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 Les Chrétiens et la peine de mort.

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eric zeltz



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MessageSujet: Les Chrétiens et la peine de mort.   Dim 17 Déc 2006, 12:19

Voici une bonne synthèse de l'évolution et des positions anciennes et actuelles des chrétiens au sujet de la peine de mort. L'article étant assez long, je suis obligé de le tronconner.

Bonne lecture et bonne méditation.

PS à Arnaud: l'origine de cet article est la même que celui dont tu me demandais des renseignements: l'ACAT.


Citation :
LES CHRÉTIENS ET LA PEINE DE MORT

par Sylvie BUKHARI-DE PONTUAL
Présidente de la FI-ACAT


Saint Jérôme, dans ses Commentaires sur Ezéchiel, affirme : « Celui qui frappe les méchants dans leurs vices et porte un instrument de mort pour tuer les scélérats incorrigibles, celui-là est ministre de Dieu. » Au XXe siècle, au contraire, Martin Luther King, dans sa cellule de la prison de Birmingham en Alabama, écrit : « Toute injustice, où qu’elle se produise dans le monde, est une menace pour la justice partout ailleurs. Nous sommes pris dans un réseau de réciprocité auquel nous ne pouvons échapper, tous liés par une destinée commune. Ce qui touche directement l’un de nous, nous touche tous indirectement. »
D’après le théologien Jean-Marie Aubert, dans son ouvrage Chrétiens et peine de mort : « L’annonce évangélique de la primauté de l’amour, de la paix, du pardon et de la non-violence doit nous aider à dégager dans l’Ancien Testament ce qui préfigure ces valeurs évangéliques (illustrées par l’interdiction faite par Dieu de mettre à mort Caïn, pourtant meurtrier de son frère). »
Depuis la nuit des temps, le châtiment suprême est la peine de mort. Ainsi, la loi du talion, qui consistait à punir l’offense d’une peine identique, est dès le XVIIIe siècle avant J.-C. intégrée
au droit babylonien.
La répression est passée progressivement d’un réflexe de vengeance à une organisation rationnelle et scientifique de la sanction. Ce cheminement s’est poursuivi avec un effort continu pour ne plus incriminer que les actes portant une atteinte intolérable aux valeurs morales et sociales reconnues par la société. Tout au long de ce combat, le politique et le religieux furent intimement liés.

Historique
Le christianisme hérite de la tradition juive la légitimité de la peine de mort et trouve celle-ci mise en pratique quotidiennement dans l’Empire romain, son premier terrain d’expansion. Le souverain jouit alors du pouvoir divin sur l’homme, celui de supprimer la vie : « Vie pour vie, oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main » (Exode 21, 23-25) ; « Le vengeur du sang fera luimême mourir l’assassin ; quand il le rencontrera, il le tuera » (Nombres 25, 19).
La renaissance du droit romain au XIIe siècle fait connaître les textes législatifs des empereurs chrétiens et, de même qu’il y a une raison d’État, naît une « raison d’Église » : Le pape affirme alors dans la décrétale Vergentis in senium de 1199 : « Si les criminels de lèse-majesté sont condamnés à mort […], à plus forte raison ceux qui offensent le Christ doivent-ils être retranchés […], car il est beaucoup plus grave d’offenser la majesté éternelle que d’offenser la majesté temporelle. » Au Moyen Âge, l’Église livre le coupable au pouvoir laïc qui est alors contraint de procéder à l’exécution de la peine. L’interdépendance du religieux et du politique a fait du délit d’hérésie un délit politique, punissable de mort.
Pourtant, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le principe même de la peine de mort est mis en cause par les Vaudois. Ces derniers trouvent dans l’arsenal des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament de solides arguments contre la peine de mort tel : « Je ne veux point la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse. » Le pape Innocent III leur fait signer en 1208,
une formule d’abjuration où il est dit : « Nous affirmons, touchant la puissance séculière, qu’elle peut sans péché mortel exercer le jugement du sang, pourvu qu’elle procède, en portant la sentence, non par haine mais par jugement. »
Tous les juristes du Moyen Âge, laïques ou ecclésiastiques, partagent cette conception. Saint Thomas d’Aquin écrit au XIIIe siècle : « Si quelque individu devient dangereux pour la société et que son péché soit contagieux pour les autres, il est louable et salutaire de le mettre à mort au nom du bien commun » (Somme théologique) ; « Si celui qui tue volontairement son semblable commet un assassinat, il existe cependant des cas où la peine de mort peut être donnée sans péché, comme lorsqu’un soldat tue son ennemi ou qu’un juge prononce une peine capitale contre l’auteur d’un crime » (Sur le libre arbitre).
C’est ce même enseignement que l’on retrouve dans toute la théologie et la pratique de l’Église, par exemple, au moment de la Réforme. Une fois l’Église catholique officiellement reconnue par l’État, la répression des crimes par le pouvoir laïque est légalisée et pouvait aller jusqu’à verser le sang.
Avec l’apparition de la monarchie absolue, la charge de l’ordre public est confiée au seul souverain, les justices seigneuriales ou urbaines se voient privées du droit de vie et de mort. L’hérésie, autrefois du ressort des justices d’Église, est revendiquée par les cours royales. Mais les principes qui guident le législateur et les tribunaux n’ont guère changé. L’idée d’amender les criminels est totalement absente.
L’usage immodéré de la peine de mort n’est pas propre à la France : la Russie, l’Espagne et l’Allemagne y ont énormément recours.
George Fox (1624-1691), fondateur de la Société [religieuse] des amis – ou « Quakers » – ayant séjourné, pour ses convictions religieuses, dans les prisons anglaises, proteste auprès des magistrats et juges à propos des conditions de détention et de la peine de mort (la Société des amis est, ainsi, l’une des premières communautés de chrétiens à prendre position contre la peine de mort).
En 1764, la publication de l’ouvrage du juriste italien César Beccaria, le traité Des délits et des peines, qui remet en question la conception des châtiments dans les pays d’Europe, a un retentissement considérable. Le mouvement abolitionniste gagne, dès le XVIIIe siècle, de nombreux milieux intellectuels. L’abolition de la peine de mort se situe dans un contexte de contestation et d’idéologie de progrès social. Néanmoins, les exécutions continuent en Europe.
Dans le Nouveau monde, le pragmatisme de nombreux gouvernements aboutit à la disparition totale ou partielle (États-Unis) de la peine de mort, jugée inutile et barbare.
Partisans et adversaires de la peine capitale se départagent par leur conception du rôle de la peine dans la société : pour les premiers, cette peine sert uniquement à sauv garder l’ordre juridique et à maintenir l’ordre moral de la société ; pour les seconds, l’une des fonctions attribuée à toute peine étant l’amendement du criminel, la peine de mort apparaît comme absurde puisque l’exécution de la sentence ne permet pas à la personne de se corriger et l’exclut de façon définitive de la société.
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eric zeltz



