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 Carême 2018

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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   8/3/2018, 10:46

Relever la parole


Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler.
Évangile selon saint Luc, chapitre 11, verset 14

Frère Gabriel Nissim,
Couvent de Saint Jacques à Paris

Il y a ceux qui ont droit à la parole, et tant d’autres qui n’ont qu’à suivre.

Tant de « sans-voix » dans notre monde. Et nous-mêmes, tant de façons de dire : « Tais-toi ! » – plus ou moins poliment.

En Afrique, on a cette belle coutume de la « palabre ».

Devant une décision à prendre, tous ceux qui sont concernés vont prendre la parole, et être écoutés silencieusement. Même si, à la fin, c’est un avis qui l’emporte sur les autres, la parole de chacun aura été prise en considération, personne ne sera resté sans voix.

Quand Jésus délivre le muet, il lui rend quelque chose qui est constitutif de son humanité. En même temps qu’il relève en lui la parole, il le relève dans sa dignité.

Dans notre société surmédiatisée, où ce sont toujours les mêmes qu’on nous fait écouter, qui relèvera la parole de ceux qui sont réduits au silence, surtout les plus petits ?

Et attention, ceux qui ne savent ou ne peuvent pas s’exprimer avec des mots le feront souvent par l’agression. On ne le sait que trop dans les prisons…

Relever la parole chez l’autre, chacun de nous en est capable : il suffit de savoir écouter.

Notre société a multiplié les « écoutants » : c’est un beau service.

Mais ce ne doit pas être réservé à des professionnels.

Tout un chacun peut apprendre à relever la parole chez les muets, chez les « sans-voix » de nos sociétés.

Écouter, rendre ainsi à l’autre la parole perdue, c’est là une double façon de rendre présente la sainteté de Dieu.

Car alors c’est en celui qui écoute autant qu’en celui qui retrouve la parole que Dieu relève son sanctuaire.


Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris
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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   9/3/2018, 09:52

Désiré

L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même.
Évangile selon saint Marc, chapitre 12, verset 33

Frère Gabriel Nissim,
Couvent de Saint Jacques à Paris


C’est toi, moi, chaque être humain venu à l’existence que Dieu désire, de toute éternité. Chacun de nous devrait ajouter à son nom « Désiré ».

Aux jours de la Création, Dieu a façonné l’homme à partir de la terre et lui a insufflé son propre Souffle de Vie. Alors, au jour de notre entrée dans la lumière, c’est notre cœur que Dieu prendra dans ses mains. Comme on purifie l’or au feu, il en fera tomber toutes les scories. Il le façonnera nouvellement, à partir de ce qu’il y aura eu d’amour vrai dans notre vie – pour lui, pour notre prochain : cœur nouveau, animé d’un souffle nouveau.

Pourtant, quelle distance entre cette destinée bienheureuse et notre condition présente, toutes les souffrances des innocents, tout le mal dont nous sommes capables ! Eh bien, le Christ vient pour cela : au sein de notre condition humaine, ouvrir la porte de l’avenir. Et, dès à présent, en semer le germe. Être lui-même ce germe, semence jetée en notre chair, qui va mourir pour porter du fruit, un fruit immense.

À toi, à moi d’accueillir à notre tour en nous-mêmes cette semence – de l’accueillir en plein cœur et de plein cœur. Pas d’autre voie que de passer par mon cœur, pas d’autre moyen que d’aimer de tout mon être pour accomplir le désir que Dieu a de me voir debout – non plus à genoux – relevé, ressuscité, « devant lui, saint, immaculé, dans l’amour »*.

Il n’est pas d’autre chemin pour, ce jour-là, nous tenir debout, comme c’est un bonheur de se tenir à la cime d’une montagne, au soleil levant, après une longue ascension dans la nuit.


* Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens ch.1, v. 4
Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris
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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   10/3/2018, 10:26

Frère Benoît Ente 
Entré en 2003 chez les Dominicains, le frère Benoît rejoint Lille en 2015 pour vivre en quartier populaire et travailler avec l'équipe de Retraite dans la Ville

Guérisseur d'humanité

Citation :
Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font
Évangile selon saint Luc, chapitre 23, verset 34




Il y a des hommes et des femmes qui aiment comme Jésus aime, qui pardonnent comme Jésus a pardonné. P. Guy Lescanne est de ceux là. Avec Zacharie, il a pris la route du pardon. Son histoire nous fait entrevoir la force immense du sacrement de la réconciliation.
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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   11/3/2018, 10:47

Signe intrigant, un serpent
Quand un homme était mordu par un serpent et qu’il regardait le serpent de bronze, il restait en vie.

Livre des Nombres, chapitre 21, verset 9

Frère Alain Riou,
Couvent de Lille


Tu m’as relevé. Relevé ? Serais-je tombé ? Tombé en quoi ? Tombé dans quoi ? Dans mon péché, penserai-je en ce temps de carême.

Mais c’est quoi, le péché ?

Avant d’être un manquement à des règles, c’est d’abord mon enfermement sur moi-même. Sur mes intérêts sans doute, mes avantages matériels à court terme.

Mais aussi sur la défense de mes idées. Sur ce que je crois être mon identité. Me boucler dans mes obsessions, mes angoisses, mes peurs. Tout cela, j’ai fini par en faire mes idoles.

Mes idoles, j’y tiens. Entre elles et moi s’est tissé un étrange rapport. Au départ, elles me sont venues d’ailleurs, puis j’en suis venu à me les fabriquer.

Elles sont à moi, elles me rassurent. Et finalement, ce sont elles qui me possèdent. J’en suis devenu tributaire, j’ai du mal à m’en passer. Étrange rapport d’interdépendance, dont je ne vois plus comment sortir. Ai-je même entrevu le besoin d’en sortir ?

Je me retrouve comme le peuple de Dieu au désert. Comme lui, j’ai l’impression de tourner en rond. L’horizon à la fois est immense et semble ne déboucher sur rien : il recule au fur et à mesure que j’avance vers lui.

Redoutant l’avenir, j’idéalise le passé, en oubliant la servitude. Je me raccroche à ce que je connais, ou crois connaître. Je me berce d’illusions comme les Hébreux rêvaient des oignons d’Égypte. L’amertume me gagne. Quel besoin avait-on de m’entraîner dans cette voie à mes yeux sans issue ? Où est la liberté promise ?

Et voilà que dans cette gorge qui se rétrécit, des serpents surgissent. Leur morsure brûlante m’ébranle. Si je persiste dans la nostalgie, je ne vois que le danger, le désespoir, la mort. Mais, sous la forme même que l’épreuve a prise, la forme du serpent, une chance s’offre à moi : un signe intrigant, un serpent de bronze.

Signe de ralliement, étendard paradoxal, puisqu’un serpent inspire la répulsion plus qu’il n’attire. N’en est-il pas ainsi de toute épreuve ?

Si je parviens à surmonter la réaction instinctive de recul, ce signe intrigant me tire de l’abîme où je suis tombé. Il me relève et m’appelle à la vie.   


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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   12/3/2018, 09:19

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux.
Livre de la Genèse, chapitre 3, verset 1




Frère Alain Riou,
Couvent de Lille
Tu me relèves, en vue de quoi ?

En vue d’un ailleurs.

Non un ailleurs mythique, que je me construirais, où je chercherais à fuir, mais un extérieur d’où se dégage une autre vue sur la situation, un regard neuf sur moi et sur le monde.

Au livre de la Genèse, le péché des origines — origine de tous les péchés et de tous les enfermements — avait été susurré par le serpent, le rusé.

Il ne mentait pas complètement, il ne disait qu’un aspect de la réalité : il invitait à connaître le bien et le mal, à se prendre pour Dieu !

Vu comme ça, n’est-ce pas désirable, utile, savoureux ? Oui. Mais comment pouvons-nous connaître ce qui est bien, ce qui est mal, absolument, comme Dieu ?

Dans la Bible, le verbe hébreu connaître ne se limite pas à une opération intellectuelle. Il désigne une expérience profonde, intime, de quelque chose ou de quelqu’un ; il désigne même les relations sexuelles*.

Or, l’homme n’a qu’un moyen de connaître en ce sens le bien et le mal : c’est bon ou c’est mauvais pour moi.

Ce faisant, je me mets au centre du monde ! Or, je ne suis pas le centre du monde. Ce centre fictif, fascinant, devient ma prison.

Comment en sortir ? En décentrant le regard de mon nombril.

Comme les Hébreux. Au désert, ils sont appelés à lever les yeux vers le serpent de bronze dressé sur son mât.

Ce serpent dressé que je vais fixer, c’est le Christ.

Lui va me sortir de mon trou, me relever, pour me donner de vivre enfin, au grand air, au vent du large. 



* « Adam connut Ève, sa femme ; elle devint enceinte. » Livre de la Genèse ch. 4, v. 1 
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MessageSujet: Re: Carême 2018   13/3/2018, 08:17

Bonjour,

Les conférences de Carême :

Depuis 1835, les conférences de Carême à Notre-Dame de Paris constituent un grand rendez-vous de réflexion sur l’actualité de la foi chrétienne. KTO retransmet chaque dimanche de carême, à 16h30, les Conférences de Carême en direct de la cathédrale Notre-Dame de Paris. A l'issue de chacune, l'Archevêque de Paris conduit un temps de prière en méditant à partir de la conférence prononcée.
Chaque année est assumée intégralement par un seul conférencier mais celui-ci a toute liberté de confier tout ou partie de certaines conférences à un autre intervenant. Pour cette année 2018, le cycle est confié à Fabrice Hadjadj, écrivain et philosophe, sur le thème : "La culture, un défi pour l’évangélisation". En 2017, il s'agsisait du philosophe Olivier Boulnois, philosophe, professeur à l’École Pratique des Hautes Études, sur le thème : "Le Christ et la culture", que vous pouvez retrouver ci-dessous.

http://www.ktotv.com/conferences-de-careme

_________________
"ta mesure sera Ma mesure !"
(Cf Mc 4, 21-25 / Mt 7,2)
De l'instant dépend l'éternité ...



Chaîne Chrétienne Youtube Serviteur44 : https://www.youtube.com/channel/UCgUngzK2J2kXx1SIGkIoA1g
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http://www.notredamedesperance.com/fr/page01.html
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MessageSujet: Re: Carême 2018   13/3/2018, 10:15



J’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché.
Livre de la Genèse, chapitre 3, verset 10







Frère Alain Riou,
Couvent de Lille

Pourquoi toute cette histoire de serpents, le rusé des origines et le signe dressé dans le désert ? Était-ce vraiment nécessaire ?

