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 Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise

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MessageSujet: Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise   Lun 05 Sep 2016, 11:21

Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise

2016-09-01 Radio Vatican

Le programme de la visite du Pape François à Assise pour la Journée mondiale de prière pour la paix le 20 septembre prochain a été dévoilé ce jeudi 1er septembre. Le thème de cette journée est « Soif de Paix. Religions et cultures en dialogue ». La visite du Pape interviendra le troisième et dernier jour de la rencontre interreligieuse.

À son arrivée vers 11H, le Saint-Père sera accueilli par Mgr Domenico Sorrentino, l’archevêque d’Assise, le président de la région Ombrie, le préfet de Pérouse et la maire d’Assise. Le Pape François se rendra ensuite au couvent sacré d’Assise où il rejoindra Bartholomée I, le Patriarche œcuménique de Constantinople. Le primat de l'Église anglicane Justin Welby, l’archevêque de Canterbury, le patriarche syriaque orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient Ignace Efrem II seront aussi présents, ainsi que des représentants musulmans et juifs. Le Saint-Père les rencontrera tous un à un dans l’après-midi. Le Père Mauro Gambetti, le Custode du couvent d’Assise sera aussi sur place.

Discours du Pape pour la cérémonie finale

Le Pape déjeunera ensuite, avec à sa table quelques victimes de la guerre. Pendant le repas, Marco Impagliazzo, le président de la communauté Sant'Egidio, rappellera le 25e anniversaire du patriarcat de Bartholomée Ier.

À 16H, ce sera l’heure de la prière pour la paix. La prière œcuménique des chrétiens aura lieu à la basilique inférieure de San Francesco. Et puis à 17H15 aura lieu sur la Piazza San Francesco, la cérémonie finale. Le Pape fera un discours, avant la lecture d’un Appel à la paix qui sera ensuite signé, puis remis en mains propres aux enfants de différents pays. Il y aura aussi un moment de silence pour les victimes de la guerre. Des messages du Patriarche Bartholomée Ier, d’un représentant musulman et d’un représentant du judaïsme, du Patriarche bouddhiste japonais et du fondateur de la communauté Sant’Egidio seront aussi lus lors de la cérémonie.

Cette rencontre d’Assise se tient près de 30 ans après la rencontre historique à laquelle avait participé Saint Jean-Paul II. C’était le 27 octobre 1986. « Le défi de la paix transcende les différences religieuses » avait –il alors déclaré.

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MessageSujet: Re: Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise   Dim 18 Sep 2016, 21:47

Assise s'apprête à accueillir une nouvelle rencontre interreligieuse

- Le 20 septembre, la ville d’Assise sera de nouveau le théâtre d’une rencontre interreligieuse, 30 ans après celle historique qui réunit le pape Jean-Paul II et 120 responsables religieux.

"Soif de paix”, c’est le nom de la rencontre internationale organisée du 18 au 20 septembre prochain. Une rencontre à laquelle participera le Pape François pour la dernière journée. Trente ans après la rencontre d’Assise convoquée par Jean-Paul II qui avait réuni environ 100 leaders religieux, près de 500 responsables sont attendus cette année, parmi lesquels Bartholomée Ier, le patriarche de Constantinople, ou encore Justin Welby, l’archevêque de Canterbury.

Nous avons interrogé Marco Impagliazzo, le président de la communauté Sant’Egidio, qui fait partie des organisateurs de cette rencontre, avec le diocèse d’Assise et la Famille Franciscaine.

Pour lui, l’esprit d’Assise est de se désolidariser de la violence des religions, dans un contexte marqué par le terrorisme. La rencontre veut être l’écho des peuples qui souffrent, et non seulement des leaders.

pour écouter : http://fr.radiovaticana.va/news/2016/09/13/assise_sapprête_à_accueillir_une_nouvelle_rencontre_interreligieuse/1257852

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MessageSujet: Re: Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise   Lun 19 Sep 2016, 08:39

Il est demandé par François que tous les chrétiens prient demain Mardi 20 septembre à l'intention de la Paix dans le monde .

Cette demande avait déjà été faite en 2013 lorsque les états unis (et la france ) menaçaient de bombarder la Syrie . On sait aujourd'hui que le risque de confrontation mondiale était très élevé
car la Russie avait déployé des moyens de défense antiaériens et antimissiles rendant cette attaque
quasiment impossible sans pertes majeures pour la coalition .
On sait que les tensions sont très vives à l'heure actuelle et l'imbroglio sur le terrain est hyper dangereux . à Bon entendeur .... Salut !
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MessageSujet: Re: Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise   Lun 19 Sep 2016, 10:15

MERCI Oculus pour cette annonce


En communion avec la rencontre d'Assise, le Pape invite à prier pour la paix


2016-09-18 Radio Vatican

(RV) Lors de la prière de l’Angélus, le Pape a évoqué son prochain déplacement à Assise, en Ombrie, ce mardi 20 septembre, où il participera à la 30e édition des Rencontres internationales pour la paix organisées par les franciscains d'Assise et la communauté de Sant’Egidio, près de 30 ans après la rencontre historique, convoquée par le Saint Pape Jean-Paul II, le 27 octobre 1986.

«J’invite les paroisses, les associations ecclésiales et les fidèles du monde entier», à prier pour la paix en ce jour. «La guerre est partout, nous devons prier ensemble pour la paix», a insisté le Pape, sous les applaudissements des fidèles réunis Place St Pierre…

«À l’exemple de Saint François, homme de fraternité et de douceur, a-t-il encore ajouté, nous sommes tous appelés à offrir au monde un témoignage fort de notre engagement commun pour la paix et la réconciliation entre les peuples».


