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 La substance en métaphysique

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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Dim 31 Aoû 2008, 15:07

Wàng a écrit:
Citation :
Non, c'est plus que cela. Un chien a une vraie UNITE d'ETRE. Ceci pourrait être moins vrai pour certains animaux très primitifs: on les coupe en 10, et on a 10 de ces animaux semblables et vivants. Ce n'est pas le cas d'un chien dont l'unité d'être est aussi forte que la nôtre (l'esprit en moins).

Dans ce cas on pourrait se poser la question où est le saut ontologique dans l'évolution, s'il existe seulement (hypothèse matérialiste à prendre en compte) et qui l'a initié. Un ange ne peut pas fabriquer un chien ayant une âme immortelle, vous en conviendrez.

La matière minérale elle-même est immortelle. "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme".

Il n'est donc pas absurde de considérer que Dieu aurait créé un autre état de la matière, (la fameuse matière psychique) qui permettrait aux anges d'organiser un psychisme capable de subsister.

La différence avec l'homme est dans le fait qu'il n'a pas que ce psychisme animal et que son être, manifestement, unifie en lui un troisième niveau qui est d'ordre spirituel et qui n'est fait d'aucune matière, qu'elle soit atomique ou psychique.

C'est pourquoi l'âme animale reste une âme PSYCHIQUE puisqu'elle unifie un être purement psychique (sensible-).
Tandis que l'âme humaine est une âme spirituelle puisqu'elle unifie pour fairte un seul être de la matière atomique, un psychisme et un esprit.


Citation :
Pourquoi ne pourrait on pas expliquer l'unité de l'atome directement par les lois de la physique qui sont communes à tout le monde matériel ?

Les lois de la physique explique les propriétés corporelles des corps. Mais LEUR ÊTRE, d'où vient leur ÊTRE ? Or c'est cela que regarde la métaphysique. Puisqu'ils sont et ont une unité, alors ils ont nécessairement une cause d'unité d'être. Reste à définir où. Et c'est là le problème...




Citation :

Mais c'est parce que je bloque sur le passage suivant du Denzinger. Donc je dirais plutôt, sans remonter à Honorius 1er, que le magistère s'est sans doute mêlé d'un sujet (philosophique) qui ne le regardait pas.

Jamais vous ne trouverez une seule défibnition dogmatique sur le sort des animaux après la mort. Seuls les théologiens en parlent soit pour nier leur survie (saint Thomas) soit pour l'affirmer (Dun Scott).

Citation :


Denzinger a écrit:
Thèses approuvées de philosophie thomiste

3614
14. En aucune manière les âmes d'ordre végétatif et d'ordre sensible ne subsistent par elles-mêmes ni ne se produisent elles-mêmes, mais elles existent seulement selon le principe par lequel le vivant existe et vit, et comme elles dépendent entièrement de la matière, lorsque le composé périt, elles périssent par là même par accident.

3615
15. Au contraire, l'âme humaine subsiste par elle-même ; elle est créée par Dieu pour être unie à un sujet suffisamment préparé, et par nature elle est impérissable et immortelle.

Ce texte signifie que si par hasard, dans l'autre monde, il y a des animaux et des plantes AVANT LA RESSURECTION FINALE, alors leur survie est liée à la survie de leur matière, d'une façon ou d'une autre. En effet, tout dans l'animal et la plante est matériel. Tandis que l'âme spirituelle humaine n'est pas faite de matière. Donc, s'il existe dans l'autre monde actuellement des fantômes d'animaux, c'est parce que, d'une manière ou d'une autre, une MATIERE aura survécu (ce qui n'est pas le cas pour l'esprit humain).
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Paco



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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Jeu 07 Avr 2011, 14:03

Arnaud Dumouch a écrit:
Cher Wang,

La première approche qu'on trouve chez Aristote, en métaphysique, est la question suivante:

"Qu'est-ce que l'être ?"

Vous constatez autour de vous la présence d'êtres concret, divers et multiples, depuis le caillou, le chien, l'homme.

