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 « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi

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Thy Kingdom come
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MessageSujet: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 16:00

« Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi

La pensée postmoderne imprègne la politique contemporaine, la théologie et les débats publiques, comme l’explique le philosophe allemand des religions, Daniel von Wachter.

Il n’y a pas de vérité, tout le monde a raison : celui qui énonce une vérité apparaît comme intolérant. C’est pour cette raison que Daniel von Wachter, philosophe allemand des religions, se fait du souci pour la liberté d’expression et pour l’avenir du christianisme. Nos confrères du magazine allemand Pro sont allés l’interroger :

Pro : Qu’est-ce qui caractérise le postmodernisme ?
Daniel von Wachter : Le postmodernisme n’est pas une analyse de la pensée de la majorité des hommes d’aujourd’hui mais repose sur un certain nombre d’affirmations d’auteurs précis, comme par exemple : il n’y a pas de connaissance objective, il n’y a pas de réalité indépendante de nous, la raison et la connaissance ne sont que des instruments de domination. Ce sont des formules d’une rhétorique que l’on retrouve chez des auteurs comme Lyotard, Derrida, Rorty, Foucault, qui se sont tous, fait remarquable, dits « de gauche ».

Que disent les penseurs postmodernes au sujet de la foi chrétienne ?
Les penseurs postmodernes attaquent le simple fait que la christianisme propose un enseignement, un message qui soit vrai. Ils n’attaquent pas cet enseignement d’une manière qui serait convaincante et aurait du sens, avec des arguments contre, expliquant pourquoi cela est faux. Ils affirment simplement qu’il n’y a pas de vérité ni de réalité.

S’il n’y a pas de vérité, alors toutes les opinions sont également justes ?
Cela n’a pas de sens de dire : « Si quelqu’un comprend cela autrement, il a tout aussi raison que moi ». C’est une contradiction, c’est irrationnel de dire cela. On considère souvent le fait de passer outre une telle contradiction comme une preuve d’humanisme ou de bienveillance. Mais c’est tout simplement une erreur en terme de logique. C’est impossible de penser concrètement que quelque chose et son contraire sont vrais en même temps. Nous désirons en effet savoir parmi plusieurs propositions laquelle est vraie et nous décider en conséquence. Il ne faut donc pas jouer l’amour contre la vérité. Il ne faut donc pas dire : « Pour exercer la charité et l’amour, je ne dois contredire personne ». Il est même encore plus bienveillant de convaincre l’autre de la vérité quand on la possède, ou du moins qu’on le pense, puisque l’autre a lui aussi le désir de la vérité. Il serait donc erroné de dire : « Je pense X mais je ne me prononce pas quand à la véracité de non-X ».

Peut-on encore arriver à parler de la « vérité » du message chrétien avec des individus postmodernes ?
La plupart des gens considèrent qu’il existe plusieurs vérités. Si quelqu’un est effectivement influencé par des pensées postmodernes, il faut, pour lui permettre d’atteindre l’Évangile, l’amener à se poser des questions concernant la vérité. Il serait absurde de penser qu’aujourd’hui il faut moins prêcher de vérités sous prétexte que la pensée postmoderne est influente. Il faut poser des questions comme : y a t-il un Dieu ? Jésus peut-Il être le Fils de Dieu ? Qu’est-ce que cela signifie ? Si quelqu’un n’a pas la possibilité ne serait-ce que de se demander si tout cela peut être vrai, alors il n’y a aucune chance qu’il devienne chrétien.

Les chrétiens avec leur exigence de vérité n’entrent ils pas en conflit avec la liberté religieuse ?
Les chrétiens croient en l’enseignement du Christ et ils ont des arguments pour cela. Ils partagent ces arguments avec les non-croyants et peuvent essayer de les convaincre. Ce n’est pas un problème de tolérance. La tolérance, ce n’est pas dire : « Tu penses l’exact inverse mais tu as tout autant raison ». La tolérance, c’est dire : « Je pense ceci, tu penses cela, mais je ne t’empêche pas de le penser, je te laisse exercer librement ta religion, même si je la pense fausse ». Les chrétiens doivent défendre la liberté religieuse. C’est un trait qui ressort clairement du Nouveau Testament. Il faut respecter et aimer toutes les personnes, indépendamment de leurs opinions : mais ce n’est pas une raison pour dire qu’elles se valent toutes ni qu’elles sont toutes vraies.