Méditation sur l'Évangile du jour

Le Pape s'est auparavant arrêté sur l'Évangile du jour, tiré de Saint-Luc : «Nul ne peut servir deux maîtres» : Avec la parabole du gérant malhonnête, Jésus nous invite à choisir entre deux voies : la sienne, celle de la rectitude et du partage, ou celle du monde, marquée par l’avidité et la corruption.

Jésus loue l’habileté du gérant malhonnête. Il ne le présente cependant «pas comme un modèle à suivre, mais comme un exemple de ruse». À ce style de vie proprement mondain, fait de corruption, d’illusion, d’abus, somme toute facile à suivre, nous devons répondre avec ce que le Pape appelle «l’astuce chrétienne», laquelle requiert un «style de vie sérieux mais joyeux», honnêteté et rectitude, «respect des autres et de leur dignité».

Ce sont à ces deux voies diamétralement opposées que le Christ nous invite à réfléchir, et c’est un choix ferme qui nous est demandé : entre «honnêteté et malhonnêteté, entre altruisme et égoïsme, entre le Bien et le mal». «On ne peut osciller entre l’une et l’autre», assure le Pape, car ces voies impliquent des «logiques différentes et contraires». La conclusion du passage évangélique de ce dimanche est d’ailleurs catégorique : «nul ne peut servir deux maitres, ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre» (Luc 16, 13).

Jésus nous pose donc devant «un choix clair, entre Lui et l’esprit du monde», entre la «logique de la corruption et de l’avidité, et celle de la rectitude et du partage». L’usage de la corruption s’apparente à celle des drogues, affirme le Pape. «On pense pouvoir en user, et s’arrêter quand on veut». Or la corruption produit une certaine dépendance, «génère pauvreté, exploitation, souffrance». «Combien de victimes de cette corruption dans le monde, aujourd’hui !», a-t-il déploré.

En choisissant au contraire la voie de l’Évangile, celle de l’intégrité, nous devenons «artisans de paix et ouvrons des horizons d’espérance pour l’humanité». «Dans la gratuité et le don de nous-mêmes, a-t-il conclu, nous servons le maître juste : Dieu».

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monge



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MessageSujet: Re: Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise   Lun 19 Sep 2016, 12:25

je n'ai pas vécu la première guerre mondiale, ni la deuxième. Je pense que ce serait une expérience formidable si je pouvais vivre une troisième guerre mondiale! j'aurais alors des histoires impressionnantes à raconter à mes petits enfants (si j'y survie...).
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Oculus



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MessageSujet: Re: Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise   Lun 19 Sep 2016, 13:09

monge a écrit:
je n'ai pas vécu la première guerre mondiale, ni la deuxième. Je pense que ce serait une expérience formidable si je pouvais vivre une troisième guerre mondiale! j'aurais alors des histoires impressionnantes à raconter à mes petits enfants (si j'y survie...).

Pourtant ce ne sont pas les terrains de guerre qui manquent en Afrique , je vous conseillerai au choix : Le Sud Soudan , l'Erythrée , la Somalie ,la Libye, le Zaïre plus particulièrement dans ses frontières avec le rwanda-burundi et l'Ituri ,
le zimbabwe était pas mal non plus avec Mugabe mais il se dit qu'il pourait renoncer , le Gabon est peut être ce qui se rapproche le plus de chez vous et qui pourrait se rapprocher de la guerre , tout en vous signalant que vous avez loupé la Côte d'Ivoire , Le Libéria ,Boko haram au Nigeria , Le Rwanda, Le Biafra , Le Tchad ,la république centre africaine , l'Angola , le Mozambique et au cameroun aussi nos petits exploits français coloniaux , qu'est-ce que vous avez foutu pendant tout ce temps ?? Mr.Red
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MessageSujet: Re: Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise   Lun 19 Sep 2016, 14:10

monge a écrit:
je n'ai pas vécu la première guerre mondiale, ni la deuxième. Je pense que ce serait une expérience formidable si je pouvais vivre une troisième guerre mondiale! j'aurais alors des histoires impressionnantes à raconter à mes petits enfants (si j'y survie...).

n'importe quoi là vraiment ! carton rouge

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MessageSujet: Re: Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise   Lun 19 Sep 2016, 14:34

La première rencontre d’Assise en cinq questions

Anne-Bénédicte Hoffner, le 19/09/2016 à 12h06

Mardi 20 septembre, le pape François participe à la 30e édition des rencontres internationales pour la paix organisées par la communauté de Sant’Egidio, dans « l’esprit d’Assise ». Retour sur la première « Journée mondiale de prière pour la paix » le 27 octobre 1986, au cours de laquelle Jean-Paul II recevait des représentants des grandes traditions religieuses.



Jean-Paul II à la Journée de prière pour la paix à Assise avec des personnalités de 12 religions différentes, le 27 octobre 1986.ZOOM 


1/Comment est née la rencontre d’Assise ?


Rencontre des religions du monde, Assise est dès le départ tournée vers la paix : les racines de cet événement inédit, et même novateur, sont à rechercher dans ces deux directions.

En 1986, le dialogue interreligieux n’en est encore qu’à ses prémices. En 1970, une Conférence mondiale des religions pour la paix a vu le jour lors d’une rencontre à Kyoto, à laquelle a participé Paul VI. Entre chrétiens, le désir de quelques-uns d’aller vers l’unité avait abouti à la création du Conseil œcuménique des Églises en 1948, composé toutefois, à ses débuts, d’Églises essentiellement « protestantes et occidentales ».

