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 L’Eglise tente de progresser dans l’accueil du handicap

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MessageSujet: L’Eglise tente de progresser dans l’accueil du handicap   Lun 12 Sep 2016 - 21:50

L’Eglise tente de progresser dans l’accueil du handicap

Isabelle Demangeat et Alice Papin, le 11/09/2016 à 12h03

À partir du lundi 12 septembre, Lourdes accueille une rencontre nationale de personnes handicapées.

Ce rassemblement permet d’intégrer davantage les personnes porteuses d’un handicap dans la communauté catholique.


Messe organisée par des associations, dont L’Arche, dans le cadre du festival « Let’s be different », en 2010 à Jambville (Yvelines). / Corinne Simon/Ciric

Célébration eucharistique dans une paroisse à Paris, geste de paix : une jeune fille trisomique tend la main à sa voisine de banc. Celle-ci la serre, puis, se détournant, sort un mouchoir de son sac et s’essuie consciencieusement les mains. Le geste fait frémir. Et indigne encore celle qui le raconte : Bénédicte Bourdel, responsable du service de la catéchèse spécialisée à Paris.

Si celle-ci précise que l’attitude décrite ici est exceptionnelle, elle tient tout de même à remarquer qu’elle témoigne, dans un sens, de la gêne et de la frilosité qu’entourent encore aujourd’hui la question de l’accès et celle de l’intégration des personnes porteuses d’un handicap, essentiellement mental, au sein de l’Église et des paroisses.

Refuser les sacrements aux personnes handicapées mentales

« La maladie psychique reste peu comprise dans l’Église. Il faut réexpliquer sans cesse aux membres de la communauté qu’on connaît des difficultés », explique ainsi Jean-­Marie Cruvelhier, fidèle du diocèse de Limoges souffrant de bipolarité. « Certains prêtres, aujourd’hui certes plutôt rares, continuent de refuser les sacrements aux personnes handicapées mentales », ajoute Philippe de Lachapelle, directeur de l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH) : par peur de les « brader » en les administrant à des personnes qui n’ont pas conscience de la portée de tels gestes ; par angélisme aussi, en pensant que ces personnes « si proches du Seigneur n’en ont pas besoin ».

« Les églises manquent également parfois de place pour que les fauteuils puissent circuler », confie Sophie Basset, habitant à Vanves (Hauts-de-Seine), elle-même atteinte d’un handicap moteur. Alors que plus de quatre millions de Français vivent avec un déficit auditif, seuls une trentaine de diocèses, en France, disposent d’une pastorale adaptée à la surdité selon la Coordination pastorale des sourds de France (CPSF). Et peu de personnes missionnées par l’Église – diacres et prêtres notamment – sont porteuses de handicap.

Catéchèses spécialisées

L’état des lieux peut paraître ­sinon noir du moins bien sombre. Il est pour autant combattu, depuis des années, par des associations, paroisses et diocèses, en France. Ces derniers organisent notamment des rassemblements, comme celui piloté par le Service national famille et société de la Conférence des évêques de France, jusqu’au 15 septembre, à Lourdes (lire ci-dessous). Et lancent des initiatives locales pour faire bouger les choses et les mentalités. C’est le cas notamment à Paris, où, depuis près d’un an, des « veilleurs handicaps » sensibilisent les paroissiens à la question de l’intégration.

Missionnés et formés par le diocèse et avec l’accord de leurs curés, ces derniers veillent à aller rejoindre les personnes handicapées et leurs familles, là où elles sont. « Quand nous observons de nouveaux venus, nous discutons avec eux pour leur faire part de la possibilité des catéchèses spécialisées, raconte ainsi l’une d’entre eux, Isabelle Weinachter. Nous alertons le curé également, essayons de les intégrer davantage à la liturgie en leur proposant de faire une lecture notamment.»

