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 Généalogie de la réflexion

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Mikael



Masculin Messages : 84
Inscription : 09/08/2007

MessageSujet: Généalogie de la réflexion   Jeu 16 Aoû 2007, 17:24

Ce texte a pour objectif l'étude de la « généalogie de la réflexion », c'est-à-dire qu'il s'intéresse au moment de l'apparition de la réflexion : qu'est-ce qui a insufflé en moi la réflexion ? Quand et selon quels mécanismes ? Questions à la con pour réponses à la con.

*

Ma vie est, sinon un ensemble de ruptures, du moins une réflexion sur la rupture...

« Quand j'étais très jeune, il m'est arrivé de jouer avec une sauterelle et de provoquer sa mort par accident et sans n'y rien comprendre. A l'instant ou la mort est entrée dans ma vie d'enfant innocent et présent, j'ai perdu présent et innocence ; je suis mort avec elle. Je me sentais coupable, décollé du temps, décollé de la vie. L'éternité de la mort écrasait mon présent, et j'ai du, pour y faire face, me constituer une histoire : passé, présent et avenir sous les traits du souvenir, de la spontanéité et de l'appréhension. J'avais perdu ma spontanéité, j'étais projeté hors de l'enfance. Me sentant coupable, gardant la chose secrète et toute intérieure, j'embrayais mon intériorité pour la première fois, car la catégorie du secret est le tapis de l'intériorité. »


Rupture avec Dieu, avec la nature, avec Gaël, avec le présent et avec la vie elle-même. A l'instar d'Ahasverus, le juif errant, j'ai accueilli la mort de mon vivant[...] je suis le mort qui se constitue une histoire. Mon immédiateté et toute innocence furent rompues, si bien que j'ai été projeté « hors du temps », dans la sphère de la réflexion. L'interrogation m'a sauté à la face, explosive : le problème s'est posé en même temps que la rupture. Et finalement, j'ai été moi-même posé comme problème[...]


On peut tout apprendre des ruptures : ces sentances délivrées au final de secrets procès. Par la rupture, je n'étais pas seulement renvoyé à moi-même mais plutôt renvoyé en moi-même. Le pont avec l'agir était brisé, je pouvais tout voir de mon esprit seul et j'apparaissais comme ce démon recroquevillé sur lui-même ou comme un arbre sans racines. C'est pourquoi j'écrivais que « les hommes sont des anges déchus ». Mais l'esprit seul, l'esprit sans la nature ne peut prétendre à rien, il est un problème pour lui-même, il « se mord la queue », il tourne en rond. L'esprit refermé sur lui-même est plongé dans un jour nocturne :

« Chez moi, "philosopher" est le mouvement de l'esprit enfermé sur lui-même et qui cherche une ouverture. Il s'agit d'une tentative de retrouver Gaël et l'agir dans un jour triomphant. »



Et puis les ruptures firent des miettes de moi, des morceaux épars, j'éclatais comme un verre de cristal. D'une part l'interrogation m'avait sauté à la face et j'avais été posé comme problème – désormai insaisissable, j'étais un point d'interrogation, un de ces étrangers dont parle de Certeau, d'abord étrange à moi-même – et d'autre part j'étais littéralement brisé : divorcé de tout, y compris de moi-même :

« Je suis celui que rien ne doit attacher, celui qui prend son envol, celui qui change de masques, de visages et de peaux, celui qui s'est effondré et qui n'est qu'une question, une enigme, un problème, un embarassant et douloureux séïsme. »


L'esprit aiguisé et néanmoins boiteux, vif-argent peut-être ; l'âme entaillée d'une plaie béante qui toujours coule comme fuit un tonneau ouvert par la barre ou les douves, ma condition problématique s'imposait à ma réflexion.

« La plupart des gens ne font pas d'effort pour respirer, endurants qu'ils sont, tout leur est si facile ; mais pour moi, chaque chose, chaque engagement, chaque mouvement dans l'existence porte la marque du difficile. »


La réflexion décrit comme un cercle fermé, une problématique de laquelle on ne sort pas (en l'ocurrence la rupture), et comme je le disais ailleurs, « Le cri du cauchemar est un cri sans bruit ». Desert intérieur, desert affectif, j'ai soif de l'Autre, soif de Dieu et soif de « savoir » ; et comme je le disais ailleurs (bis), « Dans l'eau je peux voir mon reflet mais le desert me donne une ombre pour seule image de moi ».

Etc, etc.

Frères, flagellez-moi.
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