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 A Sâmkhya: influence de l'Egypte antique sur le christianism

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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: A Sâmkhya: influence de l'Egypte antique sur le christianism   Lun 30 Mai 2005, 09:09

Cher Sâmkhya,
Pour comparer avec le débat que vous venez d'ouvrir sur l'hindouisme et le bouddhisme, j'aimerais mettre le parallèle suivant.


L’Égypte Antique (en noir)

Le catholicisme (en bleu)

Osiris, Dieu de la vie, mis à mort et ressuscité
Le Christ, Dieu fait homme, mis à mort et ressuscité (De foi).

Isis, sœur et épouse d’Osiris qui obtint en priant sa résurrection.
Marie, mère et épouse mystique du Christ qui obtint en priant sa résurrection (opinion des mystiques).

Imiter Isis et Osiris pour obtenir d’eux la résurrection.
Imiter le Christ et Marie pour obtenir de Dieu la résurrection (De foi).

A l’heure de la mort, le Kâ (le double sensible du mort) et le Baï, son esprit) sortent du corps.
A l’heure de la mort, seul l’esprit survit. Tout ce qui est lié au cerveau disparaît, donc la vie sensible (opinion de saint Thomas d’Aquin).

3 degrés de vie :
- le corps (fondement de tout, lié à la momie qui doit rester intact).
- Kâ, siège des sensations et sentiments, survit à la mort. C’est le « corps double ».
- Baï, siège des choix et des péchés, survit à la mort.
3 degrés de vie :
- La chair, le corps mortel
- La vie sensible (pas de corps distinct de la chair pour cette vie intermédiaire).
- L’esprit, directement créé par Dieu, survit SEUL à la mort (opinion de saint Thomas d’Aquin).


Le Kâ et le Baï ne peuvent survivre si la momie n’est pas conservée intacte.
La survie de l’esprit est indépendante de la décomposition du cadavre, bien que l’Eglise préfère l’inhumation à l’incinération.

A l’heure de la mort, décorporation puis passage difficile sur le fleuve-serpent Apophis.
Rien d’attesté par la foi, ni pour ni contre, sur la survie du psychisme, sauf pour la survie de l’esprit qui est de foi.

Présence du dieu Anubis, le chacal, qui aide le mourant.
Foi dans la présence de l’ange gardien (opinion des mystiques).

Epreuve des sept portiques que l’âme doit passer un à un en attestant de sa justice et en prononçant les noms des sept gardiens, puis des dix pylônes et de leurs dix dieux.
Foi dans la présence de Lucifer auprès du mourant, dans une dernière tentation (opinion des mystiques).

Apparition du tribunal d’Osiris, en présence des dieux.
Credo : « Le Christ reviendra dans sa gloire…

C’est le lieu du jugement. Le cœur du mourant est déposé sur la balance et pesé face à une plume de la déesse Maat, la droiture.
… pour juger les vivants et les morts…

Rien d’attesté.
… accompagné des saints et des anges. » (De foi, foi habituellement comprise pour la seule fin universelle du monde).

L’âme justifiée est conduite aux jardin d’Elihu, le paradis, où elle reprend, dans la lumière et face aux dieux, sa vie d’avant, mais sans la souffrance.
Après le jugement dernier, l’âme est immédiatement conduite au paradis qui est la vision spirituelle et face à face, de l’essence de Dieu (De foi).

L’âme des méchants est livrée à la « dévorante », qui est un monstre crocodile, hypopotame, et lion.
L’âme en état de péché mortel est aussitôt conduite en enfer où elle subit des peines diverses (De foi).

Rien
L’âme en qui il reste quelque imperfection est conduite à un temps de purgatoire (De foi).

A la fin du monde, tel le scarabée, la résurrection de la momie est promise aux seuls justifiés.
A la fin du monde, tel le Christ, la résurrection de la chair est promise, aux méchants comme aux bons (De foi).