Qu’est-ce que cela signifie pour la liberté religieuse si les chrétiens, les musulmans et les personnes d’autres religions pour des raisons de tolérance se refusent à parler en terme de vérité ?
L’accusation d’intolérance est un risque pour la liberté religieuse et la liberté de conscience. Car la liberté religieuse signifie en principe que chaque opinion et sa contradiction peuvent être énoncées. L’un assure que l’islam dit vrai, et l’autre a le droit d’affirmer le contraire. J’ai le droit de croire que le christianisme dit vrai comme l’inverse. Le postmodernisme met tout à plat et équivaut la liberté religieuse avec ceci : si je dis à un musulman que je ne suis pas d’accord avec sa foi, alors d’après ces postmodernes c’est un acte de violence que je commets envers lui et qui doit être interdit (cf. d’ailleurs le cas justement d’un procès dans lequel une conférencière a été reconnue coupable d’avoir publiquement « dénigré une personne qui est un objet de vénération », à savoir Mahomet, le prophète de l’islam, d’une manière « susceptible de susciter une indignation justifiée », en violation de l’article 188 du Code pénal autrichien).

Dans cette direction vont également des projets de loi à Bruxelles qui visent à empêcher les critiques des autres religions. C’est parce que l’on ne fait plus la différence entre l’expression de nos opinions et de nos différends et des actes véritablement violents que l’on ne comprend plus ce qu’est véritablement la liberté de conscience et la liberté religieuse. Bruxelles va clairement dans cette direction : c’est politiquement dramatique et cela va très certainement nous conduire vers de grandes difficultés.

http://fr.aleteia.org/2016/08/04/chacun-sa-verite-ou-le-triomphe-du-nimporte-quoi/
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Loup Ecossais



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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 16:07

La tolérance est une injustice. Plus je suis tolérant, moins je suis juste. La tolérance n'est pas une vertu mais une concession, punissable par la loi, qui plus est...
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Thomas33



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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 16:10

Je ne comprends pas, le postmodernisme c'est la fin de charlie hebdo, et de la liberté d'expression à la française alors ?

En même temps, ils seraient obligés de respecter le christianisme, ça leur changerait...
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Espérance
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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 17:24

Loup Ecossais a écrit:
. La tolérance n'est pas une vertu mais une concession, punissable par la loi, qui plus est...

et quelle est cette loi ?


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adamev



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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 17:31

La tolérance c'est accepter que l'autre puisse avoir raison... ce n'est pas forcément faire sien son point de vue. La tolérance est une des composantes de la laïcité.
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Espérance
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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 17:33

adamev a écrit:
La tolérance c'est accepter que l'autre puisse avoir raison... ce n'est pas forcément faire sien son point de vue. La tolérance est une des composantes de la laïcité.

et quelle est cette loi, si elle existe ailleurs que dans la tête du loup ?

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adamev



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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 17:40

Il n'y a pas de loi qui oblige à la tolérance. Mais il y a des lois qui répriment le crime, le délit d'opinion, l'insulte, le racisme, .....
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Loup Ecossais



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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 17:41

Espérance a écrit:


et quelle est cette loi, si elle existe ailleurs que dans la tête du loup ?

La tolérance est d'accepter ce qui est répréhensible par la loi. C'est en cela qu'elle est condamnable par la loi.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tol%C3%A9rance

Une définition a été retirée de wiki. La définition juridique, qui y figurait avant. Probablement encore par un gauchiste...
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Espérance
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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 17:42

adamev a écrit:
Il n'y a pas de loi qui oblige à la tolérance. Mais il y a des lois qui répriment le crime, le délit d'opinion, l'insulte, le racisme, .....

mais celle-là, loup s'en fiche siffler

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Espérance
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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 17:44

Loup Ecossais a écrit:


Une définition a été retirée de wiki. La définition juridique, qui y figurait avant. Probablement encore par un gauchiste...

forcément :mdr: mais la loi contre le racisme, l'appel au meurtre, celle-là, elle n'a pas été retirée.et vous feriez bien de vous en souvenir, ne serait- ce que sur ce forum. Ce que vous faites dans le privé ne nous concerne pas.

