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 POLOGNE : génocide polonais et résistance

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Chantecl
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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Lun 01 Jan 2007, 15:48

La contre-révolution — le pouvoir contre la société

La création d’une grande organisation sociale indépendante, telle que « Solidarność », fut tout à fait contraire à la nature même du régime communiste. Les tendances à restituer le monopole du pouvoir dominaient au sein de la direction du POUP qui subissait des pressions des autres régimes des pays communistes voisins et craignait la menace de l’intervention soviétique.
Les plans d’affaiblir ou de diviser «Solidarność » se sont avérés dans les années 1980–81 peu réalistes. Ils avaient donc comme alternative la préparation de l’état de siège ce que l’on faisait en secret presque dès le jour de la signature des Accords d’août, à partir de septembre 1980.
Déjà au cours de la grève, en août 1980, l’état-major du Ministère des Affaires intérieures élabora un plan de pacification des Chantiers navals. Mais la direction du parti voulut éviter l’effusion de sang – la mémoire des événements de Décembre 70 restait toujours vive.
Une commission soviétique spéciale pour les affaires de la Pologne, dite Commission de Souslov, préparait aussi un plan d’intervention militaire - le 29 août quatre divisions devaient être prêtes à agir. Engagés dans la guerre en Afghanistan, incertains de l’attitude de l’armée polonaise, mais sûrs de la détermination de la résistance de la société polonaise et de la condamnation de l’Occident, les dirigeants soviétiques ne se sont pas décidés à ouvrir un «deuxième front ».
D’autre part, le 8 décembre 1980, les forces armées du Pacte de Varsovie étaient prêtes à intervenir en Pologne — 18 divisions de l’URSS, de la RDA et de la Tchécoslovaquie se trouvaient à la frontière. La décision de renoncer à cette action fut prise à la dernière minute, considérant que le moment n’était pas propice pour procéder à une attaque (entre autres après la mise en garde univoque du président des Etats-Unis, Jimmy Carter). Plus tard, les Soviétiques menaçaient souvent d’intervenir. On le craignait en Pologne et cette menace devenait souvent un argument contre la radicalisation des revendications par le Syndicat. (D’où la définition du phénomène: « une révolution auto-restrictive »).
Au cours de l’année 1981, les Soviétiques constataient de plus en plus clairement qu’ils ne voulaient pas intervenir en Pologne, que l’ordre devait être instauré par les camarades polonais eux-mêmes.
Les communistes polonais ne pouvaient pas savoir que le 10 décembre 1981, trois jours avant l’instauration de l’état de siège, pendant la session du Bureau politique du PCUS, Youri Andropov avait dit : « Nous n’envisageons pas d’intervention militaire en Pologne. C’est une position juste et nous devrions nous en tenir jusqu’à la fin. Je ne sais pas comment le problème sera tranché mais même si la Pologne se trouve sous le pouvoir de «Solidarność», ce ne sera qu’une chose. [...] Nous devons prendre soin de notre pays ».
L’Union soviétique admettant l’existence de la Pologne de «Solidarność » perdait la force de puissance globale. Mais en Pologne ni la société ni le pouvoir agissant au nom de cette puissance ne le savaient pas.

L’état de siège

Le 13 décembre 1981, le général Wojciech Jaruzelski, qui se trouvait à la tête du pouvoir, décréta en Pologne l’état de siège. Des blindés de transport, l’armée et les ZOMO (unités spéciales mécanisées de la Milice) sortirent dans les rues, toutes les liaisons téléphoniques furent coupées. La structure de l’Etat fut militarisée. Entre autres, l’activité de toutes les organisations, associations et syndicats fut suspendue, un dispositif de justice sommaire introduit, le couvre-feu instauré.
La première nuit du 12 au 13 décembre, la majorité des dirigeants de «Solidarność », les militants des entreprises reconnues comme particulièrement importantes, les intellectuels qui soutenaient le mouvement, furent internés (officiellement plus de cinq mille personnes furent arrêtées, mais avec le temps leur nombre devint plus important; en décembre 1982 – malgré les libérations – on nota plus de 10 mille internés).
« Solidarność » se laissa surprendre- le syndicat ne se préparait pas à une résistance physique, armée; il fut perplexe face aux forces militaires utilisées par l’Etat.
Et pourtant, dès les premiers moments de l’état de siège, la résistance naissait, résistance qui d’abord prit une forme de grèves d’occupation. Mais les forces unies de la milice et de l’armée pacifiaient brutalement les entreprises successives en grève. En Silésie, la milice tira contre les mineurs qui défendaient la mine de charbon «Wujek » à Katowice (il y avait 3 mille grévistes) – neuf morts telles furent les premières victimes mortelles de «l’instauration militaire de l’ordre ». (Au total, 115 morts - victimes directes de l’état du siège)
Organisées plus tard dans les rues, les manifestations contre l’état de siège rencontraient la même réponse brutale — dispersées par la milice qui utilisait les gaz lacrymogènes, des canons à eau, des matraques.
Le décret sur l’état de siège permit d’introduire des règles juridiques qui servaient de base pour arrêter et condamner des milliers de personnes. Durant l’état de siège formel – jusqu’à 22 juin 1983, presque 12 mille personnes furent condamnées. Les arrestations se poursuivaient toujours jusqu’à l’automne 1986.
Bien que délégitimé, le syndicat continua pendant sept ans son activité clandestine.


Dernière édition par le Mar 02 Jan 2007, 15:37, édité 1 fois
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Chantecl
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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Mar 16 Jan 2007, 12:04

La liberté en clandestinité

Au début de l’état de siège, vu l’impossibilité totale de communiquer (entre autres les liaisons téléphoniques coupées, l’interdiction de quitter les villes sans laissez-passer spéciaux, la fermeture de toutes les rédactions de journaux sauf deux de propagande du parti), «la parole libre » devint une marchandise des plus recherchées - presque partout d’abord des réseaux de collecte et de transfert des informations furent organisés. C’était le noyau de la «société clandestine » — comme l’a défini l’un des dirigeants de « Solidarnośc » renaissante.
Déjà en avril 1982, la Commission provisoire de coordination – direction nationale de «Solidarność » se constitua. Elle se composait de dirigeants des régions les plus grandes et les mieux organisées en clandestinité, de ceux qui réussirent à éviter l’internement et l’arrestation — Władysław Frasyniuk, Zbigniew Bujak, Władysław Hardek et Bogdan Lis. Ils avaient pour objectif de mener des actions visant la levée de l’état de siège, la libération de tous les internés et arrêtés ainsi que la restitution en droit de NSZZ « Solidarność ».
L’un de leurs plus grands objectifs à cette époque fut la préparation à la confrontation avec le pouvoir le 31 août 1982, date du deuxième anniversaire de la signature des Accords de Gdańsk (des rumeurs commencèrent à circuler que «Solidarność » s’armait). Dans 66 localités de Pologne, on organisa des manifestations auxquelles prirent part quelques dizaines de milliers de personnes. Dans de nombreuses villes, des confrontations eurent lieu, des centaines de personnes furent blessées, à Lubin la milice utilisa des munitions de tir réel — cinq personnes furent tuées. Ce fut la preuve d’une part de l’intransigeance du pouvoir communiste et de l’autre - de la détermination de la société dans sa lutte contre ce pouvoir et en somme le manque de perspectives pour un rapide changement de situation. Les structures de «Solidarność » devenaient de plus en plus certaines qu’il fallait se préparer à une «longue marche ».
« Solidarność » clandestin, ce ne fut pas seulement une activité à caractère politique, mais aussi une culture et une éducation indépendantes, et surtout un réseau des éditions clandestines, indépendant du pouvoir, car créé en dehors du contrôle de la censure. Il se développa à une échelle jamais et nulle part encore connue malgré les arrestations et les condamnations non seulement des éditeurs, des imprimeurs mais aussi des colporteurs des «samizdats ». Le plus important journal clandestin, publié pendant l’état de siège, l’hebdomadaire «Tygodnik Mazowsze », atteignait un tirage de 80 mille exemplaires. Durant la période de l’opposition organisée, dans les années 1976–90 (jusqu’au moment de l’abolition de la censure), mais principalement après l’instauration de l’état de siège, le 13 décembre 1981, en Pologne virent le jour près de 5000 titres de tracts, de bulletins, de journaux et de revues publiés en clandestinité et près de 7000 titres de livres et de brochures. On estime que près de 100 mille personnes avaient un contact permanent avec ces publications, et un contact sporadique — de 200 à 250 mille.
Pendant toutes ces années, des expositions, des conférences, des concerts et même des spectacles de théâtres indépendants furent organisés d’habitude dans les salles près des églises, mais aussi dans des appartements privés. Cette activité était dans une certaine mesure coordonnée et financée par divers comités sociaux, et par la suite, par «le ministère clandestin de l’intelligentsia » — OKNo (éducation, culture, science), créé en 1983.

L’aide de l’Occident

De l’importance de la Pologne du temps de «Solidarność », considérée comme une île de liberté dans le bloc soviétique, témoigne la réaction du monde au moment de l’instauration de l’état de siège. La solidarité internationale des pays démocratiques avec la Pologne dépourvue de liberté surmontait les frontières établies par les communistes.
La France, l’Allemagne, la Suède, la Grande-Bretagne, l’Autriche, les Etats-Unis et beaucoup d’autres pays réagirent à l’état de siège et aux représailles contre «Solidarność » en offrant à la société polonaise un soutien moral et matériel à une échelle jusqu’alors inconnue. Tout de suite après l’instauration de l’état de siège, les syndicats en France et dans les autres pays organisèrent des collectes publiques d’argent et l’envoi de colis. Plus tard, à cette aide s’associèrent - la Confédération internationale des syndicats libres et la Confédération mondiale du Travail.
L’Occident envoyait en Pologne des transports avec l’aide humanitaire (nourriture et médicaments) – parfois énormes, composés de quelques dizaines de gros poids lourd. L’aide technique pour l’opposition polonaise fut aussi trafiquée – encre d’imprimerie, matrices, photocopieurs, reproductrices, et même des machines d’imprimerie.
Pour les dirigeants communistes en Pologne, cette énorme aide octroyée à «Solidarność » fut en même temps une preuve que leurs actions n’auraient pas de soutien international. Ce fut au fait l’annonce de leur isolement presque total par l’Occident.

La dernière attaque du système

Les fonctionnaires communistes polonais attaquèrent la société polonaise au nom de l’empire – de l’URSS. Ils n’avaient pas gagné, cette attaque, bien que militairement réussie, signifiait la défaite définitive — sociale et économique — du système. Les années successives de «l’état de siège » (1981–1988), qui paralysait la Pologne, n’avaient pas redonné au pouvoir l’efficacité d’action. La mémoire des 10 millions de membres de «Solidarność » freinait aussi ses actions répressives.
L’expérience avec «Solidarność » fut certainement pour Moscou une impulsion pour la politique de la Perestroïka, d’après laquelle il ne fut plus possible de diriger les nations recourant uniquement aux méthodes de la terreur. Le cours dur envers les adversaires du système, de plus en plus nombreux aussi bien en URSS que dans les autres pays du bloc soviétique, ne parvenait pas à changer l’état désastreux de l’économie, et détériorait en même temps la situation internationale. On commença à chercher d’autres solutions.
En 1985, avec l’arrivée au pouvoir à Kremlin de Mikhaïl Gorbatchev, apparut le mot d’ordre de transformation du système. L’empire soviétique, plongé dans une crise profonde, devait être sauvé par la politique des réformes économiques et par une certaine libéralisation. Mais la Perestroïka n’a pas donné les effets escomptés — en 1988 l’empire commença à s’effondre, les républiques baltes menaient déjà une lutte ouverte pour l’indépendance. Les dirigeants des Etats «frères » commençaient à perdre le soutien de l’Union soviétique pour leurs luttes internes contre leurs sociétés.