Au départ, ça ne l’était pas. Il y avait comme un jardin.

Non pas la nature sauvage, brute, mais une nature aménagée, organisée pour l’homme.

L’humain pouvait s’y épanouir et la gérer avec sagesse, pour son plaisir et le bien de tous.

Mais de gérant, il a tenté de se faire propriétaire, de l’accaparer à son profit. Tout était pour lui, mais non pour lui tout seul.

Par cette clôture myope sur lui-même, il a brisé l’harmonie et la paix qui lui étaient confiées.


Du coup, il découvre sa vulnérabilité : si je peux utiliser les autres pour mon profit, les autres aussi peuvent mettre la main sur moi.


Prenant conscience que je suis nu, je prends peur.

Je cherche à cacher ma nudité, je me cache à moi-même et m’enferme dans cette cachette en m’y croyant à l’abri.


Or, l’abri le plus sûr n’est pas derrière des murs ni sous une armure. Si fort soit-il, ce genre d’abri finit par se fendre, par s’écrouler, de par l’usure, la pression des éléments, ou l’intrusion des autres.


La seule sécurité, c’est d’apprendre à regarder ma peur en face, et ne plus être dominé par elle. Je peux alors sortir de mon trou et me tenir debout dehors. Non par ma propre force, mais grâce à quelqu’un d’autre qui m’attire et me soutient.



Par sa ruse, un serpent m’a lové, enroulé sur moi-même, sur ma peur et sa brûlure.

Je vais me décentrer vers un autre. Celui qu’on a dressé sur un mât. Vers lui, je relève la tête. Il me redresse, et me donne l’énergie de le suivre.
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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   14/3/2018, 09:49

Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé.
Livre de Zacharie, chapitre 12, verset 10

Frère Alain Riou,
Couvent de Lille

Mais qui es-tu, serpent de bronze ? Qui es-tu qui m’attires et me soutiens ?

Il paraît que, du temps de Jésus, des rabbis juifs discutaient de savoir comment Moïse avait bien pu dresser un serpent sur un mât sans qu’il glisse. Un des rabbis propose une solution : pour retenir le serpent, Moïse a dû fixer une autre barre en travers, dessinant — vous l’avez compris — la forme d’une croix. Nicodème devait être au courant de cette discussion. Quand il entend Jésus se comparer au serpent, sur le moment il n’a pas dû comprendre. Mais devant la croix, lorsqu’il regarde le transpercé, les paroles de Jésus dans la nuit sont remontées à sa mémoire : « De même que le serpent fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. »*

Alors, avec Nicodème, nous pouvons mieux saisir la portée de ce qui se passe sur la croix. Un homme, Jésus, est condamné à pendre, cloué nu, devant sa mère et ses disciples, mort honteuse réservée aux bandits et aux rebelles. Il aime jusqu’au bout, même au tréfonds de la dégradation physique et sociale la plus abjecte, totalement injuste. Là se révèle un Dieu qui aime tellement le monde qu’il donne son Fils unique quand il voit les hommes mordus par le mal. Comme dit Paul**, nous accepterions sans doute de donner notre vie pour des proches, peut-être pour des gens bien, mais le ferions-nous pour des salauds ? Pour nous, le Fils fait jaillir — et transmet — le souffle, le feu d’une vie nouvelle, inédite. N’est-ce pas cette vie que je veux ?


* Évangile selon saint Jean ch.3, v.14
** Lettre de Saint Paul Apôtre aux Romains ch. 5, v. 7 
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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   15/3/2018, 09:56

Tu m’as sauvé parce que tu m’as voulu.
Psaume 17, verset 20

Frère Alain Riou,
Couvent de Lille


Jésus, serpent cloué sur le mât de la croix, d’où t’es venue cette force d’aimer ? De continuer à aimer dans la pire des souffrances qui te fait crier « À quoi m’as-tu abandonné ? »* La mort nous effraie, la souffrance plus encore peut-être. Comment accepter ce non-sens qui nous révolte et nous fait douter de Dieu, tout du moins de son amour ? Ne pouvait-il pas faire quelque chose pour tirer son Fils de cette horreur ? Pour nous épargner les atrocités que nous vivons ? À quoi bon venir au monde pour en arriver là ? Si la vie est un don, trop souvent elle n’est pas un cadeau !


Le seul appui qui fait tenir Jésus devant sa mort, c’est se remettre entre les mains du Père. « Non ma volonté, mais ta volonté » : notre Père nous veut vivants. Car Jésus sait, et nous révèle, que le Père le veut, lui, et il nous veut, nous, avant même la fondation du monde**, avant même le péché. Pour que, comme le Fils bien-aimé, nous soyons ses enfants. Cette volonté est là, elle demeure à travers toutes les vicissitudes et les absurdités de nos existences ; elle ne change pas, elle ne fait que se creuser, toujours neuve, plus profonde et plus forte.


Cette volonté est l’assurance de cette vie qu’aucune restriction ne viendra éteindre. Jésus nous y ancre quand il dit que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob n’est pas un Dieu de morts, mais de vivants***. Dans son psaume de victoire, David le chantait déjà ; en français on a traduit : « Tu m’as sauvé parce que tu m’aimes. » Mais en latin, en grec et en hébreu, c’est tellement plus moderne : « tu m’as sauvé, parce que tu m’as voulu » !


* Évangile selon saint Marc ch. 15, v. 34 (traduction de l’auteur)
** Lettre de Saint Paul Apôtre aux Éphésiens ch. 1, v. 4
*** Évangile selon saint Marc  ch. 12, v. 27
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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   16/3/2018, 05:23

Reposant la tête, il transmit l’Esprit.
Évangile selon saint Jean, chapitre 19, verset 30

Frère Alain Riou,
Couvent de Lille



Jésus, serpent cloué sur la croix, tu me relèves, en vue de quoi, en vue de qui ? En vue de la vie, de cette vie qu’aucune restriction ne viendra plus éteindre, cette vie que Jean appelle éternelle. Cet éternel n’est pas l’extension à perte de vue, interminable, d’on ne sait quoi. En grec, le mot éternel vient du mot toujours, et ce toujours peut s’entendre comme « ce qui n’est pas soumis à des “si” ». C’est l’inconditionnel, l’inconditionné, ce que rien ne vient ni ne peut enclore. D’où la liberté. Mais comment peut-il être libre, le serpent cloué ? En ce que rien, ni la haine des hommes, ni la souffrance absurde, ni la mort, n’ont pu l’empêcher d’aimer.
À la mort de Jésus, dans l’Évangile de Jean, on traduit souvent : « Inclinant la tête, il rendit l’esprit. » Mais ce n’est pas que sa tête tombe quand les muscles du cou ne la tiennent plus, et qu’il « rend l’âme ». Mot à mot, Jésus repose la tête, c’est un verbe à l’actif. Dans tout le Nouveau Testament, reposer la tête ne se retrouve que dans le passage où Jésus dit « le Fils de l’homme n’a pas où reposer la tête »*. Sur la croix, Jésus entre dans son repos. Il ne rend pas l’âme, mais il transmet l’Esprit. C’est la première des Pentecôtes.

L’Esprit de liberté du Fils, Jésus le transmet à l’Église, présente là, debout, au pied de la croix, en Marie, Jean, Marie-Madeleine et les autres femmes, Nicodème, Joseph d’Arimathie, et à travers eux à nous tous. Et désormais, baptisés en cet Esprit, nous pouvons transmettre cette énergie comme un feu, comme un buisson qui brûle sans jamais tourner en cendres.


* Évangile selon st Matthieu ch. 8,v. 20 ; Évangile selon st Luc ch. 9,v. 58.
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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   17/3/2018, 09:54



L’un de vous est malade ? Les Anciens prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon.

lettre de Saint Jacques, chapitre 5, verset 14-15






 

Quand un enfant est malade, ses parents redoublent d'attention et d'amour pour le soutenir et lui donner la force de se relever. C'est ainsi qu'agit avec nous notre Père du ciel dans le sacrement de l'onction. Anne et Janinka nous racontent leurs expériences.

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MessageSujet: Re: Carême 2018   17/3/2018, 11:28

C'est pas évident de bien savoir ce que Dieu attend de nous après avoir souffert d'une maladie grave et longue, même en lui ayant offert ça pour qu'il agisse, surtout pour une maladie psychique assez invisible qui s'apparente peut-être à des maladies de l'âme dont nous ignorons parfois les causes et les conséquences.
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boulo
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MessageSujet: Re: Carême 2018   17/3/2018, 11:56

Non . Vous avez raison , cher Léon . Ce n'est jamais évident .
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MessageSujet: Re: Carême 2018   17/3/2018, 12:38

c'est à dire que c'est jamais évident sur le moment et que bien souvent, on commence à comprendre seulement après avoir connu ces épreuves.

Et puis ya une parole de Jésus qui me fait espérer pour aujourd'hui, c'est que celui qui regarde par en arrière la charrue qu'il pousse, n'est pas digne d'être son disciple: je comprends pas tout à fait le sens de cette image, mais cela me parle en ce sens que le chrétien regarde d'avantage devant que derrière à l'aide de Dieu, de la Tradition de l'Eglise toujours vivante (donc elle ne se situe pas "derrière"): donc je regarde devant et parfois vers le "ciel" afin de rester dans le réel de la vie naturelle et de la vie surnaturelle.
Or, ce Carême 2018 je le vis tout seul cette année, alors je tombe souvent car je ne fais pas attention, notamment aux démons et leurs suppots...
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MessageSujet: Re: Carême 2018   17/3/2018, 14:27

Léon a écrit:
c'est à dire que c'est jamais évident sur le moment et que bien souvent, on commence à comprendre seulement après avoir connu ces épreuves.