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Loup Ecossais



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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 18:18

Espérance a écrit:
Loup Ecossais a écrit:


Une définition a été retirée de wiki. La définition juridique, qui y figurait avant. Probablement encore par un gauchiste...

forcément :mdr:  mais la loi contre le racisme, l'appel au meurtre, celle-là, elle n'a pas été retirée.et vous feriez bien de vous en souvenir, ne serait- ce que sur ce forum. Ce que vous faites dans le privé ne nous concerne pas.

En principe, le délit d'opinion ne peut pas exister dans le droit positif des pays comme la France où la Constitution garantit la liberté d'expression et d'opinion. Ainsi, en France, l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 pose que « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. »

Vu ?
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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 18:20

adamev a écrit:
La tolérance c'est accepter que l'autre puisse avoir raison... ce n'est pas forcément faire sien son point de vue. La tolérance est une des composantes de la laïcité.
La tolérance ça n 'est pas chrétien , la compassion, la miséricorde, l 'amour de ses ennemis ,prier pour ceux qui vous persécutes oui! Dur dur! Smile
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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 18:41

https://www.youtube.com/watch?v=ncL9hQhfKCg" laicité est un mot catholique au départ" Mgr David Macaire
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saint Zibou



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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 19:21

Thy Kingdom come a écrit:
« Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi

La pensée postmoderne imprègne la politique contemporaine, la théologie et les débats publiques, comme l’explique le philosophe allemand des religions, Daniel von Wachter.

Il n’y a pas de vérité, tout le monde a raison : celui qui énonce une vérité apparaît comme intolérant. C’est pour cette raison que Daniel von Wachter, philosophe allemand des religions, se fait du souci pour la liberté d’expression et pour l’avenir du christianisme. Nos confrères du magazine allemand Pro sont allés l’interroger  :

Pro : Qu’est-ce qui caractérise le postmodernisme ?
Daniel von Wachter : Le postmodernisme n’est pas une analyse de la pensée de la majorité des hommes d’aujourd’hui mais repose sur un certain nombre d’affirmations d’auteurs précis, comme par exemple : il n’y a pas de connaissance objective, il n’y a pas de réalité indépendante de nous, la raison et la connaissance ne sont que des instruments de domination. Ce sont des formules d’une rhétorique que l’on retrouve chez des auteurs comme Lyotard, Derrida, Rorty, Foucault, qui se sont tous, fait remarquable, dits « de gauche ».

Que disent les penseurs postmodernes au sujet de la foi chrétienne ?
Les penseurs postmodernes attaquent le simple fait que la christianisme propose un enseignement, un message qui soit vrai. Ils n’attaquent pas cet enseignement d’une manière qui serait convaincante et aurait du sens, avec des arguments contre, expliquant pourquoi cela est faux. Ils affirment simplement qu’il n’y a pas de vérité ni de réalité.

S’il n’y a pas de vérité, alors toutes les opinions sont également justes ?
Cela n’a pas de sens de dire : « Si quelqu’un comprend cela autrement, il a tout aussi raison que moi ». C’est une contradiction, c’est irrationnel de dire cela. On considère souvent le fait de passer outre une telle contradiction comme une preuve d’humanisme ou de bienveillance. Mais c’est tout simplement une erreur en terme de logique. C’est impossible de penser concrètement que quelque chose et son contraire sont vrais en même temps. Nous désirons en effet savoir parmi plusieurs propositions laquelle est vraie et nous décider en conséquence. Il ne faut donc pas jouer l’amour contre la vérité. Il ne faut donc pas dire : « Pour exercer la charité et l’amour, je ne dois contredire personne ». Il est même encore plus bienveillant de convaincre l’autre de la vérité quand on la possède, ou du moins qu’on le pense, puisque l’autre a lui aussi le désir de la vérité. Il serait donc erroné de dire : « Je pense X mais je ne me prononce pas quand à la véracité de non-X ».

Peut-on encore arriver à parler de la « vérité » du message chrétien avec des individus postmodernes ?
La plupart des gens considèrent qu’il existe plusieurs vérités. Si quelqu’un est effectivement influencé par des pensées postmodernes, il faut, pour lui permettre d’atteindre l’Évangile, l’amener à se poser des questions concernant la vérité. Il serait absurde de penser qu’aujourd’hui il faut moins prêcher de vérités sous prétexte que la pensée postmoderne est influente. Il faut poser des questions comme : y a t-il un Dieu ? Jésus peut-Il être le Fils de Dieu ? Qu’est-ce que cela signifie ? Si quelqu’un n’a pas la possibilité ne serait-ce que de se demander si tout cela peut être vrai, alors il n’y a aucune chance qu’il devienne chrétien.