Le retour de «Solidarność »

Le premier signe des changements en Pologne dans les rapports pouvoir-opposition, ce fut la libération de tous les prisonniers politiques à la mi-septembre 1986. En réponse, Lech Wałęsa et un groupe d’intellectuels adressèrent au président des Etats-Unis un appel demandant la levée des sanctions économiques imposées à la RPP (octobre 1986). Ce fut le premier signe que l’opposition était disposée à négocier avec le pouvoir.
Le 29 septembre 1986, vit le jour le Conseil provisoire de «Solidarność » qui avec Lech Wałęsa à sa tête mena son activité au grand jour en tant que direction du Syndicat qui restait toujours illégal. D’autres structures du syndicat clandestin «Solidarność » se manifestèrent dans diverses régions. Le processus de la relégalisation de «Solidarność », lent, très difficile et éveillant beaucoup de controverses parmi ses militants mêmes, commença.
En 1988, la vague de grèves revint soudain. D’abord, en mai, les grèves non seulement n’embrassèrent pas un grand nombre d’entreprises, mais elles furent, malgré les tendances de conciliation, vite et brutalement pacifiées (à Nowa Huta on malmena quelques dizaines de personnes, on arrêta le Comité de grève). En août, elles embrassèrent cependant les mines en Silésie, les Chantiers navals de Gdańsk et beaucoup d’entreprises dans plusieurs voivodies. Cela avait l’air d’une répétition d’août 80.
Les autorités ont exprimé leur disposition à négocier — le 31 août une rencontre avec Wałęsa eut lieu. Commença la préparation des entretiens généraux entre le gouvernement et l’opposition à la «table ronde ».

Le changement négocié du système

Les débats de la Table Ronde polonaise duraient à partir du 6 février au 5 avril 1989. Y prirent part 230 représentants de l’opposition, principalement issus des milieux de «Solidarność », convoqués par Lech Wałęsa. Y fut négocié le nouvel enregistrement du NSZZ «Solidarność ». Y fut concerté un paquet de réformes politiques, parmi lesquelles le plus important - le droit à 1/3 de sièges à la Diète à l’issue des élections libres et les élections libres au Sénat restitué. Les candidats de l’opposition obtinrent la garantie de pouvoir mener une campagne électorale et de fonder un journal lié à «Solidarność » («Gazeta Wyborcza »).
Les élections au Parlement, en juin 1989, apportèrent aux communistes une défaite écrasante. Pour la première fois en Pologne d’après-guerre, la société fut autorisée à participer au pouvoir. Les candidats de «Solidarność » gagnèrent 160 sièges à la Diète (presque tous les mandats qu’ils avaient le droit d’avoir) et 99 sièges sur 100 au Sénat.
Ce résultat des élections signifiait en Pologne la fin du communisme — la création du premier gouvernement non communiste au sein du bloc soviétique, la levée de la censure, l’entrée sur la voie de la construction de la démocratie.

La fin de « Yalta »

En 1989, lorsque l’autorisation soviétique pour des changements très profonds, négociés à la Table Ronde polonaise, devint évidente, vint le tour de la Hongrie où le pouvoir et l’opposition se sont mis aussi à table de négociation. Les autres sociétés de l’Europe centrale et orientale : la RDA, la Tchécoslovaquie, les républiques baltes, dénonçaient à leur tour l’obéissance au pouvoir communiste...
Pendant «la révolution de velours » à Prague, l’historien Timothy Garton Ash dit à Vaclav Havel : « En Pologne cela dura 10 ans, en Hongrie 10 mois, en RDA 10 semaines, peut-être en Tchécoslovaquie cela ne prendra que 10 jours? ».
Entre août 1980 et novembre 1989, la plus grande révolution pacifique en Europe d’après-guerre eut lieu - entre la porte des Chantiers navals de Gdańsk et la Porte de Brandebourg à Berlin. Comme conséquence du processus initié par « Solidarność », «tomba » le mur de Berlin — symbole du partage de l’Europe après Yalta. La solidarité sociale est devenue force motrice des changements intervenus.
Les événements de l’Automne des Peuples de 1989 rappelaient très peu le «temps des négociations » en Pologne au tournant des années 1988/89, ils se referaient plutôt à l’explosion d’août 80, tous aussi (à l’exception de la Roumanie) – furent des révolutions pacifiques.
Le changement, qui s’effectua dans les années 80 et 90 au sein du bloc soviétique, confirma l’importance qu’avaient pour l’histoire de l’Europe les journées de cet Août 80 polonais. D’une part, elles ont freiné l’agressivité du système, et de l’autre – elles ont éveillé l’imagination sociale, renforcé le courage. Et bien que les divisions armées ne fussent présentes que d’un côté, deux forces se sont affrontées. Plus longue était l’attente d’une attaque, plus importante devenait l’attitude des masses sans défense.
L’Union soviétique s’effondra. De nouveaux Etats indépendants virent le jour : la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, l’Ukraine...
En octobre 1992, les dernières divisions de l’Armée soviétique qui stationnaient à Świnoujście quittèrent le territoire de la République de Pologne.
Mais le système soviétique survécut sous diverses formes dans une partie de l’ancien empire. La vague de liberté apparaissait cependant ici aussi, elle se soulevait même en Russie mais retombait. En Biélorussie, elle avéra d’une faiblesse exceptionnelle. Mais elle ne disparut nulle part.
La victoire de la révolution orange en Ukraine où la détermination de la foule qui rassembla de milliers de personnes dans les rues, soutenue solidairement par des personnes venues des autres pays, y compris le soutien fort et nombreux venu de Pologne, rappelait ce climat polonais de l’époque de solidarité de l’année 1980. C’est un succès de plus du refus collectif, pacifique – c’est la preuve que le désir de liberté ne se laissera pas étouffer dans aucune des sociétés.

Alicja Wancerz-Gluza (Centre KARTA)


Dernière édition par le Sam 20 Jan 2007, 16:25, édité 1 fois
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Chantecl
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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Sam 20 Jan 2007, 16:24

Pilsudzki et l'action politique de la Pologne dans les années 30 :

Assistant à la montée de deux totalitarismes criminels, soviétique, puis nazi en Europe, Pilsudski a tenté dès 1933 de prévenir la catastrophe qu’il percevait clairement. Pragmatique, préoccupé par son pays et par l’Europe, l’homme d’Etat polonais avait essayé, dès Rapallo, Locarno, la montée en puissance de la Russie et de l’Allemagne, de prévenir les dirigeants des démocraties occidentales, ses alliés, et de les faire réagir. Ce fut sa quatrième grande idée, qui ne put être réalisée, de « guerre préventive » contre Hitler et le parti nazi à leur avènement au pouvoir à Berlin. Si Paris avait suivi Varsovie, cela aurait-il épargné la tragédie de la guerre, et donc de la Shoah.

Lorsque Paris et Londres firent la sourde oreille, alors seulement Pilsudski décida de mettre la Pologne à l’abri en concluant des accords de non-agression avec l’URSS et l’Allemagne. A l’époque, Pilsudski était déchiré, car il ne voyait pour la Pologne de bonne alliance qu’avec la France. Mais, celle-ci avait refusé l’action préventive et s’affaiblissait dans l’arène internationale, dominée par la diplomatie allemande de la force et celle de la SDN, toute tournée vers la « conciliation ». Une conciliation impossible avec l’idéologue du « Mein Kampf » aux visées agressives, destructrices et criminogènes.

Cela générait des incohérences : « Il faut que les Etats soient substantiellement désarmés pour que les sentences arbitrales s’imposent, pour que les sanctions politiques contraignent… », dira Léon Blum à la SDN en juillet 1935, mais Yvon Delbos avait dit en juin que les sanctions militaires en cas d’agression ne seraient obligatoires « que pour les Etats directement intéressés au conflit en vertu de leur situation politique, ou géographique, les autres Etats sociétaires n’étant tenus qu’aux sanctions d’ordre économique ou financier ». (cf. Pierre Brossolette, « Conception française du « règlement général » de la paix en Europe » in Politique étrangère, n°1, février 1937, Paris). Belle assurance pour les pays agressés, au préalable désarmés ! Belle assurance pour la Pologne ! Les Français, dans des entretiens officieux, expliquaient aux Polonais que leurs armées ne se battraient pas pour « je ne sais quel couloir polonais », avis partagé par plusieurs éminents politiques et hommes d’Etat de la France. (Cf. Piotr Wandycz, « Trzy dokumenty » (Trois documents), in Zeszyty Historyczne, Paris, 1963)

Voilà pourquoi Pilsudski craignait tant , avant sa mort, le 12 mai 1935, l’inaction de la France. Il craignait, non seulement pour la Pologne, mais aussi pour la France une guerre avec l’Allemagne. Car, disait-il, « la France ne gagnera pas cette guerre », puisqu’elle avait permis la montée d’un régime fou qui réarma l’Allemagne et, déjà après la mort de Pilsudski, occupa la zone démilitarisée de la Rhénanie, sans que la France ne bougeât, en dépit, une fois de plus, de l’assurance officielle de l’appui polonais. (cf. Alexandra Viatteau, « L’Apport de la Pologne aux 20 ans de paix entre les deux guerres, 1919-1939 » , op. cit.).

Léon Blum donne raison à Pilsudski après la guerre

On juge les grands esprits politiques sur leur capacité de prévision et de décision au moment opportun. Pilsudski avait sans doute eu raison de proposer en 1933 la « guerre préventive » contre Hitler. Après la Seconde Guerre mondiale des Français lui donnèrent raison : « Il semble qu’il (Pilsudski) ait compris qu’il fallait étouffer ce danger (nazi), l’écraser dans l’œuf avant qu’il ne devînt trop redoutable, et qu’il ait voulu , en créant de toutes pièces un incident (le 13 mars 1933 à Gdansk - AV) éprouver l’esprit politique et la résolution des alliés » ( Cf. Ibidem et A. François-Poncet, « Souvenirs d’une ambassade à Berlin, septembre 1931-octobre 1938 », Paris, 1946).

On retrouve le même hommage dans la déposition de Léon Blum : « A mon avis, il existait un moyen peut-être unique de prévenir la guerre de 1939. Ce moyen consistait à pratiquer, dès la prise de pouvoir par Hitler, une opération préventive… Je pense aujourd’hui, en mon âme et conscience, que l’Angleterre et la France, la Pologne se joignant à elles, auraient pu et dû pratiquer une opération dès 1933… Si nous avions, à cette époque, les autres partis socialistes et nous, que l’on traitait chaque jour comme des pacifistes bêlants et parfois comme les avocats de l’Allemagne, si nous avions proposé d’interdire par la force l’installation en Allemagne du gouvernement nazi, je crois que nous aurions pu entraîner avec nous l’opinion publique de la majorité des Parlements » .