Et puis ya une parole de Jésus qui me fait espérer pour aujourd'hui, c'est que celui qui regarde par en arrière la charrue qu'il pousse, n'est pas digne d'être son disciple: je comprends pas tout à fait le sens de cette image, mais cela me parle en ce sens que le chrétien regarde d'avantage devant que derrière à l'aide de Dieu, de la Tradition de l'Eglise toujours vivante (donc elle ne se situe pas "derrière"): donc je regarde devant et parfois vers le "ciel" afin de rester dans le réel de la vie naturelle et de la vie surnaturelle.
Or, ce Carême 2018 je le vis tout seul cette année, alors je tombe souvent car je ne fais pas attention, notamment aux démons et leurs suppots...

je plussoie ! et je viens de le dire sur un autre fil : ça ne sert à rien de regarder en arrière, il faut au contraire regarder devant nous.

Quant à "tomber", on le fait tous, mais heureusement, nous savons de Dieu est là et pardonne toujours. De temps en temps aussi, il nous fait un petit clin d'œil (pour moi, votre retour au forum aujourd'hui en est un  Wink )
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MessageSujet: Re: Carême 2018   17/3/2018, 16:11

Mener le combat spirituel
 
Père Nicolas Buttet
 
 
Le carême est un temps favorable pour nous exercer au combat spirituel. Aujourd'hui nous vous proposons de vivre comme une petite recollection chez vous sur ce thème en écoutant un enseignement du P. Nicolas Buttet, ancien ermite, fondateur d’Eucharistein et de l’Institut Philanthropos.

 
Comme Saint Paul, nous expérimentons souvent que le bien que nous voudrions faire, nous ne le faisons pas, et le mal que nous voudrions éviter nous le faisons. Cette contradiction nous attriste, nous aimerions en être délivrée, et comme à Saint Paul, le Seigneur nous dit: "Ma grâce te suffit, ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse".
 
Cette Parole du Seigneur ne nous dispense pas de reconnaître notre part de responsabilité au cœur même de nos faiblesses et surtout de mener le combat. Le P. Nicolas Buttet nous donne les clés pour progresser.


pour écouter :


http://r.newsletter-youpray.fr/2jkw0qqp9nmff.html
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MessageSujet: Re: Carême 2018   17/3/2018, 16:24

Léon a écrit:
Or, ce Carême 2018 je le vis tout seul cette année, alors je tombe souvent car je ne fais pas attention, notamment aux démons et leurs suppots...

Jésus nous invite pour entrer dans le Royaume de Dieu, à redevenir comme de petits enfants. La caractéristique des petits enfants, c'est que pour ne pas tomber, ils mettent leur main dans la main du Seigneur, et parfois dans la main de leur grand frère.

Jésus est claire : "mes brebis écoutent ma vois, elles me suivent, nul ne les arrachera de ma main". La brebis qui suit Jésus, elle le suit en lui tenant la main qu'il nous tend par ses sacrements. Se priver de l'Eucharistie, c'est lui lâcher la main. Quand on lâche la main que nous tend par exemple un prêtre qui nous a déçu, et dont la mission est de nous tenir aussi la main pour nous conduire à Jésus qui Lui nous conduit au Père, on ne lâche pas pour autant la main de Jésus, qui nous la tend, dans les sacrements et plus particulièrement Celui de l'Eucharistie, qui nous relie à Lui, nous unit à Lui.

Le Carême qui nous renvoie à la traversée du désert par les hébreux, où aux 40 jours que Jésus a passé dans le désert, on doit le vivre avec Jésus, présent en nous par son Esprit ; ce même Esprit qui a accompagné les hébreux dans le désert pour les assister ; qui a conduit Jésus dans le désert, pour y rencontrer le tentateur.

Il est évident que vivre le Carème, en se privant du soutient que Jésus nous apporte, par ses sacrements, c'est devenir plus vulnérable face au diable et aux démons. Quand on le vit en tenant la main de Jésus, présent en nous avec son Esprit, qu'il nous redonne chaque dimanche, en ne l'oubliant pas quand on est sorti de l'Eglise, prenant du temps avec Lui, qu'on pourra compter sur Lui. C'est bien pour être à nos côté chaque jour, là où nous vivons, qu'il nous renforce chaque dimanche avec son Pain de Vie rempli de son Esprit.
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MessageSujet: Re: Carême 2018   17/3/2018, 19:18

Petero, chacun fait ce qu'il peut, là où il est, avec les moyens qu'il a.

Si l'on a une église tout près, on peut assister à la messe, s'il faut faire 30 kms et qu'il n'y a pas de moyen de locomotion, on fait sans.

Le carême peut très bien être autre chose, comme lire la bible seul chez soi et surtout PRIER.

Léon a écrit:

Or, ce Carême 2018 je le vis tout seul cette année, alors je tombe souvent car je ne fais pas attention, notamment aux démons et leurs suppots...

on tombe et on se relève : c'est peut-être cela que le Seigneur vous demande pour votre carême.
et... avoir confiance en Lui, en sa Miséricorde car Il pardonne toujours.
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petero

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MessageSujet: Re: Carême 2018   17/3/2018, 20:55

Violette3 a écrit:
Petero, chacun fait ce qu'il peut, là où il est, avec les moyens qu'il a.

Si l'on a une église tout près, on peut assister à la messe, s'il faut faire 30 kms et qu'il n'y a pas de moyen de locomotion, on fait sans.

Le carême peut très bien être autre chose, comme lire la bible seul chez soi et surtout PRIER.

Décidément !!! Je me suis adressé à Léon qui nous a dit ne plus aller à la messe, non pas parce que l'église était trop loin et qu'il n'avait pas de moyen de locomotion, mais à cause de différent avec les prêtres qu'il a rencontré.

Je ne vois donc pas pourquoi vous nous sortez cela. Qu'ais-je encore dit de mal !! Décidément, vous avez décidé de me reprendre à chacun des messages que je poste aux autres !!

De plus je n'ai pas dit que le Carème c'était allers à la messe !! J'ai simplement dit que le Carême, quand il est vécu comme un combat spirituel, comme blanche neige en parle juste au dessus, qu'il vallait mieux le vivre avec le soutien de Jésus qui chaque dimanche nous renforce du Saint Esprit.

C'est bien de lire la Bible chez soi, mais pas en se coupant de la messe du dimanche où à travers ses envoyés, ses ministres de la Parole, Jésus s'adresse à nous, nous éclaire. La Bible, on doit la lire en Eglise, même quand on la lit chez soi. La lecture de la Bible chez soi, va de paire avec la lecture en Eglise. Ce que je dis là n'est pas mon point de vue personnel uniquement, mais ce que conseille l'Eglise.
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MessageSujet: Re: Carême 2018   18/3/2018, 05:39

Habitant dans un petit village de montagne, aller à la messe exige de moi un effort supplémentaire.
Etant amicalement amoureux de Jésus-Christ, j'ai un grand désir de communion permanente avec Lui en mon âme et en ma chair, en personnes intégrales quoi, chaque jour.
C'est pourquoi j'invite ceux et celles qui partagent ce grand désir, parfois issu d'un grand isolement spi et social, et quelque soit leur situation (protestants ou autres croyants en chemin) à pratiquer fréquemment des communions spirituelles au quotidien, même avant d'aller à la Messe et même pendant la Messe.

http://eglise.catholique.fr/glossaire/communion-spirituelle/

http://site-catholique.fr/index.php?post/La-Communion-Spirituelle-Quotidienne

http://www.evangelium-vitae.org/veillez-et-priez/texte-priere/218/avec-les-saints/saint-alphonsemarie-de-liguori.htm

Je regrette un peu de découvrir ce moyen de Communion réelle à Jésus-Christ, à seulement 38 ans... je pense que l'on devrait apprendre cette pratique aux enfants et catéchumènes, donc notamment à tous ceux et celles qui préparent leur Première Communion.
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MessageSujet: Re: Carême 2018   18/3/2018, 10:54

https://www.martherobin.com/sa-vie/une-grande-mystique-francaise/lhostie-comme-seule-nourriture/


 Si l’on me demandait : « Que vaut-il mieux faire, l’oraison ou la sainte communion ? »... Les deux sont vivement à conseiller. Mais s’il faut porter une préférence, je crois que je répondrais : l’oraison ; car l’oraison est une disposition et une préparation immédiate à la sainte communion.

       Il en coûte plus de faire oraison que de communier.



En parcourant ce site, cité plus haut, vous pourrez y découvrir sa vie, son message, son héritage et témoignages concernant notre vénérable petite sœur Marthe par delà sa vie extra et ordinaire.  flower
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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   18/3/2018, 11:16

  Léon et Arc-en-Ciel pour vos encouragements à la communion spirituelle. 

Oui Arc-en-Ciel, c'est plus difficile de tenir à l'Oraison que de communier.
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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   18/3/2018, 11:18

Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes.
Évangile selon saint Jean, chapitre 12, verset 32

Les soeurs d'Orbey,
Monastère d'Orbey


Ce cinquième dimanche marque un tournant dans le cheminement du carême. L’heure est venue de suivre Jésus qui va vers sa passion volontaire et de nous oublier nous-mêmes avec nos efforts de pénitence et de conversion. Voulons-nous voir Jésus ? Voulons-nous l’accompagner jusqu’au Golgotha ?

Vouloir voir Jésus, c’est vouloir le suivre, le servir, vouloir être avec lui. Mais où est-il, Jésus, aujourd’hui ? Relevé d’entre les morts, Jésus est monté là d’où il était venu, il est au sein du Père. Jésus nous attire à lui parce qu’il est l’unique chemin qui conduit au Père. Ce Père riche en miséricorde qui veut que tous les hommes soient sauvés et connaissent son amour.

