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 La Sainteté

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En Christ



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MessageSujet: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 11:26

Qu’est ce qu’on appelle un Saint ? Sommes nous tous appelés à la Sainteté ? A quoi bon être Saint ?
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jo zecat
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MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 11:30

Catéchisme de l'Église Catholique

La sainteté chrétienne


2012 " Avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien ... Ceux que d’avance, il a discernés, il les a aussi prédestinés à reproduire l’image de son Fils pour qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères. Ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés. Ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés. Ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés " (Rm 8, 28-30).

2013 " L’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur rang et leur état " (LG 40). Tous sont appelés à la sainteté : " Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait " (Mt 5, 48) :

Les fidèles doivent appliquer les forces qu’ils ont reçues selon la mesure du don du Christ, à obtenir cette perfection, afin qu’ ... accomplissant en tout la volonté du Père, ils soient avec toute leur âme voués à la gloire de Dieu et au service du prochain. Ainsi la sainteté du peuple de Dieu s’épanouit en fruits abondants, comme en témoigne avec éclat l’histoire de l’Église par la vie de tant de saints (LG 40).

2014 Le progrès spirituel tend à l’union toujours plus intime avec le Christ. Cette union s’appelle " mystique ", parce qu’elle participe au mystère du Christ par les sacrements – " les saints mystères " – et, en Lui, au mystère de la Sainte Trinité. Dieu nous appelle tous à cette intime union avec lui, même si des grâces spéciales ou des signes extraordinaires de cette vie mystique sont seulement accordés à certains en vue de manifester le don gratuit fait à tous.

2015 Le chemin de la perfection passe par la croix. Il n’y a pas de sainteté sans renoncement et sans combat spirituel (cf. 2 Tm 4). Le progrès spirituel implique l’ascèse et la mortification qui conduisent graduellement à vivre dans la paix et la joie des béatitudes :

Celui qui monte ne s’arrête jamais d’aller de commencement en commencement par des commencements qui n’ont pas de fin. Jamais celui qui monte n’arrête de désirer ce qu’il connaît déjà (S. Grégoire de Nysse, hom. in Cant. 8 : PG 44, 941C).

2016 Les enfants de notre mère la Sainte Église espèrent justement la grâce de la persévérance finale et la récompense de Dieu leur Père pour les bonnes œuvres accomplies avec sa grâce en communion avec Jésus (cf. Cc. Trente : DS 1576). Gardant la même règle de vie, les croyants partagent la " bienheureuse espérance " de ceux que la miséricorde divine rassemble dans la " Cité sainte, la Jérusalem nouvelle qui descend du Ciel d’auprès de Dieu, prête comme une épouse parée pour son Epoux " (Ap 21, 2).
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jo zecat
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MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 11:32

Hans Urs Von Balthasar sur la Sainteté :

Commençons simplement par nous demander ce que signifie le mot « saint». Dans les anciennes religions et aussi dans l’ancien testament, il désigne une chose, un animal, un homme qui est consacré à la divinité. Cet être a été désigné par la communauté pour devenir la propriété de Dieu et être à sa disposition, ou encore, il a librement choisi de tenir ce rôle. Un animal qu’on dépose sur l’autel des sacrifices et qu’on brûle est saint, dans ce sens primitif. Mais est saint aussi le lévite qui est choisi pour le service du Temple. Et même tout Israël que Dieu a choisi parmi tous les peuples pour en faire son peuple, est un peuple saint, consacré à Dieu . Pourquoi cela ? Parce que la sainteté est la prérogative de Dieu, et que tout ce qui pénètre dans sa sphère participe de sa divinité. Cela signifie pour l’homme que, dans le cas où Dieu l’a pris sous sa coupe, il doit aussi adopter la pensée et l’attitude propres de Dieu : « Soyez saints », dit Dieu au peuple élu, « car moi, je suis saint ».

Et pour dire à Israël comment un homme doit se comporter dans la sphère de Dieu, il lui donne deux tables avec les dix commandements, qui seront résumés plus tard dans le premier commandement : aimer Dieu par-dessus tout et de toutes ses forces. Jésus Christ apporte ici un double approfondissement et une clarification. D'abord l'être du Dieu qui a conclu une alliance avec Israël devient vivant par lui d'une toute nouvelle manière : non seulement Dieu demande qu'on aime son magnanime abaissement, mais il est lui-même l'amour absolu, car il a livré pour ses alliés - que sont maintenant tous les hommes - son Fils unique bien-aimé. Désormais la sainteté signifie d'avoir accès à la sphère de cet amour absolu, y pénétrer consciemment et se conformer à la pensée et à l'attitude du Dieu Amour. Mais ensuite, l'acte dans lequel ce Dieu d'amour se donne est l'incarnation de son Fils qui veut prendre sur lui la culpabilité de tous les hommes ; désormais donc, on peut et on doit trouver, concentrés en Jésus, la faute des humains nos frères et le péché du monde ; on peut et on doit reconnaître derrière chaque personne la présence de Dieu et son amour qui pardon:

« Ce que vous avez fait au moindre de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » ; c'est pourquoi Jésus, dans sa prédication relie inséparablement les deux commandements en un seul : «Aimer Dieu par-dessus tout... et ton : prochain comme toi-même. »

S'il faut vraiment parler de sainteté - et pas seulement de celle de l'homme bon, de l'idéal d'humanité tel que le conçoivent très volonté les hommes - si le mot " sainteté » doit avoir un sens, alors il réside le double commandement de Jésus, et surtout dans la manière précise dont il le pense, le formule et le vit. C'est pourquoi être confié à la sphère de Dieu et être déposé sur son autel des sacrifices signifie désormais : être enflammé du feu de l'amour de Dieu, qui nous a aimés jusqu'à en mourir, et, dans l'amour du prochain, devenir conforme à la pensée et à attitude de Dieu, dans son intervention pour le monde. Pour percevoir le sens originel de la démarche, l'ordre des éléments est à prendre en compte : ce qui est premier, c'est l'amour de Dieu, critère de tout, flamme où s'allume notre réponse d'amour. Tout le reste en est la conséquence : parce que cet amour de Dieu concerne l'humanité dans sa totalité, notre amour pour lui est aussi inclus dans son dessein, et nous participons nous aussi à son oeuvre de salut pour le monde. Puisque le mot sainteté est indissolublement lié à la compréhension biblique de Dieu nous n'avons pas le droit de séparer l'amour du prochain de l'amour de Dieu ou d'en faire, je ne dis pas le critère, mais simplement le contenu de la sainteté. Ceci vaut malgré les paroles citées plus haut : « Ce que vous faîtes au moindre de mes frères, c’est à moi que vous le faîtes », malgré la parabole du bon samaritain qui a simplement posé un geste d’amour du prochain et a été pour cela cité en exemple par Jésus. Au fond, il me suffit de lire cette parabole en profondeur pour voir que Jésus dépeint ici en premier lieu l’action de Dieu envers l’humanité, sa propre action de Fils de Dieu envers les malades et les mourants . Il suffit par ailleurs de rapprocher les paroles du jugement de la finale du sermon sur la montagne pour comprendre ce qu’elles signifient réellement. :

« Ce n’est pas celui qui me dit : Seigneur !Seigneur ! qui entrera dans le Royaume des cieux, mais celui là seul qui fait la volonté de mon Père qui est au ciel ». Là aussi, Jésus parle comme le Juge du monde. Le critère de l’amour du prochain est utilisé ici comme authentification de l’amour de Dieu. Ce ne sont ni les paroles, ni la piété affichée qui sont décisives, mais le comportement qui se conforme à l’action de Dieu lui-même.
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jo zecat
Invité



MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 11:58

De la perfection de l'âme
Oeuvres de Maître Eckhart


Quant à la façon dont l'âme s'y prend pour arriver à sa plus haute perfection et splendeur, voici : Un maître dit : Dieu est par la grâce porté et planté dans l'âme ; de là jaillit en elle une divine fontaine d'amour qui ramène l'âme en Dieu .