Ils sont fait d'une multitudes de parties, mais aussi, pour les êtres vivants, de facultés vitales, d'actions.

Aristote commence donc par décrire tout ce qu'on voit dans un être et il fait une liste de 10 "déterminations" 'appelés les 10 prédicaments = les 10 catégories):

L'être est

1° un sujet individuel (substance n° 1)

Il a
2° une nature (= essence = substance n°2)
3° une quantité
4° des qualités
5° des relations

il exerce
6° des actions

il est dans

7° Le temps
8° le lieu
9° une situation générale (situs)

il a des

10° des avoirs (habitus)

Et cet être, malgré son immense diversité, est UN SEUL ÊTRE. Du coup, la première question d'Aristote va être de se demander: "Qu'est ce que cet être unique (par exemple un homme), au delà de cette diversité surprenante ?

Cher Arnaud,
Au sujet de l'être humain, peut on aussi ordonner ces réalités ontologiques, en reprenant vos explications, comme cela:

1/ l'être en tant qu'il est

- un sujet individuel (substance n° 1), ayant:

2/ l'être en tant que ce qu"il est

-une nature (= essence = substance n°2)
-une quantité
-des qualités

3/ en tant qu'il est mû

-par toutes les lois cosmiques, de l'univers

4/ en tant qu'il se meut

- les actions
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Jeu 07 Avr 2011, 16:16

Excellent !

Et cela donne successivement :
1° La métaphysique.
2° La logique (les définitions des êtres).
3° La physique.
4° La philosophie du vivant.
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Paco



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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Jeu 07 Avr 2011, 17:03

Arnaud Dumouch a écrit:
Excellent !

Et cela donne successivement :
1° La métaphysique.
2° La logique (les définitions des êtres).
3° La physique.
4° La philosophie du vivant.

salut
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AntoineG



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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Jeu 07 Avr 2011, 23:44

Merci à Arnaud et aux intervenants pour votre échange bien instructif Very Happy

Grace à vous et à quelques courtes lectures du Père MD Philippe et d'autres auteurs, j'ai pris conscience:

- de mon ignorance crasse en métaphysique, ayant longtemps méconnu jusqu'au sens même de ce mot, croyant qu'il était synonyme de 'religion' avec une connotation négative, hors du réel et arbitraire

- bien plus grave, de ma difficulté à intégrer les concepts les plus simples

Mon esprit semble formaté de telle manière que les raisonnements élémentaires d'Aristote, que vous explicitez pourtant clairement, me semblent encore obscurs

Je vois donc les limites de ma formation intellectuelle, sans doute imprégnée de positivisme depuis l'enfance jusqu'à mes études d'ingénieur et la vie professionnelle

Pour accéder à la philosophie de l'être selon les principes réalistes d'Aristote, je dois donc faire plus d'efforts qu'un enfant de 7 ans...

MD Philippe évoque quelque part ce phénomène; il estime (je résume de mémoire) que pour certaines personnes, le formatage actuel des esprits peut même fermer totalement la capacité de penser la philosophie de l'être. Celle-ci devient inaccessible à la pensée.

Antoine
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Ven 08 Avr 2011, 10:02

Cher Antoine, le père MD Philippe a donné des cours qui sont enregistrés. Hélas, les soeurs les vendent un peu cher. Je me demande si je devrais pas mettre un cours de métaphysique simple en video sur Internet ...

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Arnaud
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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Ven 08 Avr 2011, 10:45

AntoineG a écrit:
Merci à Arnaud et aux intervenants pour votre échange bien instructif Very Happy

Grace à vous et à quelques courtes lectures du Père MD Philippe et d'autres auteurs, j'ai pris conscience:

- de mon ignorance crasse en métaphysique, ayant longtemps méconnu jusqu'au sens même de ce mot, croyant qu'il était synonyme de 'religion' avec une connotation négative, hors du réel et arbitraire

- bien plus grave, de ma difficulté à intégrer les concepts les plus simples

Mon esprit semble formaté de telle manière que les raisonnements élémentaires d'Aristote, que vous explicitez pourtant clairement, me semblent encore obscurs

Je vois donc les limites de ma formation intellectuelle, sans doute imprégnée de positivisme depuis l'enfance jusqu'à mes études d'ingénieur et la vie professionnelle

Pour accéder à la philosophie de l'être selon les principes réalistes d'Aristote, je dois donc faire plus d'efforts qu'un enfant de 7 ans...