La proposition d’une opération préventive franco-polonaise avait été faite secrètement par plusieurs canaux officieux et officiels à la fois. La réponse de la France fut que la convention franco-polonaise était défensive et non offensive, et que la société française ne tolérerait pas d’action franco-polonaise contre Monsieur Hitler. En quoi devait consister l’action ? Pilsudski prend trois initiatives simultanées :

1) Il concentre des troupes polonaises en Poméranie et autour de la Prusse orientale ;

2) Il demande qu’une commission internationale examine l’état des armements secrets allemands, réalisés en infraction au Traité de Versailles ;

3) Il suggère qu’en cas de refus de l’Allemagne d’autoriser l’examen de son potentiel militaire, l’armée française occupe la Rhénanie et l’armée polonaise la Prusse orientale et la Silésie.

C’est cela que l’on appelle la « guerre préventive ».

Jean Sikora, Joseph Pilsudski (1867-1935) La Pologne: survivre pour exister
Editions Bellona, Varsovie, Prix: 18,50 €, port compris.

La période de l'entre deux guerres où après 123 ans de servitude, la nation polonaise a retrouvé son indépendance, est présentée à travers l'homme dont la forte personnalité a totalement dominé la période en cause: Joseph Pilsudski. Le récit permet de mesurer toute la place que ce personnage-clé a occupée dans la vie politique de la Pologne ressuscitée, de 1918 à 1935, que ce soit comme chef de l'Etat, comme Premier Ministre, comme inspecteur général des forces armées, ou même président démissionnaire entre 1921 et 1926. Figure de la résistance du peuple polonais aux trois puissances occupantes, tour à tour, il est déporté en Sibérie par la police du Tsar, chef des légions luttant contre les Russes au tout début de la première guerre mondiale, puis interné par les Allemands à Magdebourg jusqu'au 11 novembre 1918. Auteur, en 1920, d'une victoire mémorable sur l'armée rouge qui était sur le point de s'emparer de Varsovie, le futur maréchal Pilsudski a rendu à la nation polonaise des services comparables, à certains égards, à ceux que le général de Gaulle a rendus, vingt ans plus tard, à la France. Après avoir été, dans sa jeunesse, un lecteur assidu de Karl Marx et avoir dirigé le parti socialiste polonais, il a prôné l'union nationale et devant l'instabilité et la faiblesse du régime parlementaire, il s'est retiré de la vie politique pour y revenir, en 1926, à la tête de ses fidèles légionnaires, mais au prix d'affrontements sanglants avec les forces gouvernementales. Ce coup d'Etat a été suivi de mesures répressives et d'une dictature de fait qui, dans l'esprit du maréchal, devait permettre à son pays de mieux faire face aux menaces extérieures, principalement soviétique.

J.S.

Fils d'un combattant de l'armée polonaise créée en France en 1940, ancien professeur formateur, déjà auteur de l'ouvrage La Pologne de 960 à 1947, Jean Sikora était particulièrement motivé et qualifié pour entreprendre et mener à bien cette étude. (Je me sers de ce livre pour le fil Histoire de la Pologne. )

Contact avec l'auteur: jean.sikora@libertysurf.fr
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Chantecl
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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Dim 21 Jan 2007, 09:28

Le communisme en Pologne


La pauvreté et les souffrances ne sont pas les conséquences de la libéralisation mais l'héritage de la gestion communiste qui a ruiné l'économie, endetté la nation, détruit l'esprit d'entreprise. L'absurdité des accusations portées contre la libéralisation se nourrit d'une comparaison entre le Libéralisme réel et un socialisme idéal. L'ouverture au marché ne va-t-elle pas conduire au déferlement des inégalités ? Comme si les régimes antérieurs avaient été véritablement démocratiques, socialistes et justes. En réalité, ils n'étaient pas démocratiques mais policiers, cela chacun le sait, et ils étaient profondément injustes, ce qui se dit moins. L'une des injustices les plus choquantes était l'accès inégal aux soins médicaux, aux médicaments, aux hôpitaux. Combien de Polonais ont vu mourir un enfant, un proche parent, faute de soins élémentaires et de médicaments simples, ceux-ci étant réservés aux dignitaires du Parti dans des hôpitaux spéciaux gardés comme des bases militaires ? Une infranchissable frontière a toujours séparé dans le monde socialiste la nomenklatura et le peuple.
Pourtant, si misérable fut-il, le Welfare State polonais donnait à la plus grande partie de la population un emploi et une apparence de sécurité. Mais c'est parce qu'il les enfermait dans la misère: un "travailleur" polonais percevait moins de l'État employeur qu'un chômeur occidental ne reçoit de l'État garant de la protection sociale. Même les acquis les mieux reconnus du socialisme n'existent pas, les locaux scolaires sont si insuffisants que les enfants fréquentaient l'école quatre heures par jour, à tour de rôle. Après 70 ans de socialisme.


Dernière édition par le Lun 22 Jan 2007, 11:22, édité 1 fois
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Dim 21 Jan 2007, 17:47

Je viens de voir un reportage sur France 5. Saviez vous que, en 1945, le gouvernement provisoire polonais à Londres A ETE JUGE ET CONDAMNE DANS UN PROCES STALINIEN A VARSOVIE.

Donc l'équivalent de De Gaulle a été condamné à 10 ans de prison et est mort un an après en captivité.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Lun 22 Jan 2007, 11:30

Zdzislaw Jan KAPERA

LE DECRYPTAGE D’ENIGMA ET SON ROLE DANS LA SECONDE GUERRE MONDIALE


ENIGMA: une machine chiffrante ultra-performante

Au début du xxe siècle quelques inventeurs avaient cherché à construire une machine sûre et performante à base de tambours (ou roues) chiffrants appelés rotors. En 1919, à l’issue de la Grande Guerre, l’ingénieur hollandais Hugo Koch avait pris le premier un brevet pour une machine à écrire secrète. Mais ce fut un ingénieur allemand, Arthur Scherbius, auquel Koch avait cédé ses brevets, qui en construisit le prototype. Son entreprise fit un échec commercial, mais attira l’attention de la Reichmarine (1926) et de la Reichswehr (1928) qui l’utilisèrent pour le chiffrement mécanique des messages destinés ensuite àêtre transmis par radio. Entre 1937 et 1938, les unités de l’Abwehr (services d’espionnage militaire), de la SD (services de sécurité), les postes et les chemins de fer allemands furent équipées de machines Enigma. Parmi les spécialistes, la version militaire d’Enigma, sans cesse modifiée, passait alors pour une machine impossible à casser, à l’abri de toute tentative de décryptage. Les Français et les Anglais s’attaquèrent au système, en vain. Même équipés de documents allemands originaux (description, mode d’emploi, système de la configuration des rotors pour 3 mois et — probablement — un message clair accompagné du texte codé) qui leur avaient été transmis par un membre du Chiffrierstelle (agence cryptologique de la Reichwerh), ils n’arrivèrent pas à violer le secret d’Enigma. Heureusement, l’officier qui avait acheté ces documents avait des relations au Bureau polonais des chiffres de la deuxièrùe section des services de renseignement; en automne 1932, ils furent remis à un jeune mathématicien, Marian Rejewski. Ce fut un coup dans le mille! La formation très solide de cet ancien étudiant de l’Université de Poznan, le stage d’un an qu’il avait effectué à la chaire des statistiques de l’université de Gôttingen, un cours de cryptologie qu’il avait suivi, une parfaite connaissance de l’allemand, mais avant tout une extraordinaire intuition, autant d’atouts qui lui permirent d’abord de faire une reconstruction mathématique des connexions internes des câbles d’Enigma àpartir d’éléments dont ils disposait, et d’effectuer ensuite vers la fin de l’année un premier décodage réussi. [Il n’est pas sans importance de rappeler qu’un mois après, le 30 janvier 1933, AdolfHitler devint chancelier du troisième Reich. On peut donc dire que, même si nous n'avons pas eu ,"notre espion chez Hitler", pour paraphraser le titre de l’excellent livre du colonel Paillole, Enigma s’y est en quelque sorte substituée.

Entre 1933 et 1938, Rejewski et ses deux collègues du BS-4 (section allemande du Bureau des Chiffres polonais), Jerzy R6~ycki et Henryk Zygalski, cassèrent de façon suivie, sans interruptions, des codes d’Enigma, grâce à quoi la Deuxième Section put être au courant des efforts de réarmement de la Wehrmacht, de la Luftwaffe et de la Kriegsmarine. Chaque division nouvelle, terrestre ou aérienne, chaque navire de guerre nouveau étaient équipés d’une machine Enigma. Il y avait de quoi écouter! En fait, des stations d’écoute radio situées à Krzeslawice près de Cracovie, à Poznan et à Varsovie assuraient une interception régulière de messages allemands. En janvier 1938, un test effectué pendant deux semaines démontra que le Bureau des Chiffies sut casser 75 pour cent des messages interceptés. Ce résultat excellent aurait pu être encore meilleur, selon Rejewski, si les Polonais avaient disposé d’une meilleure écoute radio (certains messages avaient été incomplets ou mal transcrits par les radiotélégraphistes) et d’équipes de cryptologues plus importantes. Malheuresement, ceux-ci ne furent pas nombreux au BS-4.


La gloire, à d’autres?

Les historiens s’accordent à croire qu’Enigma a joué un rôle considérable dans l’histoire de la seconde guerre mondiale. Cette opinion est confirmée par l’observation que le général Dwight D. Eisenhower, chef des Alliés et futur président des Etats-Unis, exprima dans une lettre du 7juillet 1945, adressée au général Stewart Graham Menzies, chef des services secrets britanniques. (La copie de cette lettre se trouve à la bibliothèque présidentielle d’Eisenhower). Citons-en quelques extraits :

Citation :
Les informations fournies par vos services de renseignements avant, pendant et après cette campagne [il s’agit de l’opération Overlord, c’est-à-dire du Débarquement de Normandie] ont été pour moi très précieuses. Elles ont grandement simplifié ma tâche de commandant en chef des forces armées. Elles ont sauvé la vie de milliers d’êtres humains et contribué à réduire le temps nécessaire pour mettre en déroute l’ennemi et le sommer de se rendre.

Il prie Menzies de transmettre "personnellement et à chacun qui a été engagé dans ce travail, l’expression de son admiration la plus profonde et ses remerciements pour sa contribution décisive à l’effort militaire des Alliés".

On ignore si le général Menzies avait transmis ces paroles à ses cryptologues, s’il leur avait fait voir l’original de la lettre. Peut-être pas, car le commandeur Frederick W. Winterbotham, un des proches collaborateurs du général et auteur du système de distribution des informations reçues grâce au décodage d’Enigma, cita ces propos à partir d’une copie de la lettre se trouvant aux Etats-Unis. Ce dont on peut être absolument sûr, c’est que Menzies ne l’avait jamais montrée ni aux cryptologues polonais ni à leurs chefs, sans lesquels le succès du décryptage n’aurait pas été possible. Et pourtant, ils étaient en Angleterre depuis deux ans! Le général Menzies n’a même pas autorisé les membres de l’équipe polonaise, qui avaient gagné l’Angleterre en août 1943, àjoindre l’équipe de Bletchley Park!

Il n’a pas fait partager la gloire aux autres. Il en a cueilli les fruits tout seul. Le 1~ février 1943, il a été décoré des médailles de saint Michel et de saint Georges et s’est vu décerner un titre de noblesse. Grâce à ses mérites de guerre, Menzies a continué d’être le chef des services secrets britanniques qu’il n’a quittés qu’en 1952, de son propre gré et au sommet de la gloire. l’affaire de Kim Philby, qui l’aurait certainement compromis, n’a éclaté que 8 ans plus tard.


Le dévoilement progressif des secrets d’Enigma.