- Il en va bizarrement avec ces choses. Un saint dit : Tout ce qu'on peut dire de Dieu, Dieu ne l'est pas. Un autre dit : Tout ce qu'on ne peut dire que de Dieu, Dieu l'est aussi. Sur quoi un grand maître décide qu'ils ont tous deux raison ! Dans le même sens que ces trois saints je dis ce qui suit : Quand l'âme s'est, avec sa raison, approprié le divin, celui-ci est à son tour repassé à la volonté. Celle-ci s'en imprègne tellement qu'elle devient une avec ce qu'elle a pris en elle. Alors seulement elle le porte plus loin et le plante sussi dans la mémoire. C'est ainsi que Dieu est porté dans l'âme et planté en elle. Et voici que la divine fontaine d'amour commence à déborder dans l'âme, en sorte que les puissances supérieures se déversent dans les inférieures, et les inférieures dans l'homme extérieur et le soulèvent au-dessus de tout ce qui est inférieur, si bien que toute son action est spiritualisée. Car comme l'esprit agit par impulsion divine, de même il faut que l'homme extérieur agisse par l'impulsion de l'esprit. O merveille des merveilles, quand je pense à l'union avec Dieu qui échoit à l'âme en partage ! Il fait déborder l'âme de joie et de ravissement. Car rien de ce qui a un nom ne lui suffit plus. Or, étant elle -même une nature nommée, elle-même non plus ne se suffit plus : la divine fontaine d'amour ruisselle sur elle, l'arrache à elle-même et l'introduit dans l'essence sans nom, dans sa source, en Dieu. - Car encore que la créature lui ait donné un nom, il est pourtant en lui-même une essence sans nom. - C'est ainsi que l'âme arrive au sommet de sa perfection.
........
. Voilà pour la façon dont l'âme devient Dieu par la grâce.
L'âme qui demeure dans cette similitude avec Dieu et dans cette noble nature que Dieu lui a conférée et en outre progresse vers des niveaux de plus en plus élevés : pourvu qu'elle laisse toujours la matérialité derrière elle, au même instant la vie éternelle lui est ouverte. Et en même temps elle est déjà environnée de lumière divine et, dans cette lumière, affinée en Dieu et surnaturellement refaçonnée en lui. Alors chacune des puissances de l'âme devient l'image d'une des personnes divines : la volonté l'image du Saint-Esprit, le pourvoir de connaître celle du Fils, la mémoire celle du Père. Et sa nature devient l'image de la nature divine. Et pourtant l'âme indivisée reste une. - C'est là en cette matière la dernière affirmation dont me rend capable ma connaissance de moi-même.
Ecoutez maintenant, en troisième lieu, dans quelle mesure l'âme devient Dieu aussi au-dessus de toute grâce ! Ce que Dieu, en effet, lui a ainsi conféré, cela ne doit pas se transformer à nouveau, car elle a par là atteint un état plus élevé où elle n'a plus besoin de la grâce. Dans cet état elle s'est perdue elle-même et coule en plein courant dans l'unité de la nature divine.
Bon ! maintenant on va demander comment il en va de l'âme qui s'est perdue : si elle se retrouve finalement, ou pas ? A cela je vais répondre, comme il me semble : à savoir qu'elle se retrouve, et au point où chaque être doué de raison est conscient de lui-même. Car elle a beau couler et s'engloutir dans l'unité de l'essence divine, elle ne peut pourtant jamais arriver au fond. C'est pourquoi Dieu lui a laissé un petit point vers lequel elle se retourne, dans son moi, et se retrouve et se reconnait - en tant que créature. Ceci justement est essentiel à l'âme, qu'elle n'est pas capable de scruter à fond son créateur. - Maintenant je ne veux pas parler davantage de l'âme, car là, dans l'unité de l'essence divine, elle a perdu son nom. C'est pourquoi là elle ne s'appelle plus âme, son nom est : l'essence incommensurable.
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Théophane



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MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 13:00

Merci beaucoup pour ces questions qui nous ramènent à l'essentiel.

En Christ a écrit:
Qu’est ce qu’on appelle un Saint ?
Être saint ce n'est pas être parfait ni faire des choses extraordinaires. C'est seulement vivre le message du Christ dans toute sa profondeur, en allant toujours vers Lui, en aimant Dieu plus que tout et le prochain comme soi-même.
Comment pouvons-nous devenir saint ? C'est très simple : en faisant chaque chose, même la plus ordinaire, avec le désir de servir Dieu, soutenus par la prière, l'Eucharistie et la confession.

Citation :
Sommes nous tous appelés à la Sainteté ?
Oui, nous le sommes tous sans exception, quel que soit notre état dans l'Église ou dans la société.

Citation :
A quoi bon être Saint ?
Je me permets de répondre de façon personnelle : pour moi la recherche de la sainteté est une tâche exaltante. Quand je contemple la vie de grands saints je n'ai qu'une envie : les imiter.
De plus quand je pense à l'amour immense que Dieu a pour moi, je prends conscience que j'ai le devoir de faire tout pour Lui.
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jo zecat
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MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 15:08

Les dix degrés de l'échelle mystique de l'amour divin,
d'après saint Bernard et saint Thomas




Les degrés de l'échelle d'amour, que l'âme gravit successivement pour s'élever à Dieu, sont au nombre de dix.

Le premier degré
rend l'âme très heureusement malade,. L'épouse se trouvait à ce degré d'amour lorsqu'elle disait : Je vous conjure, filles de Jérusalem, si vous trouvez mon Bien-Aimé, de lui déclarer que je languis d'amour (Ct 5,8).
Cette maladie ne va pas à la mort, mais à la gloire de Dieu (Jn 11,4), car l'âme y défaille au péché et à tout ce qui n'est pas Dieu ou n'est pas ordonné à Dieu. David nous l'atteste en disant : Mon âme est tombée en défaillance -à l'égard de toutes choses- pour Dieu son salut (Ps 142, 7). De même que le malade perd l'appétit et le goût des aliments, et qu'il voit pâlir la couleur de son teint, de même, en ce degré d'amour, l'âme perd le goût et l'appétit de toutes choses ; elle change de couleur comme celui qui aime, elle oublie tout ce qui est de sa vie passée. Une telle maladie ne survient à l'âme que s'il lui arrive d'en haut un excès de chaleur, comme nous le donne à entendre ce verset de David : Tu as fait tomber, ô Dieu, sur l'âme qui est ton héritage une pluie abondante ; elle est devenue malade, mais c'est alors que tu l'as perfectionnée, etc. (Ps 67, 10).
Cette maladie, cette défaillance à l'égard de toutes choses est le premier pas à faire pour aller à Dieu. Nous l'avons fait comprendre plus haut, quand nous avons parlé de cet anéantissement qu'expérimente une âme qui commence à gravir l'échelle de la perfection contemplative, alors qu'elle ne trouve nulle par goût, consolation, appui ou soutien.
Aussi passe-t-elle immédiatement de ce degré au second.

Au second degré, l'âme est dans une continuelle recherche de son Dieu. Quand l'épouse l'eut cherché durant la nuit dans son lit -c'était le premier degré d'amour, celui de la défaillance-, et qu'elle ne l'eut pas trouvé, elle s'écria : Je me lèverai et je chercherai celui qu'aime mon âme (Ct 3,2). cette recherche de l'âme, nous venons de le dire, est continuelle, selon ce conseil de David : Cherchez Dieu, cherchez sa face sans cesse (Ps 104, 4). C'est-à-dire, cherchez-le en toutes choses, et ne vous arrêtez à aucune, que vous ne l'ayez trouvé. L'épouse s'étant informée auprès des gardes s'ils avaient vu son Bien-Aimé, passa outre et les laissa (Ct 3, 3-4). Marie-Madeleine ne prit pas garde même aux anges du sépulcre (Jn 20,12). En ce degré en effet, l'âme n'est occupée que de son amour. Si elle pense, elle pense à son Bien-Aimé, si elle parle, quelle que soit l'affaire qu'elle traite, elle parle de son Bien-Aimé, elle est en peine de son Bien-Aimé. Qu'elle mange, qu'elle dorme, qu'elle veille, qu'elle fasse toute autre chose, elle est préoccupée de son Bien-Aimé. C'est ce que nous avons vu déjà en traitant des angoisses d'amour.

