'objetisation de l'individu participe à cette dépression. Cependant je crois qu'elle n'est un facteur de plus qui découle d'une raison plus profonde : l'oubli de l'autre.
Houellebecq parle très bien de ce phénomène, sans en chercher les remèdes, dans son livre "Les particules élémentaires" c'est enffet ce qui se produit aujourd'hui. Nous devenons aujourd'hui ces particules élémentaires, nous nous déconstruisons en nous réduisant à moins qu'humain et en nous recroquevillant sur nous même.

Lorsque Jean Paul II prononce, après son élection, "N'ayez pas peur!" je crois qu'il a tout compris. Notre époque a peur et ce qui fait le plus peur c'est l'inconnu or ce qu'il y a de plus inconnu à nous-même c'est l'autre. Nous nous complaisons à contempler notre propre nombril car il nous rassure, mais nous oublions que la vie est "dehors".

Tout aujourd'hui consiste à accélérer ce phénomène égocentrique, nous cristallisons tout autour de notre propre conscience sans jamais chercher à connaître l'autre. Nous oublions trop vite ce que Humilité signifie, cela veut d'abord dire se faire pauvre pour accueillir autrui.

Voilà mon avis la raison fondamentale de notre dépression sociétale dont les fêtes d'aujourd'hui sont une magnifique illustration.

Amicalement

Vincent
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Vince



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MessageSujet: Re: faire la fête, une analyse théologique du P. Louzeau   Lun 01 Oct 2007, 20:21

Citation :
Comment éclairer une conscience : comment faire comprendre à quelqu'un que ce n'est pas le bon moyen de faire la fête ?

Je crois que le meilleur moyen c'est par l'exemple. Difficile de faire entendre raison à l'irraisonnable.

J'ai été agréablement surpris (et orgueilleusement fier) lorsqu'un ami m'a demandé un jour : "Vincent, comment fais-tu pour être aussi joyeux?"

Je crois qu'il est extrêment important de savoir attendre les questions avant de donner les réponses, on est compris plus facilement et les arguments sont écoutés.

Amicalement

Vincent
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marc



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MessageSujet: Re: faire la fête, une analyse théologique du P. Louzeau   Lun 01 Oct 2007, 22:23

Chers amis,

Je dirais les choses autrement, mais je suis complètement d'accord. L'idée que nous sommes "objetisés" me paraît très vraie... je dirais en fait que la société est d'autant plus dépressive qu'elle se centre sur ce qui ne peut satisfaire l'homme, à savoir le matériel, l'avoir... au point de transformer l'autre en objet, comme c'est la cas dans la sexualité de consommation qui se répand de plus en plus. L'homme moderne se jette sur l'avoir, oubliant l'être et l'autre, pour faire une formule...
L'homme étant fait pour aimer, au sens le plus profond de ce mot, pas dans le sens que notre pauvre société lui donne trop souvent, confondant - dans le meilleur des cas - amour et sentiment amoureux, et lorsqu'il se tourne ves l'avoir, il se tourne vers l'égoïsme et passe à côté de l'essentiel de ce pour quoi il est fait, créé : aimer. Aimer, c'est tout donner et se donner soi-même, disait une "petite" sainte. Notre société ne veut pas le reconnaître, elle est la société de la performance, de la consommation, qui laisse les faibles sur le bord du chemin et s'étourdit de chiffres et de sensations... mais pour autant, l'homme étant ce qu'il est, cela ne pourra jamais le combler... Je suis de plus en plus intimement convaincu que la richesse "matériel" (que ce soit des biens ou des dons naturels), mal reçue spirituellement, est une source de mal être terrible, car l'esprit mal préparé lâche la proie pour l'ombre et s'étonne de n'être pas nourri... mais la raison en est tellement claire...

Marc
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Vince



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MessageSujet: Re: faire la fête, une analyse théologique du P. Louzeau   Lun 08 Oct 2007, 22:58

Je crois que tu as raison Marc et je me permettrais d'ajouter un point après la lecture d'un passage d'un livre de Soeur Emmanuelle.
L'homme contemporain est en plein dans le questionnement, dans la remise en question de tout. Pour lui rien n'est acquis, tout se vaut. Contrairement à l'époque de nos "parents" (plutôt années 30) où rien n'avait le droit d'être remis en question. L'autorité n'avait pas à être critiquée.
En quelque sorte, on refusait de se poser les questions fondamentales. Aujourd'hui on se pose les questions mais on a trop peur. On refuse de trouver la réponse du coup on recherche l'oubli. Oublier ce désarroi, cette torpeur, cette angoisse qui habite le coeur de l'homme tant qu'il n'a pas trouvé de réponse à cette question : pour quoi vivre?

Le matérialisme n'est qu'un moyen de s'évader de ces questions, au même titre qu'un intellectualisme insensé ou qu'une tiédeur attentiste.

Notre époque a choisi le matérialisme; en plus d'étouffer la question, cela réchauffe, c'est confortable. Mais l'angoisse reste là, on creuse un peu et on est perdu.

Amicalement

Vincent
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Brice



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MessageSujet: Re: faire la fête, une analyse théologique du P. Louzeau   Lun 08 Oct 2007, 23:04

Très bien dit !!!

D'ailleurs ne jouons nous pas le jeu de temps à autre?
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Vince



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MessageSujet: Re: faire la fête, une analyse théologique du P. Louzeau   Mer 10 Oct 2007, 00:01

Brice a écrit:
Très bien dit !!!

D'ailleurs ne jouons nous pas le jeu de temps à autre?

Ah si, je vous l'accorde. Nous sommes les représentants de notre époque, que nous le voulions ou non certains de nos actes sont influencés par l'état d'esprit de notre temps.

En revanche, il revient à nous de nous libérer de ce qui nous enchaîne ici et maintenant.
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Brice



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MessageSujet: Re: faire la fête, une analyse théologique du P. Louzeau   Mer 10 Oct 2007, 22:44

Sans renier les gens que l'on aime...
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