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 Le Filioque est-il une hérésie ?

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boulo
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MessageSujet: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 09:24

Mister be a écrit:
...Rappelez moi la controverse du filioque?

Résumée par " THEO , Encyclopédie catholique pour tous " , Droguet et Ardant , Fayard , 1989 , p 375 . L'article commence par

" Le Filioque

Ce mot bref est à l'origine d'un des conflits les plus virulents qui aient opposé les églises d'Orient et de Rome et conduit à leur rupture en mêlant problèmes théologiques et culturels . [...]

Il semblerait qu' aujourd'hui on s'accorde sur la formule " l'Esprit procède du Père par le Fils " [...] " .

Bardet dépasse la querelle en se concentrant sur le caractère dynamique des relations entre les personnes divines , à partir du tétragramme sacré :

c'est l'aspiration H redoublée dans YHWH  qui ferait l'unité de Dieu trinitaire .

p 31 de " Le trésor secret d'Ishraël " : " Fig 4 - Le Tétragramme Y H W H est le Nom de la Trinité , donné par Elle-même et prononçable distinctement ; les quatre lettres signifient : Yod = le Père ; Waw = le Fils ; les deux He = les deux Spirations de
l'Unique Esprit . "

Bardet appelle cette dynamique le " circulus trinitaire " .

Les recherches actuelles sur la fusion nucléaire par plasma auto-entretenu pourraient donner une ( pâle ) image de ce mystère :
les physiciens cherchent à créer un courant plus ou moins circulaire de plasma qui se rattrape lui-même et devient un , en créant une chaleur intense .

L'ITER international en France est un super-tokamak destiné à produire ce phénomène . Mais d'après M.Petit , il ne fonctionnera jamais .

Le stellarator allemand vient d'entrer en fonction mais il ne développe " que " cent millions de degrés ( insuffisant pour réaliser la fusion ) .


Dernière édition par boulo le Dim 03 Jan 2016, 08:03, édité 2 fois
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 09:36

boulo a écrit:

Il semblerait qu' aujourd'hui on s'accorde sur la formule " l'Esprit procède du Père par le Fils " [...] " .

Mais la réciproque est vraie aussi : "l'Esprit procède du Fils par le Père."

En effet, l'Esprit n'est rien d'autre que l'amour réciproque du Père et du Fils...

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Arnaud
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boulo
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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 09:38

Merci . Ce n'était pas mon opinion car je citais THEO . Je suis incompétent .

_________________
" Faux départ . Enquête sur les EMI/NDE " , par Sonia Barkallah , se trouve dans " Témoignages ... " . Dernière réponse le 31/12/2015 1h33 .
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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 10:13

Arnaud Dumouch a écrit:
RenéMatheux a écrit:
Ouais!
Ben la question est : honorius a t il écrit des lettres à tendance hérétique?

Il a écrit des lettre IMPRÉCISES, sans user du langage métaphysique nécessaire en ces matières.
Que vient faire le langage metaphysique la dedans?
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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 10:15

boulo a écrit:

Ce mot bref est à l'origine d'un des conflits les plus virulents qui aient opposé les églises d'Orient et de Rome et conduit à leur rupture en mêlant problèmes théologiques et culturels . [...]

Il semblerait qu' aujourd'hui on s'accorde sur la formule " l'Esprit procède du Père par le Fils " [...] " .
Je vous répète ce que disait le père Marie Dominique Phillipe : L'amour du père pour le fils et du fils pour le père, c'est l'Esprit Saint.
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Mister be



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 10:39

boulo a écrit:
Merci . Ce n'était pas mon opinion car je citais THEO . Je suis incompétent .

Mon rabbin qui donne des cours d'hébreu en a fait illusion avec la lettre hébraïque shine que l'on trouve dans Yéshoua (YHShWH) qui est le lien entre les trois "émanations" de YHWH(Père,Fils et Esprit) qui est l'Eternel relié sur la terre soit l'Incarnation...
Mais le fait que le fils procède du Père etc... c'est un peu capilotracté pour la compréhension....Et c'est ce genre de détails qui divise l'Eglise d'orirnt rt d'Occident?Moi je croyais que c'était une question de point de vue d'une à un configuration différente de la pensée occidentale et de la pensée orientale...
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Oculus



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 11:13

Arnaud Dumouch a écrit:
boulo a écrit:

Il semblerait qu' aujourd'hui on s'accorde sur la formule " l'Esprit procède du Père par le Fils " [...] " .

Mais la réciproque est vraie aussi : "l'Esprit procède du Fils par le Père."

En effet, l'Esprit n'est rien d'autre que l'amour réciproque du Père et du Fils...


l'Esprit n'est pas une relation , c'est une Personne .
cette Théorisation provient du De Trinitate d'Augustin  et c'est une conséquence de son néoplatonisme .
Une Personne ne peut pas être réduite à une relation , pas plus qu'à un concept . Une personne est irréductible ,
particulièrement celle de l'Esprit qui est celle qui est la plus mystérieuse puisqu'elle emprunte ses images à de nombreuses
théophanies  : nuée, feu , colombe  sans être aucune d'entre elles.
et Puis si vous voulez que tout le monde procède , alors le Fils procède aussi de l'Esprit puisque " Par L'Esprit Saint , il a pris chair de la Vierge Marie "
En réalité , et vous le savez très bien ,procéder peut revêtir deux significations :   1) celle d'Origine  qui est la signification du Credo inaltéré de Nicée  et qui signifie que Le Père a le monopole de l'Origine des deux autres personnes de la Trinité : qu'il ne nait pas .
2) celle de passage qui est celle de la conciliation : Il Procède du Père ( Origine ) par le Fils ( Envoi en Mission ) .

Mais si vous attribuez la signification 1) au Fils aussi bien qu'au Père , vous détruisez l'identité du Père ( en tant qu'unique Origine)
celle aussi du Fils  ( en tant qu'unique engendré qui ne saurait être Origine )  et l'égalité des personnes Divines ( puisque l'Esprit est privé d'une propriété  commune au Père et au fils ) : Il ne reste donc rien du dogme Trinitaire ,il est entièrement ruiné .
Vous passez de l'Icône de la Trinité de Roublev à un  Grand Père Fouettard barbu  , un fils victime expiatoire et Juge impitoyable , et à une colombe inepte et décorative , ce que certaines iconographies occidentales de la Trinité ont abondamment illustré ...

Je sais , l'unique planche de salut ,qui a failli d'ailleurs refaire l'Unité au concile de Bâle-Florence avec les Grecs, est de s'en tenir
à la voie du Par le fils en tant qu'envoi en mission de l'Esprit par le Fils . Mais si vous tenez à ce que le fils soit l'Origine de l'Esprit ,
je suis désolé , mais il n'y a pas d'alternative : soit c'est nous les catholiques qui sommes hérétiques , soit ce sont les Orthodoxes.
or ,  croyez-moi je suis vraiment  désolé , mais c'est nous ! Et si nous ne renonçons pas à cela , il n'y a aura jamais d'Unité des Chrétiens .pas plus d'ailleurs  qu' entre  les protestants qui partagent le filioque  et les orthodoxes .
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 11:19

Oculus a écrit:


l'Esprit n'est pas une relation , c'est une Personne .

Toutes les Personnes en Dieu sont des relations subsistantes.


Le Père n'est rien d'autre que relation subsistante au Fils car un Père n'est que par un Fils.
Idem pour le Fils.
Et cette relation, parce qu'elle est infinie, est une Personne car elle possède la plénitude de la divinité.


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Arnaud
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Oculus



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 11:26

Une relation ne souffle pas où elle veut quand elle veut et chez qui elle veut , elle ne choisit pas de faire sa demeure , elle ne se place pas en langues de feu en donnant tous les charismes .
Une relation n'est pas autonome , un concept n'est pas doué de volonté , comme l'est une personne .
l'amour peut résumer une relation , mais aucune relation ne prend l'initiative de créer et d'aimer .

Vous adorez des concepts néoplatoniciens recyclés qui sont absolument vides de toute présence, de toute adoration et de tout embrasement de l'être .
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Mister be



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 11:33

Oculus a écrit:
Une relation ne souffle pas où elle veut quand elle veut et chez qui elle veut , elle ne choisit  pas de faire  sa demeure , elle ne se place pas en langues de feu en donnant tous les charismes .
Une relation n'est pas autonome , un concept n'est pas doué de volonté , comme l'est une personne .
l'amour peut résumer une relation , mais aucune relation ne prend l'initiative de créer et d'aimer .

Vous adorez des concepts néoplatoniciens recyclés qui sont absolument vides de toute présence, de toute adoration et de tout embrasement de l'être .

Sans m'avancer dans un domaine spirituel purement catholique et orthodoxe...Je suis d'accord avec Oculus!
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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 11:50

Oculus a écrit:
Une relation ne souffle pas où elle veut quand elle veut et chez qui elle veut , elle ne choisit  pas de faire  sa demeure , elle ne se place pas en langues de feu en donnant tous les charismes .
Une relation n'est pas autonome , un concept n'est pas doué de volonté , comme l'est une personne .
l'amour peut résumer une relation , mais aucune relation ne prend l'initiative de créer et d'aimer .

Vous adorez des concepts néoplatoniciens recyclés qui sont absolument vides de toute présence, de toute adoration et de tout embrasement de l'être .
C'est vrai aussi pour les concepts , la beauté l'amour.
Donc Dieu n'est pas l'Amour!

J'ajoute : la conception immaculée de marie n'est pas une personne. Donc ce n'était pas Marie à Lourdes!


Dernière édition par RenéMatheux le Ven 01 Jan 2016, 13:09, édité 1 fois
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 12:04

Mister be a écrit:
Oculus a écrit:
Une relation ne souffle pas où elle veut quand elle veut et chez qui elle veut , elle ne choisit  pas de faire  sa demeure , elle ne se place pas en langues de feu en donnant tous les charismes .
Une relation n'est pas autonome , un concept n'est pas doué de volonté , comme l'est une personne .
l'amour peut résumer une relation , mais aucune relation ne prend l'initiative de créer et d'aimer .

Vous adorez des concepts néoplatoniciens recyclés qui sont absolument vides de toute présence, de toute adoration et de tout embrasement de l'être .

Sans m'avancer dans un domaine spirituel purement catholique et orthodoxe...Je suis d'accord avec Oculus!

Vous prenez l'analogie relation par la mauvaise part. Le Père n'est pas une simple relation mathématique. L'analogie de la "relation" porte plutôt ici sur un jaillissement de Lumière, qui est le Verbe.

Le Père est Relation infinie, totale à son Fils qui est sa propre contemplation de lui-même.


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Oculus



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 13:50

Mais une relation est binaire et donc exclusive de ses deux termes , elle exclut ce qui ne fait pas partie de cette relation !
Ce qui fait qu'on ne peut pas rentrer en relation avec une Relation car on en est exclu par définition !!! et Donc un Dieu Relation reste absolument comme était celui de Platon et Plotin  : L'Un -bien : une Pure abstraction qui d'ailleurs veut rester à l'écart de Tout et en contact avec Rien : prérogative divine platonicienne !  Or on peut rentrer en relation avec le Saint Esprit , toute l'expérience de la pentecôte et des mouvements pentecôtistes est là pour le démontrer .
Quant au terme de Relation Subsistante de St Bonaventure , il ne fait que traduire que nous sommes mortels et Dieu non : la belle affaire !
Une personne est ouverte à une infinité d'autres personnes   et Une relation fermée à ce qui est au delà de Deux personnes   .
De surcroît , dire que l'Esprit est la relation du Père et du Fils , tendrait à prêter à cette relation une faculté d'engendrement , c'est à dire d'union sexuelle . Or il n'y a qu'une seule union de ce type en Dieu : celle entre les deux natures du Christ où la nature de Dieu a épousé celle de  l'homme .
or dans la trinité , il y a aucun besoin d'union , puisque les trois personnes sont une seule et  même essence .
Sérieusement , y a t-il quelqu'un ici pour contester que  dogmatiquement notre Dieu soit trois Personnes prêtes à entrer en relation avec quiconque  ?


Dernière édition par Oculus le Ven 01 Jan 2016, 13:58, édité 1 fois
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 13:54

Les Personnes en Dieu ne sont pas des relations comme en nous ! Ce sont des relations SUBSISTANTES, donc des Personnes.

Pour le comprendre, voici :

Je vous mets une vidéo un petit texte qui rend tout cela clair :

http://www.youtube.com/watch?v=-UwMaM5LA_w
Pour reprendre l'analogie de Saint Thomas, il montre que Dieu est ESPRIT.

Or, comme notre esprit, il possède donc deux "facultés" qui sont son essence même:
1° Son intelligence
2° Sa volonté d'aimer.

Lorsque nous essayons (1°) de nous connaître nous-même, il sort dans notre intelligence une idée vague de nous-même: une sorte de concept (en latin VERBUM) De même, Dieu se connaît lui-même mais, à la différence de nous, il se connaît parfaitement.

Alors le concept qui sort de sa connaissance (le VERBUM) est exactement semblable à lui-même, identique, éternel, infini.

En langage d'enfant, on l'appelle le FILS, et c'est lui, puisqu'il est la connaissance de Dieu, qui s'est incarné pour venir nous raconter tout cela sur terre.

(2°) On peut procéder de la même façon pour comprendre l'Esprit Saint (Dont le vrai nom est l'AMOUR en Dieu).
Lorsque nous nous aimons avec quelqu'un à travers une AMITIÉ, après l'avoir un peu connu (Verbum), que se passe-t-il? Rien d'extérieur mais une sorte de tension entre lui et nous qui se noue et forme cette amitié. Cela jaillit.
Eh bien, quand le Père (Yahvé) et le Fils (sa connaissance de lui-même) s'aiment, ils sont infinis et magnifiques, et leur amour procède des deux, exactement comme une amitié. Ainsi le Saint Esprit ( = leur amitié) procède du Père ET du Fils (FILIOQUE) et est exactement semblable aux Père et au Fils. On l'appelle le Saint Esprit.
Donc, si je résume on a
1° le Père (Yahvé).
2° Sa connaissance de lui-même (le Verbe ou le Fils)
3° Leur amour mutuel (le Saint Esprit.



