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 Dogmatique catholique : la Tradition.

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Perlimpimpim

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MessageSujet: Dogmatique catholique : la Tradition.   22/5/2018, 01:46

1° Tradition constitutive et continuative. Succession apostolique.



« Oui je reproche aux églises et pas uniquement catholiques de placer leurs traditions humaines au-dessus de la Parole de D.ieu comme le Judaïsme rabbinique le fait d'ailleurs »

Je ne réponds ici qu’incidemment à Mb. Je constate qu’il est un propagandiste zélé de l’hérésie. Ma réponse s’assimile à une exposition de la foi et de la théologie catholique donnée à l’occasion d’une réponse à ses propos ; afin d’empêcher qu’il ne corrompe les simples. C’est pourquoi j’ai préféré poster l’envoi dans la rubrique consacrée à la théologie catholique plutôt qu’en celle, trop restrictive, du débat avec les religions acatholiques, débat qui de toute évidence ne mène à rien.



Votre présupposé herméneutique est typiquement protestant. Rien d’étonnant à cela, le mouvement juif messianique n’étant qu’une énième mouture protestante. Incidemment votre présupposé herméneutique s’apparente à celui du judaïsme karaïte auquel les rabbanim pourraient analogiquement objecter ce que les théologiens catholiques objectent aux protestants. Votre présupposé herméneutique est manifestement protestant : négation de l’autorité ecclésiale dans l’interprétation du donné révélé ; affirmation corrélative du principe protestant de la « Sola Scriptura » ; conséquemment, illuminisme protestant. Je vais tenter de rétablir la vérité des faits, usant seulement des arguments de raison et d’autorité scripturaire, en excluant l’argument d’autorité magistérielle inopérant à votre endroit. Nous allons donc débattre de savoir si Jésus a institué un magistère ecclésial.

La tradition est une transmission. Au sens actif, c’est l’acte même de communiquer ou transmettre. Au sens passif, c’est ce qui est communiqué ou transmis. Au sens actif, la Tradition par excellence est la Révélation, action par laquelle Dieu transmet aux hommes des vérités de foi formellement révélées. Au sens passif, la révélation est l’ensemble des vérités de foi formellement révélées par Dieu. L’ensemble des vérités formellement révélées ayant été transmises par Dieu à l’Église, corps mystique du Christ, elles constituent « le dépôt de la foi », dont l’Église est la gardienne, la dépositaire. Ces vérités peuvent avoir pour objet Dieu lui-même (sa Trinité et son Incarnation), des faits ressortant de l’agir divin ad extra (création, conservation, providence, élection, jugement dernier…), des réalités instituées par Dieu pour le salut des hommes (don de la Loi, institution du culte, institution de l’Église, institution des Sacrements…),… La tradition étant une transmission, la Tradition peut être constitutive ou continuative.

Quant à la Révélation, on parle de « Tradition constitutive », constitutive du donné formellement révélé qui est l’objet même du message surnaturellement transmis par Dieu aux hommes : « Après avoir, à plusieurs reprises et en diverses manières, parlé autrefois à nos pères par les Prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, et par lequel il a aussi créé le monde. Ce Fils, qui est le rayonnement de sa gloire, l'empreinte de sa substance, et qui soutient toutes choses par sa puissante parole, après nous avoir purifiés de nos péchés, s'est assis à la droite de la majesté divine au plus haut des cieux, d'autant plus grand que les anges que le nom qu'il possède est plus excellent que le leur. » Hébreux, I, 1-4.

Cette Tradition constitutive du « dépôt de la foi » doit être transmise au fur des générations humaines. C’est ici qu’intervient la « Tradition continuative », c'est-à-dire la transmission ecclésiale du dépôt de la foi. La Tradition continuative n’a aucunement pour effet de constituer le donné révélé (ceci relève de la Tradition constitutive), mais de le transmettre après l’avoir reçu. Plus exactement, la tradition continuative a pour fonction, non seulement de retransmettre à l’humanité entière, au fur des siècles, le donné formellement révélé, mais encore de l’expliciter au fur des circonstances. Car comment transmettre le dépôt de la foi sans en écarter les interprétations hérétiques qui ne peuvent manquer d’apparaitre ? Et comment donner la véritable interprétation du donné formellement révélé sans avoir reçu de Dieu le don spécial du charisme d’infaillibilité ?



1. Les Apôtres, organes de la Tradition constitutive.

C’est parce que les Apôtres furent les organes de la Révélation que la Révélation s’est terminée à la mort du dernier des Apôtres. Quelques textes néotestamentaires font des Apôtres les organes de la Tradition constitutive. Il s’agit alors d’une révélation divine que le Christ opérant par l’Esprit-Saint communique directement par les Apôtres à leurs auditeurs : Dieu révèle par les Apôtres ; les Apôtres étant ici l’organe (l’instrument) par lequel s’opère la Révélation (comme l’humanité de Dieu était l’organe de la Révélation que Dieu, par son humanité, dispensait aux Apôtres). « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter à présent. Quand le Consolateur, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous guidera dans toute la vérité. Car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Celui-ci me glorifiera, parce qu'il recevra de ce qui est à moi, et il vous l’annoncera. Tout ce que le Père a, est à moi. C'est pourquoi j'ai dit qu'il recevra ce qui est à moi, et qu’il vous le dévoilera. » Jean, XVI, 12-15. « Mais le Paraclet, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout [Trad. constitutive] et vous rappellera tout ce que je vous ai dit [Trad. continuative]. » Jean, XIV, 26.



2. Les Apôtres, organes de la Tradition continuative.

En outre, de très nombreux textes néotestamentaires affirment que le collège apostolique est l’organe de la Tradition continuative. Les Apôtres (et leurs collaborateurs) ne sont plus lors l’instrument par lequel Dieu révèle mais les dépositaires de la Révélation divine dont l’humanité du Christ était l’instrument, dépositaires ayant pour mission de retransmettre ce qu’ils ont reçu : « Car, pour moi, j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai aussi transmis. » I Corinthiens, XI, 23.

– L’autorité apostolique et le charisme d’infaillibilité. :

« ‘‘Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.’’ » Matthieu, XVI, 18-19. « Ayant convoqué les Douze, il leur donna puissance et autorité sur tous les démons, et pour guérir les maladies. Et il les envoya prêcher le royaume de Dieu… » Luc, IX, 1-2. Dans le pouvoir de lier est inclus le pouvoir de définir. De même, du fait que les Apôtres reçoivent autorité sur les démons, ils reçoivent le charisme de vérité. Je vous rappelle en passant que « Le diable est menteur et père du mensonge ».  

– La mission apostolique :

« Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour, et ce que vous entendez à l’oreille, publiez-le sur les toits. » Matthieu, X, 27. « Eux donc, après avoir rendu témoignage et annoncé la parole du Seigneur, en retournant à Jérusalem, annonçaient la bonne nouvelle dans plusieurs villages des Samaritains » Actes, VIII, 25. « … les choses que vous ont aujourd'hui annoncées ceux qui, par le Saint-Esprit envoyé du Ciel, vous ont prêché l’Évangile : mystère profond où les anges désirent plonger leurs regards. » I Pierre, I, 12. « Car, pour moi, j'ai reçu du Seigneur, ce que je vous ai aussi transmis » I Corinthiens, XI, 23. « Je leur ai donné votre parole, et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi-même je ne suis pas du monde. Je ne vous demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi-même je ne suis pas du monde. Sanctifiez-les dans la vérité. Comme vous m'avez envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés en la vérité. Je ne prie pas seulement pour eux, mais aussi pour ceux qui, par leur prédication, croiront en moi. » Jean XVII, 14-20. « Ayant ainsi parlé, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Il leur dit une seconde fois: ‘‘Paix avec vous ! Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie.’’ Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : ‘‘ Recevez l'Esprit-Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.’’ » Jean XX, 20-23. « Mais, vous recevrez sur vous une puissance du Saint-Esprit et vous serez mes témoins et à Jérusalem, et dans toute la Judée, et en Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Actes, I, 8. Bref, le don de l’Esprit inclut un charisme ayant pour finalité la rectitude du témoignage apostolique.

- L’universalité de la mission apostolique :

« Et Jésus s’approchant leur parla ainsi : ‘‘Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fil et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, JE SUIS AVEC VOUS, TOUJOURS, JUSQU’À LA FIN DU MONDE. » Matthieu, XXVIII, 20. « Toujours, jusqu’à la fin du monde », autrement dit depuis la Passion jusqu’au Jugement dernier. Toujours, non à l’âge apostolique pour ensuite disparaitre pendant près de deux mille ans pour enfin réapparaitre au XIXe avec les Témoins de Jéhovah ou les Juifs messianiques… Toujours ! Où donc étiez-vous pendant 2000 ans ? Nulle part ! Vous n’existiez pas, n’ayant surgit qu’au XIXe !


3. La consignation scripturaire du donné révélé.

La Tradition constitutive est principalement orale : le Dieu-homme a parlé aux Apôtres ; les Apôtres enseignent oralement. Elle est aussi visuelle : Jésus se montre aux Apôtres qui témoignèrent de nombre d’actions qu’ils virent accomplies Jésus ; et parfois Dieu leur communiqua sa révélation par le biais de visions (ex. les visions relatées dans l’Apocalypse). La Tradition dont il s’agit ici est une tradition doctrinale, transmise oralement (ou visuellement) avant d’être scripturairement consignée. Les livres néotestamentaires sont donc consécutifs à la tradition orale, dont ils ne transmettent d’ailleurs qu’une partie. Et c’est précisément l’Église qui a fixé le canon des Écritures, preuve qu’elle pouvait juger de leur conformité ou de leur non-conformité à la Tradition, recevant certains Livres comme inspirés, rejetant d’autres comme apocryphes…

– Les livres saints sont inspirés :

« Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice. »  II Timothée III 16  

– Ils ne contiennent qu’une partie du dépôt de la foi :

« Ainsi donc, frères, demeurez fermes et gardez les enseignements que vous avez reçus, soit de vive voix, soit par notre lettre. » II Thessaloniciens, II, 15.

– Ils ne sont pas objet d’interprétation personnelle ; condamnation scripturaire du « sola scriptura » :

« Avant tout sachez-le, aucune prophétie d’Écriture n’est objet d’interprétation personnelle. » II Pierre, I, 20. « Or, comme parmi le peuple il y eut aussi de faux prophètes, de même il y aura parmi vous de faux docteurs, qui introduiront sourdement des sectes pernicieuses, et qui, reniant le Seigneur qui les a rachetés, attireront sur eux une prompte ruine. Plusieurs les suivront dans leurs désordres, et ils exposeront la doctrine de la vérité à être calomniée. » II Pierre, II, 1-2. Et donc, à quelle tradition ecclésiale se rattache votre interprétation très personnelle de l’Écriture ? À vous-même, à un vestige ecclésial tard venu, ou à la Sainte Église existant depuis deux mille ans ?



4. L’assistance divine du Christ pour la perpétuation de la mission jusqu’au Jugement dernier :

« Et Jésus s’approchant leur parla ainsi : ‘‘Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fil et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous toujours jusqu'à la fin du monde.’’ » Matthieu, XXVIII, 20.



5. Conséquemment, continuation de la mission enseignante du collège apostolique au collège épiscopal qui lui succède dans le temps :

« J’exhorte les anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin des souffrances du Christ, et qui prendrai part avec eux à la gloire qui doit être manifestée : paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré ; non dans un intérêt sordide, mais par dévouement ; non en dominateurs des églises, mais en devenant les modèles du troupeau. Et quand le Prince des pasteurs paraîtra, vous recevrez la couronne de gloire, qui ne se flétrit jamais. » I Pierre, V, 1-5.

