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 Une question sur le purgatoire et sa durée

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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mar 24 Oct 2006, 22:43

Citation :
Cher Arnaud,

je vous contacte car j'ai en quelques sortes un souci assez insoluble pour moi et votre éclairage peut m'aider je pense.

Nous avons régulierement vu la question du moment de la mort et d'apres la mort. Je vous dis ce que j'en dis a ce jour, et quelle question cela impliquerait pour moi, en attendant de votre part de me rectifier si vous pensez qu'il y a lieu.

Pendant longtemps, j'ai pensé que le purgatoire était lié a nos fautes, notre péché. Je veux dire par la que le purgatoire, venant des remords de la personne pecheresse était justice mais presque réclamé par l'homme qui ne veut se rendre a Dieu dans un tel état.
Je pense que Dieu désire que ce temps de purgatoire soit le plus court possible car Il désire de tout son etre s'unir a sa créature qu'Il aime infiniment. C'est le cas pour moi et pour chacun d'entre nous.

J'en viens donc a penser que le purgatoire est completement indépendant de nos fautes. Pourquoi donc ? Mon experience personnelle, et je ne pense vraiement pas etre une exception, me monrte que par moi-meme je ne peux pas sortir du péché. La faute revient sans cesse et je suis d'une indignité telle qu'en plus, avec la connaissance plus grande que je peux avoir de Dieu, ces fautes en sont d'autant plus impardonnable.

C'est la toute la place de la miséricorde infinie du Seigneur qui me rassure et me dit :
Citation :
"aie le coeur contri et déja tes fautes sont toutes oubliées !"
Oubliées !! Comment donc le purgatoire peut-il etre lié a nos fautes, dnas ce cas ou ces confessions régulieres, que le croyant fervent et rigoureux essaie de pratiquer, efface sans aucune trace le péché de l'homme.

En lisant vos écrits, vous m'avez montré alors l'importance de l'humilité, et cette constatation a la fois décourageante et pourtant pleine d'espérance :
Citation :
"Je ne serai jamais digne de Lui".

Oui mais voila, si je n'en serai jamais digne, chose dont je suis tout a fait persuadé, c'est entierement par grace que mon salut viendra. Nous en avons déja parlé et sur ce point nous étions bie d'accord. Je ne pense pas que par mes propres forces je puis un seul instant devenir plus sain. C'est de Lui que me vient chaque nouveau pas.
Alors je continue, et je me dit : désormais ma sainteté est entre ses mains, d'autant plus que je suis trop attaché au péché pour m'en sortir.
Mais alors qu'attend-il ? Vous savez c'est une vraie question. Car avec la sainteté vient cette chose formidable qui est l'union plus grande en Lui. Chose que, lorsqu'on l'a goutée, on désire toujours plus.

-Je désire m'unir a Lui davantage
-Il désire m'unir a Lui davantage
(C'est au final de la sainteté dont je parle puisqu'elle consiste de maniere parfaite a etre totalement uni a Lui)
-Le péché demeure, mais il ne me condamne pas davantage pour apres la mort car sa miséricorde est sans limite, et si c'était le cas, il l'empecherai automatiquement pour celui qui de part sa vie spirituelle s'attache davantage a Sa volonté qu'a sa propre faute.

Je me demande, en toute humilité, et sans meme penser une seule seconde que cela m'est du, mais simplement dans l'optique du plan d'amour qu'il veut avec chaque homme : qu'est-ce qui le retient d'accorder davantage de grace a l'ame toute disposée a s'unir plus encore ? Car indeniablement les graces recus par certains sont plus nombreuses que par d'autres, a supposer que cela soit quantifiable, mais surtout dans l'optique de cette union a Lui.

Je ne sais pas si je suis bien clair, mais je vais m'arreter la et n'hésitez pas a me demander de repreciser si vous ne saisissez pas tout. Que manque-t-il a l'amoureux du Christ, humble pour que Dieu lui donne toutes les graces nécéssaires a sa sainteté et donc son salut ?

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Arnaud
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mar 24 Oct 2006, 23:05

Cher ami, merci de m'avoir permis de mettre votre message, afin que tout le monde en profite.

Citation :
[quote="Arnaud Dumouch"]
Citation :
Cher Arnaud,

je vous contacte car j'ai en quelques sortes un souci assez insoluble pour moi et votre éclairage peut m'aider je pense.

Nous avons régulierement vu la question du moment de la mort et d'apres la mort. Je vous dis ce que j'en dis a ce jour, et quelle question cela impliquerait pour moi, en attendant de votre part de me rectifier si vous pensez qu'il y a lieu.

Pendant longtemps, j'ai pensé que le purgatoire était lié a nos fautes, notre péché. Je veux dire par la que le purgatoire, venant des remords de la personne pecheresse était justice mais presque réclamé par l'homme qui ne veut se rendre a Dieu dans un tel état.
Je pense que Dieu désire que ce temps de purgatoire soit le plus court possible car Il désire de tout son etre s'unir a sa créature qu'Il aime infiniment. C'est le cas pour moi et pour chacun d'entre nous.

Cher ami, je crois comme vous que le purgatoire n'est pas d'abord lié à nos fautes mais à L'ESSENCE MÊME DE DIEU. J'en tiens pour preuve que Marie, qui était sans fautes, y est passé sur cette terre:

Citation :
"Quant à toi, un glaive de douleur te transpersera l'âme".

Et même l'humanité de Jésus, elle aussi sans péché:

Citation :
Hébreux 5, 7 C'est lui qui, aux jours de sa chair, ayant présenté, avec une violente clameur et des larmes, des implorations et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé en raison de sa piété, tout Fils qu'il était, apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance;

Citation :
J'en viens donc a penser que le purgatoire est completement indépendant de nos fautes. Pourquoi donc ? Mon experience personnelle, et je ne pense vraiement pas etre une exception, me monrte que par moi-meme je ne peux pas sortir du péché. La faute revient sans cesse et je suis d'une indignité telle qu'en plus, avec la connaissance plus grande que je peux avoir de Dieu, ces fautes en sont d'autant plus impardonnable.

Pour nous, le purgatoire (que ce soit en cette vie ou dans l'autre) n'est pas entièrement indépendant de nos fautes car notre orgueil est réel, alors que, en Marie et en Jésus, le purgatoire (de cette vie) a juste eu pour effet de briser entièrement tout en eux, comme le grain qui tombe en terre et meurt.

Citation :
Citation :
C'est la toute la place de la miséricorde infinie du Seigneur qui me rassure et me dit :
Citation :
"aie le coeur contri et déja tes fautes sont toutes oubliées !"
Oubliées !! Comment donc le purgatoire peut-il etre lié a nos fautes, dnas ce cas ou ces confessions régulieres, que le croyant fervent et rigoureux essaie de pratiquer, efface sans aucune trace le péché de l'homme.

En lisant vos écrits, vous m'avez montré alors l'importance de l'humilité, et cette constatation a la fois décourageante et pourtant pleine d'espérance :
Citation :
"Je ne serai jamais digne de Lui".

Oui mais voila, si je n'en serai jamais digne, chose dont je suis tout a fait persuadé, c'est entierement par grace que mon salut viendra. Nous en avons déja parlé et sur ce point nous étions bie d'accord. Je ne pense pas que par mes propres forces je puis un seul instant devenir plus sain. C'est de Lui que me vient chaque nouveau pas.
Alors je continue, et je me dit : désormais ma sainteté est entre ses mains, d'autant plus que je suis trop attaché au péché pour m'en sortir.
Mais alors qu'attend-il ? Vous savez c'est une vraie question. Car avec la sainteté vient cette chose formidable qui est l'union plus grande en Lui. Chose que, lorsqu'on l'a goutée, on désire toujours plus.

Si votre coeur est déjà entré dans la certitude qu'il n'est rien, qu'il n'est pas digne, alors il n'aura pas à passer par le purgatoire pour ses péchés. C'est fait. C'est tout simplement cela, la perfection de la vie spirituelle.

Cependant, il restera un dernier apprentissage: car il ne suffit pas d'être devenu humble pour voir Dieu, il faut mourir entièrement à soi-même.

Car il vous reste un désir, et ce désir lui-même va lui servir pour vous préparé un coeur entièrement dépouillé:

Citation :
-Je désire m'unir a Lui davantage
-Il désire m'unir a Lui davantage
(C'est au final de la sainteté dont je parle puisqu'elle consiste de maniere parfaite a etre totalement uni a Lui)
-Le péché demeure, mais il ne me condamne pas davantage pour apres la mort car sa miséricorde est sans limite, et si c'était le cas, il l'empecherai automatiquement pour celui qui de part sa vie spirituelle s'attache davantage a Sa volonté qu'a sa propre faute.

Je me demande, en toute humilité, et sans meme penser une seule seconde que cela m'est du, mais simplement dans l'optique du plan d'amour qu'il veut avec chaque homme : qu'est-ce qui le retient d'accorder davantage de grace a l'ame toute disposée a s'unir plus encore ? Car indeniablement les graces recus par certains sont plus nombreuses que par d'autres, a supposer que cela soit quantifiable, mais surtout dans l'optique de cette union a Lui.

Je ne sais pas si je suis bien clair, mais je vais m'arreter la et n'hésitez pas a me demander de repreciser si vous ne saisissez pas tout. Que manque-t-il a l'amoureux du Christ, humble pour que Dieu lui donne toutes les graces nécéssaires a sa sainteté et donc son salut ?

Il est donc probable, puisque vous êtes assoiffés de la Vision béatifique et désireux de mourir pour le voir enfin, qu'il vous demande de patienter et d'attendre encore "40 ans", loin de lui, usé dans cet exil.

J'ai oublié de vous donner la raison profonde de cette "torture" imposée par Dieu, que tout homme vit tôt ou tard, en ce monde ou dans l'autre:

La cause est la Vie Trinitaire: Le Père n'est que cela: mort à lui même, qui n'existe que dans et par le Fils.

