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 Témoignage de conversion: Le hasard et la grâce

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Jesus Christ est mon Dieu



Masculin Messages : 5705
Inscription : 25/04/2006

MessageSujet: Témoignage de conversion: Le hasard et la grâce   Jeu 26 Avr 2007, 20:43

LE . HASARD . ET . LA . GRÂCE
_____________________________________________________

« La chance et le destin sont des synonymes »
Jorge-Luis Borges.



Marie-Nabila Othmani




Pourquoi donc ai-je décidé d’aller vers la religion catholique et de me convertir ?
Franchement, cela n’est pas dans l’air du temps…
Si encore j’avais rejoint le Bouddhisme comme Richard Gere et ses amis du show bizzzz, ou la scientologie, ou n’importe quelle autre « religion » new-age
Il
n’y aurait eu là aucun problème, cela aurait même été plutôt drôle et
bien porté à défaut d’original… Mais le catholicisme ! Plus personne ne
s’intéresse à cette religion : c’est bien trop has been
; de plus, non seulement je me convertis au catholicisme mais, histoire
d’aller au bout du bout, je vais chez les Traditionalistes… On a vu
plus rock & roll !

Pourtant,
rien ne me prédestinait à franchir ce pas : issue d’une famille
d’immigrés musulmans plutôt pratiquants, en toute logique j’aurais dû
poursuivre dans cette voie sans me poser trop de questions.
Toutefois je n’ai eu de cesse de me demander quelle était ma destinée, avec le fameux questionnement : « Qui suis-je, d’où viens-je, où vais-je ? »
Vers quel but, vers quelle fin devais-je tendre ? Quelle était ma mission en ce monde ?
De toutes ces questions, et surtout de leurs réponses, je savais que mon avenir tout entier dépendait.

Chaque être humain aspire au bonheur et je n’échappais pas à la règle. Un bonheur qui dure toujours évidemment.
Issue de la société de consommation de masse où l’on se doit d’être heureux « parce que je le vaux bien »,
j’avoue que j’avais du mal à croire que, sous prétexte que j’allais
utiliser le même shampoing qu’une top-modèle, j’allais finir par lui
ressembler.
Société de la superficialité et du paraître où la réussite d’une vie rime avec argent facile et célébrité éphémère.
L’homme
réduit à l’état de marchandise sans plus de complexe. Cynisme ambiant
lequel, comme nombre de mes contemporains, ne me satisfaisait en rien :
« Pour rester, taper 1 - Pour être éliminé, taper 2 ».
Insatisfaction permanente qui pousse à une surenchère de tout et finit par faire de nous des frustrés prompts à consommer.
Tout
cela ne comble pas l’âme et j’avais besoin d’infini. Aujourd’hui je
sais que cela s’appelle la grâce, celle qui nous est offerte de croire
en Dieu.

En toute logique, J’aurais pu, j’aurais dû choisir la religion de mes ancêtres.
Je
suis arabe et musulmane tendance sunnite, c’est un fait historique
contre lequel je ne peux rien, c’est ainsi, c’est mon arbre
généalogique, c’est tout.
Dès mon plus jeune âge j’ai appris à
réciter des prières en arabe où Dieu ne peut être représenté et où
Mahomet est son unique prophète.

Je me suis posé mille questions
avant cette conversion : vais-je trahir les miens, mes origines ?
Serait-ce une façon de me renier ? Une façon de m’intégrer ? De
m’oublier ?
Que vont penser, ressentir, mes parents, ma famille ?
Vais-je les blesser ? Vont-ils imaginer que j’ai honte d’eux ? Que je
cherche à masquer qui je suis et rejeter ce qu’ils ont pu m’apporter,
me transmettre ?

Mais la chance et le destin sont des synonymes.

Car
je suis née en France, enfant de la République laïque et égalitaire si
cette notion signifie encore quelque chose aujourd’hui, et j’avoue que
je participe des naïfs qui croient que oui.
J’ai bénéficié de ce principe et grâce à lui, j’ai pu faire des études et aller aussi loin que l’on peut aller.
J’y
ai appris la valeur de l’effort et d’une certaine égalité comme celle
des copies cachées : juste un numéro sans risque de préjugés. J’ai été
jugée au mérite, et dans l’ensemble j’y ai eu toutes mes chances.