Côté catholique, le concile Vatican II – et sa déclaration Nostra aetate – ont marqué un réel changement de perspective dans la manière dont l’Église regarde les autres confessions chrétiennes et les autres religions. Les papes lancent aussi une série de voyages apostoliques, concrétisant le désir de Paul VI d’un « dialogue avec le monde ». Assise s’inscrit ainsi « à la suite des voyages de Jean-Paul II en Turquie en 1979, au Maroc en 1985, et de sa visite à la synagogue de Rome le 13 avril 1986 », rappelle l’historien Jean-Dominique Durand (1).

Mais la rencontre s’inscrit également dans le contexte de l’« année internationale de la paix » proclamée par les Nations unies, alors que le monde est encore séparé en deux blocs. Or, pour le pape Jean-Paul II, la paix n’est pas seulement la trêve des armes, ou le résultat de négociation : paix et prière sont indissociables à ses yeux et les religions ont une responsabilité spécifique dans l’histoire de l’humanité. Il souhaite réunir les confessions chrétiennes – la rencontre est annoncée à l’issue de la Semaine pour l’unité des chrétiens, le 25 janvier 1986 – mais aussi les grandes religions non chrétiennes pour prier pour la paix.

2/ Comment la rencontre a-t-elle été préparée ?

Côté chrétiens, des échanges réguliers ont lieu avec le Conseil œcuménique des Églises ; il faut également surmonter les réticences orthodoxes ou évangéliques. De leur côté, les conférences épiscopales sont chargées localement d’inviter des représentants des autres religions : une méthode qui a le mérite de les inciter à s’engager à leur tour dans un dialogue jusque-là surtout mené par le Saint-Siège…

Dans un souci d’ouverture, la décision est prise de ne pas organiser la rencontre à Rome, mais à Assise, la ville de saint François, figure respectée dans plusieurs traditions religieuses, un jour « neutre » de la semaine, le lundi. Pour le reste, et comme le raconte volontiers le cardinal Etchegaray, « tout était à inventer, jamais on n’avait vu l’ensemble des religions se réunir pour prier » : « Nous n’avions alors aucune référence, aucun point de repère, nous devions inventer, imaginer une manière d’être ensemble » (2).

3/ Quelles étaient les craintes ?


Alors président du Conseil pontifical Justice et Paix, le cardinal Roger Etchegaray réunit à plusieurs reprises les cardinaux de la Curie pour leur exposer le projet. « En fait, ils n’étaient pas vraiment opposés. Mais ils posaient tous la même question : comment éviter le risque de relativisme ? Comment éviter de laisser penser que toutes les religions sont égales ? », résumait-il lors du 25e anniversaire de la rencontre (lire La Croix du 21 octobre 2011). Tout le monde notera l’absence à Assise du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI… Jean-Paul II, lui, ne cesse de rappeler son objectif : « Être ensemble pour prier, et non pas prier ensemble. »

4/ Que s’est-il passé le 27 octobre 1986 ?

« Ce 27 octobre 1986, il faisait froid sur la cité de saint François. Aux côtés de Jean-Paul II en manteau blanc, le dalaï-lama s’était emmitouflé dans un tissu safran, la barbe du métropolite orthodoxe de Constantinople flottait à tous les vents et le grand chef indien d’Amérique grelottait. Ils étaient 130 responsables religieux venus du monde entier, à l’appel de l’évêque de Rome, jeûner et prier pour la paix », raconte l’envoyé spécial de La Croix, le P. Michel Kubler.

32 délégations chrétiennes, 28 représentants de religions et sagesses non chrétiennes (juifs, bouddhistes, musulmans, hindous, religions traditionnelles d’Amérique et d’Afrique, shintoïstes, sikhs, jaïns et zoroastriens) et un millier de journalistes ont fait le déplacement. Après avoir salué individuellement ses invités, le pape rappelle en préambule qu’il ne s’agit ni d’une « conférence interreligieuse pour la paix » ni d’une « négociation sur nos convictions de foi », mais « d’un jour consacré à la prière et à ce qui va avec la prière : le silence, le pèlerinage et le jeûne ».

Conformément à son souhait, « des prières séparées, dans des lieux différents » ont été organisées, permettant à chaque groupe de « s’exprimer dans son propre rite traditionnel ». En début d’après-midi, tous convergent en silence vers l’esplanade de la basilique inférieure de Saint-François : se détachant du cercle, « l’un après l’autre », chaque groupe « présente sa propre prière ». Après un temps de méditation silencieuse, les participants « expriment symboliquement leur engagement » pour la paix.

5/ Quelles sont les suites ?


Dans les années qui suivent, la communauté de Sant’Egidio reprend le flambeau et propage cet « esprit d’Assise » en organisant chaque année des rencontres internationales. En 1993, en pleine guerre des Balkans, le pape Jean-Paul II exprime le souhait d’une nouvelle journée de « jeûne et de prière pour la paix », puis à nouveau au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.

Devenu pape, Benoît XVI reprend lui aussi à son compte cet héritage, avec des inflexions : dans son message pour le 20e anniversaire d’Assise en 2006 – quelques semaines après la controverse de Ratisbonne (3) –, il qualifie la rencontre d’« intuition prophétique », de « moment de grâce », mais rappelle aussi son souci que « la convergence des différences ne (donne pas) l’impression de céder à un relativisme qui nierait le sens même de la vérité et la possibilité de l’atteindre ». En 2011, Benoît XVI choisit de célébrer solennellement le 25e anniversaire de la rencontre, et innove en invitant également des non-croyants.

Anne-Bénédicte Hoffner


(1) L’Esprit d’Assise. Discours et messages de Jean-Paul II à la communauté de Sant’Egidio. Une contribution à l’hitoire de la paix. Cerf, 2005.

(2) « La nouvelle génération d’Assise », La Croix du 6 novembre 2011.