Les cryptologues polonais qui ont apporté une contribution précieuse à l’opération Ultra étaient restés dans l’oubli. Jusqu’à sa mort en 1968, le général Menzies n’en avait rien dit, de même qu’il n’avait pas dispensé ses cryptologues du serment qu’ils avaient prêté de garder secrets tous les détails de l’opération Ultra. Ses successeurs en avaient fait autant. Le secret d’Enigma, bien que connu d’une bonne dizaine de milliers de personnes employées à Bletchley Park et de quelques centaines d’officiers du M16, n’a été révélé que 30 ans après la guerre. En Pologne le colonel Wladyslaw Kozaczuk de l’Institut militaire historique a fait publier en 1967 l’ouvrage intitulé Bataille des secrets, consacré à l’histoire des services de renseignement polonais entre 1922 et 1939. Ce livre révèle "le déchiffrement par des cryptologues polonais la machine chiffrante Enigma ce qui permit de lire nombre de messages considérés par l’état-major allemand comme totalement protégés contre le déchiffremen", et "le travail des stations d’écoute installées par les services de renseignement radio et des cellules du Bureau des Chiffres [qui]... constitua un apport précieux à la reconnaissance du développement des forces armées allemandes". Le livre de Kozaczuk a trouvé un écho en Allemagne Die Nachthut journal des anciens membres de l’Abwehr en a publié de longs extraits, mais a contesté la thèse de l’auteur selon laquelle les Polonais auraient décrypté Enigma. Ce qui est étonnant, c’est que même Kozaczuk ne connaissait pas à l’époque les noms des décrypteurs polonais.

L’année suivante parut le livre de l’historien britannique David lrving sur le Forschungsamt, la Section du Chiffre dirigée par Hermann G~ring lui-même. L’auteur de l’introduction à Breach of Security (London 1968), Donald Cameron Watt, professeur à l’Université de Londres, y a révélé un fait jusque là complètement méconnu. Sans mentionner le nom d’Enigma, il a informé le public que la Grande Bretagne "avait reçu des services de renseignement polonais les clés de chiffres militaires et diplomatiques allemands". Ce texte, même s’il ne mentionnait ni le nom du centre cryptologique et repérage radio polonais de Pyry ni la date de la transmission des clés (juillet 1939). a tout de même levé le voile du secret. Pourtant, cette révélation n’a suscité aucune réaction de la part de ceux qui détenaient le secret "du canard qui ne cancanait pas mais pondait des oeufs d'or"(paroles de Winston Churchill). Les initiés devaient se taire et ils persistaient dans leur mutisme.

Or, le hasard a voulu qu’un jour le général français Gustave Bertrand, ayant dans sa jeunesse collaboré avec les cryptologues polonais, avant de monter dans un train a acheté à la gare le livre de Michel Garder sur les services secrets de son pays (La guerre secrète des services spéciaux français 1935-1945, Paris 1967). Scandalisé par la façon dont l’auteur avait décrit le travail du renseignement radio qu’il avait dirigé avant la guerre et pendant la campagne 1939-40, il a décidé de présenter sa version des faits, tout en protégeant la confidentialité de son agent allemand, de ses collaborateurs et collègues et sans révéler les noms des cryptologues polonais. Dans un livre publié en 1973 qui est passé inaperçu en France, mais a suscité un vif intérêt en Pologne, général Bertrand décrit ses contacts avec le Bureau des Chiffres polonais, révèle la transmission du secret du décryptage d’Enigma aux Alliés en juillet 1939. Il y parle du succès de la collaboration polono-franco-britannique durant la campagne 1940 et de ses efforts pour continuer les travaux cryptologiques en zone libre, toujours en collaboration avec les Polonais. Malheureusement, le livre de Bertrand, mal écrit, mal rédigé, plein de lacunes, a raté la chance de devenir un bestseller. Et pourtant, il en avait le potentiel! Même son titre intriguait: Enigma ou la plus grande énigme de la guerre 1935-1945, (Paris 1973). Par une coïncidence singulière, le livre parut dans les librairies parisiennes juste après Noél 1972, 40 ans jour pour jour après la reconstruction mathématique des clés d’Enigma par Marian Rejewski, employé à la section allemande du Bureau des Chiffres polonais. D’après les paroles de celui-ci, il avait eu l’intuition de vérifier sa découverte, sachant qu’en cette période de fêtes de fin d’année 1932 les Allemands allaient s’adresser des voeux de Noél. Et, comme par un coup de baguette magique, à travers les messages codés ont surgi des textes clairs de dépêches secrètes! Il serait intéressant de savoir si la date de parution du livre de Bertrand fut choisie délibérément pour rappeler celle du décodage d’Enigma ou si c’était une pure coïncidence.

Frederick W. Winterbotham, commandant en chef de l’opération Ultra, ne connaissait probablement pas le livre de Bertrand, car sa version de la collaboration cryptologique des Alliés dans les années 1939-1940 est est loin d’être exacte. Lui-même, tout comme Gordon Welchman, excellent cryptologue de Bletchley Park, devenu par la suite expert de la protection des ordinateurs, employé dans les années 70. à la corporation américaine MITRE, se sont battus pour obtenir l’autorisation de faire paraitre leurs mémoires, dans lesquels l’affaire d’Enigma allait occuper une place de choix. Ils se rendaient bien compte qu’après la révélation par J. C. Masterman des opérations du XX-Committee (retournement de presque tous les agents nazi en Grande Bretagne), il fallait continuer de révéler la vérité sur les activités de l’intelligence Service britannique pendant la seconde guerre: Enigma devait être l’étape suivante de ces révélations. Les éditeurs, grandes sociétés angloaméricaines, ont soutenu les deux auteurs dans leurs efforts d’obtenir l’autorisation de publier. Mais le chef du General Communication Head Quarter, sir John 1-looper, ainsi que les responsables du renseignement au niveau du gouvernement (Ministère des Affaires étrangères, Ministère de la Défense) leur ont catégoriquement refusé leur autorisation. Dans cette situation, celui qui a finalement révélé le secret d’Enigma et de l’opération Ultra fut Anthony Cave Brown, journaliste américain de renommée internationale (mort tout récemment). Dans son livre La guerre secrète (Paris, 1982, le titre original Bodyguard of lies, première édition Harper and Row, New York 1975) Brown a donné une description minutieuse du plan de déception allié lors du Débarquement de Normandie (opération Overlord). Quant à Winterbotham, le moratoire forcé sur son livre The Ultra Secret (London 1974, paru en France chez Robert Laffont sous le titre Ultra, Paris 1976) allait bientôt être levé et le livre a eu titi énorme succès de librairie (plusieurs millions d’exemplaires vendus). En revanche, la publication de Welchman sur le travail des cryptologues de Bletchley Park, qui n’a vu le jour qu’en 1982, a brisé la carrière de son auteur. Le bras de la direction du GCHH a été si long que Welchman, qui travaillait aux Etats-Unis, s’est vu retirer l’accès aux secrets de communication de ce pays. En conséquence, il ne put plus exercer son métier. Il fut frappé de cette sanction malgré (ou peut-être à cause de) ses mérites de guerre en domaine de décryptage, qui furent honorés de la plus haute décoration anglaise, Order of the British Empire ! Pour comble de malheur, son livre, mal conçu par l’éditeur américain, grossi de rapports des travaux que Welchman avait effectués aux Etats-Unis après 1945, n’a pas apporté à son auteur le succès qu’il méritait bien plus que l’auteur d’ Ultra.

Les machines chifffrantes Enigma que les Alliées avaient prises comme butin de guerre aux Allemands en 1945 ont été remises par les Anglais aux ambassades intéressées. C’était l’argument majeur dont ceux-ci se sont servis pour justifier l’ordre de maintenir secrète toute information sur Enigma et l’interdiction de toute publication sur la machine. Les Américains s’étaient eux aussi engagés à garder le secret d’Enigma aussi longtemps que les Anglais en auraient besoin; même dans l’ouvrage de Masterman sur les agents retournés, édité par la prestigieuse Yale University Press en 1972 il n’était question que de « moyens de communications spéciaux ». D’autre part, l’absence de censure préventive aux Etats-Unis empêcha l’arrêt d’impression de l’ouvrage déjà cité d’A. C. Brown, qui allait donc paraître en 1975. Brown, qui dans cette publication consacra une place considérable à Enigma, fut par ailleurs l’un des premiers lecteurs du manuscrit dactylographié du livre de Winterbotham The Ultra Secret.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Lun 22 Jan 2007, 14:41

salut

Et la Pologne a été sacrifiée sur l'autel de la troisième guerre mondiale pour qu'elle reste froide.

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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Lun 22 Jan 2007, 14:58

Les conséquences du relâchement des restrictions par le renseignement britannique.

La levée du secret acquise grâce à la publication de Winterbotham a eu une grande importance. Les efforts pour obtenir l’autorisation de publier les livres de Masterman, Winterbotham et Welchman ont contribué à ouvrir aux historiens de la seconde guerre l’accès aux documents extrêmement importants, qui sans cela auraient vu le jour bien plus tard, peut-être jamais... C’est grâce à eux que l’équipe de Harry Hinsley, ancien recteur de St. iohn’s College à Cambridge, a pu avoir accès àla presque totalité des archives du renseignement britannique de Public Records Office (Kew), à partir desquelles ces chercheurs ont élaboré une publication en plusieurs volumes relatant la contribution du service de renseignement brittanique àla stratégie et au déroulement de la seconde guerre mondiale. Dans Cet ouvrage imposant, l’histoire est présentée de manière impersonnelle, comme celle de comités et non pas de personnes. Même dans l’appendice du premier volume (1979), où il est question de la collaboration cryptologique des Britanniques avec les Polonais et les Français, les noms des mathématiciens polonais casseurs de codes d’Enigma n’ont pas été cités. Voilà à quel point sir Harry Hinsley, ancien employé de Bletchley Park, tenait à respecter rigoureusement les consignes gouvernementales relatives à l’histoire officielle du renseignement britannique!

Qui donc a tiré de l’oubli les décrypteurs polonais, Marian Rejewski, Jerzy Râzycki et Henryk Zygalski? Le premier qui révéla ces noms fut David Kahn, excellent historien spécialisé dans la cryptologie. Dans une note critique du livre de Winterbotham, publiée dans «The New York limes Book Review » du 29 décembre 1974, il présenta au public américain les trois noms, injustement oubliés par Winterbotham et fit mention de la transmission aux Alliés par les Polonais de codes Enigma enjuillet 1939, fait historique également omis par celui-ci.

En Pologne, à la même époque, Wladyslaw Kozaczuk commença à publier dans l’hebdomadaire « Stolica» (fin 1974

— 1975) une première version de son livre Enigma, grâce auquel le public polonais put enfin connaître les noms des trois cryptologues.


La source Wicher (jusqu’en 1939)

En même temps, des questions douloureuses commencent à être posées: depuis qu’on sait que la machine Enigma avait été reproduite en Pologne, qu’on en produisait des répliques, que les Polonais décryptèrent pendant près de 10 ans des messages chiffrés de l’armée allemande, dont aussi ceux de la marine et des forces de l’air, alors pourquoi la connaissance de ce secret ne les a en rien aidés en 1939, pourquoi ils ont transmis ce secret aux Alliés sans rien demander en retour? En quoi le décryptage d’Enigma a réellement influé sur les opérations militaires de la seconde guerre?