Et comment un homme torturé, crucifié peut-il nous attirer ? Notre volonté n’est attirée que par ce qui nous paraît bon et aimable. À cette question il y a sans doute autant de réponses que de croyants. Voici la mienne. Depuis toute petite j’ai une relation personnelle avec Jésus dans la prière. Jeune adulte, je passais souvent devant un crucifix fixé sur le mur d’un temple, avec cette phrase : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » Cette phrase exprime ce que je vis avec Jésus. La foi m’a fait comprendre l’immensité de l’amour de Dieu. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. C’est l’amour infini de Dieu, manifesté sur la croix, qui m’a attirée vers Jésus. Être aimé suscite le désir d’aimer en retour ; je suis entrée au monastère pour aimer.

L’amour de Jésus fait de nous non seulement ses serviteurs, mais ses amis et, au matin de Pâques, ses frères et ses sœurs. Il nous a laissé son exemple et son commandement d’amour. Et nous ? Notre amour est faible et défaillant, mais gardons confiance : « Les commandements de Dieu ne sont pas un fardeau puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Or, la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi. »*


*Première lettre de saint Jean, chapitre 5, verset 3c-4
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petero

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MessageSujet: Re: Carême 2018   18/3/2018, 14:49

Merci à Violette pour ce partage de l'homélie relevé sur le site du monastère d'Orbey. Cela me permet de rebondir sur l'échange que nous avions.

Jésus s'en va vers sa passion et plus il va s'en approcher et plus cela va être difficile, bien qu'il a dit avoir hâte d'être plongé dans la mort pour pouvoir nous y rejoindre et nous sauver ; car il sait que sa mort va être douloureuse. C'est ce qui le poussera à dire "père, si c'est possible éloigne de moi cette coupe, mais non pas ma volonté mais la mienne".

Il nous invite, nous aussi à prendre notre croix pour le suivre, car ce n'est pas évident de le suivre, de le rejoindre là où il se rend présent, et on en fait l'expérience quand on n'a pas envie d'aller à la messe, que cela nous demande de faire un effort sur nous mêmes pour y aller, car on a plein de bonne raison qui vont surgir pour ne pas faire cet effort. Il faut parfois accepter d'être crucifié quand on va aller à la messe et que tel ou telle personne, me pose problème ; où que tel prêtre ne me plaît pas. Quand on y va, c'est d'abord pour suivre Jésus, et rien ne doit nous empêcher d'aller rejoindre Jésus là où il nous attends, même si on sait qu'il va être là, si je reste chez moi et que je fais oraison à la place.

L'oraison elle est très importante, car c'est penser à Jésus qui est là, quand je pense à Lui, que je me tourne vers Lui avec mon cœur et je dirai même qu'elle est essentielle, tout comme aller à la messe et recevoir son Pain de Vie est essentiel. Jésus est très clair la dessus. L'oraison sans la messe, nous unit par la pensée avec Jésus, mais pas par sa chair, si on ne va pas communier à sa chair.

Comme communier au Pain de Vie sans jamais faire oraison, c'est aussi marcher sur une patte. Les 2 vont de paire et une communion spirituelle ne remplacera jamais la communion au Pain de Vie, même si cette communion spirituelle est très importante quand on es privé, parce qu'on ne peut pas faire autrement, de la communion au Pain de Vie. Elle nous permet de ne pas oublier Jésus, car si on l'oublie, le jour où on pourra retourner à la messe, on n'oubliera d'y retourner car on aura oublié Jésus.

C'est notre communion à sa chair qui nous fait demeurer là où Jésus s'en est retourné avec sa chair, dans le Royaume de Dieu son Père qu'il n'a jamais quitté d'ailleurs, puisqu'il dit "là où Je Suis sera mon serviteur" ; ce qui voulait dire que bien que n'étant pas encore dans le Royaume de Dieu avec sa chair, il l'était avec son Esprit, l'Esprit de Dieu son Père avec qui il ne fait qu'Un, qui vit dans le Royaume de Dieu son Père.

Tous ceux qui restent unis à sa chair, par leur communion à son Pain de Vie, sont déjà avec Jésus dans le Royaume, même s'ils n'y sont pas encore avec leur corps ; ils y sont avec le corps de Jésus, dans lequel ils demeurent par leur communion à son Corps de chair, via le Pain de Vie qu'ils reçoivent régulièrement.

Ne délaissons pas la communion eucharistique parce que nous préférons la communion spirituelle et si la communion eucharistique n'est vraiment pas possible, restons unis à Jésus par la communion spirituelle ; à l'image de l'époux qui ne peux plus être en communion de chair avec son épouse, parce qu'il est par exemple en mission à 3000 km, et qui reste en communion d'esprit, de pensée, avec son épouse, pour ne pas l'oublier et ne pas être tenté de commettre l'adultère.
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MessageSujet: Re: Carême 2018   18/3/2018, 14:54

D'accord avec vous petero, seulement un malade cloué sur son lit d'hôpital ou même à la maison, n'aura pas forcément la communion.

Il manque tellement de prêtres et de diacres qui pourraient apporter ce réconfort.

Alors il ne reste qu'à offrir sa souffrance et la déposer au pied de la Croix.
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MessageSujet: Re: Carême 2018   18/3/2018, 15:10

Monique58 a écrit:
D'accord avec vous petero, seulement un malade cloué sur son lit d'hôpital ou même à la maison, n'aura pas forcément la communion.

Il manque tellement de prêtres et de diacres qui pourraient apporter ce réconfort.

Alors il ne reste qu'à offrir sa souffrance et la déposer au pied de la Croix.

Relisez-moi, c'est ce que j'ai dit, de ne surtout pas oublier la communion spirituel quand on n'a vraiment pas la possibilité de recevoir l'Eucharistie. Comme on ne doit pas oublier le cœur à cœur avec Jésus, par l'oraison, même quand on participe à l'Eucharistie. On ne vient pas reprendre des forces auprès de Jésus en communion à sa chair et à son sang, à la force de son Esprit, redonné chaque dimanche, pour oublier Jésus à la sortie de la messe. C'est pour que Jésus soit toujours avec nous, qu'on va régulièrement communier à son corps et à son sang et donc à son Esprit.

Il nous appartient aussi, à nous qui pouvons aller à la messe, de ne pas oublier de proposer d'emporter Jésus hostie quand on sait que telle personne qu'on connaît particulièrement bien et qu'on sait qu'elle aimerait bien avoir la communion, quand elle est hospitalisée de se proposer de lui amener, quand à l'hôpital ou à la clinique on sait qu'elle ne pourra pas l'avoir, car cet hôpital n'a pas d'aumônerie.
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MessageSujet: Re: Carême 2018   21/3/2018, 09:55

Il s’est abaissé […] c’est pourquoi Dieu l’a exalté.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Phillipiens, chapitre 2, versets 8-9


Suivre Jésus, d’accord, mais où va-t-il ? Il se compare au grain de blé tombé en terre qui disparaît et qui meurt. Image étrange. Jusqu’où Jésus voudrait-il s’abaisser ? Jusqu’à la mort ? Mais le grain, s’il meurt, c’est pour porter beaucoup de fruit. Mort et fécondité seraient-elles donc liées ? Ce n’est pas le seul paradoxe dans la bouche de Jésus. « Qui veut sauver sa vie la perdra » ; « qui s’abaisse sera élevé » ; « les premiers seront derniers »*. La logique divine, décidément, n’est pas la nôtre. Pour la saisir y a-t-il une appli ?
Une appli, je ne sais pas. Mais un guide, oui, j’en ai fait l’expérience. Je suis entrée au monastère pour le suivre. Alors que depuis vingt et un ans je vis toujours au même endroit, quels chemins intérieurs n’ai-je pas parcourus ! Alors que j’avais quitté mes dix frères et sœurs, j’ai reçu quantité de sœurs et de frères. Alors que je tenais à mon autonomie, j’ai découvert la fécondité de l’obéissance. Mon guide, c’est Jésus, mon oxygène c’est l’Esprit Saint.
À travers ces expériences, Jésus m’a fait connaître sa logique paradoxale. Pour monter, il faut descendre. Pour porter du fruit, il faut mourir comme la semence. Pour repêcher tous ceux qui gisent dans les eaux profondes et les remonter vers la lumière de la vie, Jésus aime jusqu’à mourir. Cet amour remplit notre vie. C’est pourquoi, au monastère, nous pouvons de tout cœur chanter pour vous, pour moi, pour le monde : « Je t’exalte, Seigneur, tu m’as relevé. »**

* Évangile selon saint Marc, ch. 8, v.35 ; Évangile selon saint Luc ch. 14, v.11 ; Évangile selon saint Matthieu ch. 20, v. 16
** Psaume 29, 2


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MessageSujet: Re: Carême 2018   21/3/2018, 09:58

Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir.
Évangile selon saint Marc, chapitre 10, verset 45


Avant d’entrer au monastère, je travaillais à l’hôpital dans un service ultraspécialisé. J’ai eu en charge un bébé très malade. Jeune médecin, j’avais souvent besoin de l’avis de mon chef, ce qui retardait la mise en place des traitements. Les parents de cette petite fille auraient sans doute préféré que ma collègue plus expérimentée s’occupe d’elle, mais jamais ils ne me l’ont dit ni même fait sentir. J’étais à leur service, comme je pouvais, dans une situation dramatique et ils m’ont fait confiance. Leur bienveillance à mon égard m’a profondément touchée.

La plupart du temps, nous comprenons le service comme le don de nous-mêmes : donner de son temps, de son énergie, de sa compétence à quelqu’un qui en a besoin. Mais le service n’est pas seulement cela. N’as-tu jamais perçu, peut-être subtilement, combien tu recevais toi-même en servant ton prochain ? Dans notre vie monastique, cette subtilité du service est tout à fait concrète. Quand une sœur me donne un coup de main, qui reçoit le plus ? Moi de son aide ou elle de ma reconnaissance ?

« Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera »*, dit Jésus. Quand il nous demande de le servir, c’est d’abord lui qui nous sert. Il s’incline devant chacun de nous pour nous laver les pieds, comme à ses disciples le soir du Jeudi saint. Car pour lui, c’est la réciprocité qui distingue le service de l’esclavage. Et même si dans le service, nous sommes faibles ou si nous en faisons trop, il nous offre sa bienveillance. Si nous désespérons de nous-mêmes, il continue à nous faire confiance. Si nous tombons, il nous relève.

* Évangile selon saint Jean, ch. 12, v. 26


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MessageSujet: Re: Carême 2018   22/3/2018, 09:39

Voici la preuve que vous êtes des fils: Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie “Abba !”, c’est-à-dire: Père!
Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates, chapitre 4,verset 6
Un groupe de pèlerins grecs veut voir Jésus. Ils ont sans doute été frappés par son entrée triomphale à Jérusalem*. Jésus superstar ?

Philippe, qu’ils interrogent, n’est pas à l’aise. La veille, Jésus a laissé entendre à ses proches qu’il allait mourir. Philippe lui transmet leur requête.

Et voilà que cette demande, venant d’étrangers, suscite une réponse étonnante de Jésus : sa mort aura une fécondité sans frontières. Tel le grain de blé qui meurt en terre et, seulement alors, peut porter beaucoup de fruit.


Cette fécondité, Jésus invite ses disciples à la partager, nous invite à la partager. Ici, au monastère, nombreux sont ceux qui nous confient leurs peines, leur désarroi.

En particulier à la suite du décès d’un proche. Nous recevons leurs questions pour les aider à trouver en eux-mêmes leurs réponses. Beaucoup comptent sur notre prière et peuvent s’appuyer sur la foi de notre communauté.

Une foi qui, chaque jour, dans la prière, nous fait chanter la gloire de Jésus, sa vraie gloire. Cette prière quotidienne ne vient pas d’abord de nous, « car nous ne savons pas prier comme il faut »**. Nous la recevons de l’Esprit saint. Il nous apprend à connaître Jésus, à entrer dans la relation qui l’unit à son Père.

C’est dans l’Esprit que nous appelons Dieu Abba, « papa ». Jésus ne nous propose pas une vie tranquille.

Cet homme broyé par la souffrance, mais profondément libre, nous invite nous aussi à une fécondité sans frontières, sans mesure : une vie qui se révèle passionnante, animée par l’amour et le service du prochain.


* Évangile de saint Jean, ch. 12, v.12-19.
** Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains, ch. 8, v. 26.



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MessageSujet: Re: Carême 2018   23/3/2018, 09:47

Heureux ceux qui croient sans avoir vu.
Évangile selon saint Jean chapitre 20, verset 29


Dans la méditation d’hier, les Grecs demandaient à Philippe : « Nous voulons voir Jésus. » Qui souhaitent-ils voir ? Celui qui a ressuscité Lazare ? Celui qui tient tête aux scribes ? Ou peut-être leur recherche est-elle plus profonde. Combien comme eux sont en recherche, sans même savoir que leur quête rejoint celle qui traverse toute la Bible ? Jusqu’au désir enfoui de connaître Dieu. Moïse déjà voulait voir Dieu. Mais à cette requête Dieu avait répondu : « L’homme ne peut me voir et vivre. »* Étonnante réponse à celui qui parlait avec Dieu « face à face comme un homme parle à son ami »*.

La réponse de Jésus n’est guère plus encourageante. Celui-là même qui dira à Philippe « qui m’a vu a vu le Père »** annonce sa mort. Ceux qui le verront suspendu au bois de la croix, reconnaîtront-ils alors celui qu’ils voulaient voir ? Et vous ? Et moi ? Est-ce bien là celui que je veux voir ?
N’hésitons pas à le contempler sur la croix, donnant sa vie pour nous, pour nous entraîner à sa suite. Bientôt, il n’y aura plus rien à voir, un tombeau vide… Alors une autre parole se fera entendre. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il ne s’agira plus de voir ni d’entendre mais, avec Jésus, de donner sa vie, avec lui, de marcher sur un chemin d’abandon qui conduit à tout recevoir. Lui fera aboutir notre quête.


Qui que nous soyons, quelle que soit notre recherche, du moment que nous sommes en quête, il veut nous attirer pour que nous demeurions avec lui, dans sa gloire !



* Livre de l'Exode ch. 33, v. 23 et v.11
** Évangile selon saint Jean, ch. 14, v. 9



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MessageSujet: Re: Carême 2018   24/3/2018, 09:49

De la rue à l'autel


Aujourd'hui encore, le Seigneur appelle des hommes à devenir les pasteurs de son peuple. Une folie ? Oui. Un signe pour le monde ? Également. Mais aussi une aventure vertigineuse, féconde, pour ceux qui consacrent leur vie à l'Evangile. Le Père René-Luc témoigne.

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MessageSujet: Re: Carême 2018   25/3/2018, 11:10

Ils se tiennent debout devant le Trône, avec des palmes à la main.
Livre de l’Apocalypse, chapitre 7, verset 9








Frère Sylvain Detoc,
Couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon


Âme vaillante, te voilà donc relevée. Depuis plus d’un mois, la Parole de Dieu alimente ta messagerie. Elle t’a tirée, jour après jour, de ta torpeur. Elle t’a mise debout et t’a fait avancer. Jeûner, prier, partager : par ces moyens qu’elle t’a rappelés, elle a libéré en toi des ressources insoupçonnées de générosité. Résultat, en ce dimanche des Rameaux, te voici délestée du superflu, libérée de tes entraves, revigorée. Félicitations !
Et après ?



En fait, tu ne te reconnais pas vraiment dans cette description de joggeur branché. Pas d’inquiétude, moi non plus. Si le carême était un programme de remise en forme, ça se saurait. On peine quand on marche à la suite du Christ. Un peu comme lorsqu’on fait de l’exercice : tôt ou tard, « ça tire » !



Et c’est normal. Le contraire serait inquiétant. Cela voudrait dire que le travail de l’Esprit n’a pas encore commencé. Si nous sentons que ça tire, c’est justement parce que Dieu accomplit en nous le relèvement annoncé. Quand nous serons complètement remis d’aplomb, relevés, nous nous tiendrons « debout devant son trône, avec des palmes à la main », comme dit la fin de la Bible. D’ici-là, il nous reste du chemin à faire, car entre les rameaux qu’on agite aujourd’hui dans les églises et ceux des saints, il y a du jeu.



Pour certains d’entre nous, c’est même le grand écart. C’était déjà le cas à l’époque de Jésus. Quand il arrive à Jérusalem, les foules l’acclament en brandissant des palmes ; bientôt, elles brandiront le poing pour réclamer sa mort. Les foules ? Toi et moi, en fait, nous tous, solidaires de cette humanité courbée qui ne consent pas si aisément à se redresser. Dans cette faille entre ce que nous voudrions être et ce que nous sommes vraiment se contractent les chutes et les relèvements du monde entier. Les déceptions et les lâchetés de ceux qui se croyaient déjà arrivés.



Relevés, nous ne le sommes donc pas tout à fait. Pas encore. Mais le processus est en cours. Et c’est son dynamisme qui va nous permettre d’avancer.



Méditation enregistrée dans les studios de RCF Lyon



http://go.communaute.retraitedanslaville.org/nl2/i5t
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MessageSujet: Re: Carême 2018   26/3/2018, 10:27

Eux, ils plient et s’effondrent; nous, debout, nous résistons.
Psaume 19, verset 9







Frère Sylvain Detoc,
Couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon



Tu te demandes peut-être : « Avoir la foi, qu’est-ce que ça change ? »
Au point de vue biologique, absolument rien. Les croyants sont comme tout le monde : ils avancent sur deux pieds. Mais il y a chez eux un je ne sais quoi qui les aide à tenir debout, même dans l’adversité.



Dieu, effectivement, est un Dieu qui relève. Pour s’en convaincre, il suffit de feuilleter la Bible. On n’en finit pas de compter les passages où ce verbe est employé. Relever le peuple, sa ville, ses murailles. Relever le temple, relever les malades, relever les morts. À maintes reprises, cette promesse est répétée : courage, tu seras relevé !



Lorsque le Christ s’est relevé du tombeau, cette promesse s’est réalisée d’une manière irréversible. À celui qui lui donne sa foi, Jésus peut communiquer la force de ne pas s’effondrer, quand bien même la vie tomberait en ruines. C’est spectaculaire dans le cas des martyrs. Je pense à Étienne, le tout premier d’entre eux. Les yeux levés au ciel, il a fait face à ses bourreaux en contemplant Jésus « debout à la droite de Dieu »*. Sa confiance et son courage n’ont pas été vains : Paul, qui faisait partie des persécuteurs, a eu ensuite la même vision** ; dès lors, il s’est mis à parler de Jésus, avant de faire face, à son tour, à ceux qui voulaient le faire taire.



Jésus, Étienne, Paul… et tant d’autres que l’épreuve n’a pas épargnés. Se lever pour résister à tout ce qui plie l’humanité, c’est audacieux, c’est coûteux, mais ce n’est pas impossible. Rien n’est impossible aux amis de Dieu.




* Livre des Actes des Apôtres, chapitre 7, verset 55
** Livre des Actes des Apôtres, chapitre 9, versets 3 à 7
Méditation enregistrée dans les studios de RCF Lyon


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MessageSujet: Re: Carême 2018   27/3/2018, 09:59

Je dors, mais mon cœur veille… C’est la voix de mon bien-aimé! Il frappe à la porte
Cantique des cantiques, chapitre 5, verset 2

Frère Sylvain Detoc,
Couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon


La vie chrétienne n’a pas grand-chose d’un conte de fées. Jésus est bon conteur, pas marchand de sable. Même quand il donne dans le genre mille et une nuits, il ne raconte pas d’histoires. Les fables qu’il invente, c’est pour nous aider à tenir bon dans la réalité. Comme dans la parabole des dix jeunes filles appelées à surveiller leurs réserves d’huile**. Ici, pas de lampe magique, mais une flamme à entretenir toute la nuit pour guetter la venue de l’époux.