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MessageSujet: Les Chrétiens et la peine de mort (Suite).   Dim 17 Déc 2006, 12:21

Citation :
Historique
Le christianisme hérite de la tradition juive la légitimité de la peine de mort et trouve celle-ci mise en pratique quotidiennement dans l’Empire romain, son premier terrain d’expansion. Le souverain jouit alors du pouvoir divin sur l’homme, celui de supprimer la vie : « Vie pour vie, oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main » (Exode 21, 23-25) ; « Le vengeur du sang fera luimême mourir l’assassin ; quand il le rencontrera, il le tuera » (Nombres 25, 19).
La renaissance du droit romain au XIIe siècle fait connaître les textes législatifs des empereurs chrétiens et, de même qu’il y a une raison d’État, naît une « raison d’Église » : Le pape affirme alors dans la décrétale Vergentis in senium de 1199 : « Si les criminels de lèse-majesté sont condamnés à mort […], à plus forte raison ceux qui offensent le Christ doivent-ils être retranchés […], car il est beaucoup plus grave d’offenser la majesté éternelle que d’offenser la majesté temporelle. » Au Moyen Âge, l’Église livre le coupable au pouvoir laïc qui est alors contraint de procéder à l’exécution de la peine. L’interdépendance du religieux et du politique a fait du délit d’hérésie un délit politique, punissable de mort.
Pourtant, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le principe même de la peine de mort est mis en cause par les Vaudois. Ces derniers trouvent dans l’arsenal des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament de solides arguments contre la peine de mort tel : « Je ne veux point la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse. » Le pape Innocent III leur fait signer en 1208,
une formule d’abjuration où il est dit : « Nous affirmons, touchant la puissance séculière, qu’elle peut sans péché mortel exercer le jugement du sang, pourvu qu’elle procède, en portant la sentence, non par haine mais par jugement. »
Tous les juristes du Moyen Âge, laïques ou ecclésiastiques, partagent cette conception. Saint Thomas d’Aquin écrit au XIIIe siècle : « Si quelque individu devient dangereux pour la société et que son péché soit contagieux pour les autres, il est louable et salutaire de le mettre à mort au nom du bien commun » (Somme théologique) ; « Si celui qui tue volontairement son semblable commet un assassinat, il existe cependant des cas où la peine de mort peut être donnée sans péché, comme lorsqu’un soldat tue son ennemi ou qu’un juge prononce une peine capitale contre l’auteur d’un crime » (Sur le libre arbitre).
C’est ce même enseignement que l’on retrouve dans toute la théologie et la pratique de l’Église, par exemple, au moment de la Réforme. Une fois l’Église catholique officiellement reconnue par l’État, la répression des crimes par le pouvoir laïque est légalisée et pouvait aller jusqu’à verser le sang.
Avec l’apparition de la monarchie absolue, la charge de l’ordre public est confiée au seul souverain, les justices seigneuriales ou urbaines se voient privées du droit de vie et de mort. L’hérésie, autrefois du ressort des justices d’Église, est revendiquée par les cours royales. Mais les principes qui guident le législateur et les tribunaux n’ont guère changé. L’idée d’amender les criminels est totalement absente.
L’usage immodéré de la peine de mort n’est pas propre à la France : la Russie, l’Espagne et l’Allemagne y ont énormément recours.
George Fox (1624-1691), fondateur de la Société [religieuse] des amis – ou « Quakers » – ayant séjourné, pour ses convictions religieuses, dans les prisons anglaises, proteste auprès des magistrats et juges à propos des conditions de détention et de la peine de mort (la Société des amis est, ainsi, l’une des premières communautés de chrétiens à prendre position contre la peine de mort).
En 1764, la publication de l’ouvrage du juriste italien César Beccaria, le traité Des délits et des peines, qui remet en question la conception des châtiments dans les pays d’Europe, a un retentissement considérable. Le mouvement abolitionniste gagne, dès le XVIIIe siècle, de nombreux milieux intellectuels. L’abolition de la peine de mort se situe dans un contexte de contestation et d’idéologie de progrès social. Néanmoins, les exécutions continuent en Europe.
Dans le Nouveau monde, le pragmatisme de nombreux gouvernements aboutit à la disparition totale ou partielle (États-Unis) de la peine de mort, jugée inutile et barbare.
Partisans et adversaires de la peine capitale se départagent par leur conception du rôle de la peine dans la société : pour les premiers, cette peine sert uniquement à sauv garder l’ordre juridique et à maintenir l’ordre moral de la société ; pour les seconds, l’une des fonctions attribuée à toute peine étant l’amendement du criminel, la peine de mort apparaît comme absurde puisque l’exécution de la sentence ne permet pas à la personne de se corriger et l’exclut de façon définitive de la société.
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eric zeltz



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MessageSujet: Les Chrétiens et la peine de mort (Suite 2).   Dim 17 Déc 2006, 12:24