En 1939, Wicher, formidable source d’informations reçues à partir du décodage d’Enigma, s’est quasiment tarie à la suite des changements radicaux introduits par les Allemands le 15 décembre 1938. Ceux-ci ont ajouté deux rotors supplémentaires au jeu de trois utilisés jusqu’alors et augmenté le nombre de connexions placées à l’avant de la machine de 6 à 12, ce qui a considérablement réduit la possibilité de restituer la configuration initiale déterminée par la clé secrète qui changeait chaque jour. D’après les calculs de Rejewski lui-même, lui et ses collègues ne parvenaient plus à décrypter que 10 pour cent des messages interceptés. Les Polonais ont eu beau restituer rapidement le système de connexions des nouveaux rotors, car le nombre de permutations des connexions a augmenté de façon dramatique. Pour les restituer il fallait plus de bombes, c’est-à-dire de machines électromécaniques permettant d’identifier la configuration du jour et de feuilles perforées (baptisées grilles de Zygatski), correspondant à toutes les permutations du réglage de base des rotors. D’après Rejewski, «l’usine AVA a fourni un petit nombre de rotors IV et V pour les machines servant à déchiffres les messages du réseau SD, mais pour une bombe il fallait 36 rotors IV et V, et comme le travail avec les bombes devait durer 24 heures sur 24, on avait besoin d’opérateurs supplémentaires. Et pour nos deux paquets de feuilles perforées, il en fallait 58 d’autres... Nous parvenions à décrypter les messages militaires seulement lorsque dans la machine il n’y avait par hasard que trois tambours initiaux sur un axe, ce qui arrivait en moyenne une fois sur dix ». Le colonel ian Le~niak, chef du service « Allemagne» de la deuxième Section, a confirmé dans un entretien accordé à Ryszard Woytak le 15 janvier 1976 qu’en 1939 les officiers de l’état-major polonais avaient reçu très peu d’informations d’Enigma. Pendant les mois qui ont précédé le début de la guerre jusqu’en septembre 1939, l’exploration de cette source de renseignements a donc été très faible. Plusieurs raisons expliquent cette perte d’efficacité. D’abord, l’insuffisance de moyens financiers pour répondre aux besoins des cryptologues. Ensuite, le fiasco de la conférence de cryptologues alliés qui s’est tenue à Paris en janvier 1939; les Français et les Anglais avaient trop peu d’informations sur le fonctionnement d’Enigma pour venir en aide aux Polonais ; ceux-ci ont donc résolu de ne pas révéler à leurs homologues alliés les résultats obtenus par le BS-4.

Il faut noter cependant que les cryptologues polonais avaient fourni les clés du réseau SD de façon ininterrompue jusqu’au premier juillet 1939. Cela est important dans la mesure où l’erreur courante des historiens de cette période est d’ affirmer qu’en 1939 le décryptage d’Enigma fut quasiment abandonné. Or, les services de renseignement polonais avaient été coupés d’informations provenant de cette source seulement en été 1939.


Effets à long terme de la conférence des cryptologues alliés à Pyry

Six mois après la conférence de Paris, à Pyry, près de V’arsovie, s’est tenue une deuxième conférence de cryptologues alliés (du 25 au 27 juillet 1939). Les invités furent accueillis par le chef du Bureau des Chiffres, colonel Gwido Karol Langer, accompagné de son adjoint, commandant Maksymilian Ciç±ki. Parmi les invités, il ya eu commandant Gustave Bertrand du centre de repérage radio du Service de Renseignement français et son excellent cryptologue, capitaine I-lenri Braquenié. Les Britanniques furent représentés par Alastair Denniston, chef du service de déchiffrement de l’Intelligence Service (Governement Code and Cypher School), Alfred Dillwyn Knox, éminent spécialiste d’Enigma, et Edward Travis, chef du service repérage radio de l’Amirauté. Les Polonais ont transmis à leurs futurs compagnons d’armes les résultats de dix ans de recherches sur Enigma et promis de leur remettre par le courrier diplomatique deux exemplaires de la copie polonaise de la machine (un pour les Français, un autre pour les Britanniques). En plus de cela, les Anglais allaient recevoir un paquet de grilles de Zygalski. Lors de la conférence, Marian Rejewski a eu l’honneur de présenter à A. D. Knox les résultats de ses découvertes sur Enigma. Le célèbre cryptologue britannique n’arrivait pas à croire qu’il avait été si près de trouver la clé de l’énigme. Or, «les miracles n’arrivent qu’une fois », comme a très justement remarqué à ce propos Gilbert Bloch, spécialiste le plus connu aujourd’hui de l’histoire d’Enigma. En effet, à partir des données qui depuis 1932 furent en possession de tous les cryptologues, seul Rejewski a su déchiffrer les codes secrets.

La transmisssion du secret aux Alliés a été la seule décision raisonnable à prendre à la veille de la guerre. D’après le colonel Stefan Mayer. elle aurait été prise au niveau du chef de l’Etat-major polonais. Je doute fort que le général Waclaw Stachiewicz en ait compris l’importance ou qu’il ait été capable d’en prévoir les effets à long terme. Pour lui, ce fut une décision plus politique (un geste de solidarité à l’égard des Alliés) que militaire. Dans son rapport sur les préparatifs à la guerre concernant la période 1935-1939, on chercherait en vain une seule mcntion de la 11e Section ou du Bureau des Chiffres. Il est mort en 1973, parfaitement inconscient de la plus grande réussite de ses subalternes.


Les cryptologues polonais pendant la guerre

Le secret d’Enigma fut donc généreusement transmis aux Alliés, sans rien leur demander en retour. La suite de cette histoire est connue du public polonais grâce aux ouvrages de Jerzy Garliûski et Wladyslaw Kozaczuk. Après l’invasion de la Pologne par les troupes allemandes, les cryptologues polonais ont gagné la France et, ayant reçu le consentement du général Wladyslaw Sikorski, se sont mis au service des Français. Ceux-ci ont entrepris la production de machines supplémentaires, indispensables pour les travaux de décryptage, car les répliques polonaises avaient été complètement détruites en septembre1939; le colonel Langer n’avait transporté à Paris qu’un exemplaire de la machine. Les Anglais ont concentré leurs efforts àmettre au point la version modifiée, plus performante, des grilles de Zygalski (baptisées ieffrey’s sheets), dont un paquet a été transmis au centre français du repérage radio au P.C. Bruno (Gretz-Armainvilliers, dans la région parisienne). Grâce à cela assez rapidement, le 17janvier 1940. les Alliés sont parvenus à casser pour une première fois le code militaire d’Enigma. Il s’est avéré alors qu’après le 1er septembre 1939 les Allemands n’avaient apporté aucune modification au système: Enigma était à la disposition des Alliés. Cependant, comme nous le savons, cet accès aux renseignements secrets des nazis n’a pas aidé les Alliés à bien déchiffrer les intentions d’Hitler à l’encontre du Dannemark, de la Norvège et plus tard de la France. Celle-ci n’a pu être sauvée, bien que, pour citer les paroles du colonel Louis Rivet, chef du P.C. Bruno, à partir du 10 mai 1942 « nous lis[ions] tout» et que se fût bien Enigma qui avait prévenu I’Etat-major français du décryptage du code secret français par les Allemands. L’apport des services de déchiffrement d’Enigma pendant la Bataille de Dunkerque et la bataille d’Angleterre n’a jamais été expliqué à fond. Mais les Alliés ont rapidement appris à utiliser opérationnellement les informations fournies, grâce notamment aux efforts de Winterbotham qui a mis sur pied un système sûr et efficace de transmission des renseignements obtenus, baptisé SLU (Special Liaison Unit) et a mené à bien l’opération Ultra, c’est-à-dire la distribution des informations interceptées d’abord à partir d’Enigma, et plus tard aussi de Geheimschreiber.
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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Dim 28 Jan 2007, 18:01

Apport de la Pologne et des Polonais a la victoire des Alliés a l’issue de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

La campagne 1939

Jusqu’au début de la guerre, l’armée polonaise avait mobilisé presque un million de soldats, 2,8 mille canons, 500 chars blindés et 400 avions. Le 1er septembre, les forces allemandes destinées au front polonais comptaient plus d’un million 500 mille soldats, 9 mille canons, 2,5 mille et presque 2 mille avions. L’Armée Rouge déclencha l’agression avec, dans un premier temps, plus de 620 mille soldats, 4,7 mille chars blindés et 3,2 mille avions. Malgré la supériorité écrasante de l’ennemi et la nécessité de se défendre de tous les côtés, l’armée polonaise résista pendant 35 jours. Varsovie se défendit jusqu’au 28 septembre, la garnison polonaise sur la presqu’île de Hel pendant plus d’un mois. La derniere bataille avec les troupes allemandes eut lieu le 5 octobre.

Lors des luttes contre les Allemands, les pertes polonaises (soldats tués ou portés disparus) se monterent a pres de 70 mille personnes. 420 mille soldats furent faits prisonniers. Les pertes dans la lutte contre l’Armée Rouge furent de 6 a 7 mille soldats péris ou portés disparus, pres de 250 mille prisonniers dont presque tous les officiers furent assassinés, sur l’ordre de Staline, au printemps 1940 a Katyn, Kharkov et Tver. Quoique dans une position perdue, vu l’inertie de ses alliés, l’armée polonaise fit endurer a l’ennemi des pertes sensibles : pres de 14 mille soldats allemands trouverent la mort ou furent portés disparus, 674 chars allemands et 319 véhicules blindés furent détruits ou gravement endommagés et pres de 230 avions abattus ; l’Armée Rouge perdit pres de 2,5 mille soldats (tués ou portés disparus), 150 chars de combat et 20 avions. Pendant des semaines, la Pologne immobilisa d’importantes forces allemandes, ce que les alliés ont omis de mettre a profit ; qui plus est, la nécessité de remplacer par les Allemands le matériel détruit en Pologne offrait a la France et la Grande Bretagne le loisir de se préparer a repousser l’agression.

Bibliographie élémentaire : Paweł Wieczorkiewicz, Kampania 1939 roku, Varsovie 2001; Steven J. Zaloga, Poland 1939. The Birth of Blitzkrieg, Londres 2002; Alexander B. Rossino, Hitler Strikes Poland, Blitzkrieg, Ideology, and Atrocity, Kansas 2003.

Armée clandestine en Pologne

Armée de l’Intérieur


Dans la nuit du 26 au 27 septembre 1939, la veille de la capitulation de Varsovie, le général Michał Karaszewicz-Tokarzewski reçut du Commandant en chef, interné en Roumanie, l’ordre de former un groupement militaire clandestin. En quelques semaines, il arriva a convoquer les officiers qui avaient échappé a la captivité et qui créerent, ex nihilo, la plus puissante armée clandestine de l’Europe sous l’occupation. Son nom initial était Service pour la Victoire de la Pologne (Służba Zwycięstwu Polski - SZP), ensuite Union de la Lutte Armée (Związek Walki Zbrojnej - ZWZ), et a partir du mois de février 1942, Armée de l’Intérieur (Armia Krajowa - AK), cette derniere appellation étant la plus connue. Le général Stefan Rowecki (pseudonyme « Grot »), son véritable organisateur, en était d’abord le chef de l’Etat-major, ensuite Commandant en chef de juin 1940 a juin 1943. Apres son arrestation par la Gestapo, ses fonctions furent reprises par le général Tadeusz Komorowski (pseudonyme « Bór »). L’Armée de l’Intérieur, formation de volontaires, constituait une partie des Forces armées polonaises, dont le commandement se trouvait en exil, et en meme temps le segment le plus important de l’Etat Clandestin Polonais. L’objectif essentiel de l’Armée de l’Intérieur consistait a préparer et mener a bien un soulevement général au moment de l’arrivée du front ou en cas d’effondrement des forces armées allemandes. Ainsi les structures appropriées étaient-elles mises en place : état-major, commandements des différentes armes et des services, commandements territoriaux (districts et départements a l’échelon inférieur), on amoncelait le matériel, formait les soldats et les officiers, réunissait les informations sur l’ennemi. Cependant, vu la nature criminelle de l’occupation ainsi que l’état d’esprit régnant dans la société, il fallut également entreprendre la lutte au quotidien. Ainsi, l’activité de l’Armée de l’Intérieur se différenciait en deux parties ou phases étroitement liées : 1. lutte clandestine courante, 2. soulevement général (au cours duquel la structure complete des forces armées devait etre reconstituée).

