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 « Le combat, condition de la victoire » - John Henry Newman

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Thy Kingdom come
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MessageSujet: « Le combat, condition de la victoire » - John Henry Newman   Lun 1 Fév 2016 - 9:51

Le combat, condition de la victoire

Les troupes célestes qui voient ce qui se passe sur terre comprennent bien, pour l’avoir souvent constaté, quel est le parcours d’une âme qui passe de l’enfer au ciel. Elles ont vu à maintes reprises, dans d’innombrables cas, que la souffrance est le chemin qui mène à la paix ; que ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans la joie, et que ce qui a été vrai du Christ s’accomplit dans une certaine mesure chez ses disciples.

Essayons de nous habituer à ces perspectives. L’Eglise tout entière, toutes les âmes des élus sont, chacune à tour de rôle, appelées à cette tâche indispensable. Ce fut jadis le tour d’autres personnes, c’est aujourd’hui le nôtre. Ce fut jadis le tour des apôtres, celui de saint Paul. Tous les soucis s’abattirent sur lui en même temps : aussi couvert de soucis de la tête aux pieds que Job l’était de plaies. Et comme si cela ne suffisait pas, il avait de surcroît une écharde dans la chair, une souffrance personnelle qui ne le quittait pas. Mais cela ne l’a pas empêché de bien tenir son rôle (…) ce qui lui permit de dire à la fin de ses jours : « J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. » (2 Tm 4,7) Et à sa suite ce sont tous les parfaits de la terre, l’armée des martyrs en vêtements blancs, et la troupe joyeuse des confesseurs, chacun à son tour, chacun en son temps, qui sur la scène du monde ont de la même manière bien tenu leur rôle. Et il en a été ainsi jusqu’à nos jours, où la foi a pratiquement  échoué, et où l’un puis l’autre ensuite ont été appelés à se produire devant le Grand Roi. Tout se passe comme si nous étions tous admis à nous tenir ensemble à la fois autour de son trône, et qu’il appelât d’abord cet homme-ci, puis cet homme-là à reprendre le chant, chacun ayant à répéter à son tour la mélodie que ses frères ont chantée de bout en bout avant lui, ou encore comme si nous menions une danse solennelle en son honneur dans les parvis célestes et que chacun ait personnellement à accomplir à un signal donné le même mouvement solennel et gracieux. Ou encore comme s’il s’agissait d’une épreuve de force ou d’agilité et que sous les applaudissements du cercle des spectateurs, nous étions l’un après l’autre, acteurs de ce spectacle. Tel est notre état : les anges en sont témoins ; le christ nous a précédés, le Christ nous en a donné l’exemple afin que nous suivions ses traces.

Ce qu’il a subi c’est beaucoup plus, infiniment plus que ce que nous serons éventuellement appelés à souffrir. Nos frères (dans la foi) ont enduré beaucoup plus, et ils semblent nous encourager par leur réussite et compatir à nos efforts. C’est à présent notre tour, et tous les esprits chargés de nous venir en aide se taisent et nous regardent. Ô que votre pieds ne glisse pas, que votre œil ne s’égare pas, que votre oreille ne soit pas sourde, que votre attention ne flanche pas ! Ne vous découragez pas, n’ayez pas peur : confiance, audace, point de recul : on vous aidera à traverser l’épreuve. Quels que soient les ennuis qui vous assaillent, qu’ils viennent du dedans ou du dehors – qu’ils soient le fruit du hasard ou d’une décision de votre volonté, qu’ils viennent d’amis ou d’ennemis – quels que soient vos ennuis, même si vous vous retrouvez seuls, Ô enfants d’un Père céleste, n’ayez pas peur ! Acquittez-vous virilement de votre tâche tout au long de votre vie, et lorsqu’elle prendra fin le Christ vous accueillera auprès de lui et votre cœur connaîtra infailliblement la joie, joie que  nul ne peut vous ôter.

Le Christ est déjà dans ce lieu de paix où il est tout en tous. Il siège à la droite de Dieu. Il est caché par l’éclat de la splendeur qui rayonne du Trône éternel. Il est dans l’abîme même de la paix, où ne s’élève aucune voix de discorde ou de détresse, mais où règne un profond silence – le silence : le plus grand, le plus pénétré d’effroi sacré de tous les biens que nous puissions imaginer – la plus parfaite de toutes les joies de cette tranquillité absolue, profonde, ineffable de l’Essence divine. Il est entré dans son repos.

Ô quel bonheur ce sera si, au terme de cette vie de tribulation, nous entrons à notre tour dans ce même repos – si le jour vient où nous entrerons dans son Tabernacle céleste pour nous cacher à l’ombre de ses ailes (Ps 17,8) ; si nous devons être comptés au nombre des morts bienheureux qui meurent dans le Seigneur et se reposent de leurs peines. Ici-bas nous sommes ballotés sur la mer et le vent est contraire. Tout le jour nous sommes mis à l’épreuve et tentés de diverses manières. Nous ne pouvons penser, parler ou agir sans que la défaillance et le péché nous guettent.  Mais dans le monde invisible où est entré le Christ, tout est paix. Là est le trône éternel environné d’un arc-en-ciel qui le sertit comme une émeraude ; et au milieu du trône l’agneau qui a été égorgé et qui a racheté par son sang une multitude d’hommes. Et autour du trône vingt-quatre sièges pour vingt-quatre anciens, tous revêtus de robes blanches, une couronne d’or sur la tête. (…) Mais il y a aussi une grande foule que nul ne peut dénombrer, de toutes nations, races, peuples et langues, vêtus de robes blanches, des palmes à la main. « Ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve : ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. » « Jamais plus ils ne souffriront de la faim ni de la soif ; jamais plus ils ne seront accablés ni par le soleil, ni par aucun vent brûlant. » « De mort, il n’y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé. » (Ap 7, 14.16 ; 21,4)

De péché il n’y en aura plus, plus de culpabilité, plus de remords, plus de châtiment, plus de pénitence, plus d’épreuve, plus d’infirmité qui nous déprime, ni d’affection qui nous égare, ni de passion qui nous emporte, ni de préjugé qui nous aveugle ; ni paresse, ni orgueil, ni envie, ni querelle ; mais la lumière de la Face de Dieu  et le fleuve d’eau vive, pure et claire comme le cristal, qui sourd du Trône du Très-Haut. C’est là notre demeure. Ici-bas nous ne sommes que des pèlerins, et le Christ nous appelle à rejoindre notre demeure. Il nous appelle à ses multiples demeures qu’il a préparées pour nous. L’Esprit et l’Epouse nous y appellent aussi, et tout sera prêt pour nous à l’heure de notre venue : « Ayant donc un grand prêtre souverain qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la profession de foi » (He 4,14), vu que « nous aussi, entourés de cette immense nuée de témoins, nous devons nous débarrasser de tout ce qui nous alourdit » (He 12,1) « Efforçons-nous donc d’entrer dans ce repos », « Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours. » (He 4, 11.16)


John Henry Newman « Sermons paroissiaux » - tome 6 : l'identité chrétienne
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