Citation :
Positions actuelles des Églises chrétiennes
Après avoir gagné en partie les milieux théologiques protestants, l’extension dans le monde profane de l’abolitionnisme devait peu à peu faireévoluer les catholiques, invités par Vatican II à comprendre les hommes de leur temps, dans les valeurs qui les touchent le plus.
On peut cependant s’étonner qu’il ait fallu des siècles pour que l’Église du Christ se libère de l’impact du politique et revienne à une vision plus humaniste.
Les églises de la réforme
L’Alliance réformée mondiale réaffirme sa position en 1989 : « Là où la peine de mort est préconisée, l’amour rédempteur et réconciliateur de Dieu est violé. » En mars 1990, le Conseil oecuménique des Églises (COE) – qui a été créé en 1948 et qui regroupe la plupart des Églises protestantes et orthodoxes – a adopté une déclaration proclamant son opposition inconditionnelle à la peine de mort :
« Reconnaissant que tous les êtres humains sont créés à l’image de Dieu », il proclame « qu’en ôtant une vie humaine, l’État usurpe la volonté de Dieu » ; il « déclare son opposition inconditionnelle à la peine capitale, et demande à tous les États de l’abolir » ; il« demande instamment aux gouvernements de signer et de ratifier rapidement le deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, concernant l’abolition de la peine de mort » ; il « demande aux Églises membres, autant que possible en coopération avec des personnes d’autres confessions et des organisations non gouvernementales :
(a) de préconiser l’abolition de la peine de mort dans les États où elle demeure légale ;
(b) de s’opposer aux efforts de rétablissement de la peine de mort dans les États où elle est actuellement abolie ;
(c) de soutenir les efforts internationaux en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort ;
(d) de développer des arguments théologiques et bibliques pour aider leurs propres membres, et d’autres personnes, dans leurs efforts en vue de l’abolition de cette peine, et de réfuter les arguments bibliques et théologiques avancés par de nombreux partisans de la peine de mort ;
(e) de s’encourager et de s’appuyer mutuellement dans ces efforts, en partageant leurs idées, leurs ressources et leur solidarité. »
En décembre 1998, « le COE s’oppose depuis longtempsà l’application de la peine capitale, mais le recours à ce châtiment ultime est souvent souhaité par les victimes dans les sociétés où sévissent la criminalité et la violence. Il convient de condamner tout spécialement la peine capitale prononcée contre les jeunes. Les Églises ont la responsabilité de prôner la stricte observation des règles du droit international et des normes relatives au respect des droits de la personne humaine qu’il fixe pour le traitement des délinquants.»
L’Église catholique romaine
À partir de l’encyclique Evangelium vitae (1995), plusieurs prises de parole du pape Jean Paul II et de ses collaborateurs immédiats expriment explicitement une position favorable à l’abolition de la peine de mort.
Le 24 mars 1997, lors d’un colloque sur « Délits et peines » organisé par l’université de droit de Fordham (États-Unis), Mgr Renato Raffaele Martino, alors nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies (aujourd’hui président du Conseil pontifical Justice et paix), fonde sa réflexion sur les droits de l’homme, et particulièrement sur le
« droit fondamental et sacré à la vie » :
• En référence à l’encyclique, il estime qu’il y a des moyens non sanglants d’assurer la sécurité de la société.
• Enfin, il lie le respect de la vie du coupable au respect de la vie de l’enfant à naître qui est innocent : « Dans le débat sur la peine de mort, je suis d’accord avec vous pour reconnaître qu’il serait inconséquent de condamner la mise à mort du criminel coupable, en permettant en même temps – voire même en encourageant – la mort de l’innocent.» (Documentation catholique, 4 mai 1997, n° 2159, page 441).
Le nouveau Catéchisme de l’Église catholique de 1992, paru en 1993, n’exclut pas, « dans les cas d’une extrême gravité », le recours de l’autorité publique à la peine de mort.
Mais, dans sa version d’octobre 1998, le Catéchisme universel maintient la possibilité d’utiliser la peine de mort mais uniquement dans « les cas de nécessité absolue de suppression du coupable ». Il ajoute que ces cas exceptionnels « sont désormais assez rares sinon pratiquement inexistants ».
Cette dernière phrase est une avancée par rapport à la version de 1992, mais n’est néanmoins pas satisfaisante. Les multiples déclarations du pape pour demander la grâce de condamnés, ses nombreuses positions de refus de la peine de mort permettent de penser que les formulations ambiguës et inadmissibles du Catéchisme catholique sur ce sujet doivent être lues comme une interdiction de la pratique de la peine de mort. Mais la FIACAT souhaite que les textes officiels soient modifiés et mis en conformité avec les déclarations du pape. Elle exerce régulièrement des pressions en ce sens auprès du Saint-siège.
En signant, le 17 juillet 1998, le traité créant la Cour pénale internationale, qui ne prévoit pas la peine de mort, le Saint-Siège constate que « la destruction de la vie [est] incompatible avec les règles internationales qui fondent la Cour ». Ce faisant, il entérine objectivement l’abolition de la peine de mort.
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eric zeltz



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MessageSujet: Les Chrétiens et la peine de mort(Suite 3)   Dim 17 Déc 2006, 12:50