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Arnaud
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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 14:01

Oculus a écrit:
Mais une relation est binaire et donc exclusive de ses deux termes , elle exclut ce qui ne fait pas partie de cette relation !
Z'avez entendu parler des familles? C'est des relations à 3 ou 4 ou 5 etc!
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Mister be



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 14:49

Oculus a écrit:
Mais une relation est binaire et donc exclusive de ses deux termes , elle exclut ce qui ne fait pas partie de cette relation !
Ce qui fait qu'on ne peut pas rentrer en relation avec une Relation car on en est exclu par définition !!! et Donc un Dieu Relation reste absolument comme était celui de Platon et Plotin  : L'Un -bien : une Pure abstraction qui d'ailleurs veut rester à l'écart de Tout et en contact avec Rien : prérogative divine platonicienne !  Or on peut rentrer en relation avec le Saint Esprit , toute l'expérience de la pentecôte et des mouvements pentecôtistes est là pour le démontrer .
Quant au terme de Relation Subsistante de St Bonaventure , il ne fait que traduire que nous sommes mortels et Dieu non : la belle affaire !
Une personne est ouverte à une infinité d'autres personnes   et Une relation fermée à ce qui est au delà de Deux personnes   .
De surcroît , dire que l'Esprit est la relation du Père et du Fils , tendrait à prêter à cette relation une faculté d'engendrement , c'est à dire d'union sexuelle . Or il n'y a qu'une seule union de ce type en Dieu : celle entre les deux natures du Christ où la nature de Dieu a épousé celle de  l'homme .
or dans la trinité , il y a aucun besoin d'union , puisque les trois personnes sont une seule et  même essence .
Sérieusement , y a t-il quelqu'un ici pour contester que  dogmatiquement notre Dieu soit trois Personnes prêtes à entrer en relation avec quiconque  ?
thumleft
Oui moi !mais je ne suis pas catholique c'est pourquoi je parle d"'émanation" ou d'émanatisme

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adamev



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 16:06

Analogie pour analogie... prenons celle du peintre.
Je veux bien que dans le peintre résident en même temps le créateur, son esprit et son fils mais aucun des trois pris isolément (ou même en couple) ne fait le peintre.
Pour que le peintre soit il faut que la création soit et pour que la création soit il faut que le peintre ait exprimé (esprit) son intention et sa volonté mais il faut aussi que le peintre (dans sa fonction de créateur) pose l'acte créateur qui est en quelque sorte fils à la fois du peintre et de son esprit (intention, volonté, acte).
Voilà pourquoi le Filioque est une hérésie que démontre le Crédo romain dit "Symbole des Apôtres" (CEC page 50) : "Je crois en Dieu père tout puissant. Créateur du ciel et de la terre. Je crois en JC son fils unique, qui a été conçu du SE et né de la VM....".
D'où il ressort clairement que l'Esprit précède le fils qui procèdent l'un et l'autre du Père. Tout comme le premier point du pinceau du peintre procède à la fois du peintre en tant que personne et de ce même peintre en tant qu'esprit.
On peut y mettre un brin d'amour (du peintre pour sa peinture) si on décide que le peintre à quelque chose à voir avec Narcisse....
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petero



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 18:37

Pourquoi l'Esprit Saint procède-t-il du Père et du Fils ? Parce que l'Esprit Saint c'est l'Amour que le Père et le Fils se donnent l'un à l'autre. De fait l'Amour procède de 2 personnes qui s'aiment. C'est en s'aimant l'un l'autre que le Père et le Fils sont Amour, cet Amour qui est leur Être. Et comme Dieu Est Esprit, l'Amour qui est leur Être, est l'Esprit qui les unit, qui les fait Être Un dans l'Amour qu'Il Est Lui-même et qu'Is sont ensemble.

Et c'est en nous faisant don de cet Esprit qui est les unit l'un à l'autre que le Père et le Fils nous unissent à eux, mais dans la nature humaine du Fils. Notre union à Dieu, nous la recevons du Fils et de l'Esprit qui est devenu, selon moi, dans le corps de Jésus, son Cœur.

C'est en nous faisant don de son Corps et surtout de son Cœur, que Jésus nous fait entrer dans la Vie avec Dieu, avec Lui qui vit par Dieu son Père, dans l'Esprit.

Ce don de son Esprit, devenu Cœur de chair en Jésus, Dieu l'avait annoncé ici :

"26 Et je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau; (Ezéchiel (CP) 36)

Ce cœur nouveau, c'est l'esprit nouveau que Dieu voulait mettre en nous.

Ce cœur nouveau, nous dit Dieu, ce sera un "cœur de chair" :

"j'ôterai de votre chair le coeur de pierre; et je vous donnerai un coeur de chair. (Ezéchiel (CP) 36)

N'avons-nous pas déjà un cœur de chair ? Oui, mais un cœur de chair qui retourne à la poussière tirée de la pierre, un cœur de chair qui meurt. Ce cœur nouveau, il ne retournera pas à la poussière, il vivra éternellement, car c'est le Cœur même de Dieu fait chair, l'Esprit Saint devenu cœur de chair en Jésus, l'Esprit qui fait vivre le Fils par le Père.

Eh bien c'est ce même Cœur divin, l'Esprit Saint, qui nous est donné comme Cœur de chair en Jésus, Cœur pour notre chair à nous, qui nous fait entrer dans la Vie du Fils et du Père, dans la Vie éternelle.

Ce Cœur de chair promis, qui nous ferait vivre comme Dieu, c'est à dire selon les lois de Dieu et pratiquer ses coutumes ou ses habitudes, c'est à dire sa manière d'aimer, c'est bien l'Esprit même de Dieu, puisque Dieu ajoute à la fin :

"27 Je mettrai au dedans de vous mon Esprit, et je ferai que vous suivrez mes ordonnances, que vous observerez mes lois et les pratiquerez. (Ezéchiel (CP) 36)

L'Esprit Saint procède bien du Père et du Fils, car c'est le Cœur que le Père et le Fils se donne l'un à l'autre pour s'aimer, pour être Un dans l'Amour qu'Est ce même Esprit Saint, ce même Cœur, qui nous est donné en Jésus devenu homme comme nous, pour que nous soyons à notre tour un seul cœur et un seul Esprit avec Dieu, par Jésus.
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adamev



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 19:44

Sortez le nez de vos bouquins et essayez de raisonner autrement qu'à coup d'affirmations péremptoires et de citations qui vous arrangent.

"Je crois en Dieu père tout puissant. Créateur du ciel et de la terre. Je crois en JC son fils unique, qui a été conçu du SE et né de la VM....".
CEC page 50

Pas question d'amour réciproque ici... juste une déclinaison logique...
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petero



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 20:15

adamev a écrit:
Sortez le nez de vos bouquins et essayez de raisonner autrement qu'à coup d'affirmations péremptoires et de citations qui vous arrangent.

"Je crois en Dieu père tout puissant. Créateur du ciel et de la terre. Je crois en JC son fils unique, qui a été conçu du SE et né de la VM....".
CEC page 50

Pas question d'amour réciproque ici... juste une déclinaison logique...

Jésus qui a été conçu du Saint Esprit dans le sein de la Vierge Marie, c'est à dire "conçu comme homme", conçu dans la chair". Il ne s'agit pas ici de la génération éternelle du Verbe par le Père, en son sein. Very Happy

Le Crédo 6 : "né du père avant tous les siècles". C'est dans les siècles que Jésus est né de l'Esprit. Very Happy

Au fait, bonne année cher Adamev Very Happy  Heureux de vous retrouver Very Happy
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boulo
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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 21:50

Je reproduis ( par épisodes ) le texte de l'article de " THEO " sur la querelle du Filioque :

" Le Filioque

Ce mot bref est à l'origine d'un des conflits les plus virulents qui aient opposé les Eglises d'Orient et de Rome et conduit à leur rupture en mêlant problèmes théologiques et culturels .

Le Credo de Nicée-Constantinople ( 381 ) , reconnu en Orient et en Occident comme formulation de la foi chrétienne , professait qu'au sein de la Trinité , l'Esprit-Saint procède du Père , mais il ne disait rien des relations entre le Fils et l'Esprit .

Or , par la suite , les théologiens occidentaux , s'appuyant sur le Nouveau Testament ( Jn 16 , 13-15 , et surtout Rm 8 , 9 et
Ga 4 , 6 ) , ainsi que sur les Pères de l'Eglise , étaient arrivés à la conclusion que l'Esprit-Saint procédait du Père
et du Fils ( en latin Filioque ) .

Cette formule , qui modifiait unilatéralement l'énoncé commun de la foi , semble être apparue en Espagne au VIe siècle contre l'arianisme des Wisigoths , puis s'être répandue dans l'Eglise franque , Charlemagne la généralisant au IXe siècle .

Les papes , sans contester la validité théologique de la formule , s'opposèrent jusqu'au XIe siècle à son usage liturgique pour éviter d'altérer l'union , déjà fragile avec l'Orient .


Celui-ci réagissait en effet avec vivacité contre ce qu'il considérait comme une hérésie .
Au milieu du IXe siècle , le patriarche de Constantinople Photius , accusant l'Occident de méconnaître que , en Dieu , le Père est la source unique , provoqua même un schisme , temporaire , avec Rome .

Il semblerait qu'aujourd'hui , on s'accorde sur la formule " l'Esprit procède du Père par le Fils " , ce qui ne serait nullement un compromis mais l'expression de la théologie effectivement commune aux deux Eglises .

En tout cas le Filioque n'est pas la seule formule admissible aux yeux de l'Eglise romaine ; le dialogue se poursuit entre théologiens catholiques et orthodoxes . " .


J'ajouterai que les découvertes en physique quantique et les créations de plasmas circulaires infiniment chauds , permettront probablement à l'avenir de se doter d'images moins statiques pour tenter d'exprimer par analogies le Dieu trinitaire et de dépasser cette querelle millénaire épuisante .
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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 22:25

Navré Boulo!
Je n'y crois pas! Les pseudo théologiens ne m'intéresse pas. Les vrais oui!
Le saint esprit est l'amour du père et du fils! Bientot, cela apparaitra comme une évidence!
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Ven 01 Jan 2016, 23:14

Le Père et le Fils sont Un, donc le Saint-Esprit doit procéder des deux.

Mais Jésus a bien dit: "L'Esprit de vérité qui procède du Père." (Jean 15, 26)

Confused
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boulo
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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 05:23

Je me suis souvent senti étranger à cette querelle de théologiens ( même si elle est justifiée ) .

Ce qui m'attriste , ce sont les images trop statiques suggérées par ces termes de doctrine .

Les images de fonctionnement interne de moteurs me paraitraient moins inappropriées pour tenter d'approcher le mystère ineffable du Dieu Unique et Trine ( surtout lorsque les moteurs à fusion
nucléaire propre seront inventés , ce qui n'est pas pour demain mais pour après-demain ) .


_________________
" Faux départ . Enquête sur les EMI/NDE " , par Sonia Barkallah , se trouve dans " Témoignages ... " . Dernière réponse le 31/12/2015 1h33 .
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petero



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 07:40

Simon a écrit:
Le Père et le Fils sont Un, donc le Saint-Esprit doit procéder des deux.

Mais Jésus a bien dit: "L'Esprit de vérité qui procède du Père." (Jean 15, 26)

Confused

Sauf que tu escamote la parole de Jésus qui dit : 26 Lorsque le Consolateur que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, (Jean (CP) 15)

C'est Jésus qui envoie d'auprès du Père l'Esprit Saint, d'auprès du Père avec qui il est un seul Esprit. C'est bien du Père que procède l'Esprit, mais aussi du Fils qui dit l'Amour de Dieu son Père, le Fils qui rend manifeste cet Amour. Pour Être pleinement Amour, l'Esprit procède du Père et du Fils qui dit l'Amour que Dieu a de Lui-même, dans sa Parole Eternelle. L'Esprit Est quand le Père et le disent se disent qu'ils s'aiment en Etant cet Amour absolu qui procède d'eux.
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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 08:05

boulo a écrit:
Je me suis souvent senti étranger à cette querelle de théologiens ( même si elle est justifiée ) .

Ce qui m'attriste , ce sont les images trop statiques suggérées par ces termes de doctrine .

Les images de fonctionnement interne de moteurs me paraitraient moins inappropriées pour tenter d'approcher le mystère ineffable du Dieu Unique et Trine ( surtout lorsque les moteurs à fusion
nucléaire propre seront inventés , ce qui n'est pas pour demain mais pour après-demain ) .

Comparez à ce que dit André Frossard : les dogmes ne sont pas des chaines, mais des fenetres sur la lumière.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 08:28

boulo a écrit:
Je me suis souvent senti étranger à cette querelle de théologiens ( même si elle est justifiée ) .

Ce qui m'attriste , ce sont les images trop statiques suggérées par ces termes de doctrine .

Les images de fonctionnement interne de moteurs me paraitraient moins inappropriées pour tenter d'approcher le mystère ineffable du Dieu Unique et Trine ( surtout lorsque les moteurs à fusion
nucléaire propre seront inventés , ce qui n'est pas pour demain mais pour après-demain ) .


Les images statiques des processions trinitaires sont un "squelette".

A nous ensuite d'y mettre la "chair", la Vie", l'infinie jaillissement de Lumière et de feu.

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Arnaud
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Mister be



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 09:15

boulo a écrit:
Je me suis souvent senti étranger à cette querelle de théologiens ( même si elle est justifiée ) .

Ce qui m'attriste , ce sont les images trop statiques suggérées par ces termes de doctrine .

Les images de fonctionnement interne de moteurs me paraitraient moins inappropriées pour tenter d'approcher le mystère ineffable du Dieu Unique et Trine ( surtout lorsque les moteurs à fusion
nucléaire propre seront inventés , ce qui n'est pas pour demain mais pour après-demain ) .


Comme je vous comprends!
Tout cela nous fzit dévier de la saine doctrine

"Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables." (2 Timothée 4:3)



Chacun peut retenir pour lui-même sa propre opinion, mais d’une façon ou d’une autre elle n’a absolument aucune valeur dans le Royaume de Dieu.
La Colonne de Feu

A propos du filoque et autre,il s’agit d’une confrontation de la doctrine fondamentale biblique avec les dogmes des pères de l’Eglise s’écartant de celle-ci. Dans les doctrines fondamentales sur la Divinité, sur le baptême, etc., les dogmes des églises ne s’accordent pas avec ceux des apôtres. Sans en être conscients beaucoup de personnes, malgré les bénédictions, demeurent dans les falsifications traditionnelles. C’est l’écrasant bilan que l’on peut faire à la fin du temps de la grâce!
Les prophètes, apôtres et docteurs envoyés de Dieu ne connaissaient par exemple qu’un seul Dieu, pas un Dieu triple. Ils ne connaissaient pas non plus de doctrine de «Jesus Only» (Jésus seul). Ils connaissaient Dieu comme Il s’est fait connaître dans Sa diversité. La doctrine de la Trinité, dans laquelle trois Personnes divines égales, devraient exister de toute Eternité, est non biblique et correspond à un ancien concept païen, qui, entre autre, continue à exister dans le Bouddhisme

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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 09:55

Alors bis

Comparez à ce que dit André Frossard : les dogmes ne sont pas des chaines, mais des fenetres sur la lumière.
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Mister be



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 10:22

C'est exactement la même situation que le veau d'or!
"Et quand le peuple vit que Moïse tardait à descendre de la montagne, le peuple s’assembla auprès d’Aaron, et ils lui dirent: Lève-toi, fais-nous un dieu qui aille devant nous…" (Ex. 32.1).

Il répondit à la requête et fit un veau d’or, car en Egypte le taureau était honoré. Et puis il est encore écrit: "Et ils dirent: C’est ici ton dieu, ô Israël! qui t’a fait monter du pays d’Egypte" (v. 4).

On peut se représenter la chose: le Dieu d’Israël était apparu sur la montagne et avait dit en premier:

"Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude. Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face" (Ex. 20.1-4).

Dans ce même temps Aaron transgressa avec le peuple ce commandement, pratiqua l’idolâtrie et appela «dieu» un veau.

Parce que le Seigneur Jésus, avec la promesse de Son retour, se fit attendre, les pères de l’Eglise firent la même chose: ils formèrent et formulèrent un Dieu à trois têtes, en trois formes correspondant au modèle païen, et dirent: «Voilà ton Dieu, o chrétienté!».