« Comment donc invoquera-t-on celui en qui on n'a pas encore cru ? Et comment croira-t-on en celui dont on n'a pas entendu parler ? Et comment en entendra-t-on parler s'il n'y a pas de prédicateur ? Et comment seront-ils prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? Selon qu'il est écrit : ‘‘Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent le bonheur !’’ Ainsi notre foi vient de la prédication et la prédication c’est l’annonce de la parole du Christ. » (Rm. X 14-17). Or qui est envoyé sinon les Apôtres et après eux les évêques leurs successeurs. Ce sont les Apôtres que le Christ missionne pour prêcher. « Les onze disciples s'en allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. En le voyant, ils se prosternèrent ; mais il y en eut qui doutèrent. Et Jésus s'approchant leur parla ainsi : ‘‘Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous toujours jusqu'à la fin du monde.’’ » (Mt. XXVIII 16-20). Le corps mystique du Christ qu’est l’Église repose donc sur les Apôtres comme sur ses fondements doctrinaux. La visibilité du corps est donc dans la communion des fidèles aux apôtres et à leurs successeurs, les évêques légitimes, savoir d'abord les Évêques institués par les Apôtres, ensuite les Évêques régulièrement consacrés par d'autres Évêques, ce jusqu'à la fin des temps :

Nous en trouvons confirmation avec le témoignage d’Ignace d’Antioche, qui témoigne de la Tradition une génération après celle des Apôtres : « Par sa Croix, dans sa Passion, le Christ vous appelle, vous qui êtes ses membres. La tête ne peut subsister indépendamment des membres, et Dieu nous promet cette unité, et lui même est unité. » (Ad Trall. XI 1). « Vous devez rester unis à la foi de votre évêque » (Ad Eph. IV 1). « Aussi je vous en supplie, veillez à toujours agir dans une sainte unité de sentiments, sous la présidence de l’évêque, qui tient la place de Dieu... » (Ad Magn. VI 1). « Soyez soumis les uns aux autres, et à l’évêque comme Jésus Christ en sa chair le fût à son Père, et les Apôtres au Père au Christ et à l’Esprit. » (Ad Magn. XIII 2). « En vous soumettant à l’évêque comme s’il était le Christ Jésus, vous me prouvez que vous ne vivez plus selon l’ordre humain mais selon Jésus Christ mort pour nous. » (Ad Trall. II 1). « Obéissez à l’évêque comme à la loi de Dieu... » (Ad Trall. XIII 2). « Tous ceux qui appartiennent à Dieu et à Jésus-Christ demeurent aux côtés de l’évêque ; et tous ceux qui, pris de remords rejoindrons le corps de leur Église, appartiendront eux aussi à Dieu et vivront selon Jésus-Christ. Mais ‘‘ne vous y trompez pas’’, mes frères, si l’un de vous s’attache à un fauteur de schisme, ‘‘il n’héritera pas du royaume de Dieu’’, et s’il passe à une doctrine étrangère, il n’a plus part à la Passion. » (Ad Philad. III 2-3). « Suivez tous l’évêque comme le Christ a suivi son Père... Ne faites rien en dehors de l’évêque quant à ce qui intéresse l’Église. Ne tenez pour valable que l’Eucharistie célébrée sous la présidence de l’évêque ou de son délégué. La où paraît l’évêque là aussi est la communauté. De même que là où est le Christ Jésus là est l’Église Catholique. Sans l’évêque, impossible de baptiser ou de faire l’agape. Il faut son approbation pour que nous plaisions à Dieu. » (Ad Smyrn. VIII 1-2). « Qui honore son évêque, Dieu l’honore aussi. Mais agir à l’insu de l’évêque, c’est se faire le serviteur du diable. » (Ad Smyrn. IX 1). « Écoutez l’évêque, afin que Dieu aussi vous écoute. » (Ad Polyc. VI 1).

Les adversaires du principe de succession apostolique prétendent l’épiscopat monarchique une innovation contraire à l’ecclésiologie reçue des Apôtres. Rétablissons la vérité.

« En ces jours là, le nombre des disciples augmentait et les Hellénistes se mirent à récriminer contre les Hébreux parce que leurs veuves étaient oubliées dans le service quotidien. Les douze convoquèrent alors la foule (pléthos) des disciples et dirent : “Il ne convient pas que nous délaissions la parole de Dieu pour servir (diaconein) aux tables. Cherchez plutôt parmi vous sept hommes de bonne réputation, remplis d’Esprit et de sagesse, et nous les chargerons de cette fonction. Quant à nous, nous continuerons à être assidus à la prière et au service de la parole.” Ce discours plut à la foule et ils choisirent Etienne, un homme plein de foi et d’Esprit Saint, et Philippe, Procore, Nicanore, Timon, Parménas et Nicolas prosélyte d’Antioche qu’ils présentèrent aux apôtres qui, ayant prié, leur imposèrent les mains. » (Ac. VI 1-7). Les Apôtres convoquent la foule des disciples, leur donnant mandat pour choisir sept hommes, désignés par la foule mais consacrés par les Apôtres en vue d’une fonction précise : le service des tables, c’est-à-dire non pas tant la fraction du pain (Ac. II 42 ; I Cor. XI 23-27) que les repas qui les entouraient alors (I Cor. XI 20-22). On voit donc sur le vif la structure hiérarchique de l’Église : les Apôtres la régissent et imposent les mains pour conférer une charge à certains des disciples lors distingués des autres fidèles. Ici, institution des diacres.

« Certaines gens descendirent alors de Judée, qui voulaient endoctriner les frères [d’Antioche] : “Si vous ne vous faites pas circoncire selon la règle de Moïse, vous ne pourrez être sauvés” disaient-ils. Un conflit en résulta et des discussions assez graves opposèrent Paul et Barnabé à ces gens. On décida que Paul, Barnabé et quelques autres monteraient à Jérusalem trouver les apôtres et les anciens [presbyterous = presbytres, prêtres] à propos de ce différent… Arrivés à Jérusalem, ils furent accueillis par l’église et les apôtres et les anciens, et ils les mirent au courant de tout ce que Dieu avait réalisé avec eux. Se levèrent alors quelques une de la secte des pharisiens ayant cru [au Christ] et disant qu’il fallait les circoncire et leur prescrire d’observer la loi de Moïse. Les apôtres et les anciens se réunirent pour examiner cette affaire. Comme la discussion  était devenue vive, Pierre intervint… Il y eu alors un grand silence dans toute la foule puis on écouta Barnabé et Paul raconter tous les signes et prodiges que Dieu, par leur intermédiaire, avait accomplis chez les païens. Quand ils eurent achevé, Jacques pris à son tour la parole… Alors il sembla bon aux apôtres et aux anciens avec toute l’église de choisir parmi eux des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. Ce furent Judas appelé Bar Sabas, et Silas, personnages en vue parmi les frères, à qui l’ont fit écrire cette lettre : “Les apôtres, les anciens et les frères saluent les frères d’origine païenne qui se trouvent à Antioche, en Syrie et en Cilicie. Nous avons appris que certains des nôtres étaient allés vous troubler et bouleverser vos esprits par leurs propos ; ils n’en étaient pas chargés. Nous vous envoyons donc Judas et Silas pour vous communiquer de vive voix les mêmes directives. L’Esprit Saint et nous-mêmes, nous avons décidé...” » (Ac. XV 1-35). Ici encore apparaît la structure hiérarchique de l’Église avec les Apôtres, les anciens (presbytres), les simples fidèles (l’église) ; « l’église » étant ici distinguée de ses chefs, Apôtres et anciens. Ce sont les Apôtres et les anciens qui tranchent l’affaire (Ac. XV 2, 22), et leur décision est approuvée par toute l’Église de Jérusalem. Ce texte est remarquable à deux égards. D’une, il affirme nettement la structure hiérarchique de l’Église, en distinguant les Apôtres, les prêtres, les simples fidèles. De deux, il montre sur le vif comment l’Église a tranché une grave controverse doctrinale qui mettait en péril son unité. Il y eu une réunion, autrement dit un synode, un concile, vraisemblablement présidé par les Apôtres Pierre et Jacques, et affirmant que ses décisions sont autant les siennes que celle du Saint-Esprit.

« De Milet, il [saint Paul] fit convoquer à Éphèse les anciens [presbytres = prêtres] de l’Église. » (Ac. XX, 17). Deux sens possibles : « fit convoquer les anciens de l’Église à Éphèse », savoir les anciens des Églises de Milet, d’Éphèse et des autres villes voisines, Éphèse jouant le rôle de métropole ecclésiastique comme Antioche ou Jérusalem ; « fit convoquer les anciens de l’Église d’Éphèse ». En faveur de la seconde interprétation, l’Ambrosiater, saint Jérôme, saint Jean Chrysostome. En faveur de la première, plus conforme au texte grec, saint Irénée de Lyon et saint Épiphane. « Quand ils l’eurent rejoint, il leur déclara : “Prenez soin de vous-même et de tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis les gardiens [épiscopous = épiscopes, évêques], pour paître l’Église que Dieu s’est acquise par son propre sang.” » (Ac. XX, 28). Ces prêtres étant qualifiés d’épiscopes, la conclusion qu’il s’agit non de simples prêtres mais d’évêques. Aucune difficulté si ces épiscopes viennent de cités différentes. Une difficulté s’ils sont tous épiscopes d’Éphèse, l’Église ne reconnaissant pas plusieurs évêques pour une même cité. C’est pourquoi certains ont pensé qu’à l’origine le mot épiscope ne désignait pas spécifiquement les évêques mais tous les prêtres. Mais l’argument ne vaut pas, la distinction de l’évêque et du prêtre apparaissant nettement en I Tim. IV 12 - VI 20. C’est pourquoi, même à admettre que ces épiscopes fussent tous d’Éphèse, suffit pour que tombe la difficulté de distinguer soit l’évêque métropolitain de ses évêques suffragants reliés à Éphèse par leur lien à leur métropolitain (cf. Tit. I. 5-9), soit l’évêque principal de ses évêques coadjuteurs (exerçant leur sacerdoce à Éphèse même). Nouvelle affirmation de la structure hiérarchique de l’Église : les évêques sont là pour paître donc régir le troupeau des fidèles. Par ailleurs, si c’est le Saint-Esprit qui les institue tels, c’est par l’intermédiaire des Apôtres dont l’autorité sur ces épiscopes est indéniable (Ac. XX 17, 20, 27, 31).

« Paul et Timothée, serviteurs de Jésus Christ, à tous les saints qui sont à Philippe avec leurs épiscopes et leurs diacres : à vous grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ. » (Ph. I. 1).

Que Timothée soit un d’un rang supérieur à celui des simples prêtres, cela ressort avec évidence de I Tim. IV. 12 – VI. 20.

1° Tout d’abord, Timothée, qui doit être un modèle pour tout le troupeau  a reçu l’imposition des mains : « Ne néglige pas le don de la grâce qui est en toi, qui te fut conféré par une intervention prophétique, accompagnée de l’imposition des mains par le collège des presbytres. » (I Tim. IV 14).
Tout évêque est prêtre mais tout prêtre n’est pas évêque. Le collège des prêtres est ici un collège d’épiscopes, les simples presbytres ne pouvant conférer l’épiscopat.

2° Timothée doit reprendre, ce qui suppose qu’il ait le pouvoir de paître, non seulement les vieillards et les jeunes, les hommes et les femmes, les veuves, mais encore les presbytres (cf. I Tim. V, 1-22). En effet, la charge de les juger lui est explicitement reconnue : « N’accepte d’accusation contre un presbytre que sur la déposition de deux ou trois témoins. Ceux qui pèchent, reprends-les en présence de tous, afin que les autres aussi éprouvent de la crainte… sans impartialité, sans rien faire par favoritisme. » (I Tim V 19-21).