À l’horizon de notre vie, en effet, il y a des noces. Ne pas passer à côté, voilà le grand enjeu de notre existence. Tous, nous sommes faits pour aimer et être aimés. C’est ce que la Bible raconte à longueur de pages. Une immense fresque où Dieu fait alliance avec nous au point d’épouser notre humanité.


En Jésus, cette union du divin et de l’humain est parfaitement réalisée. En nous, c’est un work in progress – pas toujours linéaire ! Comme la fiancée du Cantique, nous pressentons que Dieu va s’inviter chez nous. Nous essayons de persévérer dans la prière, afin d’être trouvés debout quand il viendra nous visiter. Même si le plus souvent, avouons-le, il faut recommencer.


Rien de tel, donc, pour ne pas flancher : se rappeler que Dieu ne nous a pas façonnés pour nous laisser tomber. La tombe n’est pas notre vocation. Ce que les meilleurs conteurs n’ont jamais osé imaginer, le Ressuscité nous le révèle. Notre destinée, ce ne sont pas des noces princières, comme à la fin des contes ; ce sont des noces divines ! C’est inouï, ça dépasse nos rêves d’enfant, et pourtant, ce n’est pas une histoire à dormir debout.



* « Travail en cours de réalisation », « en chantier ».
** Évangile selon saint Matthieu, chapitre 25, versets 1 à 13.
Méditation enregistrée dans les studios de RCF Lyon

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MessageSujet: Re: Carême 2018   28/3/2018, 12:52

Il se jeta alors au cou de son fils et lui dit en pleurant : "je te revois, mon enfant, toi, la lumière de mes yeux !


Livre de Tobie, chapitre 11, verset 13

Frère Sylvain Detoc,
Couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon



As-tu déjà essayé d’embrasser quelqu’un en restant assis ? Pas commode, n’est-ce pas ? Pour une vague poignée de main ou une bise machinale, passe encore. Mais pour embrasser – je veux dire pour « prendre dans ses bras » – une personne à laquelle tu veux montrer toute ton affection, pas de doute, il vaut mieux être debout.


C’est justement ce à quoi ressemble le Dieu dont nous parle Jésus. Quelqu’un qui se lève et qui tend les bras. Dans la parabole du « fils prodigue », par exemple, le père « court se jeter au cou de son fils et le couvre de baisers »*.

Cet accueil inconditionnel, nous avons du mal à le concevoir, parce que nous faisons rarement l’expérience d’une telle générosité. De l’amour, au fond, nous ne connaissons qu’une réalisation très imparfaite, entravée par bien des obstacles. Mais ce langage amoureux que nous balbutions maladroitement, c’est la langue même de Dieu. Touché par tous les contresens que nous faisons, son Verbe – sa Parole – s’est fait chair pour traduire cette langue dans l’épaisseur de notre humanité. En mots, bien sûr, mais aussi en actes. Et cela, Jésus l’a fait au plus haut point lorsque, du sommet du calvaire, il a ouvert les bras au monde entier.


On ne fait plus le signe de croix machinalement quand on découvre que par ce simple geste, on se jette dans des bras ouverts sans réserve. Ni quand on comprend que ce signe engage à être soi-même cette paire de bras démesurée.

Pour étreindre ses enfants aujourd’hui, Dieu n’a pas d’autres mains que les tiennes.


* Évangile selon saint Luc, chapitre 15, verset 20
Méditation enregistrée dans les studios de RCF Lyon
Détail de l'Icône écrite par Alain Chenal- Le fils prodigue


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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   29/3/2018, 10:07

Heureux les serviteurs vigilants… Le Seigneur se ceindra, les fera mettre à table et, passant de l’un à l’autre, il les servira.
Évangile selon saint Luc, chapitre 12, verset 37


Frère Sylvain Detoc,
Couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon

« Tiens, tant que t’es debout… » Cette phrase, on l’a tous entendue. En couple, en famille, entre amis. C’est le coup classique quand tu es à table et que quelqu’un d’autre s’est levé. S’il y a un service à rendre, évidemment, ça va tomber sur lui. Dans ce genre de situation, je l’avoue, j’aime autant être assis. Pas Jésus. Au cours de son dernier repas, il se lève ; il enfile un tablier et passe parmi ses disciples. Eux sont étendus, selon la coutume orientale de l’époque. « Seigneur, tant que t’es debout… » Mais Jésus ne subit rien du tout. Debout, il l’est de son plein gré, pour se donner et pour servir. Pourquoi agit-il ainsi ? Afin de nous apprendre, sans doute, que Dieu n’a pas besoin d’être servi. Il n’a pas besoin, non plus, qu’on lui donne à manger. Spontanément, les hommes imaginent des dieux « ogres », avides d’adoration et de sacrifices. Par ces gestes, au contraire, Jésus révèle un Dieu qui s’offre en nourriture et fait lui-même le service. Il l’avait déjà annoncé en racontant l’histoire des serviteurs vigilants : dans son Royaume, c’est Dieu qui sert ses amis. Cette parabole, ce soir-là, Jésus la réalise. Depuis lors, elle s’accomplit en chacune de nos eucharisties.
Suivre le Christ a quelque chose de déroutant. Parfois, néanmoins, c’est jubilatoire. Dans ma vie de prêtre, il m’arrive de ressentir cela. L’allégresse de servir ! C’est peut-être même l’une des plus grandes joies de ceux que Dieu a relevés. Alors, tant que t’es debout…


Méditation enregistrée dans les studios de RCF Lyon
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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   30/3/2018, 09:54

Spoiler:
 
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k11
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MessageSujet: Re: Carême 2018   30/3/2018, 12:09

Vendredi Saint ; Chemin de Croix :



Première station: Jésus est condamné à mort
De l’Évangile selon saint Marc 15, 12-13.15

Et comme Pilate reprenait: ‘Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? ’, ils crièrent de nouveau : ‘Crucifie-le !’. Pilate, voulant contenter la foule, relâcha Barrabas, et après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour qu’il soit crucifié.

Devant Pilate, détenteur du pouvoir, Jésus aurait dû obtenir justice. En effet, Pilate avait le pouvoir de reconnaître l’innocence de Jésus et de le libérer. Mais le gouverneur romain préféra servir la logique de ses intérêts personnels et se plia aux pressions politiques et sociales. Il condamna un innocent pour plaire à la foule, sans satisfaire la vérité. Il livra Jésus au supplice de la croix, tout en le sachant innocent… avant de s’en laver les mains.

Dans notre monde contemporain, nombreux sont les “Pilate” qui tiennent entre leurs mains les leviers du pouvoir et en font usage au service des plus forts. Nombreux sont ceux qui, faibles et lâches devant ces courants de pouvoir, engagent leur autorité au service de l’injustice et piétinent la dignité de l’homme et son droit à la vie.

Seigneur Jésus, ne permets pas que nous soyons au nombre des injustes. Ne permets pas que les forts se complaisent dans le mal, dans l’injustice et dans le despotisme. Ne permets pas que l’injustice conduise les innocents au désespoir et à la mort. Confirme-les dans l’espérance et éclaire la conscience de ceux qui ont autorité en ce monde, afin qu’ils gouvernent dans la justice. Amen



Deuxième station: Jésus est chargé de La Croix
De l’Évangile selon saint Marc 15, 20

Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau rouge, et ils lui remirent ses vêtements. Puis ils l’emmenèrent pour le crucifier.

Jésus Christ se tient devant des soldats qui croient avoir tout pouvoir sur lui, alors qu’il est Celui par qui « tout s’est fait, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui » (Jn 1, 3).

En tout temps, l’homme a cru pouvoir se substituer à Dieu et déterminer de lui-même le bien et le mal ( cf. Gn 3, 5), sans référence à son Créateur et Sauveur. Il s’est cru tout-puissant, capable d’exclure Dieu de sa propre vie et de celle de ses semblables, au nom de la raison, du pouvoir ou de l’argent.

Aujourd’hui aussi, le monde ploie sous des réalités qui cherchent à expulser Dieu de la vie de l’homme, comme le laïcisme aveugle qui étouffe les valeurs de la foi et de la morale au nom d’une supposée défense de l’homme ; ou le fondamentalisme violent qui prend pour prétexte la défense des valeurs religieuses (cf. Exhort. apost. Ecclesia in Medio Oriente, n. 29).

Seigneur Jésus, toi qui as pris sur toi l’humiliation et qui t’es identifié aux plus faibles, nous te confions tous les hommes et tous les peuples humiliés et souffrants, en particulier ceux du Moyen-Orient tourmenté. Donne-leur d’avoir, en toi, la force pour pouvoir porter avec toi leur croix d’espérance. Nous mettons entre tes mains tous ceux qui sont égarés, pour que, grâce à toi, ils trouvent la vérité et l’amour. Amen.



Troisième station: Jésus tombe pour la première fois
Du livre du prophète Isaïe 53, 5

Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison.

Celui qui tient les luminaires du ciel dans sa main divine et devant qui tremblent les puissances des cieux, le voici qui tombe à terre, sans se protéger, sous le joug pesant de la croix.

Celui qui a porté la paix au monde, blessé par nos péchés, tombe sous le fardeau de nos fautes.

« Regardez, ô fidèles, notre Sauveur qui avance sur le chemin du Calvaire. Accablé par des souffrances amères, ses forces l’abandonnent. Allons voir cet incroyable événement qui dépasse notre compréhension et qui est difficile à décrire. Les fondements de la terre ont été ébranlés et une peur terrible s’empara des personnes présentes quand leur Créateur et Dieu fut écrasé sous le poids de la croix et se laissa conduire à la mort, par amour de toute l’humanité » (Liturgie chaldéenne).