Celui qui ose toucher cette «formation» (la Trinité) est traité comme s’il avait offensé ce qu’ils ont de plus sacré.
Cependant, quelle est la foi juste?
Paul a mis en valeur la doctrine juste et a mis l’accent: "… puisque c’est UN SEUL DIEU qui justifiera…" (Rom. 3.30).

Il écrit à un autre endroit: "Or un médiateur n’est pas médiateur d’un seul, mais Dieu est UN SEUL" (Gal. 3.20).

Il n’est pas écrit une seule fois dans les Saintes Ecritures: «Dieu un en trois» ou «Trinité», pas plus qu’il n’est écrit: «Fils céleste» ou «Fils éternel». Ce Dieu formé ainsi est totalement étranger à l’Eglise primitive, aux prophètes et aux apôtres.
Un homme ayant une réflexion claire ne peut jamais prétendre en présence de la Parole de Dieu, qu’il y en a «trois» qui règnent dans le ciel, et que les trois sont un en toutes choses — c’est-à-dire qu’ils formeraient une Trinité. Si cette Trinité existait dans le ciel, il en serait aussi rendu témoignage dans la Bible. Parce qu’elle ne peut être trouvée nulle part dans la Bible, elle ne peut pas davantage être dans le ciel.

Quelques-uns exagèrent et s’écrient à haute voix: «Maintenant, nous invitons la très sainte Trinité!». Le présentateur invite en premier le Père, et tous tapent des mains avec enthousiasme. Puis le Fils est invité, et de nouveau on applaudit bruyamment.
Après cela le Saint-Esprit est tout particulièrement invité au milieu d’eux, et tout le peuple est transporté d’enthousiasme.

Est-ce que quelqu’un croit sérieusement qu’il y a trois Eternels, trois Tout-Puissants, trois Omniprésents? Alors ce n’est visiblement plus le seul Dieu dont rend témoignage la Bible. Trois Personnes indépendantes font trois Dieux — certainement pas un seul Dieu, si le langage a encore une signification. C’est en cela que consiste la grande apostasie que Paul a annoncée et qui s’est accomplie lorsque le Christianisme a abandonné le fondement juif de la révélation.

Alors René quand vous parlez de mensonges,regardez comment vous croyez et on en reparlera!
Non je ne comparez pas froissard car seule la Bible doit faire autorité en matière de foi et pas un Froissard ou un autre....
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Oculus



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 12:37

petero a écrit:
Simon a écrit:
Le Père et le Fils sont Un, donc le Saint-Esprit doit procéder des deux.

Mais Jésus a bien dit: "L'Esprit de vérité qui procède du Père." (Jean 15, 26)

Confused

Sauf que tu escamote la parole de Jésus qui dit :  26 Lorsque le Consolateur que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père,  (Jean (CP) 15)

C'est Jésus qui envoie d'auprès du Père l'Esprit Saint, d'auprès du Père avec qui il est un seul Esprit. C'est bien du Père que procède l'Esprit, mais aussi du Fils qui dit l'Amour de Dieu son Père, le Fils qui rend manifeste cet Amour. Pour Être pleinement Amour, l'Esprit procède du Père et du Fils qui dit l'Amour que Dieu a de Lui-même, dans sa Parole Eternelle. L'Esprit Est quand le Père et le disent se disent qu'ils s'aiment en Etant cet Amour absolu qui procède d'eux.

Oui cette phrase de Jean 15, 26 résume parfaitement ce qui était déjà lors du concile de Florence une position d'accord élaborée
par Maxime le confesseur en son temps à savoir que l'Esprit procède du Père ( comme Unique Origine ) Par le fils ( Envoi en Mission ).
Si on s'en tient là un accord est possible avec retour à la Foi de l'Eglise Indivise .
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Oculus



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 13:04

RenéMatheux a écrit:
Oculus a écrit:
Une relation ne souffle pas où elle veut quand elle veut et chez qui elle veut , elle ne choisit  pas de faire  sa demeure , elle ne se place pas en langues de feu en donnant tous les charismes .
Une relation n'est pas autonome , un concept n'est pas doué de volonté , comme l'est une personne .
l'amour peut résumer une relation , mais aucune relation ne prend l'initiative de créer et d'aimer .

Vous adorez des concepts néoplatoniciens recyclés qui sont absolument vides de toute présence, de toute adoration et de tout embrasement de l'être .

C'est vrai aussi pour les concepts , la beauté l'amour.
Donc Dieu n'est pas l'Amour!  

Vous dites Vrai :Dieu n'est pas l'Amour au sens  que si ,en votre esprit , cela signifie que vous  prétendez connaitre  l'Essence de Dieu qui serait  Amour en tant que catégorie de votre intellect , vous vous trompez . Personne ne connait l'Essence ou la Nature  ( Ousia ) Divine qui est commune aux trois personnes de la Trinité , pas même les anges qui contemplent la gloire de Dieu , car par définition , si on connait l'essence divine , on devient Dieu .

Et le fait de qualifier l'essence Divine du mot sublime et passe partout d'Amour est un Leurre . Si Dieu est Amour le contenu de cet amour et son essence vous est et sera  à jamais inconnaissable et inaccessible : il n'appartient qu'à l'intimité de la sainte Trinité .
donc on en revient à une Ignorance infranchissable par l'intellect.

Ceci découle encore d'une confusion entre ce que Dieu A ( avoir : l'amour ) et dont il est source pour nous tous et ce que Dieu Est :
à jamais inconnaissable . Ce que Dieu A et auquel il nous fait participer  ce sont ses Energies et Puissances incréées  dont l'Amour est une des formes principales .

Il y a donc trois concepts principaux opérant une description de la Trinité dans la Foi des premiers conciles oecuméniques :  
1) L'Essence , la Nature , l'Ousia  commune aux trois Personnes
2) l'Hypostase (Hypostaseis) ,  ou Substance , ou Identité  Propre aux personnes : le Père ne nait pas et est Origine commune du Fils et de l'Esprit , Le Fils est Unique Engendré  avant tous les siècles , l'Esprit n'est pas Engendré ou " Procède " ou a sa source dans le Père ( Ekporeuien )
3) les Energies Divine Incréées par lesquelles les personnes divines se communiquent à nous  et qui leur sont  de communs moyens d'action  : théophanies ou visions  : nuée, colonnes et langues feu , brise légère , colombe , buisson ardent  , transfiguration etc... et théophanies humaines par transformation de l'Homme en Prophète, Apôtre ou Saint . Et l'Amour est à la fois une Theophanie et une Transformation  découlant de la grâce divine incréée et des efforts de l'homme pour s'y conformer . mais nul ne peut dire que c'est  l'Essence Divine que seule la Trinité connait .

Donc vous avez vu juste René .


Dernière édition par Oculus le Sam 02 Jan 2016, 13:27, édité 1 fois
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Oculus



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 13:20

Mister be a écrit:
A propos du filoque et autre,il s’agit d’une confrontation de la doctrine fondamentale biblique avec les dogmes des pères de l’Eglise s’écartant de celle-ci. Dans les doctrines fondamentales sur la Divinité, sur le baptême, etc., les dogmes des églises ne s’accordent pas avec ceux des apôtres. Sans en être conscients beaucoup de personnes, malgré les bénédictions, demeurent dans les falsifications traditionnelles. C’est l’écrasant bilan que l’on peut faire à la fin du temps de la grâce!
Les prophètes, apôtres et docteurs envoyés de Dieu ne connaissaient par exemple qu’un seul Dieu, pas un Dieu triple. Ils ne connaissaient pas non plus de doctrine de «Jesus Only» (Jésus seul). Ils connaissaient Dieu comme Il s’est fait connaître dans Sa diversité. La doctrine de la Trinité, dans laquelle trois Personnes divines égales, devraient exister de toute Eternité, est non biblique et correspond à un ancien concept païen, qui, entre autre, continue à exister dans le Bouddhisme


Ce que vous dites est tout à fait faux : le texte le plus explicite et le plus théophanique révélant la Trinité de toute la Bible est précisément l'apparition des trois Anges à Abraham au Chêne de Mambré .
Justement ce que vous ne comprenez pas au sujet de la Trinité , c'est que nous chrétiens restons MONOTHEISTES parce que, justement le Père est l'origine commune du Fils ( par génération ) et de l'Esprit (par Procession) .
Donc le Père est source et origine de Tout : et Nous n'avons donc qu'un seul Dieu sous Trois Formes , comme vous mêmes avez aimé d'abord en tant qu'enfant puis en tant qu'époux puis en tant que parent et n'êtes pourtant qu'une seule Personne Humaine qui a été obligée de s'accoucher à chaque fois de deux formes d'amour entièrement nouvelles et non présentes durant votre enfance et dont vous êtes la seule origine et source : ce n'est pas pour rien que vous avez été créé à l'Image de Dieu , c'est à dire Trinité humaine.

ce n'est que si l'Esprit procédait du Père ET du fils en tant qu'Origine double que nous aurions un Polythéisme : le Père ne procédant de personne , le Fils que du Père , et L'Esprit du Père et du Fils .
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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 13:32

Mister be a écrit:

Alors René quand vous parlez de mensonges,regardez comment vous croyez et on en reparlera!
Non je ne comparez pas froissard car seule la Bible doit faire autorité en matière de foi et pas un Froissard ou un autre....
Frossard a vu Dieu, un peu comme moise a vu Dieu
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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 13:34

Oculus a écrit:
RenéMatheux a écrit:
Oculus a écrit:
Une relation ne souffle pas où elle veut quand elle veut et chez qui elle veut , elle ne choisit  pas de faire  sa demeure , elle ne se place pas en langues de feu en donnant tous les charismes .
Une relation n'est pas autonome , un concept n'est pas doué de volonté , comme l'est une personne .
l'amour peut résumer une relation , mais aucune relation ne prend l'initiative de créer et d'aimer .

Vous adorez des concepts néoplatoniciens recyclés qui sont absolument vides de toute présence, de toute adoration et de tout embrasement de l'être .

C'est vrai aussi pour les concepts , la beauté l'amour.
Donc Dieu n'est pas l'Amour!  

Vous dites Vrai :Dieu n'est pas l'Amour au sens  que si ,en votre esprit , cela signifie que vous  prétendez connaitre  l'Essence de Dieu qui serait  Amour en tant que catégorie de votre intellect , vous vous trompez . Personne ne connait l'Essence ou la Nature  ( Ousia ) Divine qui est commune aux trois personnes de la Trinité , pas même les anges qui contemplent la gloire de Dieu , car par définition , si on connait l'essence divine , on devient Dieu .

Et le fait de qualifier l'essence Divine du mot sublime et passe partout d'Amour est un Leurre . Si Dieu est Amour le contenu de cet amour et son essence vous est et sera  à jamais inconnaissable et inaccessible : il n'appartient qu'à l'intimité de la sainte Trinité .
donc on en revient à une Ignorance infranchissable par l'intellect.

Ceci découle encore d'une confusion entre ce que Dieu A ( avoir : l'amour ) et dont il est source pour nous tous et ce que Dieu Est :
à jamais inconnaissable . Ce que Dieu A et auquel il nous fait participer  ce sont ses Energies et Puissances incréées  dont l'Amour est une des formes principales .

Il y a donc trois concepts principaux opérant une description de la Trinité dans la Foi des premiers conciles oecuméniques :  
1) L'Essence , la Nature , l'Ousia  commune aux trois Personnes
2) l'Hypostase (Hypostaseis) ,  ou Substance , ou Identité  Propre aux personnes  : le Père ne nait pas et est Origine commune du Fils et de l'Esprit , Le Fils est Unique Engendré  avant tous les siècles , l'Esprit n'est pas Engendré ou " Procède " ou a sa source dans le Père ( Ekporeuien )
3) les Energies Divine Incréées par lesquelles les personnes divines se communiquent à nous  et qui leur sont  de communs moyens d'action  : théophanies ou visions  : nuée, colonnes et langues feu , brise légère , colombe , buisson ardent  , transfiguration etc... et théophanies humaines par transformation de l'Homme en Prophète, Apôtre ou Saint . Et l'Amour est à la fois une Theophanie et une Transformation  découlant de la grâce divine incréée et des efforts de l'homme pour s'y conformer . mais nul ne peut dire que c'est  l'Essence Divine que seule la Trinité connait .

Donc vous avez vu juste René .
Il n'y a que l'Amour pour concevoir une idée aussi aburde de créer des etres qui n'existe pas et dont Il n'a pas besoin et de mettre à souffrir pour eux!
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Oculus



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 14:57

Je tombe sur ce document qui met fin à notre discussion : Rome a reconnu en 1995 la Normativité du Credo de Nicée -Constantinople
inaltéré sans le Filioque comme expression de la foi de l'Eglise Universelle donc Catholique .
ce document n' a pas eu la diffusion et la portée que cela aurait requis . Et la Polémique est donc close de même que mon caractère
d'hérétique , Chers René et Arnaud Mr.Red


Le Filioque: Une Question Qui Divise L’Église?: Déclaration Commune

La Commission théologique orthodoxe-catholique d’Amérique du Nord, de 1999 à 2003, a centré son dialogue sur une question reconnue pendant plus de douze siècles comme une des raisons principales de la division de nos Églises : nos manières divergentes de concevoir et de parler de l’origine du Saint-Esprit, à l’intérieur même de la vie de Dieu trine.

Nos deux traditions professent la « foi de Nicée » comme la formulation normative de notre compréhension de Dieu et de son action dans sa création, et elles considèrent la version révisée, associée avec le premier Concile de Constantinople (381), comme l’expression classique de cette foi. La plupart des catholiques cependant et les autres chrétiens d’Occident ont employé, au moins depuis la fin du sixième siècle, une traduction latine de ce Credo, qui ajoute à la confession que le Saint-Esprit « procède du Père » les mots « Filioque » (« et du Fils »). Pour la plupart des chrétiens occidentaux ces mots restent une des formulations centrales de leur foi, proclamée dans la liturgie, et fondement de la catéchèse et de la réflexion théologique. Pour les Catholiques et la majorité des Protestants, il s’agit simplement d’une donnée de l’enseignement courant de l’Église, et en tant que tel, partie intégrante de leur compréhension du dogme de la Sainte Trinité. En effet, au moins depuis la fin du huitième siècle la présence du « Filioque » dans la version occidentale du Credo a été une cause de scandale pour les chrétiens d’Orient, aussi bien en raison de la théologie trinitaire qu’elle exprime, qu’en raison de son adoption par un nombre croissant d’Églises en Occident comme formulation canonique d’un concile œcuménique reçu, sans accord œcuménique préalable. Au fur et à mesure qu’au cours du moyen âge la division entre chrétiens d’Orient et d’Occident s’aggravait, la théologie associée avec le « Filioque » et les questions de la structure de l’Église et de l’autorité en son sein, soulevées par son adoption, sont devenues un symbole des différences, un signe évident de ce que chaque partie de la chrétienté divisée trouvait comme manque ou distorsion chez l’autre.

