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 Tirer les leçons du passé ?

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Jonas et le signe



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MessageSujet: agé   Mer 15 Nov 2006, 08:50

Voici un exemple d'aveuglement et de préjugés (de la part des alliés) qu'on peut avoir à l'égard d'un chef d'état; une occasion perdue de paix ou de limitation des dégâts (qui sait?) et qui montre que la clairvoyance, la tyrannie, le souci du bien-être des peuples ne sont pas toujours répartisentre francmacs et catholiques comme le voudraient les premiers:

(Charles 1er de Habsbourg) Il succéda à son grand-oncle François-Joseph (Franz Josef) à sa mort, le 21 novembre 1916, pendant la Première Guerre mondiale. Son couronnement comme roi de Hongrie eut lieu à Budapest le 30 décembre 1916. Il ne fut jamais couronné empereur d'Autriche, ni roi de Bohème.
Dès son avènement le 22 novembre 1916, il chercha les voies de la paix avec les Alliés et notamment la France. Il entama alors une négociation secrète, par l'intermédiaire de ses beaux-frères, les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme, avec le gouvernement français, sous les auspices de Jules Cambon, Secrétaire général du Quai d'Orsay, d'Aristide Briand, Président du Conseil et du Président de la République Raymond Poincaré. Les conditions posées par la France comme préalable à toute discussion étaient les suivantes:
"1° - L’Autriche reconnaît, quant à elle, l’Alsace et la Lorraine à la France, telles qu’elle les a possédées jadis, elle fera tous ses efforts pour "appuyer les revendications de la France en ce sens. "2° - La Belgique doit être rétablie entièrement dans sa souveraineté, sous sa dynastie et doit être dédommagée des préjudices subis. "3° - L’Autriche-Hongrie n’a jamais songé à l’anéantissement de la Serbie. Elle doit être rétablie dans sa souveraineté actuelle. "4° - L’Autriche- Hongrie propose d’entrer en pourparlers avec la Russie sur la base du désintéressement de Constantinople…"
La réponse de l'Empereur Charles était la suivante :
1° - Les droits légitimes de la France sur l'Alsace-Lorraine doivent être rétablis dans leur totalité 2° - La Belgique doit être rétablie dans sa souveraineté intégrale, y compris dans ses colonies 3° - La Monarchie austro-hongroise doit être maintenue dans le respect du statu quo de ses frontières 4° - La discussion avec la Russie sur le problème de Constantinople n'est pas d'actualité, en raison de la révolution qui vient d'éclater à Petrograd.
Les négociations commencées sous les auspices d'Aristide Briand, se continuèrent avec Alexandre Ribot, nouveau Président du Conseil, à la suite du renversement du Cabinet Briand. Ribot ne crut pas à la sincérité des propositions de l'Empereur Charles et les laissa sans réponse.
Cette négociation se termina en un scandale énorme au printemps 1918. Suite à d'absurdes provocations du Comte Czernin, ministre des Affaires étrangères de la Monarchie austro-hongroise, Clemenceau, aux affaires depuis novembre 1917, révéla les pourparlers secrets entre la France et l'Autriche, contrairement aux engagements pris par Briand et Poincaré. Cela mit l'Empereur Charles dans une position intenable face à son allié allemand qui l'accusa de trahison, alors que Charles avait pris la précaution d'informer l'Empereur Guillaume qu'il avait engagé des pourparlers de paix, sans toutefois en révéler le contenu exact. L'Etat-major allemand mit en place un plan d'invasion de l'Autriche et l'internement de son souverain. Il ne put toutefois le mettre à exécution.