Citation :
Le pape Jean Paul II a, à de nombreuses reprises, en qualité de chef d’État et de représentant de
l’Église catholique romaine, appelé les représentants de pays non abolitionnistes à abolir la peine de mort à l’aube du XXIe siècle :
• 25 décembre 1998 : Jean Paul II, dans son message de Noël, appelle à prendre des « mesures urgentes et adaptées », entre autres pour « bannir la peine de mort ». (Documentation catholique, 17 janvier 1999, n° 2196, p. 51).
• 27 janvier 1999 : dans son homélie au cours de la messe célébrée en public à Saint Louis (Missouri,États Unis), Jean Paul II évoque à nouveau l’abolition de la peine de mort : « La nouvelle évangélisation a besoin de chrétiens qui soient sans réserve en faveur de la vie. […] La société moderne a les moyens de se protéger, sans ôter au criminel de manière définitive la possibilité de se corriger (cf. Evangelium vitae, 27). Je renouvelle l’appel, que j’ai lancé récemment à Noël, à un accord pour supprimer la peine de mort, qui est à la fois cruelle et inutile. » (Documentation catholique, 21 février 1999, n° 2198, p. 183.)
Ce n’est pas par la violence que l’on résout la violence. Fustigeant régulièrement la « barbarie de l’exécution et la cruauté d’une agonie inhumaine », Jean Paul II invite à contrer la culture de la violence et à s’engager résolument dans le sens de la vie sous toutes ses formes d’expression.
Le 2 novembre 1999, à l’occasion de la discussion sur l’abolition de la peine de mort par l’assemblée générale de l’ONU, Mgr Renato Raffaele Martino, Observateur permanent du Saint-Siège, fait une déclaration qui est un plaidoyer pour l’abolition de la peine capitale (La Documentation catholique, 19 décembre 1999, N° 2216) :
« Le droit à la vie est un droit inaliénable de toute personne humaine. Il s’ensuit que l’actuel projet de résolution soumis à notre discussion devrait être compris comme une puissante affirmation de la dignité de la personne humaine, du caractère sacré et de l’inviolabilité de la vie humaine. Les instruments internationaux sur lesquels s’appuie ce projet de résolution sont, de fait, des expressions contraignantes – et non pas des substituts – de ce principe de l’inviolabilité et du caractère sacré de la vie humaine.
[…] La position du Saint-siège est donc que les autorités, même pour les crimes les plus graves, devraient se limiter à user de châtiments qui n’entraînent pas la mort, étant donné que ces moyens « correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine” (Catéchisme
de l’Église catholique, n° 2267). Les États ont aujourd’hui à leur disposition de nouvelles possibilités pour “prévenir effectivement le crime, en rendant celui qui a commis une telle faute incapable de faire du mal, sans lui enlever définitivement la possibilité de se racheter” (cf. Jean Paul II, Evangelium vitae, 56.)
[…] Bien trop souvent, et en de trop nombreuses sociétés, le verdict de peine capitale s’accompagne d’inacceptables signes publics d’effroyable vengeance et de revanche. Bien trop souvent, ce sont les personnes qui sont des pauvres ou qui appartiennent à des minorités ethniques qui sont le plus susceptibles d’encourir cette peine. Même des jeunes et des personnes dont la capacité mentale est atténuée sont exécutés. Combien de personnes innocentes ont été exécutées par erreur ?
[…] Toute personne dont la vie prend fin dans une chambre à gaz, par pendaison, par une piqûre létale ou par un peloton d’exécution, est l’une d’entre nous : une personne humaine, un frère ou une soeur, aussi cruelles et inhumaines que puissent apparaître ses actions.
[…] L’activité criminelle exige une punition effective. Mais il n’existe aucune évidence définitive qui puisse encourager la croyance que la peine de mort réduit la probabilité de nouveaux crimes d’une extrême gravité. L’exploitation populiste de la peur ou de l’insécurité ne remplace pas la dure évidence. Le crime sera vaincu de manière significative par une large politique d’éducation morale, de travail effectif de la police et en s’attaquant aux racines de la criminalité. La peine devraitêtre assurée et proportionnelle au crime, mais elle devrait aussi avoir pour but de permettre au criminel, chaque fois que cela est possible, de devenir un membre constructeur de la