C'est plus que de l'humilité, c'est de la mort perpétiuelle à soi-même, qui EST VIE (comme le fameux grain qui meurt et qui donne vie).

Du coup, nul ne peut voir Dieu sans être comme lui. C'est la clef.


Tout ce que j'aimis en rouge dans ce fil vous montre la cohérance de tout cela et, vous le voyez, c'est plus que l'HUMILITE.

Le vrai mot est KENOSE.

Vous ai-je répondu de manière satisfaisante?

(mettez votre réponse en MP).

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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 06:45

La réponse de l'intervenant:

Citation :
Ma question serait donc de savoir : meure-t-on a soi-meme par nos propres moyens ou par grace ? Car c'est pour moi si difficile d'imaginer un seul instant que j'y parviendrais par moi-meme que la encore c'est dans la grace que j'y vois la solution. Je ne suis pas un paresseux, mais vous devez savoir autant que moi la difficulté du combat spirituel, et les ressources aussi qu'il peut demander. Sans Lui, c'est impossible.
Au final, cela revient a se demander : par quels moyens meurt-on a soi-meme ? Y a-t-il la un agencement et du mérite et de la grace, qui donne par l'effort la grace nécéssaire pour continuer ?

Cher ami, voici ce qu'en dit Jésus:

Citation :
"Père, s'il est possible, éloigne de oi cette coupe. Mais non pas ma volonté mais ta volonté"

Autrement dit, le degré de mort à soi-même où nous conduit Dieu, l'âme n'y peut rien et ne preut même pas y consentir tant c'est vertical.

Certains disent: l'âme doit au moins y consentir...

Ma réponse: ce n'est pas nécessaire. C'est même très souvent impossible, contre nature d'y être vraiment consentant, comme on le voit du Christ à Gethsémani.

Cela se fait donc par grâce, et par le moyen de la croix, une croix adaptée au coeur de chacun.

Voilà comment Dieu agit:
Citation :
"Là où est ton trésor, là aussi est ton coeur".
Et la grande égalité, c'est que Dieu enlève à tous, tôt ou tard, son trésor.

Dieu le fait pour tout homme.

A la femme pour qui sa famille est tout, il lui enlève par la vieillesse qui éloigne les proches et les fait décéder.

L'avare perd tôt ou tard sa cassette d'or, par la mort par exemple.

Et l'assoiffé de Dieu, Dieu lui enlève la conscoience de sa présence, comme on le voit pour sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.

Donc, si je relis votre premier message, je vois que la soif de votre coeur serait de voir Dieu maintenant, et de laisser cette vie.

D'où ce que j'écrivais: si c'est réellement votre coeur, il vous fera attendre sur terre.

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Arnaud
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Clotilde
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 08:15

Arnaud Dumouch a écrit:
Voilà comment Dieu agit:
Citation :
"Là où est ton trésor, là aussi est ton coeur".
Et la grande égalité, c'est que Dieu enlève à tous, tôt ou tard, son trésor.

Dieu le fait pour tout homme.

A la femme pour qui sa famille est tout, il lui enlève par la vieillesse qui éloigne les proches et les fait décéder.

L'avare perd tôt ou tard sa cassette d'or, par la mort par exemple.

Et l'assoiffé de Dieu, Dieu lui enlève la conscoience de sa présence, comme on le voit pour sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.

Donc, si je relis votre premier message, je vois que la soif de votre coeur serait de voir Dieu maintenant, et de laisser cette vie.

D'où ce que j'écrivais: si c'est réellement votre coeur, il vous fera attendre sur terre.

on n'est pas trés loin d'un Dieu sadique, là... What a Face
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 09:48

L'Abbé Pierre désirait mourir, dans sa jeunesse, afin de voir le Dieu qu'il aime... et il l'a toujours désiré. Et Dieu prolonge son séjour sur la terre! Rolling Eyes
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Jean-Yves Tarrade



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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 10:06

Clotilde a écrit:
on n'est pas trés loin d'un Dieu sadique, là... What a Face

Chère Clotilde,

Arnaud propose ailleurs à Jo d'en parler encore pendant 30 ans...
Moi, je pense que nous en parlerons durant l'éternité car il n'y a aucune explication rationnelle acceptable à la souffrance.
Elle restera pour l'éternité un mystère indissociablement lié au mystère de l'Amour.
Nous en parlerons durant l’éternité car nous contemplerons la Croix durant l'éternité.
Ce sera, certes, une Croix glorieuse mais toujours une Croix.
Alors nous dirons plus que jamais : "Heureuse faute qui a mérité un tel rédempteur…"
Et nous ajouterons heureuse souffrance qui a accompli une telle rédemption.

Pour le moment, toute approche purement intellectuelle nous laisse insatisfaits.
Il nous faut quelques illuminations de pur amour pour dire avec Claudel : "Puissante est la souffrance quand elle est aussi volontaire que le péché !"
Marthe ROBIN aimait citer cet extrait de "L’annonce faite à Marie".
Elle était bien placée pour le faire et n’a jamais suspecté Dieu de sadisme !


Dernière édition par le Mer 25 Oct 2006, 11:21, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 10:24

cheers I love you

La tentation est grande - tentation majeure! - que de faire "basculer" Dieu du côté du mal! Qui ne l'a jamais éprouvée?? affraid
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 14:04

La réponse de mon correspondant anonyme:


Citation :
Ma réaction ?
Il ne me reste qu'a vivre. Voyez-vous vivre en soi n'est pas un probleme, car meme si je souhaiterais de tout coeur aller directement aupres de Lui, je sais que le fait que je demeure sur la terre ne peut que correspondre a sa volonté.
J'aurais simplement aimé, et c'est ce que vous dites, vivre ici bas dans une union profonde a Lui, et je croyais que Dieu la désirait aussi infiniment. En réalité, si j'ai bien compris, Dieu désire avant tout cette union entre mon ame et Son Etre comme finalité. Je veux dire par la qu'en ce jour il peut retarder cette union pour un plan au service soit de mes freres ou soit de certaines choses pour moi-meme.
(c'est d'ailleurs le sens du passage du Christ sur la terre, ou meme s'Il demeure uni au Pere, et cela de maniere absolu car Il est Dieu, il n'en reste pas moins qu'Il souhaite le rejoindre plus que demeurer sur terre, mais il vient pour faire sa volonté).

C'est exactement cela: il retarde l'union EFFECTIVE, pour que le désis assoiffé, dans cette union AFFECTIVE de la terre, fasse grandir des désirs uniques (charité) d'un coeur brisé (kénose).
Car l'union éternelle à Dieu se mesurera au degré de ces vertus.

Citation :
Ma propre vie devient donc un mystere pour moi-meme puisqu'elle ne peut, quoi que je fasse, prendre de sens absolu que dans la perspective d'un plan divin, qui dépasse meme l'union intime, la communion, qui me dépasse donc et dont le sens ne peut etre révélé qu'a la fin. La réponse d'ailleurs a cette question sera la meme que la réponse au pourquoi de la souffrance.

Soit ! (en d'autre termes : ainsi soit-il, Amen.)
Que Sa Volonté se fasse, et je vous remercie. Je suis libéré du souci de devenir saint puisque j'y suis. Et ma nature est le contrepoids qui me permet d'en etre juste la ou Dieu me veut, ni plus ni moins. Quand a la croix, elle me sera donnée a la mesure de mon coeur. Et sur ce point on se prend parfois a désirer avoir le coeur des grands saints, en confondant grandeur de coeur et sainteté : c'est encore la nature qui travaille, mais point un attrait a la volonté du Seigneur.

Merci de vos réponses, elles m'éclairent.

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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 14:15

Clotilde a écrit:

on n'est pas trés loin d'un Dieu sadique, là... What a Face

C'est simplement ce que réalise la mort: Nul n'emmène de l'autre côté aucune de ses richesses.

Lorsqu'elles sont matérielles, c'est évident.

Lorsqu'elles sont spirituelles, cela se comprend moins et pourtant:

Evidemment, Dieu n'est pas sadique.

Il est juste si "pauvre de coeur" qu'un riche, tel un chameau dans le chat d'une aiguille, n'y comprendrait rien.


Encore une chose: cette purification TOTALE ne nous appartient pas. C'est Dieu qui s'en occupe.

Voici le texte qui l'explique:


Citation :
Matthieu 19, 25 Entendant cela, les disciples restèrent tout interdits: "Qui donc peut être sauvé?" Disaient-ils.
Matthieu 19, 26 Fixant son regard, Jésus leur dit: "Pour les hommes c'est impossible, mais pour Dieu tout est possible."

Seuls les moines, par vocation, essayent de l'atteindre par des moyens prenent toute leur vie (voeux de pauvreté - bien matériels-, chasteté -famille- obéissance - volontés propres-). .

Et encore, ils rentrent au monastère avec toutes leurs attachent intérieures... :? Ils ne gagnent pas forcement du temps... Mr. Green

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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 18:17

Jean-Yves TARRADE a écrit:
Elle était bien placée pour le faire et n’a jamais suspecté Dieu de sadisme !

Attention Jean-Yves, je ne soupçonne pas Dieu de sadisme. Mais l'image qu'en donne Arnaud dans le message auquel j'ai répondu, n'est pas loin d'un Dieu sadique. Je ne dis pas que Dieu l'est, bien sûr que non! Mais l'explication qui en est donné: de retirer à la personne ses désirs (désirer s'unir à Dieu), lui retirer ce qu'elle aime (sa famille, ses enfants...) parce que c'est là que se trouve son coeur....donne à voir l'image d'un Dieu sadique, probablement parce que les mots, les raisonnements humains sont inaptes à dire la pensée et la volonté de Dieu sans qu'elle soit déformée selon notre capacité d'entendement.
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 18:25

Arnaud Dumouch a écrit:

C'est simplement ce que réalise la mort:

et pas seulement la mort physique. Car c'est aussi de son vivant que Dieu enlève à l'homme ses désirs, l'objet de son attachement...n'est-ce pas?