Qu'en pensez-vous? N'est-ce pas beaucoup plus convainquant?

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Arnaud
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MessageSujet: Re: A Sâmkhya: influence de l'Egypte antique sur le christianism   Mar 31 Mai 2005, 19:51

Apres recherche rapide, voici ce que j'ai pu ramener :

"Le concept égyptien de l'âme recouvre trois éléments : le ka, le baï et l'akh.

* Le ka est l'énergie vitale ou le double spirituel de la personne. Le ka royal symbolisait le droit du pharaon de gouverner, une force universelle qui se transmettait de pharaon à pharaon.
* Le baï est représenté par un oiseau à tête humaine qui quitte le corps à la mort de la personne. Le baï a le visage de la personne décédée.
* L'akh est l'esprit de Rê, qui renferme le concept de lumière — l'esprit transfiguré d'une personne qui ne fait plus qu'un avec la lumière après la mort. Le contraire de l'akh est Mout (mort), l'état d'une personne qui est morte mais n'est pas encore devenue lumière. "

Je ne sais pas trop a quel point on peut faire des analogies... ? Dans votre liste, les deux seules qu'a priori je retiendrais comme interessantes, c'est l'analogie du jugement apres la mort et l'idee d'enfer. Sinon, les autres analogies me paraissent un peu forcees... Quelles sont vos sources ? Je serais interesse par des references...

Marc
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marc



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MessageSujet: Re: A Sâmkhya: influence de l'Egypte antique sur le christianism   Mar 31 Mai 2005, 19:58

Cher Arnaud,

Apres un peu plus de recherche, il semblerait que les egyptiens envisageaient quatre elements : corps, ka, bai et ankh. Je cite :

"Le corps est le support matériel de l'homme, base fondamentale pour abriter le complexe des principes spirituels.

Les principes qui se fixent sur le corps sont au nombre de quatre, nous envisagerons ici que les deux plus importants:
Le Kâ.................................................. C'est en quelque sorte un double, une force vitale acquise dès la naissance, ou encore le tempérament de l'homme, l'ensemble de ses qualités.
Le Baï................................................. Représenté par l'oiseau baï à tête humaine est plus ou moins l'âme. Il possède un caractère plus intellectuel que la Kâ, il est en quelque sorte la conscience.

A noter enfin, le Ankh qui symbolise l'idée de vie. (clé et non pas croix ankh.) "
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: A Sâmkhya: influence de l'Egypte antique sur le christianism   Mar 31 Mai 2005, 20:50

Cher Marc,

Citation :
Apres un peu plus de recherche, il semblerait que les egyptiens envisageaient quatre elements : corps, ka, bai et ankh.

Les Egyptiens sont de grands enfants et de pas très bons philosophes. Aussi, il y a les définitions que donnent les érudits modernes de leur concepts. Mais il y a surtout les dessins qu'ils en faisaient. Or, enregardant les dessins, tout semble clair: on s'aperçoit que

1° La momie est le corps charnel. Elle doit être concervée.
2° De ce corps charnel, à l'heure de la mort sortent deux choses: le Kâ: C'est tout simplement le fantôme, c'est-à-dire le mort avec son corps devenu invisible, semblable au corps charnel, avec sesmains et ses pieds, sa tête.
3° Le Baï (oiseau avec la tête de celui qui vient de mourir) correspond à son esprit,
Citation :
la conscience.


4° Puis le mort justifié (dont le coeur a été trouvé léger) reçoit le Ankh c'est-à-dire la vie éternelle.
Citation :
(clé et non pas croix ankh.)
"

Avec un sens de l'analogie, tout cela pourrait être une parabole mythique et sensible de la survie après la mort.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: A Sâmkhya: influence de l'Egypte antique sur le christianism   Mar 31 Mai 2005, 20:51

D'accord... le site que j'ai visite (tres rapidement) n'expliquait pas cette "dynamique". Ceci-dit, est-ce que la vie eternelle n'est pas commencee, d'une certaine facon, des aujourd'hui ?
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: A Sâmkhya: influence de l'Egypte antique sur le christianism   Mar 31 Mai 2005, 21:01

Cher Marc,

Citation :
Ceci-dit, est-ce que la vie eternelle n'est pas commencee, d'une certaine facon, des aujourd'hui ?

