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 La 103e Journée mondiale du migrant et du réfugié.

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Erkos

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MessageSujet: La 103e Journée mondiale du migrant et du réfugié.   Lun 16 Jan 2017, 02:05

Copie d'un texte qui permettra peut être de poser un débat enflammé qui est au centre du débat présidentiel et de l'avenir civilisationnel de l'Europe et de la France :

Citation :
Ce dimanche, 15 janvier, l’Église Catholique célèbre la 103e Journée mondiale du migrant et du réfugié. L’immigration est un sujet qui « interpelle » les chrétiens dont beaucoup ne comprennent pas le langage naïf de certains de leurs clercs qui ne parlent que d’accueil, de diversité, de richesse … sans vouloir regarder la réalité en face qui est bien souvent moins rose faite de violence, de non intégration, de haine. L’immigration sera au cœur de notre future élection présidentielle. Il est nécessaire d’avoir une vision claire du sujet. Olivier Drapé dans le texte ci-dessous nous y aide :

L'immigration doit être tolérée tant qu'elle ne remet pas en cause le bien commun du pays d'accueil; elle ne doit pas non plus mettre en péril l'identité fondamentale de la nation.

L'Eglise enseigne que tout homme a vis-à-vis de ses parents et de sa patrie (deux mots dont la racine est identique) un devoir de piété filiale que résume le IVe Commandement : "Tu honoreras ton père et ta mère" et que la patrie doit faire l'objet d'un véritable amour de prédilection, comme l'énonce Pie XII dans l'encyclique "Summi pontificatus" (20 octobre 1939) :

"Il existe un ordre établi par Dieu, selon lequel il faut porter un amour plus intense et faire du bien de préférence à ceux à qui l'on est uni par des liens spéciaux. Le Divin Maître lui-même donna l'exemple de cette préférence envers sa terre et sa patrie en pleurant sur l'imminente destruction de la Cité sainte. Mais le légitime et juste amour de chacun envers sa propre patrie ne doit pas faire fermer les yeux sur l'universalité de la charité chrétienne, qui enseigne à considérer aussi les autres et leur prospérité dans la lumière pacifiante de l'amour...".

Cet amour de prédilection ne va nullement à l'encontre de la fraternité universelle prônée par l'Eglise :

"L'Eglise, disait le Cardinal Feltin, archevêque de Paris, a toujours proclamé que tous les hommes sont frères, quels que soient leur couleur, leur langage ou leur coutume. Elle rejette toutes les formes de racisme. L'Eglise corrige l'interprétation erronée que l'on donne parfois à cette fraternité universelle. Elle déclare en effet que chacun doit aimer particulièrement ceux qui sont nés sur le même sol que lui, qui parlent la même langue, ont hérité des mêmes richesses historiques, artistiques, culturelles, qui constituent dans l'humanité cette communauté spéciale que nous appelons notre Patrie, véritable mère, qui a contribué à former chacun de ses enfants. Elle a droit à un amour de préférence. C'est du reste en vivant dans un groupe défini que j'apprends à connaître et à aimer tous les hommes. Je ne m'élève à l'amour de l'humanité qu'à partir de l'amour du prochain le plus proche et la patrie est le lieu de rencontre privilégié où les communications entre les hommes sont suffisamment faciles, où les problèmes de vie sont assez connexes pour que chacun prenne conscience des problèmes de l'autre.

C'est aussi en servant cette communauté nationale à laquelle j'appartiens, au sein de laquelle j'ai été engendré, qui m'a enrichi de corps et d'esprit, que je sers l'humanité. Car on sert la famille humaine en servant d'abord la famille nationale. Ce service peut aller très loin jusqu'au sacrifice de ma vie personnelle, me commande l'Eglise" (20 avril 1956).

En revanche, cette piété et cet amour de préférence pour la patrie imposent à tous ses fils un impérieux devoir : celui de préserver ou de cultiver I"'héritage"; cet immense patrimoine matériel, moral et spirituel que chaque génération reçoit en dépôt, à charge pour elle de le transmettre, intact ou embelli, aux générations suivantes.