(3) Le discours du pape Benoît XVI sur le rapport entre raison et foi, le 12 septembre 2006 à l’université de Ratisbonne en Allemagne, provoqua une polémique mondiale.

http://www.la-croix.com/Religion/Monde/La-premiere-rencontre-d-Assise-en-cinq-questions-2016-09-19-1200790061

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MessageSujet: Re: Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise   Lun 19 Sep 2016, 14:40

Assise, l’histoire d’une rencontre

FRÉDÉRIC MOUNIER (A Rome), le 21/10/2011 à 16h45

Le 27 octobre 1986, Jean-Paul II organisa la rencontre interreligieuse d’Assise.

Jeudi 27 octobre, vingt-cinq ans plus tard, Benoît XVI lui emboîtera le pas.

Il aura 90 ans l’an prochain, mais le vice-doyen du Collège des cardinaux garde l’œil vif et le pas alerte. Surtout, le cardinal Roger Etchegaray, l’ancien « ministre des affaires humanitaires » de Jean-Paul II, jubile, à la lumière du magnifique automne romain : « J’ai mon billet ! » « Et pourtant, je n’ai rien demandé », s’empresse-t-il de préciser.

Le précieux sésame lui permettra d’embarquer, jeudi 27 octobre, à bord du train spécial pour Assise, aux côtés de Benoît XVI, comme il y a vingt-cinq ans avec Jean-Paul II. Les sept voitures emporteront plus de 100 représentants des religions, sagesses et traditions spirituelles du monde, mais aussi des hommes et des femmes de culture, et des athées, vers la cité ombrienne de saint François. Objectif, à l’invitation de Benoît XVI, se rencontrer pour donner au monde un signe de paix.

Cette aventure inédite plonge ses racines dans un courrier « intrigant », se souvient le cardinal Etchegaray, adressé, le 10 juin 1985, à Jean-Paul II. Il était signé d’un physicien luthérien allemand, Carl Friedrich von Weizsäcker. Alors âgé de 73 ans, directeur de l’institut Max-Planck et aussi frère du président de la République fédérale, il avait refusé de participer à la fabrication d’une bombe atomique allemande. « Il faut se souvenir de ces années-là ! martèle le cardinal français, qui présidait alors la Commission pontificale Justice et Paix. Le monde était coupé en deux, et la menace nucléaire planait sur l’humanité. »

Naissance de l’idée d’une rencontre interreligieuse

Dans ce contexte de tension extrême, le physicien luthérien proposait au pape un « concile de la paix, une assemblée mondiale de chrétiens pour la paix, la justice et – déjà ! – la protection de la création ». « J’ai eu cette lettre en main », se souvient le cardinal Etchegaray. « Ce fut la véritable “chiquenaude” qui a donné naissance à l’initiative d’Assise », affirme-t-il aujourd’hui.

Mais l’accouchement prit son temps. Jean-Paul II convoqua, outre le cardinal Etchegaray, le cardinal néerlandais Willebrands et son adjoint français, le P. Pierre Duprey, tous deux en charge des dossiers œcuméniques, sans oublier le cardinal nigérian Arinze et son adjoint le P. Marcello Zago, religieux oblat italien, pour la dimension interreligieuse.

« Comment concrétiser l’appel de Weizsäcker ? » Rapidement, l’hypothèse d’un « concile de la paix » fut écartée : « Le pape ne pouvait pas, canoniquement, l’assumer. Et puis il estimait, se souvient le cardinal Etchegaray, que l’Église n’était pas prête à cela. » Il fallait donc trouver autre chose, qui puisse concerner toutes les religions et que le pape puisse assumer. Ainsi naquit l’idée, inédite, d’une rencontre interreligieuse de prière. Avec trois questions difficiles : Où ? Comment ? Quand ? Sur ces trois points, Jean-Paul II prit personnellement ses décisions.

Surprise à l’annonce publique du projet

Où ? Le 5 novembre 1978, le pape polonais, à peine élu, s’était rendu à Assise. La cité du Poverello lui est chère. Il se souvient de la rencontre pacifique de saint François, en 1219, en pleine croisade, avec le sultan. Ce sera donc la cité ombrienne. Comment ? Tout de suite, se souvient le cardinal Etchegaray, apparut « la » difficulté : « Comment prier avec les autres, sans pour autant prier ensemble, puisqu’ils ne prient pas le même dieu ? L’obsession du pape était d’éviter tout syncrétisme, toute apparence de syncrétisme. Il fallait que la journée soit, de ce point de vue, transparente. On ne pouvait pas faire prier les uns dans la prière des autres. »

Au fil des dix mois que durera l’« incubation » du projet, ce sera le fil rouge imposé par Jean-Paul II. Quand ? Il fallait éviter de se caler sur un jour sacré dans l’une ou l’autre des religions invitées. Ce ne pouvait donc être ni un dimanche, ni un samedi (jour du shabbat), ni un vendredi (islam). Ce sera donc un lundi, le 27 octobre.

Finalement, Jean-Paul II choisit d’annoncer son grand projet à Saint-Paul-hors-les-Murs, lors de la Semaine pour l’unité des chrétiens, le 25 janvier 1986, cinq jours avant son départ pour l’Inde. Stupeur dans le monde, mais aussi au Vatican. Le cardinal Etchegaray avait pourtant pris soin, sur instruction de Jean-Paul II, de déminer le dossier.