Et ce qui m'étonne, c'est que, comme nous, ils croyaient que c'était en imitant ICI-BAS l'amour unique d'osiris et d'Isis, leur justice, que leur vie éternelle, commencée ici-bas, se prolongerait dans l'éternité.

Et ils imaginaient tout cela comme de petit enfants, c'est-à-dire sous forme de jardins, de maisons, de repas, de statues travaillant à leur place.


Ne pensez-vous pas que cette fascination de l'Occident pour l'Egypte antique vient de cette nostalgie du Christ et de son salut, qu'il retrouvent un peu.

Car il y a ici des dieuxd personnels et un salut personnel, ce qui ne se trouve que là et non dans l'Extrême Orient...

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Arnaud
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Olivier JC



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MessageSujet: Re: A Sâmkhya: influence de l'Egypte antique sur le christianism   Mar 31 Mai 2005, 21:11

Citation :
Ceci-dit, est-ce que la vie eternelle n'est pas commencee, d'une certaine facon, des aujourd'hui ?

Du point de vue catholique, très certainement.
L'immortalité de l'être humain est dialogale. Il n'est pas immortel par lui-même, mais parce que créature de Dieu. Parce que Dieu l'appelle par son nom. Il y a donc, au-delà de la mort corporelle, une parfaite continuité entre le "je suis" terrestre" et le "je suis" céleste".
Qu'est-ce que la vie éternelle dans ce cadre : c'est de répondre à l'appel de son nom. D'accepter que ce dialogue, d'essentiel, devienne également existentiel.

En d'autres termes, c'est d'accepter Dieu, donc de s'abandonner à sa miséricorde. Voici en quoi la vie éternelle peut être dite commencée dès ici bas, me semble-t-il : elle est, de la part de l'être humain, une disposition de l'âme. Disposition, donc, de l'âme qui s'abandonne à la miséricorde divine, qui plonge sans savoir nager dans cet océan infini.

Amicalement,

PS : Comment ça, hors sujet ????
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marc



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MessageSujet: Re: A Sâmkhya: influence de l'Egypte antique sur le christianism   Mar 31 Mai 2005, 21:21

Cher Arnaud,

Peut-etre... je ne sais pas, il me semble egalement qu'une certaine gnose fait remonter un savoir tres ancien et tout ca aux egyptiens, themes egalement bien dans l'air du temps ? A moins que cela ne joue sur ces deux cordes ?

Marc
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MessageSujet: Re: A Sâmkhya: influence de l'Egypte antique sur le christianism   Sam 09 Aoû 2014, 17:02

étonnant !


LES JUIFS DE LA BIBLE ÉTAIENT DES ÉGYPTIENS
par Olivier Magnan


La Bible n’est pas le texte fondateur d’une nouvelle religion révélée à Moïse. Sous les métaphores du Pentateuque, il faut lire les rébus codés de l’antique, universelle, inspirée, cosmique religion de l’Égypte ancienne des pharaons. Dès lors, toute l’histoire du monde et les fondements de ses guerres sont remis en question. Violent ? Assez. Pourtant, celui qui ose ainsi dire aux Juifs qu’ils furent égyptiens et non esclaves est un Juif maroco-français tout ce qu’il y a de humble et de doux. Il se nomme Roger Sabbah. Il est temps de montrer en quoi sa recherche contestée n’est pas moins scientifique que celle des exégètes patentés.