En ce second degré, l'amour croît et se fortifie. Aussi s'élève-t-il rapidement jusqu'au troisième, grâce à une nouvelle purification de la nuit obscure dont nous avons à parler. Ce degré produit dans l'âme les effets suivants.

Le troisième degré lui donne pour l'action une ardeur infatigable. Le prophète royal avait ce degré en vue lorsqu'il disait : Bienheureux l'homme qui craînt le Seigneur. Il est dévoré du désir d'observer ses commandements (Ps 111,1). Si la crainte, fille de l'amour, communique un si ardent désir, que ne fera pas l'amour lui-même ? En ce degré, les plus grandes choses accomplies pour le Bien-Aimé, quel qu'en soit le nombre, sont regardées comme à peu près rien ; un long espace de temps consacré à son service paraît court, ce qui provient de l'incendie d'amour qui consume. La même chose advint à Jacob. Obligé d'ajouter sept années aux sept qu'il avait déjà servi, elles lui parurent comme rien, nous dit l'Ecriture, à cause de l'amour qui le transportait (Gn 29,20). Si l'amour de Jacob pour une créature fut si puissant, que ne fera pas l'amour du Créateur, lorsqu'il s'est emparé d'une âme en ce troisième degré ?
Ici, par suite du grand amour qu'elle a pour Dieu, l'âme s'afflige amèrement de faire si peu pour lui. S'il lui était permis, elle se mettrait mille fois en pièces pour son service et en serait ravie de joie. Mais elle a beau faire, elle se regarde comme une servante inutile et croît avoir reçu en vain l'existence.
De là un autre effet admirable : elle se croît sincèrement la plus mauvaise de toutes les créatures. D'abord, l'amour lui enseigne ce que Dieu mérite qu'on fasse pour lui ; ensuite, regardant comme défectueux et imparfaits les nombreux services qu'elle lui rend, elle les estime indignes d'un Seigneur si grand, ce qui lui fournit un sujet toujours nouveau de confusion et de douleur. L'âme, en ce troisièrme degré, est donc bien éloignée de la vaine gloire et de la présomption ; elle ne songe guère à condamner autrui.
Tels sont, avec beaucoup d'autres du même genre, les effets que ce degré produit dans l'âme. Ils lui communiquent la force de monter au quatrième.
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jo zecat
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MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 15:08

- 2 -

Au quatrième degré de cette échelle d'amour, l'âme endure continuellement et sans se lasser pour l'amour du Bien-Aimé. En effet, au témoignage de saint Augustin, « les oeuvres les plus considérables, les plus difficiles, les plus pénibles, sont réalisées par l'amour, comme s'il s'agissait de choses de rien ». L'épouse avait atteint ce degré quand, désirant parvenir au dernier, elle disait à l'Epoux : "Mets-moi comme un sceau sur ton coeur, comme un sceau sur ton bras, parce que l'amour est fort comme la mort et la jalousie dure comme l'enfer" (Ct 8,6).
Ici l'esprit se troue revêtu d'une énergie si puissante qu'il tient la chair captive et n'en fait pas plus de cas qu'un arbre n'en fait d'une de ses feuilles. L'âme ne recherche plus aucunement sa jouissante et sa consolation ni en Dieu ni hors de Dieu ; elle ne désire ni ne demande les faveurs de Dieu, parce qu'elle sait en avoir reçu un grand nombre, et que son unique préoccupation est de plaire à Dieu, de lui rendre quelque service en retour de ce qu'elle tient de lui et de ce qu'il mérite, quand bien même il devrait lui en coûter toutes sortes de peines. Elle dit à Dieu en son coeur : Hélas ! mon Seigneur et mon Dieu ! Nombreux parmi les mortels sont ceux qui cherchent en toi leur jouissance et leur consolaion, qui te demandent des dons et des faveurs. Mais qu'ils sont rares, ceux qui aspirent à te plaire et à te servir à leurs dépens et dans l'oubli de leur intérêt propre ! Ce n'est pas toi, ô mon Dieu, qui refuses de nous faire de nouvelles grâces, c'est nous qui ne savons pas t'obliger à nous en combler, en les recevant dans la seule vue de te servir.

Ce degré d'amour est très élevé. Mais tandis que cette âme, animée d'un véritable amour, importune continuellement Dieu, afin qu'il lui accorde de souffrir pour lui, Sa Majesté lui donne souvent et même très habituellement la jouissance ; il la visite spirituellement d'une manière suave et délicieuse. C'est que, dans son immense amour, le Verbe Jésus-Christ ne peut voir souffrir son amante sans lui venir en aide. Lui-même l'affirme par la bouche de Jérémie, en disant : "Je me suis souvenu de toi et j'ai eu pitié de ton adolescence ... lorsque tu me suivais au désert" (Jr 2,2). Au sens spirituel, ce désert est le détachement intérieur de toutes choses, dans lequel l'âme se trouve établie, détachement qui ne la laisse s'arrêter ou se reposer en quoi que ce soit.
Le quatrième degré enflamme tellement l'âme et allume en elle un tel désir de Dieu qu'il lui fait gravir le cinquième.

Au cinquième degré
de l'échelle d'amour, l'âme est tourmentée d'un impatient désir de Dieu. Sa soif d'embrasser le Bien-Aimé et de s'unir à lui est d'une telle véhémence que le moindre délai lui semble long, ennuyeux et pénible à l'excès. Elle se croit toujours sur le point de joindre celui qu'elle aime, et, se voyant presque à chaque pas déçue dans son attente, elle défaille de désir, selon la parole du psalmiste en ce degré d'amour : "Mon âme a désiré jusqu'à la défaillance les parvis du Seigneur" (Ps 83,2). En ce degré, il faut que l'amante voie son désir satisfait, ou qu'elle meure. Rachel de même, soupirant après le bonheur d'avoir des enfants, disait à Jacob, son époux : "Donne-moi des enfants, ou je meurs" (Gn 30,1). ET David : "Ils souffriront une faim violente comme celle des chiens, et ils feront le tour de la cité de Dieu" (Ps 58,7).
Dans cette faim intolérable, l'âme se nourrit d'amour, et son rassasiement est en proportion de sa faim. Aussi atteint-elle le sixième degré, dont nous allons dire les effets.
Les cinq derniers degrés de l'échelle mystique de l'amour

Au sixième degré, l'âme court légèrement vers Dieu et reçoit fréquemment ses touches. Elle court sans défaillir, parce que l'amour lui donne des forces et soutient la légèreté de son vol. C'est de ce degré que parle Isaïe lorsqu'il dit : "Ceux qui espèrent en Dieu changeront de force. Ils prendront des ailes semblables à celles de l'aigle, ils voleront et ne défailliront pas" (Is 40,31), comme ils le faisaient au cinquième degré. A ce degré se rapporte encore ce verset du psaume : "Comme le cerf altéré désire les fontaines d'eau vive, ainsi mon âme soupire après toi, mon Dieu" (Ps 41,2). Le cerf altéré s'élance avec légèreté vers les eaux. Ce qui communique à l'âme cette légèreté de l'amour, c'est que la charité s'est extrêmement dilatée en elle et que sa purification est maintenant presque parfaite. Un autre psaume nous dit : "J'ai pris ma course, affranchi de l'iniquité" (Ps 58,5). Et un autre encore : "J'ai couru dans la voie de tes commandements quand tu as dilaté mon coeur" (Ps 118,32). Aussi de ce degré l'on passe rapidement au suivant
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jo zecat
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MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 15:09

- 3 -

Au septième degré de cette échelle, l'âme est revêtue d'une hardiesse singulière. Ici l'amour ne s'inspire plus de la raison pour savoir attendre ce qu'il désire ; il n'use plus du conseil pour se résoudre à différer, la honte ne saurait le retenir. Cette hardiesse vient de la bienveillance que Dieu témoigne ici à l'âme. Alors se vérifie cette parole de l'Apôtre : " La charité croit tout, elle espère tout, elle peut tout " (1 Co 13,7). Moïse, parvenu à ce degré, disait à Dieu : Ou pardonne à ce peuple, ou efface-moi du livre de vie (Ex 32, 31-32). Ceux-là obtiennent de Dieu tout ce qu'ils lui demandent avec goût spirituel. De là cette parole de David : Délectez-vous en Dieu, et il vous accordera les demandes de votre coeur (Ps 36,4). C'est parvenue à ce degré que l'épouse avait la hardiesse de dire : " Qu'il me baise d'un baiser de sa bouche ".