société. »
Tout est dit. Cette déclaration représente une évolution significative de la position officielle de l’Église catholique sur la peine de mort : d’une part, le lieu et les circonstances d’une telle prise de parole ; d’autre part, le statut de l’intervenant ; enfin l’ampleur et la cohérence de l’argumentation (autour des droits de l’homme et du respect de la vie de tout être humain) donnent à ce document un caractère fondamental et, on peut légitimement l’espérer, irréversible.
Il y a également de très nombreuses interventions des évêques contre la peine de mort à travers le monde : les évêques canadiens en 1973, les évêques américains à de multiples reprises depuis 1981, les évêques des Philippines en 1992, ceux de l’Irlande en 1981, ceux de Slovaquie en 1994, ceux du Brésil en 1993, ceux de France en 1991 :
• En 1973, les évêques canadiens jugent « abusif le recours à des textes bibliques – spécialement de l’Ancien Testament – pour justifier le maintien de la peine de mort ». Ils ajoutent : « Jésus-Christ condamne cette tendance habituelle de l’homme à répondre à une injure par une autre injure et invite plutôt à la magnanimité. » (« Les évêques canadiens et la peine de mort », La Documentation catholique, 4 mars 1973, n° 1627, p. 246.) ;
• En 1991, les évêques de France se sont exprimés contre la peine de mort : « Pour des raisons diverses, beaucoup de pays ont aboli la peine de mort. Le chrétien ne peut que se réjouir de voir ainsi se développer le sens du respect absolu de la vie. Cependant, la justice doit être assurée et la société protégée. Mais, quels que soient ses crimes, une personne humaine reste un enfant de Dieu que l’on doit respecter comme tel. L’espérance chrétienne croit toujours l’homme capable de s’amender. » (Les évêques de France, Catéchisme pour les adultes,
n° 588) ;
• En 1999 notamment, les évêques américains expriment bien ce contre-témoignage de la violence pour enrayer la violence : « […] Nous appelons toutes les personnes de bonne volonté, et particulièrement les catholiques, à oeuvrer pour l’abolition de la peine de mort […]. Nous cherchons à instruire et convaincre nos concitoyens que cette punition est souvent injuste et entachée de racisme. Nous nous opposons aux lois des États qui autorisent la peine capitale et aux lois fédérales qui voudraient étendre son champ d’application […]. Nous soutenons pleinement et encourageons ces tentatives et d’autres pour renforcer la dignité de toute vie humaine […].
Notre affirmation du respect de la vie est d’autant plus évidente quand nous demandons de respecter la vie de tous et de chacun, y compris la vie de ceux qui n’ont pas su montrer un tel respect aux autres. L’antidote à la violence est l’amour, et non davantage de violence […]. Nous nous opposons à la peine capitale non seulement pour le sort qui attend les coupables de crimes affreux mais également pour l’impact que cela a sur notre société. La confiance croissante dans la peine de mort nous abaisse tous, c’est le signe d’un manque grandissant de respect de la vie humaine. Nous ne pouvons vaincre le crime en exécutant simplement les criminels, pas plus que nous ne rendons la vie aux innocents en arrêtant la vie des meurtriers. La peine de mort offre l’illusion tragique que nous pouvons défendre la vie en la prenant […]. Par l’éducation, par l’argumentation, par la prière et la contemplation de la vie de Jésus, nous devons nous impliquer par principe dans un témoignage opiniâtre contre la peine de mort, contre une culture de mort et pour l’Évangile de la Vie. » (Communiqué de la Conférence des évêques américains, 2 avril 1999.)
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eric zeltz