MD Philippe évoque quelque part ce phénomène; il estime (je résume de mémoire) que pour certaines personnes, le formatage actuel des esprits peut même fermer totalement la capacité de penser la philosophie de l'être. Celle-ci devient inaccessible à la pensée.

Antoine

Cher Antoine,
La philosophie réaliste se base sur l'expérience, il suffit d'être attentif, à l'écoute, de prendre des notes, de mettre de côté les mots que vous ne comprenez pas ou que vous avez du mal à saisir et d'en demander une explication ou un approfondissement à bon professeur. Soyez moins dur avec vous même la purification de l'intelligence prend du temps, elle est possible à tous les âges à condition de faire preuve d'HUMILITE !


Dernière édition par Paco le Ven 08 Avr 2011, 10:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Ven 08 Avr 2011, 10:49

Arnaud Dumouch a écrit:
Cher Antoine, le père MD Philippe a donné des cours qui sont enregistrés. Hélas, les soeurs les vendent un peu cher. Je me demande si je devrais pas mettre un cours de métaphysique simple en video sur Internet ...

Cher Arnaud,
Je pense qu'effectivement cela serait une très bonne initiative. Les cours du père Philippe sont cependant d'une très grande qualité mais un peu cher c'est vrai. Il était prévu que les soeurs les mettents en téléchargement ce qui permettrait de réduir les coûts et donc les prix de ventes. Mais je n'ai pas eu de nouvelles de cela.
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AntoineG



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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Dim 10 Avr 2011, 00:16

Cher Arnaud, oui ce serait bien utile.

Cher Paco, ok ! merci

Antoine
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Dim 10 Avr 2011, 00:50

Arnaud est un bon vulgarisateur, je suis sûr qu'il saura nous expliquer la métaphysique de façon claire. Smile
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philippe



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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Mar 12 Avr 2011, 11:49

Arnaud Dumouch a écrit:
Cher Antoine, le père MD Philippe a donné des cours qui sont enregistrés. Hélas, les soeurs les vendent un peu cher. Je me demande si je devrais pas mettre un cours de métaphysique simple en video sur Internet ...

Mais oui P.... qu'est ce que t'attends ????

Déjà pour commencer qu'est-ce que la personne ? la différence entre le moi, le soi, la personne, l'être. L'incommensurable question de la différence entre l'esprit et la matière. Le mystère de ce point de conscience individuel qui se fixe là et pas ailleurs dans une sérénité absolu, quel que soit le destin du sujet ayant ce point de conscience...Je pourrait être le point de conscience de Dieu ou de Judas ? Pourquoi ici et pas ailleurs ?

les définitions ne tiennent pas : la différence entre l'essence et l'existence est absurde. Si l'âme est la forme du corps, bonjour les handicapés etc.......

MAISLe bon Dieu nous donne quelques pistes :

- Saint Paul nous parle dit que Dieu nous a donné le : "mouvement, la croissance et l'être".
- Dans l'eucharistie, la substance est entièrement changé sans que le phénoménologique du pain ne change. bonne piste pour la philosophie.
- Marthe Robin disait qu'il y avait trois degrés de connaissance que l'homme pouvait acquérir de son vivant sur terre :
1 L'image.
2 l'attribut.
3 L'essence.

Allez au boulot !
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Mar 12 Avr 2011, 13:23

Cher Philippe, en métaphysique, il y a personne dès qu'il y a substance spirituelle, c'est à dire au moment de l'apparition de l'âme.

Mais la personne n’atteint la perfection de sa finalité que lorsqu'elle est parfaitement actuée dans les dimensions de son être, et surtout dans son esprit (intelligence et volonté).

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Arnaud
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philippe



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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Mar 12 Avr 2011, 14:23

actuée ? what do's it mean ?