Ayant à faire face au problème des nationalités et en réponse aux propositions du Président Wilson, notamment au quatorzième point sur le Droit des Peuples à disposer d'eux-mêmes, Charles proposa la fédéralisation de l'Empire, idées conforme à ses propres vues. La résistance du gouvernement hongrois, présidé par le comte Tisza, à toute modification constitutionnelle du compromis imposée par la fédéralisation ne permit pas de réaliser ce programme en temps utile. Dans la proclamation "A mes peuples" en octobre 1918, Charles l'imposa, la Hongrie proclama ipso facto la fin de l'Autriche-Hongrie, en faisant sécession. Le Président Wilson, dont le but n'avait pas été le démembrement de l'Empire mais sa modification constitutionnelle conforme aux vues de Charles, ne put accéder à la demande d'aide de l'Empereur Charles. La guerre ayant été gagnée, il fallait satisfaire ceux, comme les royaumes de Serbie, d'Italie et de Roumanie, dont le but de guerre avait été la fin de l'Empire d'Autriche-Hongrie par l'appropriation de certains de ses territoires. Charles demanda alors aux Alliés de consulter les populations par voie de référendum afin de déterminer à quelle nation appartenir, voire à rester unis au sein de la Monarchie austro-hongroise, contitutionnellement modifiée. Cela lui fut refusé. Les populations changèrent de souveraineté sans avoir été consultées, créant le problème des minorités nationales au sein des nouveaux états. La réponse faite aux problèmes des nationalités austro-hongroises n'en fut pas une, car susbtituant un problème à un autre. Le cas de la Tchécoslovaquie et de la Yougoslavie, bien que différents, sont exemplaires à ce sujet. En 1990 leur création artificielle ne résista pas aux nouvelles donnes européennes. Une résolution fut votée le 29 octobre 1918 par la Diète de Croatie, aux termes de laquelle la Croatie, l'Esclavonie, la Dalmatie et Fiume devaient former un état indépendant. Un Conseil national fut investi du pouvoir suprême avec interdiction de transmettre ce pouvoir. La forme du gouvernement n'était alors pas définie et aurait pu prendre la forme monarchique sous la dynastie Habsbourg. Outrepassant leurs pouvoirs, huit membres du Comité central du Conseil National offrirent le 1 er décembre 1918 au prince régent de Serbie, Alexandre (futur roi Alexandre 1er de Yougoslavie, assassiné en 1934 à Marseille par un croate), d'exercer le pouvoir souverain sur la nouvelle Croatie, ce qu'il s'empressa d'accepter. En avril 1919, les Croates adressèrent une pétition à la Conférence de la Paix à Paris, pour déclarer qu'ils n'avaient jamais demandé à passer sous la domination serbe. Les Alliés n'y donnèrent pas suite car ils avaient pris des engagements vis à vis de la Serbie, comme ils en avaient pris vis-à-vis de l'Italie et de la Roumanie, leur promettant l'attribution des territoires convoités en cas de victoire. En 1917 suite à la déclaration du Président Wilson, le député Slovène, le père Korosec, écrivit au comte Czernin, Ministre des Affaires Etrangères de la Monarchie : « Comme président du Club parlementaire croate et Slovène, j'ai l'honneur d'assurer à Votre Excellence au nom de la nation croate et slovène que l'affirmation hypocrite de l'Entente, dans la note au président Wilson sur la libération des Slaves en Autriche, n'a éveillé chez les Slaves du sud que l'indignation et que notre nation croate et slovène, maintenant comme toujours, est fermement et entièrement décidée de rester fidèle à la vie, à la mort et dévouée à la Monarchie et à l'illustre maison souveraine des Habsbourg. »
La guerre de Yougoslavie trouve son origine, en partie, dans cette création d'un état sans l'avis des populations concernées.
La proclamation de la République tchèque et la création de la Tchécoslovaquie obéirent non à l'expression referendaire d'une volonté populaire mais à une proclamation unilatérale de Benès et Mazaryk, aidée par la France, l'Angleterre et les Etats-Unis qui avait reconnu un gouvernement tchécoslovaque en exil alorsqu' en réponse à la proclamation Wilson, au printemps 1917, un député social-démocrate tchèque, Smleral, écrivait : « Nous refusons toute intervention des états ennemis dans les affaires intérieures de notre Empire. La nation tchèque en Autriche n'est pas sous domination étrangère.»