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MessageSujet: Les Chrétiens et la peine de mort(Suite 4)   Dim 17 Déc 2006, 12:52

Citation :
Les Églises orthodoxes
Il n’y a pas de position unifiée des Églises orthodoxes, toutes autocéphales et indépendantes.
Selon Nicolas Berdiaev, théologien orthodoxe de la première moitié du XXe siècle : « Nul homme,
pris à part, ne peut être une incarnation et une personnification du mal. Chacun n’est porteur que d’une parcelle du mal, ce qui fait qu’il est impossible de porter un jugement définitif sur qui que ce soit, et c’est ce qui pose les limites au principe du châtiment. Un homme peut bien commettre un crime, mais l’homme, en tant que personne complète, ne peut être un criminel, et on ne doit pas le traiter comme une incarnation du crime : il reste une personne, il porte en lui l’image de Dieu […]. » (De l’esclavage et de la liberté de l’homme.)
En mai 1998, Alexis II, patriarche de Moscou (Russie), précise : « La peine capitale constitue un homicide avec préméditation et une violation du commandement biblique enjoignant de ne pas tuer. »
Toutefois, historiquement étroitement liée à un pouvoir politique autoritaire et centralisateur, l’Église orthodoxe russe a, ces dernières années,été influencée par les conceptions sécuritaires de lutte contre le terrorisme.
Ainsi, même si la Russie observe un moratoire sur la peine de mort, l’Église orthodoxe protège et appuie la guerre en Tchétchénie, en la qualifiant de « sainte guerre » et de « lutte patriotique ». En janvier 2000, le patriarche Alexis II a décoré luimême les généraux menant les opérations dans le Caucase.
Le métropolite Kirill a pu affirmer : « Aux droits de l’homme admis par la société correspondent les devoirs de l’homme devant la société. »
Aujourd’hui, l’Église orthodoxe russe « ne serait pas totalement contre la peine de mort ». Elle la légitime encore par « l’état de la criminalité du moment ».
Argumentaire des chrétiens
… Elle ne respecte pas le droit à la vie
L’homme coupable ne doit pas tenir son droit de vivre d’autres hommes qui l’en jugent digne. Le droit à la vie est un absolu, et la peine de mort l’une des formes du mépris de la vie. La peine de mort est la négation même du droit de l’homme le plus fondamental, celui du droit à la vie, tel qu’énoncé dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, et qui devrait s’imposer d’abord, évidemment, à l’État. Elle est considérée comme la forme ultime de traitement cruel, inhumain et dégradant. Les années passées dans les couloirs de la mort peuvent également être assimilées à une forme de torture, universellement interdite par la Convention contre la torture de 1984. Le droit au respect de la vie, droit intangible qui fonde les autres, est par sa nature même universel. Parlez des droits de l’homme à la femme africaine dont la fille a été violée et tuée pour des raisons raciales ; ou parlez-en à un homme vivant sous une dictature, dont le fils a été arrêté et est mort sous la torture… Vous n’avez pas besoin de leur dire ce que sont les « droits de l’homme » : ils le savent beaucoup mieux que nous !
Cette conception rejoint celle du chrétien et de tout croyant, pour qui la vie est un don de Dieu. L’homme a été créé à l’image de Dieu. La dignité de la personne est au coeur de nos convictions. À l’image de Dieu, son créateur, un être humain a droit au respect de sa vie et de son intégrité, physique et psychique.
Un condamné à mort, c’est, d’abord, un être en souffrance. Certes, personne ne l’oublie, ce peut être un meurtrier…, coupable, jugé et condamné légalement. Ce n’est pas, généralement, un innocent. Mais un contact, même réduit à un échange de lettres, permet à la personne d’exprimer qui elle est, quelle a été son éducation, bref son histoire. L’Évangile emploie le mot de « visite » : « J’étais prisonnier et vous m’avez rendu visite.»
Chez tout homme créé par Dieu il y a toujours la possibilité d’un renouveau, d’une ouverture à l’Esprit dans l’amour infini du Père.
Ce n’est pas la mort du criminel qui va apaiser la douleur de ceux qui ont perdu brutalement l’un des leurs. Personne, individu, groupe, État, nation, n’a le droit de détruire cette vie, comme le rappellent aussi bien l’Ancien que le Nouveau Testament :
•« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu, il le créa. » (Genèse 1,27).
• «Vous avez appris qu’il a été dit : oeil pour oeil, et dent pour dent. Et moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Vous avez appris qu’il a été dit : tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. »
• « Le Seigneur mit un signe sur Caïn pour que personne en le rencontrant ne le frappe. » (Genèse 4,15)
•« Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, mais il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent mais que tous parviennent à la conversion. La longue patience du Seigneur, c’est votre salut ! » (deuxième lettre de Pierre 3,9-15).
• « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Dans la loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Et toi qu’en dis-tu ? » « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » « Moi non plus, je ne te condamne pas : va, et désormais ne pèche plus » (Jean, 8,3-11)
Dans l’humanisation de nos sociétés, les Églises ont une mission et un rôle de premier plan. La parole attendue des Églises n’est pas un discours de conformité aux pratiques encore en cours dans certains États, mais l’annonce novatrice d'« une culture de vie ».