En parallele a l’armée officielle naissaient les unités militarisées relevant de partis politiques ainsi qu’une clandestinité basée sur les organisations sociales (notamment les Services sapeurs-pompiers avec l’organisation « Roc ») et des jeunes (notamment l’Union des Scouts de Pologne et leurs « Rangs Gris »). L’une des tâches du commandant de l’Armée de l’Intérieur était de les réunir, ce qui prit un certain temps. En définitive, une partie des nationalistes radicaux (Forces Armées Nationales - Narodowe Siły Zbrojne) resta en dehors des structures de l’Armée de l’Intérieur, de meme que les unités militaires du parti communiste, mises en place des l’été 1942. Au printemps 1944, une fois le processus d’intégration terminé, l’Armée de l’Intérieur comptait plus de 300 mille soldats assermentés.

A côté des structures d’état-major et territoriales, il existait des unités spéciales destinées notamment a faire diversion. En avril 1940 fut fondée l’Union pour la Revanche (Związek Odwetu), transformée ensuite en Direction de la Diversion (Kedyw), active au niveau central et dans tous les districts. En septembre 1941, suite notamment a la détérioration des relations polono-soviétiques, fut créé l’organisation « Eventail », service de renseignement et en meme temps de diversion a l’arriere du front germano-soviétique. Du 1er janvier 1941 au 30 juin 1944, dans le cadre du combat courant, les unités de l’Armée de l’Intérieur et annexes ont entre autres fait dérailler 732 trains, incendierent 443 transports, détruisirent pres de 4,3 mille véhicules, brulerent 130 entrepôts d’armes et d’équipements, endommagerent 19 mille wagons et pres de 6,9 mille locomotives, mirent le feu a 1,2 mille citernes d’essence, firent sauter presque 40 viaducs ferroviaires, démantelerent 5 puits pétroliers, « congelerent » 3 grands fourneaux, menerent environ 25 mille actions de sabotage dans les usines d’armement, perpétrerent presque 5,7 mille attentats contre les fonctionnaires de différentes formations policieres, les soldats et les Volksdeutsch, libérerent des détenus dans 16 prisons. Les maquis, actifs des 1943, tuerent plus de mille Allemands dans plus de 170 combats. Au début de 1944, l’Armée de l’Intérieur possédait une soixantaine de troupes permanentes de maquis (dont certaines de plusieurs centaines de soldats ) et presque 200 patrouilles de diversion. Des groupes de subversion clandestine étaient organisés dans certains camps de concentration (notamment Auschwitz) et parmi les Polonais aux travaux forcés en Allemagne, on vint aussi au secours de prisonniers de guerre alliés évadés. Le contact avec le Gouvernement polonais en exil et l’état-major du Commandant en chef était assuré par la radio et les émissaires, les bases de relais fonctionnaient en permanence (dont la plus importante a Budapest) de meme que les estafettes (entre autres pour la Suede). Des février 1942, 316 Polonais, officiers de diversion et de renseignements, formés en Angleterre, purent passer clandestinement en Pologne. Une action subversive de propagande était organisée a l’adresse des soldats allemands (Action « N »). L’Armée de l’Intérieur menait une vaste activité éditoriale avec environ 250 tracts et bulletins dont « Biuletyn Informacyjny », le plus important, parut du 5 novembre 1939 a janvier 1945, mais aussi reglements militaires, manuels pour écoles de sous-officiers (terminées par pres de 8,6 mille personnes). C’était donc une activité extremement variée. L’on ne saurait oublier la contribution toute particuliere a la lutte contre l’occupant de l’Organisation Juive de Combat (Żydowska Organizacja Bojowa - ŻOB), d’abord sous forme de l’insurrection du Ghetto de Varsovie, geste héroique désespéré (19 avril - 16 mai 1943) et de l’Union Militaire Juive, soutenue directement par l’Armée de l’Intérieur (Żydowski Związek Wojskowy - ŻZW).

Parmi les exploits les plus spectaculaires de l’Armée de l’Intérieur, il faut évoquer entre autres l’immobilisation du noud ferroviaire de Varsovie (7 au 8 octobre 1942), la délivrance de prisonniers a Pińsk (18 janvier 1943), l’attentat a la bombe dans une station de train urbain a Berlin (15 février 1943), la délivrance de prisonniers au centre de Varsovie (« action a l’Arsenal », 26 mars 1943), l’attentat contre Franz Kutschera, commandant des SS et de la Police du District de Varsovie (1er février 1944).

On évalue que jusqu’au mois de juillet, pres de 34 soldats de l’Armée de l’Intérieur et de formations annexes ont trouvé la mort, dans le combat, mais le plus souvent fusillés ou suppliciés en prison, soit environ 10 % des effectifs. Parmi les émissaires clandestins, les pertes s’élevaient au tiers.

Etat Clandestin

Si l’armée clandestine put atteindre ces dimensions et devenir si active, c’est parce qu’elle était liée a l’Etat Clandestin Polonais (PPP) et a la Résistance civile. Le PPP était un phénomene unique a l’échelle européenne : aucun autre pays occupé ne connaissait de structure aussi vaste et compliquée. A côté de l’Armée de l’Intérieur, l’agent principal au sein du PPP était la Délégation du Gouvernement qui créa notamment un réseau d’administration clandestine de tous les échelons et qui coordonnait, par le biais de la Direction de la Lutte Civile, le fonctionnement du « petit sabotage ». La Délégation gérait des actions de propagande et de réconfort en vue de maintenir l’esprit d’opposition contre les Allemands (par exemple en fournissant l’information quotidienne a la radiodiffusion « L’aube » qui émettait d’Angleterre, mais créait les apparences d’etre implantée en Pologne), organisait l’enseignement clandestin (y compris universitaire), des secours aux familles de victimes et l’action séparée d’aide aux Juifs (cryptonyme « Żegota ») ; elle avait ses agents a l’intérieur de prisons, ses postiers, membres de la Résistance, bloquaient le flux de dénonciations, elle préparait des projets de réformes pour l’apres-guerre et des plans d’aménagement des territoires qui devaient etre conquis sur les Allemands (Bureau des Territoires Nouveaux). Il existait des tribunaux secrets (civils et de guerre) qui condamnaient les traîtres et frappaient d’infamie les collaborateurs. Depuis 1940, le PPP embrassait aussi la représentation de partis politiques qui prit la forme définitive du Conseil de l’Unité Nationale, un succédané de parlement. Le Conseil émettait des proclamations et déclarations de programme (par exemple sur les buts de la guerre et le régime politique futur de l’Etat). Le PPP était secondé dans son activité par des centaines d’organisations sociales, politiques ou culturelles qui firent paraître plus de 2 mille brochures et ouvrages et plus de 1,8 mille périodiques de toutes sortes. Au sein de la Résistance, cependant en dehors du PPP, ne s’activaient que les organisations extremes : les NSZ a droite, les communistes a gauche. Les deux groupements tentaient de mettre en place leurs propres structures quasi étatiques.

Opération « Tempête »

Les plans de soulevement général qui était l’objectif principal de l’Armée de l’Intérieur furent soumis a plusieurs modifications. Le premier avait été élaboré a l’époque de l’alliance germano-soviétique, le deuxieme apres que l’Union Soviétique avait rejoint la coalition anti-nazie. Le dernier datait de l’automne 1943, apres la rupture des relations diplomatiques entre Moscou et la Pologne, au moment de la certitude que l’Armée Rouge serait la premiere a entrer sur le territoire polonais. Ce plan baptisait le soulevement du cryptonyme « Tempete » et prévoyait qu’a l’approche du front, toutes les structures de l’Armée de l’Intérieur entreraient en pleine mobilisation, adoptant les appellations des unités de l’Armée polonaise d’avant la guerre (divisions et régiments), l’intensification de la diversion, mais surtout la lutte ouverte contre les troupes allemandes en retraite, tout en recherchant un contact avec l’Armée Rouge sur le plan tactique. Les administrations clandestines (de district et de département) allaient se rendre publiques et accueillir les troupes soviétiques en hôte du territoire. Ainsi l’insurrection devait revetir le caractere d’une action graduée et non d’un geste unique étendu sur tout le territoire national.

La « Tempete » commença le 15 janvier 1944 par la mobilisation en Volhynie (confins orientaux de Pologne) ou les troupes locales, transformées en la 27e Division Volhynienne d’Infanterie de l’Armée de l’Intérieur livrerent combat aux Allemands. Cependant, les unités de l’Armée amenées a franchir la ligne du front pour continuer leur lutte étaient désarmées par le NKVD. Le Commandement en chef ayant pourtant résolu de continuer la « Tempete », de nouvelles troupes entraient dans l’action et le groupement le plus important prit part, aux côtés de l’Armée Rouge, a la bataille de Wilno (6 au 7 juillet). Quelques jours plus tard, les unités de le NKVD encerclerent, désarmerent et internerent les Polonais dont certains purent s’échapper. L’Armée de l’Intérieur continuait l’action insurrectionnelle et prit part a la reconquete successive de villes, ensemble avec l’Armée Rouge dans le cas de grandes villes telles que Lwow ou Wilno, parfois a titre autonome, attaquant les garnisons allemandes moins importantes. Ainsi, dans la région de Lublin, les troupes de l’Armée de l’Intérieur conquirent toutes seules 7 villes, et 11 avec les Soviétiques. La « Tempete » se déversa sur le vaste territoire depuis les Carpates jusqu’a Wilno et le bas Boug, 120 mille soldats ayant participé a ces combats. Le 30 juillet, Staline ordonna de désarmer les troupes de l’Armée de l’Intérieur, alors que les représentants des administrations locales qui étaient sortis de clandestinité pour entrer en fonction étaient arretés. Furent déportées au fond de l’Union Soviétique au moins 20 a 30 mille personnes dont un nombre important ne sont jamais revenues en Pologne.
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Chantecl
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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Mar 30 Jan 2007, 09:01

Insurrection de Varsovie

Face a l’expérience orientale et craignant qu’une bataille a Varsovie ne détruise la ville et n’entraîne des pertes parmi la population civile, l’on hésitait a y étendre la « Tempete ». Pourtant la conviction prit le dessus qu’une bataille pour Varsovie aurait une importance non seulement militaire mais aussi politique ; de plus, l’on prenait en considération la tension émotionnelle qui régnait chez les habitants et leur désir ardent de lutter, exprimé par les soldats de l’Armée de l’Intérieur. L’ordre définitif de lancer l’insurrection fut émis, avec la participation du Délégué du Gouvernement et du Président du Conseil de l’Unité Nationale, le 31 juillet, lorsque les troupes de l’Armée Rouge atteignaient le quartier de Praga sur la rive orientale de la Vistule. 23 mille soldats dont une partie seulement étaient équipés d’armes entreprirent l’action qui débuta dans l’apres-midi du 1er aout sous le commandement du colonel Antoni Chruściel (pseudonyme « Monter »). Bien que les insurgés aient pris Un nombre important de bâtiments stratégiques pendant les premiers jours et que le nombre d’insurgés augmentât au fil du temps (34 mille soldats au total combattirent dans l’insurrection), on ne put repousser entierement les Allemands du centre ni s’emparer des arteres et ponts principaux. La garnison allemande qui comptait 16 mille soldats fut fortement renforcée (notamment par les troupes destinées a combattre les maquis) et le 5 aout, les Allemands contre-attaquerent en utilisant les chars, l’artillerie lourde et les avions de combat. Dans le premier quartier qu’ils prirent (Wola), un massacre massif des habitants euT lieu, ce qui se répéta encore a plusieurs reprises. Les colonnes allemandes cernerent dans Varsovie des « îlots insurgés » qui maintenaient la communication grâce aux passages souterrains dans les caves et les canaux. L’administration polonaise prit le pouvoir sur ce territoire ou paraissaient les journaux et fonctionnaient une radiodiffusion (« Eclair ») et des services municipaux.