Les chrétiens avec leur exigence de vérité n’entrent ils pas en conflit avec la liberté religieuse ?
Les chrétiens croient en l’enseignement du Christ et ils ont des arguments pour cela. Ils partagent ces arguments avec les non-croyants et peuvent essayer de les convaincre. Ce n’est pas un problème de tolérance. La tolérance, ce n’est pas dire : « Tu penses l’exact inverse mais tu as tout autant raison ». La tolérance, c’est dire : « Je pense ceci, tu penses cela, mais je ne t’empêche pas de le penser, je te laisse exercer librement ta religion, même si je la pense fausse ». Les chrétiens doivent défendre la liberté religieuse. C’est un trait qui ressort clairement du Nouveau Testament. Il faut respecter et aimer toutes les personnes, indépendamment de leurs opinions : mais ce n’est pas une raison pour dire qu’elles se valent toutes ni qu’elles sont toutes vraies.

Qu’est-ce que cela signifie pour la liberté religieuse si les chrétiens, les musulmans et les personnes d’autres religions pour des raisons de tolérance se refusent à parler en terme de vérité ?
L’accusation d’intolérance est un risque pour la liberté religieuse et la liberté de conscience. Car la liberté religieuse signifie en principe que chaque opinion et sa contradiction peuvent être énoncées. L’un assure que l’islam dit vrai, et l’autre a le droit d’affirmer le contraire. J’ai le droit de croire que le christianisme dit vrai comme l’inverse. Le postmodernisme met tout à plat et équivaut la liberté religieuse avec ceci : si je dis à un musulman que je ne suis pas d’accord avec sa foi, alors d’après ces postmodernes c’est un acte de violence que je commets envers lui et qui doit être interdit (cf. d’ailleurs le cas justement d’un procès dans lequel une conférencière a été reconnue coupable d’avoir publiquement « dénigré une personne qui est un objet de vénération », à savoir Mahomet, le prophète de l’islam, d’une manière « susceptible de susciter une indignation justifiée », en violation de l’article 188 du Code pénal autrichien).

Dans cette direction vont également des projets de loi à Bruxelles qui visent à empêcher les critiques des autres religions. C’est parce que l’on ne fait plus la différence entre l’expression de nos opinions et de nos différends et des actes véritablement violents que l’on ne comprend plus ce qu’est véritablement la liberté de conscience et la liberté religieuse. Bruxelles va clairement dans cette direction : c’est politiquement dramatique et cela va très certainement nous conduire vers de grandes difficultés.

http://fr.aleteia.org/2016/08/04/chacun-sa-verite-ou-le-triomphe-du-nimporte-quoi/

Le post-modernisme n'est tout simplement que de la folie, qui nie le principe de réalité, au fondement de tout langage. Car, lorsque je pose le jugement: "A=A", je n'énonce pas une simple tautologie. Car, le prédicat "A" contient plus que le sujet "A". En effet, le prédicat "A" affirme l'identité de "A" ET sa nécessité. Autrement dit, comme Gilson et Lecerf le professaient, toute opération judicative implique un jugement d'existence sous-jacent. De sorte qu'on comprend mieux pourquoi Foucault s'est tant opposé à l'enfermement des fous... mort de rire


Dernière édition par saint Zibou le Ven 05 Aoû 2016, 20:40, édité 3 fois
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Loup Ecossais



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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 19:26

philippe bis a écrit:
adamev a écrit:
La tolérance c'est accepter que l'autre puisse avoir raison... ce n'est pas forcément faire sien son point de vue. La tolérance est une des composantes de la laïcité.
La tolérance ça n 'est pas chrétien , la compassion, la miséricorde, l 'amour de ses ennemis ,prier pour ceux qui vous persécutes oui! Dur dur! Smile

Thumright
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Espérance
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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 19:42

"La tolérance signe-t-elle la mort de toute vérité ?"