Permettre aux handicapés mentaux de chanter avec leur corps

À Lyon, un jeune curé, le P. Charles-Henri Bodin, a appris la langue des signes. Et à Lille, lors de certains événements, la Pastorale des personnes handicapées du diocèse (PPH) réalise des ateliers Chante avec les mains. « Ils permettent notamment aux handicapés mentaux de chanter avec leur corps, note Christine Bockaert, responsable de la PPH de Lille. En quelque sorte, nous pratiquons le français signé (celui du langage des signes, NDLR) de manière simplifiée. Seuls les termes les plus importants sont exprimés par des gestes. »

À ces initiatives s’ajoutent, à l’échelle du territoire, la coordination nationale pour la PPH et la Pédagogie catéchétique spécialisée (PCS). Son objectif : « Développer des dispositifs pour mieux accueillir les personnes handicapées dans les groupes de catéchèse, selon Isabel de la Taste, en charge de la PCS. Nous avons notamment mis en place la pédagogie des cinq sens grâce à laquelle tous les éléments de la liturgie ou des récits bibliques peuvent être reçus avec les sens. »

Le chemin est long mais Claudie Brouillet, responsable de la coordination nationale pour la PPH, a de bons espoirs pour l’avenir, en particulier grâce à la nouvelle génération des personnes handicapées. « Au contraire de leurs parents qui ont appris à ne pas déranger, les plus jeunes sont plus revendicatifs et n’ont pas peur de demander à avoir accès à la messe, comme tout le monde. »

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Entre 500 et 800 personnes handicapées attendues à Lourdes

La Pastorale des personnes handicapées (PPH) du Service national famille et société de la Conférence des évêques de France organise, jusqu’au 15 septembre, à Lourdes, le rassemblement « Avec un handicap, passionnément vivants ! ».

Réunissant entre 500 et 800 personnes en situation de handicap, cette rencontre a pour but de conforter les personnes porteuses d’un handicap « dans l’idée qu’elles ont une place importante à prendre dans l’Église » et de « recueillir leurs paroles afin de
les diffuser et les partager dans les diocèses ».

Parmi les temps forts : des ateliers rencontres et des interventions, entre autres, de Philippe Pozzo di Borgo dont la vie a inspiré le film Intouchables, et de Jean-Christophe Parisot, haut fonctionnaire, diacre et myopathe.

http://www.la-croix.com/Religion/France/L-Eglise-tente-de-progresser-dans-l-accueil-du-handicap-2016-09-11-1200788154

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MessageSujet: Re: L’Eglise tente de progresser dans l’accueil du handicap   Lun 12 Sep 2016 - 22:02

Le pape François défend la place des handicapés dans la société

Sébastien Maillard, le 13/06/2016 à 16h36

De vendredi à dimanche 12 juin, les personnes malades et handicapées ont été les protagonistes d’un jubilé destiné à promouvoir leur place dans l’Église comme dans la société. Dans son homélie, le pape François a invité le monde à accepter la souffrance et la limitation physique.




Une foule de fidèles malades ou handicapés assistait hier place Saint-Pierre à ce jubilé voulu par le pape François. ZOOM 


En aube blanche, elle tourbillonne devant l’autel, place Saint-Pierre. Avec d’autres personnes handicapées, cette jeune femme exécute une chorégraphie pour un jubilé qui, depuis vendredi et jusqu’à dimanche 12 juin, les a mises non seulement au premier rang comme spectateurs mais sur le devant de la scène comme acteurs. Une manière symbolique de leur faire place dans une société tentée au contraire de les écarter. Voire de les éliminer, comme s’en est inquiété le pape François durant la messe clôturant l’événement.

« On considère qu’une personne malade ou portant un handicap ne peut être heureuse parce qu’elle est incapable de mener le style de vie imposé par la culture du plaisir et du divertissement », a-t-il relevé. En écho à son encyclique sur l’écologie, Laudato si’, son homélie a mis l’accent, au contraire, sur « la réalité de la limite », que la maladie ou le handicap apprennent à accepter. Il a dénoncé leur mise à l’écart dans des « réserves de piétisme et d’assistancialisme, afin qu’elles n’entravent pas le rythme du faux bien-être », ainsi que les cas où l’« on soutient même qu’il vaut mieux s’en débarrasser le plus tôt possible parce qu’elles deviennent un poids économique insoutenable en temps de crise ». Une critique implicite, mais vive, de l’avortement et des récentes légalisations de l’euthanasie à travers le monde.

« Les paroisses doivent accueillir tout le monde »

À contre-courant de ces différentes formes de rejet, la célébration de dimanche à Rome a mis en valeur les personnes avec un handicap. Une des lectures a été faite par une fidèle aveugle, déchiffrant du doigt le texte en braille, et traduite simultanément en langue des signes. L’Évangile a été mimé par des personnes avec un handicap mental. Une théâtralisation inédite pour une messe pontificale à Saint-Pierre. Et une manière d’encourager de tels efforts dans l’Église.