LE Livre, la Bible*, raconte mille « histoires ». C’est une compilation, des écrits des origines, des textes législatifs, des récits historiques, des textes savants, des livres de prophètes, des lettres… Le fruit de plusieurs siècles et le fondement de la religion judéo- chrétienne. Rien à voir avec l’Égypte ancienne et « ses » dieux. Ah ? Pourquoi, dès lors, n’y trouve-t-on que dieux égyptiens, noms égyptiens, religion égyptienne, symbolisme égyptien? Un Juif quasi-anonyme, plutôt timide, mais têtu et tenace, nommé Roger Sabbah, se pose ces questions depuis plus de quinze ans.

* On devrait dire « Les livres », puisque le mot grec biblia est un neutre pluriel. Et à juste titre, ils sont plus de 40. Le mot provient de la ville grecque de Byblos, au Liban (aujourd’hui Jbeil), d’où s’exportaient des papyrus parfaitement traités.

Son troisième livre, paru en 2008, est un feu d’artifice de réponses, de pistes, de trouvailles, d’intuitions, de révélations (1) . Il cherche, il se trompe, il rectifie, il tâtonne… Oui, mais depuis l’an 2000, année de son premier livre, Les secrets de l’Exode(2) (un best-seller), il tient bon : la Torah (le Pentateuque), dit-il, a été composée il y deux mille cinq cent ans par des prêtres égyptiens en exil sous les rois perses vainqueurs de l’Égypte. Leur but ? Sauver la fantastique vision du monde des anciens Égyptiens bâtisseurs des pyramides sous le couvert de métaphores supérieurement codées. Sous l’autorité de leurs vainqueurs, il en allait de leurs vies et de la sauvegarde de ce « testament ». Décrypter cette religion pharaonique, c’est dire que les Yahouds de la Bible, prétendument exilés en Canaan, étaient des Égyptiens, et pas des moindres. Pas des esclaves. Pas le lumpen prolétariat des puissants pharaons. Ils étaient les pharaons eux-mêmes! Sacré choc! Car alors, Israël en conflit avec les Palestiniens, ça n’a pas de sens historique, et ces ennemis sont des enfants perdus de l’Égypte et de la Bible! Sacrilège aux yeux des haineux de toute la terre et des partis de la guerre. Sabbah sera-t-il un jour Prix Nobel de la Paix si ses découvertes s’imposent sous la lumière de Râ ? On peut le rêver…

Si vous croyez au sens littéral de la Bible…

Lire Roger Sabah, c’est se perdre. À tous les sens du mot. Perdre ses repères judéo-chrétiens. Perdre sa foi (ou la conforter au sens universel du terme hébraïco-égyptien Émouna-Amon, la foi en un dieu caché). Perdre son temps, au dire de ses contempteurs (presque tous les égyptologues « officiels », auxquels s’ajoutent bien sûr les gardiens sourcilleux de la religion juive). Et se perdre dans des livres foisonnants, riches à chaque ligne d’une image nouvelle. Roger Sabbah a trop à dire, à expliquer, il digresse souvent pour mieux démontrer. Ses livres fascinent mais restent difficiles à synthétiser. Et pour cause: sous chaque ligne de la Torah se cache selon lui une image, un symbole, un jeu de mot savant. Rien à voir avec les prétendus « codes» de la Bible où des amateurs de chiffrages voient des messages divins pour les temps passés, présents et à venir. Les rédacteurs de la Bible étaient sans aucun doute des savants de génie, de là à leur prêter des calculs d’informaticiens inspirés par un ordinateur divin, il y a un précipice. Mais pour qui veut bien reconnaître l’évidence, les « secrets de la Bible » décryptés par Roger Sabbah sont à tout prendre plus convaincants que les interprétations de premier degré auxquelles restent accrochés les croyants (la mer Rouge qui s’ouvre… réellement, Dieu dictant les commandements… par sa toute-puissance, le Rocher qui génère une source… par miracle divin, etc.). Quant aux égyptologues, ils restent murés dans leurs mastabas: pour eux, une civilisation immense, certes , mais dont les prêtres et les pharaons furent de grands adorateurs polythéistes, conquérants, conquis , inventeurs d’un système d’écriture prodigieux, crédules sectateurs d’une religion haute en couleurs où l’éternité était assurée aux âmes droites, où le Nil alluvionnait des terres cernées par les déserts … Les Hébreux ? Sans doute des sémites asservis. La Bible ? Connais pas, ce n’est plus notre domaine, rien à voir. …