Du coup cela questionne sur l'absence de réalisation d'un désir, d'une attente....plus on s'y attache plus cela nous sera enlevé.... What a Face

Peut-être qu'en désirant le contraire de ce qu'on désir vraiment on l'obtiendra...? Mr. Green Laughing
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 18:56

Clotilde a écrit:
Jean-Yves TARRADE a écrit:
Elle était bien placée pour le faire et n’a jamais suspecté Dieu de sadisme !

Attention Jean-Yves, je ne soupçonne pas Dieu de sadisme. Mais l'image qu'en donne Arnaud dans le message auquel j'ai répondu, n'est pas loin d'un Dieu sadique. Je ne dis pas que Dieu l'est, bien sûr que non! Mais l'explication qui en est donné: de retirer à la personne ses désirs (désirer s'unir à Dieu), lui retirer ce qu'elle aime (sa famille, ses enfants...) parce que c'est là que se trouve son coeur....donne à voir l'image d'un Dieu sadique, probablement parce que les mots, les raisonnements humains sont inaptes à dire la pensée et la volonté de Dieu sans qu'elle soit déformée selon notre capacité d'entendement.
Cher Clotilde,
je crois justement que la maniere dont Arnaud répond a notre cher anonyme est ce dont il a besoin. Il arrive qu'a un certain stade de la vie de foi, on sait sans doute aucun que Dieu n'est pas un sadique. Et pourtant il faut bien mourir a soi-meme. Cela passe par des frustrations de nos désirs, et sur le plan pleinement humain, un certain "sadisme" de Dieu.
C'est avant tout a decouvrir bien plus qu'a vouloir expliquer, car pour qqn qui decouvre tout juste la foi, c'est inconcevable. En core moins pour celui qui ne l'a pas...
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 19:07

Chère Clotilde, merci pour votre question de tout à l'heure. Car c'est le danger quand on aborde les mystères ultime du dépouillement.

Ils ne peuvent être abordés qu'en leur temps.

Citation :
Peut-être qu'en désirant le contraire de ce qu'on désir vraiment on l'obtiendra...?

Quand c'est un désir bon, légitime (avoir un travail, être heureux avec sa famille, avoir des enfants bien élevés), il serait fou de s'en dépuiller.

Non, ce n'est pas à nous de faire cela. Dieu nous appelle à notre devoir d'état.

Ce que je veux dire, c'est que viendra un jour (souvent avec l'âge) un moment où Dieu va tout nous enlever.


Mais c'est pour produire 1000 fois plus en vie éternelle, et en plus on revoit ses enfants !

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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 19:28

Arnaud Dumouch a écrit:

Quand c'est un désir bon, légitime (avoir un travail, être heureux avec sa famille, avoir des enfants bien élevés), il serait fou de s'en dépuiller.

Non, ce n'est pas à nous de faire cela.

il me semble qu'il faudrait être plus précis dans votre explication, car ça prête à confusion...où alors c'est moi qui aie du mal à bien déméler. scratch
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 19:52

Voilà,

vous avez remarqué que ce forum est divisé en DEUX:

1° Une partie philosophique qui aborde des sujet comme la vie, le bonheur, la politique.

Ca c'est le monde où Dieu nous met avec des désirs NATURELS. Il y communiques certaines règles d'amour, de fidélité dans la famille etc.
Donc, notre devoir est de vivre selon ce qu'il a voulu pour nous.


2° Une partie théologique qui parle, dans son sommet, d'un projet surnaturel que Dieu est venu nous rappeler il y a 2000 ans: il s'agit d'un mystère supérieur, lié à un destin éternel. Et Jésus nous dit que pour l'obtenir, il doit nous dépouiller un jour de tout.

Donc, répondirent les disciples à cette annonce,
Citation :
qui peut être sauvé
. C'est TROP VERTICAL.

Jésus répond: C'est Dieu qui s'en occupe. Il le fera quand il le veut. Pour ce domaine mystique, il suffit de le savoir, pour le moment où cela arrivera.

Mais pour ce qui nous concerne, il nous est demandé de nous occuper de notre devoir d'état, SANS CONFONDRE:

Imaginez ce qui se passerait si on confondait les genres:

vous êtes marié, mère de famille et tout d'un coup, vous décidez de vous dépouiller de vos enfant en partant dans un monastère.

Oh ! l'horreur ! affraid

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 19:54

Oui, c'est pour cela que je disais qu'il fallait être plus précis dans votre explication pour éviter les mal-entendus, car les choses évidentes pour soi ne le sont pas automatiquement pour ceux qui lisent... Thumright
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Scat



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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 22:23

Alors qu'est_ce qui fait que l'on passe plus ou moins de temps au purgatoire ?
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Jean-Yves Tarrade



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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Mer 25 Oct 2006, 23:06

Scat a écrit:
Alors qu'est-ce qui fait que l'on passe plus ou moins de temps au purgatoire ?

Je crois que le CEC répond assez simplement :

Citation :
1472 Le péché grave nous prive de la communion avec Dieu, et par là il nous rend incapables de la vie éternelle, dont la privation s'appelle la "peine éternelle" du péché.
D'autre part, tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort, dans l'état qu'on appelle Purgatoire.

Cette purification libère de ce qu'on appelle la "peine temporelle" du péché. Ces deux peines ne doivent pas être conçues comme une espèce de vengeance, infligée par Dieu de l'extérieur, mais bien comme découlant de la nature même du péché.

Une conversion qui procède d'une fervente charité, peut arriver à la totale purification du pécheur, de sorte qu'aucune peine ne subsisterait (cf. Cc. Trente: DS 1712-1713 1820).

Tout est en cohérence avec la thèse d'Arnaud :

1. Le purgatoire commence sur terre.
2. Le purgatoire n'est pas infligé par Dieu.
2. la fervente charité (je ne suis pas digne de te recevoir...) nous libère de la peine
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Marcus



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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Jeu 26 Oct 2006, 04:29

Mais, amis catholiques, il faudrait que vous vous expliquiez sur ce qui fait une grande partie du "sel" hérétique du purgatoire tel qu'il est vu et rejeté par les orthodoxes : les peines dûes pour le péché déjà pardonné. On s'est confessé, on a été absous, tout est terminé du point de vue de la "coulpe", de la culpabilité, on meurt juste après "en état de grâce", comme on dit chez vous, et puis là, pouf, Stop ! Purgatoire ! Pourquoi ? Et bien parce qu'on n' a pas "expié" pour le péché pardonné et qu'on doit maintenant subir une peine pour satisfaire Dieu avant d'accéder au Ciel ! Alors, certains diront ici, c'est une étape de purification, pas de satisfaction, etc... Mais il faudrait savoir, soit on a effectivement renié son péché, on a demandé pardon, on en a été pardonné et c'est terminé, on est admis dans le sein d'Abraham. Ou bien, on n' a pas encore réussi à tourner les dos au péché, on n'a donc pas été complètement pardonné parce qu'on n'a pas voulu le demander et on doit effectivement attendre dans l'Hadès que les prières de l'Eglise nous aident à en sortir.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Jeu 26 Oct 2006, 10:15

Cher Marcus,

Citation :
les peines dûes pour le péché déjà pardonné.

Cette théologie vient de ce texte de saint Mathieu où Jésus dit :

Citation :
"Hâte toi de ton réconcilié avec ton frère tant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'on ne te livre au juge et le juge au geolier, et là, en vérité, tu ne sortiras pas tant que tu n'auras pas règlé jusqu'au dernier sou".

C'est là que, par fidélité à cet enseignement, les théologiens latins ont créé la théologie du purgatoire comme devant règler DEUX choses chez les âmes saintes et totalement converties, pour voir Dieu, après la mort.

Leur amour est total mais...

1° L'acquisition de l'humilité. Il leur faut un coeur totalement brisé et humilié. Et certaines aiment mal, disant à Dieu, leur chéri:
Citation :
"Je t'aime tellement que je veux devenir un jour digne de toi."
C'est excellent et c'est vraiment de l'amour. Mais c'est encore un amour fier. Pour voir Dieu, il ne faut plus avoir aucune illusion sur soi:
Citation :
"Seigneur, je ne serai jamais digne de te recevoir..."
Donc, cette purification là, tout âme doit la faire, tôt ou tard, sans quoi Dieu ne peut être vu. Dieu est trop "comme cela", de par sa nature Trinitaire. On n'y pourrait rien saisir si la moindre goutte de fierté, même légitime, subsistait. D'où ce fil.


2° La dette pour les fautes passées:
Citation :
"Si j'ai lésé quelqu'un, dit l'âme comme le disait Zachée, je renbourserai le triple."
L'âme le veut donc, parce qu'elle est droite.
Mais cette deuxième finalité n'est absolument pas indispensable. Je veux dire que l'attitude de disposition à tout réparer est indispensable puisqu'elle sort d'un amour devenu vrai, mais le payement peut être remis : Le Christ et les frères ont tout payé pour lui et, voyant sa sincérité, n'ont qu'un désir: lui faire INDULGENCE. C'est de là qu'est venue la théologie latine des INDULGENCES (hélas détournée à un moment par des clercs simoniaques).

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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Jeu 26 Oct 2006, 10:53

Oui, mais que faîtes vous de la parabole du fils prodigue. Le fils obéissant aurait bien aimé que l'on fasse rendre gorge à son frère ! Le père ne lui demande pourtant aucun compte, AUCUN ! Il ne lui demande même pas de rendre sa part d'héritage dilipadée avec des prostituées...
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Jeu 26 Oct 2006, 14:37

Marcus a écrit:
Oui, mais que faîtes vous de la parabole du fils prodigue. Le fils obéissant aurait bien aimé que l'on fasse rendre gorge à son frère ! Le père ne lui demande pourtant aucun compte, AUCUN ! Il ne lui demande même pas de rendre sa part d'héritage dilipadée avec des prostituées...