3° Timothée est donc le surveillant ou le gardien, autrement dit l’épiscope, régissant autant les anciens (presbytres) que le troupeau sur lequel l’activité de ces anciens s’exerce. Est donc clairement hors de conteste que l’Église connaissait dès les temps apostoliques la distinction entre prêtres [presbytres] et évêques [épiscopes] et le primat de l’épiscope sur les presbytres.
En tant qu’évêque, Timothée a encore le pouvoir d’ordonner les fidèles en leur imposant les mains (« N’impose hâtivement les mains à personne » I Tim. V. 22) pour leur conférer soit le diaconat, soit la prêtrise, soit même l’épiscopat : « Si je t’ai laissé en Crète, c’est pour que tu y achèves l’organisation et que tu établisses des prêtres, suivant mes instructions. » (Tit. I 5). Tite est donc un évêque subordonné à l’Apôtre Paul. « Chacun d’entre eux doit être irréprochable, mari d’une seule femme, avoir des enfants croyants qu’on ne puisse accuser d’inconduite ou d’insoumission. Il faut en effet que l’épiscope soit irréprochable en sa qualité d’intendant de Dieu » (Tit. I 9). Ce qui revient à dire que Tite est un évêque métropolitain ayant pour fonction de sacrer des évêques dans toute la Crète.

En définitive, la hiérarchie ecclésiastique, instituée par le Christ pour le bien de l’Église, est inhérente ou essentielle à l’Église : le Christ a voulu une Église fondée hiérarchiquement sur les Apôtres. Or l’Église est perpétuelle (Mt. XVI 18). Donc la hiérarchie est appelée à se perpétrer jusqu’à la fin des temps. Et puisque l’autorité est détenue par les Apôtres et par les évêques qui continuent l’action de ceux-ci dans un territoire déterminé (I Tim. IV, 12 à VI 20 ; Tit. I, 5 à 9), c’est par la succession épiscopale que s’opère la succession apostolique. Aussi les communautés ecclésiales des premiers siècles étaient-elles soucieuses de leur liste de succession épiscopale, pour prouver leur apostolicité. La succession apostolique se déduit donc de la structure hiérarchique et de la perpétuité de l’Église. Si la structure hiérarchique et perpétuelle de l’Église implique la succession apostolique, la succession apostolique est le moyen de cette perpétuité. Il ne suffit donc pas d’affirmer la perpétuité de l’Église ; il faut encore dire comment elle se perpétue. Soit par succession apostolique, ce qui ruine alors les prétentions à l’ecclésialité de tous les groupes privés de la succession apostolique ; soit autrement, en niant le caractère institutionnel de l’Église pour n’affirmer qu’une Église mystique. Sauf que cette position se heurte aux affirmations scripturaires très nettes attestant d’une organisation hiérarchisée de l’Église dès les temps apostoliques et fondée, par delà les charismes individuels, sur une hiérarchie sacerdotale : Apôtres, épiscopes, presbytres. La mise en place de la hiérarchie ecclésiale ne consiste donc pas essentiellement en le choix d’hommes vertueux pris en raison de leurs vertus, science, et capacité d’administrateurs. Elle consiste essentiellement à conférer à ces hommes vertueux un don particulier, une grâce constitutive du sacrement de l’Ordre, et qui les fait qui évêque qui prêtre qui diacre : c’est « le don de la grâce qui est en toi, qui te fut conféré par une intervention prophétique, accompagnée de l’imposition des mains par le collège des anciens » (I Tim. IV 14). Le pourquoi de la succession apostolique, c’est la perpétuation de la mission conférée par le Christ aux Apôtres. Nous avons donc un critère formel, objectif, visible, permettant de reconnaître la véritable Église de Dieu : là où sont les successeurs légitimes des Apôtres, là est l’Église. Les « évêques » luthériens ne sont aucunement évêques puisque privés de la succession apostolique. De manière générale, les sectes protestantes, privées de la succession apostolique, ne peuvent constituer le corps de l’Église.


Et donc, avant de venir nous expliquer ce qu'est le Christianisme, commencez par l'apprendre des Chrétiens ayant conservé depuis 2000 ans la Tradition du Seigneur !


6. Que confère la succession apostolique ?

Selon la tradition catholique, elle confère le pouvoir d’ordre, nécessaire pour opérer les sacrements. Catholiques et orthodoxes admettent l’autre confession jouir du pouvoir d’ordre, par lequel évêques et prêtres opèrent sacramentellement au nom et en la personne du Christ Tête. Elle confère aussi le pouvoir de juridiction, qui permet de lier et de délier (Mt. XVI 19 ; XVIII 18 ; Jn. XXI 15 sq.). Sous ce vocable les catholiques entendent :

1) Le pouvoir directif au for externe par lequel les évêques légifèrent pour toute ou partie de l’Église, gouvernent et administrent leurs diocèses, jugent des fauteurs : un pouvoir exécutif, législatif (droit canonique) et judiciaire.

2) La juridiction exercée à l’occasion des sacrements de pénitence (absolution sacramentelle) et du mariage (solennités de droit ecclésiastique nécessaires à la validité du contrat). L’absolution des péchés est au for interne ; comme l’est l’absolution extra sacramentelle des censures [qui ressort du pouvoir non pas sacramentel mais directif (jugement extra pénitentiel)].

3) Le pouvoir magistériel d’enseignement, qui s’impose au for interne de la conscience des fidèles. C’est ici qu’il faut parler de l’objet et du sujet de l’infaillibilité, ce qui nous permettra de distinguer ce qui, dans l’enseignement ecclésial, relève de la Tradition divine explicitée infailliblement par l’Église de ce qui ne relève que de traditions purement ecclésiales.


7. Objet et sujet de l’infaillibilité.













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Perlimpimpim

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MessageSujet: Re: Dogmatique catholique : la Tradition.   22/5/2018, 09:41


2° L’infaillibilité doctrinale de l’Église. Objet et sujet de l'infaillibilité.



1/ L'objet de l’infaillibilité [= ce qui peut faire l'objet d'un enseignement infaillible = d'un enseignement de foi catholique].


La distinction entre l’objet direct et indirect de l’infaillibilité est classique en théologie. Elle a été reprise de manière implicite par le Concile Œcuménique de Vatican II, Constitution Lumen Gentium, n° 25 §3 : « Cette infaillibilité, dont le divin Rédempteur a voulu pourvoir son Église pour définir la doctrine concernant la foi et les mœurs, s’étend aussi loin que le dépôt lui-même de la Révélation à conserver saintement et à exposer fidèlement. » Comme l’écrit Mgr Philips, L’Église et son Mystère au deuxième Concile du Vatican, Tome 1, page 328 : « Les Pères de Vatican II spécifient … que le privilège de l’infaillibilité s’étend aussi loin que le requiert la conservation et l’explicitation du dépôt de la foi confié à l’Église. … Les théologiens ramènent sous la même rubrique de “l’objet indirect” de l’infaillibilité… » tout ce qui, sans appartenir formellement au dépôt de la foi, ne peut être nié sans que soient niées des vérités ressortant du dépôt de la foi. L’infaillibilité s’étend aussi loin qu’il est requis pour conserver et exposer saintement le dépôt ; aussi loin, donc jusqu’aux vérités constitutives de l’objet indirect, vérités qui ne peuvent être niées sans que soit niées en conséquence l’une où l’autre des vérités constituant le dépôt de la foi = l’objet direct de la foi.


a/ Le donné formellement révélé, ou "objet direct" de l'infaillibilité [= ce sur quoi l'Église a principalement à exercer son infaillibilité magistérielle] :

Le donné formellement révélé, explicitement ou implicitement, = les vérités de foi divine :

On appelle vérités formellement révélées l'ensemble des vérités que Dieu a transmis à Église par le Magistère du Christ et des Apôtres. Il s'agit donc des vérités qui, en elle mêmes, sont de foi divine, c'est à dire requièrent l'adhésion à raison de l'autorité de Dieu révélant. Une vérité formellement et explicitement révélée [F/E] est une vérité que Dieu nous enseigne en termes exprès ou équivalents. Une vérité formellement mais implicitement révélée [F/I] est une proposition qui :
- Soit se déduit immédiatement d'une vérité F/E révélée.
- Soit se déduit syllogistiquement de deux vérités F/E révélées.
- Soit se déduit syllogistiquement d’une vérité F/E et d’une vérité F/I révélée déjà déduite.
- Soit se déduit syllogistiquement de deux vérités F/I révélées déjà déduites.
- Soit se déduit immédiatement d’une vérité F/I révélée déjà déduite.

D’elles mêmes, les vérités formellement révélées sont des vérités de foi divine = des vérités auxquelles il faut donner l’assentiment de foi à raison de l’autorité de Dieu révélant. Lorsque l’Église, usant de son charisme d’infaillibilité, consacre ces vérités, elles deviennent de foi catholique, et doivent être crues à raison de l’autorité infaillible de l’Église.

Un dogme est une « vérité de foi divine et catholique ». Mais il importe de faire attention à ceci, que la Règle immédiate de la foi n’est pas la Révélation mais l’Église, laquelle est le canal de transmission et d’explicitation de la foi. Si la vérité de foi divine n’est un dogme que reconnue de foi catholique comme étant de foi divine, ce n’est évidemment pas que l’autorité de l’Église enseignante ait plus de valeur que celle de Dieu révélant, mais parce que l’Église est la Règle immédiate de la foi, c’est-à-dire la seule autorité qui ait reçu de Dieu le pouvoir de dire infailliblement ce qui est de foi divine. C’est pourquoi il faut, pour que la vérité soit à proprement parler « de foi divine et catholique », qu’il soit de foi catholique qu’elle soit de foi divine. C’est alors seulement que cette vérité est un dogme [stricto sensu] dont la négation constitue une hérésie. On parle aussi de « vérité de fide ut credenda ».

Lorsque le magistère consacre infailliblement une vérité de foi divine sans préciser qu’elle est de foi divine, le fidèle n’est tenu qu’à l’assentiment de foi catholique. Il s’agit alors d’une vérité de fide ut tenenda = d’une vérité de foi à laquelle il faut tenir. Ceci étant, pour autant qu’il apparaît au fidèle que cette vérité de foi catholique est d’elle-même une vérité de foi divine, il lui devra en conscience l’assentiment dû à l’autorité de Dieu révélant. Si cette vérité de foi catholique est objectivement de foi divine, bien qu’il ne soit pas de foi catholique qu’elle soit telle, on parlera de dogme lato sensu, dont la négation est contraire à la foi catholique et proche de l’hérésie.

Une vérité consacrée magistériellement est une vérité de foi catholique. Toute vérité de foi catholique dont il ne serait pas de foi catholique qu’elle est de foi divine est une vérité « de fide ut tenenda » = une vérité de foi à laquelle il faut tenir. Parce que l'objet de l'infaillibilité dépasse les seules vérités de foi divine [qui ne constituent que l’objet direct de la foi], il se peut que la vérité consacrée infailliblement [donc de foi catholique] ne soit pas de foi divine.

Une vérité de foi divine qui n’aurait été consacrée que comme de fide tenda pourra toujours être ultérieurement consacrée comme de foi divine et devenir ainsi de fide credenda.


b/ L'objet indirect de l'infaillibilité :

Ressortent de l'objet indirect de l'infaillibilité l'ensemble des vérités connexes aux vérités de foi divine.

1/ Le donné virtuellement révélé = les vérités théologiquement certaines :

Une vérité virtuellement révélée [= vérité théologiquement certaine] se déduit d'un syllogisme où l'une seulement des prémisses est formellement révélée, explicitement ou implicitement ; l'autre prémisse étant rationnellement certaine. On comprend donc que, quant à sa nature propre, une vérité théologiquement est un hybride de foi divine et de raison. Partant, une fois conclu que telle conclusion est virtuellement révélée, la vérité virtuellement révélée peut elle-même être utilisé dans d’autres syllogismes où l’autre prémisse sera formellement révélée, virtuellement révélée, rationnellement certaine ; syllogismes aboutissant à d’autres vérités virtuellement révélées. Si les vérités virtuellement révélées ne ressortent que de l’objet indirect de l’infaillibilité, c’est à raison de leur dépendance essentielle aux vérités rationnellement certaines.