Juifs =Yahouds =Yahvé =Yahou

Dommage. Car toute la démarche de notre chercheur a consisté justement à découvrir la continuité incontestable entre Égypte ancienne et Bible juive. « Le nier, c’est fausser la vision des fondements mêmes de l’humanité aujourd’hui » estime Roger Sabbah. Résumer ses découvertes est une gageure. Au pire , l’on caricature en risquant le raccourci suicidaire par lequel va s’engouffrer la critique pas souvent très honnête. Mais risquons- nous pour vous donner, lecteurs mis en éveil, une petite idée des découvertes de Roger Sabbah. L’une des plus solides ressemble à une évidence enfouie : Juif =Yahoud =celui qui adore Yahvé =Yahou. Dieu des Hébreux ? Certes, mais avant tout Dieu des Égyptiens. «Yahou, Yah, Hou, Hé, sont les noms du dieu de l’Égypte, selon l’archéologie… et les noms de Yahvé selon la Kabbale» écrit Roger Sabbah. Quand le pharaon de la Bible, celui de l’Exode, « reconnaît Yahvé », il ne prête pas allégeance à la religion de ses prétendus esclaves. « Yahvé-Elohim, le dieu de la Bible, n’est autre que le dieu unique venu des eaux célestes, que les anciens Égyptiens avaient adopté sous divers noms, Yahou, Yah, Hou, Hé, Amon, Râa, Aton, Atoum, etc., depuis les premières dynasties pharaoniques comme en attestera la Kabbale … » On devine la méthode de notre égyptologue « amateur » mais lucide: ce n’est pas un hasard si les Juifs et leur dieu portent les noms du dieu égyptien. Or, des « coïncidences » de cet ordre affluent. Sabbah les puise sans fin dans Le Livre des morts égyptien (au nom mal traduit)(3) confronté à la Kabbale, ce « code de lecture de la mythologie et de la cosmogonie de l’ancienne Égypte ». Exil ? Symbole. Mer Rouge ? Symbole. Sortie d’Égypte ? Fondement de la religion égyptienne. Mais symboles de quoi ? C’est là que se met en route la méthode Sabbah : en confrontant sans cesse texte biblique, textes égyptiens, textes des commentaires bibliques (des plus simples aux plus ésotériques), cet autodidacte de l’hébreu ancien, des hiéroglyphes , de l’araméen établit le pont manquant entre égyptologie scientifique et exégèse biblique, non moins scientifique. Et ses découvertes vont très loin …