On prévoyait que le combat ne durerait que quelques jours, soit jusqu’a l’arrivée de l’Armée Rouge, mais avant le 8 aout, Staline donna l’ordre d’arreter l’offensive dans la région varsovienne, ce malgré les appels notamment du premier ministre du Gouvernement de la République de Pologne, venu le 31 juillet en visite officielle a Moscou. Staline ne consentit meme pas a l’atterrissage d’avions de transport des alliés sur les pistes soviétiques, ce qui rendit pratiquement impossible toute aide aérienne, puisque les bases les plus proches se trouvaient en Italie méridionale et en Angleterre. Ce n’est qu’a la mi-septembre, a la veille de l’échec de l’insurrection, qu’un parachutage important fut possible, mais les insurgés ne purent s’emparer que de quelques 47 tonnes. Les luttes se prolongeaient, le nombre de victimes civiles allait croissant, les vivres, les médicaments, l’eau venaient a manquer. Ni l’occupation du quartier de Praga par l’Armée Rouge, ni les tentatives échouées des troupes polonaises, commandées par le général Berling, de prendre les tetes de ponts a Varsovie, ne changerent rien. Les insurgés capitulerent le 2 octobre. Pres de 150 mille civils ont trouvé la mort, la ville n’était que gravats (plus tard, des commandos allemands spéciaux détruisirent les bâtiments indemnes), presque 520 mille habitants furent chassés de la ville et 17 mille insurgés furent faits prisonniers.

L’Insurrection de Varsovie a été la plus grande bataille livrée par l’armée polonaise pendant la Seconde Guerre mondiale : 10 mille insurgés périrent et 7 mille furent portés disparus ; les Allemands subirent des pertes importantes avec pres de 10 mille soldats tués et environ 6 mille portés disparus, 300 chars, canons et voitures blindées détruits.

L’insurrection n’atteignit ni ses buts militaires ni politiques, mais pour les générations de Polonais a venir, elle est devenue le symbole meme du courage et de la détermination dans la lutte pour l’indépendance.

Bibliographie élémentaire : Norman Davies Rising `44. „The Battle for Warsaw”, Londres 2004 ; Stefan Korboński The Polish Underground State : A Guide to the Underground, 1939-1945, Boulder 1979; Marek Ney-Krwawicz The Polish Home Army, 1939-1945, Londres 2001

Les Forces armées polonaises en Occident

La canonnade de la campagne de septembre ne s’était pas encore tue en Pologne que déja l’organisation de troupes polonaises commençait a l’étranger. Le Gouvernement de la République de Pologne en exil, constitué a Paris, considérait que sa tâche principale était de continuer de combattre aux côtés de ses alliés et se mit a la formation d’une Armée polonaise en France. Telles étaient les origines, en Occident, des Forces armées polonaises (PSZ) qui lutterent jusqu’au mois de mai 1945 sur trois fronts : européen occidental (en 1940 et 1944-1945), européen septentrional (1940) et méditerranéen (en Afrique du nord en 1940-1942 et en Italie en 1944-1945). Le général Władysław Sikorski était le premier Commandant en chef et en meme temps Premier ministre du Gouvernement en exil. Apres sa mort survenue en juillet 1943, le général Kazimierz Sosnkowski fut nommé a ce poste pour se voir révoquer en septembre 1944. Son successeur, le général Tadeusz Komorowski, Commandant en chef de l’Armée de l’Intérieur, devint prisonnier allemand a l’issue de l’Insurrection de Varsovie.


Dernière édition par le Jeu 01 Fév 2007, 22:04, édité 1 fois
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Mar 30 Jan 2007, 13:02

C'est admirable. Thumright

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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Lun 05 Fév 2007, 10:54

La campagne française

Les soldats et les officiers affluant en France par la Roumanie, la Hongrie, la Lituanie ou la Lettonie formaient les troupes polonaises. On parvint ainsi a évacuer 43 mille personnes, des milliers s’évaderent a titre individuel. Les Polonais émigrés résidant en France sollicitaient aussi d’etre enrôlés. En quelques mois, l’Armée polonaise atteignit l’effectif de 84 mille personnes organisées en quatre divisions et deux brigades d’infanterie, l’aviation se composait de quatre divisions et d’unités d’artillerie antiaérienne comptant 7 mille personnes. De plus, une partie des évacués échoua en Syrie sous administration française ou l’on forma la Brigade des Chasseurs des Carpates.

Le Blitzkrieg en France, en mai 1940, fit s’effondrer la défense au bout de quinze jours et entraîna une évacuation hâtée des forces britanniques ainsi que la capitulation de la France. Les troupes polonaises combattirent sur le front sud : la Division des Grenadiers fut démantelée suite aux pourparlers d’armistice franco-allemands ; a l’issue des luttes dans la région de Champaubert et Montbard, les soldats de la Brigade de Cavalerie blindée mécanisée détruisirent leur matériel sur l’ordre du général Maczek, leur commandant et tâchaient de se frayer le chemin vers le sud ; la 2e Division des Chasseurs stoppa l’offensive allemande sur les collines de Clos-du-Doubs, mais des que le 19 juin, il devint clair que le combat touchait a sa fin, elle franchit la frontiere et se fit interner en Suisse. La Brigade Autonome de Chasseurs de Podhale fut incorporée aux forces alliées en mai 1940 et acheminée en Norvege ou elle lutta a Narvik.

Au total, 50 milliers de soldats polonais prirent part a la défense de la France, avec environ 1,4 mille victimes mortelles et plus de 4,5 mille blessés. Les pilotes polonais d’avions de chasse abattirent surement 50 avions et 5 probablement. La défaite française signifiait celle des troupes polonaises combattant aux côtés de l’armée de France. On ne parvint a évacuer en Angleterre que 20 mille personnes, égarant ainsi l’énorme effort d’organisation fait depuis l’automne 1939.

La bataille d’Angleterre et l’aviation polonaise

Les aviateurs polonais se distinguerent dans la campagne de septembre et marquerent leur présence pendant la campagne française. Mais ils jouerent un rôle tout a fait particulier en 1940 lors de la bataille aérienne d’Angleterre (8 aout – 31 octobre), décisive pour l’avenir de la Grande Bretagne et de toute la coalition. Le nombre de machines fournies par l’industrie britannique était suffisant, mais il n’était pas possible de former autant de pilotes en si peu de temps. Pour cette raison, on ne saurait surestimer le rôle des aviateurs étrangers parmi lesquels les 151 Polonais constituaient le groupe le plus important. Ils combattirent tant au sein des unités britanniques que des divisions polonaises d’avions de chasse 302 et 303 et de bombardiers 300 et 301. A la bataille d’Angleterre, les Polonais abattirent 203 machines de la Luftwaffe, ce qui correspond a 12% de l’ensemble des pertes allemandes dans ce combat.

Les succes polonais amenerent le commandement britannique a développer les forces aériennes polonaises avec l’organisation, au total jusqu’en été 1941, de 8 divisions d’avions de chasse et 4 de bombardiers. D’autres furent créés ensuite, notamment le Polish Fighting Team (appelé « cirque de Skalski » du nom de son commandant) qui lutta en Afrique du nord. Les pilotes polonais protégeaient l’Angleterre luttant contre la Luftwaffe : entre autres, ils ont abattu 193 fusées allemandes V 1 et V 2 et, lors d’expéditions sur le continent, assurant la protection d’escadrons de bombardiers, ils jetaient les bombes sur les cibles indiquées (notamment le bassin de la Ruhr, Hambourg, Breme) ; de plus, ils protégeaient les opérations de l’armée de terre lors de l’invasion de juin 1944. Cette meme année, l’unité polonaise en stationnement en Italie fit passer en Pologne des hommes et des équipements pour l’Armée de l’Intérieur, et pendant l’Insurrection de Varsovie, les équipages polonais décollerent 91 fois pour approvisionner les insurgés. De 1940-1945, les divisions polonaises et les Polonais enrôlés dans l’aviation britannique abattirent avec certitude 621 machines de l’ennemi, dont au total, depuis les campagnes de septembre et française, pres de 900 avions (et 189 probablement).

Bibliographie élémentaire : Lenne Olson, Stanley Cloud A question of honour. The Kosciuszko squadron : forgotten heroes of World War II, New York 2003 ; Adam Zamoyski The Forgotten Few : The Polish Air Force in the Second Word War, New York 1996

La bataille de l’Atlantique et la marine polonaise

Peu avant l’éclat de la guerre, trois contre-torpilleurs polonais (Błyskawica, Burza et Grom) partirent pour la Grande Bretagne, rejoints plus tard par les sous-marins Orzeł et Wilk qui échapperent aux Allemands. La Marine de guerre polonaise était développée depuis 1940, prenant en crédit-bail des navires de la Royal Navy ; en 1945, elle comptait plus de 4 mille soldats sur 15 bâtiments (1 croiseur, 6 destroyers, 3 sous-marins et 5 chasseurs) d’un déplacement total de plus de 18 mille tonneaux. Somme toute, pendant la guerre, elle se composait de 26 bâtiments (2 croiseurs, 9 destroyers, 5 sous-marins et 11 chasseurs). Les navires polonais prirent part, d’abord aux côtés de la marine britannique, plus tard aussi américaine, a des dizaines d’opérations : entre autres, en mai 1940 dans la région de Narvik et a l’évacuation des troupes britanniques de Dunkerque, en 1944 a la descende en Normandie, a la protection de convois pour Mourmansk et Malte, mais surtout a la bataille de l’Atlantique de 1940 a 1944, y compris a la célebre « chasse au Bismarck », le plus grand croiseur de la Krigsmarine (mai 1941). Au total, ils prirent part a 665 batailles et escorterent 787 convois, coulerent 12 nefs de l’ennemi (dont 5 sous-marins) et 41 bâteaux et en endommagerent 24 (dont 8 sous-marins). De plus, le transport maritime des forces alliées était renforcé par 36 bâteaux de commerce qui se trouvaient en 1939 en dehors des frontieres polonaises, d’un déplacement total de quelques 117 mille tonneaux.