Tolérer est-ce nécessairement tomber dans le relativisme qui affirme que tout ce vaut ? Comment sauver l'idée qu'il existe une vérité tout en continuant à promouvoir la tolérance ?

Peut-être en questionnant notre manière de concevoir la vérité. Car il y a une façon de considérer la vérité qui s'apparente à de l’idolâtrie ! C'est le cas lorsque l'on sacralise la vérité et que l'on en fait un objet intemporel et inquestionnable.

L’Église catholique a pu encourager cette conception rigide de la vérité par le passé. Elle a ainsi longtemps opposé les droits de la Vérité aux droits de l'homme et identifié toute opinion contraire à la sienne, comme contraire à la Vérité. Rappelons simplement l'exemple de Bossuet défendant la vérité de l’Église catholique et pourfendant la tolérance considérée comme un poison...

Pourtant, on peut croire que la vérité est une et être tolérant. Pourquoi ?

Parce que toute expression de la vérité est limitée. "La vérité même dont je me réclame, je m'en réclame dans une expression qui reste encore imparfaite" souligne le théologien catholique Claude Geffré.


La vérité est un travail


Pour le chrétien, la vérité est un chemin à parcourir à la suite de Jésus qui est "le chemin, la vérité et la vie". Le chrétien ne croit pas à des vérités, il croit en une personne, Jésus-Christ.

La foi n'est pas l'adhésion à des vérités, si grandes, si sublimes ou si subtiles soient-elles. Elle est l'acte de confiance en un Dieu qui révèle son amour et sa fidélité dans les événements de l'histoire.

La vérité du christianisme réside dans la personne de Jésus, une figure énigmatique, toujours à déchiffrer, à découvrir.

Et cette découverte n'est jamais achevée. Jésus, dans le discours d'après la Cène, dit qu'il nous enverra l'Esprit : "Il vous rappellera tout ce que je vous ai dit", "Il vous conduira vers la vérité tout entière" (Jean 14, 26 et 16, 13).

C'est donc que les disciples, tout comme les chrétiens d'aujourd'hui, ne nagent pas encore dedans !

L'ouverture aux différences n'est donc pas un luxe, pas plus qu'une dangereuse pente vers le relativisme.

Accepter les différences, attendre quelque chose d'un travail en commun, c'est cela la tolérance, au sens fort.


"N'accordez rien à l'esprit de parti, rien à la vaine gloire, mais que chacun par l'humilité estime les autres supérieurs à soi" lance Paul (Epître aux Philippiens chap. 2, v. 3).

C'est par ce travail à plusieurs que l'on trouve des formes plus justes pour énoncer la vérité.

Autant dire que tolérance et vérité sont plus amies qu'ennemies !


http://croire.la-croix.com/Definitions/Vie-chretienne/Tolerance/La-tolerance-signe-t-elle-la-mort-de-toute-verite

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Thomas33



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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 19:57

Il est clair que cette façon de concevoir tolérance et vérité nous aide à vivre dans une société non chrétienne. Il est difficile de ne pas se sentir en rupture avec autrui si l'on a une vision trop stricte de la vérité. Mais Jésus n'est-Il pas venu apporter la division au nom de la vérité comme Il le dit dans l'évangile ? Les dogmes sont-ils des vérités malléables que l'on peut travailler ?
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Espérance
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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 21:36

Thomas33 a écrit:
Les dogmes sont-ils des vérités malléables que l'on peut travailler ?

bonne question Thomas, voici ce que je viens de trouver :

Le dogme, une vérité à croire

Anne-Bénédicte Hoffner, le 10/11/2011 à 19h53

Au fur et à mesure de l’évolution de l’Église, le besoin s’est fait sentir de résumer le message chrétien pour le mettre à l’abri de fausses interprétations. Si le dogme ne peut être remis en question, le fidèle est appelé à comprendre la vérité dont sa formulation est porteuse. Explication.

Qu’est-ce qu’un dogme ?

Le mot vient du verbe grec dokein, qui signifie « avoir une opinion, penser, croire ». La Commission théologique internationale (1990) le définit comme « une doctrine dans laquelle l’Église propose de façon définitive une vérité révélée ».

À la suite de la révélation contenue dans l’Ancien Testament, les chrétiens croient que, en Jésus, Dieu lui-même s’est fait connaître aux hommes ; c’est de cette connaissance que le « dépôt de la foi », confié à l’Église, rend compte.