La religion égyptienne est monothéiste depuis toujours

Parmi les révolutions sabbahiennes, ses lecteurs découvrent celle-ci, que les égyptologues ouverts admettent de plus en plus: la religion de Mitsraïm , dès l’origine de sa conceptualisation, fut monothéiste, universelle ! J’écris « Mitsraïm » pour redonner un tant soit peu son identité laminée à l’Égypte. Aegyptos n’est que le nom gréco-romain d’une conquête que les « Ich » (ses habitants, littéralement « les hommes »)(4) nommaient Mitsraïm, à l’étymologie incertaine. Roger Sabbah, fidèle à son approche, y devine l’allusion aux « eaux de la création », de la création (en hébreu Yétsèr) sortie des eaux (Maïm). La religion des pharaons était monothéiste donc, et le fut dès l’origine. Car les « dieux de l’Égypte », démontre Roger Sabbah aisément, en accord avec d’autres spécialistes, ne sont que les manifestations, les hypostases d’un dieu unique, caché derrière le symbole de sa création et de sa puissance, le Soleil, Rê ou Râ Amon était l’unique, le dieu « caché », qui symbolisait à lui seul le grand mystère de la création. Tout comme Aton , le dieu solaire, autour duquel le pharaon « hérétique » Akhenaton (l’horizon d’Aton) a tenté de bâtir la religion d’un dieu visible, lui, en rupture avec le clergé d’Amon. Jusqu’à faire bâtir loin de Thèbes une cité atonienne , Akhetaton , aujourd’hui Tel-El-Amarna. On connaît le drame: Akhenaton sans doute assassiné, le retour au dieu Amon , l’abandon de la ville – dont Sabbah a pu croire un temps que les Égyptiens chassés avaient pu constituer le peuple hébreu en exil, idée sur laquelle il est revenu – l’arrivée sur le trône et la mort subite de Toutankhamon. En fait d’hérésie, Roger Sabbah soupçonne le pharaon déchu d’avoir connu la tentation de se croire Dieu lui-même, incarné en sa personne, « une abomination » aux yeux des prêtres amoniens, pour qui Dieu devait rester caché, secret, universel… Ainsi s’explique, pendant les années d’Akhénaton , la construction de temples à ciel ouvert, la négation du « saint des saints » propre à Mitsraïm l’amonienne, où le principe créateur caché ne se révèle qu’aux grands prêtres initiés . Mais de polythéisme, point. Les égyptologues honnêtes reconnaissent: la notion d’unicitée partout, proclamée dans les Textes des Pyramides et des Sarcophages. Si Rê est le dieu visible, Amon est le dieu unique, indéfinissable, au véritable nom interdit et inconnu, caché derrière l’astre solaire…

Le passage de la mer Rouge, image de la migration des âmes

Dans Le Pharaon juif, le dernier livre de notre chercheur de plus en plus écouté par les cénacles religieux ouverts , c’est tout particulièrement Le Livre des morts égyptien, « livre essentiel, fondateur » estime notre symboliste, que Roger Sabbah redécouvre dans le Pentateuque. Le Livre des morts décrit la migration de l’âme après la mort terrestre. L’exil vers les ténèbres à travers la mer qui s’ouvre. Ça ne vous fait penser à rien ? Mais oui, l’exil hébreu à travers la mer Rouge. Tous les Cecil B. de Mille de la terre n’y pourront rien : imaginer que cet exode soit le souvenir d’une quelconque aventure humaine réelle est vain. Tout comme l’âme du mort égyptien exprime la nostalgie de la terre et du paradis perdu, les Hébreux – symbole de l’Égyptien circoncis – ne veulent pas de Canaan et reprochent à Moïse de les priver du pays où coule le lait et le miel, l’Égypte. Sur le plan symbolique, c’est exprimer l’idée que les âmes aspirent à retourner à la vie terrestre… Cette mer Rouge qui s’ouvre – omniprésente sur les mastabas, dans les tombes des pharaons ! -, c’est le Noun, le symbole même de la pyramide, les espaces – célestes à franchir pour l’âme en quête d’immortalité. Sabbah ne tire pas du néant ses interprétations. Sur les pas de son analyse jaillissent tant et plus de nombres, d’images, de noms, de révélations tirées de la Kabbale dont il est devenu un familier au même titre que les rabbins, lesquels commencent à le lire avec considération. Les commentaires juifs, de la Kabbale au Talmud – accréditent même la sortie de l’Égypte comme la lit Sabbah : une parabole de l’humanité. Abraham , Aaron, Moïse, les douze tribus, les soixante-dix nations, les soixante-dix langues et les soixante-dix marches vers la connaissance, autant d’images et de symboles derrière lesquels survit, intacte, la religion des fils de Mistraïm. Elle continue ainsi, au-delà des millénaires, à nourrir les religions du Livre. Est-ce un hasard si les chrétiens, vous-même peut-être, évoquent le nom d’Amon sous la forme de l’amen au terme des prières ? Il n’existe ni hasard ni coïncidence dans l’expression de la foi des peuples …