Il avait organisé plusieurs réunions de cardinaux : « En fait, ils n’étaient pas vraiment opposés. Mais ils posaient tous la même question : comment éviter le risque de relativisme ? Comment éviter de laisser penser que toutes les religions sont égales ? Le cardinal Ratzinger, alors préfet de la puissante Congrégation pour la doctrine de la foi, a été discret et n’a rien fait pour s’opposer. » Très vite, insiste le cardinal Etchegaray, « nous avons associé les diocèses, les Églises locales. Elles ont répondu très positivement. »

Appel à une trêve mondiale et prière pour la paix


Ensuite, Jean-Paul II clarifia, rassura : « Être ensemble pour prier, et non pas prier ensemble. » En 2002, le cardinal Ratzinger, qui n’était pourtant pas présent à Assise le 27 octobre 1986, ratifia cette démarche (1) : « Assise ne fut pas une autoreprésentation des religions, qui seraient interchangeables entre elles. Il ne s’agissait pas d’affirmer une égalité entre les religions, qui n’existe pas. Ce fut simplement l’expression d’un chemin, d’une recherche, d’un pèlerinage pour la paix et la justice. Ce chemin est pour tous une voie de purification, aussi pour nous les chrétiens. »

Le 4 octobre précédent, fête de saint François d’Assise, Jean-Paul II est à Lyon, sur la colline de Fourvière. Et il lance « un appel pressant et ardent » à toutes les parties en conflit dans le monde « pour qu’elles observent, au moins le 27 octobre, une trêve complète des combats ». Certes, les résultats furent « sporadiques », avoue le cardinal Etchegaray à son biographe, le journaliste Bernard Lecomte (2). Mais la dimension symbolique de la rencontre d’Assise, « pour la paix et la justice », est posée.

Le jour dit, 32 délégations chrétiennes et 28 religions et sagesses non chrétiennes réussiront le pari : venues en pèlerinage commun, chaque communauté, réunie en un lieu, priera pour la paix. Puis toutes appelleront à la paix et à la justice. Certes, ici ou là, dans certains lieux dévolus à des prières non chrétiennes, l’improvisation propre à ce genre d’aventure inédite a pu donner lieu à quelques écarts formels, sur lesquels certains, notamment les lefebvristes, ont pu insister.

Mais le cardinal Etchegaray se souvient plutôt de ses propres larmes, lorsque de jeunes juifs ont apporté des rameaux d’oliviers aux participants, et en premier lieu aux jeunes musulmans. Et lorsque Jean-Paul II, après le dîner, lui a rappelé l’arc-en-ciel qui, dans la journée, avait illuminé Assise, le cardinal et le pape n’ont pas manqué d’y voir un signe du ciel… L’« esprit d’Assise » était lancé… Vingt-cinq ans plus tard, Benoît XVI va s’attacher à en récolter, à nouveau, les fruits.

(1) Entretien avec la revue italienne « 30 giorni », janvier 2002

(2) « J’ai senti battre le cœur du monde » Fayard, octobre 2007

FRÉDÉRIC MOUNIER (A Rome)

http://www.la-croix.com/Religion/Assise-l-histoire-d-une-rencontre-2011-10-21-726031

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MessageSujet: Re: Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise   Mar 20 Sep 2016, 21:47

Le Pape à Assise : «Jamais une guerre n'est sainte»



Sur le parvis de la basilique Saint-François, le Pape prononce son discours devant près de 500 leaders religieux à Assise, le 20 septembre 2016. - AFP

20/09/2016 18:44


- La cérémonie finale s'est achevée à Assise, en présence du Pape François, concluant trois jours de rencontre: la 30° Rencontre mondiale interreligieuse pour la paix, organisée par la communauté de Sant’Egidio dans la ville de Saint François. Près de 500 leaders religieux sont présents, neuf religions sont représentées. L'ensemble des dignitaires religieux ont signé un nouvel appel à la paix. Avant cela, le Pape avait prononcé un discours, martelant encore le fait que «Le nom de Dieu ne peut justifier la violence». Le compte-rendu de Sarah Bakaloglou

«Seule la paix est sainte, pas la guerre !» a répété à deux reprises le Saint-Père, sous les applaudissements. «Aucune forme de violence ne représente la vraie nature de la religion», a souligné le Pape, citant son prédécesseur Benoît XVI.

François a dénoncé le paganisme de l’indifférence face à ceux qui souffrent. Des mots forts pour condamner le virus qui paralyse, qui rend inerte.  «Nous sommes venus à Assise comme pèlerins en recherche de paix», a ajouté François. Il a rappelé les conflits oubliés, la souffrance que vivent les réfugiés, l’angoisse des peuples qui ont soif de paix. Le Pape a cité son déplacement à Lesbos, en compagnie du patriarche Bartholomée Ier, se rappelant des yeux des réfugiés qui exprimaient la douleur de la guerre.

La prière pour toute arme


«Nous n’avons pas d’arme, mais nous avons la force de la prière», a déclaré le Saint-Père devant des dizaines de croyants, faisant écho aux mots de Jean-Paul II il y a trente ans. «Nos traditions religieuses sont diverses, mais aujourd’hui, nous avons prié les uns à coté des autres, les uns pour les autres».

C’est la prière et la volonté de collaboration qui permettront une vraie paix. La Paix, un  mot si simple et en même temps difficile, a reconnu François. «Paix veut dire "pardon" qui rend possible de guérir les blessures du passé. Paix veut dire "accueil". Paix veut dire "collaboration", [/b[b]]un échange vivant avec l’autre. Paix veut dire enfin "éducation"», a ajouté le Saint-Père : un appel à acquérir la culture de la rencontre, en purifiant la conscience de toute tentation de violence, contraire au nom de Dieu.