« Au fur et à mesure que l’Église a grandi et que des conflits de doctrine ont éclaté entre les chrétiens, le besoin s’est fait sentir de résumer le message chrétien en quelques propositions doctrinales pour le mettre à l’abri de l’erreur et de fausses interprétations, écrit le théologien Claude Geffré (Dictionnaire des religions, PUF, 1984). Il faut comprendre la fonction dogmatique dans l’Église comme une exigence de la transmission fidèle aux hommes du message révélé selon de nouvelles conditions de temps et de lieu. »

Les dogmes peuvent donc être compris comme l’expression de la vérité éternelle de Dieu dans le langage temporel des hommes. Des « lumières sur le chemin de notre foi, qui l’éclairent et le rendent sûr », selon la formule du Catéchisme de l’Église catholique (n° 89).

Quand sont-ils apparus ?

Le mot a été utilisé dès l’Antiquité dans le domaine juridique, au sens d’arrêté ou de loi, et en philosophie. Il a mis longtemps à s’imposer dans l’Église. Au Moyen Âge, c’est plutôt sous l’appellation d’« articles de foi » que l’on discute de la doctrine obligatoire de l’Église et de la manière dont celle-ci a été établie.

C’est véritablement avec la Réforme, puis les Lumières, que le mot « dogme » apparaît sous le sens actuel de « formulation doctrinale ». Contre le « rationalisme ou le naturalisme », accusés de « s’attaquer par tous les moyens à la religion chrétienne », le concile Vatican I, en 1870, le désigne comme « tout ce à quoi on doit croire d’une foi divine et catholique » et « qui est contenu dans les saintes Écritures et dans la Tradition, tout ce qui est proposé par l’Église comme vérité divinement révélée, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel » (constitution Dei Filius).

Qui formule les dogmes ?

Au sens strict, le dogme est une affirmation promulguée solennellement par un concile œcuménique ou par le pape usant explicitement de son infaillibilité (canon 749 du code de droit canonique) : c’est ce que l’on appelle le « Magistère extraordinaire ».

Le dogme de l’infaillibilité pontificale, par exemple, a été défini au cours d’un concile (Vatican I) réunissant l’ensemble des évêques, et ceux de l’Immaculée Conception ou de l’Assomption de la Vierge par des papes (voir infographie ci-contre).

Mais, au sens large, le mot peut être étendu à l’ensemble de la foi chrétienne, enseignée par l’Église au titre de son « Magistère ordinaire et universel » (l’enseignement des évêques). « Il n’existe aucun dogme sur la résurrection du Christ, par exemple, il ne s’agit pas moins d’une vérité de foi, relève le P. Jean-François Chiron, professeur à la faculté de théologie de l’Université catholique de Lyon (1). On peut aussi considérer le Credo comme un ensemble d’articles de foi. »

Il n’existe donc pas de liste des dogmes « en vigueur ». Seul critère, selon le P. Chiron : « Pour qu’un énoncé soit considéré comme un dogme, il faut que la manière dont le Magistère s’exprime ne donne pas lieu à débat sur son intention de le considérer comme tel. » Dans certains cas, la qualification ou non de dogmes est incertaine : c’est le cas, par exemple, de certains énoncés, pourtant très fermes, comme celui, posé au cours du concile de Florence en 1439, donnant une interprétation stricte de l’adage « Hors de l’Église, point de salut »…

Qu’est-ce que le développement du dogme ?

Pour les chrétiens, le Christ est la révélation parfaite de Dieu. « Ce qu’il a dit et vécu est le critère absolu de la vérité », rappelle le cardinal Walter Kasper, président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, dans le Dictionnaire de théologie (Cerf, 1988).

« Mais, selon le lieu ou l’époque, de nouvelles questions surgissent, parfois même de l’interprétation des Écritures : l’Église a alors le devoir d’y répondre en approfondissant sa connaissance de la vérité révélée par Dieu. C’est ce que l’on appelle le développement du dogme. »

Les « forces motrices » du développement du dogme sont au nombre de six, selon le cardinal Kasper : l’Esprit Saint d’abord qui oriente « l’ensemble des fidèles », qui dès lors « ne peut se tromper dans la foi » (Lumen gentium, n° 12) ; la référence à l’Écriture et à la Tradition ; le Magistère auquel il appartient seul d’interpréter avec autorité l’Écriture et la Tradition ; la réflexion théologique ; mais aussi « les défis provoqués par la situation », autrement dit les questions spirituelles et morales des hommes d’une époque ; et enfin, « les ébranlements provoqués par des déformations hérétiques de la foi » et qui provoquent l’Église à faire œuvre de clarification.