Les rois d’Israël coiffaient la couronne des pharaons

Si vous demandez à Roger Sabbah ce qui lui paraît son intuition documentée la plus extraordinaire, il y a des chances qu’il vous réponde : le sarcophage de Joseph. Et il est vrai que le résumé de sa démonstration donnera une idée précise de la méthode Sabbah. Imparable. Les familiers des commentaires kabbalistiques connaissent ce passage : « Quand Israël a traversé la mer Rouge, le sarcophage de Joseph allait devant lui. Dès que la mer le vit, elle s’enfuit [...] Joseph a eu les honneurs dans ce monde et il les a également dans le monde futur; il a été introduit au-delà du rideau céleste. » Difficile d’imaginer métaphore plus obscure , encore plus difficile de prendre les choses au pied de la lettre, n’est-ce pas? Qu’en dit Roger Sabbah , aidé par la Kabbale ? Il délivre une vision eschatologique, métaphysique de ce passage clé, puisée aux sources de l’Égypte. Les rédacteurs de la Bible rappellent par cette grandiose image la croyance de leurs ancêtres en une vie après la mort. Et le passage de la mer Rouge est celui des âmes de l’humanité vers « l’En-Haut ». Précis, Sabbah se fonde sur le texte : « La sortie d’Égypte est décrite dans la Bible comme le « moyen de Pharaon « , ou « l’honneur de Pharaon »» (Exode XIV, 17 et 18). « La Kabbale , écrit- il encore, rapporte que la personne de Pharaon est la cause, le « moyen » du rapprochement des Enfants d’Israël avec Yahvé (=Yahou, le Dieu de l’Égypte). Pharaon est la « cause » de la sortie d’Égypte et de ses conséquences ; il est en quelque sorte, selon la Kabbale , l’instrument omniprésent mais essentiel. » Le pharaon n’est plus déchu. Le passager de la mer Rouge met en scène un « processus osirien ». Le sarcophage de Joseph n’est autre que celui du dieu Osiris, et pour cause : au cours de plus de trois millénaires de civilisation égyptienne, il n’existe pas d’autre cérémonial ni d’autre forme de sarcophage que celui où chaque Égyptien, pharaon compris, s’identifie à Osiris au jour de sa mort afin d’être « justifié ». Sortir d’Égypte, c’est passer d’un monde à l’autre. L’identité juif-égyptien, rois d’Israël- pharaons est soulignée dans la Kabbale de façon entêtante. La couronne de Yahvé , dit le texte, « est rouge et blanche ». Comme celle des pharaons. Sabbah : « Difficile d’être plus clair: les rois d’Israël étaient les pharaons! »

Guerres sans fondement

Complexe car riche de milliers de rapprochements probants, la lecture des livres de Roger Sabbah exige un effort minimum. Ses adversaires n’ont pas manqué de l’attaquer sur ce terrain. Du reste, ce chercheur passionné ne connaît guère de repos. Il a d’abord subi, avec son premier livre vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires, la trahison de son premier éditeur (Les Secrets de l’Exode) qui l’a spolié de ses droits et devra en répondre devant les tribunaux. Son deuxième ouvrage, publié chez un autre éditeur, se voit d’abord détourné et réécrit (Les secrets des Juifs). Puis Roger Sabbah obtient qu’une seconde édition, Les Secrets de la Bible, rétablisse son texte original. Mais l’éditeur dépose le bilan avant que l’ouvrage ne soit promu et diffusé. Enfin accueilli chez un éditeur de poids, Lattès, sa déception continue: le titre ne fait l’objet d’aucune promotion particulière. De là à parler de… cabale au sens très profane de complot, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas : Roger Sabbah attend toujours l’éditeur qui misera sur lui en octroyant les moyens d’une promotion à la hauteur des enjeux d’idées.