Mais il faut bien remarquer qu'en ce degré il n'est permis à l'âme de s'enhardir que si elle sent intérieurement la faveur du sceptre royal incliné vers elle (Est 8, 4). Autrement elle pourrait déchoir du degré où elle est déjà parvenue, et où l'humilité seule peut la maintenir.

De cette hardiesse, de ce pouvoir, que Dieu donne à l'âme en ce septième degré pour traiter librement avec lui dans la véhémence de l'amour, elle va passer à l'union tant désirée et s'attacher au Bien-Aimé d'une manière irrévocable.

Au huitième degré, l'âme saisit celui qu'elle aime et le tient étroitement embrassé, suivant la parole de l'épouse : J'ai trouvé celui que chérit mon âme ; je le tiens et je ne le laisserai pas aller (Ct 3, 4). En ce degré d'union, les désirs de l'âme sont satisfaits, non pourtant d'une manière continue. Ceux qui mettent le pied sur ce degré de l'échelle, le retirent presque aussitôt. S'il en était autrement et s'ils persévéraient en cet état, ils auraient en une certaine manière la béatitude de cette vie. L'âme ne demeure donc que durant de courts intervalles en cet état de jouissance. A Daniel cependant, qui était un homme de désirs, il fut ordonné de la part de Dieu de demeurer ferme en ce degré : Fixe-toi en ton degré parce que tu es un homme de désirs (Dn 10, 11).
De ce degré on passe au neuvième, qui est le degré des parfaits, ainsi que nous allons le dire.

Au neuvième degré, l'âme se consume suavement. Ce degré est celui des parfaits, qui brûlent en Dieu avec suavité. L'Esprit Saint produit en eux cette ardeur suave et délicieuse, à raison de l'union qu'ils ont avec Dieu. Saint Grégoire nous dit qu'au moment où l'Esprit Saint descendit visiblement sur les Apôtres, ils brûlèrent intérieurement d'un très suave amour.

Il est impossible de rien dire des richesses et des dons de Dieu dont l'âme jouit en ce degré, et l'on aurait beau en composer quantité de livres, la plus grande partie resterait à dire. Pour ce motif et parce que nous en toucherons plus loin quelque chose, je n'en parlerai pas davantage ici. A ce degré succède le dixième, qui n'appartient pas à cette vie.

Le dixième et dernier degré de l'échelle d'amour assimile totalement l'âme à Dieu, par suite de la claire vision dont elle est mise en possession immédiatement à sa sortie du corps, ce qui est le propre de ceux qui ont atteint en cette vie le neuvième degré. Ils sont en fort petit nombre. Comme l'amour les a très parfaitement purifiés, ils n'entrent pas dans le purgatoire, car nous lisons en saint Matthieu : "Bienheureux les coeurs purs, parce qu'ils verront Dieu, etc." (Mt 5, 8). Je le répète, cette vision immédiate de Dieu naît de la parfaite similitude de l'âme avec lui, selon cette parole de saint Jean : " Nous savons que lorsqu'il apparaîtra, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu'il est " (1 Jn 3, 2). Non que l'âme reçoive une capacité égale à Dieu, ce qui est impossible, mais elle devient semblable à Dieu, ce qui fait dire avec vérité qu'elle devient Dieu par participation.


Telle est l'échelle secrète dont l'âme nous parle ici. A la vérité, en ses degrés les plus élevés elle n'est pas fort secrète pour l'âme : par les grans effets qu'il produit en elle, l'amour la lui dévoile en grande partie. Au dernier degré, celui auquel Dieu est appuyé et qui est celui de la claire vision, il n'y a plus rien de caché pour l'âme, à raison de son assimilation parfaite avec Dieu. C'est ce qui faisait dire à notre Sauveur : En ce jours-là vous ne demanderez plus rien (Jn 16, 23). Jusque-là, si haut que s'élève une âme, quelque chose lui reste encore voilé, et cela à proportion de ce qui lui manque encore pour sa totale assimilation à la divine essence.

C'est par le moyen de cette théologie mystique et de cet amour secret que l'âme sort de tout le créé et d'elle-même, pour monter vers Dieu. L'amour est semblable au feu qui s'élève toujours en haut, par l'ardeur qui le porte à se plonger au centre de sa sphère.
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jo zecat
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MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 19:44

LE SAINT CURE D'ARS

Sur la Sainteté

Sancti estote, quia ego Sanctus sum. Soyez saints, parce que je suis saint. (Lévit., XIXx, 2.)


Soyez saints, parce que je suis saint, nous dit le Seigneur.
Pourquoi, M.F., Dieu nous fait-il un commandement semblable ? C'est que nous sommes ses enfants, et, si le Père est saint, les enfants le doivent être aussi. Il n'y a que les saints qui peuvent espérer le bonheur d'aller jouir de la présence de Dieu qui est la sainteté même.

En effet, être chrétien, et vivre dans le péché, c'est une contradiction monstrueuse. Un chrétien doit être un saint. Oui, M.F., voilà la vérité que l'Église ne cesse de nous répéter, et, afin de la graver dans nos cœurs, elle nous représente un Dieu infiniment saint, sanctifiant une multitude infinie de saints qui semblent nous dire :
Citation :
« Souvenez-vous, chrétiens, que vous êtes destinés à voir Dieu et à le posséder ; mais vous n'aurez ce bonheur qu'autant que vous aurez retracé en vous, pendant votre vie mortelle, son image, ses perfections, et particulièrement sa sainteté, sans laquelle nul ne le verra. »
Mais, M.F., si la sainteté de Dieu parait au-dessus de nos forces, considérons ces âmes bienheureuses, cette multitude de créatures de tout âge, de tout sexe et de toute condition, qui ont été assujetties aux mêmes misères que nous, exposées aux mêmes dangers, sujettes aux mêmes péchés, attaquées par les mêmes ennemis, environnées des mêmes obstacles. Ce qu'elles ont pu faire, nous le pouvons aussi, nous n'avons aucune excuse pour nous dispenser de travailler à notre salut, c'est-à-dire à devenir saints. Je n'ai donc pas autre chose à vous prouver, que l'indispensable obligation où nous sommes de devenir des saints ; et pour cela, je vais vous montrer :

1° en quoi consiste la sainteté ;

2° que nous pouvons l'acquérir aussi bien que les saints, ayant comme eux les mêmes difficultés et les mêmes secours.



I. – Les mondains, pour se dispenser de travailler à acquérir la sainteté, ce qui, sans doute, les gênerait trop dans leur manière de vivre, veulent vous faire croire que, pour être des saints, il faut faire des actions éclatantes, s'appliquer à des pratiques de dévotion extraordinaires, embrasser de grandes austérités, faire beaucoup de jeûnes, quitter le monde pour s'enfoncer dans les déserts, afin d'y passer les jours et les nuits en prières. Sans doute cela est très bon, c'est bien la route que beaucoup de saints ont suivie ; mais ce n'est pas ce que Dieu demande de tous.