Notre étude commune de cette question a impliqué notre Commission dans une intense recherche commune, une réflexion priante et des discussions intenses. Nous espérons que beaucoup d’études présentées au cours des années par les membres de notre Commission pourront être publiées en un volume pour présenter le contexte académique de notre déclaration commune. Un thème aussi complexe que celui traité, aussi bien du point de vue historique que du point de vue théologique, exige des explications détaillées pour discerner clairement les vraies questions. Nos discussions et notre déclaration commune ne mettront pas fin automatiquement à des siècles de désaccord entre nos Églises. Mais nous espérons qu’elles contribueront à la croissance de l’entente et du respect mutuels, et que, au temps voulu par Dieu, nos Églises ne considéreront plus comme une cause de séparation la manière dont nous réfléchissons à et parlons de cet Esprit, dont le fruit est amour et paix (cf. Gal 5, 22).

I. Le Saint-Esprit dans les Ecritures

Dans l’Ancien Testament « l’esprit de Dieu », ou « l’esprit du Seigneur » se présente plutôt comme une manifestation de la puissance créatrice de Dieu – le « souffle » de Dieu (ruach YHWH) – façonnant le monde comme un lieu ordonné et habitable pour son peuple et suscitant des individus pour conduire son peuple sur le chemin de la sainteté. Dans les premiers versets de la Genèse, l’esprit de Dieu « plane à la surface des eaux » pour ordonner le chaos (Gn 1, 2). Dans les récits historiques d’Israël, le même esprit « s’agite » dans les chefs du peuple (Juges 13, 25 : Samson). C’est lui qui fait prophètes les rois et les chefs militaires (1 Sam 10, 9-12 ; 19, 18-24 : Saul et David). C’est lui qui permet aux prophètes de « porter la bonne nouvelle aux affligés » (Es 61, 1 ; cf. 42, 1 ; 2 R 2, 9).

Le Seigneur dit à Moïse qu’il a « rempli » Beçalel, l’artisan, « de l’esprit de Dieu », afin de lui permettre de façonner tout le mobilier du tabernacle en accord avec le projet divin (Ex 31, 3). Quelquefois le « saint-esprit » (Ps 51, 13) ou l’ « esprit bon » (Ps 143, 10) du Seigneur semble manifester sa conduite dans les personnes et dans la nation toute entière, purifiant leurs esprits (Ps 51, 12-14) et les aidant à garder ses commandements, mais attristé par leur péché. La puissante vision de la restauration d’Israël par le prophète Ézéchiel, victoire sur la défaite de la mort et de l’exil, le « souffle » qui retourne aux cadavres desséchés du peuple, devient une image du souffle même de Dieu recréant le peuple : « Je mettrai mon esprit en vous et vous vivrez… » (Éz 37, 14).

Les écrits du Nouveau Testament parlent habituellement de l’Esprit de Dieu (pneuma Theou) d’une manière plus personnelle et l’associent intimement à la personne et à la mission de Jésus. Matthieu et Luc indiquent clairement que Marie conçoit Jésus en son sein par la puissance du Saint-Esprit, qui la « couvre de son ombre » (Mt 1, 18. 20 ; Lc 1, 35). Les quatre évangiles attestent que Jean le Baptiste, qui lui-même était « rempli de l’Esprit Saint depuis le sein de sa mère » (Lc 1, 15), a témoigné de la descente du même Esprit sur Jésus, dans une manifestation visible de la puissance et de l’élection de Dieu, au moment du baptême de Jésus (Mt 3, 16 ; Mc 1, 10 ; Lc 3,22 ; Jn 1, 33). Le Saint-Esprit conduit Jésus au désert pour lutter contre le diable (Mt 4, 1 ; Lc 4, 1), le remplit de la force prophétique au début de sa mission (Lc 4, 18-21) et se manifeste dans ses exorcismes (Mt 12, 28-32). Jean le Baptiste a caractérisé la mission de Jésus comme un « baptême » de ses disciples « par le Saint-Esprit et par le feu » (Mt 3, 11 ; Lc 3, 16 ; cf. Jn 1, 33), prophétie accomplie par les merveilles de la Pentecôte (Act 1, 5), lorsque les disciples furent « revêtus de la force d’en haut » (Lc 24, 49 ; Act 1, 8). Le récit des Actes montre que l’Esprit Saint unifie continuellement la communauté (4, 31-32), rend Etienne capable de témoigner de Jésus par sa vie (8, 55). Sa présence charismatique chez les païens croyants rend évident qu’eux aussi sont appelés à être baptisés en Christ (Act 10, 47).

Lors de son discours d’adieu dans l’Évangile de Jean, Jésus parle du Saint-Esprit comme de celui qui continuera son œuvre dans le monde après son retour au Père. Il est « l’Esprit de la vérité », qui agira comme « un autre avocat (paraklètos) » pour enseigner et guider ses disciples (Jn 14, 16-17), leur rappelant tout ce que Jésus lui-même a enseigné (Jn 14, 26). Dans cette section de l’Évangile Jésus nous donne de mieux percevoir la relation entre cet « avocat », lui-même et son Père. Jésus promet de l’envoyer « d’auprès du Père », comme « l’Esprit de la vérité qui procède du Père » (Jn 15, 26). La vérité qu’Il enseigne sera celle que Jésus a révélée dans sa personne (cf. Jn 1, 14 ; 14, 6) : « Il me glorifiera, parce qu’Il prendra ce qui est à moi et vous l’annoncera. Tout ce que le Père a est à moi. C’est pourquoi j’ai dit qu’il prendra ce qui est à moi et vous l’annoncera » (Jn 16, 14-15).

L’épître aux Hébreux présente l’Esprit seulement comme celui qui parle dans les Écritures avec sa voix propre (Héb 3, 7 ; 9, 8). Dans les lettres de Paul, le Saint-Esprit de Dieu est aussi celui qui a définitivement « établi » Jésus comme « Fils de Dieu en puissance » en devenant l’agent de sa résurrection (Rom 1, 4 ; 8, 11). Le même Esprit, qui maintenant nous a été communiqué, nous rend conformes au Seigneur ressuscité, nous donnant l’espérance de la résurrection et de la vie (Rom 8, 11), faisant de nous des enfants et des héritiers de Dieu (Rom 8, 14-17), et transformant nos mots et même notre gémissement en une prière traduisant l’espérance (Rom 8, 23-27). « Et l’espérance ne déçoit pas parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom 5, 5).

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Dernière édition par Oculus le Sam 02 Jan 2016, 15:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 14:58

II. Considérations d’ordre historique :

Au cours des premiers siècles de l’Église, les traditions latines et grecques ont rendu témoignage à la même foi apostolique, mais ont décrit de manières différentes la relation entre les Personnes de la Trinité. La différence reflétait en général certains défis pastoraux de l’Église en Occident et en Orient. Le Credo de Nicée (325) articulait la foi de l’Église face à l’hérésie arienne qui niait la pleine divinité du Christ. Au cours des années qui suivirent le Concile de Nicée, l’Église devait encore faire face à des opinions contestant aussi bien la pleine divinité et la pleine humanité du Christ que la divinité du Saint-Esprit. Face à ces défis, les pères au Concile de Constantinople (381) ont confirmé la foi de Nicée et ont proposé un Credo plus explicite, basé sur celui de Nicée, mais avec des ajouts significatifs.

La confession élargie de ce Credo concernant le Saint-Esprit est particulièrement digne d’attention. Elle est nettement influencée par le traité classique « Du Saint-Esprit » de Basile de Césarée, probablement achevé quelques six ans auparavant. Le Credo de Constantinople a confessé la foi de l’Église dans la divinité de l’Esprit en disant : « et dans le Saint-Esprit, Seigneur et Vivificateur, qui procède (ekporeuetai) du Père ; qui avec le Père et le Fils est adoré et glorifié, qui a parlé par les prophètes ». Bien que le Credo ait évité d’appeler l’Esprit explicitement « Dieu », ou d’affirmer, comme l’avaient fait Athanase et Grégoire de Nazianze, que l’Esprit est « de la même substance » que le Père et le Fils (affirmations qui sans nul doute auraient pu paraître extrêmes à certains contemporains de grande prudence théologique), le Concile cependant avait l’intention de confesser par ce texte la foi de l’Église dans la pleine divinité de l’Esprit Saint, en s’opposant notamment à ceux qui considéraient l’Esprit comme une créature. Le Concile, dans le même temps, ne se préoccupait pas de spécifier le mode de l’origine de l’Esprit, ou de spécifier les relations de l’Esprit avec le Père et le Fils.

Les actes du Concile de Constantinople sont perdus. Mais le texte de son Credo est cité et formellement reconnu comme normatif, tout comme le Credo de Nicée, dans l’énoncé de foi formulé au Concile de Chalcédoine (451).

En moins d’un siècle le Credo de 381 a fini par devenir la norme dans la définition de la foi, et au début du sixième siècle, il était même proclamé au cours de l’Eucharistie à Antioche, Constantinople et en d’autres régions de l’Orient. Dans certaines régions des Églises d’Occident aussi le Credo fut introduit dans l’Eucharistie, peut-être à partir du 3e Concile de Tolède en 589. Le Credo cependant n’a pas été inséré dans l’Eucharistie à Rome avant le 11e siècle, ce qui a eu une certaine importance dans le processus de l’acceptation officielle par l’Occident du Filioque.

Il n’existe aucune attestation claire du processus qui a conduit à insérer l’expression Filioque dans le Credo de 381 avant le 6e siècle. L’idée que l’Esprit procède « du Père par le Fils » est soutenue par un certain nombre de théologiens latins anciens, comme faisant partie de leur insistance sur l’unité ordonnée des trois Personnes dans l’unique Mystère divin (par ex. Tertullien, Adversus Praxean 4 et 5). Tertullien, écrivant au début du 3e siècle, souligne que le Père, le Fils et le Saint-Esprit partagent une même substance divine, une même qualité, une même puissance (ibid. 2), qu’il conçoit comme découlant du Père, et transmis par le Fils à l’Esprit (ibid. 8). Hilaire de Poitiers au milieu du 4e siècle parle de l’Esprit à la fois comme étant simplement « du Père » (De Trinitate 12, 56), et comme « ayant le Père et le Fils comme source » (ibid. 2, 29). Dans un autre passage, Hilaire fait référence aux paroles de Jésus « Tout ce que le Père a est à moi ; c’est pourquoi j’ai dit que (l’Esprit) prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera » (Jn 16, 15), et se demande si « recevoir du Fils est la même chose que procéder du Père » (ibid. 8, 20). Ambroise de Milan, écrivant dans les années 380, soutient ouvertement que l’Esprit « procède du (procedit a) Père et du Fils » sans être jamais séparé de l’un et de l’autre (Du Saint-Esprit 1, 11, 20). Mais aucun de ces écrivains ne consacre une réflexion explicite au mode de l’origine de l’Esprit. Tous sont plutôt préoccupés à souligner l’égalité de dignité des trois Personnes divines comme Dieu, et tous reconnaissent que le Père seul est la source de l’être éternel de Dieu.

L’emploi le plus ancien de l’expression Filioque dans un contexte de Credo est la profession de foi formulée pour le roi wisigoth Reccarède au Concile local de Tolède en 589. Ce Concile régional a anathématisé ceux qui n’acceptaient pas les décrets des quatre premiers Conciles œcuméniques (canon 11), et ceux qui ne confessaient pas que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils (canon 3). Il semble que les évêques espagnols et le roi Reccarède croyaient à ce moment que l’équivalent du Filioque en grec faisait partie du Credo primitif de Constantinople, et apparemment ils comprenaient que le Filioque s’opposait à l’arianisme en affirmant la relation intime entre le Père et le Fils. Sur l’ordre de Reccarède on se mit à réciter le Credo au cours de l’Eucharistie en suivant la pratique orientale. D’Espagne l’emploi du Credo avec le Filioque se répandait en Gaule.

Presque un siècle après, un Concile d’évêques anglais se tenait à Hatfield en 680, présidé par l’archevêque Théodore de Cantorbéry, un byzantin auquel le pape Vitalien avait demandé de servir en Angleterre. Ce Concile, d’après Bède le Vénérable (Hist. Eccl. Gent. Angl. 4, 15 ‹17›), professait explicitement sa foi comme conforme aux cinq Conciles œcuméniques, et déclarait également que le Saint-Esprit procède « de manière ineffable (inenarrabiliter) » du Père et du Fils.

À l’orée du 7e siècle, trois facteurs liés entre eux ont pu contribuer à une tendance croissante à inclure en Occident le Filioque dans le Credo de 381 et à la croyance de certains latins qu’il faisait de fait partie du Credo original. En premier lieu, un courant important dans la tradition patristique occidentale, repris dans les œuvres d’Augustin (354-430), a parlé de la procession de l’Esprit du Père et du Fils (par ex. De la Trinité 4, 29 ; 15, 10. 12. 29. 37 ; nous parlerons plus loin de la signification et de la terminologie de cette tradition). En second lieu, tout au long des 4e et 5e siècles, un certain nombre de Credos ont circulé dans les Églises, souvent dans les contextes du baptême ou de la catéchèse. Le Credo de 381 n’était pas considéré comme la seule expression contraignante de la foi apostolique. En Occident, le Credo des Apôtres, un Credo baptismal ancien, était le plus répandu, et il contenait une simple affirmation de foi dans le Saint-Esprit sans plus. En troisième lieu cependant, et de grande importance pour la théologie occidentale ultérieure, il y avait le soi-disant Credo athanasien (Quicunque). Les Occidentaux pensaient qu’il avait été composé par Athanase d’Alexandrie, mais probablement il a son origine en Gaule vers 500 et est cité par Césaire d’Arles (+ 542). Ce texte inconnu en Orient a eu une grande influence en Occident jusqu’aux temps modernes. Très dépendant de la manière dont Augustin présente la Trinité, ce Credo affirme clairement que l’Esprit procède du Père et du Fils. Une christologie fortement anti-arienne constitue un accent primordial de ce Credo : parler de la procession de l’Esprit du Père et du Fils signifiait que le Fils n’était pas inférieur au Père quant à la substance comme le tenaient les ariens. Sans aucun doute, l’influence de ce Credo a encouragé l’emploi du Filioque dans la version latine du Credo de Constantinople en Europe occidentale, du moins à partir du 6e siècle.

Vers la fin du 8e siècle, l’emploi du Credo de 381 avec l’addition du Filioque est devenu matière à controverses aussi bien dans les discussions entre les théologiens francs et le siège romain, que dans la rivalité croissante entre les cours carolingienne et byzantine, qui prétendaient l’une et l’autre être les héritières légitimes de l’empire romain. Dans le sillage de la lutte iconoclaste à Byzance, les Carolingiens saisirent cette occasion pour mettre en question l’orthodoxie de Constantinople. Ils accordèrent une grande importance à l’expression Filioque, qu’ils se mirent à considérer comme la pierre de touche de la foi trinitaire authentique. Une intense rivalité politique et culturelle entre Francs et Byzantins a fourni l’arrière-plan pour les débats sur le Filioque tout au long des 8e et 9e siècles.

