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 Bénévole dans l’Eglise, entre gratuité et besoin de reconnaissance

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MessageSujet: Bénévole dans l’Eglise, entre gratuité et besoin de reconnaissance   Sam 03 Sep 2016, 22:51

Bénévole dans l’Eglise, entre gratuité et besoin de reconnaissance

Adrien Bail, le 02/09/2016 à 16h42

À l’heure de la rentrée, un certain nombre de catholiques s’engagent (ou se réengagent) au service de l’Église, comme bénévoles ou salariés.

Être bénévole dans l’Église est « un don, un service », « un engagement » en réponse à « un appel », une mission « ancrée dans la foi » et « au service de la communauté ». Cette conception, prônée ici par la Charte du bénévolat du diocèse de Paris, est partagée par de nombreux collaborateurs de l’Église, laïcs en mission ecclésiale, bénévoles des services diocésains, salariés de la Conférence des évêques de France (CEF) ou laïcs en paroisse. « Leur motivation première est de contribuer à la mission et de vivre quelque chose dans l’Église », confirme Inès Azaïs, fondatrice de Talents et foi, qui aide l’Église dans son « recrutement ».

Si servir l’Église est une école de la gratuité, œuvrer à la gloire de Dieu n’interdit pas d’exprimer un besoin de reconnaissance. « Il n’y a aucune honte, cela est légitime », assure le P. Joël Rignault, 50 ans, vicaire général du diocèse de Sens-Auxerre. « Notre véritable récompense est auprès du Christ. Mais remercier, féliciter, reconnaître la valeur du travail… ce n’est pas flatter l’orgueil. Tout cela est bon, si l’on respecte ceux qui choisissent la discrétion et si l’on veille à ce que les honneurs des uns ne pèsent pas sur la communauté. »

Une attention à la reconnaissance en progression

Selon Henri Augier, cette attention n’est pourtant « pas naturelle » dans l’Église : « En France, il y a une très grande pudeur. Nous ne donnons pas assez de signes concrets de reconnaissance », analyse ce responsable de l’appel des bénévoles à Grenoble et ancien directeur des ressources humaines du diocèse de Paris. Certains signes existent, comme la médaille pontificale du mérite ou ces médailles du mérite diocésain. « Il faut les pratiquer avec humilité mais avec conviction », plaide Henri Augier qui se souvient encore de la joie du cuisinier de la maison diocésaine de Paris, décoré après de nombreuses années de service.

Selon l’ancien DRH, l’attention à la reconnaissance a malgré tout « bien progressé dans les maisons diocésaines et les associations depuis quinze ans ». Un effet de la professionnalisation des organismes d’Église, qui emploient désormais 12 000 salariés et qui sont engagés dans la reconnaissance d’une nouvelle branche professionnelle (lire La Croix du 1er juillet 2015). Le développement des ressources humaines contribue à mieux accueillir ce personnel nombreux et plus qualifié, appelé pour ses compétences.

« Le salaire est un élément de reconnaissance, explique Henri Augier. D’autant que les cadres salariés dans l’Église renoncent au salaire auquel ils pourraient prétendre et ne comptent pas leurs heures. » De plus, « les collaborateurs répondant à un appel intérieur, ils ne peuvent pas être considérés comme une simple force de travail ». Dès lors, l’attention se porte sur la qualité de la vie dans la structure, appelée à être une « communauté de foi vivante ».

Dans une organisation, la reconnaissance contribue à la motivation. Si, dans l’Église, la foi est le premier moteur, « la référence à la foi, à la grâce ou à l’action de l’Esprit Saint » ne suffisent pas, écrit le P. François Picart (1). Selon ce prêtre de l’Oratoire, en donnant du sens à leur fonction et en reconnaissant leur contribution, les techniques de management sont utiles car elles servent « la qualité de la participation des hommes au projet, sans que celle-ci soit instrumentalisée ». À ce titre, il regrette « la difficulté à mettre en place des pratiques participatives », prônées par le concile Vatican II (Lumen gentium), dans une institution « marquée par les excès d’une culture hiérarchique ». Des excès que déplore Sophie (2), ancienne collaboratrice d’un magazine diocésain. « Nos propositions n’étaient considérées comme justifiées que si le chef – un prêtre – les endossait ; les idées devaient être présentées comme des œuvres strictement collectives », regrette la journaliste qui dénonce une inquiétude vis-à-vis de la créativité. « On semblait craindre que je ne tire profit de mes idées… »