Non, M.F., ce n'est pas ce qu'exige de nous notre sainte religion ; au contraire, elle nous dit :
Citation :
« Levez les yeux au Ciel, et voyez si tous ceux qui en remplissent les premières places ont fait des choses merveilleuses. Où sont les miracles de la sainte Vierge, de saint Jean-Baptiste, de saint Joseph ? »
Écoulez, M.F. : Jésus-Christ lui-même dit[1] que plusieurs, au jour du jugement, s'écrieront :
Citation :
« Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé en votre nom ; n'avons-nous pas chassé les démons et fait des miracles ? »
«
Citation :
Retirez-vous de moi, ouvriers d'iniquité"
, leur répondra le juste Juge ; quoi ! vous avez commandé à la mer, et vous n'avez pas su commander à vos passions ? Vous avez délivré les possédés du démon, et vous en avez été les esclaves ? Vous avez fait des miracles, et vous n'avez pas observé mes commandements ?... Allez, misérables, au feu éternel ; vous avez fait de grandes choses, et vous n'avez rien fait pour vous sauver et mériter mon amour. » Vous voyez donc, M.F., que la sainteté ne consiste pas à faire de grandes choses, mais à garder fidèlement les commandements de Dieu, et à remplir ses devoirs dans l'état où le bon Dieu nous a placés.

Nous voyons souvent une personne du monde, qui remplit fidèlement les petits devoirs de son état, être plus agréable à Dieu que les solitaires dans leurs déserts. Voici un exemple qui vous en convaincra : Il y avait dans le désert deux solitaires...[2]

Voilà, M.F., ce que c'est que la sainteté, et ce qu'est un saint, aux yeux de la religion. Dites-moi, est-ce bien difficile de se sanctifier dans l'état où le bon Dieu vous a placés ? Pères et mères, imitez ces deux saints ; voilà vos modèles : suivez-les et vous deviendrez aussi saints. Faites comme eux ; en tout, tâchez de plaire à Dieu, de faire tout pour son amour, et vous serez des prédestinés.

Voulez-vous encore savoir ce qu'est un saint aux yeux de la religion ? C'est un homme qui craint Dieu, qui l'aime sincèrement et qui le sert avec fidélité ; c'est un homme qui ne se laisse point enfler par l'orgueil, ni dominer par l'amour-propre, qui est vraiment humble et petit à ses propres yeux ; qui, étant dépourvu des biens de ce monde, ne les désire pas, ou qui, les possédant, n'y attache pas son cœur ; c'est un homme qui est ennemi de toute acquisition injuste ; c'est un homme qui, possédant son âme dans la patience et la justice, ne s'offense pas d'une injure qu'on lui fait. Il aime son ennemi, il ne cherche pas à se venger. II rend tous les services qu'il peut à son prochain, il partage volontiers son bien avec les pauvres ; il ne cherche que Dieu seul, méprise les biens et les honneurs de ce monde. N'aspirant qu'aux biens du ciel, il se dégoûte des plaisirs de la vie et ne trouve son bonheur que dans le service de Dieu. C'est un homme qui est assidu aux offices divins, qui fréquente les sacrements, et qui s'occupe sérieusement de son salut ; c'est un homme qui, ayant horreur de toute impureté, fuit les mauvaises compagnies autant qu'il peut, pour conserver purs son corps et son âme. C'est un homme qui se soumet en tout à la volonté de Dieu, dans toutes les croix et les traverses qui lui arrivent ; qui n'accuse ni l'un ni l'autre, mais qui reconnaît que la justice divine s'appesantit sur lui à cause de ses péchés. C'est un bon père qui ne cherche que le salut de ses enfants, en leur donnant l'exemple lui-même, et ne faisant jamais rien qui puisse les scandaliser. C'est un maître charitable, qui aime ses domestiques comme ses frères et ses sœurs. C'est un fils qui respecte son père et sa mère, et qui les considère comme tenant la place de Dieu même. C'est un domestique qui voit, dans la personne de ses maîtres, Jésus-Christ lui-même, qui lui commande par leur bouche. Voilà, M.F., ce que vous appelez simplement un honnête homme. Mais voilà ce que Dieu appelle l'homme de miracle, le saint, le grand saint. « Quel est celui-là ? nous dit le Sage, nous le comblerons de louanges, non parce qu'il a fait des choses merveilleuses dans sa vie, mais parce qu'il a été éprouvé par les tribulations, et qu'il a été trouvé parfait ; sa gloire sera éternelle[3]. »

Que doit-on entendre par une sainte fille ? Une sainte fille, c'est celle qui fuit les plaisirs et la vanité ; qui fait son bonheur de plaire à Dieu et à ses parents ; qui aime à fréquenter les offices et les sacrements ; une fille qui aime la prière ; c'est, en un mot, celle qui préfère Dieu à tout.

J'oserai en citer un exemple surprenant, mais véritable, tiré de l'histoire ecclésiastique, et sur lequel toutes pourront prendre modèle.
Citation :

Du temps de la persécution qui sévit sur la ville de Ptolémaïde, les filles chrétiennes brillèrent par leur vertu. Il y en avait un très grand nombre d'une naissance distinguée ; elles étaient si pures, qu'elles aimaient mieux souffrir la mort que de perdre leur chasteté ; elles se coupèrent elles-mêmes les lèvres et une partie du visage, pour paraître plus hideuses à ceux qui s'approchaient d'elles. Elles furent déchirées avec des ongles de fer et par les dents des lions. Ces filles incomparables aimèrent mieux endurer tous ces tourments, que d'exposer leur corps à la passion des libertins.

Oh ! que cet exemple condamnera un jour de ces filles volages, qui ne pensent qu'à paraître, à s'attirer les regards du monde, au point d'en devenir méprisables !...

Ne leur citerais-je pas encore l'exemple de sainte Colette[4],
Citation :
cette vierge si pure et si réservée, qui craignait autant de se faire voir, que les filles de ce siècle ont de souci de se montrer. Elle entendit un jour dans une compagnie, des louanges qu'on donnait à sa beauté ; elle en rougit, et alla tout de suite se prosterner devant son crucifix. « Ah ! mon Dieu, s'écria-t-elle en pleurant, cette beauté que vous m'avez donnée, sera-t-elle cause de la perte de mon âme et de celle d'autres personnes ? » Dès ce moment, elle quitta le monde et alla se renfermer dans un monastère, où elle livra son corps à toutes sortes de macérations. En mourant, elle donna des marques visibles qu'elle avait conservé son âme pure, non seulement aux yeux du monde, mais encore aux yeux de Dieu.


Je reconnais bien que ces deux exemples sont un peu extraordinaires, et qu'il y en a peu qui puissent les imiter ; mais voilà celui qui vous convient parfaitement. Écoutez bien, jeunes gens et vous verrez que, si vous voulez suivre l'attrait de la grâce, vous serez bientôt désabusés des plaisirs et des vanités de ce monde qui vous éloignent de Dieu.