Charlemagne avait reçu une traduction des décisions du 2e Concile de Nicée (787). Le Concile avait approuvé définitivement l’antique pratique de la vénération des icônes. Mais la traduction des actes en latin était défectueuse. Charlemagne envoya une délégation au pape Hadrien Iier (772-795) pour faire part de son inquiétude. Parmi les points litigieux, les légats de Charlemagne prétendaient que le patriarche Taraise de Constantinople lors de son installation n’avait pas adhéré à la foi de Nicée et professé que l’Esprit procède du Père et du Fils, mais avait professé sa procession du Père par le Fils (Mansi 13,760). Le pape repoussa vigoureusement la protestation de Charlemagne en montrant amplement que Taraise et le Concile, sur ce point et sur d’autres, avaient maintenu la foi des Pères (ibid., 759-810). Après cet échange de correspondance, Charlemagne fit écrire les soi-disant « Livres Carolingiens » (791-794). Cet ouvrage contestait les positions et du Concile iconoclaste de 754 et du Concile de Nicée de 787 sur la vénération des icônes. Une nouvelle fois, en raison d’une traduction défectueuse, les Carolingiens comprirent mal les décisions de ce dernier Concile. Les « Livres Carolingiens » mettaient aussi en avant la vision carolingienne du Filioque. Avec l’argument que l’expression Filioque faisait partie du Credo de 381, ils réaffirmaient la tradition latine que l’Esprit procède du Père et du Fils, et rejetaient comme erroné l’enseignement que l’Esprit procède du Père par le Fils.

Bien que les Actes du Synode local de Francfort (794) n’existent plus, d’autres témoignages indiquent qu’il a été convoqué pour combattre une variante de l’hérésie « adoptianiste » qu’on estimait prendre essor en Espagne. L’accent mis par plusieurs théologiens espagnols sur l’humanité intégrale du Christ semblait impliquer, aux yeux du théologien de la cour Alcuin et d’autres, que l’homme Jésus aurait été « adopté » par le Père au moment de son baptême. En présence de Charlemagne ce concile, que le souverain semble avoir voulu faire reconnaître comme « œcuménique » (voir Mansi 13, 899-906), a approuvé des Libri Carolini en affirmant, afin de maintenir la pleine divinité de la personne du Christ, que l’Esprit procède du Père et du Fils. Tout comme à la fin du 6e siècle la formulation latine du Credo, selon laquelle l’Esprit procède du Père et du Fils, était promue pour combattre une hérésie christologique présumée.

Quelques années plus tard un autre concile local, lui aussi dirigé contre « l’adoptianisme espagnol » se tenait à Fréjus-Friuli (796-797). Paulin d’Aquilée (+ 802), un associé d’Alcuin à la cour de Charlemagne, y défendit l’emploi du Credo avec le Filioque comme un des moyens pour s’opposer à l’adoptianisme. Paulin, de fait, reconnut que le Filioque était une addition au Credo de 381. Mais il la défendait en arguant qu’elle ne s’opposait ni au sens du Credo ni à l’intention des Pères. L’autorité en Occident des Conciles de Fréjus et de Francfort ont fait que le Credo de 381, avec le Filioque, est entré largement en usage dans l’enseignement et la célébration de l’Eucharistie dans les Églises d’Europe latine.

Les différentes traditions liturgiques touchant le Credo se sont rencontrées au début du 9e siècle à Jérusalem. Des moines occidentaux qui employaient le Credo latin avec le Filioque furent dénoncés par leurs frères orientaux. Les moines occidentaux, s’adressant au pape Léon III pour recevoir un conseil, citaient comme leur modèle l’usage dans la chapelle de Charlemagne à Aix-la-Chapelle. Le pape Léon répondit en adressant une lettre à « toutes les Églises de l’Orient ». Il y déclara sa foi personnelle que le Saint-Esprit procède éternellement du Père et du Fils. Dans sa réponse, le pape ne distinguait pas entre son interprétation personnelle et la légitimité de l’addition au Credo, bien que plus tard il s’opposerait à cette addition dans les liturgies célébrées à Rome.

Charlemagne repris la question soulevée par la controverse de Jérusalem et demanda à Théodulphe d’Orléans, l’auteur principal des Libri Carolini, d’écrire une défense de l’emploi de l’expression Filioque. Publié en 809, le De Spirito Sancto de Théodulphe était surtout une compilation de citations patristiques en faveur de la théologie du Filioque. Fort de cet écrit Charlemagne réunit un concile à Aix-la-Chapelle (809-810) pour affirmer la doctrine que l’Esprit procède du Père et du Fils, mise en doute par les théologiens grecs. Après le concile il chercha à obtenir l’approbation par le pape Léon de l’usage du Credo avec le Filioque (Mansi 14, 23-76). En 810 se tint à Rome une consultation entre le pape et une délégation venue du concile. Tout en confirmant l’orthodoxie de l’expression Filioque et en approuvant son usage dans la catéchèse et les professions de foi personnelles, le pape désapprouva explicitement son inclusion dans le texte du Credo de 381, parce que les Pères de ce Concile, qui comme il le faisait remarquer n’étaient pas moins inspirés par l’Esprit Saint que les évêques rassemblés à Aix-la-Chapelle n’avaient pas jugé bon de l’inclure. Le pape Léon stipula que l’emploi du Credo pouvait être permis, mais pas exigé, dans la célébration de l’Eucharistie. Pour prévenir les scandales, il recommandait vivement que la cour carolingienne ferait bien de ne pas l’insérer dans la liturgie. À cette époque, selon le Liber pontificalis, le pape fit faire deux grands boucliers d’argent, qu’il exposa à Saint-Pierre, dans lesquels était gravé le texte original du Credo de 381 en grec et en latin. Mais malgré ses directives et ce geste symbolique les Carolingiens continuèrent à employer le Credo avec le Filioque dans leurs diocèses au cours de l’Eucharistie.

Les byzantins étaient très peu au courant des différents développements en Occident concernant le Filioque entre les 6e et 9e siècles. La communication s’était faite progressivement plus mauvaise. Les luttes internes avec le monothélisme et l’iconoclasme, la montée de l’Islam, laissaient peu de loisir pour suivre de près les développements théologiques en Occident. Mais leur intérêt pour le Filioque se fit plus grand au milieu du 9e siècle, lorsqu’il se joignit aux querelles de juridiction entre Rome et Constantinople, et aux rapports sur les activités des missionnaires francs en Bulgarie. Quand les missionnaires byzantins furent expulsés de Bulgarie par le roi Boris sous influence occidentale, ils rentrèrent à Constantinople et rapportèrent des informations sur les pratiques occidentales dont la récitation du Credo avec le Filioque faisait partie. Le Patriarche Photios de Constantinople adressa en 867 une encyclique sévère aux autres patriarches orientaux, dans laquelle il présenta ses commentaires sur la crise politique et ecclésiastique en Bulgarie et sur les tensions entre Rome et Constantinople. Dans cette lutte, il dénonçait les missionnaires occidentaux en Bulgarie et critiquait les pratiques liturgiques occidentales.

De façon très significative le patriarche Photios appelait l’addition du Filioque un blasphème et présentait une argumentation théologique circonstanciée contre la vision de la Trinité qu’il croyait qu’elle représentait. L’opposition de Photios s’appuyait sur sa vision que le Filioque implique deux causes dans la Trinité et qu’il diminue la monarchie du Père. Ainsi lui semblait-il que le Filioque obscurcissait le caractère distinctif de chaque Personne de la Trinité, et confondait leurs relations, renfermant paradoxalement les semences et du polythéisme païen et du modalisme sabellien (Mystagogie 9, 11). La lettre de 867 semble cependant ignorer complètement la tradition patristique latine qui soutenait l’usage du Filioque en Occident. L’opposition de Photios au Filioque sera élaborée plus avant par la suite dans sa « Lettre au patriarche d’Aquilée » en 883 ou 884, de même que dans sa célèbre Mystagogie du Saint-Esprit, composée vers 886.

Dans la conclusion de sa lettre de 867 Photios demanda la tenue d’un concile œcuménique qui pourrait résoudre la question de l’interpolation du Filioque et éclairer ses fondements théologiques. Un concile local fut tenu à Constantinople en 867 qui déposa le pape Nicolas Ier, action qui fit croître la tension entre les deux sièges. Nicolas Ier lui-même avait refusé de reconnaître Photios comme patriarche à cause de sa soi-disante élection non-canonique. En 867, Photios fut obligé de démissionner, avec le changement du gouvernement impérial, et il fut remplacé par le patriarche Ignace, qu’il avait lui-même remplacé en 858. Un nouveau concile fut réuni à Constantinople en 869 quelques mois plus tard. En présence des représentants du pape et avec l’appui de l’empereur ce concile excommunia Photios. Dans la suite, l’Occident médiéval reconnut ce concile, pour des raisons indépendantes du Filioque ou de Photios, comme le 8e Concile œcuménique, bien qu’il ne fut jamais reconnu comme tel en Orient.

Les relations entre Rome et Constantinople ont changé lorsque Photios est redevenu patriarche en 877 après la mort d’Ignace. À Rome, le pape Nicolas était mort en 867. Son successeur Hadrien II (867-872) anathématisa Photios en 869. Le pape Jean VIII (872-882), lui succédant, était disposé à reconnaître Photios comme le patriarche légitime à certaines conditions, ouvrant ainsi la voie au rétablissement de relations meilleures. Un Concile fut tenu à Constantinople en 879-880 en présence des représentants de Rome et des autres patriarches orientaux. Ce Concile, que certains théologiens orthodoxes modernes tiennent pour œcuménique, annula les décisions du Concile de 869-870 et reconnut Photios comme patriarche. Il confirma le caractère œcuménique du Concile de 787 et ses décisions contre l’iconoclasme. Aucune discussion approfondie n’eût lieu sur le Filioque, qui ne faisait pas encore partie du Credo professé à Rome, et le Concile ne fit aucune déclaration sur sa justification théologique. Mais le Concile reconfirma formellement le texte original du Credo de 381, sans le Filioque, et anathématisa quiconque composerait une autre confession de foi. Le Concile, de plus, s’exprimait au sujet du siège romain avec grand respect et attribua aux légats du pape leurs prérogatives traditionnelles de présidence, reconnaissant leurs droits d’ouvrir et de clore les discussions et de signer les documents en premier. Néanmoins, les documents ne livrent aucune indication que les évêques présents reconnurent une quelconque primauté de juridiction au siège de Rome au-delà de la compréhension patristique de la communion des Églises et de la théorie canonique de la pentarchie (6e siècle). La question difficile des revendications rivales de juridiction en Bulgarie par le pape et le patriarche de Constantinople fut laissée à la décision de l’empereur. Après le Concile, le Filioque resta en usage dans le Credo dans certaines parties de l’Europe occidentale, malgré l’intention du pape Jean VIII, qui comme ses prédécesseurs maintint le texte sanctionné par le Concile de 381.

Une nouvelle étape dans l’histoire de la controverse s’ouvrit au début du 11e siècle. Au cours du synode qui suivit le couronnement à Rome du roi Henri II comme empereur romain en 1014, pour la première fois le Credo fut chanté pendant la messe papale avec le Filioque. En raison de cette initiative, l’emploi liturgique du Credo avec le Filioque, était dès lors généralement considéré dans l’Église latine comme approuvé par la papauté. Son inclusion dans l’Eucharistie, après deux siècles de résistance papale contre cette pratique, reflétait une nouvelle prépondérance des empereurs germaniques sur la papauté, tout comme le sentiment grandissant qu’avait la papauté de son autorité, sous protection impériale, au sein de l’Église toute entière, en Occident et en Orient.

Le Filioque a joué un rôle important au cours des événements tumultueux de 1054, lorsque des représentants des Églises orientales et occidentales s’excommunièrent mutuellement. Le cardinal Humbert de Silva Candida, légat du pape Léon IX, dans le contexte des anathèmes qu’il lança contre le patriarche Michel Iier Cérulaire de Constantinople et certains de ses conseillers, accusa les byzantins d’avoir supprimé indûment le Filioque du Credo et critiqua d’autres usages liturgiques orientaux. En réponse à ses accusations, le patriarche Michel se rendit compte que les anathèmes lancés par Humbert n’étaient pas le fait de Léon IX, et il lança ses propres anathèmes contre la seule délégation du pape. Léon, en effet, était déjà mort et n’avait pas encore de successeur. Le patriarche Michel condamna en même temps l’emploi occidental du Filioque dans le Credo, de même que d’autres usages liturgiques occidentaux. Cet échange limité d’excommunications ne provoqua pas en soi un schisme formel entre Rome et Constantinople, quoiqu’en aient pensé des historiens postérieurs. Mais il élargit l’aliénation croissante entre Constantinople et Rome.

Les relations entre l’Église de Rome et les Églises de Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem ont souffert beaucoup pendant la période des Croisades, spécialement à la suite de l’infâme quatrième Croisade. En 1204, les Croisés de l’Occident mirent à sac la ville de Constantinople, longtemps rivale commerciale et politique de Venise. Des hommes politiques et le clergé d’Occident avaient la haute main sur la ville, jusqu’à ce que l’empereur Michel VIII Paléologue la reprit en 1261. L’installation d’évêques occidentaux dans les territoires de Constantinople, d’Antioche et de Jérusalem, loyaux à Rome et aux puissances politiques d’Europe occidentale, devint un nouveau signal, tragiquement visible, du schisme. Même après 1261, Rome soutînt des patriarches latins sur ces trois sièges orientaux antiques. Ceci était un signe clair pour la plupart des chrétiens d’Orient que la papauté et ses appuis politiques faisaient peu de cas de la légitimité de leurs antiques Églises.

Malgré cette aliénation croissante, plusieurs tentatives notables furent entreprises entre le début du 12e siècle et la moitié du 13e siècle pour examiner la question du Filioque. En 1186, l’empereur germanique Lothaire III envoya l’évêque Anselme de Havelberg à Constantinople pour négocier une alliance militaire avec l’empereur Jean II Comnène. Durant son séjour, Anselme et le métropolite Nicétas de Nicomédie eurent une série de discussions publiques sur des sujets qui divisaient les Églises, y compris le Filioque. Ils conclurent que les différences entre les deux traditions n’étaient pas aussi grandes qu’ils ne l’avaient pensé (PL 188, 1206 B – 1210 B). Une lettre du patriarche orthodoxe Germain II (1222-1240) au pape Grégoire IX (1227-1241) initia de nouvelles discussions entre théologiens orientaux et occidentaux à Nicée en 1234. D’autres discussions eurent lieu en 1253-1254 à l’initiative de l’empereur Jean III Vatatzès (1222-1254) et du pape Innocent IV (1243-1254). Malgré ces efforts, les conséquences durables de la quatrième Croisade et la menace des Turcs, ainsi que les prétentions de juridiction de la papauté en Orient, firent que ces initiatives bien intentionnées n’aboutirent pas.

Ceci constitue l’arrière-plan du Concile occidental tenu à Lyon en 1274 (Lyon II), après que l’empereur byzantin eut reprit le contrôle de Constantinople. Malgré les effets négatifs des Croisades, beaucoup de byzantins étaient désireux de guérir les blessures de la division. Ils espérèrent une aide de l’Occident contre les avancées toujours plus grandes des Turcs. Le pape Grégoire X (1271-1276) de son côté misait avec enthousiasme sur la réunion. Le Filioque figurait parmi les sujets dont on avait convenu de discuter. Pourtant les deux évêques byzantins envoyés comme délégués n’eurent pas la possibilité au Concile de présenter le point de vue oriental. Les délégués approuvèrent formellement le Filioque lors de la session finale du 17 juillet dans une brève constitution, qui condamnait de plus ceux qui avaient d’autres vues sur l’origine du Saint-Esprit. Dès le 6 juillet, conformément à un accord réalisé auparavant entre les délégués du pape et l’empereur à Constantinople, la réunion entre les Églises d’Orient et d’Occident fut proclamée. Mais cette union ne fut jamais reçue par le clergé et les fidèles orientaux, pas plus que les papes ne la promurent avec vigueur en Occident. Dans ce contexte, il faut noter que le pape Paul VI, dans sa lettre commémorant le septième centenaire du Concile (1974), a reconnu ce fait et a ajouté que « les latins ont choisi des textes et des formules qui exprimaient une ecclésiologie conçue et développée en Occident. Il est compréhensible…qu’une unité atteinte de cette manière ne pouvait pas être vraiment acceptée par la mentalité chrétienne orientale ». Un peu plus loin le pape, lorsqu’il parle du dialogue catholique-orthodoxe, fait remarquer : « …il réexaminera d’autres points controversés que Grégoire X et les Pères de Lyon ont estimé résolus ».