«Comme chefs religieux, a conclu le Pape, nous sommes appelés à etre des solides ponts de dialogue, des médiateurs créatifs de paix». François a aussi lancé un appel aux leaders des nations. Car,comme le disait Jean Paul II, la paix est une responsabilité universelle. «Assumons ensemble cette responsabilité», a conclu le Pape.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise   Mar 20 Sep 2016, 21:52

Plusieurs interventions de la cérémonie de clôture d'Assise



Quelques 500 dignitaires religieux réunis pour construire la paix. - AP


20/09/2016 19:12


- Quelques-unes des interventions prononcées, le 20 septembre 2016, à Assise sur la place inférieure de la Basilique de Saint François à l’occasion de la cérémonie de conclusion des trois jours de la 30° Rencontre interreligieuse pour la paix, “Soif de Paix, religions et cultures en dialogue”

Message du Patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier

Sainteté, Éminences, Excellences,  Illustres Représentants des Religions et des Cultures, Autorités ici présentes, Frères et Sœurs,

Ce Rendez-vous  International qui nous a permis de nous rencontrer tous, nous a donné une fois de plus la possibilité de nous regarder dans les yeux, de nous parler franchement, de nous écouter mutuellement, de jouir des richesses les uns des autres, d’être surtout des « Amis ». Grâce à cette amitié, qui est un véritable amour désintéressé les uns pour les autres, notre soif de paix trouve son réconfort. Désaltérés puisque la paix est libre, profonde, innée dans le cœur de tout homme, à image et ressemblance de Dieu pour les croyants, ou pour ceux qui forment la famille humaine avec ses cultures et sa pensée laïque.

Nous n’avons pas seulement commémoré un événement extraordinaire réalisé par nos prédécesseurs  il y a trente ans mais nous avons renouvelé notre engagement pour la paix avec un esprit nouveau, à travers l’Amitié, des gestes courageux, en ouvrant de nouveaux chemins de dialogue et de collaboration entre les Cultures et les grandes Familles Religieuses du monde.

La Paix toutefois a besoin de pivots qui la soutiennent, même quand elle est en danger.

Il ne peut y avoir de paix sans respect et reconnaissance mutuelle, il ne peut y avoir de paix sans justice, il ne peut y avoir de paix sans une collaboration fructueuse entre tous les peuples du monde.

Ces dernières années nous voyons resurgir des majorités ethniques, religieuses, culturelles qui considèrent les minorités, un corps étranger, dangereux pour leur propre intégrité et qu’il faut écarter, arracher et  malheureusement quelquefois même anéantir. Nous voyons des minorités qui, par peur de disparaître, se renferment dans leur ghetto, qui ont peur de la confrontation, qui trop souvent deviennent à leur tour violentes. Cela provoque le découragement, la migration massive et provoque des problèmes d’accueil, de solidarité, d’humanité.

Mais la paix a besoin aussi de justice.

Justice veut dire une économie mondiale renouvelée, attentive aux besoins des plus pauvres ; observer la condition de notre planète, la sauvegarde de son milieu naturel, qui est l’œuvre de Dieu pour les croyants, mais qui est Maison Commune pour tous. Justice veut dire sauvegarder les traditions culturelles, religieuses, artistiques de chaque peuple de la terre. Elle signifie avoir la capacité d’une solidarité qui n’est pas une simple assistance mais faire nôtre le besoin, la souffrance et la joie de l’autre. La justice veut dire être cohérents avec ce que nous professons et croyons et également capables de dialogue avec l’autre, capables de voir les richesses de l’autre, capables de ne pas opprimer l’autre, capables de pas nous sentir supérieurs ou inférieurs de notre prochain. Justice veut dire faire en sorte que chacun continue à vivre dans la terre de ses aïeuls, dans la paix et l’amour, que chacun puisse regagner son foyer pour la croissance de la société humaine.

La paix naît de la connaissance et de la collaboration mutuelle. En tant que Fois, Cultures laïques, en tant qu’êtres humains nous devons aujourd’hui répandre tout cela à travers de nouveaux gestes.

Nous croyons cependant qu’il est indispensable, à notre retour chez nous, que toute Famille religieuse, toute culture – en ce moment historique précis- sente le besoin d’une introspection ; nous croyons qu’il est nécessaire, dans le respect de chaque croyance religieuse ou laïque, de faire une autocritique et une introspection. Nous devons être capables de nous demander où nous avons commis des fautes, où nous n’avons pas été suffisamment attentifs, pourquoi sont nés les fondamentalismes qui menacent non seulement le dialogue avec les autres mais aussi le dialogue introspectif. Nous devons êtres capables de les isoler, de les purifier, à la lumière de nos fois, de les transformer en richesse pour tous.

Tout cela permettra au dialogue de devenir réel, vital. L’abus ne remplacera pas la collaboration. Collaborer signifiera intervenir ensemble dans l’histoire, écrire ensemble nos destins. Nous avons le devoir de sauvegarder tout Être humain dès sa conception jusqu’à sa fin naturelle, en respectant chaque étape de sa vie. Nous avons le devoir de nous efforcer à sauvegarder notre maison commune et tout ce qui s’y trouve. Parce que Dieu, dans sa création n’a pas voulu une seule plante, un seul animal, un seul homme, une seule planète, une seule étoile, il en a voulu beaucoup, de toutes sortes et espèces, tous liés par les mêmes intentions et le même amour. C’est la richesse que nous devons annoncer, sauvegarder et vivre ensemble.



Témoignage de la Syrienne Mikalli Tamar, réfugiée en Italie

Je viens d’Alep, la ville martyre en Syrie.

Alep, quand je prononce ce nom, j’ai le cœur serré; je pense à là où je suis née, où j’ai grandi et où je me suis mariée.

Tous mes amis musulmans et chrétiens me reviennent à l’esprit. Maintenant on parle des différences entre chrétiens et musulmans, mais avant la guerre il n’y avait pas de différences. Chacun d’entre nous pratiquait sa religion dans une terre qui formait une mosaïque composée de différentes cultures, langues et religions.

Puis la guerre a éclaté, je n’ai pas encore bien compris pourquoi. Des missiles ont commencé à pleuvoir en démolissant les maisons. J’entends encore les cris d’un père, d’une mère ou les cris des enfants qui cherchent leurs parents.