C'est en ce sens que Jean-Paul II s'érige en défenseur des droits de la nation et qu'il proclame : "S'il faut exiger un saint primat de la famille dans l'ensemble de l'œuvre de l'éducation de l'homme. il faut aussi situer dans la même ligne le droit de la nation"; il faut le placer lui aussi à la base de la culture et de l'éducation. La nation est en effet la grande communauté des hommes qui sont unis par des liens divers, mais surtout précisément par la culture. La nation existe "par" la culture et "pour" la culture et elle est donc la grande éducatrice des hommes (...). Protégez-la comme la prunelle de vos yeux pour l'avenir de la grande famille humaine. Protégez-là I" (Discours à l’Unesco, 2 juin 1980).(…)

Menacée dans son identité nationale et chrétienne, c'est-à-dire dans son être même, par une immigration si massive qu'elle prend la forme d'une véritable invasion, affaiblie par l'effondrement de sa natalité, subvertie par les utopies du mondialisme (dont l'Europe de Maastricht est une illustration parmi d'autres) et du cosmopolitisme (le mythe de la société "pluri-ethnique" et "multiculturelle"), la France, trahie par ses clercs, ne devra sa renaissance et son salut qu'à la mobilisation des laïcs les plus dévoués au bien commun de la nation. (in revue Permanences , juin 1993)

Mon avis : je suis tout à fait disposé à aider le plus faible, celui qui souffre, celui qui fuie les guerres(encore que... peut être plutôt les femmes et les enfants qui fuient les guerres), celui qui est malade, celui qui (par la mauvaise vie qu'il a choisie et vécu) est en souffrance de par le tiraillement de son âme mais en aucun cas celui qui cherche la jouissance désordonné de l'Occident que je combat avec bien trop de défaite.

Pour finir mon petit avis deux citations :

« Aime tes parents et plus que tes parents ta patrie, et plus que ta patrie aime Dieu seul » Saint Augustin
« Celui qui n’aime pas sa mère plus que les autres mères et sa patrie plus que les autres patries n’aime ni sa mère ni sa patrie. » Paul Déroulède

Veuillez s'il vous plait avoir des propos ordonnés et argumentés Thumright
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Erkos

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MessageSujet: Re: La 103e Journée mondiale du migrant et du réfugié.   Mer 18 Jan 2017, 00:14

Sujet suivant dédié à l'identité plutôt mais c'est connexe

Le débat fait rage entre les anti et pro « chrétiens identitaires », représentés par deux auteurs de livres qui sont sortis ces 12 et 13 janvier 2016, le blogueur Erwan Le Morhedec et le journaliste Laurent Dandrieu. L’abbé Guillaume de Tanoüarn, figure du catholicisme traditionnaliste, assure qu’une défense des intérêts spécifiquement français et une certaine méfiance vis-à-vis de la mondialisation se justifient.

Souvent de façon inconsciente, les Français demeurent chrétiens dans leur façon de penser et de procéder, assure l’abbé de Tanoüarn. Même la doctrine d’hommes politiques aussi engagés que Jean Jaurès, ou plus récemment Jean-Luc Mélenchon, qui a fait plusieurs fois son coming out d’ancien enfant de chœur, trahit son origine chrétienne : leur socialisme est du christianisme laïcisé !

Cette identité est en danger

Mais le laïcisme a échoué à donner une culture à la France, aux yeux du prêtre qui estime que la culture laïque est essentiellement négative, faite de haine de soi. Elle porte avec elle un droit universel à la négation, mais ne sait plus affirmer quoi que ce soit. Or un Nietzsche par exemple a bien expliqué que seul le « oui » marque notre puissance vitale. Nous manquons de cette force que donne l’affirmation et c’est avant tout cette faiblesse qui explique notre peur de l’étranger. Et de constater que l’islam a prospéré sur l’échec de ce laïcisme, remplissant le vide. Dans ce contexte, émaillé par les tragiques attentats terroristes de ces dernières années, les Français ont de bonnes raisons d’être inquiets.

Excès d’optimisme des Églises

Or à cette inquiétude répond un discours des Églises catholiques ou protestantes, exagérément optimiste. L’assassinat du père Jacques Hamel leur a apporté un « démenti terrible ». Le père de Tanoüarn confie avoir mal vécu les propos de l’évêque de Rouen, qui comptait les deux assassins parmi les victimes : « J’ai le sentiment que les hommes d’Église ne veulent plus voir le mal. Un méchant est un méchant, pas une victime. À l’ombre des Églises, on nous fait aujourd’hui un nouveau devoir imprescriptible, le devoir d’optimisme. Qu’avons-nous fait du dogme du péché originel ? », regrette-t-il.