« Ceux qui ont les cinq sens ne sont pas meilleurs que les autres. Nous devons tous avoir la même chance (…) de comprendre la doctrine chrétienne, de recevoir les sacrements », avait plaidé le pape, la veille, en rappelant les oppositions rencontrées par son prédécesseur Pie X lorsqu’il avait décidé d’ouvrir la communion aux enfants, au début du XXe siècle. On lui avait alors opposé que ceux-ci « ne comprennent pas » le sens de l’eucharistie. Ce que certains prêtres répondent encore aujourd’hui aux personnes handicapées qui souhaitent accéder à la catéchèse et aux sacrements.

« C’est toi qui n’es pas capable de comprendre !, a riposté Jorge Bergoglio à ces prêtres, affirmant : Tout le monde peut connaître Dieu. Les paroisses doivent accueillir tout le monde. La discrimination est une très mauvaise chose. Souvent, on justifie le refus en disant : “Il ne comprend pas” ou “Il n’en a pas besoin”, a-t-il poursuivi. En fait, cette attitude montre qu’on n’a pas vraiment compris le sens des sacrements eux-mêmes. »

Le refus de donner la communion aux handicapés est devenu rare

« Qui, de toute manière, saisit pleinement que le pain et le vin sont le corps et le sang du Christ ? » réagit Paola Scarcella venue écouter le pape. Pour elle, qui forme le personnel d’un restaurant de la communauté Sant’Egidio tenu par des handicapés, à Rome, le refus de leur donner la communion existe mais est devenu rare, en pratique : « C’était surtout vrai dans le passé, moins aujourd’hui ». « C’est un problème, à travers le monde, chez quelques prêtres », estime Mgr Rino Fisichella, organisateur de l’Année sainte.

Au-delà de l’accès aux sacrements et de la participation liturgique, ce jubilé a fait valoir aussi les facultés apostoliques et missionnaires des personnes malades et handicapées pour l’Église. « Une personne qui découvre la foi à travers sa souffrance devient plus crédible pour annoncer l’Évangile et aider d’autres à surmonter le sentiment de non-sens de leur propre souffrance », explique Frère Livio, venu présenter samedi 11 juin sa petite communauté fondée dans les années 1950 par l’Italien Luigi Novarese et qui accueille plusieurs consacrés malades.

Mais cet apostolat peut toucher aussi les bien portants. Pour Ghislain du Chéné, coordinateur de Foi et lumière, dont la fille Julie, 28 ans et trisomique, a participé dimanche au mime de l’Évangile, c’est en réalité cette dernière qui l’amène à communier. « Elle me fait découvrir l’intimité des relations avec Jésus, a-t-il ainsi témoigné sur Radio Vatican, confiant même : Elle est mon directeur spirituel. »

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« Le monde ne devient pas meilleur uniquement avec des personnes “parfaites” »

Extrait de l’homélie du pape lors de la messe du dimanche 12 juin

« En cette époque où un certain soin du corps est devenu un mythe de masse et donc une affaire économique, ce qui est imparfait doit être masqué, parce que cela porte atteinte au bonheur et à la sérénité des privilégiés (…). Mais, en réalité, quelle illusion vit l’homme d’aujourd’hui lorsqu’il ferme les yeux face à la maladie et au handicap ! Il ne comprend pas le vrai sens de la vie, qui comporte aussi l’acceptation de la souffrance et de la limite. Le monde ne devient pas meilleur, parce que composé uniquement de personnes apparemment “parfaites”, mais lorsque la solidarité entre les hommes, l’acceptation réciproque et le respect grandissent. (…) La manière dont nous affrontons la souffrance et la limitation est un critère de notre liberté de donner sens aux expériences de la vie, même lorsqu’elles nous semblent absurdes et imméritées. »

Sébastien Maillard

http://www.la-croix.com/Religion/Pape/Le-pape-Francois-defend-la-place-des-handicapes-dans-la-societe-2016-06-13-1200768320

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MessageSujet: Re: L’Eglise tente de progresser dans l’accueil du handicap   Lun 12 Sep 2016 - 22:07

Une journée dans une communauté de l’Arche, à l’école du cœur

La communauté de l’Arche Le Caillou blanc, sur la pointe sud du Finistère, a été fondée il y a trente ans. «La Croix» y a partagé la vie des personnes handicapées et de celles qui les accompagnent.