C'est ce que je vous dis:

C'est l'âme qui, DANS SA DROITURE ET SA NOUVELLE CONVERSION, veut tout payer, un peu comme Zachée: "Si j'ai lésé quelqu'un, je payerai au quadruple!" L'âme a donc la juste attitude.


Mais Dieu lui, ne demande RIEN: TOUT EST REMIS.
Jésus dit: Luc 19, 9 Et Jésus lui dit à Zachée:
Citation :
"Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham.

Cependant, si l'âme insiste, après de grands crimes, pour payer (tellement est fort son repentir), alors on la laisse faire. Et c'est souvent après un long temps, et grâce à la prière de ceux qui s'offrent pour elle sur terre, que l'âme accepte de recevoir L'INDULGENCE.

Regardez, j'avais écrit un petit conte qui montre cela: Il concerne une jeune fille dont la Vierge avait dit, lors de l'apparition (reconnue) de Fatima,
Citation :
"Elle est au purgfatoire jusqu'à la fin du monde".

http://eschatologie.free.fr/histoires/heuremort/9purgatoirefinmonde.htm

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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Jeu 26 Oct 2006, 15:23

Cher Arnaud,
C'est quand même très fort de dire que, en doctrine catholique, c'est le défunt qui veut rester au purgatoire ! Je n'ai pas encore lu votre conte mais enfin, si on en croit le témoignage de Fatima, le purgatoire ne ressemblait pas à un chantier de joyeux travailleurs volontaires !
Je pense que si un chrétien qui s'est confessé intégralement avant de mourir va tout de même un temps dans l'Hadès, ce qui est tout à fait possible (dans l'orthodoxie,il n'y a pas de passeport pour le Ciel) c'est qu'il y avait un problème de "contrition" en langage latin. Il ne pouvait pas être pardonné immédiatement de ce qu'il ne regrettait pas. Les prières de l'Eglise et des Saints vont achever de le purifier, non qu'il puisse changer d'avis dans l'Hadès mais par l'action toute extérieure des prières, et paticulièrement de l'Eucharistie.


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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Jeu 26 Oct 2006, 15:51

Marcus a écrit:
Cher Arnaud,
C'est quand même très fort de dire que, en doctrine catholique, c'est le défunt qui veut rester au purgatoire ! Je n'ai pas encore lu votre conte mais enfin, si on en croit le témoignage de Fatima, le purgatoire ne ressemblait pas à un chantier de joyeux travailleurs volontaires !

C'est pourtant la doctrine la plus ancienne et traditionnelle. Lisez ce Traité du purgatoire de Sainte Catherine de Gênes. Ca date du XV ° siècle, et elle dit:


Citation :
Ces âmes ont, au contraire, un tel contentement d'être établies dans la condition voulue par Dieu et que Dieu accomplisse en elles tout ce qu'il veut, comme il le veut, qu'elles ne peuvent penser à elles-mêmes ni en ressentir quelque accroissement de peine.

Elles ne voient qu'une chose, la bonté divine qui travaille en elles, cette miséricorde qui s'exerce sur l'homme pour le ramener à Dieu. En conséquence, ni bien ni mal qui leur arrive à elles-mêmes ne peut attirer leur regard. Si ces âmes pouvaient en prendre conscience, elles ne seraient plus dans la pure charité.

Citation :
Je pense que si un chrétien qui s'est confessé intégralement avant de mourir va tout de même un temps dans l'Hadès, ce qui est tout à fait possible (dans l'orthodoxie,il n'y a pas de passeport pour le Ciel) c'est qu'il y avait un problème de "contrition" en langage latin.

En langage latin, c'est face à l'apparition du Christ que vient d'un coup la contrition est totale ou le rejet est total de Dieu. La présence rayonnante de sa gloire est si puissante qu'elle provoque une division en deux camps définitifs:
- Soit on le hait de tout son coeur
- Soit on l'aime de TOUT son coeur,
je dis bien TOUT au point qu'il n'y a pas de plus ou de moins. C'est d'un coup total.

Du coup, le problème est ailleurs: c'est la manière d'aimer qui ne va pas, un peu comme si au début, l'âme aime Dieu de toute sa fierté d'homme qui reconnaît en vérité ses péchés; et à la fin du purgatoire, usée par l'attente du salut, l'âme aime avec la même TOTALITE, mais comme une toute petite chose brisée.

Donc le problème, ce sont les restes de fierté. Et c'est pour cela que, dit Jésus, une prostituée va plus vite qu'un prêtre au paradis: elle, elle sait déjà qu'elle ne vaut rien... :oops:

Citation :
Il ne pouvait pas être pardonné immédiatement de ce qu'il ne regrettait pas. Les prières de l'Eglise et des Saints va achever de le purifier, non qu'il puisse changer d'avis dans l'Hadès mais par l'action toute extérieure des prières, et paticulièrement de l'Eucharistie.

Oui, le fait que des hommes de la terre prient pour lui, eux qui sont dans un état de mlisère pire car ils n'ont pas encore vu la Lumière, cela les touche BEAUCOUP, et leur fait gagner un temps fou dans la prise de conscience de leur indignité définitive.


Voici le traité complet de sainte Catherine de Gêne:


TRAITE DU PURGATOIRE

DE SAINTE CATHERINE DE GENES


Citation :
Cette sainte âme encore dans sa chair se trouva établie dans le purgatoire du brûlant amour de Dieu. Il la brûlait toute et la purifiait de ce qu'elle avait à purifier, de façon qu'au sortir de cette vie elle pût être présentée au regard de Dieu son doux amour. Par le moyen de ce brûlant amour, elle comprenait en elle-même dans quel état se trouvent au purgatoire les âmes des fidèles pour purifier toute espèce de rouille et de tache du péché non encore effacée durant cette vie.

Elle-même, établie au purgatoire du feu divin d'amour, se tenait unie à son divin amour, satisfaite de tout ce qu'il opérait en elle; comprenant qu'il en était ainsi des âmes qui sont au purgatoire, elle disait:

Les âmes qui sont au purgatoire, à ce que je crois comprendre, ne peuvent avoir d'autre choix que d'être en ce lieu puisque telle est la volonté de Dieu qui dans sa justice l'a ainsi décidé. Elles ne peuvent pas davantage se retourner sur elles-mêmes. Elles ne peuvent dire: j'ai fait tels péchés et c'est à cause d'eux que je mérite de me trouver ici. Il ne leur est pas possible de dire: je voudrais ne pas avoir fait tels péchés, parce qu'ainsi j'irais tout de suite en paradis. Pas davantage:celui-ci sortira d'ici avant moi. Ni dire:j'en sortirai avant lui.

Elles sont incapables d'avoir ni d'elles-mêmes ni des autres aucun souvenir, ni en bien ni en mal, qui puisse augmenter leur souffrance. Elles ont, au contraire, un tel contentement d'être établies dans la condition voulue par Dieu et que Dieu accomplisse en elles tout ce qu'il veut, comme il le veut, qu'elles ne peuvent penser à elles-mêmes ni en ressentir quelque accroissement de peine.

Elles ne voient qu'une chose, la bonté divine qui travaille en elles, cette miséricorde qui s'exerce sur l'homme pour le ramener à Dieu. En conséquence, ni bien ni mal qui leur arrive à elles-mêmes ne peut attirer leur regard. Si ces âmes pouvaient en prendre conscience, elles ne seraient plus dans la pure charité.

Elles ne peuvent non plus considérer qu'elles sont dans ces peines à cause de leurs péchés, cette idée n'entre pas dans leur esprit. Ce serait en effet, une imperfection en acte, chose qui ne peut exister en ce lieu où il est impossible de commettre un péché.

Pourquoi elles sont en purgatoire, cette cause qui est en elles, il ne leur est donné de la voir qu'une seule fois, au moment qu'elles sortent de cette vie, et dans la suite ne la voient plus jamais. Autrement, ce regard serait un retour sur soi.

Étant donc établies en charité et n'en pouvant plus dévier par un acte défectueux, elles sont rendues incapables de rien vouloir, de rien désirer, hormis le pur vouloir de la pure charité. Placées dans ce feu purifiant, elles y sont dans l'ordre voulu par Dieu. Cette disposition divine est pur amour; elles ne peuvent s'en écarter en rien, parce qu'elles sont incapables de commettre un péché, comme aussi de faire un acte méritoire.

Je ne crois pas qu'il puisse se trouver un contentement comparable à celui d'une âme du purgatoire, à l'exception de celui des saints en paradis. Chaque jour s'accroît ce contentement par l'action de Dieu en ces âmes, action qui va croissant comme va se consumant ce qui empêche cette action divine. Cet empêchement, c'est la rouille du péché? Le feu consume progressivement cette rouille et ainsi l'âme se découvre de plus en plus à l'influx divin.

De même un objet qu'on aurait recouvert ne peut correspondre à l'éclat du soleil, non point parce que le soleil serait insuffisant, lui qui continue de briller, mais par l'empêchement de ce qui recouvre l'objet. Que vienne à se consumer l'obstacle qui fait écran, l'objet se découvrira à l'action du soleil; il la subira de plus en plus à mesure que l'obstacle diminuera.

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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Jeu 26 Oct 2006, 15:53

(suite)



Citation :
Ainsi la rouille du péché est ce qui recouvre l'âme. Au purgatoire cette rouille est consumée par le feu. Plus elle se consume, plus aussi l'âme s'expose au vrai soleil, à Dieu. Sa joie augmente à mesure que la rouille disparaît et que l'âme s'expose au rayon divin. Ainsi l'une croît et l'autre diminue jusqu'à ce que le temps soit accompli. Ce n'est pas la souffrance qui diminue, c'est uniquement le temps de rester dans cette peine.