Sur la question délicate de l’immigration, les Églises prônent logiquement le message d’accueil de l’étranger, conformément aux Évangiles. « Il est normal d’accueillir quand on le peut, mais tous ces hommes auxquels on est incapable de trouver un travail et qu’on envoie au cœur de l’Auvergne avec de petites pensions de 300 euros par mois, non, on ne s’en occupe pas. On se donne bonne conscience, c’est tout. Par ailleurs, c’est l’état de faiblesse dans lequel se trouve notre civilisation qui nous empêche d’accueillir : on ne peut pas accueillir en se suicidant », dénonce le prêtre.

Le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde

Il existe une tentation à faire de la cité de Dieu une réalité temporelle, alors que les croyants ne peuvent que contribuer à christianiser un peu la cité des hommes, qui, par ailleurs, ne sera jamais un miroir du Ciel. « La cité est marquée par le péché originel, on ne peut pas y appliquer des lois déconnectées de la réalité concrète et qui sont juste des principes abstraits, si généreux soient-ils ». La réalité d’un pays c’est aussi son passé, son patrimoine, en un mot son identité, et dans le cas de la France, une identité chrétienne. Certes très imparfaite — il ne s’agit pas d’idéaliser le passé — mais incontestablement chrétienne.

L’identité, un levier d’évangélisation

Il s’appuie sur le livre de Jean Paul II, Mémoire et identité (écrit en 1993, publié en 2005), qui prophétisait que le XXIe siècle serait le siècle de l’identité. « La démarche religieuse de beaucoup de personnes commence avec cette quête identitaire ». Et il constate que le passé, par exemple dans son patrimoine, apporte un outil d’évangélisation inestimable. « J’ai récemment donné le sacrement des malades à un publicitaire de 45 ans, atteint d’un cancer, qui était très loin de la foi, mais qui a réussi à trouver des mots pour dire cette foi que le Christ avait mise en lui comme en nous tous, en évoquant avec moi cette fresque de Fra Angelico La Résurrection, où l’on voit le tombeau vide et deux femmes qui regardent ce vide, fascinées. Les œuvres d’art, le patrimoine chrétien, ne sont pas seulement de jolis objets et ou de beaux bâtiments ! Ils ont été conçus par la foi de gens qui, lorsqu’ils s’appelaient Fra Angelico, étaient des génies. Ils continuent à manifester génialement cette foi, jusqu’à nous déranger de notre sommeil dogmatique athée. La culture n’est pas un luxe pour les riches qui n’ont rien de mieux à faire, elle est notre mode d’expression, elle nous permet de manifester cette identité qui est avant nous en nous et que nous portons sans toujours la connaître ».

Propos recueillis par Sylvain Dorient

http://fr.aleteia.org/2017/01/16/abbe-guillaume-de-tanouarn-les-anti-identitaires-pechent-par-optimisme/
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Erkos

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MessageSujet: Re: La 103e Journée mondiale du migrant et du réfugié.   Mer 18 Jan 2017, 19:08

Source : https://ephesblog.wordpress.com/2017/01/12/catholicite-identite-et-difference/

Catholicité, identité et différence

La dernière controverse opposant Laurent Dandrieu et le blogueur Koz a remis en lumière cette question passionnante du rapport des catholiques à leur identité de foi, leur appartenance politique et leurs diverses réactions face aux récentes exhortations du pape François sur l’accueil des migrants pendant l’année de la Miséricorde.

Nous avons naturellement tendance à opposer l’identité et la différence : faire de l’identité (intrinsèquement combinatoire) un objet uniforme ou fantasmer de manière toute abstraite la différence. Ce faisant, nous nous laissons enfermer dans des distinctions conceptuelles inhérentes à la pensée catégorique de la philosophie occidentale… sans parvenir à en sortir parce qu’elles structurent notre esprit même. Notre pensée est duelle, nos « clashs » le sont également : c’est une force comme une faiblesse.