Quand de lourds bombardements étaient proches de chez nous, nous restions avec nos voisins en partageant le pain et l’eau, les biens les plus précieux qui manquent pendant la guerre, nous nous encouragions mutuellement et nous priions. La prière : notre seul soutien, nous répétions toujours la parole de Jésus qui dit : «  Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos ».

Nous avons résisté pendant trois ans dans l’espoir que la guerre finisse, nous avons vécu dans la misère, puis la maison de ma famille a été bombardée, et à la fin nous avons décidé de quitter la Syrie et nous sommes arrivés au Liban. Nous sommes devenus des réfugiés comme d’autres milliers de syriens. Nous avons dû tout quitter, mes parents âgés sont partis avec moi, je ne serais jamais partie sans eux. C’est le deuxième exode qu’accomplissent nos familles en 100 ans.

Nous sommes restés pendant deux ans au Liban et puis nous avons connu des anges qui nous ont parlé des couloirs humanitaires et de la possibilité de vivre en paix. Maintenant je vis en Toscane et j’essaye de m’intégrer dans ce beau pays, l’Italie, où je suis arrivée depuis quatre mois.

Je voudrais remercier tous ceux qui ont travaillé pour notre bien, pour nous avoir redonné le sourire que nous avions perdu à cause de la guerre.

À vous tous, hommes de religions et à vous, Sainteté, au nom du peuple syrien, nous demandons une prière pour que la paix et l’amour reviennent vite en Syrie et partout dans le monde.



Intervention du Grand Rabbin de Savyon en  Israël, le Rabbin Brodman, témoin de la Shoah

En 1943, j’étais un enfant de 7 ans, je fus déporté dans les camps de concentration.

Depuis 1973, je suis Rabbin près de Tel Aviv.

Cette année, je participe pour la dixième fois à cette rencontre merveilleuse. Je suis profondement impressioné et reconnaissant pour tout ce que Sant’Egidio a fait pour moi et pour le monde. Grâce à eux, j’ai eu aussi la possibilité de rencontrer mon cher ami, le Saint-Père. Comme Rabbin, j’emploie le terme «Saint» car Maïmonide dit que la vertu la plus grande est l’humilité et l’humilité est signe de sainteté.

J’ai vu en Pape François un exemple visible d’humilité et de sainteté pour notre temps, tout comme Saint François le fut pour son époque.

Plusieurs fois j’ai parlé aux jeunes, car ceux qui ne connaissent pas l’histoire sont condamnés à la répéter. Je pense que l’esprit d’Assise est le meilleur exemple d’humilité et de sainteté et c’est la réponse à la tragédie de la Shoah et de toutes les guerres. Parce qu’ici nous disons au monde que devenir des amis et vivre ensemble dans la paix est possible, même si nous sommes différents.

Je suis devenu à mon grand âge partie prenante de cet esprit unique : TOUS DIFFÉRENTS MAIS TOUS ENSEMBLE avec le courage du dialogue, pour prévenir tout conflit et créer un monde humain où chacun pourra reconnaître en l’autre l’image de Dieu.



«Un monde sans haine ni mépris» : Intervention du Vénérable Morikawa Tendaizasu, 257° Patriarche du bouddhisme Tendai


Je suis Koei Morikawa, Tendaizasu, le 257e prêtre patriarche du bouddhisme Tendai. Je viens d’un lieu sacré du bouddhisme japonais, le Mont Hiei, situé près de Kyoto, au Japon. La rencontre de prière pour la paix des leaders religieux mondiaux promu par sa Sainteté le pape Jean-Paul II commença il y a 30 ans. Elle s’est déroulée dans plusieurs villes de l’Europe et aujourd’hui elle est revenue à son point de départ, Assise. Pouvoir prier aujourd’hui à l’âge de 91 ans avec les leaders religieux mondiaux et avec vous tous, réunis ici pour les personnes qui ont besoin de soutien est un des plus beaux jours de ma vie.

L’histoire nous a montré que la paix obtenue par la force sera renversée par la force. Nous devrions savoir que la prière et le dialogue ne sont pas le chemin le plus long mais le plus court pour obtenir la paix. Nous ne pouvons pas, cependant, sous-estimer le courant de mouvements mondiaux qui divise le dialogue de l’unité et de la coopération et exige l’isolement et le pouvoir. Cette tendance peut engendrer de la haine autocentrée, de la rage et de l’antipathie pure.              

Bouddha l’illuminé nous a appris que «la haine n’est pas effacée par la haine ; la haine peut être effacée seulement en abandonnant la haine». Saicho, le fondateur du bouddhisme Tendai au Japon, nous apprend à soigner la haine par la vertu et Saint François d’Assise nous apprend à apporter l’amour là où règne la haine.

Pour créer un monde vertueux et d’amour là où règnent l’inimitié et la haine, nous, religieux, devons prier ensemble main dans la main et continuer à faire de notre mieux. Pour cela, la présence de Sa Sainteté nous encourage tous.

L’an prochain nous célébrerons le 30° anniversaire de la «Rencontre de prière pour la paix des leaders religieux mondiaux» qui se tient sur le Mont Hiei, au Japon, dans l’esprit d’Assise. Je prie sincèrement afin que les prières ininterrompues de la part des différentes organisations de par le monde dont l’objectif est d’unir l’humanité arriveront sûrement jusqu’à Dieu et Bouddha. Je vous remercie pour votre attention.

Gassho (prière les mains jointes)



Le message final de Mgr Domenico Sorrentino, l’évêque d’Assise


Cher Saint Père François, chères frères et sœurs, chers amis,

L’Eglise d’Assise vous réunit affectueusement, tandis qu’elle revit  l’émotion de la grande prophétie posée il y a trente ans sur cette place par Saint Jean Paul II: la prophétie de «l’esprit d’Assise.»