Quant à la volonté, ces âmes ne peuvent jamais dire que ces peines soient des peines, tant elles sont satisfaites des dispositions divines auxquelles leur volonté est unie par pure charité.

D'autre part, la peine qu'elles subissent est si extrême qu'il n'est aucune langue qui puisse l'exprimer ni aucune intelligence qui puisse en saisir la moindre étincelle si Dieu ne la lui découvre par une grâce toute spéciale. Cette étincelle, Dieu fit à cette âme la grâce de la lui faire voir, mais je ne puis l'exprimer par la langue. Cette connaissance que Dieu m'a fait voir n'est jamais sortie de mon esprit. J'en dirai ce que je pourrai et ceux-là comprendront à qui le Seigneur daignera ouvrir l'entendement.

La source de toutes les souffrances est le péché, soit originel, soit actuel. Dieu a créé l'âme toute pure et toute simple, sans aucune tache de péché et avec un instinct béatifique qui la porte vers lui.

De cet instinct, le péché originel en quoi elle se trouve, la détourne. Le péché actuel, quand il s'y ajoute, l'en détourne plus encore. Plus elle s'en éloigne, plus elle devient mauvaise, puisque Dieu de moins en moins s'accorde avec elle.

Tout ce qu'il peut y avoir de bon dans les créatures n'existe que par la communication que Dieu en fait. Aux créatures non raisonnables, Dieu en fait part selon ses desseins et il ne leur fait jamais défaut.

A la créature raisonnable, à l'âme, il correspond plus ou moins dans la mesure où il la trouve purifiée de l'empêchement du péché. Existe-t-il une âme qui revienne à la première pureté de sa création, l'instinct du bonheur se découvre en elle et s'accroît aussitôt avec une telle véhémence, une telle ardeur de charité l'entraînant vers sa fin dernière, que c'est pour elle chose insupportable d'en être écartée. Plus elle en a la conscience, plus extrême est son tourment.

Les âmes qui sont au purgatoire se trouvent sans la coulpe du péché. En conséquence, il n'y a pas d'obstacle entre Dieu et elles, hors cette peine qui les retarde et qui consiste en ce que leur instinct béatifique n'a pas atteint sa pleine perfection.

Voyant en toute certitude combien importe le moindre empêchement, voyant que la justice exige que leur attrait soit retardé, il leur naît au cœur un feu d'une violence extrême, qui ressemble à celui de l'enfer. Il y a la différence du péché qui rend mauvaise la volonté des damnés de l'enfer; à ceux-ci Dieu ne fait point part de sa bonté. Ils demeurent dans cette malice désespérée, opposée à la volonté de Dieu.


On voit par là que cette opposition de la volonté mauvaise à la volonté de Dieu est cela même qui constitue le péché. Comme leur volonté s'obstine dans le mal, le péché aussi se maintient. Ceux de l'enfer sont sortis de cette vie avec leur volonté mauvaise. Aussi leur péché n'est pas remis et ne peut l'être, parce qu'ils ne peuvent plus changer de volonté, une fois qu'ils sont sortis ainsi disposés de cette vie. En ce passage l'âme s'établit définitivement dans le bien ou dans le mal, selon qu'elle s'y trouve par sa volonté délibérée, conformément à ce qui est écrit: " Là où je te trouverai, c'est-à-dire au moment de la mort, avec cette volonté ou du péché ou de rejet et de regret du péché, là je te jugerai."

Ce jugement est sans rémission puisque après la mort la liberté du libre vouloir n'est plus sujette au changement. Elle reste fixée dans la disposition où elle se trouvait au moment de la mort.

Ceux de l'enfer, pour s'être trouvés à ce moment avec la volonté de pécher, portent sur eux la coulpe et la peine. La coulpe est infinie; la peine n'est pas aussi grave qu'ils l'ont méritée, mais ils la porteront sans fin.

Au contraire, ceux du purgatoire ont seulement la peine, puisque le péché fut effacé au moment de la mort, car ils étaient contrits de leurs fautes et se repentaient d'avoir offensé la bonté de Dieu. Aussi leur peine aura sa fin, elle va diminuant sans cesse dans le temps, comme il a été dit.

0 misère au-delà de toute misère et d'autant plus lamentable que les hommes aveugles n'y pensent pas !

Ce châtiment des damnés n'est pas infini en quantité. La raison en est que la douce bonté divine étend le rayon de sa miséricorde jusqu'en enfer.

En effet, l'homme décédé en état de péché mortel mérite un châtiment infini et pour un temps infini. Mais la miséricorde de Dieu a disposé que seul le temps serait sans fin, et les peines limitées en quantité. En toute justice il aurait pu leur infliger une peine plus grande qu'il ne fait.

Oh ! quel est le danger du péché commis par mauvais vouloir! C'est à grand-peine que l'homme s'en repent, et tant qu'il n'en a pas de repentir, le péché demeure et ce péché continue aussi longtemps que l'homme reste dans la volonté du péché qu'il a commis ou dans celle de le commettre.

Mais les âmes du purgatoire tiennent leur volonté en tout conforme à celle de Dieu. En conséquence, Dieu s'accorde avec elles dans sa bonté et elles demeurent contentes (quant à leur volonté) et purifiées de la coulpe du péché actuel.

Ces âmes sont rendues aussi pures que Dieu les a créées. Quand elles sortent de cette vie contrites de tous les péchés qu'elles ont commis, les ayant confessés et animées de la volonté de ne plus les commettre, Dieu les absout aussitôt de leur coulpe et il ne reste plus en elles que la rouille du péché. Elles s'en purifient ensuite dans le feu par la souffrance.

Ainsi purifiées de toute coulpe et unies à Dieu par leur volonté, elles voient Dieu clairement, selon le degré de connaissance qu'il leur accorde; elles voient aussi de quelle valeur il est de jouir de Dieu et que les âmes sont créées précisément pour cela.

Elles éprouvent de plus en plus une conformité si unifiante à leur Dieu, cette conformité les tire vers lui avec une si grande force par l'instinct de nature qui existe entre Dieu et l'âme, qu'on ne peut donner aucun raisonnement, aucune comparaison, aucun exemple qui puisse expliquer assez cette chose au degré où l'âme la ressent dans son opération en elle et par son expérience intime. J'en donnerai cependant un exemple qui se présente à mon esprit.

Supposons qu'il n'y eût dans le monde entier qu'un seul pain pour enlever la faim à toute créature; supposons de plus que rien qu'à voir ce pain les hommes en seraient rassasiés.

Étant donné que l'homme, à moins d'être malade, a l'instinct naturel de manger, s'il vient à ne plus manger, tout en étant préservé de maladie et de mort, sa faim grandirait continuellement puisque son instinct de manger ne diminuerait jamais.

Il sait que ce pain est seul capable de le rassasier; s'il ne peut l'avoir sa faim ne s'en ira pas, il restera dans un tourment intolérable. Plus il s'en approche sans arriver cependant à le voir, plus aussi s'allume le désir naturel que son instinct ramasse tout entier sur le pain en quoi se trouve tout contentement.

S'il savait avec certitude que jamais il ne lui sera donné de voir ce pain, à ce moment l'enfer s'accomplirait pour lui; il serait dans l'état des âmes damnées qui sont privées de toute espérance d'arriver jamais à voir le pain qui est Dieu leur vrai Sauveur.

Mais les âmes du purgatoire ont l'espérance de contempler le pain et de s'en rassasier pleinement. Par suite, elles souffrent la faim et restent dans leur tourment aussi longtemps qu'elles sont retenues de se rassasier de ce pain, Jésus-Christ, vrai Dieu Sauveur, notre Amour.

De même que l'esprit net et purifié ne se connaît aucun lieu de repos sinon Dieu même puisqu'il a été créé à cette fin, de même l'âme pécheresse n'a de place nulle part sinon en enfer puisque Dieu le lui a destiné pour sa fin.

C'est pourquoi au moment même où l'esprit est séparé du corps, l'âme se rend au lieu qui lui est destiné, sans autre guide que la nature même de son péché, au cas où l'âme se détache du corps en état de péché mortel.

Si l'âme ne trouvait pas à ce moment même cette destination qui procède de la justice divine, elle serait dans un enfer pire que l'enfer même. La raison en est que l'âme se trouverait hors de cette disposition divine qui n'est pas sans une part de miséricorde, puisque la peine infligée n'est pas aussi grande qu'elle le mérite. Aussi l'âme, ne trouvant aucun lieu qui lui convienne davantage ni lui soit moins douloureux, Dieu l'ayant disposé ainsi, elle se jette d'elle-même en enfer puisque c'est sa place.

Il en est de même du purgatoire dont nous parlons. Séparée du corps, l'âme qui ne se trouve pas dans cette netteté dans laquelle Dieu l'a créée, voyant en elle l'obstacle qui la retient et sachant qu'il ne peut être enlevé que par le moyen du purgatoire, elle s'y jette aussitôt et de grand cœur.

Si elle ne découvrait ce moyen disposé par Dieu pour la débarrasser de cet empêchement, à l'instant se formerait en elle un enfer pire que le purgatoire, parce qu'elle se verrait empêchée d'atteindre sa fin qui est Dieu. Cela est pour elle d'une telle importance qu'en comparaison le purgatoire est comme rien, quoique, comme il a été dit, le purgatoire est semblable à l'enfer. Mais c'est en comparaison qu'il est comme rien.

J'ajoute encore ceci que je vois. De la part de Dieu, le paradis est ouvert, y entre qui veut. C'est que Dieu est toute miséricorde, il reste tourné vers nous, les bras ouverts pour nous recevoir dans sa gloire.