2/ Les vérités rationnellement certaines :

Parce qu'il est de foi divine que la raison laissée à ses seules forces peut démontrer un certain nombre de vérités sur Dieu [Sg XIII 1 sq. ; Rm I 18 sq.], l'existence de ces vérités est de foi divine. Quant à savoir quelles sont ces vérités, c'est à la raison de le dire, et au Magistère de contrôler la véracité de tels dires. Ces vérités servent à dégager les implications virtuellement contenues dans la parole révélée de Dieu.


c/ La Tradition et les traditions :

Quand l’infaillibilité ecclésiale n’est pas engagée, la doctrine enseignée n’a pas la garantie de l’infaillibilité. De plus l’infaillibilité est un charisme appartenant au magistère, non aux théologiens privés ou aux différentes écoles de théologie. Il y a donc place pour des traditions concurrentielles, ce tant dans la patristique que dans la scolastique. Ce n’est donc pas parce qu’une thèse est enseigné par l’un des courants catholiques qu’elle s’impose. Et d’ailleurs, même à ce que le magistère l’impose, s’il n’use pas de l’infaillibilité, il peut errer. Il y a donc place, au plan doctrinal, pour des traditions humaines : il n’y a pas de garantie que ces traditions soient pleinement conformes à la Tradition divine tant que le magistère ne l’affirme pas infailliblement. De même, passant de la doctrine au droit, le Seigneur, ayant institué l’Église en lui donnant le pouvoir de lier, a donné à l’Église un pouvoir de juridiction lui permettant d’édicter des lois ecclésiastiques, subalternées aux lois divines, et d’une autorité bien moindre. Ici encore on peut parler de traditions humaines.

Il ne s’agit pourtant pas de pharisaïsme, mot qui signifie deux choses. D’une, un courant juridico-doctrinal qui, à l’époque du Christ, l’a massivement rejeté, allant jusqu’à le faire assassiner. De deux, une attitude faite d’hypocrisie et d’endurcissement, laquelle peut certes affecter tout homme quelque soit sa confession. Moyennant quoi, amalgamant les deux sens du mot, et amalgamant encore les traditions du judaïsme post- et anti- chrétien aux traditions ecclésiales, la conclusion sophistique taxant l’Église de pharisaïsme moral, moyen commode de relativiser pour mieux défendre les assassins du Christ, assassins innocents aux yeux enténébrés du sophiste en question…



2/ Le sujet de l’infaillibilité :


a/ Le Pape :

« Le Pontife Suprême, en vertu de sa charge, jouit de l’infaillibilité dans le magistère lorsque, comme Pasteur et Docteur suprême de tous les fidèles auquel il appartient de confirmer ses frères dans la foi, il proclame par un acte définitif une doctrine à tenir sur la foi ou les mœurs. » CIC 1983, canon 749 §1.

L’acte définitif pourra être :
- Une définition ex cathedra.
- Un jugement doctrinal de confirmation.
- Un acte définitif quelconque, pour autant qu’il soit vraiment définitif, le définitoire (définitions solennelles) n’étant qu’une des espèces du genre définitif.

La Congrégation pour la doctrine de la foi a donné la nomenclature des actes définitifs. Voyez ici :
http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_1998_professio-fidei_fr.html

1/ La déclaration ex cathedra :

« C’est pourquoi, Nous [les Pères conciliaires] attachant fidèlement à la tradition reçue dès l’origine de la foi chrétienne pour la gloire de Dieu notre Sauveur, pour l’exaltation de la religion catholique et pour le salut des peuples chrétiens, avec l’approbation de ce saint Concile, enseignons que c’est un dogme révélé par Dieu : lorsque le Pontife Romain parle ex cathedra, c’est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine en matière de foi ou de morale doit être tenue par toute l’Église, il jouit, en vertu de l’assistance divine qui lui a été promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que soit pourvue son Église lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi ou la morale ; par conséquent, ces définitions du Pontife Romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l’Église. » (Vatican I, Pastor Æternus, chapitre 4) « Si quelqu’un, ce qu’à Dieu ne plaise, avait la présomption de contredire Notre définition : qu’il soit anathème. » (id., canon du chapitre 4).

Conditions requises :
- Le Pape doit définir comme Docteur public (vs docteur privé).
- Le Pape doit définir pour toute l’Église.
- Le Pape doit définir « en matière de foi ou de morale », ce qui vise tant l’objet direct qu’indirect de l’infaillibilité, l’objet indirect étant nécessairement connexe à la foi ou aux mœurs.
- Le Pape doit user de solennité, mais il n’est pas requis qu’il use de formes solennelles particulières.

Exemples de solennités :
- « Par cette Constitution qui restera à jamais en vigueur, et en vertu de l’Autorité Apostolique, Nous définissons : … » (Benoît XII, Constitution Benedictus Deus, 29 janvier 1346).
- « Nous affirmons, déclarons, définissons comme un dogme divinement révélé que … » (Pie XII, Munificentissimus Deus, 1er novembre 1950).

2/ Le jugement doctrinal de confirmation :

La différence entre définir et confirmer tient en ce que confirmer ne requiert pas de définir, encore que la confirmation puisse s’exercer dans une définition solennelle, comme le fit Jean-Paul II relativement au caractère strictement masculin du sacerdoce catholique. Le jugement de confirmation est définitif (au sens du canon 749 §1) sans être définitoire, sauf à s’exercer par mode de définition solennelle. Trois types de confirmations engagent l’infaillibilité.

1° La confirmation pontificale des définitions solennelles, positives ou négatives, des Conciles Œcuméniques ; définitions qui ne s’imposent à la foi du catholique que parce que confirmées par le Souverain Pontife, les Évêques réunis en Concile Œcuménique n’étant infaillibles que cum Petro et sub Petro. Ici, l’infaillibilité découle de la confirmation pontificale. Un tel jugement de confirmation ne requiert aucune solennité particulière. La raison en est que la solennité existe déjà, qui consiste en les expressions solennelles inhérentes aux définitions positives ou négatives du Concile confirmé par le Pape. Il suffit donc que la confirmation pontificale soit claire et explicite pour que nous soyons en présence d’un acte définitif et tenus à l’assentiment de fide ut tenenda / credenda.

2° Le Pape peut également confirmer les enseignements du Magistère ordinaire et universel des Évêques unis au Pape. Le Pape ne fait alors que confirmer un enseignement déjà marqué du sceau de l’infaillibilité lié au caractère universel du magistère ordinaire. « Cette doctrine peut être confirmée ou réaffirmée par le Pontife romain, même sans recourir à une définition solennelle, en déclarant explicitement qu’elle appartient à l’enseignement du magistère ordinaire et universel comme vérité divinement révélée ou comme vérité de la doctrine catholique. Par conséquent, quand, sur une doctrine, il n’existe pas de jugement sous la forme solennelle d’une définition, mais que cette doctrine, appartenant au patrimoine du depositum fidei, est enseignée par le Magistère ordinaire et universel - qui inclut nécessairement celui du Pape -, il faut l’entendre comme proposée infailliblement.* Quand le Pontife romain, par une déclaration, la confirme ou réaffirme, il n’accomplit pas un acte nouveau qui élève cette vérité au rang de dogme [ou de doctrine catholique], mais il atteste formellement qu’elle est déjà propriété de l’Église et par elle infailliblement transmise. » [Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Note doctrinale du 29 juin 1998, n° 9]

* : Intervient ici une note en bas de page, la note 17, aux termes de laquelle l’infaillibilité inhérente au magistère ordinaire et universel s’exprime tant dans ses enseignements doctrinaux qu’en toute « pratique de la foi de l’Église, dérivant de la révélation ou, de toute façon, nécessaire pour le salut éternel ».

Un exemple particulièrement net de confirmation d’un enseignement du Magistère ordinaire et universel est l’intervention de Jean-Paul II relativement à l’ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes [Ordinatio Sacerdotalis, n° 4] : « Bien que la doctrine sur l’ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes ait été conservée par la Tradition constante et universelle de l’Église et qu’elle soit fermement enseignée par le Magistère dans les documents les plus récents, de nos jours, elle est toutefois considérée de différents côtés comme ouverte au débat, ou même on attribue une valeur purement disciplinaire à la position prise par l’Église de ne pas admettre les femmes à l’ordination sacerdotale. C’est pourquoi, afin qu’il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine de l’Église elle-même, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (Lc, XXII 32), que l’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes, et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Église. » Cette confirmation d’une vérité de foi ut tenenda engage la foi des catholiques. Celui qui refuserait l’assentiment de fide ut tenenda « se trouverait dans la position de celui qui rejette les vérités de la doctrine catholique et ne serait donc plus en pleine communion avec l’Église catholique. » [CDF, Note doctrinale, n° 6]. On notera que cette confirmation est bien plus qu’explicite : elle s’exerce en usant des solennités requises pour la définition ex cathedra.

En sus de confirmer, le Pape pouvait argumenter, en supplément de son jugement confirmatif, par sollicitude pour les âmes égarées. Ainsi, quant à l’impossibilité absolue d’ordonner des femmes, remarquer que le Christ, vrai homme, a réservé le sacerdoce aux hommes, car « le chef de la femme, c’est l’homme » (I Cor XI 3). « Comme cela se fait dans toutes les Églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées : elles n’ont pas la permission de parler ; elles doivent rester soumises, comme dit aussi la loi. Si elles désirent s’instruire sur quelque détail, qu’elles interrogent leur mari à la maison. Il n’est pas convenable qu’une femme parle dans les assemblées. La parole de Dieu a-t-elle chez-vous son point de départ ? Êtes-vous les seuls à l’avoir reçue ? Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré, qu’il reconnaisse dans ce que je vous écris un commandement du Seigneur. Si quelqu’un ne le reconnaît pas, c’est que Dieu ne le connaît pas. » (I Cor XIV 34-38). Si c’est un commandement de Dieu que les femmes se taisent durant la Messe, a fortiori l’est qu’elles n’officient pas. C’est donc là une vérité formellement et implicitement révélée immédiatement déduite d’une vérité formellement et explicitement révélée. C’est pourquoi la CDF [Note précitée, n° 11] y voit une vérité susceptible d’être prochainement définie infailliblement comme étant de foi divine. C’est donc pour l’instant une vérité de foi catholique proche d’un dogme de foi. Sa négation est donc proche de l’hérésie…

3° La confirmation pontificale d’une doctrine peut encore s’opérer par le biais d’une confirmation effectuée par un Concile Œcuménique reconnu par le Pape. Auquel cas, le Pape confirme dans la mesure où le Concile confirme, avec ni plus ni moins de solennité que celle employée par le Concile. Et c’est pourquoi les chapitres doctrinaux des Conciles Œcuméniques peuvent engager l’infaillibilité en dehors de toute définition solennelle, pour autant toutefois qu’ils confirment explicitement que telle doctrine est de foi. Mais ils n’engageront l’infaillibilité que confirmés par le Pape, l’infaillibilité du Concile Œcuménique n’étant que cum et sub Petro.


b/ Le Collège des Évêques unis au Pape :

L’Église exerce son infaillibilité soit en usant de son Magistère extraordinaire, soit en usant de son Magistère ordinaire et universel. Le Magistère simplement ordinaire n’engage pas l’infaillibilité. Le Magistère ordinaire et universel de l’Église peut être diachronique ou synchronique.

1/ Le Magistère extraordinaire des Évêques réunis en Concile Œcuménique :

Quant aux définitions solennelles des Conciles Œcuméniques, il n’existe pas de solennité type. Il suffit qu’apparaisse clairement que les pères conciliaires ont donné une définition doctrinale à l’Église. On trouve généralement l’expression « Nous définissons », du moins pour les définitions positives. Quant aux définitions négatives, contenues dans les canons, elles sont solennisées par l’expression « anathema sit ». De plus, indépendamment des définitions solennelles, les chapitres doctrinaux des Conciles Œcuméniques peuvent inclure des jugements de confirmation des enseignements du magistère ordinaire et universel. Ces confirmations engagent l’infaillibilité pour autant qu’elles soient claires et explicite (et confirmées par le Pape). Enfin, les chapitres doctrinaux qui ni ne définissent ni ne confirment n’obligent qu’à l’assentiment religieux de l’intelligence et de la volonté, et non l’assentiment de foi credenda / tenenda, sauf à ce qu’ils puissent s’assimiler à une expression du magistère ordinaire et universel de l’Église.