François Jullien essaie d’en sortir dans un petit livre (passionnant) publié récemment aux Cahiers de l’Herne, « Il n’y a pas d’identité culturelle« . Plutôt que de parler d’identité culturelle, il parle entre autres de ressources ; plutôt que de parler de différences, il parle d’écart. Selon moi, ces termes opérants permettent à eux seuls de faire éclater la rigidité des catégories qui structurent le débat et restaurent la dynamique naturelle existant entre différents pôles conceptuels. Parce que nous pensons l’être dit-il, nous ne sommes pas capables de penser l’entre. Par conséquent, nous avons beaucoup de mal à penser la mutation, ce à quoi François Jullien, pénétré de culture chinoise (cf. le Yi Jing, livre des mutations et le taoïsme) est philosophiquement sensible. La langue chinoise se prête d’ailleurs parfaitement à cela[1]. L’Europe est à la fois chrétienne et laïque[2], elle s’est développée dans une tension féconde entre ces deux dimensions qui sont la Foi et la Raison. Mais il existe une large palette – bien comprise par les catholiques, souvent assez surpris de se faire traiter de bigots ou de culs bénis[3] – entre le fidéisme et le rationalisme. Scinder le débat entre deux camps qui seraient irréductibles montre avant tout notre impossibilité à penser l’entre, la tension, l’écart, la combinaison d’éléments apparemment contraires intellectuellement mais qui n’existent pas de manière absolue ou séparée et sont intrinsèquement solidaires dans la vie vécue.

Une culture qui ne se transforme pas meurt, mais on ne peut pas non plus la forcer à se transformer par idéologie, c’est à dire en lui imposant un modèle réducteur dont elle ne veut pas. La forcer à se transformer, peu importe au nom de quoi, produit des tensions. Et il est indéniable que François, fils d’immigrés italiens piémontais au Nouveau monde fait apparaître ces tensions déjà présentes en pleine lumière, peut-être parce qu’il les vit aussi lui-même personnellement !

De quoi le migrant est-il le nom ? Je donne raison à Koz. Un certain nombre de catholiques plutôt classés à droite font d’une chrétienté (ensemble politique) qui n’existe plus un âge d’or mythique, garant de l’ordre social. Ce n’est pas tant le Christ qui serait important mais l’ordre social qu’il favorise. On sort là de la mission de l’Eglise pour tomber dans une confusion d’ordre théologico-politique… et oublier la Foi. Mais sur ce point, je donne aussi raison à Laurent Dandrieu : la question de l’immigration en France prend une importance croissante et il ne faudrait pas que la position de l’Eglise – au regard de sa tradition somme toute sage et mesurée – soit confondue avec une fuite en avant au nom de la diversité au mépris du droit des gens… Appeler à la prudence en disant qu’on n’accueille pas n’importe qui n’importe comment est légitime !

Il ne faudrait pas non plus que la position de l’Eglise soit récupéré par les tenants du Capital, ravis d’importer un nouveau lumpen prolétariat pour pallier à une démographie en berne et jouer à la baisse sur les salaires. Il ne faudrait pas non plus déifier le migrant dans un grand mouvement d’amour sans se poser la question des causes de son départ, les modalités de son arrivée… et la responsabilité de nos gouvernements. L’immigration massive ainsi que la montée en puissance partout dans le monde de l’Islam Wahhabite nous questionnent, c’est dans un « entre » subtil que nous trouverons des réponses, pas dans des positions réifiées sur des catégories philosophiques essentialisées. On se pose la question de la compatibilité de l’Islam (quel Islam ?) avec la République (quelle République ?) ou la modernité (quelle modernité ?). Ce ne sont pas des idées abstraites, elles sont diversement et à des degrés divers incarnées par des gens. Dans quelles ressources communes pouvons-nous alors puiser ?

Je suis catholique et français. Religieusement, je suis catholicos tourné vers l’universel. Français, je suis tourné vers un autre commun. Même si je me sens plus immédiatement proche sans doute d’un catholique chinois que d’un athée français, je reste français et profondément attaché à ma culture, mon pays avec tout ce que cela comporte y compris ses frontières.