Mais je vois d'autre part comment cette divine essence est d'une telle pureté et netteté, au-delà de tout ce qu'on pourrait imaginer, que l'âme qui aurait en soi une imperfection aussi légère qu'un fétu minuscule, se jetterait en mille enfers plutôt que de se trouver avec cette tache en présence de la majesté divine.

Aussi, voyant que le purgatoire a été fait pour lui enlever ces taches, elle s'y jette. Elle voit que c'est là une grande miséricorde pour elle que ce moyen d'enlever cet empêchement.

De quelle gravité est le purgatoire, ni la langue ne le peut expliquer, ni l'esprit le saisir. Je ne vois que ceci: que les tourments y égalent ceux de l'enfer. Néanmoins, je vois que l'âme qui découvre la moindre tache d'imperfection le reçoit, selon ce qui a été dit, comme un bienfait qui lui est accordé. Dans un certain sens, elle le tient pour rien en comparaison de cette tache qui arrête son amour.

Je vois aussi que le tourment des âmes du purgatoire consiste bien davantage en ceci qu'elles voient en elles quelque chose qui déplaît à Dieu et qu'elles l'ont contracté volontairement en agissant contre une si grande bonté, plutôt que dans nul autre tourment qu'elles ressentent en purgatoire. C'est qu'étant dans la grâce divine elles voient la réalité et l'importance de cet empêchement qui ne leur permet pas d'approcher de Dieu.

Tout ce qu'on vient de dire, qu'est-ce en comparaison des évidences qui me sont données dans mon esprit (pour autant que j'en ai pu concevoir dans cette vie)? Devant de telles extrémités, toute vue, toute parole, tout sentiment, toute imagination, toute justice, toute vérité, tout cela n'est pour moi que tromperies et choses de néant.

Je reste confuse, faute de pouvoir trouver des expressions plus fortes.

Je vois entre Dieu et l'âme une incroyable conformité. Lorsqu'il la voit dans cette pureté où sa majesté l'a créée, il lui donne une certaine force d'attraction faite d'amour brillant, capable de la réduire au néant, tout immortelle qu'elle soit.

Il la met dans un état de si parfaite transformation en lui son Dieu, qu'elle se voit n'être plus autre chose que Dieu. Il la tire continuellement à lui, il l'embrasse, il ne la laisse pas jusqu'à ce qu'il l'ait menée à cet être divin dont elle procède, c'est-à-dire à cette pureté dans laquelle il l'a créée.

L'âme se voit, par une vue intérieure, ainsi tirée par Dieu avec un tel feu d'amour. Alors, sous l'ardeur de cet amour embrasé de son doux Seigneur et Dieu qu'elle sent rejaillir en son esprit, elle se liquéfie tout entière.

A la lumière divine, elle voit comment Dieu ne cesse pas un instant de la tirer vers lui pour la conduire à son entière perfection. Il y met un soin extrême, une continuelle sollicitude; en tout cela Dieu n'agit que par un pur amour. Mais elle-même, par cet obstacle de péché qui subsiste en elle, se trouve empêchée de se livrer à ce divin attrait, c'est-à-dire à ce regard unitif que Dieu lui a donné pour qu'elle soit tirée à lui.

Elle voit aussi combien lui est douloureux ce retardement qui la retient de contempler la divine lumière. S'y ajoute l'instinct de l'âme impatiente d'être libérée de cet empêchement, attirée qu'elle est par ce regard unitif. Je dis que tout cela et la vue qu'en ont les âmes, est ce qui engendre en elle la peine du purgatoire.

De cette peine, si grande qu'elle soit cependant, elle ne tiennent pas compte. Elles s'occupent bien davantage de l'opposition qu'elles ont à la volonté de Dieu. Elles le voient brûler pour elles d'un extrême et pur amour. Cet amour, avec son regard unitif, les tire à soi avec une puissance extrême et sans arrêt, comme s'il n'avait autre chose à faire.

C'est au point que si l'âme pouvait découvrir un autre purgatoire plus fort que celui où elle se trouve, elle s'y jetterait aussitôt pour se débarrasser plus vite de cet empêchement. Tant est violent l'amour de conformité entre Dieu et l'âme.

De ce divin Amour, je vois jaillir vers l'âme certains rayons et flammes brûlantes, si pénétrants et si forts qu'ils sembleraient capables de réduire au néant non seulement le corps, mais l'âme elle-même s'il était possible.

Ces rayons opèrent de deux manières: l'une est de purifier, l'autre d'anéantir.

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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Jeu 26 Oct 2006, 15:54

(fin)

Citation :



Vois l'or. A mesure que tu le fonds, à mesure il s'améliore. Tu pourrais le fondre au point de détruire en lui toute imperfection.

Tel est l'effet du feu dans les choses matérielles. Il y a cette différence que l'âme ne peut s'anéantir en Dieu, mais uniquement dans son être propre. Plus tu la purifies, plus aussi elle s'anéantit en elle-même et pour finir elle est toute purifiée en Dieu.

L'or, quand il est purifié à vingt-quatre carats ne se consume plus, quel que soit le feu par où tu le ferais passer. Ce qui peut être consumé en lui, ce n'est que sa propre imperfection.

Ainsi opère dans l'âme le feu divin. Dieu la maintient dans le feu jusqu'à ce que toute imperfection soit consumée. Il la conduit à la pureté totale de vingt-quatre carats, chaque âme cependant selon son degré. Quand elle est purifiée elle reste tout entière en Dieu, sans rien en elle qui lui soit propre, et son être est Dieu.

Une fois que Dieu a ramené à lui l'âme ainsi purifiée, alors celle-ci est mise hors d'état de souffrir encore, puisqu'il ne lui reste plus rien à consumer. Supposé que dans cet état de pureté on la tienne dans le feu, elle n'en sentirait nulle souffrance. Ce feu ne serait autre chose que celui du divin amour de la vie éternelle, sans rien de pénible.

L'âme a été créée munie de toutes les bonnes dispositions dont elle est capable, pour la mettre à même d'atteindre sa perfection, à condition qu'elle vive comme Dieu l'ordonne sans se souiller d'aucune tache de péché.

Mais elle s'est contaminée par le péché originel qui lui fait perdre ses dons de grâce. Elle est morte, elle ne peut ressusciter sinon par Dieu. Quand elle renaît par le baptême, il lui reste l'inclination au mal; cette inclination la conduit, si elle n'y résiste pas, au péché actuel, par quoi elle meurt de nouveau.

Une nouvelle fois, Dieu lui rend la vie. C'est une grâce toute particulière qu'il lui fait, car elle est salie et tournée vers elle-même. Pour la ramener à son premier état telle que Dieu l'a créée, elle a besoin de ces opérations divines, faute desquelles il lui serait à jamais impossible de se tourner de nouveau vers Dieu.

Quand l'âme se met en route pour retourner à son premier état, si grande est l'ardeur qui la presse de se transformer en Dieu que c'est là son purgatoire. Elle ne regarde pas ce purgatoire comme un purgatoire, mais cet instinct brûlant et entravé constitue son purgatoire.

Ce dernier acte d'amour accomplit son œuvre, sans que l'homme y ait part. Il y a dans l'âme tant d'imperfections cachées qu'elle désespérerait s'il lui était donné de les voir. Ce dernier état les consume toutes.

Après qu'elles sont consumées, Dieu les découvre à l'âme pour qu'elle reconnaisse l'œuvre divine accomplie en elle par le feu d'amour. C'est lui qui a consumé en elle toutes ces imperfection qui doivent l'être.

Sache ceci: la perfection que l'homme croit constater en lui n'est pour Dieu que défaut. En effet, tout ce que 1 'homme accomplit sous couleur de perfection, toute connaissance, tout sentiment, tout vouloir, tout souvenir, dès qu'il ne le fait pas remonter à Dieu, tout cela l'infecte et le souille.

Pour que ces actes soient parfaits, il est nécessaire qu'il soient faits en nous sans nous, sans que nous en soyons le premier agent, et que l'opération de Dieu soit faite en Dieu sans que l'homme en soit la cause principale.

Ces actes seuls sont parfaits, que Dieu accomplit et achève dans son amour pur et net, sans mérite de notre part. Ils pénètrent l'âme si profondément et l'embrasent à tel point que le corps où elle se trouve se sent brûler comme s'il était dans un grand brasier qui ne s'éteindra pas avant la mort.

Il est vrai, comme je le vois, que l'amour qui procède de Dieu et rejaillit dans l'âme cause en elle un contentement inexprimable; mais ce contentement n'enlève pas une étincelle de leur peine aux âmes du purgatoire.

Donc, cet amour qui se trouve entravé, c'est lui qui constitue leur souffrance. Cette souffrance est d'autant plus grande que plus grande est la capacité d'amour et de perfection que Dieu a donné à chacune.

Ainsi les âmes du purgatoire ont tout ensemble une joie extrême et une extrême souffrance sans que l'une soit un obstacle pour l'autre.

S'il était donné aux âmes du purgatoire de se purifier par la contrition, en un instant elles acquitteraient leur dette entière, tant serait brûlante l'impétuosité de leur contrition. Car elles voient clairement la gravité de cet empêchement qui les retient de s'unir à Dieu, leur fin et leur amour.

Tiens pour certain que dans ce paiement, elles ne sont quittes d'un seul denier, la justice de Dieu l'ayant ainsi déterminé. Ceci vaut du côté de Dieu.

Du côté de l'âme, elles n'ont plus aucun choix personnel, aucun regard sur elles-mêmes, sans vouloir considérer autre chose que la volonté de Dieu; elles sont ainsi établies.