2/ Le Magistère ordinaire et universel des Évêques unis au successeur de Pierre :

Infaillible parce qu’universel. L’universalité peut être diachronique (au fil des temps) ou synchronique (à un même moment du temps).

a/ Le Magistère ordinaire et universel diachronique :

On connaît la règle d’or fixée au Vème siècle par S. Vincent de Lérins dans son Commonitorium, et nommée « canon lérinien » : Ce qui a été crû toujours, partout, par tous, est de foi divine et catholique : « quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est. » Certain ayant prétendu que ne pouvaient être des vérités de foi divine et catholique que les seules propositions satisfaisant au canon lérinien, une mise au point s’impose. Il est certain que les propositions qui satisfont au canon lérinien sont : 1/ Transmises dès la prédication apostolique, en quoi elles ressortent de la Tradition constitutive, donc sont formellement révélée ou de foi divine ; 2/ Retransmises (Tradition continuative) toujours et partout et par tous, donc retransmises par le Magistère ordinaire et universel de l’Église, donc de foi catholique à raison de cette universalité [semper, ubique, ab omnibus]. Reste que les vérités formellement mais implicitement révélées peuvent n’être explicitées que bien après la Révélation [close à la mort du dernier des Apôtres] : C’est ce qu’on appelle l’évolution homogène du dogme, et qui consiste exclusivement en une explicitation du donné formellement mais implicitement révélé. Ainsi, la proclamation de l’Immaculée Conception est celle d’une vérité formellement mais implicitement révélée, contenue dans l’affirmation que Marie est « pleine de grâce », et dont l’explicitation a donnée lieu à d’amples controverses doctrinales entre Pères et Docteurs, dirimées par la définition pontificale solennelle explicitant infailliblement ce point. De plus, ainsi qu’on l’a vu, bien des vérités susceptibles d’être infailliblement définies ne sont pas formellement révélées.

b/ Le Magistère ordinaire et universel synchronique :

Le Magistère ordinaire et universel synchronique de l’Église à fait l’objet de plusieurs enseignements, notamment ceux de Pie IX [Lettre Tuas Libenter, 21. 12. 1863] et de la Députation de la Foi du Concile Vatican I [1870]. Le Magistère ordinaire et universel synchronique est explicitement affirmé par Lumen Gentium 25 §2 : « Quoique les Évêques pris un à un ne jouissent pas de la prérogative de l’infaillibilité, cependant, lorsque, même dispersés à travers le monde, mais gardant entre eux et avec le successeur de Pierre, le lien de la communion, ils s’accordent pour enseigner authentiquement qu’une doctrine concernant la foi ou les mœurs s’impose de manière absolue, alors, c’est la doctrine du Christ qu’infailliblement ils expriment. » Enseignement repris au canon 749 §2 : « Le Collège des Évêques jouit lui aussi de l’infaillibilité … lorsque les Évêques, dispersés à travers le monde, gardant le lien de la communion entre eux et avec le successeur de Pierre, enseignant authentiquement en union avec ce même Pontife Romain ce qui concerne la foi ou les mœurs, s’accordent sur un point de doctrine à tenir de manière définitive. » La condition est ici que la totalité des Évêques dispersés à travers le monde et unis au successeur de Pierre s’accordent pour enseigner la même doctrine en la tenant pour absolue = comme requérant la foi. La difficulté sera alors d’apprécier le fait.


c/ Le Collège des Évêques est-il un sujet de l’infaillibilité distinct du Pape ? :

La Constitution Lumen Gentium, 25 §2, porte que, relativement à l’infaillibilité du Collège des Évêques, « La chose est encore plus manifeste quand, dans le Concile Œcuménique qui les rassemble, ils font actes de docteurs et de juges, aux définitions desquels il faut adhérer dans l’obéissance de la foi. » Enseignement repris au canon 749 §2 du CIC 1983 : « Le Collège des Évêques jouit lui aussi de l’infaillibilité dans le magistère lorsque les Évêques assemblés en Concile Œcuménique exercent le magistère comme docteurs et juges de la foi et des mœurs, et déclarent pour l’Église toute entière qu’il faut tenir de manière définitive une doctrine qui concerne [directement ou indirectement] la foi ou les mœurs… » Si le Collège jouit « lui aussi » de l’infaillibilité, c’est, apparemment, qu’il y a deux sujets de l’infaillibilité : le Pape ; le Collège des Évêques unis au Pape.

La Constitution Lumen Gentium porte encore, en son n. 22, que « le Collège ou corps des évêques n’a d’autorité que s’il est compris comme uni au pontife Romain, successeur de Pierre, comme à sa Tête, sans préjudice pour le pouvoir de ce primat qui s’étend à tous, qu’ils soient pasteurs ou fidèles. En effet, le pontife Romain, en vertu de sa charge de vicaire du Christ et de pasteur de toute l’Église, a sur l’Église un pouvoir plénier, suprême, universel qu’il peut toujours exercer librement. L’ordre des évêques, qui succède au collège des apôtres dans le magistère et le gouvernement pastoral - bien mieux, en qui le corps apostolique se perpétue sans interruption - constitue lui aussi, en union avec sa Tête le pontife Romain et jamais sans cette Tête, le sujet d’un pouvoir suprême et plénier sur l’Église tout entière, pouvoir qui, cependant, ne peut s’exercer qu’avec le consentement du pontife Romain. Le Seigneur a établi le seul Simon comme pierre de l’Église et comme celui qui porte les clefs (cf. Mt XVI 18-19), et l’a constitué pasteur de tout son troupeau (cf. Jn XXI 15 s.) ; mais il est certain que la charge de lier et de délier, qui a été donnée à Pierre (Mt XVI 19), a été confiée aussi au collège des apôtres, uni à sa Tête. » Il y a donc de jure deux sujets de l’infaillibilité : 1° le Pape ; 2° le Collège des Évêques unis au Pape, donc cum et sub Petro, qui ne peut donc exercer son infaillibilité qu’avec le consentement du Pape, et aucunement contre ou malgré lui.
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Perlimpimpim

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MessageSujet: Re: Dogmatique catholique : la Tradition.   22/5/2018, 12:06


Trois ecclésiologies. Le sensum fidei.



1/ L’ecclésiologie protestante.


L’ecclésiologie protestante affirme le principe du sola scriptura. Entre l’Écriture et la conscience du fidèle, les protestantismes refusent toute immixtion d’un quelconque Magistère de l’Église. On doit leur objecter l’Église ayant fixé le canon scripturaire  jugeant tels textes canoniques et tels apocryphes. Jugeant de l’orthodoxie des textes et ne les admettant au canon que jugés non seulement orthodoxes mais inspirés, s’atteste que l’Église a un Magistère, qui s’impose à la conscience du fidèle, d’où la traditionnelle distinction catholique de l’Écriture, règle éloignée de la foi, et de l’Église, règle prochaine de la foi. Pour échapper à l’objection, les Protestants n’ont en définitive d’autre choix que d’affirmer la fixation du canon scripturaire n’avoir pas été le fait d’une hiérarchie épiscopale opérant selon les pouvoirs de sa charge, n’avoir pas été le fait d’un Magistère, mais seulement celui de simples fidèles qui, parce que saints, étaient illuminés du Saint-Esprit, d’où la co-surnaturalité de ces intelligences humaines illuminées du Saint-Esprit à des textes eux-mêmes inspirés du Saint-Esprit. Bref, la seule échappatoire des protestants est de faire de l’Esprit-Saint la règle intérieure de la foi. Cette explication, la seule qui soit tenable à être protestant, implique trois conséquences.

La première est le refus du charisme, grâce gratis data donnée aux évêques non pour leur sanctification mais seulement à raison de leur charge. La grâce gratis data est une grâce habituelle ou actuelle mais non-sanctifiante. La grâce gratum faciens est une grâce habituelle ou actuelle ayant pour effet de sanctifier qui la reçoit. En refusant l’idée même d’un Magistère des Évêques, l’idée d’une infaillibilité liée à la charge, le protestantisme récuse l’idée même de charisme ou grâce gratis data. Tout au contraire, le Catholicisme, qui distingue l’infaillibilité de l’impeccabilité, affirme que même gravement pécheurs le Pape et les Évêques peuvent engager l’infaillibilité.

La seconde est la nécessité des protestants à admettre une grâce intérieure d’illumination par quoi les saints de jadis purent fixer le canon. Or, à être protestant, cette grâce ne peut qu’être une grâce gratum faciens, ce qui est particulièrement tordu pour des tenants de la justification forinsèque (c'est-à-dire de la justification conçue comme une non-imputation du péché et non comme un principe intérieur de renouvellement et de surnaturalisation de l’être et de l’agir humain)... Pourquoi cette grâce doit nécessairement être gratum faciens ? Parce que cette grâce intérieure inéluctablement requise par l’ecclésiologie protestante pour la fixation du canon ne peut relever ni du charisme ni du sensum fidei. Car s’il s’agissait d’un charisme octroyé à quelques uns des fidèles, ce serait un magistère de substitution fondé sur le charisme octroyé, de sorte qu’à la contradiction de nier le principe du Magistère pour le réintroduire en douce, ceci qu’un tel magistère serait de surcroît invisible. Tout au contraire, à définir avec les Catholiques l’Église enseignante comme constituée par le Pape et les Évêques unis au siège de Pierre, la visibilité de l’Église est dans sa hiérarchie / dans la communion des fidèles à l’autorité légitime. Cette grâce requise pour la justification de l’ecclésiologie protestante ne peut pas plus relever du sensum fidei qui présuppose une intervention antécédente et explicite du Magistère, seule à même de fonder le sensum fidei. Reste donc qu’il s’agisse d’une grâce actuelle d’illumination relevant de la grâce sanctifiante, en tant que les saints, c’est-à-dire ici ceux culminant dans la sainteté, vivent de très nombreux états mystiques, et en ces états sont intérieurement illuminés, d’où la co-surnaturalité de ces intelligences aux textes eux-mêmes inspirés du Saint-Esprit. D’où ce paradoxe que l'ecclésiologie protestante n'échappe à la contradiction qu’en supposant une thèse théologique directement adverse à celle de la justification forinsèque.  

La dernière tient en ceci que si l’ecclésiologie protestante échappe théoriquement à la contradiction en substituant au charisme magistériel l’illumination des saints comme principe de fixation du canon scripturaire, un tel principe implique inéluctablement le subjectivisme. Subjectivisme d’autant plus débridé que le protestantisme a explosé en une multitude de sectes. Or si toutes ou la plupart admettent le même canon, elles divergent profondément dans l’interprétation des textes. Si donc est nié le charisme de l’instance magistérielle au seul profit de l’illumination intérieure par l’Esprit, n’importe quel charlatan (suivez mon regard…) pourra élucubrer en réputant dans les Ténèbres extérieures quiconque refusera d’assentir à ses délires. Puis donc, de facto, le protestantisme explose en une multitude de sectes, le constat que, de facto, sous couvert d’illumination intérieure par l’Esprit, un pur subjectivisme. En protestantisme, la subjectivité individuelle autoproclamée illuminée d’en-haut devient la règle de la foi. La règle de foi protestante, c’est l’arbitraire du sujet qui, pour légitimer ses éructations, se prétend illuminé d’en-haut. Ces prétendus illuminés du Saint-Esprit n’ayant de cesse de se contredire les uns les autres, s’atteste que, de facto, sous couvert d’illumination, un véritable illuminisme. La quintessence du protestantisme, le subjectivisme d’illuminés au pire sens du mot.