Il est vrai que lorsque la critique cessera de boycotter l’œuvre de Roger Sabbah au nom de préjugés politico- religieux omniprésents, quand les égyptologues s’apercevront que les paraboles bibliques ne font que renvoyer, de façon géniale, à ce qu’ils ont décrypté sur les pyramides et les tombeaux des pharaons, c’est toute l’histoire de l’humanité qui sera à reconsidérer. Et les postures de haine non fondées, fixées dans des écrits bibliques arbitrairement réunis – et l’Ancien Testament et le Nouveau Testament mariés contre nature -, pourraient se voir privées enfin de l’essentiel de leur raison d’être. Reste aux nations à comprendre que, de la Bible au Coran, c’est la religion universelle de Mitsraïm alias Égypte et de son dieu unique qui continue à s’exprimer. Croyant ou pas, il faut lire Sabbah.

Notes

(1) Le Pharaon juif - le secret égyptien de la Kabbale. JC Lattès, 2008.

(2) Les Secrets de l’Exode, Jean-Cyril Godefroy.

(3) Curieusement, la traduction « officielle » des égyptologues cache le sens hiéroglyphique précis : « Le Livre de la sortie vers la lumière »… La sortie d’Égypte après la mort bien sûr !

(4) Ich, l’homme.« IS » en hiéroglyphe. N’est-il pas étrange que l’allemand moderne ait le même mot pour « je », « moi » ? Remarque purement personnelle.

Source : Science et inexpliqué, N°9 – Mai-juin 2009

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boulo
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MessageSujet: Re: A Sâmkhya: influence de l'Egypte antique sur le christianism   Sam 09 Aoû 2014, 17:21

Bof ! Les théories de Sabbah sont à examiner , bien sûr . Mais je ne peux pas me défendre d'un apriori défavorable .
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MessageSujet: Re: A Sâmkhya: influence de l'Egypte antique sur le christianism   Sam 09 Aoû 2014, 17:30

Et à propos de L'égyptologue Joseph Davidovits ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Davidovits#La_th.C3.A8se_de_l.27origine_.C3.A9gyptienne_des_H.C3.A9breux

Dans "La Bible avait raison 1, l'archéologie révèle l'existence des Hébreux en Egypte", le professeur Davidovits établit que le Patriarche Joseph, le " premier Hébreu ", n'était autre qu'Aménophis, Fils de Hapou, le plus éminent scribe et savant de l'Egypte, grand chancelier du pharaon Amenhotep III. Et ce grâce à la redécouverte d'une fresque, vieille de plus de 3 300 ans, qui constitue le plus ancien texte copié mot pour mot dans la Bible. Joseph Davidovits, suivant son fil d'Ariane, nous conduit maintenant sur les traces de Moïse : un Moïse assez peu conforme à sa mythologie puisque grand intendant d'un ordre religieux, celui du Temple funéraire d'Amenophis, Fils de Hapou, le Patriarche Joseph précisément. Le lecteur
découvrira que Moïse vécut sous les Ramsès de la XXe dynastie (1150 av. J.-C.), et rencontra bien les Hébreux, des artisans égyptiens, et non des bergers étrangers esclaves comme on le croyait et dont on ne
trouvait pas de trace. Sur fonds de complots, de changements de régimes politiques, de grèves et de persécutions, celle de la confrérie de l'Ordre d'Aménophis, Fils de Hapou, et celle des artisans hebrers de la Nécropole thébaine, on verra comment et pourquoi eut lieu l'Exode, au début de la XXIe dynastie, vers 1080-1060 av. J.-C., soit 200 ans après Ramsès II. Cette nouvelle datation correspond aux données archéologiques et aux vestiges retrouvés en Egypte, en Israël et en Palestine. Les textes égyptiens qui relatent ces événements importants de l'histoire de l'Egypte existent. La Bible avait raison !
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A Sâmkhya: influence de l'Egypte antique sur le christianism
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