Rendre compte de ce que chacun a réalisé est le moyen de cultiver un « sens de la fierté » qu’encourage le P. Joël Rignault. « Ce sentiment de fierté sera d’autant plus fort si l’équipe est animée par un véritable projet missionnaire », et non chargée de « faire tourner la boutique », note Henri Augier. Dans cette optique, certains déplorent une humilité excessive : « Des projets très mobilisateurs sont en fin de compte peu valorisés parce que l’Église rechigne à occuper le devant de la scène », regrette Estelle Grenon, 32 ans, en mission à la CEF pour préparer la dernière COP21.


Loin d’être un fait anodin, de nombreux collaborateurs sont comblés par un simple « merci ». « Notre prêtre responsable ne manquait jamais de l’exprimer »,se réjouit Alice de Beaurepaire, 30 ans, ancienne salariée de la Pastorale des jeunes de Lyon. Véronique Bebin fut quant à elle touchée par les remerciements reçus après avoir animé les chants pour la première fois à Auxerre. « Je me suis sentie accueillie, d’autant que j’avais connu quelques ratés », sourit la jeune femme de 26 ans.

La reconnaissance tient enfin à la possibilité de développer son potentiel. Faire carrière, au sens strict, n’est pas possible dans l’Église. Pour certains, cela assure un sain renouvellement. Mais cela suscite aussi des frustrations. « Dans certains organes, des jeunes sont employés à des postes en dessous de leurs compétences sans perspective d’évolution », regrette Céline (2), ancienne salariée de la CEF.

En revanche, des progrès ont été réalisés dans la valorisation des compétences. En favorisant les retours d’expérience et un meilleur suivi, les lettres de mission et l’entretien périodique répondent aux attentes de ceux qui s’engagent entre deux séquences professionnelles. « Il faut qu’ils soient accompagnés pour que leur engagement ne soit pas qu’une parenthèse », explique Henri Augier.

Au terme de sa mission à Lyon, Alice de Beaurepaire a ainsi été guidée vers un coach pour un bilan de compétences. Et elle entend faire de son expérience d’Église un atout sur son CV. François Tranchant, 32 ans, également. Engagé dix ans dans les patronages, il forme à présent des éducateurs et dirige la Maison Ozanam, dans le 17e arrondissement de Paris. « À chaque fois que j’ai été appelé, j’ai senti qu’on reconnaissait le travail que j’avais accompli. »

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Les laïcs

Le terme laïc désigne celui ou celle qui n’est pas clerc (diacre, prêtre, évêque) ni religieux (ou religieuse). Les laïcs en mission ecclésiale ont été appelés, formés, nommés par l’évêque, et ont reçu une lettre de mission.

« Les laïcs qui sont affectés de manière permanente ou temporaire à un service spécial de l’Église (…) ont le droit à une honnête rémunération selon leur condition et qui leur permette de pourvoir décemment à leurs besoins et à ceux de leur famille, en respectant aussi les dispositions du droit civil » (article 231 du code de droit canonique).

Le concile Vatican II affirme : « l’apostolat des laïcs est une participation à la mission salutaire elle-même de l’Église : à cet apostolat, tous sont destinés par le Seigneur lui-même en vertu du baptême et de la confirmation. » « Les pasteurs (…) doivent reconnaître et promouvoir la dignité et la responsabilité des laïcs dans l’Église ; ayant volontiers recours à la prudence de leurs conseils, leur remettant avec confiance des charges au service de l’Église, leur laissant la liberté et la marge d’action, stimulant même leur courage pour entreprendre de leur propre mouvement. » (Lumen gentium, n. 33 et 37)

En France, les paroisses et diocèses emploient plus de 12 000 salariés pour des activités de pastorales et administratives. Un diocèse de la taille de Paris peut compter sur 8 000 bénévoles.

Adrien Bail


(1) Coauteur, avec Catherine Lapoute-Ramacciotti, Analyser les pratiques profession­nelles dans l’Église, Éd. de l’Atelier, 2011.

(2) Le nom a été modifié.

http://www.la-croix.com/Religion/Religion-et-spiritualite/Benevole-dans-l-Eglise-entre-gratuite-et-besoin-de-reconnaissance-2016-09-02-1200786302

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