Seigneur Jésus, relève-nous de nos chutes, ramène notre esprit égaré à ta Vérité. Ne permets pas que la raison humaine, que tu as créée pour toi, se contente des vérités partielles de la science et de la technologie sans chercher à poser les questions fondamentales du sens de l’existence (cf. Lettre apost. Porta fidei, n. 12).

Donne-nous, Seigneur, de nous ouvrir à l’action de ton Esprit-Saint, afin qu’il nous conduise à la plénitude de la Vérité. Amen.



Quatrième station: Jésus rencontre sa mère
De l’Évangile selon saint Luc 2, 34-35.51b

Siméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : ‘Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. – Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. – Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre’. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.

Blessé et souffrant, portant la croix de l’humanité, Jésus rencontre sa mère et, sur son visage, toute l’humanité.

Marie, Mère de Dieu, a été la première disciple du Maître. Accueillant la parole de l’ange, elle a rencontré, pour la première fois, le Verbe incarné et elle est devenue temple du Dieu vivant. Elle l’a rencontré sans comprendre comment le Créateur du ciel et de la terre a voulu choisir une jeune fille, une créature fragile, pour s’incarner dans ce monde. Elle l’a rencontré dans une recherche constante de son Visage, dans le silence du cœur et dans la méditation de la Parole. Elle croyait que c’était à elle de le chercher, mais, en vérité, c’était lui qui la cherchait. Maintenant, alors qu’il porte la croix il la rencontre.

Jésus souffre de voir sa mère souffrir, et Marie de voir souffrir son Fils. Mais de cette souffrance commune naît une humanité nouvelle. “ Salam (Paix) à toi ! Nous te supplions, ô Sainte pleine de gloire, Vierge pour toujours, Mère de Dieu, Mère du Christ. Fais monter notre prière en présence de ton fils bien-aimé pour qu’il pardonne nos péchés ” (Theotokion de l’Orologion copte, Al-Aghbia 37).

Seigneur Jésus, dans nos familles nous éprouvons nous aussi les souffrances causées aux enfants par leurs parents et aux parents par leurs enfants. Seigneur, fais qu’en ces temps difficiles nos familles soient des lieux de ta présence, afin que nos souffrances se changent en joie. Sois toi-même le soutien de nos familles et fais d’elles des oasis d’amour, de paix et de sérénité, à l’image de la sainte Famille de Nazareth. Amen.



Cinquième station: Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix
De l’Évangile selon saint Luc 23, 26

Pendant qu’ils emmenaient Jésus, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus.

La rencontre de Jésus avec Simon de Cyrène est une rencontre silencieuse, une leçon de vie : Dieu ne veut pas la souffrance et n’accepte pas le mal. La même chose vaut pour l’être humain. Mais la souffrance, accueillie dans la foi, se transforme en chemin de salut. Alors nous l’acceptons comme Jésus et nous aidons à la porter comme Simon de Cyrène.

Seigneur Jésus, tu as associé l’homme à porter la croix. Tu nous as invités à partager ta souffrance. Simon de Cyrène nous ressemble et nous enseigne à accepter la croix que nous rencontrons sur les routes de la vie.

À ton exemple, Seigneur, nous portons nous aussi aujourd’hui la croix de la souffrance et de la maladie, mais nous l’acceptons parce que tu es avec nous. Elle peut clouer à la chaise, mais non empêcher de rêver ; obscurcir le regard, mais non frapper la conscience ; rendre les oreilles sourdes, mais non empêcher d’écouter ; lier la langue, mais non supprimer la soif de vérité. Appesantir l’âme, mais non voler la liberté.

Seigneur, nous voulons être tes disciples pour porter ta croix tous les jours ; nous la porterons avec joie et avec espérance parce que tu la portes avec nous, parce que tu as triomphé de la mort pour nous.

Nous te rendons grâce, Seigneur, pour toute personne malade ou souffrante, qui sait être témoin de ton amour, et pour tout « Simon de Cyrène » que tu mets sur notre chemin. Amen.



Sixième station: Véronique essuie le visage de Jésus
Du livre des Psaumes 27, 8-9

Mon cœur m’a redit ta parole: ‘Cherchez ma face!’. C’est ta face Seigneur que je cherche : ne me cache pas ta face. N’écarte pas ton serviteur avec colère : tu restes mon secours. Ne me laisse pas, ne m’abandonne pas, Dieu mon salut.

Véronique t’a cherché au milieu de la foule. Elle t’a cherché et enfin elle t’a trouvé. Alors que ta douleur était à son comble, elle a voulu la soulager en essuyant ton visage avec un linge. Un petit geste, mais il exprimait tout son amour pour toi et toute sa foi en toi ; il est resté imprimé dans la mémoire de notre tradition chrétienne.

Seigneur Jésus, c’est ton visage que nous cherchons. Véronique nous rappelle que tu es présent en toute personne qui souffre et qui avance sur le chemin du Golgotha. Seigneur, fais que nous te trouvions dans les pauvres, tes petits frères, pour essuyer les larmes de celui qui pleure, prendre soin de celui qui souffre et soutenir celui qui est faible.

Seigneur, tu nous enseignes qu’une personne blessée et oubliée ne perd ni sa valeur ni sa dignité et qu’elle demeure signe de ta présence cachée dans le monde. Aide-nous à essuyer sur son visage les traces de la pauvreté et de l’injustice, afin que ton image se révèle et resplendisse en elle.

Prions pour tous ceux qui cherchent ton Visage et le trouvent dans celui des sans-abri, des pauvres et des enfants exposés à la violence et l’exploitation. Amen.



Septième station: Jésus tombe pour la deuxième foi
Du Livre des Psaumes 22, 8.12

Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête. Ne sois pas loin : l’angoisse est proche, je n’ai personne pour m’aider.

Jésus est seul sous le poids intérieur et extérieur de la croix. C’est la chute, quand le poids du mal se fait trop grand et qu’il semble qu’il n’y a plus de limites à l’injustice et à la violence.

Mais il se relève une autre fois, fort de la confiance infinie qu’il a en son Père. Face aux hommes qui l’abandonnent à son sort, la force de l’Esprit le relève; l’unit entièrement à la volonté du Père, celle de l’amour qui peut tout.

Seigneur Jésus, dans ta deuxième chute, nous reconnaissons tant de nos situations qui semblent sans issue. Parmi elles, celles qui viennent des préjugés et de la haine, qui poussent nos cœurs et conduisent aux conflits religieux.

Éclaire nos consciences afin qu’elles reconnaissent, malgré « les divergences humaines et religieuses », qu’« un rayon de vérité illumine tous les hommes », appelés à cheminer ensemble – dans le respect de la liberté religieuse – vers la vérité qui est en Dieu seul. Ainsi, les diverses religions pourront « se mettre ensemble au service du bien commun et contribuer à l’épanouissement de chaque personne et à la construction de la société » (Exhort. apost. Ecclesia in Medio Oriente, nn. 27-28).

Viens, Esprit Saint, consoler et fortifier les chrétiens, en particulier ceux du Moyen-Orient, afin qu’unis au Christ, ils soient, sur une terre déchirée par l’injustice et par les conflits, les témoins de son amour universel. Amen.


Huitième station: Jésus rencontre les femmes de Jérusalem qui pleurent sur lui
De l’Évangile selon saint Luc 23, 27-28

Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit : « Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants !

Sur le chemin du Calvaire, le Seigneur rencontre les femmes de Jérusalem. Ces femmes pleurent sur la souffrance du Seigneur comme s’il s’agissait d’une souffrance sans espérance. De la croix, elles ne voient que le bois, signe de malédiction (cf. Dt 21, 23), alors que le Seigneur l’a voulue comme moyen de Rédemption et de Salut.

Dans la Passion et dans la Crucifixion, Jésus donne sa vie en rançon pour la multitude. Ainsi il a apporté soulagement à tous ceux qui étaient opprimés sous le joug et il a consolé les affligés. Il a essuyé les larmes des femmes de Jérusalem et il a ouvert leurs yeux à la vérité pascale.

Notre monde est plein de mères affligées, de femmes blessées dans leur dignité, violentées par les discriminations, par l’injustice et par la souffrance (cf. Exhort. apost. Ecclesia in Medio Oriente, n. 60). Ô Christ souffrant, sois leur paix et le baume de leurs blessures.

Seigneur Jésus, par ton Incarnation de Marie « bénie entre les femmes » (Lc 1, 42), tu as élevé la dignité de toute femme. Par l’Incarnation tu as unifié le genre humain (cf. Ga 3, 26-28).

Seigneur, que la rencontre avec toi soit le désir de nos cœurs. Que notre parcours rempli de souffrance soit toujours un parcours d’espérance, avec toi et vers toi qui es le refuge de notre vie et notre Salut. Amen.



Neuvième Station: Jésus tombe pour la troisième fois
De la deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 5, 14-15

L’amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous, et qu’ainsi tous ont passé par la mort. Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux.

Pour la troisième fois Jésus tombe sous la croix, chargé de nos péchés, et pour la troisième fois il cherche à se relever, rassemblant les forces qui lui restent, pour poursuivre son chemin vers le Golgotha, refusant de se laisser écraser et de succomber à la tentation.

À partir de son Incarnation, Jésus porte la croix de la souffrance humaine et du péché. Il a pleinement et éternellement assumé la nature humaine, montrant aux hommes que la victoire est possible et que le chemin de la filiation divine est ouvert.

Seigneur Jésus, l’Église, née de ton côté ouvert, est accablée sous la croix des divisions qui éloignent les chrétiens les uns des autres et de l’unité que tu as voulue pour eux ; ils dévient de ton désir « que tous soient un » (Jn 17, 21) comme le Père avec toi. Cette croix pèse de tout son poids sur leur vie et sur leur témoignage commun. Accorde-nous Seigneur, la sagesse et l’humilité, pour nous relever et avancer sur le chemin de l’unité, dans la vérité et dans l’amour, sans succomber à la tentation de recourir aux seuls critères des intérêts personnels ou sectaires, devant les divisions auxquelles nous nous heurtons (cf. Exhort. apost. Ecclesia in Medio Oriente, n. 11).