7 h 30  Un lever tout en douceur


Alors que le jour vient à peine de se lever, les premières lumières allumées sont celles de la chapelle. Une dizaine de personnes engagées dans la communauté du Caillou blanc s’y retrouvent pour la prière du matin. À quelques pas de là, le Cadran solaire, l’un des trois foyers de la communauté, installé dans une vieille et belle maison bretonne au cœur de Clohars-Fouesnant (Finistère), s’éveille en douceur.

Bénédicte, responsable du foyer, qui, pour ce début d’année, dort sur place, est la première à descendre après avoir réveillé Camille qui aime avoir du temps pour se préparer. Certains diraient que Camille est trisomique. Ici, pour tous, elle est Camille. Une jeune femme de 32 ans. Une princesse. Du reste, l’usage du prénom est ici pour tous la règle.

Bénédicte est bientôt rejointe par Pauline et Priscilla, deux jeunes engagées en service civique. Le café est mis en route. La bouilloire à chauffer. Comme chaque jour, Marthe arrive, petit bout de femme pleine d’énergie, suivie par Jean-René, puis Xavier. Camille descend à son tour, parée de ses bijoux mais un peu bougonne, alors qu’elle a le don de mettre une bonne ambiance dans le foyer.

En mélangeant son bol de chocolat, Marthe demande à Bénédicte à quelle heure vient sa maman. Une fois par an, plus souvent si nécessaire, une réunion de synthèse permet aux assistants de faire le point sur les progrès ou les difficultés de chacune des personnes accueillies, puis une rencontre avec les parents permet de les associer au projet tel qu’il a été défini. Pour Marthe, il s’agit surtout de l’aider à canaliser son énergie et à être plus juste dans ses relations avec les autres.

Aujourd’hui, Yann peut se lever un peu plus tard, prendre un peu plus de temps pour se préparer. Quant à Camille, elle a encore une heure devant elle avant de se mettre en route pour l’atelier découverte. « Je gère le quotidien des personnes, mais surtout je fais en sorte que chacun se sente bien, grandisse, précise Bénédicte, qui occupa un poste à responsabilité chez Dior avant de changer de voie puis de s’engager à l’Arche  . Ce n’est pas toujours facile, mais heureusement, le pardon est bien présent. »

8 h 30 ​Rendez-vous à l’Esat


Vêtus de leur tenue de travail, Jean-René et Xavier ont rejoint par un chemin aménagé en lisière de bois la Ferme du pont, à moins de cinq minutes à pied du foyer. Marthe, qui a pris les devants, a déjà retrouvé d’autres personnes accueillies à la communauté, dont certaines, externes, vivent seules dans des appartements ou dans leurs familles. Toutes ont en commun de travailler dans l’un des trois ateliers de l’établissement et service d’aide par le travail (Esat).

L’atelier d’ébénisterie, qui produit de magnifiques meubles et toutes sortes d’objets de qualité, se trouve en retrait de la Ferme. Il s’agit du premier lieu de travail créé par Bertrand et Marie-Hélène Aupècle, qui sont à l’origine de la communauté.

« Au départ, explique Marie-Hélène, alors que nous avions redécouvert une foi personnelle, nous voulions mener une vie simple, accueillante. Nous avons proposé à des jeunes paumés de travailler à la ferme avec nous. Nous élevions alors des dindes. Puis Dominique, handicapé mental, nous a rejoints. Tout le monde se rassemblait autour de lui. Il n’y avait plus ni contremaître ni ouvrier. Il nous a révélé ce à quoi nous aspirions. Alors nous avons pris contact avec l’Arche. Et dans le même temps, Bertand s’est formé à l’ébénisterie… ».

L’atelier menuiserie occupe, quant à lui, de vastes hangars à la Ferme du pont. Récemment, il a fabriqué puis installé 33 fenêtres à l’abbaye de Boquen (Côtes-d’Armor). Une semaine de travail intense et délicat. Aujourd’hui, Jimmy et Lionel réalisent un abri de jardin. Yvon et Serge façonnent des pieds de bancs pour une marque de bière bretonne qui sera présente au départ de la Route du Rhum. Jean-René, arrivé il y a trente ans dans la communauté, fend du petit bois pour faire des bûchettes.