Citation :
Il est rapporté qu'une jeune demoiselle de Franche-Comté, nommée Angélique, avait beaucoup d'esprit, mais était fort mondaine. Ayant entendu un prédicateur prêcher contre le luxe et la vanité dans les habits, elle vint se confesser à ce prédicateur. Celui-ci lui fit si bien comprendre combien elle était coupable et pouvait perdre d'âmes, que, dès le lendemain, elle quitta toutes ses vanités, et se vêtit d'une manière très simple et chrétienne. Sa mère qui était comme la plupart de ces pauvres aveugles, qui semblent n'avoir des enfants que pour les jeter dans les enfers en les remplissant de vanité, la reprit de ce qu'elle ne s'habillait plus comme autrefois. « Ma mère, lui répondit-elle, le prédicateur à qui j'ai été me confesser me l'a défendu. » Sa pauvre mère, aveuglée par la colère, va trouver le confesseur, et lui demande s'il était vrai qu'il eût défendu à sa fille de s'habiller selon la belle mode. « Je ne sais point, lui dit le confesseur, ce que j'ai dit à votre fille ; mais, il vous suffit de savoir que Dieu défend de s'habiller selon la mode, lorsque cette mode n'est pas selon Dieu, lorsqu'elle est criminelle et dangereuse pour les âmes. » – « Mon Père, qu'appelez-vous donc mode criminelle et dangereuse ? » -- « C'est, par exemple, de porter des habits trop ouverts, ou qui font trop sentir la forme du corps ; de porter des vêtements trop riches et plus coûteux que nos moyens ne nous le permettent. » Il lui montra ensuite tous les dangers de ces modes, et tous les mauvais exemples qu'elles donnaient. – « Mon Père, lui dit cette femme, si mon confesseur m'en avait dit autant que vous, jamais je n'aurais donné la permission à ma fille de porter toutes ces vanités, et moi-même j'aurais été plus sage ; cependant mon confesseur est un homme bien savant ; or, que m'importe qu'il soit savant, s'il me laisse vivre à ma liberté, et en danger de me perdre pour l'éternité. » Lorsqu'elle fut de retour, elle dit à sa fille : « Bénissez le bon Dieu d'avoir trouvé un tel confesseur, et suivez ses avis. » Cette jeune demoiselle eut dans la suite de terribles combats à soutenir de la part de ses autres compagnes, qui la raillaient et la tournaient en ridicule. Mais le plus rude assaut qu'elle eut à soutenir, lui vint de la part de certaines personnes qui entreprirent de la faire changer de sentiment. « Pourquoi, lui dirent-elles, ne vous habillez-vous pas comme les autres ? » – « Je ne suis pas obligée de faire comme les autres, répondit Angélique, je m'habille comme celles qui font bien, et non comme celles qui font mal. » – « Eh quoi ! faisons-nous mal de nous habiller comme vous voyez ? » – « Oui, sans doute, vous faites mal, parce que vous scandalisez ceux qui vous regardent. » – « Pour moi, dit l'une d'entre elles, je n'ai point de mauvaise intention ; je m'habille à ma façon, tant pis pour ceux qui s'en scandalisent. » – « Tant pis pour vous aussi, reprit Angélique, puisque vous en êtes l'occasion ; si nous devons craindre de pécher nous-mêmes, nous devons aussi craindre de faire pécher les autres. » – «Quoi qu'il en soit de vos bonnes raisons, répondit une autre, si vous ne vous habillez plus comme nous, vos amies vous quitteront, et vous n'oserez plus paraître dans les belles compagnies et dans les bals. » – « J'aime mieux, leur répondit Angélique, la compagnie de ma chère mère, de mes sœurs et de quelques filles sages, que toutes ces belles compagnies et ces bals. Je ne m'habille pas pour paraître agréable, mais pour me couvrir ; les vrais agréments d'une fille ne doivent pas consister dans les habits, mais dans la vertu. Au reste, Mesdames, si vous pensez de la sorte, vous ne pensez pas en chrétiennes, et il est honteux que, dans une religion aussi sainte qu'est la nôtre, l'on s'y permette de tels abus contre la modestie. » Après tous ces discours, une personne de la compagnie dit: « En vérité, il est honteux qu'une jeune fille de dix-huit ans nous fasse la leçon : son exemple sera un jour notre condamnation. Que nous sommes aveugles de tant faire de choses pour plaire au monde, qui, dans la suite, se moque de nous ! » Angélique persévéra toujours dans ses bons sentiments, malgré tout ce qu'on pût lui dire.
Eh bien, M.F., qui vous empêcherait de faire ce que faisait cette jeune comtesse ? Elle s'est sanctifiée en vivant dans le monde, mais en ne vivant pas pour le monde. Oh ! que cet exemple sera un sujet de condamnation pour un grand nombre de chrétiens au jour du jugement !

On peut devenir saint, même dans l'état du mariage. L'Esprit-Saint, dans l'Écriture, se plait à faire le portrait de la sainte femme ; et conformément à la description qu'il en donne[5], je vous dirai qu'une femme sainte, est celle qui aime et respecte son mari, qui veille avec soin sur ses enfants et ses domestiques, qui est attentive à les faire instruire et à les faire approcher des sacrements, qui s'occupe de son ménage, et non de la conduite de ses voisins ; elle est réservée dans ses discours, charitable dans ses oeuvres, ennemie des plaisirs du monde ; une femme de ce caractère, dis-je, est une âme juste, le Seigneur la loue, là canonise ; en un mot, c'est une sainte.

Vous voyez donc, M.F., que pour être un saint, il n'est pas nécessaire de tout quitter ; mais de bien remplir les devoirs de l'état où Dieu nous a placés, et faire tout ce que nous faisons, dans la pensée de lui plaire. L'Esprit-Saint nous dit que pour être saint, il ne faut que nous éloigner du mal et faire le bien[6]. Voilà, M.F., la sainteté qu'ont eue tous les saints et que nous devons avoir. Ce qu'ils ont fait, nous le pouvons aussi, avec la grâce de Dieu ; puisque nous avons comme eux les mêmes obstacles à notre salut, et les mêmes secours pour les surmonter.
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jo zecat
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MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 19:45

II. – Je dis 1° que les saints ont eu les mêmes obstacles que nous pour parvenir à la sainteté : obstacles au dehors, obstacles au dedans. Obstacles du côté du monde : le monde était alors ce qu'il est aujourd'hui, aussi dangereux dans ses exemples, aussi corrompu dans ses maximes, aussi séduisant dans ses plaisirs, toujours ennemi de la piété et toujours prêt à la tourner en ridicule. La preuve en est que la plupart des saints ont méprisé et fui le monde avec soin ; ils ont préféré la retraite aux assemblées mondaines, et même, plusieurs, craignant de s'y perdre, l'ont abandonné entièrement ; les uns, pour aller passer le reste de leurs jours dans des monastères, et les autres, au fond des déserts, tels qu'un saint Paul, ermite, un saint Antoine[7], une sainte Marie Égyptienne[8] et tant d'autres.

Obstacles du côté de leur état : plusieurs étaient, comme vous, engagés dans les affaires du siècle, accablés des embarras d'un ménage, du soin des enfants, obligés, pour le plus grand nombre, à gagner leur vie à la sueur de leur front ; or, bien loin de penser, comme nous, qu'ils se sauveraient plus facilement dans un autre état, ils étaient persuadés qu'ils avaient plus de grâces dans celui où la Providence les avait placés. Ne voyons-nous pas que dans le tumulte du monde et au milieu des embarras d'une famille et d'un ménage, se sont sauvés le plus grand nombre de saints, tels que Abraham, Isaac, Jacob, Tobie, Zacharie, la chaste Suzanne, le saint homme Job, sainte Élisabeth : tous ces grands saints de l'Ancien Testament, n'étaient-ils pas engagés dans le monde ? Sous la nouvelle Loi, pouvez-vous compter le nombre de ceux qui se sont sanctifiés dans la vie ordinaire ?

Aussi, saint Paul nous dit que les saints jugeront les nations[9]. N'est-ce donc pas dire, qu'il n'y aura pas un homme sur la terre, qui ne trouve quelque saint dans son état, pour être la condamnation de sa lâcheté, en lui montrant qu'il aurait pu, aussi bien que lui, faire ce qui lui a mérité le ciel ?

Si maintenant, des obstacles extérieurs nous passons à ceux du dedans, nous verrons que les saints ont eu autant de tentations et de combats que nous pouvons en avoir, et peut-être encore plus. D'abord, du côté des habitudes ; ne croyez pas, M.F., que les saints aient toujours été des saints. Combien en est-il qui ont mal commencé, et qui ont vécu longtemps dans le péché ? Voyez le saint roi David, voyez saint Augustin, sainte Madeleine.