2/ L’ecclésiologie orthodoxe et l’ecclésiologie catholique.


L’ecclésiologie protestante, par son refus du Magistère, aboutit inexorablement au subjectivisme. Tout au contraire, les confessions ayant gardé la succession apostolique affirment l’existence d’un Magistère Ecclésial, norme objective s’imposant à la conscience des fidèles : l’Église, par son Magistère, est règle prochaine de la foi.

L’Orthodoxie a de ce Magistère une conception trapézoïdale là où le Catholicisme développe une conception pyramidale. Niant le primat de juridiction du Pape sur les Évêques, les Orthodoxes concluent que le sommet de l’Église, l’Église enseignante, réside en une instance collégiale : le Concile Œcuménique. À quoi les Catholiques doivent objecter que si l’instance magistérielle suprême est et n’est que le Concile Œcuménique, la règle prochaine de la foi est introuvable lorsque, saisies d’un litige relativement à un point de doctrine, des assemblées d’Évêques s’excommunient mutuellement au nom d’une fidélité lors douteuse à la Tradition. Comment donc, à suivre les principes de l’ecclésiologie orthodoxe, les fidèles désireux d’orthodoxie pourraient-il discerner, parmi ces synodes, le Concile Œcuménique du conciliabule de Satan ? La question n’est pas mince puisqu’à défaut de pouvoir y répondre s’atteste de l’échec de « l’Orthodoxie ». Comme il ne peut être question de recourir au subjectivisme des fidèles, ces derniers doivent trouver un critère objectif. Or si objectif relevant du Magistère ecclésial. Reste donc que le critère permettant de discerner le Concile Œcuménique du conciliabule de Satan soit dans sa conformité doctrinale au Magistère antécédent. Mais comment le fidèle pourra-t-il s’assurer qu’un point doctrinal litigieux ait été réglé par le Magistère antécédent ? Si les Évêques sont actuellement divisés en partis s’excommuniant mutuellement, est impossible d’aller chercher dans le Magistère actuel la détermination du Magistère antécédent, l’identité du Magistère actuel et légitime (légitime en tant que fidèle à la Tradition reçue) étant précisément le point en suspens. Par ailleurs est exclu de sombrer dans l’illuminisme protestant. Reste donc que le fidèle soit déjà en possession du Magistère antécédent, de sorte qu’il puisse de lui-même discerner, au regard à la Tradition reçue, le Concile du conciliabule. En d’autres termes, le critère permettant aux fidèles de discerner le Concile du conciliabule est le « sensum fidei », la « sobornost » : le fidèle jugera l’orthodoxie d’un synode selon sa conformité à l’enseignement antécédent du magistère.

Il importe donc de préciser la notion de sensum fidei. Quand les Apôtres enseignaient la foule, le critère de la vérité des doctrines qu’ils enseignaient n’était pas dans la réception de ces doctrines par ceux qui y adhéraient mais dans la prédication apostolique même. En d’autres termes ce n’est pas l’Église enseignée qui fait l’orthodoxie du discours : elle ne fait que recevoir un discours dont l’orthodoxie est fonction de sa conformité à la Tradition du collège apostolique continué dans le collège épiscopal. Si donc le sensum fidei requiert, dans la fidélité au Magistère antécédent, un enseignement reçu d’icelui, reste à ce que cet enseignement existe.



3/ Qu’est donc précisément le sensum fidei ?

La Constitution Lumen Gentium, n. 12, du Concile Vatican II, affirme que : « Le peuple saint de Dieu participe aussi de la fonction prophétique du Christ ; il répand son vivant témoignage avant tout par une vie de foi et de charité, il offre à Dieu un sacrifice de louange, le fruit des lèvres qui célèbrent son Nom. La collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient du Saint, ne peut se tromper dans la foi ; ce don particulier qu’elle possède, elle le manifeste par le moyen du sens surnaturel de la foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque ‘‘des évêques jusqu'aux derniers des fidèles laïcs’’ elle apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel. Grâce en effet à ce sens de la foi qui est éveillé et soutenu par l’Esprit de vérité, et sous la conduite du magistère sacré, qui permet, si on obéit fidèlement, de recevoir non plus une parole humaine, mais véritablement la parole de Dieu, le peuple de Dieu s'attache indéfectiblement à la foi transmise aux saints une fois pour toutes, il y pénètre plus profondément en l'interprétant comme il faut et dans sa vie la met plus parfaitement en œuvre. »

La grâce dont parle Lumen Gentium est une grâce attachée à la réception par les fidèles des enseignements du Magistère antécédent : « ce sens de la foi qui est éveillé et soutenu par l'Esprit de vérité, et sous la conduite du magistère sacré, ... permet, si on obéit fidèlement, de recevoir ... » Le sens de la foi est une grâce de l’Esprit, certes, mais « sous la conduite du magistère sacré », grâce qui n’est reçue que « si on obéit fidèlement » à ceux des enseignements du Magistère qui sont infaillibles donc engagent la foi. On voit donc qu’alors même qu’il parle de grâce, le Concile exclut le subjectivisme protestant, le sensum fidei supposant l’obéissance aux enseignements du magistère antécédent. Le Concile suppose donc un magistère antécédent et la connaissance de celui-ci par le fidèle qui y demeure fidèle.

Aussi, en sus d’être une grâce, le sensum fidei est une encore une connaissance : c’est une grâce de connaissance qui s’acquiert par l’obéissance aux enseignements. Ce qui suppose connus, donc étudiés, les dits enseignements. C’est une grâce qui accompagne l’étude. Et c’est pourquoi, chez les fidèles ignorants, le sensum fidei se réduit à peau de chagrin.

À quoi doit s’objecter que le sensum fidei est présenté par la CDF, Instruction Donum veritatis, n. 35, du 24 mai 1990, comme « une propriété de la foi théologale », propriété qui « implique, de par sa nature, l’accord profond de l’esprit et du cœur avec l’Église, le ‘sentir cum Ecclesia’. » Puis donc la foi théologale est donnée à tous les fidèles, même à ceux qui sombreront ultérieurement dans l’infidélité, leur étant efficacement donnée pour le temps de leur fidélité, tous les fidèles ont le sensum fidei du fait même qu’ils ont la foi. Réponse : ils l’ont tous, mais à des degrés extrêmement divers. Car la propriété de l’habitus théologal de foi constitutive du sensum fidei relève de la foi explicite autant sinon plus que de la foi implicite. De la foi implicite, en tant qu’ayant la foi, je crois implicitement à tout ce que l’Église enseigne comme étant de foi, alors même que de facto j’ignore quoi sont certains des enseignements de la foi. De la foi explicite, en tant qu’ayant la connaissance de l’existence et de la nature de cet enseignement : de son existence, sachant que l’Église enseigne telle doctrine, par quoi seulement je peux y assentir explicitement, poser un acte de foi explicite, avoir la foi explicite ; de sa nature, pour peu qu’ayant également connaissance de celui des degrés d’assentiment auquel oblige l’enseignement magistériel dont je connais l’existence. Aussi, bien que tous les fidèles actuellement fidèles aient tous la foi implicite donc aussi tous le sensum fidei implicite, tous n’ont pourtant pas le sensum fidei explicite, qui suppose la foi explicite, donc la connaissance expresse, explicite, des enseignements de foi du magistère et de la note théologique attachée à chacun d’eux (ut tenenda / ut credenda). Et c’est pourquoi, chez les fidèles ignorants, le sensum fidei explicite se réduit à peau de chagrin. Cette distinction du sensum fidei en implicite et explicite s’impose, la foi théologale, dont le sensum est dit être une propriété, étant traditionnellement distinguée en implicite et explicite.

D’où cette première limite que le sensum fidei requiert un enseignement magistériel antécédent. Or, précisément, le magistère n’a pas dès son premier moment répondu à toutes les questions ni dirimé toutes les controverses ni censuré d’avance la totalité des hérésies appelées à surgir au fur des âges de l’Église. Il se trouve donc que, sur un certain nombre de points susceptibles de diviser les évêques en synodes antagonistes, le fidèle ne peut se tourner vers le Magistère passé pour y trouver le critère de discernement du Magistère actuel et légitime. Première limite au principe du sensum fidei.

De plus, le Magistère antécédent aurait-il tranché en tout ou partie quant à la controverse actuelle, encore faudrait-il que les enseignements du Magistère antécédent fussent connus des fidèles. Tant qu’il s’agit d’enseignements antécédemment donnés par voie conciliaire la connaissance en est relativement aisée : il suffit de se reporter aux actes des Conciles. Par contre, s’il s’agit du magistère ordinaire et universel des évêques dispersés par toute la Terre, la chose est nettement plus malaisée puisque supposant de connaître la totalité des écrits des saints Pères (en tant que la « symphonie morale » des Pères de l’Église vaut attestation que l’infaillibilité du magistère ordinaire et universel de l’Église est engagée quant au point où ils s’accordent). Or même à connaître parfaitement l’identité et les écrits des saints-pères, tant grecs et syriaques que latins – ce  qui n’est généralement pas de la compétence des fidèles ni même de celle de bon nombre de prêtres et d’évêques : rares sont les patrologues de haut vol –, reste que sur bien des points la symphonie des pères fait débat. Et sur d’autres est évident qu’elle n’existe pas. Le principe ecclésial du sensum fidei conçu comme connaissance ou résultant de la connaissance du magistère antécédent atteint donc ici, quant à la connaissance du magistère ordinaire et universel diachronique, une double limite, qui s’ajoute à la précédente. D’une part, un très haut degré d’érudition est requis pour que soit constitué, en le fidèle, ce sensum fidei ; érudition qui, de facto, fait très souvent défaut chez les fidèles comme chez les prêtres et les évêques. D’autre part, même à être compétent, les conflits d’interprétations sont inéluctables, les patrologues restant tributaires de leurs présupposés et partis pris herméneutiques. Ces différentes limites attestent de l’impossibilité du schème ecclésiologique prétendument « orthodoxe » ; ce schème étant rendu inopérant toutes les fois où, les titulaires de la succession apostolique s’excommuniant mutuellement, les fidèles sont dans l’incapacité de trouver en le magistère antécédent la réponse au conflit doctrinal opposant les évêques actuellement divisés.
– Assurément il est des cas où est évident que le magistère antécédent est engagé. Point n’est besoin d’être grand clerc pour présumer légitimement l’existence de Dieu universellement enseignée par les Apôtres et leurs successeurs. De sorte que si, par improbable, un groupe d’évêques devait se réunir en assemblée pour pontifier l’athéisme, la violation de la Tradition serait si évidente que le sensum fidei permettra de reconnaître le caractère satanique d’un tel conciliabule comme aussi du caractère orthodoxe du concile s’opposant à un tel scandale.
– En d’autres cas, le magistère antécédent a professé une doctrine en appelant naturellement une autre. Ainsi, ayant conciliairement professé les deux natures du Christ (duophysisme), était évident que devait aussi se professer les deux opérations du Christ (duoénergisme), pour cette raison évidente à l’intelligence philosophique que l’agir suit l’être. Suffisait donc de voir cette dernière évidence pour conclure scolastiquement des deux natures aux deux opérations : saint Maxime le Confesseur n’a rien fait d’autre.
– Mais il est des cas où rien n’a été précédemment défini par un Concile et sans que le recours aux autorités patristiques puisse établir avec évidence la vérité des doctrines controversées. Ainsi lors de l’arianisme. Les ariens ayant été balayés, un orthodoxe pourra aujourd’hui conclure que les ariens étaient dans l’hérésie. Mais lors des controverses, d’une, jamais un Concile Œcuménique n’avait antérieurement traité de ces questions. De deux, l’Écriture présentait suffisamment de versets aux ariens pour qu’ils y vissent confirmation de leurs doctrines : il est suffisamment d’ambiguïté dans les textes scripturaires pour que chaque partie en présence ait crû pouvoir s’autoriser de la Bible. De trois, la même ambiguïté affectait la patristique de ce temps. Car au moment où il s’oppose aux ariens S. Athanase n’est pas encore reconnu Père de l’Église. Où s’il l’est, c’est uniquement par ceux des chrétiens de son obédience. Tout au contraire, les Pères déjà morts au moment où éclate la controverse sont reconnus par chacune des parties en présence comme Pères de l’Église. C’est donc chez eux que devait se rechercher un éventuel enseignement constant, une symphonie en faveur du trinitarisme ou, inversement, de l’arianisme. Or le moins qu’on puisse dire à la lecture des Pères apologistes est que leur doctrine des deux états du Verbe distingué en immanent et proféré peut faire l’objet d’interprétations divergentes, l’une arienne l’autre nicéenne. Nous avons donc historiquement un cas où, constatant que les assemblées des Évêques de leur temps s’excommuniaient mutuellement, les fidèles étaient dans la plus complète incapacité de discerner le Concile du conciliabule en se référant au magistère extraordinaire antécédent. Le magistère extraordinaire antécédent ne disait mot. Restait le magistère ordinaire et universel, qui effectivement enseignait la Trinité, mais dans la mesure où les ariens niaient que cet enseignement ressortait du magistère ordinaire et universel, seule une instance magistérielle pouvait le confirmer où l’infirmer. Or précisément, le magistère extraordinaire n’avait pas antécédemment tranché, et les assemblés d’Évêques réunies actuellement à ce propos étaient divisées, la division étant d’ailleurs dans la plupart des cas purement sémantique : ayant à expliciter le donné formellement révélé, il fallu le formuler en termes techniques tirés de la philosophie grecque ; tant donc que le vocabulaire n’était pas fixé, des soupçons réciproques d’hétérodoxie, les formules doctrinales des uns étant interprétées en mauvaise part par les autres.