Le Concile oriental des Blachernes (Constantinople, 1285) rejeta justement les décisions du Concile de Lyon et la théologie pro-latine de l’ancien patriarche Jean XI Bekkos (1275-1282), sous la conduite du patriarche Grégoire II, connu aussi sous le nom de Grégoire de Chypre (1282-1289). Mais en même temps le Concile élabora une déclaration importante sur la question théologique du Filioque. Tout en rejetant fermement la « double procession » de l’Esprit du Père et du Fils, la déclaration parlait d’une « manifestation éternelle » de l’Esprit par le Fils. La manière de s’exprimer du patriarche Grégoire ouvrit la voie, pour le moins, à une compréhension plus profonde et plus nuancée des relations entre le Père, le Fils et Saint-Esprit, en Orient et en Occident (cf. infra). Cette approche fut développée ultérieurement par Grégoire Palamas (1296-1359) dans le contexte de la distinction qu’il fit entre l’essence et les énergies des Personnes divines. Malheureusement, ces ouvertures eurent peu de répercussions sur les discussions médiévales postérieures de l’origine de l’Esprit, aussi bien dans l’Église orientale que dans l’Église occidentale. Malgré le souci manifesté par les théologiens byzantins, à partir de l’époque de Photios, de s’opposer et à la théologie du Filioque et à son insertion dans le Credo latin, on n’en trouve aucune référence dans le Synodikon de l’Orthodoxie, une collection comprenant plus de soixante anathèmes reflétant les décisions doctrinales des conciles orientaux jusqu’au 14e siècle.

Une autre tentative cependant fut faite pour traiter le sujet avec autorité au niveau œcuménique. Le Concile de Ferrare-Florence (1438-1445) réunit de nouveau des représentants de l’Église de Rome et des Églises de Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem, afin de discuter d’un large spectre de questions controversées, y compris l’autorité papale et le Filioque. Le Concile se tenait à un moment où l’Empire byzantin était gravement menacé par les Ottomans et où le monde grec pensait que l’unique espoir de Constantinople était l’aide militaire de l’Occident. À la suite de longues discussions des experts des deux parties, souvent autour de l’interprétation de textes patristiques, l’union des Églises fut déclarée le 6 juillet 1439. Le décret, Laetentur caeli, du Concile d’union reconnut la légitimité de la théologie occidentale de la procession éternelle de l’Esprit du Père et du Fils comme d’un seul principe et dans une seule spiration. Le Filioque ici était présenté comme ayant la même signification que la position tenue par certains Pères orientaux antiques : l’Esprit est ou procède « par le Fils ». Le Concile, de plus, approuva un texte qui affirmait que le pape avait « la primauté sur le monde entier » en tant que « chef de l’Église entière, et père et docteur de tous les chrétiens ». Malgré la participation orthodoxe à ces discussions, les décisions de Florence, de même que les décrets d’union de Lyon II, ne furent jamais reçues par un corps représentatif d’évêques ou de fidèles en Orient, et elles furent formellement rejetées par Constantinople en 1484.

La chute de Constantinople en 1453, les divisions provoquées en Occident par la Réforme protestante, les missions latines ultérieures dans l’ancien monde byzantin et l’établissement d’Eglises orientales en communion avec Rome approfondirent le schisme et donnèrent lieu à une abondante littérature polémique de part et d’autre. Pendant plus de cinq siècles, catholiques et orthodoxes eurent peu l’occasion de discuter sérieusement le Filioque, et les questions connexes de la primauté et de l’autorité magistérielle de l’évêque de Rome. L’Orthodoxie et le Catholicisme romain entrèrent dans une période d’isolement mutuel formel, et chacun développa la conviction d’être le seul corps ecclésial représentant authentiquement la foi apostolique. Cela se vérifie, par exemple, dans l’encyclique In Suprema Petri Sede de Pie IX (6 janvier 1848) et dans l’encyclique « Praeclara Gratulationis Publicae » de Léon XIII (20 janvier 1894), tout comme dans l’encyclique des patriarches orthodoxes de 1848 et dans celle du patriarcat de Constantinople en 1895, qui l’une et l’autre réagissaient aux documents des papes. En 1874-1875, des discussions œcuméniques furent organisées entre les Églises orthodoxes et des représentants des vieux-catholiques et des anglicans en Allemagne. Ils furent occasionnellement repris au cours du siècle suivant, mais en général peu de progrès substantiel fut fait par rapport à l’opposition figée des vues traditionnelles orientales et occidentales.

Une étape nouvelle des relations entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe commença formellement avec le Concile Vatican II (1962-1968), qui renouèrent les contacts et le dialogue. À partir de ce moment, un certain nombre de questions théologiques et de faits historiques ayant conduit au schisme entre les Églises bénéficièrent d’un regain d’intérêt. Dans ce contexte, notre « North American Orthodox-Catholic Consultation » fut instituée en 1965 et la « Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe » en 1979. Bien qu’une commission de théologiens venant d’un grand nombre d’Églises et patronnée par « Foi et Constitution » du « Conseil œcuménique des Églises », a mené une étude approfondie de la question du Filioque en 1978 et 1979, et a publié en conclusion le « memorandum de Klingenthal » (1979), aucune étude commune nouvelle et circonstanciée du problème n’a été entreprise par des représentants de nos Églises avant notre propre étude. La première déclaration de la « Commission mixte internationale » (1982), intitulée « Le mystère de l’Église et de l’Eucharistie à la lumière du mystère de la Trinité », aborde rapidement le problème du Filioque dans le contexte d’une discussion ample des relations entre les Personnes de la S. Trinité. La déclaration écrit : « Sans vouloir encore résoudre les difficultés suscitées entre l’Orient et l’Occident au sujet de la relation entre le Fils et l’Esprit, nous pouvons déjà dire ensemble que cet Esprit qui procède du Père (Jn 15, 26), comme de la seule source dans la Trinité, et qui est devenu l’Esprit de notre filiation (Rm 8, 15) car il est aussi l’Esprit du Fils (Gal 4, 6), nous est communiqué, particulièrement dans l’Eucharistie, par ce Fils sur lequel il repose, dans le temps et dans l’éternité (Jn 1, 32) » (§ 6).

Plusieurs autres événements des dernières décennies indiquent une plus grande disponibilité de la part de Rome à reconnaître le Credo original de Constantinople. Lorsque le patriarche Dimitrios Ier a visité Rome le 7 décembre 1987, et encore pendant la visite du patriarche Bartholomée Ier à Rome en juin 1995, ils ont assisté à une Eucharistie célébrée par le pape Jean-Paul II dans la basilique Saint-Pierre. L’une et l’autre fois, le pape et le patriarche ont proclamé le Credo en grec (i. e. sans le Filioque). Le pape Jean-Paul II et le patriarche roumain Théoctiste ont fait de même en roumain lors de la messe papale à Rome le 13 octobre 2002. Le document Dominus Jesus, Sur l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Église, publié par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi le 6 août 2000, ouvre ses réflexions théologiques sur l’enseignement essentiel de l’Église par le texte du Credo de 381, de nouveau sans l’addition du Filioque. Puisque aucune interprétation n’a été donnée de ces faits, ces développements suggèrent une conscience nouvelle du côté catholique du caractère unique du texte original grec du Credo, qui représente la formulation la plus authentique de la foi qui unit les chrétientés orientale et occidentale.

Peu de temps après la rencontre à Rome entre le pape Jean-Paul II et le patriarche œcuménique Bartholomée Ier le Vatican a publié le document
http://christus.fr/les-traditions-grecque-et-latine-concernant-la-procession-du-saint-esprit/

« Les traditions grecque et latine concernant la procession du Saint-Esprit » (13 septembre 1995). Dans son intention, ce texte voulait fournir une nouvelle contribution au dialogue sur ce sujet controversé entre nos Églises. Parmi les multiples observations émises ce texte dit : « l’Église catholique reconnaît la valeur conciliaire, œcuménique, normative et irrévocable du symbole de foi professé en grec au second Concile œcuménique de Constantinople en 381, en tant que l’expression de l’unique foi commune de l’Église et de tous les chrétiens. Aucune confession de foi, propre à une tradition liturgique particulière, ne peut contredire cette expression de foi enseignée et professée par l’Église indivise ». Quoique l’Église catholique de toute évidence ne considère pas que le Filioque soit en contradiction avec le Credo de 381, il ne faudrait pas minimiser la portée de ce passage dans la déclaration vaticane de 1995. C’est en réponse à ce document important qu’a commencé en 1999 notre propre étude du Filioque, et nous espérons que la déclaration présente aidera à prolonger les échanges positifs entre nos deux Commissions, dont nous avons fait l’expérience.

III. Considérations théologiques
Dans toutes les discussions sur l’origine du Saint-Esprit dans le mystère de Dieu et les relations entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, l’attitude première à cultiver est sans aucun doute l’humilité respectueuse. Nous ne pouvons affirmer que peu de choses sur le mystère de Dieu en lui-même et nos spéculations courent toujours le danger d’afficher un degré de clarté et de certitude exagéré. Le pseudo-Denys nous rappelle que « ni la monade, ni la triade, ni le nombre, ni l’unité ou la fécondité, rien parmi les étants ou connu avec eux, ne peuvent exprimer le mystère caché, au-delà de toute raison et de tout intellect, de la Sur-Divinité qui suressentiellement surpasse toute chose… » (Sur les Noms Divins 13, 3). Comme chrétiens, nous confessons que notre Dieu, qui est radicalement et indivisiblement un, est le Père, le Fils et la Saint-Esprit, trois « Personnes », qu’on doit ni confondre ni réduire l’une à l’autre, qui sont toutes trois pleinement et littéralement Dieu, chacune en soi et dans le tout harmonieux de leurs relations réciproques. Ceci est simplement une reprise de ce que l’autorévélation de Dieu dans l’histoire humaine nous a appris, révélation qui a atteint son point culminant dans notre capacité de confesser dans la force de l’Esprit Saint que Jésus est le Verbe et le Fils du Père éternel. Notre langage chrétien sur Dieu doit certainement toujours être déterminé par les Saintes Écritures de manière normative. Reste cependant toujours la difficile question herméneutique de savoir comment rapporter certaines expressions et textes de l’Écriture lorsqu’on parle de la vie intime de Dieu, et de savoir quand un passage se réfère simplement à l’action de Dieu dans l’« économie » de l’histoire du salut ou que nous devons comprendre qu’il parle directement de l’être de Dieu en lui-même. La division entre nos Églises au sujet du Filioque aurait été moins grave si de part et d’autre au long des siècles, on était resté davantage conscient des limites de notre connaissance de Dieu.

La discussion ensuite de ce thème difficile a été souvent gênée par les distorsions de la polémique : chacun a caricaturé le point de vue de l’autre pour faire valoir ses arguments. Il n’est pas vrai, par exemple, que la théologie orthodoxe majoritaire conçoit la procession de l’Esprit comme sans rapport avec la relation du Fils avec le Père ; ou qu’elle pense que l’Esprit n’ « appartient » pas au Fils lorsqu’Il est envoyé dans l’histoire. Il n’est pas vrai non plus que la théologie latine majoritaire aurait commencé sa réflexion trinitaire à partir d’une considération abstraite ou non-scripturaire de l’Essence divine, ou qu’elle pose deux causes de l’existence hypostatique de l’Esprit, ou qu’elle a l’intention d’assigner au Saint-Esprit un rôle subordonné au Fils, soit dans le mystère de Dieu soit dans l’histoire du salut.

Notre étude nous a convaincus que les traditions théologiques d’Orient et d’Occident sont substantiellement d’accord, depuis la période patristique, sur un certain nombre d’assertions fondamentales concernant la Sainte Trinité, qui se répercutent dans le débat sur le Filioque :

l’une et l’autre traditions affirment clairement que le Saint-Esprit est une hypostase distincte dans le mystère de Dieu, égal en dignité au Père et au Fils, et qu’Il n’est pas une simple créature ou une manière de parler de l’action de Dieu dans les créatures ;
sans que le Credo de 381 le dise explicitement, l’une et l’autre traditions confessent que l’Esprit Saint est Dieu, de la même essence divine (homoousios) que le Père et le Fils ;
l’une et l’autre traditions affirment clairement que le Père est la Source première (archè) et la cause (aitia) dernière de l’Etre divin, et donc de toutes les opérations divines : la « source » d’où coulent et le Fils et l’Esprit, la « racine » de leur être et de leur fécondité, le « soleil » qui irradie leur existence et leur activité ;
l’une et l’autre traditions affirment que les trois hypostases ou personnes en Dieu sont constituées dans leur existence hypostatique et distinguées les unes des autres uniquement par leur relation d’origine, et non par telle ou telle autre caractéristique ou activité ;
dès lors, l’une et l’autre traditions affirment que toutes les opérations divines, à savoir les actes par lesquels Dieu appelle à l’être la création et lui donne forme pour son bien-être en un cosmos unifié et ordonné, centré sur la créature humaine faite à l’image de Dieu, sont l’œuvre commune du Père, du Fils et du Saint-Esprit, même si chaque Personne a un rôle distinct dans ces opérations, déterminé par leurs relations mutuelles.
Malgré cela, les traditions orientale et occidentale de réflexion sur le mystère de Dieu ont manifestement développé des catégories et des conceptions qui se différencient profondément. Il n’est pas possible de gommer simplement par des explications ces différences, pas plus que de leur donner un semblant d’équivalence par une argumentation superficielle. Il est possible de résumer les différences de la manière qui suit.

1) Le vocabulaire

La controverse sur le Filioque est en premier lieu une controverse sur des mots. Plusieurs auteurs récents ont montré qu’une part du désaccord théologique entre nos Communions semble prendre racine dans des différences subtiles mais significatives concernant l’utilisation des termes-clefs employés pour parler de l’origine divine de l’Esprit. Le texte original du Credo de 381, lorsqu’il parle du Saint-Esprit, le caractérise avec les mots de Jn 15, 26, comme « celui qui procède (ekporeuetai) du Père. Influencé probablement par la tournure de Grégoire le Théologien (Or. 31, 8), le Concile a fait le choix de se limiter au langage johannique, tout en changeant légèrement le texte de l’Évangile (i.e. en changeant to pneuma…ho para tou Patros ekporeuetai en to pneuma to hagion… to ek tou Patros ekporeuomenon), afin de souligner que la « procession » de l’Esprit s’origine « dans » le rôle hypostatique éternel du Père en tant qu’il est source de l’Etre divin, de sorte qu’on en parle le mieux comme d’une espèce de « mouvement vers le dehors (ek) » de lui. La nuance sous-jacente à ekporeuesthai (« procéder », « sortir de ») et son substantif ekporeusis (« procession ») semble avoir été celle d’un « passage vers l’extérieur » de l’intérieur d’un point d’origine. Au moins depuis l’époque des Pères cappadociens, la théologie grecque restreint presque toujours l’emploi de ce terme à l’issue de l’Esprit du Père et lui donne le statut d’un terme technique pour désigner la relation entre les deux Personnes divines. D’autres vocables grecs, tel proienai (émettre) sont souvent employés par les Pères orientaux pour parler de la « mission » salvatrice de l’Epsrit par le Père et le Seigneur ressuscité dans l’histoire.