J’aurais
pu tout aussi bien être à ma place dans le rôle d’une presque athée
sympathisante de l’œcuménisme nouvelle vague, ainsi que je l’ai si
souvent entendu : « Je suis croyante
mais pas pratiquante parce que j’ai pas le temps, mais j’adoooore Noël
et ses milliers de cadeaux, et Pâques pour ses chocolats ; et puis, le
Ramadan s’est cool ….»

Mais c’eut été sans compter une
expérience de petite fille dont le souvenir ne m’a jamais quittée et
m’a accompagnée ma vie durant.
Je suis native de Marseille et tous
les Marseillais se rendent au moins une fois dans leur vie à Notre Dame
de la Garde, il n’y a là rien d’étrange d’autant que j’avais la chance
de vivre tout près de l’endroit. Chance et destin ne sont-ils pas
synonymes ?

Je devais avoir 7 ou 8 ans quand on m’a emmenée voir « la Bonne Mère et le petit Jésus ».
Je pensais que j’allais voir un enfant, et que peut-être, même, on pourrait jouer ensemble…
Mais rien de cela : j’ai vu Notre Seigneur allongé sous la croix avec un drap blanc pour tout vêtement.
D’abord
un peu effrayée par la vision d’un homme blessé allongé là, mais aussi
effrayée par le monde qui se pressait autour de lui, j’ai été triste et
ennuyée de ne découvrir aucun terrain de jeu. Parce que j’étais toute
petite et que j’étais curieuse, je me suis faufilée et me suis
approchée de cet homme blessé. Alors la peur m’a quittée et j’ai vécu
un véritable moment de grâce.
J’aurais pu rester là tout le restant
de ma vie, je n’avais plus aucune envie de partir, ni plus aucune
conscience du monde qui m’entourait.
Depuis, tout en suivant le cours de mon existence, je n’ai eu de cesse d’essayer de retrouver cet instant.
J’ai
toujours été attirée par les églises y allant pour rechercher… je ne
savais pas ce que je cherchais, mais ce que je savais, c’est que je ne
le trouvais pas.

Quelques années plus tard, lorsque j’étais
étudiante à Aix en Provence, je me rendais souvent à l’Eglise Saint
Jean de Malte. Je suis allée voir un prêtre pour lui demander de
m’expliquer ce qu’était la conversion et comment s’y prendre quand on
veut en faire la démarche.
Je tairai le nom de ce prêtre qui,
depuis, a abandonné son sacerdoce. Mais je me souviens parfaitement
comment il m’a dissuadée de faire cette démarche me disant que
l’essentiel était de croire en Dieu, et peu importait dans quelle
religion cela pouvait s’exprimer.
Pour résumer : tout valait tout, le fameux œcuménisme nouvelle tendance si couru de nos jours.
Moi, j’ai entendu dans ses propos : « Passez votre chemin jeune fille, Dieu ne s’intéresse pas à vous, il a des choses plus urgentes à gérer… ».

L’essentiel étant de croire, j’ai suivi son conseil. Mais… La chance et le destin sont des synonymes n’est-ce pas ?
Durant
mes longues études j’ai rencontré un ami qui ne m’a jamais quittée, qui
m’a toujours soutenue, que j’aime comme un frère, et qui est devenu…
prêtre bien sûr ! Un « Dragon de Dieu ».
Années d’études, années
studieuses. Les rares fois où je me suis rapprochée d’un professeur
dont j’estimais le travail afin de m’entretenir avec lui de sujets de
Droit à mille lieues de la foi, il s’avérait être fervent Catholique
Traditionaliste… C’est ainsi que j’ai été, par eux, éclairée sur des
questions dont je ne savais même pas que je me les posais.

Quelques
années plus tard, mon destin m’a conduite à Rome. Rien ne l’aurait
laissé présager : je n’avais pas le cursus universitaire qui justifiait
mon acceptation dans ce troisième cycle. J’aurais dû faire un Master en
Angleterre ou aux Etats Unis… La seule chose que j’avais pour moi,
c’était de parler l’Italien !
Malgré ce handicap et le nombre de
postulants – nous étions près de deux mille candidats pour quatre
postes – j’ai été choisie, et me voilà à Rome.

Le destin et la chance sont des synonymes !