Bibliographie élémentaire : Michael A.Peszke Poland`s Navy 1918-1945, New York 1999 ; Jerzy Pertek Mała flota wielka duchem, Poznań 1989

Combats terrestres 1941 à 1945

Apres la défaite française, la Brigade des Chasseurs des Carpates quitta la Syrie pour rejoindre l’armée britannique en Egypte. C’était une unité de choix, composée de 5 mille soldats, le plus souvent de grande expérience, vétérans de la campagne de septembre, ainsi que de volontaires. En aout 1941, elle fut transférée en Libye, ou elle se rendit célebre dans la dure défense de Tobrouk assiégée, et dans le désert libyen au printemps 1942.

On était parvenu a évacuer de France en Grande Bretagne pres de 20 mille hommes, dont fut formé le Ier Corps qui avait pour tâche de défendre contre une éventuelle descente le littoral oriental de l’Ecosse, ainsi que la Iere Brigade Autonome de Parachutistes qui devait etre transférée en Pologne au moment du soulevement général que l’on projetait. En 1941 la

Iere Division Blindée fut délimitée dans la composition du Corps. Cependant, le développement de cette armée était empeché face au nombre tres modeste de Polonais émigrés sur les Iles Britanniques, en absence d’immigration polonaise en provenance de l’Europe conquise par l’Allemagne et l’Italie, alors que les recrues volontaires aux Etats-Unis et en Amérique Latine comprit quelques milliers d’hommes a peine. La situation changea lorsque, a l’issue de l’attaque de l’Union Soviétique par le IIIe Reich, celle-ci signa avec le Gouvernement polonais, le 30 juillet, un accord prévoyant notamment la libération des citoyens polonais de prisons et de camps, ainsi que la mise en place d’une Armée polonaise. Elle fut formée sous le commandement du général Władysław Anders. Au printemps 1942, elle comptait plus de 70 mille personnes, mais souffrait d’un déficit d’officiers que l’on recherchait en vain sans savoir qu’ils avaient été fusillés par le NKVD deux ans auparavant. Les autorités soviétiques multipliaient les difficultés pour l’extension de cette armée, par exemple en réduisant de maniere drastique l’allocation des vivres (a 40 mille portions). A l’époque, la situation des Alliés au Proche-Orient était tres compliquée et les Etats-Unis ne faisaient que commencer la mobilisation, alors que la Grande Bretagne manquait de réserves. Dans ces conditions fut concertée l’évacuation des unités polonaises vers la Perse, l’armée étant accompagnée de civils (essentiellement membres de famille des soldats) au nombre de 114 mille.

Les forces sorties au Proche-Orient (d’abord en Perse, puis en Irak et Palestine) formerent le IIe Corps polonais qui fut transféré en décembre 1943 et janvier 1944 sur le front italien. Ces 50 milliers de soldats lutterent pendant presque un an et demi, se distinguant en particulier dans les combats sanglants qui visaient a rompre la Ligne Gustave. La colline et le cloître du Monte Cassino que les Polonais prirent le 18 mai 1944 en étaient la clé stratégique. En juillet, le IIe Corps conquit la ville et le port d’Ancône, et en aout, il prit part a l’attaque de la Ligne des Goths sur l’Adriatique. En 1945, il combattit dans l’offensive de printemps au nord de l’Italie, dans les batailles de Faenza et Bologne ou les soldats polonais furent les premiers a entrer. Pres de 2,6 mille Polonais trouverent la mort dans les combats italiens.

L’Armée polonaise stationnant sur les Iles Britanniques, renforcée par les hommes sortis d’Union Soviétique, se préparait a prendre part a l’invasion du continent. En juin 1944, l’aviation et la marine polonaises combattirent lors de l’opération normande, ensuite fut transférée sur le continent la Iere Division Blindée du général Maczek, avec 16 mille hommes, 380 chars et 470 canons. Elle entra dans la composition du Corps canadien et se rendit célebre dans les batailles de Falaise et Chambois (18-22sout) ou elle ferma le « sac » et coupa la retraite des divisions allemandes. Elle libéra ensuite Abeville, St.Omar et Cassel en France, Ypres et Gand en Belgique ainsi que Breda (28-30 octobre) aux Pays-Bas, et termina par la prise du port allemand de Wilhelmshaven. Elle parcourut au total 1800 km, détruisant 260 chars et canons automoteurs de l’ennemi, ses propres pertes de montant a plus de 4,6 mille soldats dont plus de mille morts. En septembre 1944, la Iere Brigade de Parachutistes (commandée par le général Sosabowski) fut parachutée a Arnhem aux Pays-Bas dans le cadre de l’opération échouée « Market-Garden ». La Brigade y subit d’importantes pertes.

Au moment ou les opérations de guerre en Europe touchaient a leur fin, l’armée polonaise de terre combattant aux côtés des Alliés occidentaux comptait plus de 210 mille soldats et possédait 1335 chars, pres de 4000 transporteurs et voitures blindées, 2050 canons et mortiers ainsi que 32 mille véhicules mécaniques de toutes sortes.

Bibliographie élémentaire : Witold Biegański Polskie Siły Zbrojne na zachodzie, 1939-1945, Varsovie 1990 ; Margaret Brodniewicz-Stawicki For your freedom and ours : the Polish armed forces in the Second World War, St.Catharines, Ont., 1999.


Dernière édition par le Mar 06 Fév 2007, 10:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Mar 06 Fév 2007, 10:42

L’Armée polonaise sur le front oriental

Apres que le crime de Katyn avait été rendu public, les relations diplomatiques avec la Pologne furent rompues (avril 1943) et Staline prit la décision d’organiser une armée polonaise aupres de l’Armée Rouge. Elle fut constituée sans l’accord des autorités légales de la République de Pologne, la majorité des cadres étant recrutés parmi les officiers soviétiques et le corps d’officiers politiques parmi les communistes polonais, alors que les Polonais déportés au fond de l’Union Soviétique dans les années 1939-1941 constituaient la masse des soldats, rejoints depuis le printemps 1944 par les habitants des confins orientaux polonais. Malgré cette naissance « illégitime » et le rôle qu’elle joua plus tard pour imposer a la Pologne le Régime communiste, l’Armée polonaise qui combattit sur le front oriental contribua d’une maniere non négligeable au geste armé polonais. A l’origine, c’était une division (Iere Division Tadeusz Kościuszko, commandée par le colonel Zygmunt Berling) de 11 mille soldats, formée depuis le mois de mai 1943 ; jusqu’en juillet 1944, elle atteignit l’effectif de presque 100 mille hommes et a la fin de la guerre, de plus de 330 mille soldats organisés en deux armées qui disposaient de toutes les formations de terre (infanterie, artillerie, sapeurs et intendance).

L’armée traversa son bapteme de feu a la bataille de Lenino (en Biélorussie) en octobre 1943. En juillet et aout 1944, les troupes polonaises lutterent aux postes avancés sur la rive occidentale de la Vistule ; la brigade blindée livra sa premiere bataille contre les Allemands a Studzianki. En septembre 1944, l’Armée polonaise entreprit une tentative échouée, terminée par d’importantes pertes, de secours aux insurgés de Varsovie. Des janvier 1945, elle prit part dans la grande offensive lancée par les troupes soviétiques : en février et mars, elle combattit dans la lutte dramatique visant a rompre le mur de Poméranie, ligne fortifiée de défense allemande, et a prendre Kolberg, transformé en forteresse ; on se battit aussi pour Dantzig et Gdynia, de meme que sur la Baie de Stettin. La participation a la conquete de Berlin vint couronner ce parcours de combat. Toute l’opération berlinoise engagea 180 mille soldats polonais des Iere et IIe Armées, et la Iere Division (Kościuszko) contribua a l’attaque du centre de Berlin. Hormis l’Armée Rouge, elle fut l’unique formation combattant dans la capitale allemande a avoir accroché le drapeau polonais sur les ruines de la ville. Les troupes polonaises avancerent jusque sur l’Elbe ou elles entrerent en contact avec les unités américaines. En avril 1945, la IIe Armée traversa la Neisse pour se battre ensuite dans les environs de Dresde et Bautzen en subissant d’immenses pertes. Son parcours de combat prit fin en Tchécoslovaquie au mois de mai. Les formations aériennes polonaises se battirent aussi contre les Allemands sur le front oriental (mais composées essentiellement de pilotes soviétiques).

De la bataille de Lenino aux combats de l’Elbe 17,5 mille soldats périrent et presque 10 mille furent portés disparus. Les luttes en Poméranie couterent le plus de victimes (5,4 mille soldats tués et 2,8 mille portés disparus), il en fut de meme pour l’opération de Berlin (7,2 mille morts et 3,8 mille portés disparus). Vu la nature commune des opérations des troupes polonaises et soviétiques, il est difficile d’évaluer les pertes infligées a l’ennemi par les Polonais. Les éléments d’information partiels ne portent que sur quelques actions : a Lenino 1,8 mille Allemands périrent, furent blessés ou faits prisonniers, a la bataille blindée de Studzianki, ils perdirent 20 chars et canons blindés ainsi que 1,5 mille soldats, a celle du mur de Poméranie, 2,3 mille hommes trouverent la mort. A Berlin, les soldats de l’Armée Kościuszko prirent entre autres quatre stations de métro et les bâtiments de l’Ecole Polytechnique et firent prisonniers 2,5 mille soldats allemands.

L’armée polonaise a l’est était la plus importante formation militaire réguliere a se battre aux côtés de l’Armée Rouge. Son parcours de combat de presque deux ans comptait plus de mille kilometres. Elle prit part aux opérations les plus diverses et tres importantes sur le front : traversées de fleuves et rivieres, combats de ville, attaque de fortifications, poursuite de l’ennemi. Sa contribution a la victoire remportée sur l’Allemagne nazie lui couta des pertes tres élevées.

Bibliographie : Czesław Grzelak, Henryk Stańczyk, Stefan Zwoliński, Armia Berlinga i Żymierskiego. Wojsko polskie na froncie wschodnim 1943–1945, Varsovie 200
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Mar 06 Fév 2007, 13:22

Staline, après avoir poignardé la Pologne dans le dos (attaque germano-soviétique de 39) eut l'audace de créer tout de même une armée Polonaise contre les Nazis.

Armée qu'ensuite il trahit.

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MessageSujet: Re: POLOGNE : génocide polonais et résistance   Mar 06 Fév 2007, 14:16

Arnaud Dumouch a écrit:
Stamline, après avoir poignardé la Pologne dans le dos (attaque germano-soviétique de 39) eut l'audace de créer tout de même une armée Polonaise contre les Nazis.

Armée qu'ensuite il trahit.

C'était une armée à sa botte, purgée de tout élément anticommuniste...et en partie encadrée par des officiers soviétiques; (voir devant Varsovie insurgée et écrasée, ce général polonais qui veut aider les insurgés et qui disparait ss laisser de traces) En fait Staline ne pouvait se passer d'aucune aide, d'aucune contribution à la guerre anti-nazie, et les polonais, pros communistes ou non, désiraient combattre la bête; Staline leur en donnait la possibilité;
C'est l'Armia Krajowa, l'armée de l'intérieur, celle qui mène l'insurrection de bVarsovie, et en relation avec le gouvernement de Londres, qui est trahie par Staline (à vrai dire, il n'a jamais accepté qu'elle existe, ayant commençé à Katyn l'extermination de ses officiers "bourgeois"), si j'ai bien compris.
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POLOGNE : génocide polonais et résistance
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