… Elle ne permet pas au coupable de s’amender
La peine de mort est irréversible. Elle interrompt tout processus de guérison, de réinsertion sociale, et est de ce point de vue l’aveu d’un échec de la société à se montrer solidaire envers ceux de ses membres les plus marginaux. Donner la mort à un être humain, c’est le supprimer, ce n’est pas le punir.
La vie en société, tant qu’il y aura des hommes, ne peut se réaliser sans lois ni sanctions. Mais la proclamation, par Jésus, de la miséricorde comme source de bonheur peut inspirer juristes et politiques dans leur recherche de sanctions autres que la mise à mort.
La confiance dans les capacités de l’être humain de se relever et de modifier sa vie est confirmée dans l’Écriture. Entre la condamnation et l’exécution d’un meurtrier, le temps a passé. Des changements dans le comportement de la personne se sont réalisés. Celui que l’on tue maintenant n’est pas exactement le même que celui qui, naguère, a tué. Un être humain n’est pas réductible à un ou plusieurs actes et n’est pas enfermé dans ce qu’il a fait. Il est plus que ce qu’il a fait.
Un choix moral
En définitive, l’abolition est un choix moral. Il ne faut donc l’assortir d’aucune restriction ni d’aucune réserve. Quant aux propositions de maintien de la peine de mort au regard de la qualité des victimes, notamment au regard de leur faiblesse particulière ou des risques plus grands qu’elles encourent, elles méconnaissent une évidence : toutes les victimes sont pitoyables et toutes
appellent la même compassion.
Parce qu’aucun homme n’est totalement responsable, parce qu’aucune justice ne peut être absolument infaillible, la peine de mort est moralement inacceptable.
Pour ceux d’entre nous qui croient en Dieu, Lui seul a le pouvoir de choisir l’heure de notre mort. Pour tous les abolitionnistes, il est impossible de reconnaître à la justice des hommes ce pouvoir de mort parce qu’ils savent qu’elle est faillible. Nous n’acceptons pas la survivance de la peine de mort et ce, partout dans le monde. Chaque exécution heurte nos consciences, chaque mise à mort mutile notre humanité. Nous devons réaffirmer avec force notre refus de la peine de mort, le caractère inacceptable qu’elle revêt à nos yeux.
Cela implique, bien sûr, que l’on en termine avec la peine de mort mais aussi que l’on s’interroge sur ces autres peines d’élimination que sont les peines à perpétuité, infligées en substitution de la peine de mort.
Le monde a proclamé les droits de l’homme, leur universalité et leur indivisibilité. L’enjeu est bien de restituer à chacun ses droits au sein de la communauté humaine. La société doit être bâtie sur des valeurs différentes de celles qu’elle condamne, et la première de ces valeurs est le respect de la personne humaine, de la vie et de son intégrité.
Le combat contre la peine de mort n’est pas enfermé dans des frontières nationales mais atteint l’universel. Il n’est pas limité dans le temps mais se poursuivra aussi longtemps qu’un seul État continuera à tuer.
Pourquoi ? Parce qu’abolir la peine de mort, c’est affirmer, dans le monde entier, que les droits de l’homme font de l’humanité un seul visage dont procède la voix qui interdit le meurtre. Parce qu’abolir la peine de mort, c’est proclamer que nous partageons tous la même humanité : « Je ne sais pas comment on ose confier le droit de supprimer la vie. Vous vous souvenez d’Auschwitz, là aussi on faisait confiance aux autorités […]. Ecoutez bien le discours, il est exactement le même dans les deux cas : on supprime des sous-hommes […]. Un sous-homme, pour moi, cela n’existe pas. Il y en a qui commettent des crimes affreux, mais l’humanité est toujours là, parfois enfouie très loin. » (Soeur Helen Prejean, abolitionniste américaine, 1999.)