Si quelqu'un en ce monde fait une aumône à leur intention et qu'ainsi la durée de leur peine soit diminuée, elles ne peuvent se retourner pour en prendre connaissance et s'y attacher. Elles abandonnent tout à l'exacte balance de la volonté divine, elles laissent Dieu tout régler à lui seul, qu'il se paie comme il plaît à sa bonté infinie. S'il leur arrivait de penser à ces aumônes en dehors de la volonté divine, ce serait un retour sur elles-mêmes, elles perdraient de ce fait la vue de ce divin vouloir et cela serait pour elles un enfer.

C'est pourquoi ces âmes restent attachées à tout ce que Dieu accomplit en elles, que ce soit plaisir et contentement ou que ce soit souffrance. Elles ne peuvent plus se retourner sur elles-mêmes, transformées qu'elles sont totalement dans la volonté de Dieu et contentes de ce qu'il décide dans son infinie sainteté.

Si une âme était présentée aux regards divins ayant encore quelque chose à purger, ce serait lui faire une grande injure, ce serait pour elle un tourment pire que dix purgatoires.

La raison en est que ce serait pour la pure bonté et la souveraine justice de Dieu une chose intolérable. De son côté, l'âme verrait qu'elle n'a pas encore pleinement satisfait à Dieu. Ne manquerait-il qu'un clin d'œil de purification, ce serait pour elle aussi chose intolérable. Pour enlever ce rien de rouille, elle irait dans mille enfers (supposé qu'il lui fût accordé de choisir) plutôt que de se trouver face à la présence divine sans être totalement purifiée.

Éclairée sur toutes ces choses à la lumière divine, cette âme bénie disait:

Il me vient une envie de crier avec une telle force que sur la Terre tous les hommes en seraient épouvantés.

Je leur dirais: malheureux, pourquoi vous laissez-vous aveugler à ce point par le monde ? A cette nécessité si pressante où vous vous trouverez au moment de la mort, vous n'avez aucun souci de vous préparer !

Vous vous abritez tous sous l'espérance de la miséricorde divine. Elle est si grande, dites-vous. Mais vous ne voyez pas que cette bonté de Dieu tournera à votre condamnation puisque c'est contre la volonté d'un si bon maître que vous aurez agi.

Sa bonté devrait au contraire vous forcer à faire sa volonté tout entière et non pas vous porter à la présomption de faire le mal.

Sa justice ne peut être frustrée, il faut de toute façon qu'elle soit pleinement satisfaite.

Ne t'encourage pas en te disant: je me confesserai, j'aurai ensuite l'indulgence plénière, je serai d'un seul coup purgé de tous mes péchés, et ainsi je serai sauvé.

Prends garde que la confession et la contrition, requises pour l'indulgence plénière, sont bien difficiles à réaliser. Si tu en avais conscience, tu tremblerais de terreur; tu serais plus assuré de ne l'avoir pas que de l'avoir.

Au purgatoire, je vois les âmes souffrir avec la vue de deux opérations.

La première, c'est qu'elles souffrent de très bon cœur leurs peines. Elles se rendent compte que Dieu leur fait grande miséricorde, considérant le châtiment qu'elles ont mérité, sachant aussi à quel point il leur est nécessaire. Si la bonté divine n'avait tempéré sa justice par sa miséricorde (payant pour elles par le précieux sang de Jésus-Christ), un seul péché mériterait mille enfers éternels.

Aussi subissent-elles de si grand cœur leurs peines qu'elles ne voudraient en retirer un seul carat. Elles savent que ces peines elles les ont méritées en toute justice et qu'elles sont parfaitement réglées. Par suite, elles ne se plaignent pas plus de Dieu (quant à la volonté) que si elles étaient dans la vie éternelle.

L'autre opération est un contentement qu'elles éprouvent à voir comment Dieu agit envers elles, avec quel amour et quelle miséricorde.

Ces deux vues, Dieu les imprime en elles instantanément. Puisqu'elles sont en état de grâce, elles saisissent et comprennent à la mesure de leur capacité. Elles en éprouvent une immense joie, qui ne leur manquera plus; au contraire, elle ira toujours croissant au fur et à mesure qu'elles s'approchent davantage de Dieu.

Ces âmes ne voient point cela en elles-mêmes ni par elles-mêmes ni comme quelque chose qui serait à elles, mais seulement en Dieu.

Elles s'occupent intensément de lui beaucoup plus que de leurs peines, elles tiennent celles-ci pour rien en comparaison de lui.

La moindre vue qu'on puisse avoir de Dieu surpasse toute peine et toute joie que l'homme puisse avoir, mais sans leur enlever une étincelle ni de joie ni de peine.

Cette forme de purification que je vois appliquée aux âmes du purgatoire, je l'éprouve dans mon esprit, surtout depuis deux ans. De jour en jour je la ressens et la vois plus clairement.

Mon âme, à ce que je vois, est dans ce corps comme dans un purgatoire, mais à la mesure réduite que le corps peut supporter, pour éviter qu'il ne meure. Néanmoins cela s'aggrave peu à peu, jusqu'à ce qu'enfin mort s'ensuive.

Je vois l'esprit rendu étranger à toute chose, même d'ordre spirituel, où il pourrait trouver quelque aliment, comme serait joie, plaisir, consolation. Il est hors d'état de prendre goût à quelque chose que ce soit, temporelle ou spirituelle, ni par la volonté, ni par l'entendement, ni par la mémoire. Il m'est devenu impossible de dire: je prends plus plaisir à ceci qu'à cela.

Mon intérieur est assiégé. De toute chose qui portait rafraîchissement à sa vie spirituelle et corporelle il a été dépouillé petit à petit. Chaque fois qu'une de ces choses lui est enlevée il reconnaît qu'elle était de nature à lui donner aliment et réconfort. Aussitôt que l'esprit en prend conscience, il les prend en haine et en abomination et elles s'en vont sans aucun remède.

La raison en est que l'esprit porte en soi l'instinct de se débarrasser de toute chose qui puisse faire obstacle à sa perfection. Il s'y acharne au point qu'il irait presque jusqu'à se laisser mettre en enfer pour atteindre à son but.

Il va rejetant toute chose dont l'homme intérieur pourrait se nourrir, il l'investit de façon si subtile que ne peut passer le moindre fétu d'imperfection sans qu'il ne l'aperçoive et ne le prenne en horreur.

Quant à la partie extérieure, puisque l'esprit n'a plus de correspondance avec elle, elle aussi est assiégée étroitement; il lui devient impossible de se rafraîchir au gré de son instinct humain.

Il ne lui reste d'autre soutien que Dieu. C'est lui qui opère tout cela par amour et avec grande miséricorde pour satisfaire à sa justice.

Cette vue donne à l'esprit grande paix et contentement. Mais ce contentement ne diminue en rien la souffrance ni la compression qu'il subit. Jamais la souffrance ne pourrait devenir cruelle au point qu'il puisse désirer de se dégager de ce que Dieu dispose à son sujet. Il ne sort pas de sa prison, il ne cherche pas à en sortir, tant que Dieu n'aura pas accompli en lui tout ce qui est nécessaire. Ce qui me contente c'est que Dieu soit satisfait. Il n'y aurait pas pour moi de souffrance pire que de m'écarter des desseins de Dieu sur moi, tant j'y vois de justice et de miséricorde.

Tout ce qui vient d'être dit, je le vois, je le touche, mais je n'arrive pas à trouver d'expressions satisfaisantes pour le dire comme je voudrais. Ce que j'en ai dit, je le sens s'opérer en moi spirituellement et c'est pour cela que je l'ai dit.

La prison dans laquelle je me vois, c'est le monde; la chaîne, c'est le corps. L'âme illuminée par la grâce, c'est elle qui connaît l'importance d'être retenue ou retardée d'atteindre sa fin, par quelque empêchement que ce soit. Cela lui cause une peine extrême, car elle est d'une sensibilité aiguë.

De plus, cette âme reçoit de Dieu une certaine dignité qui la rend semblable à Dieu même. Il la fait une même chose avec lui en la rendant participante de sa bonté. Et comme il est impossible qu'une peine quelconque atteigne Dieu, ainsi en advient-il des âmes qui s'approchent de lui. Plus elles s'approchent, plus aussi elles reçoivent de ce qui est propre à la divinité.

Par suite, le retardement qui atteint l'âme lui cause une souffrance intolérable. Cette souffrance et ce retard la rendent dissemblable de ces propriétés qu'elle avait de nature, et que la grâce lui montre; elle est empêchée d'y atteindre, alors qu'elle y est apte, et cela lui cause une souffrance très grande, à la mesure de l'estime qu'elle a de Dieu. Mieux elle le connaît, plus elle l'estime; plus elle est dégagée du péché, mieux elle le connaît. A mesure aussi, l'empêchement lui devient plus terrible d'autant plus que l'âme est toute recueillie en Dieu et rien ne l'empêche de le connaître sans aucune erreur.

L'homme qui est prêt à se laisser tuer plutôt que d'offenser Dieu ressent la mort et en éprouve toute la peine. Mais dans le zèle que lui donne la lumière divine, il place l'honneur de Dieu au-dessus de la mort. Ainsi l'âme qui connaît les desseins de Dieu en fait plus de cas que de toute torture intérieure ou extérieure, si grande qu'elle soit.

C'est que Dieu qui opère en elle ces choses dépasse tout ce qu'on peut en ressentir ou imaginer.

L'occupation, pour faible qu'elle soit, que Dieu donne de lui-même à une âme l'absorbe en lui au point qu'elle ne peut tenir compte de rien d'autre. Par suite elle perd tout retour sur soi, elle ne voit plus rien en elle-même, ni dommage ni peine, elle n'en parle pas, elle n'en sait plus rien. Un instant seulement elle en a connaissance, comme il a été dit, au moment qu'elle sort de cette vie.