L'Empereur Charles accepta, malgré lui, le démembrement de son empire. Il avait demandé avant que ne soit procédé à l'établissement de nouvelles frontières ques les populations concernées soient consultés par referendum. Cela lui fut refusé. La situation nouvelle établie par les Traités de Versailles, Saint-Germain et Trianon dont les signataires reçurent à l'époque le surnom peu flatteur de "Club des Charcutiers" fut rapidement intenable. Et les peuples qui durant des siècles avaient vécu en bonne intelligence sous les sceptres Habsbourg devinrent rapidement ennemis les uns des autres. Les conflits de frontière furent nombreux. Les traités portaient en eux-mêmes les germes de la Deuxième Guerre mondiale. Le dernier souverain Habsbourg avait conscience de cet état de fait et désirait non le démembrement de l'Empire mais la création d'une sorte de Commonwealth d'Europe centrale, dont certains états auraient pu être des monarchies, d'autres des républiques, tous unis par le lien historique et dynastique des Habsbourg.
Les Traités furent rapidement considérés comme iniques. Aristide Briand, qui reçut le Prix Nobel de la Paix en 1926, refusa d'assister à la signature du Traité de Versailles. Clemenceau lui-même reconnut l'erreur du Traité de Trianon, qui démembrait la Hongrie, pour attribuer les deux tiers de son territoire à la Tchécoslovaquie, la Roumanie et la Serbie. Les vainqueurs de 1918 avaient eu les moyens de détruire l'Empire d'Autriche-Hongrie. Ils n'eurent pas les moyens de reconstituer l'ensemble danubien, essentiel à l'équilibre de l'Europe, selon les propres termes d'Aristide Briand.
Le droit du vainqueur fit alors la loi internationale.
Le 12 novembre 1918, la République fut proclamée en Autriche après que Charles ait accepté de soumettre au vote du Parlement autrichien la forme de l'Etat, sur la pression et l'assurance des Chrétiens-sociaux qu'ils voteraient en faveur de la Monarchie. Au dernier moment, ils votèrent avec les Sociaux-démocrates mettant ainsi fin à sept siècles de souveraineté de la Maison de Habsbourg. Charles, s'estimant trahi, refusa d'abdiquer. Il se contenta de signer un retrait momentané des affaires publiques.
En exil tout d'abord, dès le 12 novembre 1918, au château d'Eckartsau, en Basse-Autriche, l'Empereur Charles fut contraint de quitter son pays et demander l'asile en Suisse, suite aux pressions effectuées par le nouveau chancelier, Karl Renner, qui voulait obtenir son abdication en due forme. Commence alors le long exil de la famille impériale. Avec l'accord tacite d'Aristide Briand, il tenta de remonter sur le trône de Hongrie en mars et en octobre 1921. Il désirait avant tout apporter à la Hongrie la paix civile, après les luttes sanglantes entre les factions rouges de Bela Kun et blanches de Gombös. Le Régent Horthy refusa de lui remettre le pouvoir, arguant que le retour d'un Habsbourg sur un trône ne serait jamais accepté par les Alliés et la Petite Entente. Ne désirant pas être à l'origine d'une nouvelle guerre civile, Charles accepta de se rendre et se constituer prisonnier. Remis à l'Angleterre, Charles et Zita, sur décision de la Conférence des Ambassadeurs, furent envoyés en exil sur l'île de Madère où Le Portugal accepta de les accueillir. Il mourut le 1er avril 1922 d'une pneumonie faute d'avoir eu les moyens de faire chercher un médecin à temps. La situation matérielle de la famille impériale était dramatique. Elle n'avait plus aucune source de revenus, tous ses biens privés ayant été mis sous séquestre et la charge de son entretien ayant été confiée, par la Conférence des Ambassadeurs, aux États successeurs, qui ne se sont pas empressés de verser l'allocation fixée. Zita était alors enceinte de son 8e enfant. Charles est enterré dans l'église Nossa Senhora do Monte sur les hauteurs de Funchal. Son cercueil est déposé dans une alcôve en dessous d'un grand crucifix. Son fils aîné, Othon (Otto), devint alors le chef de la maison de Habsbourg-Lorraine.
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Krystyna
Invité