Là,
à Rome, malgré la « folie » de cette vie estudiantine, sans imaginer
chercher quoi que ce soit, j’ai retrouvé cette sensation de joie et de
plénitude qu’enfant, j’avais parfois connue.
L’ironie du sort voulut
que l’un de mes Mémoires imposés portât sur la pensée politique de
Rabaud Saint Etienne, un Protestant « inventeur » de la liberté
d’expression et de la liberté de conscience durant la Révolution
Française. L’homme était de peu d’intérêt, mort parce qu’on le débusqua
dans une armoire où il se cachait, il ne s’était pas vraiment illustré
par son courage… Mais il me fallut travailler à connaître la religion
protestante.

Mon second Mémoire, imposé lui aussi, portait sur
la puissance paternelle en Droit comparé Romain et Musulman. Alors il
me fallut, dans le même temps, travailler également à approfondir mes
connaissances sur la religion musulmane.
Avec le recul je trouve plutôt étrange d’avoir vécu dans la ville qui jouxte le Vatican pour potasser ces deux sujets !
Alors
je passais beaucoup de temps dans les bibliothèques de quelques églises
fort bien dotées en livres anciens et je pouvais y côtoyer quasi
quotidiennement des religieuses et des prêtres en habits
ecclésiastiques.
Trouver dans le savoir ce que je ne cherchais pas,
me servir de mon intelligence pour comprendre et analyser ce qui me
semblait juste… je dois bien avouer que j’ai passé un peu plus de temps
qu’il ne l’aurait fallu sur l’étude du Droit Canon !

La chance et le destin sont des synonymes…

Vivre
à Rome près d’une année sans aller à Saint-Pierre était impensable. J’y
suis donc allée, sans grand enthousiasme. Devant une statue en bronze
de Notre Seigneur, exécutée par un artiste Russe dont je ne me rappelle
malheureusement pas le nom, il m’a été donné de revivre l’instant de
grâce de mon enfance marseillaise et je suis restée là, devant la
statue, un temps que je ne saurais définir. Cette fois encore il fallut
que l’on vienne me chercher car il était temps de partir.
Le plus étrange était de retrouver cette émotion familière alors même que je n’étais pas venue la chercher.

Il
me fallut encore quelques années et quelques rencontres de hasard pour
trouver ma place et me décider enfin à franchir le pas.
Durant tout
ce temps, je n’ai jamais cessé d’aller dans les églises mais j’en
ressortais toujours un peu « frustrée » parce qu’il n’y avait pas « ce
que je ne cherchais pas ».
Et puis j’ai fini par réaliser que toutes
les personnes qui avaient réellement compté pour moi étaient
Catholiques Traditionalistes.
Leur fréquentation m’était familière je ne l’avais donc pas particulièrement remarqué. Cela aussi c’était un fait.
Je n’avais sur les Traditionalistes que les préjugés dont on les affuble généralement : « Intégristes ! Ce sont des intégristes ! » Voilà la seule chose que je savais.
Et
puis un jour, comme ça, par hasard, au détour d’une phrase, voilà
qu’on me parle d’une cérémonie au cours de laquelle un pasteur
protestant allait abjurer.
Je n’avais qu’une vague idée de ce que cela pouvait bien vouloir dire mais je décidais de m’y rendre.
C’était à Saint Nicolas du Chardonnet.


A
peine avais-je franchi le seuil de cette église que je savais déjà dans
mon cœur que j’étais chez moi, que là était ma place, et que j’avais
enfin trouvé ce que je ne cherchais pas.
Je ne le cherchais pas car, durant toute ces années,
cette Présence ne m’avait jamais quittée.


Il
était plus que temps d’officialiser ce lien et d’accepter Dieu en moi
pour être enfin complète, pour ne plus avoir cette sensation de marcher
sur une seule jambe.
Accepter de s’en remettre à la divine
Providence et entamer les démarches pour devenir enfin ce que j’ai
toujours été, et cela aussi était un fait.

Quelques jours plus
tard, je frappais à la porte de Saint Nicolas. J’avais dans l’idée que
ce chemin de conversion pouvait durer des années mais, si j’étais prête
à en accepter l’épreuve, ma détermination était telle que je n’aurais
accepté aucun refus d’où qu’il vienne.
Ma rencontre avec Monsieur
l’abbé Beauvais fut brève, mais intense, et je n’oublierai jamais le
sourire et les encouragements qui m’ont portée à chacun de mes cours de
catéchisme, à chacune de mes questions que je n’avais même pas le temps
de poser et dont j’avais quasi-instantanément la réponse.