C'est le grand mérite de Jean Paul Sartes (que je déteste) d'avoir découvert qu'on a un "trou dans l'être". D'où des complications à n'en plus finir pour lui, car comment choisir ce que l'on va être (l'essence) sinon Dieu ou un a-priori préexistant ?

Essence qui précède l'existence ou l'inverse ? Fadaise ! Car si notre essence existe, on a déjà l'existence, et si nous somme d'abord existence, c'est quoi ce "je suis" indéterminé ?

La vérité est que nous sommes d'abord une vacuité d'être ; un gouffre, un vide. Que seul; l'ETRE peut remplir. Mais attention ; l'être que nous recevons alors est vraiment notre être propre. Sinon ce serrait indigne, et Lucifer aurait raison de se révolter contre un ETRE qui nous demande de nous aplatir comme des carpettes. On participe à l'ETRE lui même, mais c'est vraiment notre être que l'on reçoit.

Il y a finalement deux ordres :
- un ordre selon la nature : on est beau, pas beau. Intelligent, pas intelligent etc.....Qui n'est que le support de la vacuité d'être. On ne choisit pas cet ordre.
- Et un ordre existentiel : où l'on choisit un ordre plus profond que l'ordre selon la nature, mais qui devient alors notre véritable être puisqu'on le choisit.

Lucifer a choisi l'ordre selon la nature contre l'ordre existentiel. N'ayant pas compris que si l'ETRE (Dieu) a une nature infini, il est d'abord d'une manière plus profonde une liberté infini qui choisit.

Il a décidé de choisir de ne pas choisir. C'est une pure contradiction par rapport à la logique de l'ETRE, mais aussi contre sa propre logique.

ps.
On découvre cette vacuité, ce gouffre en entrant dans les quatrièmes demeures. Il suffirait de tomber dedans......Dieu propose toujours depuis la nuit des temps un chemin court à l'homme, que l'homme refuse. S'ensuit alors une longue exode. Bon sang, Je n'arrive pas à me défaire de la théologie.

Heu!!!! La forme même de notre propre gouffre détermine notre essence si l'on choisit l'ETRE. Point besoin d'a-prioris.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Mar 12 Avr 2011, 15:56

philippe a écrit:
actuée ? what do's it mean ?

Qui a atteint son acte.


Ex : l'acte de votre intelligence n'est pas seulement de penser, mais d'atteindre le VRAI.

L'acte de votre volonté n'est pas seulement de vouloir mais de se reposer dans le Bien.

J'en conclus qu'une personne n'est parfaitement en ace, selon son esprit, que lorsqu'elle qu'elle connait le vrai et fait le bien PARFAITS.


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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Mar 12 Avr 2011, 16:05

Finalement l'actuée, c'est tout simplement l'ense de l'esse ? ben il fallait le dire tout de suite Confused
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Mar 12 Avr 2011, 16:11

philippe a écrit:
Finalement l'actuée, c'est tout simplement l'ense de l'esse ? ben il fallait le dire tout de suite Confused

Non, pas seulement. Ca c'est juste une des cinq modalités de l'actuation (l'être en puissance (ens) est fait pour être "être en acte" (esse)).

Mais il y en a quatre autres :

L'intelligence s'actue dans le vrai
La volonté dans le bien
L'opération vitale dans l'acte vital
Le corps physique dans le mouvement physique.


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Arnaud
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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Mar 12 Avr 2011, 18:44

Arnaud Dumouch a écrit:
Cher Philippe, en métaphysique, il y a personne dès qu'il y a substance spirituelle, c'est à dire au moment de l'apparition de l'âme.

Mais la personne n’atteint la perfection de sa finalité que lorsqu'elle est parfaitement actuée dans les dimensions de son être, et surtout dans son esprit (intelligence et volonté).

Je crois que cela se rapproche de l' "ecceitas" de Duns Scot. Contrairement au monde minérale, végétale ou animale qui sont parfaitement "actué", l'homme ne pourra l'être que dans la vision béatifique ou son intelligence et sa volonté seront totalement comblé et actués.