Ne pas laisser un type mourir devant ma porte est une exigence personnelle. Mais en faire un devoir moral sans discernement et demander aux catholiques de supporter collectivement le coût d’une politique d’immigration massive (et d’importation de l’idéologie wahhabite prétendant avoir le monopole de l’orthopraxie dans le monde musulman avec la complicité des politiques) ayant vocation à subvertir notre commun, certainement pas. On en voit le résultat, notamment la tuerie du Bataclan, Cologne ou la multiplication des persécutions des chrétiens dans les pays d’Orient ravagés par la guerre jusque dans les camps de réfugiés… Comme Cécile Duflot critiquait l’Eglise y a quelques années en disant qu’elle ne faisait pas assez pour loger les pauvres en hiver, n’est-on pas en train de se faire complètement balader par le politique qui se sert de l’Eglise en la réduisant – comme Alain Minc – à une ONG tout en méprisant par ailleurs son système de croyances (l’utilité sociale de la religion encore une fois) ? Migrer n’est pas facile. Ne joue-t-on pas avec le malheur de ces pauvres gens ?[4]

Ce discours idéaliste et optimiste sur la migration, je l’ai entendu plusieurs fois sur ma paroisse, avec la parabole du bon samaritain. Le discours sur l’accueil absolu n’y est pas moins idéologique que celui sur le rejet sans conditions. Cette charité à courte-vue m’agace profondément, simplement parce que le « divin marché »[5] et divers lobbies communautaires derrière y voient leur intérêt bien compris et que je ne peux pas valider moralement leurs actions : les prémisses sont fausses, les résultats sont problématiques, voire catastrophiques. C’est l’utilisation cynique par des politiques du principe chrétien de charité qui me gêne. Pas la pratique de la charité. Je ne sais pas si nourrir son ennemi est charitable ou suicidaire, chacun discerne et après discernement la seconde option me paraît être la plus probable : la charité et l’hospitalité n’excluent pas la prudence. Après tout, on n’accueille pas le cœur débordant d’amour un pervers sexuel chez soi lorsqu’on a des enfants en bas âge, ce que bien des gens occupés à donner des leçons de morale à tout le monde n’ont pas l’air de vouloir comprendre. L’importance même des flux diasporiques plus que l’action de « migrer » doit nous inciter à la réflexion.

« Xénophobe » ? Oui, je le suis avec les gens qui ne respectent ni mon pays ni ma culture, la méprisent et la détruisent (et ce n’est pas qu’une affaire de nationalité). C’est à dire pour reprendre Jullien, ceux qui veulent l’anéantissement des ressources culturelles qui me nourrissent l’âme et l’intellect au quotidien. Je suis rétif à la transformation de la culture qui est la mienne imposée par les politiques, me forçant à me plier à une diversité qui ne me convient pas, et me demandant en plus de sourire.

J’ai passé trois ans ou presque en Asie, je sais ce qu’est d’arriver dans un pays sans en parler la langue, j’ai connu la solitude de l’étranger en terre étrangère, je sais la somme d’efforts qu’il faut accomplir pour se plier à une culture autre que l’on aime mais parfois que l’on peut rejeter viscéralement. J’apprends le mandarin, je puise dans les ressources offertes par la culture chinoise que je respecte. Je me laisse enrichir par ses représentations, sa subtilité, son génie propre. Cette culture d’emprunt s’intègre à ma culture première, produit de salutaires tensions que je suis le seul à pouvoir résoudre. C’est la beauté de l’inter-culturel ! A l’étranger, je m’adapte aux cultures locales… jusqu’au retour au pays natal, ce beau pays qui est le mien et que je n’abandonnerais pour rien au monde, même avec les gouvernants médiocres qui sont à sa tête.

Je sais aussi que la France a produit de très bons fruits qui étaient des greffons, comme Cioran, Dali, François Cheng et bien d’autres. Elle n’a pu le faire que lorsqu’elle intégrait le génie étranger à son génie propre. Un génie dont elle assumait la profondeur mais aussi les limites, un génie sans doute partial, parfois fondé sur des fables, mais un génie anti-fragile, qui a su absorber des chocs et s’améliorer. La réponse n’est pas à chercher dans transnationalisme mondialiste qui fait du travailleur une monade inscrite ballotée ça et là par les mouvements et les nécessités du marché, qui nous fragilise en cherchant à créer du commun sur du vide. Elle n’est pas non plus dans l’identitarisme critiqué par Koz, qui existe, même s’il en fantasme l’importance. Mais plus on force des gens à courber la nuque et accepter ce qu’ils pensent pouvoir les détruire, plus on suscite des réactions fortes. C’est l’idéologie dont Koz se fait l’écho qui en étant allée trop loin suscite ce qu’elle dénonce.