Nous avons donc un cas où la Règle prochaine de la foi était introuvable à suivre les principes de l’ecclésiologie orthodoxe : un cas où le sensum fidei ne permettait pas aux fidèles de déterminer où était le Concile s’opposant au conciliabule. En d’autres termes, nous avons un cas historiquement réalisé qui prouve la faillite de l’ecclésiologie orthodoxe. D’où corrélativement la validité de l’ecclésiologie catholique : il existe un moyen assuré de reconnaitre le concile œcuménique de sa caricature satanique : l’union des pères conciliaires au siège romain et la réception des actes du concile par le siège de Rome.



4/ Réponse à deux objections protestantes contre l’autorité magistérielle.

Nous trouvons dans l’Écriture deux types d’enseignements qui semblent aller contre la notion de magistère ecclésial.


a/ Première objection.

Quant au premier, il s’agit de textes tels ceux-ci : « Personne n’aura plus à instruire son concitoyen ni son frère, disant : ‘‘Connais le Seigneur’’, puisque tous me connaitront, du plus petit au plus grand. » Hébreux, VIII, 11 « Quant à vous vous avez reçu l’onction venant du Saint, et tous vous possédez la science. Je vous ai écrit, non que vous ignoriez la vérité, mais parce que vous la connaissez, et qu’aucun mensonge ne provient de la vérité. » I Jean, II, 20-21. « Quant à vous, l’onction que vous avez reçu de Lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne… puisque son onction vous instruit de tout… » I Jean, II, 27.

D’où les protestants concluent abusivement à l’inutilité du magistère.

Réponse.

La réponse est aisée. D’une, à nier que le magistère soit la règle prochaine de la foi, bref à faire de l’Esprit la seule règle de foi, un pur subjectivisme illuministe, comme précédemment démontré. De deux, sauf à croire que le vrai contredit le vrai, ces textes ne peuvent contredire l’ensemble de ceux, précédemment donnés, affirmant l’existence et la perpétuité du magistère (cf. Tradition  continuative). De trois, le sens des textes ici cités est clair : pour avoir reçu l’enseignement du magistère, pour avoir adhéré à la prédication des Apôtres et de leurs collaborateurs, pour avoir crû et avoir été baptisés, les fidèles ont reçu la vertu théologale de foi surnaturellement infusée par Dieu dans leurs âmes. En tant donc qu’ils ont la foi catholique, ils savent (= connaissent) l’ensemble des vérités de foi explicités par le magistère, et discernent par la foi la vérité de l’erreur. Et puisque le sens de la foi (sensum fidei) est une propriété de la foi théologale, ayant la foi explicite, ils ont encore le sensum fidei explicite, qui leur permet d’écarter par eux-mêmes les atteintes les plus flagrantes contre la foi, sans que le magistère ait à intervenir, encore qu’il le puisse et le doive pour expliciter au fur des siècles ce qui n’était qu’implicitement révélé.


b/ Seconde objection.

Quant au second, il s’agit des textes relatifs à l’endurcissement des juifs qui ne peuvent croire en Jésus à cause de leur corruption morale :

Jean, VIII, 38-59 : « Moi je vous dis ce que j'ai vu chez mon Père; et vous, vous faites ce que vous avez vu chez votre père."Ils lui répondirent: "Notre père, c'est Abraham." Jésus leur dit: "Si vous étiez enfants d'Abraham, vous feriez les œuvres d'Abraham. Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Ce n'est point ce qu'a fait Abraham. Vous faites les œuvres de votre père." Ils lui dirent: "Nous ne sommes pas des enfants de fornication; nous avons un seul Père, qui est Dieu." Jésus leur dit: "Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens; et je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui m'a envoyé. Pourquoi ne reconnaissez-vous pas mon langage? Parce que vous ne pouvez entendre ma parole. Le père dont vous êtes issus, c'est le diable, et vous voulez accomplir les desseins de votre père. Il a été homicide dès le commencement, et n'est point demeuré dans la vérité, parce qu'il n'y a point de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et père du mensonge. Et moi, parce que je vous dis la vérité, vous ne me croyez pas. Qui de vous me convaincra de péché? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas? [/b]Celui qui est de Dieu entend la parole de Dieu; c'est parce que vous n'êtes pas de Dieu que vous ne l'entendez pas.[/b]" Les Juifs lui répondirent: "N'avons-nous pas raison de dire que vous êtes un Samaritain et que vous êtes possédé du démon?" Jésus répondit: "Il n'y a point en moi de démon; mais j'honore mon Père, et vous, vous m'outragez. Pour moi, je n'ai point souci de ma gloire: il est quelqu'un qui en prend soin et qui fera justice. En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort." Les juifs lui dirent: "Nous voyons maintenant qu'un démon est en vous. Abraham est mort, les prophètes aussi, et vous, vous dites: Si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. Êtes-vous plus grand que notre père Abraham, qui est mort? Les Prophètes aussi sont morts; qui prétendez-vous être?" Jésus répondit: "Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien; c'est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites qu'il est votre Dieu. Et pourtant vous ne le connaissez pas; mais moi, je le connais; et si je disais que je ne le connais pas, je serais menteur comme vous. Mais je le connais et je garde sa parole. Abraham votre père, a tressailli de joie de ce qu'il devait voir mon jour; il l'a vu, et il s'est réjoui." Les Juifs lui dirent: "Vous n'avez pas encore cinquante ans, et vous avez vu Abraham?" Jésus leur répondit: "En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fut, je suis." Alors ils prirent des pierres pour les lui jeter; mais Jésus se cacha, et sortit du temple. »

Matthieu, XIII, 11-15 : « Il leur répondit: "À vous, il a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux; mais à eux, cela n'a pas été donné. Car on donnera à celui qui a, et il y aura pour lui de surplus; mais à celui qui n'a pas, on lui ôtera même ce qu'il a. C'est pourquoi je leur parle en paraboles, parce que voyant ils ne voient pas, et entendant ils n'entendent ni ne comprennent. Pour eux s'accomplit la prophétie d'Isaïe qui dit: ‘‘Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez point; vous verrez de vos yeux, et vous ne verrez point.’’ Car le cœur de ce peuple s'est épaissi, et ils sont durs d'oreilles, et ils ferment leurs yeux : de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n'entendent, que leur cœur ne comprenne, qu'ils ne se convertissent et que je ne les guérisse. »

Les protestants en concluent que si les signes accomplis par le Christ ne prouvent pas la véracité de son discours mais que seule une grâce interne nous en persuade, alors, quant aux enseignements ecclésiaux, le critère de leur vérité est à chercher non dans un quelconque charisme magistériel, extrinsèque à l’auditeur, mais dans la grâce donnant à l’intellect une co-[sur]naturalité aux textes sacrés.

Réponse.

Premier point.

Je réponds d’abord que les miracles du Christ prouvent l’authenticité de sa mission et la véracité de son discours : « Les œuvres que je fais me rendent témoignage que le Père m’envoie » (Jn. V 36). « Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de moi » (Jn. X 25). « Les paroles que je vous dis, je ne les dit pas de moi-même, mais le Père qui est en moi fait ses œuvres. Croyez sur ma parole que je suis dans le Père et que le Père est en moi. Croyez-le du moins à cause de ces œuvres. » (Jn. XIV 10-12). De même, la mission divine de l’Église sera attestée par les miracles qui accompagneront sa prédication : « Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais ; il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers le Père. » (Jn. XIV 12) ; « La crainte s’emparait de tous les esprits : nombreux étaient les signes accomplis par les Apôtres. » (Ac. II 43) ; « Avec beaucoup de puissance, les Apôtres rendaient témoignage à la résurrection du Seigneur Jésus, et ils jouissaient d’une grande faveur. » (Ac. IV 33). L’Israël de la chair objecta certes que ces œuvres ne dépassaient le pouvoir de la nature que parce que préternaturelles diaboliques : « Les pharisiens disaient : ‘‘C’est par le prince des démons qu’il expulse les démons’’ » (Mt. IX 34) ; « Mais les pharisiens, entendant cela, dirent : ‘‘Celui-là n’expulse les démons que par Belzébul, le prince des démons’’ » (Mt. XII 24) ; « La foule lui répondit : ‘‘Tu as un démon’’ » (Jn. VII 20) ; « Les juifs lui répondirent : ‘‘N’avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et que tu as un démon ?’’ » (Jn. VIII 48). Mais l’Israël de Dieu répondit qu’elles étaient surnaturelles : « D’autres disaient : ‘‘Comment un pécheur pourrait-il faire de tels signes ?’’ » (Jn. IX 16). « Les œuvres que je fait témoignent de moi, mais vous ne croyez pas parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent ; je leur donne la vie éternelle et elles ne périront jamais car nul ne les arrachera de ma main. » (Jn. X 25-28).