Vous avez également parlé de l'être, du vrai et du bien mais vous n'avez pas parlé du "beau", une catégorie très cher à Denis l'Aéropagite et d'autres.
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giacomorocca



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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Mar 12 Avr 2011, 23:00

Voici quelques informations tirés d'un document sur Jean Duns Scot qui parle de l'univocité de l'être et de l'heccéité:

L'univocité de l'être:

L'être est le même pour Dieu, l'homme, la chose. Il est dit univoque. Cette univocité de l'être caractérise l'acte d'exister de tout être, antérieurement à ses déterminations formelles, c'est-à-dire à la forme par laquelle il existe singulièrement.

L'objet de l'intellect n'est ni l'étant - le sensible - comme le croient les philosophes, ni l'universel idéal - abstrait du sensible - comme le croient certains théologiens. C'est plutôt, selon Duns Scot, l'être, l'être en général, l'être en-deça de toute détermination, l'être en tant qu'existence. La plupart des théologiens avance que l'Etre de Dieu ne saurait être assimilé à l'être du premier étant venu, ni à l'être de l'homme ; il y a bien analogie entre ces modes d'être mais non similitude. Certains vont même jusqu'à refuser toute analogie entre l'Etre de Dieu et celui de ses créatures ; l'être serait équivoque et la proposition "Dieu est" n'aurait aucune commune mesure avec "l'homme est". Duns Scot se rallie à la thèse de l'univocité de l'être : l'être est le même pour Dieu et les choses, par-delà les différences de leurs modalités d'existence et de leurs caractéristiques.

En conséquence, l'être peut se définir comme l'acte d'exister. Et cet acte d'exister est commun et similaire à tous les existants. Antérieur à toute détermination (sensible/non sensible, créé/incréé, fini/infini, qu'importe !), il s'avère universel par son indétermination même. Toutes les caractéristiques ultérieures sur les modalités d'existence de tel ou tel être, ne modifient en rien l'universalité de l'acte d'exister. Au sein de l'unité de l'être, tous les êtres sont unis et inséparables ; cependant les distinctions formelles qui singularisent chaque être, font que la pensée les perçoit distincts et séparés ; attention : cette distinction n'est pas un effet trompeur de la pensée, tronçonnant le réel ; c'est une distinction réelle entre, non pas l'être des êtres réels, mais leurs formes.

Si l'être en tant qu'acte d'exister est effectivement commun à Dieu et à la créature, Dieu le possède par soi - c'est l'essence même de Dieu d'exister par soi seul -, tandis que la créature ne le possède que par don de Dieu. Dans son effectuation, l'être auquel accède la créature est analogique à l'Etre de Dieu, mais en-deça de leurs déterminations formelles, de leurs modalités d'existence, l'Etre de Dieu et l'être de la créature sont univoques. C'est subtil !


L'heccéité, ultima realitas individui:

Dieu, le Singulier absolu, crée des singularités et non des espèces. Le singulier est seul existant et la singularité constitue la réalité ultime (et non un produit secondaire par rapport à l'espèce). La perception saisit conjointement, dans un étant individuel, l'universel (l'être univoque) et le singulier (l'heccéité : détermination fondamentale de l'individu, sans considération d'espèce, de caractéristiques ou d'existence).

Pour les précurseurs de Duns Scot, un individu (par exemple : tel chat) est l'effectuation d'un archétype (l'Idée pour Platon, l'espèce pour Aristote ; dans notre exemple : la félinité). La connaissance part de la perception sensible des individus singuliers puis l'intellect abstrait l'espèce universelle ; le fait qu'il existe une multitude d'individus d'une même espèce (plein de chats différents) pose le problème de l'individuation (qu'est-ce qui définit ce chat ?). L'espèce est la plus haute réalité et les individus n'en sont que des effectuations, dotées de caractéristiques accidentelles (fourrure blanche et yeux verts pour notre chat). C'est en "gommant" ces accidents que l'intellect s'élève de l'individu à l'espèce, qui existe en tant qu'Idée dans l'intellect divin.