Un esprit de prière, de concorde et de paix, qui veut être une réponse à un monde  devenu triste à cause de nombreuses guerres, qui, parfois injustement, ou plutôt, de manière blasphématoire et satanique, agitent  des étendards religieux.

Dans cette ville d’Assise, où le jeune François  prit ses distances de l’esprit du monde pour être entièrement au Christ et à ses frères, en devenant  un homme de paix, notre réflexion et notre prière ont crié, encore une  fois, «non» à la culture de la guerre et «oui» à la culture de la paix.

Culture de la paix que, Saint Père, vous nous avez  appris à articuler  en cette année comme culture de la miséricorde. C’est à dire, une culture de l’amour qui sait prendre soin, s’attendrir et pardonner, selon la béatitude de l’Evangile «Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde».

Dans ces jours, en professant et témoignant nos convictions religieuses, dans l’écoute respectueuse de celles d’autrui, nous avons vécu une véritable expérience d’amitié.

Il faut aller plus loin. Notre amitié veut être une contribution à une politique de la fraternité à l’échelle mondiale.

Est-il possible que l’humanité ait le sentiment d’être une seule famille ? Nous, croyants, pensons que oui, et pour cette raison, nous agissons dans la recherche de ce qui nous unit, en mettant de côté ce qui divise.

L’exemple de François d’Assise nous aide. L’ «esprit d’Assise» n’est pas étranger à sa vie ni à son message.

La formule-même de sa salutation - «Que le Seigneur te donne sa paix !» - n’était pas seulement un souhait, mais une prière pour la paix. Il exprimait la conviction que la véritable paix est un don qui vient d’en haut, sans rien enlever à notre responsabilité.

Que Dieu, qui est la miséricorde, regarde la «soif de paix» de notre monde !

A vous, Saint Père, et à tous ceux qui sont ici présents, j’adresse une accolade fraternelle et un souhait de paix.

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MessageSujet: Re: Le programme du Pape pour la rencontre interreligieuse à Assise   Mer 21 Sep 2016, 14:54

L'Appel pour la paix signé à Assise


Le Pape signant l'Appel pour la paix d'Assise. - OSS_ROM


21/09/2016 13:17

- A la fin de la cérémonie clôturant les trois journées de la 30° Rencontre interreligieuse d'Assise, un Appel à la paix a été lu en public. Ce document a été signé le 20 septembre 2016 par l'ensemble des leaders religieux, soit 450 personnes de neuf confessions. Avec eux, le Pape a remis ce texte à des enfants venant du monde entier. Voici cet Appel pour la paix d'Assise

"Hommes et femmes de religions différentes, nous sommes réunis, comme pèlerins, dans la cité de Saint François. Ici, en 1986, il y a 30 ans, à l’invitation du Pape Jean-Paul II, se réunirent des Représentants religieux du monde entier, pour la première fois en si grand nombre et avec une telle solennité, pour affirmer le lien indissoluble entre le grand bien de la paix et un authentique engagement religieux. De cet événement historique, s’est amorcé un long pèlerinage qui, touchant de nombreuses villes du monde, a rassemblé beaucoup de croyants dans le dialogue et dans la prière pour la paix ; il a uni sans confondre, donnant vie à de solides amitiés interreligieuses et contribuant à éteindre de nombreux conflits. Voilà l’esprit qui nous anime : réaliser la rencontre dans le dialogue, s’opposer à toute forme de violence et d’abus de la religion pour justifier la guerre et le terrorisme. Pourtant, au cours des années passées, de nombreux peuples ont encore été douloureusement blessés par la guerre. On n’a toujours pas compris que la guerre détériore le monde, laissant un héritage de douleurs et de haines. Tous, avec la guerre, sont des perdants, même les vainqueurs.

Nous avons adressé notre prière à Dieu, afin qu’il donne la paix au monde. Nous reconnaissons la nécessité de prier constamment pour la paix, parce que la prière protège le monde et l’illumine. La paix est le nom de Dieu. Celui qui invoque le nom de Dieu pour justifier le terrorisme, la violence et la guerre, ne marche pas sur Sa route : la guerre au nom de la religion devient une guerre à la religion elle-même. Avec une ferme conviction, nous réaffirmons donc que la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux.

Nous nous sommes mis à l’écoute de la voix des pauvres, des enfants, des jeunes générations, des femmes et de nombreux frères et sœurs qui souffrent de la guerre ; avec eux nous disons avec force : Non à la guerre ! Que le cri de douleur de tant d’innocents ne reste pas inécouté. Nous implorons les Responsables des Nations afin que soient désamorcés les mobiles des guerres : l’avidité du pouvoir et de l’argent, la cupidité de qui fait du commerce d’armes, les intérêts des parties, les vengeances à cause du passé. Qu’augmente l’engagement concret pour éliminer les causes sous-jacentes aux conflits : les situations de pauvreté, d’injustice et d’inégalité, l’exploitation et le mépris de la vie humaine.

Qu’enfin s’ouvre un temps nouveau, où le monde globalisé devienne une famille de peuples. Que soit mise en œuvre la responsabilité de construire une véritable paix, que l’on soit attentif aux besoins authentiques des personnes et des peuples, que l’on prévienne les conflits par la collaboration, que l’on vainc les haines et surmonte les barrières, par la rencontre et le dialogue. Rien n’est perdu en pratiquant effectivement le dialogue. Rien n’est impossible si nous nous adressons à Dieu dans la prière. Tous nous pouvons être des artisans de paix ; d’Assise nous renouvelons avec conviction notre engagement à l’être, avec l’aide de Dieu, avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté."
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