Conclusion
Ce survol de l’histoire occidentale montre qu’à l’inverse des siècles passés, où l’interdépendance du politique et du religieux ne permet pas une réflexion humaniste autour de la peine de mort, l’époque moderne voit émerger un refus des exécutions capitales autant du côté religieux que du côté politique, dessein plus proche des valeursévangéliques définies dans les Écritures.
À l’initiative de la communauté de Sant’Egidio, la campagne pour l’appel à un moratoire sur la peine de mort au niveau international en est un exemple vivant. Soutenue par l’archevêque anglican Carey, l’Église luthérienne suédoise, les Églises évangéliques de Bavière et de Saxe, le Conseil méthodiste mondial, de nombreux cardinaux et évêques catholiques, relayée par de nombreuses organisations non-gouvernementales comme la FIACAT, cette campagne s’est d’abord voulue oecuménique. Elle a mobilisé diverses autres religions avec le président indonésien musulman Wahid, des shintoïstes japonais et des bouddhistes coréens, l’Union des communautés juives d’Italie… et a bénéficié aussi du soutien de personnalités de tous horizons politiques. Cette solidarité entre les représentants politiques et les représentants des différentes Églises ou confessions est un signe optimiste et montre qu’il est possible d’oeuvrer ensemble pour l’abolition de la peine de mort au niveau mondial.
La peine de mort est une aberration. Elle est inhumaine. Elle est dégradante. Elle procède de la vengeance et non de la prévention. Elle tue et ne guérit pas. La peine de mort n’a pas d’effet dissuasif. Elle perpétue la violence. Elle ne rend pas la justice, elle la dénie. La peine de mort constitue une violation brutale, absolue et irréversible des droits de l’homme.
La peine de mort reste, encore aujourd’hui, quel que soit le contexte, un châtiment cruel et injuste, qui porte atteinte de façon inacceptable aux droits fondamentaux et à la dignité humaine, et que son caractère légal rend encore plus intolérable. Il est inadmissible que la justice ait encore, dans certains pays, le droit de tuer et de porter atteinte à l’intégrité physique et morale de l’individu
jusqu’à lui ôter la vie.
Promouvoir le retour de la peine de mort, c’est aller contre la pensée des Églises. C’est aussi contraire à l’Évangile.
En juin 2001, au cours du premier Congrès mondial contre la peine de mort à Strasbourg (France), Mgr Richard Gallagher, observateur permanent du Saint-Siège au Conseil de l’Europe, rappelle la position de Jean Paul II, et conclut ainsi (La Documentation catholique, 2 décembre 2001, n° 2259, p. 1029) : « Il est encourageant de constater une prise de conscience de plus en plus vive du fait qu’il est temps d’abolir la peine de mort.
[…] Plus que jamais il est nécessaire que la dignité inaliénable de la vie humaine soit universellement respectée et reconnue dans sa valeur infinie. Le Saint-Siège s’est engagé à continuer de rechercher l’abolition de la peine capitale et de défendre la vie humaine à toutes les étapes de son développement. C’est un défi face à toute affirmation d’une culture de mort.
[…] Là où la peine de mort est un signe de désespoir, la société civile est invitée à affirmer sa foi en une justice qui sauve l’espérance menacée par les maux dont notre monde est envahi. L’abolition universelle de la peine de mort réaffirmerait, de manière courageuse, la conviction que l’humanité peut réussir à traiter le problème de la criminalité, ainsi que notre refus de succomber au désespoir face à de telles forces. Cela ferait renaître une nouvelle espérance en notre propre humanité. »
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Les Chrétiens et la peine de mort.
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