Un miracle ? Non : la chance et le destin sont des synonymes.

Le
Baptême me fut une grande joie au moment même où je le vivais. Mais, à
la grande surprise de mon entourage, il n’en fut de même ni avant, ni
après. Juste le sentiment de l’évidence.
On me presse de dire ce que
j’en ressens… Mais comment communiquer, comment décrire ce que
représente de recevoir Dieu en soi, aboutissement de ce long périple ?
Où trouver les mots ? Le vocabulaire me semble si pauvre et les
métaphores si plates…
Peut-être pourrais-je parler de plénitude,
dire que je me sens complète, et tranquille, et plus forte aussi parce
que je sais que je ne suis plus seule.
Saint Paul l’a exprimé tellement mieux que je ne saurais le dire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ».

La boucle est bouclée.
La chance et le destin sont vraiment des synonymes.
.
Le hasard, c’est la grâce.


Rédigé pour Donec Ponam, le 2ème dimanche qui suivit mon baptême.


http://www.donec-ponam.org/site/index.php?height=768
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Peau d'âne



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MessageSujet: Re: Témoignage de conversion: Le hasard et la grâce   Dim 29 Avr 2007, 00:07

J'aimerais mettre une vidéo, mais à l'évidence je rencontre un problème.

Lorsque je fais prévisualisation elle fonctionne bien, lorsque je fais envoie ici je vois apparaitre l'url et non la vidéo.

Est ce que quelqu'un pourrait me conseiller ? Merciii Very Happy
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Clotilde
Invité



MessageSujet: Re: Témoignage de conversion: Le hasard et la grâce   Dim 29 Avr 2007, 00:21

Oui, c'est une sécurité ;) (de forumactif)
Tu peux seulement mettre le lien.
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Peau d'âne



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MessageSujet: Re: Témoignage de conversion: Le hasard et la grâce   Dim 29 Avr 2007, 00:23

Oki, mercii Clotilde ;)
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Jesus Christ est mon Dieu



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MessageSujet: Re: Témoignage de conversion: Le hasard et la grâce   Dim 29 Avr 2007, 01:16

Peau d'âne a écrit:
J'aimerais mettre une vidéo, mais à l'évidence je rencontre un problème.

Lorsque je fais prévisualisation elle fonctionne bien, lorsque je fais envoie ici je vois apparaitre l'url et non la vidéo.

Est ce que quelqu'un pourrait me conseiller ? Merciii Very Happy

n'hésite pas à mettre le lien! Very Happy
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Peau d'âne



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MessageSujet: Re: Témoignage de conversion: Le hasard et la grâce   Dim 29 Avr 2007, 01:54

http://www.youtube.com/watch?v=d3SSnutvlL8

Lorsque la vidéo démarre, cliquez à l'angle droit sur le dernier petit carré. Grand écran.
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Godefroy



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MessageSujet: Le hasard et la grâce   Dim 29 Avr 2007, 05:00

Bonjour Chère JCMD,

Je termine à l'instant la lecture de votre émouvant témoignage. Avec vous je remercie le Seigneur pour sa bonté à votre endroit. Justement, demain c'est le dimanche du Bon Berger ! Il l'a été pour vous, Il l'a été pour moi, Il le sera pour beaucoup d'autres encore !
Deo gratias ! Alleluia !

Godefroy
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MessageSujet: Re: Témoignage de conversion: Le hasard et la grâce   Dim 29 Avr 2007, 12:14

Godefroy a écrit:
Bonjour Chère JCMD,

Je termine à l'instant la lecture de votre émouvant témoignage. Avec vous je remercie le Seigneur pour sa bonté à votre endroit. Justement, demain c'est le dimanche du Bon Berger ! Il l'a été pour vous, Il l'a été pour moi, Il le sera pour beaucoup d'autres encore !
Deo gratias ! Alleluia !

Godefroy

Salut! Very Happy

ce témoignage n'est pas le mien,mais celui de Marie-Nabila Othmani.

In Christo et Maria.
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