« On prend chacun où il en est, en sachant pouvoir compter sur sa conscience professionnelle », explique Yann, assistant et responsable de l’atelier. « On s’attache à eux, reconnaît de son côté Florent, autre assistant. Si on se blesse, comme je l’ai fait avec Jimmy à qui j’avais demandé plus qu’il ne pouvait, on se demande pardon, et on repart, un peu différent. »

Les ouvriers de l’atelier « espaces verts » ont, eux aussi, rejoint leur lieu de travail. La plate-forme de bûcheronnage, où, aux beaux jours, ils coupent du bois de chauffage. Ou tel ou tel jardin de particulier, qu’ils conçoivent ou entretiennent. « On s’efforce d’être compétent et professionnel, mais en même temps, on travaille dans un climat de fraternité et de bienveillance et on cherche le meilleur pour chacun », assure Baptiste, responsable de cet atelier.

« Le travail artisanal fait partie de l’ADN de la communauté, précise Bruno Vandenberghe, ingénieur du bâtiment de formation, engagé à l’Arche avec son épouse Charlotte depuis treize ans, et, depuis peu, directeur du Caillou blanc. Nous nous préoccupons aussi de témoigner de la beauté de ce que nous vivons, de la transformation de nos cœurs par les personnes fragiles. En 2006, nous avons créé une maison d’accueil pour les scolaires ou les jeunes qui viennent découvrir la communauté. Et depuis de nombreuses années, nous organisons des « chantiers jeunes » en Lituanie, en Albanie, en Roumanie, en Ukraine. Des jeunes adultes partent avec des membres de la communauté pour soutenir des projets autour du handicap. Si la communauté va bien, si elle rayonne, c’est aussi en raison de cette ouverture. »

12 h 30 Un repas de midi fait maison

Chacun rejoint le lieu de son déjeuner, au sein de l’un des trois foyers. Ou de la salle à manger des externes, à la Ferme. Les repas, comme tous les matins, du lundi au vendredi, ont été confectionnés à l’atelier cuisine. Vêtues des habits blancs de rigueur, Marthe et Karine ont épluché puis coupé en cubes aubergines, tomates, poivrons. Donatienne a fait de même avec des oignons qu’elle a mis à dorer dans une grande marmite, avant de faire revenir des lardons. Hedwige a confectionné des bricks au fromage de chèvre. « C’est une sacrée aventure de fabriquer chaque jour 50 à 60 repas équilibrés, en respectant scrupuleusement les règles d’hygiène dans cette cuisine complètement mise aux normes », confie Blandine, responsable de l’atelier.

À table, où personnes accueillies, assistants, volontaires, et invités du jour se côtoient, petites histoires et plaisanteries vont bon train. Certains parlent aussi du prochain pèlerinage à Notre-Dame-du-Laus, de leur premier cours de danse ou de l’achat d’un chapeau pour un mariage. Repas plein de gaieté, qui donne envie d’aimer la vie.

14 heures. Des activités adaptées au rythme de chacun

Reprise des ateliers. Ceux qui ne peuvent pas travailler rejoignent, comme ils l’ont fait le matin, l’atelier découverte. Fabrication du pain ou de puzzles en bois, travail au potager, activités psychomotrices, piscine, promenades… « Le but, c’est d’entretenir les acquis, mais en s’adaptant au jour le jour à chacun, explique Samuel, responsable de l’atelier pendant huit ans.

Ceux qui le souhaitent participent aussi à tour de rôle à l’activité cheval, une véritable passion pour Jean-Pierre qui se blottit contre « Idée noire », le brosse, avant de monter, au pas, au trot… sous l’œil attentif de Monique. Pour Bertrand, dont l’équilibre et la confiance sont moins assurés, son rôle est un peu différent. « Pour lui, l’important c’est de pouvoir prendre peu à peu de l’assurance », dit-elle. À l’atelier découverte, les Compagnons, limités par un vieillissement parfois précoce ou une fatigue durable, ont un programme spécifique. Au choix, maquillage, bien-être, film, sortie à la mer… avec Benoît qui veille avec une infinie douceur à leur bien-être.

19 h 30. Le temps précieux de la prière

À 17 h 30, les externes sont rentrés chez eux. Les autres ont regagné leur foyer. Après le goûter, ils ont pris une douche, puis ceux qui n’étaient pas de préparation de repas ont colorié, joué aux cartes, téléphoné à leur famille, à leurs amis, ou recherché un peu de solitude.