Duns Scot remet en cause cette tradition et confère à l'individu singulier, considéré comme seul existant, l'intelligibilité que l'on n'attribuait jusqu'alors qu'à l'espèce. Il faut donc à l'individu une détermination essentielle qui en affirme la singularité indépendamment de son espèce d'une part, et de ses caractéristiques accidentelles d'autre part. Cette détermination de la singularité (de notre chat) n'est ni l'espèce (la félinité), ni ses réalités génériques (organisme, animal), ni sa matière (organique), ni non plus ses distinctions formelles (chat blanc aux yeux verts) mais la réalité ultime de l'individu, qui coexiste avec sa forme spécifique, la parachève et la réalise (ce chat-là précisément). C'est l'heccéité (le terme haecceitas ne figure pas chez Duns Scot mais chez ses successeurs ; lui emploie les expressions ultima realitas individui ou ultima actualitas formae). En conséquence, le singulier n'est pas un produit accidentel par rapport à l'espèce, secondaire par rapport au général, déchu par rapport à l'archétype, mais une réalité concrète, unique, seule existante et finalement, universelle. Car comme l'écrit Jacques Chevalier : "cet acte ultime qui détermine la forme de l'espèce à la singularité de l'individu [fait] qu'en dernier ressort l'universel dans le singulier n'est autre chose que le singulier."

Enfin, l'heccéité ne dépend aucunement de l'existence ou de la non-existence de l'individu. Réalité ultime de l'individu, individuation absolue, point extrême de la singularisation, l'heccéité, "adossée" à l'infini qui la maintient indemne, s'actualise dans l'existence par l'individu mais n'est pas plus déterminée par l'être que par des caractéristiques formelles. "Duns Scot situe le principe d'individuation à l'intérieur de la forme même [...] L'essence de l'individu contient donc un principe de contraction et de limitation qui restreint son universalité [...] L'individualité ne s'ajoute plus à la forme comme un accident extérieur et accidentel : elle est au contraire ce qui confère à l'être réel sa perfection dernière et comme son ultime achèvement." (Etienne Gilson).

Dernière conséquence de l'heccéité : le salut individuel est garanti par la réalité de la singularité, c'est-à-dire par l'existence en Dieu de l'heccéité de chaque être humain. Si l'individu se révèle le "sous-produit" d'un archétype universel, son salut apparaît comme un retour à l'archétype et donc un abandon de sa singularité, peut-être une fusion collective et impersonnelle en l'archétype (évidemment, aucun théologien chrétien n'ose une telle hypothèse, mais les philosophes arabes ne s'en privent pas). Tandis que l'heccéité rend impossible la disparition de la singularité, seule existante, au profit d'un archétype ou d'une Idée. Le salut individuel se trouve affirmé et démontré chez Duns Scot d'une façon définitive, et inversement le salut chrétien, par l'heccéité, apparaît bien comme l'affirmation de la singularité, donc de la dignité intrinsèque de chaque être humain.

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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Mer 13 Avr 2011, 06:20

giacomorocca a écrit:
Voici quelques informations tirés d'un document sur Jean Duns Scot qui parle de l'univocité de l'être et de l'heccéité:



Cher giacomorocca, on peut résumer tout cela en une expression plus simple : On est ou on n'est pas. Il n'y a pas de moyen terme, ni pour Dieu ni pour le caillou.
Sauf que le caillou reçoit son existance de Dieu, tandis que Dieu est par soi-même.

Dieu crée des êtres concret. La "nature" des êtres n'existe pas. C'est juste une abstraction que notre esprit retire d'êtres semblables.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Mer 13 Avr 2011, 11:10

Arnaud Dumouch a écrit:
giacomorocca a écrit:
Voici quelques informations tirés d'un document sur Jean Duns Scot qui parle de l'univocité de l'être et de l'heccéité:



Cher giacomorocca, on peut résumer tout cela en une expression plus simple : On est ou on n'est pas. Il n'y a pas de moyen terme, ni pour Dieu ni pour le caillou.
Sauf que le caillou reçoit son existance de Dieu, tandis que Dieu est par soi-même.