Le mot latin procedere d’autre part, avec son substantif processio, évoque simplement « un mouvement en avant », sans y impliquer le point de départ de ce mouvement. Il est donc employé pour traduire aussi plusieurs autres vocables théologiques grecs, proienai y compris. Thomas d’Aquin le comprend clairement comme un terme qui indique « toute espèce d’origine » (Summa Theologiae I, 9. 36, a. 2), et il inclut en contexte trinitaire, aussi bien sa génération du Fils que la spiration de l’Esprit et sa mission dans le temps. Il s’ensuit que le même mot procedere en latin tend à désigner et l’origine primordiale de l’Esprit dans le Père éternel et sa « provenance » du Seigneur ressuscité, alors que la théologie grecque emploie normalement deux mots différents. Bien que la différence entre les traditions grecque et latine dans sa compréhension de l’origine éternelle de l’Esprit est plus que verbale, la préoccupation initiale de l’Église grecque au sujet de l’insertion des mots Filioque dans la traduction grecque du Credo de 381, pourrait être due, comme Maxime le Confesseur l’a expliqué (Lettre à Marinus : PG 91, 133-136), à une mauvaise compréhension de part et d’autre des différents champs de signification impliqués dans les vocables grecs et latins qui désignent la « procession ».

2) Les problèmes de fond

Deux problèmes principaux séparent manifestement les Églises d’Orient et d’Occident dans leur débat historique sur le Filioque. L’un est théologique au sens strict, et l’autre ecclésiologique.

a) Le problème théologique :

Si on comprend la « théologie » dans le sens patristique comme une réflexion sur Dieu comme Trinité, le problème théologique à l’arrière-plan de cette dispute consiste à savoir si l’on considère que le Fils joue un rôle quelconque dans l’origine de l’Esprit, en tant qu’hypostase ou « Personne » divine, du Père, qui est la source dernière du Mystère divin. La tradition grecque, comme nous l’avons vu, s’est généralement appuyé sur Jean 15, 26 et sur la formulation du Credo de 381, pour affirmer que la seule chose que nous savons de l’origine hypostatique de l’Esprit, est qu’Il « procède du Père » d’une manière qui se distingue de la « génération » du Fils par le Père, mais qui lui est parallèle (e.g. Jean Damascène, De la foi orthodoxe 1, 8). Cette même tradition néanmoins reconnaît que la « mission » de l’Esprit dans le monde implique aussi le Fils, qui reçoit l’Esprit dans son humanité lors de son baptême, souffle l’Esprit sur les Douze le soir de la résurrection, et envoie l’Esprit avec puissance dans le monde, grâce à la prédication charismatique des Apôtres, le jour de la Pentecôte. La tradition latine d’autre part, depuis Tertullien, a eu tendance à supposer que, puisque l’ordre dans lequel l’Église énumère normalement les Personnes de la Trinité place l’Esprit après le Fils, on doit penser que l’Esprit provient « du » Père « par » le Fils. Augustin, qui en maints passages insiste sur le fait que le Saint-Esprit « procède du Père, parce qu’en tant que Dieu Il n’est pas inférieur au Fils (De fide et symbolo 9, 19 ; Enchiridion 9, 3), développe en d’autres textes sa compréhension classique, à savoir que l’Esprit « procède » aussi du Fils parce qu’Il est dans l’histoire sainte, l’Esprit et le « don » conjoint du Père et du Fils (e. g. De la Trinité 4, 20-29 ; Traités sur l’Évangile de Jean 99, 6-7), don qui s’origine dans leur propre échange éternel d’amour (De la Trinité 15, 17. 29). Pour Augustin, cette participation du Fils dans la procession de l’Esprit ne contredit pas le rôle du Père en tant qu’unique source dernière du Fils et de l’Esprit, mais elle est donnée par le Père dans la génération du Fils : « Le Saint-Esprit de ce fait tient du Père lui-même, qu’Il procède aussi du Fils comme Il procède du Père » (Traités sur l’Évangile de Jean 99, 8).

Une part importante de la différence entre les traditions latine et grecque est due manifestement à la différence subtile entre le mot latin procedere et le mot grec ekporeuesthai. Comme on l’a noté, la « provenance » de l’Esprit est désignée d’une manière plus générale par le mot latin, sans que ce dernier connote, comme le mot grec, l’origine dernière. La « procession » de l’Esprit du Fils, cependant, est comprise par la théologie latine comme une relation quelque peu différente de sa « procession » du Père, même lorsque, selon les explications d’Anselme de Cantorbéry et de Thomas d’Aquin, la relation du Père et du Fils à l’Esprit Saint est dite constituer « un seul principe » de l’origine de l’Esprit. Même s’Ils spirent ensemble l’Esprit, selon ses théologiens latins ultérieurs, le Père garde la priorité, puisque Il donne au Fils tout ce qu’Il a et rend possible tout ce qu’Il fait.

Des théologiens grecs également se sont efforcés de trouver des manières d’exprimer que le Fils, qui envoie l’Esprit dans l’histoire, joue lui aussi un certain rôle médiateur dans l’être éternel et l’activité de l’Esprit. Grégoire de Nysse, par exemple, explique que nous pouvons seulement distinguer les hypostases dans le Mystère de Dieu en « croyant que l’un est la cause, l’autre de la cause ; et dans ce qui est de la cause nous reconnaissons encore une autre distinction : l’une vient directement du premier, l’autre est par celui qui vient directement du premier ». Il est caractéristique de la « médiation » (mesiteia) du Fils dans l’origine de l’Esprit, ajoute-t-il, qu’elle préserve à la fois son être Unique-engendré au Fils et permet que l’Esprit a une « relation naturelle » au Père (A Ablabius, GNO III/1, p. 56, 3-10). Le Concile des Blachernes (1285), au 13e siècle, présidé par le patriarche Grégoire II de Constantinople, alla plus loin dans l’interprétation des textes patristiques parlant de l’être de l’Esprit « par » le Fils et ce en harmonie avec la tradition orthodoxe. Dans son Tomos, le Concile proposa que l’Esprit Saint, quoique la foi chrétienne doit maintenir qu’Il reçoit son existence et son identité hypostatique uniquement du Père, seule cause de l’Etre divin, « brille du Fils et est manifesté éternellement par lui à la manière dont brille la lumière et est manifestée par les rayons du soleil (PG 142, 240 C-D). Au siècle suivant, Grégoire Palamas a proposé une interprétation similaire de cette relation dans un certain nombre de ses ouvrages. Dans sa Confession de 1351, par exemple, il affirme que le Saint-Esprit « a le Père comme fondation, source et cause », mais « repose dans le Fils » et « est envoyé, à savoir manifesté, par le Fils » (….). Du point de vue de l’énergie divine transcendante, mais pas du point de vue de la substance ou de l’être hypostatique, « l’Esprit se répand à partir du Père par le Fils, et si vous voulez, à partir du Fils, sur tous ceux qui en sont dignes », communication qui peut être appelée « procession » (ekporeusis) au sens large (Traités apodictiques I, ).

Les traditions latine et grecque manifestent un certain désaccord sur la question fondamentale de l’origine éternelle de l’Esprit comme Personne divine distincte. La théologie occidentale au moyen âge, sous l’influence d’Anselme et de Thomas d’Aquin, conçoit presque unanimement l’identité de chaque Personne divine comme définie par ses « relations d’opposition » aux deux autres Personnes (en d’autres mots, par les relations d’origine qui les définissent mutuellement), et conclue que l’Esprit Saint ne pourrait pas être distingué hypostatiquement du Fils si l’Esprit « procédait » du Père seul. La compréhension latine de la processio comme terme générique de l’ « origine », on peut dire aussi qu’après tout que le Fils « procède du Père » en tant qu’engendré de lui. La théologie orientale, recourant à la tournure de Jean 15, 26 et du Credo de 381, continue de comprendre la langage de la « procession » (ekporeusis) comme indiquant une relation causale unique, exclusive et distincte entre l’Esprit et le Père. En général, elle limite le rôle du Fils à la « manifestation » et à la « mission » de l’Esprit dans l’agir divin de la création et de la rédemption. Ces différences, bien que subtiles, sont substantielles. Le poids même des traditions théologiques qui les soutiennent les rend d’autant plus difficile à réconcilier.

b) Le problème ecclésiologique :

L’autre question présente, depuis la fin du 8e siècle, dans le débat sur le Filioque, est celle de l’autorité pastorale et magistérielle dans l’Église ; plus spécifiquement, celle de l’autorité de l’évêque de Rome à résoudre définitivement les questions dogmatiques, simplement en vertu de sa charge. Depuis le Concile d’Éphèse (431), la tradition dogmatique des Églises orientale et occidentale a affirmé à plusieurs reprises que le critère dernier de l’orthodoxie dans l’interprétation de l’Évangile chrétien doit être « la foi de Nicée ». La tradition orthodoxe considère que les Credos et les canons formulés par les Conciles, reçus par les Églises apostoliques comme « œcuméniques », sont l’expression normative de cette foi, parce qu’ils expriment la foi apostolique universelle de toujours. La tradition catholique reçoit aussi les formules conciliaires comme dogmatiquement normatives, et attribue une importance unique aux sept Conciles acceptés comme œcuméniques par les Églises catholique et orthodoxe. La tradition catholique cependant, en reconnaissant la primauté universelle de l’évêque de Rome en matière de foi et de service à l’unité, accepte que le pape a autorité pour confirmer le processus de réception conciliaire et pour définir ce qui est ou n’est pas en conflit avec la « foi de Nicée » et la tradition apostolique. Ainsi, alors que la théologie orthodoxe a considéré que l’approbation finale par les papes, au 11e siècle, de l’emploi du Filioque dans la Credo latin comme une usurpation de l’autorité dogmatique n’appartenant qu’aux Conciles œcuméniques, la théologie catholique l’a considéré comme étant un exercice légitime de l’autorité primatiale, qui proclame et élucide la foi de l’Église. Notre étude commune nous a montré à plusieurs reprises, que la question du Filioque est devenue un thème majeur justement à des époques où des questions de pouvoir et de contrôle ont préoccupé nos Églises. La question était avancée soit comme une condition pour améliorer les relations, soit comme une raison pour laisser perdurer la désunion sans guérir la blessure.

Tout comme dans le problème théologique de l’origine du Saint-Esprit, cette divergence dans la compréhension de la structure et de l’exercice de l’autorité en Église est certainement très grave. Il ne fait pas de doute que la primauté du pape, avec toutes ses implications, demeure le problème fondamental à l’arrière-plan de toutes les questions de théologie et de pratique qui continuent de diviser nos Communions. Nous avons néanmoins trouvé opportun de séparer méthodologiquement ces deux problèmes dans la discussion en cours sur le Filioque, et de reconnaître qu’il faut approcher le mystère des relations entre les Personnes en Dieu par un autre biais que par la question de savoir si oui ou non il est correct que les Églises d’Occident proclament la foi de Nicée en des termes qui ne coïncident pas avec le texte original du Credo de Nicée de 381.

3) Réflexions ultérieures

On a souvent remarqué que la théologie du Saint-Esprit est une aire sous-développée de la réflexion théologique chrétienne. Cela semble être vrai même pour la question de l’origine du Saint-Esprit. Quoiqu’on ait beaucoup écrit sur les arguments en faveur ou contraire à la théologie du Filioque depuis l’époque carolingienne, presque toute cette littérature a été de nature polémique, rédigée pour justifier des positions considérées de part et d’autre comme non négociables. Peu d’effort a été fait jusqu’aux temps modernes de chercher de nouvelles voies pour exprimer et expliquer la compréhension biblique et patristique de la personne et de l’œuvre de l’Esprit Saint. Cette recherche pourrait servir à reconsidérer à nouveaux frais la discussion et conduire toutes les Églises à un consensus sur des sujets essentiels en continuité avec les deux traditions. Récemment, un certain nombre de théologiens de différentes Églises a suggéré que le temps est venu de revenir ensemble à cette question, dans un esprit authentiquement œcuménique, et de chercher de nouvelles expressions dans notre articulation de la foi apostolique, qui pourraient jouir finalement d’une réception chrétienne œcuménique.

Notre Commission accepte les défis et soutient pareille entreprise théologique commune. Nous espérons qu’un processus sérieux de réflexion sur la théologie du Saint-Esprit, fondé sur les Écritures et l’entière tradition de la théologie chrétienne, et mené dans un esprit d’ouverture à de nouvelles formulations et structures conceptuelles en harmonie avec cette tradition, pourra aider nos Églises à découvrir des profondeurs nouvelles de la foi commune et à croître en estime pour nos pères respectifs. Nous conseillons vivement, de plus, que nos deux Églises, ensemble et séparément, persistent dans leurs efforts de réflexion sur la primauté et la synodalité au sein des structures ecclésiales d’enseignement et de pratique pastorale, reconnaissant que sur ces points aussi une ouverture soutenue à un développement doctrinal et pratique, intimement lié à l’œuvre de l’Esprit dans la communauté, reste une nécessité cruciale. Dans son cinquième discours théologique sur la divinité du Saint-Esprit Grégoire de Nazianze nous rappelle que la lente découverte par l’Église du véritable statut et de l’identité de l’Esprit Saint fait tout simplement partie de « l’ordre de la théologie » (taxis tès theologias) grâce auquel « la lumière se lève pour nous graduellement » dans notre intelligence du mystère salvateur de Dieu (Or. 31, 27). Ce n’est que si nous « écoutons ce que l’Esprit dit aux Églises » (Apc 3, 22), que nous serons capables de demeurer fidèles à la Bonne Nouvelle prêchée par les Apôtres, tout en croissant dans l’intelligence de cette foi. C’est la tâche de la théologie.

IV. Recommandations

Nous sommes conscients que le problème de la théologie du Filioque et de son emploi dans le Credo, n’est pas seulement problème entre la Communion catholique et la Communion orthodoxe. Beaucoup d’Églises protestantes aussi, redevables à l’héritage théologique de l’Occident médiéval, estiment que l’expression fait partie intégrante de la profession de foi chrétienne orthodoxe. Même si le dialogue entre quelques unes de ces Églises et la communion orthodoxe a déjà touché cette question, toute future résolution du désaccord entre l’Orient et l’Occident sur l’origine de l’Esprit doit impliquer toutes les communautés qui professent le Credo de 381 comme norme de leur foi.