Peut-on interpréter un dogme ?


Parce qu’il engage l’infaillibilité du pape ou de l’Église tout entière dans leur mission de transmettre la Révélation, le dogme ne peut être remis en question. Il est définitif.

En revanche, le fidèle est toujours appelé à comprendre son essence, la vérité dont sa formulation est porteuse. Ce que le théologien Bernard Sesboüé appelle le « c’est-à-dire ». C’est le cas pour le terme « consubstantiel » : c’est pour décrire la relation unique du Père et du Fils que ce terme a été introduit dans le Credo par le concile de Nicée en 325, ce qui n’empêche pas qu’il doive être « traduit » aujourd’hui, le sens du terme « substance » n’étant plus le même. C’est le cas aussi de la « transsubstantiation », terme forgé au XIIIe siècle et inspiré de la philosophie d’Aristote pour décrire le changement du pain et du vin au corps et au sang du Christ. « L’énoncé reste vrai ; il reste encore à le rendre compréhensible, vivant pour aujourd’hui », résume Jean-François Chiron.

Quelle évolution du concept ?

Au cours du XXe siècle, la perception des dogmes a beaucoup évolué. D’une part le risque d’un appauvrissement de la foi au travers de formules humaines est davantage perçu. « Ensuite, avec sa constitution dogmatique Dei Verbum, Vatican II marque une inflexion, rappelle encore Jean-François Chiron. Désormais, la révélation divine est moins considérée comme une suite d’énoncés que comme une révélation par Dieu lui-même de ce qu’il est. » Aucun nouveau dogme n’a d’ailleurs été défini à Vatican II ni depuis.

(1) Auteur de L’Infaillibilité et son objet. L’autorité du magistère infaillible de l’Église s’étend-elle aux vérités non révélées ? (Cerf, 1999).

http://www.la-croix.com/Religion/Le-dogme-une-verite-a-croire-2011-11-10-734620

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Loup Ecossais



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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 21:51

Thomas33 a écrit:
Il est clair que cette façon de concevoir tolérance et vérité nous aide à vivre dans une société non chrétienne. Il est difficile de ne pas se sentir en rupture avec autrui si l'on a une vision trop stricte de la vérité. Mais Jésus n'est-Il pas venu apporter la division au nom de la vérité comme Il le dit dans l'évangile ? Les dogmes sont-ils des vérités malléables que l'on peut travailler ?

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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 21:53

Loup Ecossais a écrit:
La tolérance est une injustice.
La tolérance pour le péché est une injustice!
La tolérance pour le pecheur, non!
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Espérance
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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 21:58

RenéMatheux a écrit:
Loup Ecossais a écrit:
La tolérance est une injustice.
La tolérance pour le péché est une injustice!
La tolérance pour le pecheur, non!

René, vous dites là exactement ce que le pape a dit Thumright

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MessageSujet: Re: « Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi   Ven 05 Aoû 2016, 22:21

Thomas33 a écrit:
Il est clair que cette façon de concevoir tolérance et vérité nous aide à vivre dans une société non chrétienne. Il est difficile de ne pas se sentir en rupture avec autrui si l'on a une vision trop stricte de la vérité. Mais Jésus n'est-Il pas venu apporter la division au nom de la vérité comme Il le dit dans l'évangile ? Les dogmes sont-ils des vérités malléables que l'on peut travailler ?
La vie n 'est pas un choix entre le bien est le mal!Quel parent donnerais deux part de gateau a son enfant dont l 'une est empoisonné et lui dirait vas y choisis!Et pourtant le monde (demon) agit comme cela avec nous!Le monde nous dit vous etes libre!Faites ce qui vous fait plaisir !Profitez de la vie!Il n 'y a pas de mal a se faire du bien...
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« Chacun sa vérité » ou le triomphe du n’importe quoi
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