Somme toute, là où le Christ et les judéo-chrétiens excipent des signes accomplis par Jésus pour conclure en la véracité de sa prédication, les juifs post- et anti- chrétiens excipent de la prédication jugée blasphématoire pour conclure les signes n’être pas des miracles surnaturels accréditant la prédication mais des prodiges préternaturels sataniques visant à la corruption d’Israël. D’ailleurs Jésus lui-même admettait les signes pouvoir n’être que préternaturels diaboliques : « Il surgira en effet de faux christs et de faux prophètes, qui produiront de grands signes et prodiges au point d’abuser, s’il était possible, même les élus. » (Mt XXIV 24). Partant serait illusoire de partir du miracle pour conclure à la véracité de l’enseignement si le miracle ne garantissait pas par lui-même qu’il est surnaturel plutôt que préternaturel. Or certains des textes sacrés semblent affirmer que la discrimination du caractère préternaturel diabolique ou surnaturel divin ne ressort pas du signe lui-même. En effet, les signes préternaturels sataniques sont présentés comme pouvant illusionner n’importe qui, sauf à avoir été prédestiné de toute éternité à n’être pas illusionné. En Mt. XXIV 24 est affirmé que les prodiges pourraient illusionner mêmes les élus, s’il était possible, ce qui est bien signifier que l’impossibilité que les élus soient égarés ne procède pas du signe mais de la prédestination. En Ap. XIII 8 ceux dont le nom n’est pas dès l’origine inscrit dans le livre de vie (ceux qui ne sont pas prédestinés de toute éternité) ne peuvent résister aux signes prodigieux de la Bête.
– Soit donc les miracles du Christ ont une surnaturalité objectivement et intrinsèquement évidente, donc attestent par eux-mêmes de l’authenticité de Jésus dont il devient objectivement et extrinsèquement évident qu’il est ce qu’il dit être, Dieu et Fils de Dieu, ce sans qu’il soit besoin d’une grâce interne d’illumination.
– Soit le critère permettant de discerner le caractère réellement surnaturel du signe n’est pas dans le signe lui-même mais dans l’efficace d’une grâce interne donnant infailliblement à l’intelligence de pouvoir discerner le caractère surnaturel du signe. Auquel cas la contradiction apparente des textes, les uns niant que le signe soit par lui-même critère d’authenticité (Mt. XXIV 24 ; Mc. XIII 22 ; Ap. XIII 1-8), les autres excipant du signe pour affirmer l’authenticité (Jn. V, 36 ; X, 25 ; XIV, 10-12), est levée. Les miracles (grâce externe) que Dieu opère par le Christ sont réellement surnaturels et se donnent à connaître comme tels (surnaturels), raison pourquoi le Christ affirme qu’ils témoignent de sa mission ; mais ils ne peuvent être reconnus comme surnaturels que par la grâce actuelle (grâce interne) donnant efficacement à l’intelligence de discerner leur origine surnaturelle.

À quoi s’objecte que la grâce interne ne peut conférer l’évidence intrinsèque à ce qui de soi est dépourvu d’évidence ; à quoi deux réponses peuvent être apportées.

La première est que la surnaturalité des signes accomplis par Jésus est dénuée de toute évidence, que la grâce interne ne peut conférer l’évidence intrinsèque à ce qui de soi en est privé, mais qu’elle peut impérer infailliblement l’intelligence à reconnaître le caractère surnaturel du miracle : malgré qu’inévident il est infailliblement reconnu vrai sous l’efficace de la grâce divine surélevant l’intellect. À quoi trois objections doivent être faites.
–  D’abord, dans cette hypothèse, l’assentiment de foi, d’autant plus ferme que posé sous l’efficace de la grâce interne de conversion, n’est pas fondé sur l’évidence des motifs de crédibilité, en contradiction formelle à la doctrine catholique.
– Ensuite, puisqu’en l’hypothèse les signes extérieurs ne sont pas d’eux-mêmes un critère suffisant pour authentifier la véracité de la prédication du Christ, cette véracité n’est reconnue que par et sous l’inspiration d’une grâce interne de conversion ; lors, passant du Christ à l’Église, la conclusion que la prédication chrétienne véritable ne se reconnaît que moyennant une grâce interne d’illumination, ce sans qu’il soit nullement besoin de se référer à un quelconque magistère ecclésial – thèse dont la fausseté fut démontrée par les conséquences de fait qui en résultent.
–  Enfin, l’Écriture affirme explicitement l’évidence surnaturelle des signes accomplis par Jésus : « Les œuvres que je fais témoignent que le Père m’envoie » (Jn. V 36) ; « Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de moi. » (Jn. X 25) ; « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même, mais le Père qui est en moi fait ses œuvres. Croyez sur ma parole que je suis dans le Père et que le Père est en moi. Croyez-le du moins à cause de ces œuvres. » (Jn. XIV 10-12) ; « Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas. Mais si je les fais, lors même que vous ne voudriez pas me croire, croyez à cause de mes œuvres, afin que vous sachiez et reconnaissiez que je suis dans le Père et que le Père est en moi. » (Jn. X 37-38). En d’autres termes, les miracles opérés par le Christ sont des signes extérieurs appelant à la conversion intérieure, des signes extérieurs donnés comme objectivement probants, donc intrinsèquement évidents par eux-mêmes : « Si je n’avais pas fait parmi eux les œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché. » (Jn. XV 24). Le refus de la grâce, en quoi consiste le refus de croire, n’est coupable que parce que la grâce intérieure et suffisante de conversion était étayée par un critère extrinsèque objectif : les miracles, eux-mêmes dotés d’évidence intrinsèque surnaturelle.

D’où la seconde réponse. Le caractère surnaturel des signes accomplis par Jésus est de soi intrinsèquement évident, mais l’évidence intrinsèque de cette surnaturalité étant d’ordre surnaturel, seul un intellect surnaturalisé peut la saisir. D’où il ressort, quant aux signes accomplis par Jésus, que leur surnaturalité a une évidence intrinsèque mais que, parce qu’elle est une évidence surnaturelle, elle ne peut être perçue que d’un intellect surélevé à cette surnaturalité, surélévation qui s’opère dès le jugement de crédibilité, dès avant la justification. On n’adhère donc infailliblement à l’évidence surnaturelle des motifs de crédibilité qu’à condition d’y être prédestiné. « Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est pas donné par le Père. » (Jn. VI 65). « Pourquoi ne reconnaissez-vous pas mon langage ? C’est que vous ne pouvez pas entendre ma parole. » (Jn. VIII 44). « Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ; si vous n’entendez pas, c’est que vous n’êtes pas de Dieu. » (Jn. VIII 47). « Aussi bien ils ne pouvaient pas croire, car comme le dit encore Isaïe : ‘‘Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, pour que leurs yeux ne voient pas, que leur cœur ne comprenne pas, qu’ils ne se convertissent pas, et que je ne les guérisse pas.’’ » (Jn. XII 37-40). Ce « pour que s’affirma la liberté de l’élection divine, qui dépend de Celui qui appelle et non des œuvres » (Rm. IX 11). « Que conclure ? Ce que recherche Israël, il ne l’a pas atteint ; mais ceux là l’ont atteint qui ont été élus. Les autres ont été endurcis, selon le mot de l’Écriture : ‘‘Dieu leur a donné un esprit de torpeur : ils n’ont pas d’yeux pour voir, d’oreilles pour entendre jusqu’à ce jour.’’ David dit aussi : ‘‘Que leur table soit un piège, un lacet, une cause de chute, et leur serve de salaire ! Que leurs yeux s’enténèbrent pour ne point voir et fais-leur sans arrêt courber le dos !’’ » (Rm. XI 7-10).

Second point.

Le Christ ayant institué une Église fondée hiérarchiquement sur les Apôtres et destinée à se perpétuité jusqu’à la fin des temps (Mt. XVI 18), la hiérarchie est appelée à se perpétrer jusqu’à la fin des temps. Et puisque l’autorité est détenue par les Apôtres et par les évêques qui continuent l’action de ceux-ci, c’est par la succession épiscopale que s’opère la succession apostolique. Nous avons donc un critère formel, objectif, visible, permettant de reconnaître la véritable Église de Dieu : là où sont les successeurs légitimes des Apôtres, là est l’Église. Les sectes protestantes, privées de la succession apostolique, ne peuvent constituer le corps de l’Église.

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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Dogmatique catholique : la Tradition.   17/6/2018, 10:52

C'est de qui, tout ça?
Merci de nous le dire
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Mister be

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MessageSujet: Re: Dogmatique catholique : la Tradition.   17/6/2018, 12:34

Je ne sais pas si je peux émettre un avis et argumenter car je ne suis pas protestant mais il faut comprendre l'ecclésiologie protestante dont vous êtes responsables et les 5 solae qui en découlent mais je laisse le soin à un protestant d'y répondre.


Par comprendre je répondrai à ceci

Citation :
Et donc, avant de venir nous expliquer ce qu'est le Christianisme, commencez par l'apprendre des Chrétiens ayant conservé depuis 2000 ans la Tradition du Seigneur !
:

En tant que Juif, nous avons bien sûr une tradition qui remonte à plus de 4000 ans si on veut comparer avec la Tradition de l'Eglise catholique or je pense que ce sont les Chrétiens qui devraient apprendre des Juifs et non l'inverse parce que le Judaïsme a enfanté le Christianisme...si ça vous intéresse je vous expliquerai humblement ce qu'on entend par cette espérance messianique de l’engendrement du fils de l’homme à travers une histoire particulière qu'on appelle en hébreu "Toledot".

La Tradition du Seigneur est avant tout consignée dans le Tanackh avec un fil conducteur qui est la rédemption de l'Homme à travers des engendrements de personnages qui affineront la caractère messianique en Yéshoua

Quant à vos dogmes anti-bibliques, j'y ai répondu largement mais je peux encore en discuter sans pour autant vous obliger à les abandonner si vous en avez besoin pour affirmer votre foi.

_________________
Marcher selon l'Esprit de la lettre,c'est suivre un Judaisme sans messie ou un Christianisme sans racine?
Moi j'ai choisi Juif pour les racines messianique pour son messie!


Dernière édition par Mister be le 17/6/2018, 13:39, édité 1 fois
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Violette7
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MessageSujet: Re: Dogmatique catholique : la Tradition.   17/6/2018, 13:36

RenéMatheux a écrit:
C'est de qui, tout ça?
Merci de nous le dire

oui et c'est trop long, je l'ai déjà dit à Perlimpimpim.
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MessageSujet: Re: Dogmatique catholique : la Tradition.   20/6/2018, 10:30

Bonjour Perlimpimpim
J'ai fait une copie de vos diverses interventions, êtes-vous un théologien catholique?
comment dois-je vous citer?
Libre de copyright?
Cordialement
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MessageSujet: Re: Dogmatique catholique : la Tradition.   20/6/2018, 10:52

Violette7 a écrit:
RenéMatheux a écrit:
C'est de qui, tout ça?
Merci de nous le dire

oui et c'est trop long, je l'ai déjà dit à Perlimpimpim.


Non je ne trouve pas c'est super ...
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Perlimpimpim

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MessageSujet: Re: Dogmatique catholique : la Tradition.   20/6/2018, 11:12

Pacem1905 a écrit:
Bonjour Perlimpimpim
J'ai fait une copie de vos diverses interventions, êtes-vous un théologien catholique?
comment dois-je vous citer?
Libre de copyright?
Cordialement

Bonjour Pacem,

J'ai reçu gratuitement, je donne gratuitement. Citez comme vous l'entendez.

Je ne suis pas un théologien de profession. Je ne fais qu'étudier la théologie catholique depuis plusieurs décennies, raison pourquoi je vous en semble assez bon connaisseur, sans plus.

Cordialement.
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MessageSujet: Théologie du Remplacement   20/6/2018, 15:42

La théologie du remplacement = supercessionisme avance l'idée que l'Église chrétienne a "remplacé" Israël (le peuple juif) comme peuple élu dans le plan du salut de Dieu. Cette idée est particulièrement vivace chez les auteurs du 19e

Qu'en pensez-vous ?

J'ouvre un fil pour vous l'expert !
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florence_yvonne

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MessageSujet: Re: Dogmatique catholique : la Tradition.   20/6/2018, 17:51

J'ai renoncé après la lecture du premier message.

_________________
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Violette7
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MessageSujet: Re: Dogmatique catholique : la Tradition.   20/6/2018, 19:33

florence_yvonne a écrit:
J'ai renoncé après la lecture du premier message.
tu as eu plus de courage que moi, car je n'ai pas su le lire entièrement  Very Happy
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Dogmatique catholique : la Tradition.   21/6/2018, 03:29

Une video de 5 minutes sera plus simple:

Source vérité 3- La Source et les trois canaux de la Révélation (5 mn)



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Violette7
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MessageSujet: Re: Dogmatique catholique : la Tradition.   21/6/2018, 11:03

Arnaud. En effet, c'est plus simple d'écouter cette vidéo.

En fait, c'est l'Esprit qui continue maintenant encore d'inspirer l'Eglise.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Dogmatique catholique : la Tradition.   21/6/2018, 14:45

thumleft
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Dogmatique catholique : la Tradition.
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