Donne-nous de renoncer à la mentalité de division «pour que ne soit pas réduite à néant la croix du Christ » (1 Co 1,17). Amen.


Dixième station: Jésus est dépouillé de ses vêtements
Du livre des Psaumes 22, 19

Ils partagèrent entre eux mes habits et tirèrent au sort mon vêtement.

À la plénitude des temps, tu as revêtu, Seigneur Jésus, notre humanité, toi dont « la traîne emplissait le sanctuaire » (Is 6,1); désormais tu chemines au milieu de nous, et tous ceux qui touchent la frange de tes vêtements guérissent. Mais tu as été dépouillé aussi de ce vêtement, Seigneur ! Nous t’avons volé le vêtement et tu nous as donné même ta tunique (cf. Mt 5, 40). Tu as permis que le voile de ta chair se déchire afin que nous soyons de nouveau admis en la présence du Père (cf. He 10, 19-20).

Nous pensions pouvoir nous réaliser nous-mêmes, indépendamment de toi (cf. Gn 3, 4-7). Nous nous sommes retrouvés nus, mais dans ton amour infini tu nous as revêtus de la dignité de fils et de filles de Dieu et de ta grâce sanctifiante.

Accorde, Seigneur, aux enfants des Églises orientales – dépouillés par diverses difficultés, parfois jusqu’à la persécution, et affaiblis par l’immigration – le courage de rester dans leurs pays pour annoncer la Bonne Nouvelle.

Ô Jésus, Fils de l’homme, qui t’es dévêtu afin de nous révéler la créature nouvelle ressuscitée des morts, arrache en nous le voile qui nous sépare de Dieu et tisse en nous ta présence divine.

Donne-nous de vaincre la peur face aux événements de la vie qui nous dépouillent et nous mettent à nu, et de revêtir l’homme nouveau de notre Baptême, afin d’annoncer la Bonne Nouvelle, en proclamant que tu es le seul vrai Dieu qui conduit l’histoire. Amen.



Onzième station: Jésus est cloué sur La Croix
De l’Évangile selon saint Jean 19, 16a.19

Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix, avec cette inscription : ‘Jésus le Nazaréen, roi des Juifs’.

Voici le Messie attendu, suspendu au bois de la croix entre deux brigands. Les deux mains qui ont béni l’humanité sont blessées. Les deux pieds qui ont foulé notre terre pour annoncer la Bonne Nouvelle sont suspendus entre ciel et terre. Les yeux pleins d’amour qui, par un regard, ont guéri les malades et pardonné nos péchés ne fixent plus que le ciel.

Seigneur Jésus, tu as été crucifié pour nos iniquités. Tu pries Dieu le Père et tu intercèdes pour l’humanité. Chaque coup de marteau résonne comme un battement de ton cœur immolé.

Comme ils sont beaux sur le mont Calvaire les pieds de Celui qui annonce la Bonne Nouvelle du Salut. Ton amour, Jésus, a rempli l’univers. Tes mains blessées sont notre refuge dans l’angoisse. Elles nous accueillent chaque fois que l’abîme du péché nous menace, et nous trouvons dans tes plaies la guérison et le pardon.

Ô Jésus, nous te prions pour tous les jeunes qui sont opprimés par le désespoir, pour les jeunes victimes de la drogue, des sectes et des perversions.

Libère-les de leurs esclavages. Qu’ils lèvent les yeux et accueillent l’Amour. Qu’ils découvrent le bonheur en toi et sauve-les toi, notre Sauveur. Amen.



Douzième station: Jésus meurt sur La Croix
De l’Évangile selon saint Luc 23, 46

Jésus poussa un grand cri : ‘Père, entre tes mains je remets mon esprit’ . Et après avoir dit cela, il expira.

Du haut de la croix, un cri : cri d’abandon au moment de la mort, cri de confiance dans la souffrance, cri de l’enfantement d’une vie nouvelle. Te voici suspendu à l’Arbre de la Vie, remettre ton esprit dans les mains du Père, faisant jaillir la vie en abondance et modelant la nouvelle créature. Nous aussi nous affrontons aujourd’hui les défis de ce monde : nous sentons que les vagues des préoccupations nous submergent et font vaciller notre confiance. Donne-nous Seigneur, la force de savoir intimement qu’aucune mort ne nous vaincra, tant que nous reposerons entre les mains qui nous ont formés et qui nous accompagnent.

Et que chacun de nous puisse s’écrier:
« Hier, j’étais crucifié avec le Christ,
aujourd’hui, je suis glorifié avec lui.
Hier, j’étais mort avec lui,
aujourd’hui, je suis vivant avec lui.
Hier j’étais enseveli avec lui,
aujourd’hui, je suis ressuscité avec lui » (Grégoire de Nazianze).

Dans les ténèbres de nos nuits, nous te contemplons. Enseigne-nous à nous tourner vers le Très-Haut, ton Père céleste.

Aujourd’hui, prions pour tous ceux qui promeuvent l’avortement, qu’ils prennent conscience que l’amour ne peut être que source de vie. Pensons aussi aux défenseurs de l’euthanasie et à ceux qui encouragent des techniques et des procédés qui mettent en danger la vie humaine. Ouvre leurs cœurs, pour qu’ils te connaissent en vérité, pour qu’ils s’engagent dans l’édification de la civilisation de la vie et de l’amour. Amen.



Treizième station: Jésus est descendu de la croix et confié à sa mère
De l’Évangile selon saint Jean 19,26-27a

« Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: ‘Femme, voici ton fils !’. Puis il dit au disciple : ‘Voici ta mère !’ ».  

Seigneur Jésus, ceux qui t’aiment restent à côté de toi et conservent la foi. À l’heure de l’agonie et de la mort, quand le monde croit que le mal triomphe et que la voix de la vérité et de l’amour, de la justice et de la paix se tait, leur foi ne cesse pas.

Ô Marie, nous déposons notre terre entre tes mains. « Qu’il est triste de voir cette terre bénie souffrir dans ses enfants qui s’entredéchirent avec acharnement, et meurent ! » (Exhort. apost. Ecclesia in Medio Oriente, n. 8). Il semble que rien ne puisse supprimer le mal, le terrorisme, le meurtre et la haine. « Devant la croix sur laquelle ton fils a étendu ses mains immaculées pour notre salut, ô Vierge, nous nous prosternons en ce jour : accorde-nous la paix » (Liturgie byzantine).

Prions pour les victimes des guerres et de la violence qui dévastent, en notre temps, divers pays du Moyen-Orient, comme aussi d’autres parties du monde. Prions pour que les réfugiés et les migrants forcés puissent retourner le plus vite possible dans leurs maisons et sur leurs terres. Fais, Seigneur, que le sang des victimes innocentes soit la semence d’un nouvel Orient plus fraternel, plus pacifique et plus juste, et que cet Orient recouvre la splendeur de sa vocation de berceau de civilisation et de valeurs spirituelles et humaines.  

Étoile de l’Orient, indique-nous la venue de l’Aube! Amen.


Quatorzième station: Jésus est mis au tombeau
De l’Évangile selon saint Jean 19, 39-40

Nicodème – celui qui la première fois était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. Ils prirent le corps de Jésus, et ils l’enveloppèrent d’un linceul, en employant les aromates selon la manière juive d’ensevelir les morts.

Nicodème reçoit le corps du Christ, il en prend soin et le dépose dans un sépulcre, dans un jardin qui rappelle celui de la Création. Jésus se laisse ensevelir comme il s’est laissé crucifier, dans le même abandon, entièrement « remis » entre les mains des hommes et « parfaitement uni » à eux « jusqu’au sommeil sous la pierre de la tombe » (S. Grégoire de Narek).

Accepter les difficultés, les événements douloureux, la mort, exige une espérance solide, une foi vivante.

La pierre mise à l’entrée de la tombe sera renversée et une vie nouvelle surgira.

En effet, « par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts » (Rm 6, 4).

Nous avons reçu la liberté des enfants de Dieu pour ne pas retourner à l’esclavage ; la vie nous a été donnée en abondance, pour ne plus nous contenter d’une vie privée de beauté et de signification.

Seigneur Jésus, fais de nous des enfants de la lumière qui ne craignent pas les ténèbres. Nous te prions aujourd’hui pour tous ceux qui cherchent le sens de la vie et pour ceux qui ont perdu l’espérance, afin qu’ils croient en ta victoire sur le péché et sur la mort. Amen.

http://www.vatican.va/news_services/liturgy/2013/documents/ns_lit_doc_20130329_via-crucis_fr.html
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philippe bis

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MessageSujet: Re: Carême 2018   30/3/2018, 12:16

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Violette7
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MessageSujet: Re: Carême 2018   31/3/2018, 09:55

Je te reçois et je me donne à toi


Frère Benoît Ente

Entré en 2003 chez les Dominicains, le frère Benoît rejoint Lille en 2015 pour vivre en quartier populaire et travailler avec l'équipe de Retraite dans la Ville.




  Moi, je te reçois comme épouse, et je promets de te rester fidèle, dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, pour t'aimer tous les jours de ma vie.  
Échange des consentements

S'engager avec un autre pour toute sa vie, sans savoir ce qui arrivera, sans savoir ce qu'il deviendra dans 20 ou 30 ans ? Voie sans issue ou au contraire chemin de vie où un amour humain et divin se construit jour après jour ? Anne-Charlotte et Guillaume nous partagent leur expérience.

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MessageSujet: Re: Carême 2018   31/3/2018, 11:18

I love you
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MessageSujet: Re: Carême 2018   31/3/2018, 22:15

Cette émouvante vidéo devrait être vue par tous les membres.

MERCI.
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MessageSujet: Re: Carême 2018   

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Carême 2018
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