Avant le repas du soir, tout le monde se retrouve au salon pour la prière. Au Cadran solaire, chacun à son tour prend la parole, une bougie au creux de la main. « Merci, Seigneur, pour cette belle journée, pour le travail accompli et pour le soleil »,commence Xavier l’artiste, doux et doué pour les relations, qui a « trouvé » au Caillou blanc son identité. « Je te confie ceux qui souffrent en Ukraine, qui ne savent plus vivre ensemble et se respecter », poursuit Yann, curieux de tout, drôle et tellement touchant… Ce temps, qui n’a rien d’obligatoire, revêt pour chacun une importance particulière. Comme la messe du dimanche, vécue dans l’une ou l’autre des églises du canton, avec le P. Armand Guézingar, curé de la paroisse et accompagnateur de la communauté, les habitants et les familles des assistants, dont la plupart sont de jeunes parents. Comme aussi les nombreuses fêtes de la communauté.

20 h 30. Soirée tisane et coucher de Ronan

Le repas est terminé, la vaisselle dans le lave-vaisselle, la table nettoyée. Au salon, Camille s’installe avec ses bijoux, et le grand sac dont elle ne se sépare pas. Elle fait un coloriage. Comme Marthe , qui trouve là un bon moyen de lutter contre le stress. Yann parle de son dernier voyage en Islande avec sa maman. Xavier montre le texte titré « La vie a du sens » écrit il y a trois semaines, alors que les cauchemars l’empêchaient de trouver le repos. Jean-René, caché derrière les verres épais de ses lunettes, se tait. Moment de grâce et de paix au goût de tisane.

Au foyer Ty levenez (« maison de la joie ») à Pleuven, chacun est aussi à l’unisson de l’autre, de son doux bavardage ou de son silence. Ronan, lui, est déjà couché. Un infirmier est venu aider à le mettre au lit. Trisomique, cet homme charmeur et bavard est aujourd’hui totalement dépendant. Après la prière, Johanna, jeune volontaire venue de Bavière, l’a installé à table avec les autres, lui a donné son repas mixé très fin et de l’eau gélifiée. Ronan lui a tenu la main, l’a regardée d’un œil parfois pétillant, lui a adressé quelques mots bien peu intelligibles.

Mais qu’importe. Johanna s’est déjà mise à l’école du cœur. Comme David. Arrivé en février, il sait déjà la richesse de ces relations simples qui « font tomber les barrières qui protègent sa vulnérabilité » et le conduisent « vers ce qu’il y a de plus vrai en lui ». Il a expérimenté « l’amour en action », « la tendresse des gestes ». Profondément marqué par la fin de vie de Jean-Pierre, décédé il y a deux mois, il a aussi découvert qu’on pouvait rencontrer la mort sans peur, sans drame et continuer à parler au quotidien de celui dont la petite flamme de sa vie si fragile s’est éteinte. Au cours de la soirée, il ira tenir un peu compagnie à Ronan.

« Au départ, les personnes accueillies étaient plutôt en situation d’insertion, puis nous avons accueilli des personnes plus fragiles, avec un handicap de naissance doublé d’une psychose, une histoire personnelle trop lourde ou un handicap psychique, explique Nicolas de Carné, ancien directeur du Caillou blanc, devenu coordinateur ouest de l’Arche. Aujourd’hui, nous sommes amenés à réfléchir à la manière d’accompagner le vieillissement, en nous posant à chaque fois la question : sommes-nous toujours bien-traitants ? »

22 heures. L’heure de veille commence

Pour beaucoup, la nuit sera calme. D’autres seront saisis par l’angoisse et les volontaires viendront les rassurer. Au foyer Saint-Joseph, un assistant passera la nuit aux côtés de Pascal. Ce grand et bel homme avec un handicap mental, habituellement heureux et positif, souffre depuis plusieurs années de la maladie de Parkinson. Suivi par des spécialistes, par un médecin qui a fait le choix de s’installer dans cette pointe Finistère pour être proche de la communauté et par Marie, infirmière et assistante au service de la communauté, Pascal, désormais complètement dépendant, ne peut plus rester seul. À tour de rôle, les assistants se relaient pour passer, une fois ou deux par mois, la nuit à ses côtés.

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Une-journee-dans-une-communaute-de-l-Arche-a-l-ecole-du-caeur-2014-09-26-1212546  (pour voir la vidéo surtout, car je n'arrive pas à la mettre !)

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