Prenons donc courage, M.F., quoique bien pécheurs, nous pouvons cependant devenir des saints. Si ce n'est pas par l'innocence, ce sera du moins par la pénitence ; car le plus grand nombre des saints s'est sanctifié de cette manière.

Mais, me direz-vous, il en coûte trop ! – Il en coûte trop, M.F. ? Croyez-vous qu'il n'en ait rien coûté aux saints ? Voyez David, qui trempe son pain de ses larmes, qui arrose son lit de ses pleurs[10] . Croyez-vous qu'il n'en coûtât rien à un roi comme lui ! Croyez-vous qu'il lui fut indifférent de se donner en spectacle à tout son royaume, et de servir à tous de risée ? Voyez sainte Madeleine : au milieu d'une nombreuse assemblée, elle se jette aux pieds du Sauveur, accuse publiquement ses crimes dans l'abondance de ses larmes[11] ; elle suit Jésus-Christ jusqu'au pied de la croix[12], et répare par de longues années de pénitence, quelques années de faiblesse ; pensez-vous, M.F., que de pareils sacrifices ne lui aient coûté aucun effort ? Je ne doute pas que vous n'appeliez heureux les saints qui ont fait une pareille pénitence, et versé tant de larmes. Hélas ! si comme ces saints, nous pouvions comprendre la grandeur de nos péchés, la bonté du Dieu que nous avons outragé ; si, comme eux, nous pensions à l'enfer que nous avons mérité, à notre âme que nous avons perdue, au sang de Jésus-Christ que nous avons profané ! Ah ! si nous avions toutes ces pensées dans nos cœurs, que de larmes nous verserions, que de pénitences nous ferions pour tâcher d'apaiser la justice de Dieu que nous avons irrité !

Croyez-vous que les saints soient parvenus sans travail à cette simplicité, à cette douceur, qui les portaient au renoncement de leur propre volonté, toutes les fois que l'occasion s'en présentait ? Oh ! non, M.F. !

Écoutez saint Paul: « Hélas, je fais le mal que je ne voudrais pas, et je ne fais pas le bien que je voudrais ; je sens dans mes membres une loi qui se révolte contre la loi de mon Dieu. Ah ! que je suis malheureux ! qui me délivrera de ce corps de péché[13] ? » Quels combats n'eurent pas à souffrir les premiers chrétiens, en quittant une religion qui ne tendait qu'à flatter leurs passions, pour en embrasser une qui ne tendait qu'à crucifier leur chair ? Croyez-vous que saint François de Sales n'a point eu de violences à se faire, pour devenir aussi doux qu'il était ? Que de sacrifices il lui fallut faire !... Les saints n'ont été saints qu'après bien des sacrifices et beaucoup de violences.

En 2° lieu, je dis que nous avons les mêmes grâces qu'eux. Et d'abord, le Baptême n'a-t-il pas la même vertu de nous purifier, la Confirmation de nous fortifier, la Pénitence de remettre nos péchés, l'Eucharistie d'affaiblir en nous la concupiscence et d'augmenter la grâce en nos âmes ? Quant à la parole de Jésus-Christ, n'est-elle pas toujours la même ?

N'entendons-nous pas à chaque instant ce conseil :
Citation :
« Quittez tout et suivez-moi. »
C'est ce qui convertit saint Antoine, saint Arsène, saint François d'Assise.

Ne lisons-nous pas dans l'Évangile cet oracle :
Citation :
« Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il vient à perdre son âme[14] ? »
N'est-ce pas ces paroles qui convertirent saint François Xavier, et qui, d'un ambitieux, en firent un apôtre ?

N'entendons-nous pas tous les jours :
Citation :
« Veillez et priez sans cesse. » « Aimez votre prochain comme vous-même. »
N'est-ce pas cette doctrine qui a formé tous les saints ?

Enfin, M.F., quant aux bons exemples, quelque déréglé que soit le monde, n'en avons-nous pas encore quelques-uns devant les yeux, et bien plus que nous n'en pourrions suivre ? Enfin, la grâce nous manque-t-elle plus qu'aux saints ? Ne comptons-nous donc pour rien ces bonnes pensées, ces salutaires inspirations de renoncer à tel péché, de quitter telle mauvaise habitude, de pratiquer telle vertu, de faire telle bonne oeuvre ? N'est-ce pas une grâce que ces remords de conscience, ces troubles, ces inquiétudes que nous éprouvons lorsque nous avons péché ? Hélas ! M.F., combien de saints, aujourd'hui dans le ciel, ont reçu moins de grâces que nous ! Combien de païens, de chrétiens sont en enfer, qui, s'ils avaient reçu autant de grâces que nous, seraient devenus de grands saints !...

Oui, M.F., nous pouvons être des saints, et nous devons tous travailler à le devenir. Les saints ont été mortels comme nous, faibles et sujets aux passions comme nous ; nous avons les mêmes secours, les mêmes grâces, les mêmes sacrements ; mais il faut faire comme eux, renoncer aux plaisirs du monde, fuir le monde autant que nous le pourrons, être fidèles à la grâce : les prendre pour nos modèles ; car nous ne devons jamais perdre de vue qu'il nous faut être ou saints ou réprouvés, vivre ou pour le ciel ou pour l'enfer : il n'y a point de milieu.

Concluons, M.F., en disant que si nous le voulons, nous pouvons être saints, car jamais le bon Dieu ne nous refusera sa grâce pour nous aider à le devenir. Il est notre Père, notre Sauveur et notre ami. Il soupire avec ardeur de nous voir délivrés des maux de la vie. Il veut nous combler de toutes sortes de biens, après nous avoir donné, déjà dans ce monde, d'immenses consolations, avant-goût de celles du ciel, que je vous souhaite.
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jo zecat
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MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 19:59

He bien....Ya pa beaucoup d'amateurs ! Confused
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Peau d'âne



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MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 20:13

Confused Trop long à lire. J'ai parcourue un peu et lu quelques lignes Embarassed


Contrairement à Théophane la sainteté m'a toujours effrayée, parceque ce mot est associé à "souffrance" Et j'aime pas ça la souffrance. Mr.Red
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Théophane



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MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 20:25

Peau d'âne a écrit:
Contrairement à Théophane la sainteté m'a toujours effrayée, parceque ce mot est associé à "souffrance" Et j'aime pas ça la souffrance. Mr.Red
Mais la souffrance n'est pas une fin en soi. Je dirais que la souffrance librement acceptée est une condition suffisante et nécessaire pour aimer pleinement.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 20:30

Donc résumons.

Il y a deux saintetés:

1° Celle que voit Dieu et le Ciel et qui est liée au baptême d'eau et d'esprit (abaissement de soi/repentir et amour).

2° Celle qui est manifestée aux hommes de la terre comme un modèle médiatique. Ce sont les sainteté qui, confirmées par un mliracle du Ciel, ont le pouvoir d'attirer l'attention, l'admiration, l'imitation. Cette sainteté là est donc une conséquence de la première.

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MessageSujet: Re: La Sainteté   Sam 17 Fév 2007, 20:35

......et puis il faut s'entendre par souffrance....S'avancer en sainteté, c'est pas à tous les coups se retrouver stigmatisé Confused mais simplement exercer courageusement les vertus.

Mais c'est vrai, quand on est de nature coléreuse, par exemple, que de se retenir de "piquer une crise" à tout bout de champ, c'est une souffrance :colere: :greenange:
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Peau d'âne



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MessageSujet: Re: La Sainteté   Dim 18 Fév 2007, 12:48

Théophane : Mais la souffrance n'est pas une fin en soi. Je dirais que la souffrance librement acceptée est une condition suffisante et nécessaire pour aimer pleinement.


Je n'y crois pas à une souffrance librement acceptée. Une souffrance n'est pas un choix. Ce n'est que dans l'interprêtation de cette souffrance qu'on peut choisir d'y porter une notion sainte.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La Sainteté   Dim 18 Fév 2007, 14:19

Peau d'âne a écrit:
Théophane : Mais la souffrance n'est pas une fin en soi. Je dirais que la souffrance librement acceptée est une condition suffisante et nécessaire pour aimer pleinement.