Finalement, tirons cette conclusion: Dieu fait perdre à l'homme tout ce qui est de l'homme, et le purgatoire le purifie

_________________
Arnaud
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jo zecat
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Dim 04 Fév 2007, 23:55

LE SAINT CURE D'ARS (1786-1859)

Une dame avait perdu son mari, homme irréligieux, qui avait fini sa vie par le suicide. Inconsolable sur son sort, qu'elle croyait être la damnation éternelle, elle fut amenée par hasard à Ars et chercha à rencontrer le saint Curé pour l'interroger sur le malheureux défunt. Elle réussit à l'approcher et, avant même qu'elle eût pu lui dire un mot, le saint lui murmura à l'oreille : Il est sauvé... Oui, il est sauvé, insista-t-il. La pauvre femme fit un geste de la tête qui voulait dire : Oh ! ce n'est pas possible. Alors, d'un ton affirmatif encore :
« Je vous dis qu'il est sauvé, qu'il est en purgatoire et qu'il faut prier pour lui... Entre le parapet du pont et l'eau il a eu le temps de faire un acte de repentir. C'est la très Sainte Vierge qui a obtenu sa grâce. Rappelez-vous le mois de Marie élevé dans votre chambre. Votre époux irréligieux ne s'y est point opposé ; il s'est même parfois uni à votre prière... Cela lui a mérité un suprême pardon. »
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jo zecat
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MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Dim 04 Fév 2007, 23:56

LE SAINT CURE D'ARS (1786-1859)




Comment pourrai-je faire le tableau déchirant des maux qu'endurent ces pauvres âmes, puisque les saints Pères nous disent que les maux qu'elles endurent dans ces lieux semblent égaler les souffrances que Jésus-Christ a endurées pendant sa douloureuse Passion ? Le feu du purgatoire est le même que celui de l'enfer, la différence qu'il y a c'est qu'il n'est pas éternel. Ce feu est si violent qu'une heure semblent à ceux qui l'endurent des milliers de siècles. Si l'on pouvait comprendre la grandeur de leurs supplices, nuit et jour nous crierions miséricorde pour elles. Il faudrait que le bon Dieu, dans sa miséricorde, permît qu'une de celles qui brûlent dans les flammes parût ici à ma place, tout environnée des feux qui la dévorent et qu'elle vous fît elle-même le récit des maux qu'elle endure. Il faudrait qu'elle fît retentir cette église de ses cris et de ses sanglots. Peut-être enfin cela attendrirait-il vos coeurs ! « Oh ! nous souffrons, crient-elles ! Oh ! nos frères, délivrez-nous de ces tourments : vous le pouvez ! Brûler dans un feu allumé par la justice d'un Dieu ! Souffrir des douleurs incompréhensibles ! Etre dévoré par le regret, sachant que nous pouvions si bien les éviter ! »

Nous lisons dans l'Histoire ecclésiastique qu'un saint resta six jours en purgatoire avant d'entrer dans le ciel. Il apparut ensuite à un de ses amis, en lui disant qu'il avait enduré des souffrances si grandes qu'elles surpassaient toutes celles qu'ont endurées et qu'endureront jusqu'à la fin des siècles tous les martyrs réunis ensemble ! Oh ! mon Dieu, que votre justice est redoutable pour le pécheur ! Cependant qui peut entendre sans frémir le récit de ce qu'on enduré les martyrs, chacun en particulier ? Les uns ont été plongés dans des chaudières d'eau bouillante, d'autres sciés avec des scies de bois ; celui-ci étendu sur un chevalet, déchiré avec des crochets de fer qui lui arrachaient les entrailles ; d'autres foulés aux pieds ; celui-là étendu sur des brasiers ardents, auquel il ne restait que ses os tout noircis et brûlés ; enfin d'autres ont été mis sur des tables garnies de lames tranchantes et qui perçaient de part en part ces innocentes victimes ! Peut-on bien penser à tout cela sans se sentir pénétré de douleur jusqu'au fond de l'âme ? Or une âme en purgatoire souffre encore plus que tous les martyrs ensemble ! Qui pourra donc y tenir ? Mon Dieu, mon Dieu, ayez pitié de ces pauvres âmes !

Mais ce n'est pas là tout leur supplice. Elles souffrent plus encore de la privation de la vue de Dieu. L'amour qu'elles ont pour lui est si grand, la pensée qu'elles sont privées de le voir par leur faute leur cause une douleur si violente que jamais il ne sera donné à un mortel d'en concevoir la moindre idée. Au milieu de ces flammes qui les brûlent, elles voient les trônes de gloire qui leur sont préparés et qui les attendent. Une voix semble leur crier : « Ah ! que vous êtes privés de grands biens ! Si vous aviez eu le bonheur de redoubler vos pénitences et vos larmes, vous seriez aujourd'hui assises sur ces beaux trônes tout rayonnants de gloire ! Oh ! que vous avez été aveugles de retarder un tel bonheur par votre faute ! »

Ah ! mes amis, nous crient ces âmes, s'il vous reste encore quelque amitié pour nous, ayez pitié de nous ! Arrachez-nous de ces flammes : vous le pouvez ! Beau ciel ! Quand te verrons-nous ? Oh ! si vous sentiez la douleur d'être séparés de Dieu. Cruelle séparation !

Hélas ! quand de tels supplices ne dureraient qu'un jour, qu'une heure, qu'une demi-heure, cela paraîtrait infiniment plus long à ces pauvres âmes que des millions de siècles dans les supplices les plus rigoureux ! Pourquoi cela ? Le voici. Quand Dieu punit quelqu'un en ce monde, ce n'est que sous le règne de sa bonté et de sa miséricorde, car si Dieu envoie une infirmité, une perte de biens ou d'autres misères, tout cela ne nous est donné que pour faire éviter les peines du purgatoire ou pour nous faire sortir du péché. Dans l'autre monde, au contraire, Dieu n'est conduit que par sa justice et sa vengeance. Nous avons péché et nous avons passé le temps de sa miséricorde. Il faut que sa justice soit accomplie et sa vengeance satisfaite. « Oh ! qu'il est terrible de tomber entre les mains d'un Dieu vengeur ! »

Au sein de leurs souffrances, si elles ne peuvent rien pour elles-mêmes, ces âmes peuvent beaucoup pour nous. Cela est si vrai qu'il n'y a presque personne qui ait invoqué les âmes du purgatoire sans avoir obtenu la grâce demandée. Cela n'est pas difficile à comprendre. Si les saints qui sont au ciel et n'ont pas besoin de nous s'intéressent à notre salut, combien plus encore les âmes du purgatoire qui reçoivent nos bienfaits spirituels à proportion de notre sainteté !

Ne refusez pas cette grâce, disent-elles, ô mon Dieu, à ces chrétiens qui donnent tous leurs soins à nous tirer des flammes !

... Oui, toutes les fois que nous aurons quelque grâce à demander, adressons-nous avec confiance à ces saintes âmes et nous sommes sûrs de l'obtenir. Quel bonheur pour nous d'avoir, dans la dévotion aux âmes du purgatoire, un moyen excellent pour nous assurer le ciel. Voulons-nous demander à Dieu la douleur de nos péchés ? Adressons-nous à ces âmes, qui, depuis tant d'années, pleurent dans les flammes ceux qu'elles ont commis. Voulons-nous demander au bon Dieu le don de persévérance. Invoquons-les : elles en sentent tout le prix, car il n'y a que ceux qui persévèrent qui verront Dieu. Dans nos maladies, dans nos chagrins, tournons nos prières vers les âmes du purgatoire : elles obtiendront leur effet.

In Sermon du Curé d'Ars pour la commémoraison des défunts.




C'est comme les hirondelles qui sont enfermées dans une chambre : elles cherchent partout une issue pour s'envoler au dehors, elles donnent de la tête contre les vitres, contre le plafond, elles tombent de lassitude, puis quand elles se sont un peu reposées, elles se relèvent, recommencent â voler et veulent toujours échapper ! Pauvres petites hirondelles ! Pauvres âmes du purgatoire ! Qui leur donnera la liberté après laquelle elles aspirent ? - Nous, si leur captivité nous touche !

D'après L. Tocanier, Souvenirs sur le Curé d'Ars.
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jo zecat
Invité



MessageSujet: Re: Une question sur le purgatoire et sa durée   Lun 05 Fév 2007, 00:23

SAINT CURE D'ARS

« Il est certain que ces pauvres âmes ne peuvent rien pour elles-mêmes, mais elles peuvent beaucoup pour nous. Cela est si vrai qu’il n’y a presque personne qui ait invoqué les âmes du purgatoire, sans avoir obtenu la grâce demandée. Cela n’est pas difficile à comprendre : si les saints qui sont dans le ciel et n’ont pas besoin de nous, s’intéressent à notre salut, combien plus encore les âmes du purgatoire, qui reçoivent nos bienfaits spirituels à proportion de notre sainteté. « Ne refusez pas cette grâce, Seigneur, disent-elles, à ces chrétiens qui donnent tous leurs soins à nous tirer des flammes ! » Une mère pourrait-elle refuser de demander au bon Dieu une grâce pour des enfants qu’elle aimés et qui prient pour sa délivrance ? Un pasteur, qui, pendant sa vie, n’aura eu que du zèle pour le salut de ses paroissiens, pourra-t-il ne pas demander pour eux, même en purgatoire, les grâces dont ils ont besoin pour se sauver ? Oui, toutes les fois que nous aurons quelque grâce à demander, adressons-nous avec confiance à ces saintes âmes, et nous sommes sûrs de l’obtenir. Quel bonheur pour nous d’avoir, dans la dévotion aux âmes du purgatoire, un moyen si excellent pour nous assurer le ciel ! » (Josse Alzin, Jean-Marie-Baptiste Vianney, saint curé d’Ars. Sermons, Namur, Éd. du Soleil Levant, 1956, p. 164-165).
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Une question sur le purgatoire et sa durée
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