[Note : Je tiens à préciser au lecteur que faute de temps, je n’ai pas encore pu lire les livres de nos deux auteurs, je n’ai donc écrit cette page qu’en me référant aux divers articles publiés à leur sujet dans Le Monde, Valeurs Actuelles et La Vie. Au delà de cette controverse, il me semblait important d’attirer l’attention sur cette erreur qui consiste à ne penser que dans les bornes que les concepts que nous utilisons nous imposent.]

[1]山水 shanshui – montagne-eau – désigne le paysage, lieu de la rencontre entre l’horizontal et le vertical, l’immobile et le mobile, le Ciel et la Terre par exemple.

[2] Ainsi, il vaudrait mieux parler de « ressources chrétiennes » plutôt que de « racines chrétiennes »… Nous n’avons pas arrêté (et encore moins fini) d’y puiser.

[3] Voir l’encyclique Fides et Ratio, de Jean Paul II, publiée en 1998

[4] Logement: Cécile Duflot interpelle l’Église. Les culs-bénis, raillés la plupart du temps, sont priés de se rallier au politique lorsqu’ils peuvent pallier ses insuffisances…

[5] Voir l’ouvrage du même nom, de Dany-Robert Dufour, en Folio Essais
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Oculus

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MessageSujet: Re: La 103e Journée mondiale du migrant et du réfugié.   Jeu 19 Jan 2017, 15:14

Citation :
2,13
Après leur départ, voici que l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit :"Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; et restes-y jusqu'à ce que je te dise. Car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr."
2,14
Il se leva, prit avec lui l'enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Égypte ;
2,15
et il resta là jusqu'à la mort d'Hérode, pour que s'accomplît cet oracle prophétique du Seigneur : D'Égypte j'ai appelé mon fils.
2,16
Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les mages, fut pris d'une violente fureur et envoya mettre à mort, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants de moins de deux ans, d'après le temps qu'il s'était fait préciser par les mages.
2,17
Alors s'accomplit l'oracle du prophète Jérémie :
2,18
Une voix dans Rama s'est fait entendre, pleur et longue plainte : c'est Rachel pleurant ses enfants ; et elle ne veut pas qu'on la console, car ils ne sont plus.
2,19
Quand Hérode eut cessé de vivre, voici que l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph, en Égypte,
2,20
et lui dit :"Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et mets-toi en route pour la terre d'Israël ; car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant."
2,21
Il se leva, prit avec lui l'enfant et sa mère, et rentra dans la terre d'Israël.  

ça pourrait bien former la base de la réflexion : un réfugié célèbre fuit pour sauver sa peau emmené par ses parents puis rentre chez Lui , une fois le danger passé.
est-ce que l'éthique et la raison  de ce texte : accueillir le temps du danger  ne sont pas la base du droit d'asile  qui ne présuppose pas sa prolongation si le retour s'avère possible ?
ça vous semble une approche basée rationnellement ?
(NB : mon avatar : la fuite en Egypte , chapiteau d'Autun )
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Erkos

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MessageSujet: Re: La 103e Journée mondiale du migrant et du réfugié.   Dim 22 Jan 2017, 21:42

L'immense majorité de ce que l’État Français appel "le migrant" ne fuit ni la guerre ni la mort.

Comment dans ces conditions leur ouvrir le droit d'asile ? comment dans ces conditions continuer à les accueillir ?

Il souhaite bien souvent une situation économique (fantasmé par l'industrie audio visuel). Vous me répondrais très certainement que en France on vit bien ! qu'on mange à notre faim. Vous avez absolument raison mais il y a un bémol et de taille : La dette !

nous devons 34749 € par habitant aux banques privés ! http://www.dettepublique.fr/

Avec autant de dette, moi aussi je peux faire le flambeur.

Vous souhaitez une autre base de réflexion concernant les peuples ? Le Christ prêche à son peuple avant les autres.
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