MessageSujet: Re: Tirer les leçons du passé ?   Jeu 16 Nov 2006, 22:37

PACALOU a écrit:

J'ai déjà expliqué que si l'Allemagne a été humiliée en 1919 par toute sorte de dispositions du traité, c'est parce qu'elle n'était pas militairement vaincue d'une part, et que l'on s'est refusé à la diviser, ou du moins la fedéraliser, ce qui eût donné aux français cette assurance de sécurité que les garanties écrites des anglo-saxons ne pouvaient -et n'ont pu- remplacer;

La preuve, il y a eu une seconde guerre. (Je lirai la suite du fil plus tard.)
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Chantecl
Invité



MessageSujet: Re: Tirer les leçons du passé ?   Dim 19 Nov 2006, 10:22

Pacalou a écrit:
Sur la situation financière de l'Allemagne après 1918, il faut rappeler que la terrible crise inflationniste de 1923 a amplement profité aux industriels allemands, dont les exportations ont été facilitées: c'est leur égoisme qui a plongé le peuple dans la misère et fait le lit de Hitler.

C'est exactement ce que disait Henri Béraud en 1926 dans son livre-reportage Ce que j'ai vu à Berlin, aux Editions de France.

Citation :
Le Krach de 1929 a rudement touché le pays, mais les causes en sont la surindustrialisation et les tares propres aux capitalisme boursier; l'Allemagne a toujours renâclé à payer les réparations et finalement il semble qu'elle ne les ait jamais totalement acquittées.

Elle ne les a jamais acquittées. La première compromission faite aux Nazis est la suppression de la dette par pression anglaise et américiane sur le gouvernement français.

Citation :

Il est vrai que les alliés en 1945 ont fait ce qu'il fallait pour donner à l'Allemagne une capacité de redressement économique;
Mais:
-cela s'est fait non sans l'arrière pensée d'en faire un rempart contre l'URSS, l'Allemagne étant l'avant-poste occidental face au rideau de fer.

Ca a été un rempart contre la France, les Anglais luttant traditionnellement contre l'hégémonie de la France en Europe.

Citation :
-à noter surtout que l'Allemagne qui a bénéficié de l'aide économique US était cette Allemagne divisée, amoindrie de la Prusse (dont les vestiges territoriaux se retrouvaient sous domination soviétique) que souhaitait Bainville et les autonomistes rhénans, comme condition d'une politique économique plus généreuse, et de l'éclatement de l'Autriche-Hongrie!

C'est l'Allemagne qu'il aurait fallu morceler et non l'Autriche-Hongrie. Un gran dnombre politiques avant 14-18 proposaient, en cas de guerre et de victoire, le morcellement complet de l'Allemagne.
Voir Franc Gaulois, La fin de la Prusse et le Démembrement de l'Allemagne, Genève, janvier 1914 (Edition Art et Vérité)

lagaillette a écrit:
Code:
il a prédit que Versailles conduirait à une situation de guerre et la guerre s'est produite;
Bon, il a "prédit". Mais pourquoi le traité de Versailles portait-il, dès sa signature, la menace de la guerre de 39-45 ? Parce qu'on n'avait pas assez humilié l'Allemagne, ou bien parce qu'on l'avait trop humiliée ?

Parce que la guerre n'était pas terminée, on n'avait pas définitivement battu l'Allemagne. Il ne faut pas oublier en outre qu'on laissait le pays entre les mains des Spartakistes, ce qui ne représentait nullement une garantie de paix en Europ. Il fallait absolument occuper militairement tout le pays, éteindre la révolution, et soutenir la nouvelle Pologne contre les Rouges. L'armée française n'aurait dû être démobilisée en 1921-22. Hélas, la France était saignée à blanc et plus personne ne voulait se battre. On pourrait dire que la "drôle de guerre" a commencé en 1919.
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Krystyna
Invité



MessageSujet: Re: Tirer les leçons du passé ?   Dim 19 Nov 2006, 10:28

lagaillette a écrit:
Tout ceci est vrai. Mais à quelles leçons à tirer du passé cela mène-t-il ?

La guerre est le résultat d'intérêts économiques mêlés à une suite d'erreurs (ou manoeuvres) politiques et stratégiques, et de compromissions et lâchetés diverses.
Les guerres sont fomentées par ceux qui les souhaitent et manipulent l'opinion ( par la peur et la culpabilisation entre autres) pour lui faire croire qu'il n'y a pas d'autre solution. Ils insistent tellement sur la menace de guerre que tout le monde en vient à la souhaiter pour qu'on en finisse plus vite.
Mais une fois qu'elle est là, il faut la faire jusqu'au bout et ne pas céder aux sentiments et à la pitié. Voilà pourquoi on ne doit pas jouer avec le feu.


Dernière édition par le Dim 19 Nov 2006, 11:39, édité 1 fois
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jo zecat
Invité



MessageSujet: Re: Tirer les leçons du passé ?   Dim 19 Nov 2006, 11:08

KRYKRY dit :
Citation :
Détail curieux, dans ces moments-là, hurlatoires, on ne pouvait l'approcher à cause de la pestilence qui sortait de sa bouche.

Hitler puait du goulot ? confused
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Tirer les leçons du passé ?
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