Dieu crée des êtres concret. La "nature" des êtres n'existe pas. C'est juste une abstraction que notre esprit retire d'êtres semblables.
Tout à fait. Et c'est une grande grâce de réaliser dans le moment présent le fait que nous sommes et que nous participons à l'être. Je peux être heureux ou malheureux, joyeux ou triste, malade ou bien portant, pauvre ou riche, mais de prendre conscience de cette vérité métaphysique (participation au "Je suis") est une grâce exceptionnelle.

Pour un cailloux, cette participation à l'être est toujours parfaitement actualisée. Par contre pour l'être humain, et c'est la raison de nos tourments, nous n'arrivons pas à être parfaitement actualisé car notre intelligence est toujours en recherche du vrai et se bute à bien des difficultés. De même notre volonté avec le bien auquel nous aspirons mais qui semble imparfaitement réalisé. Je rajouterais le beau que nous voulons contempler mais que nous avons de la difficulté à saisir.

En somme, le péché originel a mis bien des obstacles dans l'actuation de notre substance spirituelle qui ne trouvera son repos que dans la vision béatifique.
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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Mer 13 Avr 2011, 11:38

AntoineG a écrit:
Cher Arnaud, oui ce serait bien utile.

Cher Paco, ok ! merci

Antoine

Cher Antoine,
Je me suis retrouvé dans votre témoignage! Very Happy
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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Mer 13 Avr 2011, 11:51

[quote="giacomorocca"]
Arnaud Dumouch a écrit:
giacomorocca a écrit:
Voici quelques informations tirés d'un document sur Jean Duns Scot qui parle de l'univocité de l'être et de l'heccéité:



Cher giacomorocca, on peut résumer tout cela en une expression plus simple : On est ou on n'est pas. Il n'y a pas de moyen terme, ni pour Dieu ni pour le caillou.
Sauf que le caillou reçoit son existance de Dieu, tandis que Dieu est par soi-même.

Dieu crée des êtres concret. La "nature" des êtres n'existe pas. C'est juste une abstraction que notre esprit retire d'êtres semblables.

Je peux être heureux ou malheureux, joyeux ou triste, malade ou bien portant, pauvre ou riche, mais de prendre conscience de cette vérité métaphysique (participation au "Je suis") est une grâce exceptionnelle.

quote]

Je ne pense pas que ce soit une grâce que de prendre conscience d'être. Mais le simple constat de cette métaexpérience qu'est le jugement d'existence, "je suis", "ceci-est".
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philippe



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MessageSujet: Re: La substance en métaphysique   Mer 13 Avr 2011, 13:42

Arnaud Dumouch a écrit:
philippe a écrit:
Finalement l'actuée, c'est tout simplement l'esse de l'ens ? ben il fallait le dire tout de suite Confused
Non, pas seulement. Ca c'est juste une des cinq modalités de l'actuation (l'être en puissance (ens) est fait pour être "être en acte" (esse)).
Mais il y en a quatre autres :
L'intelligence s'actue dans le vrai
La volonté dans le bien
L'opération vitale dans l'acte vital
Le corps physique dans le mouvement physique.

Ces distinctions sont très importantes car elles participent de la structuration de notre psychisme.
Par propagation, on peut en en conclure les quatre vertus cardinales : prudence+ tempérance+ force+ justice, mais aussi les quatre puissances du psychisme : volonté+raison+sensibilité+intuition.

l'actuation de l'être (ens+esse) étant au coeur même du psychisme : le vouloir être, le plus être.

Toutefois le cinquième actué me semble un peu restrictif et pas équilibré. Pourquoi seulement le corps et non l'âme. Et pourquoi pas aussi l'âme et le mouvement de l'âme, sauf si celle-ci est comprise dans l'ens. Ou alors faut-il prendre le corps dans un sens englobant ? (exemple: Jésus nous donne son corps dans l'Ostie, et du coup nous donne non seulement son corps, mais son âme+son Esprit+sa divinité etc....)
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La substance en métaphysique
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