Je n'y crois pas à une souffrance librement acceptée. Une souffrance n'est pas un choix. Ce n'est que dans l'interprêtation de cette souffrance qu'on peut choisir d'y porter une notion sainte.

Je suis assez d'accord avec Peau d'âne: on ne peut accepter que les petites souffrances.

La vraie souffrance (le désespoir) est nécessairement profondement refusée. Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement. Mais elle produit, malgré toute la révolte puis l'abattement qu'elle provoque, l'effet rédempteur nécessaire pour la Vision béatifique: une mort à soi-même.

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MessageSujet: Re: La Sainteté   Dim 18 Fév 2007, 14:28

Je me demande si plus on se donne à Dieu plus on est petit et aimant, n'est ce pas cela la Sainteté?
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La Sainteté   Dim 18 Fév 2007, 14:34

En Christ a écrit:
Je me demande si plus on se donne à Dieu plus on est petit et aimant, n'est ce pas cela la Sainteté?

J'en suis convaincu.

Et Jésus semble le confirmer:

Citation :
Matthieu 11, 25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit: "Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits.
Matthieu 11, 26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir.

Citation :
Matthieu 18, 2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux
Matthieu 18, 3 et dit: "En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux.

Citation :
Matthieu 7, 12 "Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux: voilà la Loi et les Prophètes.

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MessageSujet: Re: La Sainteté   Lun 19 Fév 2007, 13:52

Arnaud Dumouch : La vraie souffrance (le désespoir) est nécessairement profondement refusée. Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement. Mais elle produit, malgré toute la révolte puis l'abattement qu'elle provoque, l'effet rédempteur nécessaire pour la Vision béatifique: une mort à soi-même.

Notre confiance en Dieu est fortement éprouvée lorsque nous souffrons. Je dirais qu'elle va à l'encontre de notre réconciliation avec Dieu, paradoxalement elle porte en elle le sens de la mort. C'est à dire le retour concret, en l'essence de Dieu.

Dailleurs les grandes souffrances avec échéance de mort, se tournent vers Dieu. Alors que durant leur parcourt de vie, souvent, il en fut rien. Se battre contre la souffrance ce n'est pas se battre contre la douleur, mais contre l'absence de mots (sens) à mettre sur cette douleur.

Cela me fait penser à mon fils qui un jour me dis : la douleur est une vision de l'esprit loll. Ben je fus ravie de lui ressortir sa phrase lors d'une rage de dent. Laughing

Lorsqu'on peut mettre un nom sur une souffrance qu'elle soit de l'ordre du désespoir ou de l'ordre de l'organisation biologique ; on la comprend mieux. Mais certaines souffrances dépassent notre compréhension par l'utilité qu'on y met, elle nous porte alors hors du concept purement intellectuel humain, elle nous met sur le chemin de Dieu.
Non pas que cela enlève la douleur, mais qu'elle permet l'espoir de la fin de cette douleur.

La révolte ce passe entres, la douleur ou le désespoir, et, l'acceptation qu'ils n'ont de sens que par quelque chose de plus grands que l'existence de l'homme lui même.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La Sainteté   Lun 19 Fév 2007, 14:24

Merci, chère Peau d'âne. salut

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MessageSujet: Re: La Sainteté   Lun 19 Fév 2007, 14:27

En Christ a écrit:
Je me demande si plus on se donne à Dieu plus on est petit et aimant, n'est ce pas cela la Sainteté?

Etre petit et aimant n'interdit pas d'avoir de grands désirs


Citation :
.......
Mon Dieu ! Trinité Bienheureuse, je désire vous aimer et vous faire Aimer, travailler à la glorification de la Sainte Église en sauvant les âmes qui sont sur la terre et délivrant celles qui souffrent dans le purgatoire. Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m'avez préparé dans votre royaume, en un mot, je désire être Sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, ô mon Dieu, d'être vous-même ma Sainteté.

Puisque vous m'avez aimé jusqu'à me donner votre Fils unique pour être mon Sauveur et mon Époux, les trésors infinis de ses mérites sont à moi, je vous les offre avec bonheur, vous suppliant de ne me regarder qu'à travers la Face de Jésus et dans son Cœur brûlant d'Amour.

Je vous offre encore tous les mérites des Saints (qui sont au Ciel et sur la terre) leurs actes d'Amour et ceux des Saints Anges ; enfin je vous offre, ô bienheureuse Trinité ! l'Amour et les mérites de la Sainte Vierge, ma Mère chérie, c'est à elle que j'abandonne mon offrande la priant de vous la présenter. Son divin Fils, mon Epoux Bien-Aimé, aux jours de sa vie mortelle, nous a dit : « Tout ce que vous demanderez à mon Père, en mon nom, il vous le donnera ! » Je suis donc certaine que vous exaucerez mes désirs ; je le sais, ô mon Dieu ! (plus vous voulez donner, plus vous faites désirer). Je sens en mon cœur des désirs immenses en c'est avec confiance que je vous demande de venir prendre possession de mon âme. Ah ! je ne puis recevoir la Sainte Communion aussi souvent que je le désire, mais, Seigneur, n'êtes-vous pas Tout-Puissant ?... Restez en moi, comme au tabernacle, ne vous éloignez jamais de votre petite hostie...

Je voudrais vous consoler de l'ingratitude des méchants et je vous supplie de m'ôter la liberté de vous déplaire, si par faiblesse je tombe quelquefois qu'aussitôt votre Divin Regard purifie mon âme consumant toutes mes imperfections, comme le feu qui transforme toute chose en lui-même...

Je vous remercie, ô mon Dieu ! de toutes les grâces que vous m'avez accordées, en particulier de m'avoir fait passer par le creuset de la souffrance. C'est avec joie que je vous contemplerai au dernier jour portant le sceptre de la Croix ; puisque vous avez daigné me donner en partage cette Croix si précieuse, j'espère au Ciel vous ressembler et voir briller sur mon corps glorifié les sacrés stigmates de votre Passion...

Après l'exil de la terre, j'espère aller jouir de vous dans la Patrie, mais je ne veux pas amasser de mérites pour le Ciel, je veux travailler pour votre seul Amour, dans l'unique but de vous faire plaisir, de consoler votre Cœur Sacré et de sauver des âmes qui vous aimeront éternellement.

Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides, car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes œuvres.
Toutes nos justices ont des taches à vos yeux. Je veux donc me revêtir de votre propre Justice et recevoir de votre Amour la possession éternelle de Vous-même. Je ne veux point d'autre Trône et d'autre Couronne que Vous, ô mon Bien-Aimé !...

À vos yeux le temps n'est rien, un seul jour est comme mille ans, vous pouvez donc en un instant me préparer à paraître devant vous...

Afin de vivre dans un acte de parfait Amour, je m'offre comme victime d'holocauste à votre amour miséricordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse, laissant déborder en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont renfermés en vous et qu'ainsi je devienne martyre de votre amour, ô mon Dieu.

Que ce martyr après m'avoir préparée à paraître devant vous, me fasse enfin mourir, et que mon âme s'élance sans retard dans l'éternel embrassement de Votre Miséricordieux Amour...

ô mon Bien-Aimé, à chaque battement de mon cœur, vous renouveler cette offrande un nombre infini de fois jusqu'à ce que les ombres s'étant évanouies, je puisse vous redire mon Amour dans un Face à Face Éternel !...

Il est bon de se sentir pauvre, petit et impuissant mais il faut beaucoup désirer
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Arnaud Dumouch
Administrateur


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MessageSujet: Re: La Sainteté   Lun 19 Fév 2007, 14:32

Je suis d'accord avec vous, Jo. Vous voyez que je ne vous poursuis pas.

Mr.Red

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Arnaud
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La Sainteté
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