Pleinement consciente de ses limites notre Commission formule néanmoins les recommandations théologiques et pratiques à l’adresse des fidèles et des évêques de nos Églises :

Que nos Églises s’engagent à un dialogue nouveau et sérieux sur l’origine et la personne du Saint-Esprit, en recourant aux Saintes Écritures et à toutes les richesses des traditions théologiques de nos deux Églises et qu’elles cherchent des voies constructives dans l’expression de ce qui est au cœur de notre foi dans cette question difficile ;
Que tous ceux qui sont engagés dans ce dialogue, reconnaissent expressément les limites de nos possibilités d’avancer des affirmations définitives sur Dieu lorsqu’il s’agit de sa vie intime.
Que dans l’avenir, en raison des progrès faits dans la compréhension réciproque durant les dernières décennies, les orthodoxes et les catholiques s’abstiennent d’étiqueter comme hérétiques les traditions les unes des autres sur la procession du Saint-Esprit ;
Que les théologiens orthodoxes et catholiques distinguent plus nettement la divinité et l’identité hypostatique du Saint-Esprit, dogme reçu dans nos Églises, et le mode d’origine de l’Esprit, dogme qui attend encore une solution œcuménique pleine et finale ;
Que les personnes engagées dans le dialogue sur ce problème distinguent, autant que possible, les questions théologiques du mode d’origine du Saint-Esprit des questions ecclésiologiques de la primauté et de l’autorité doctrinale dans l’Église, même si nous examinons sérieusement ensemble les deux questions ;
Que le dialogue théologique entre nos Églises prennent attentivement en considération le statut des conciles ultérieurs, tenus dans l’une et l’autre Églises, aux sept généralement reçus dans nos Églises ;
Que l’Église catholique, en raison de la valeur normative et dogmatiquement irréformable du Credo de 381, n’utilise que le texte grec original dans ses traductions pour usage catéchétique et liturgique ;
Que l’Église catholique, suite à un consensus théologique grandissant, et en particulier suite aux paroles de Paul VI, déclare que la condamnation du 2e Concile de Lyon (1274) de « ceux qui ont l’audace de nier que le Saint-Esprit procède éternellement du Père et du Fils » ne s’applique plus.
Nous proposons ces recommandations à nos Églises, convaincus que nous sommes, grâce à une étude et des échanges intensifs, que les manières différentes de nos traditions de comprendre la procession du Saint-Esprit, ne doivent plus nous diviser. Nous croyons plutôt que notre profession de l’antique Credo de Constantinople doit pouvoir devenir, grâce à un même usage et à nos nouvelles tentatives de compréhension réciproque, le fondement d’une unité plus consciente dans la foi commune, que toute théologie essaie simplement de clarifier et d’approfondir. Bien que notre expression de la vérité que Dieu révèle de son Etre propre ne peut que rester toujours bornée par les limites de l’entendement humain et de nos mots, nous croyons que c’est vraiment « l’Esprit de vérité » que Jésus souffle sur son Église, qui demeure jusqu’à présent avec nous pour « nous conduire dans la vérité toute entière » (Jn 16 ,13). Nous prions pour que la compréhension qu’ont nos Églises de l’Esprit cesse d’être pour nous un scandale ou un obstacle à l’unité dans le Christ. Puisse l’unique vérité vers laquelle l’Esprit Saint nous conduit, être vraiment un « lien de la paix » (Eph 4, 3), pour nous et pour tous les chrétiens.

Washington, DC
25 octobre 2003

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adamev



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 15:25

Oculus a écrit:
Mister be a écrit:
 A propos du filoque et autre,il s’agit d’une confrontation de la doctrine fondamentale biblique avec les dogmes des pères de l’Eglise s’écartant de celle-ci. Dans les doctrines fondamentales sur la Divinité, sur le baptême, etc., les dogmes des églises ne s’accordent pas avec ceux des apôtres. Sans en être conscients beaucoup de personnes, malgré les bénédictions, demeurent dans les falsifications traditionnelles. C’est l’écrasant bilan que l’on peut faire à la fin du temps de la grâce!
Les prophètes, apôtres et docteurs envoyés de Dieu ne connaissaient par exemple qu’un seul Dieu, pas un Dieu triple. Ils ne connaissaient pas non plus de doctrine de «Jesus Only» (Jésus seul). Ils connaissaient Dieu comme Il s’est fait connaître dans Sa diversité. La doctrine de la Trinité, dans laquelle trois Personnes divines égales, devraient exister de toute Eternité, est non biblique et correspond à un ancien concept païen, qui, entre autre, continue à exister dans le Bouddhisme    


Ce que vous dites est tout à fait faux : le texte le plus explicite et le plus théophanique révélant la Trinité de toute la Bible est précisément l'apparition des trois Anges à Abraham au Chêne de Mambré .
Justement ce que vous ne comprenez pas au sujet de la Trinité , c'est que nous chrétiens restons MONOTHEISTES parce que, justement le Père est l'origine commune du Fils ( par génération ) et de l'Esprit (par Procession) .
Donc le Père est source et origine de Tout : et Nous n'avons  donc qu'un seul Dieu sous Trois Formes , comme vous mêmes avez aimé d'abord en tant qu'enfant puis en tant qu'époux  puis en tant que parent et n'êtes pourtant qu'une seule Personne Humaine qui a été obligée de s'accoucher à chaque fois de deux formes d'amour entièrement nouvelles et non présentes durant votre enfance et dont vous êtes la seule origine et source : ce n'est pas pour rien que vous avez été créé à l'Image de Dieu , c'est à dire Trinité humaine.

ce n'est que si l'Esprit procédait du Père ET du fils en tant qu'Origine double  que nous aurions un Polythéisme : le Père ne procédant de personne , le Fils que du Père , et L'Esprit du Père et du Fils .

Oculus ne vous mettez pas vous aussi à capillotracter les textes pour les faire coller à vos croyances ainsi que vous venez de le faire à propos de Mambré. Ce que vous affirmez n'est qu'une extrapolation à partir de tableaux qui ont été peints bien après les conciles de division. Je partage assez ce qu'écrit Mister Be (parce que je ne comprend pas tout). Rien dans la Bible et en tous cas la Genèse ne fait allusion à une quelconque Trinité (que je ne nie d'autant moins qu'elle se démontre aisément), ni à une quelconque paternité divine. Elle évoque par contre clairement la notion "d'esprit" (souffle flottant sur les eaux) et précédant l'acte créateur (apparition de la Lumière). Pas plus que Jésus et sa divinité n'y sont évoqués avant les Prophètes (encore s'agit-il d'interprétations circulaires).
De même que vous êtes l'enfant de vos parents (père et mère) en tant que personnes vous êtes aussi celui de leur esprit (intention et volonté) manifesté en acte (copulation). Et il en est ainsi dans tout processus de création. Aussi bien dans celle du Deus que du plus modeste jardinier ou de vous même quant il vous prend de signer un chèque ou d'écrire une lettre.
C'est pourquoi au regard des traditions les plus anciennes le filioque est hérétique.
Ce qui ne l'est pas c'est d'affirmer que je suis, vous êtes, nous sommes tous autant fils de Dieu que le fut Jésus.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 15:32

Oculus a écrit:
Je tombe sur ce document qui met fin à notre discussion : Rome a reconnu en 1995 la Normativité du Credo de Nicée -Constantinople
inaltéré sans le Filioque comme expression de la foi de l'Eglise Universelle donc Catholique .
ce document n' a pas eu la diffusion et la portée que cela aurait requis . Et la Polémique est donc close de même que mon caractère d'hérétique , Chers René et Arnaud  Mr.Red


I

M'enfin, Le Credo de Nicée a toujours été reconnu ! Un Credo incomplet n'est pas faux ! Il est juste incomplet. De même, le Credo de Vatican II, qui est le plus complet, sera encore complété  l'avenir par d'autres Conciles.

Par contre, si vous rejetez une des précisions ajoutées formellement par le dogme de la foi, vous entrez dans l'hérésie, par définition.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 15:39

adamev a écrit:
Oculus a écrit:
Mister be a écrit:
 A propos du filoque et autre,il s’agit d’une confrontation de la doctrine fondamentale biblique avec les dogmes des pères de l’Eglise s’écartant de celle-ci. Dans les doctrines fondamentales sur la Divinité, sur le baptême, etc., les dogmes des églises ne s’accordent pas avec ceux des apôtres. Sans en être conscients beaucoup de personnes, malgré les bénédictions, demeurent dans les falsifications traditionnelles. C’est l’écrasant bilan que l’on peut faire à la fin du temps de la grâce!
Les prophètes, apôtres et docteurs envoyés de Dieu ne connaissaient par exemple qu’un seul Dieu, pas un Dieu triple. Ils ne connaissaient pas non plus de doctrine de «Jesus Only» (Jésus seul). Ils connaissaient Dieu comme Il s’est fait connaître dans Sa diversité. La doctrine de la Trinité, dans laquelle trois Personnes divines égales, devraient exister de toute Eternité, est non biblique et correspond à un ancien concept païen, qui, entre autre, continue à exister dans le Bouddhisme    


Ce que vous dites est tout à fait faux : le texte le plus explicite et le plus théophanique révélant la Trinité de toute la Bible est précisément l'apparition des trois Anges à Abraham au Chêne de Mambré .
Justement ce que vous ne comprenez pas au sujet de la Trinité , c'est que nous chrétiens restons MONOTHEISTES parce que, justement le Père est l'origine commune du Fils ( par génération ) et de l'Esprit (par Procession) .
Donc le Père est source et origine de Tout : et Nous n'avons  donc qu'un seul Dieu sous Trois Formes , comme vous mêmes avez aimé d'abord en tant qu'enfant puis en tant qu'époux  puis en tant que parent et n'êtes pourtant qu'une seule Personne Humaine qui a été obligée de s'accoucher à chaque fois de deux formes d'amour entièrement nouvelles et non présentes durant votre enfance et dont vous êtes la seule origine et source : ce n'est pas pour rien que vous avez été créé à l'Image de Dieu , c'est à dire Trinité humaine.

ce n'est que si l'Esprit procédait du Père ET du fils en tant qu'Origine double  que nous aurions un Polythéisme : le Père ne procédant de personne , le Fils que du Père , et L'Esprit du Père et du Fils .

Oculus ne vous mettez pas vous aussi à capillotracter les textes pour les faire coller à vos croyances ainsi que vous venez de le faire à propos de Mambré. Ce que vous affirmez n'est qu'une extrapolation à partir de tableaux qui ont été peints bien après les conciles de division. Je partage assez ce qu'écrit Mister Be (parce que je ne comprend pas tout). Rien dans la Bible et en tous cas la Genèse ne fait allusion à une quelconque Trinité (que je ne nie d'autant moins qu'elle se démontre aisément), ni à une quelconque paternité divine. Elle évoque par contre clairement la notion "d'esprit" (souffle flottant sur les eaux) et précédant l'acte créateur (apparition de la Lumière). Pas plus que Jésus et sa divinité n'y sont évoqués avant les Prophètes (encore s'agit-il d'interprétations circulaires).
De même que vous êtes l'enfant de vos parents (père et mère) en tant que personnes vous êtes aussi celui de leur esprit (intention et volonté) manifesté en acte (copulation). Et il en est ainsi dans tout processus de création. Aussi bien dans celle du Deus que du plus modeste jardinier ou de vous même quant il vous prend de signer un chèque ou d'écrire une lettre.
C'est pourquoi au regard des traditions les plus anciennes le filioque est hérétique.
Ce qui ne l'est pas c'est d'affirmer que je suis, vous êtes, nous sommes tous autant fils de Dieu que le fut Jésus.

Mais pas de la même façon. Jésus est le Verbe éternel fait chair alors que nous, c'est par adoption que nous sommes enfants de Dieu.
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adamev



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 15:52

Mais pas de la même façon. Jésus est le Verbe éternel fait chair alors que nous, c'est par adoption que nous sommes enfants de Dieu.

Mais qu'est ce que c'est que cette nouvelle sornette???
Nous sommes les enfants "créés" de Dieu pas ses enfants adoptés.
Quant à savoir si :Jésus est le Verbe éternel fait chair c'est un article de foi que beaucoup ne reconnaissent pas. Ce qui est évident c'est qu'il fut porteur du Verbe Eternel... et c'est bien pour ça qu'il n'a pas été reçu. S'il l'avait réellement été... pourquoi donc l'aurait-il reçu lors de son baptême?
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 16:14

adamev a écrit:

Nous sommes les enfants "créés" de Dieu pas ses enfants adoptés.

Qui dit des sornettes ?

"Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu." (Jean 1, 12-13)

"Mais lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse, afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi et pour que nous soyons adoptés comme fils. Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et puisque tu es fils, tu es aussi héritier : c’est l’œuvre de Dieu." (Galates 4, 4-7)

"Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé." (Éphésiens 1, 5-6)

"Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu." (1 Jean 3, 1)

adamev a écrit:
Quant à savoir si :Jésus est le Verbe éternel fait chair   c'est un article de foi que beaucoup ne reconnaissent pas.

Qui, par exemple ?

Ce qui est évident c'est qu'il fut porteur du Verbe Eternel... et c'est bien pour ça qu'il n'a pas été reçu. S'il l'avait réellement été... pourquoi donc l'aurait-il reçu lors de son baptême?
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 16:17

En fait nous sommes crées et adoptés tandis que le Verbe éternel est incréé et Fils naturel.

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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 16:23

Arnaud a écrit:
M'enfin, Le Credo de Nicée a toujours été reconnu ! Un Credo incomplet n'est pas faux ! Il est juste incomplet. De même, le Credo de Vatican II, qui est le plus complet, sera encore complété  l'avenir par d'autres Conciles.Par contre, si vous rejetez une des précisions ajoutées formellement par le dogme de la foi, vous entrez dans l'hérésie, par définition.
Mais non Gaston, le Credo de Nicée a été formellement tenu pour hérétique depuis 900 ans

et reconnu comme légitime depuis 20 ans , en catimini... chutt...


Citation :
Pleinement consciente de ses limites notre Commission formule néanmoins les recommandations théologiques et pratiques à l’adresse des fidèles et des évêques de nos Églises :

Que nos Églises s’engagent à un dialogue nouveau et sérieux sur l’origine et la personne du Saint-Esprit, en recourant aux Saintes Écritures et à toutes les richesses des traditions théologiques de nos deux Églises et qu’elles cherchent des voies constructives dans l’expression de ce qui est au cœur de notre foi dans cette question difficile ;
Que tous ceux qui sont engagés dans ce dialogue, reconnaissent expressément les limites de nos possibilités d’avancer des affirmations définitives sur Dieu lorsqu’il s’agit de sa vie intime.
Que dans l’avenir, en raison des progrès faits dans la compréhension réciproque durant les dernières décennies, les orthodoxes et les catholiques s’abstiennent d’étiqueter comme hérétiques les traditions les unes des autres sur la procession du Saint-Esprit ;
Que les théologiens orthodoxes et catholiques distinguent plus nettement la divinité et l’identité hypostatique du Saint-Esprit, dogme reçu dans nos Églises, et le mode d’origine de l’Esprit, dogme qui attend encore une solution œcuménique pleine et finale ;
Que les personnes engagées dans le dialogue sur ce problème distinguent, autant que possible, les questions théologiques du mode d’origine du Saint-Esprit des questions ecclésiologiques de la primauté et de l’autorité doctrinale dans l’Église, même si nous examinons sérieusement ensemble les deux questions ;
Que le dialogue théologique entre nos Églises prennent attentivement en considération le statut des conciles ultérieurs, tenus dans l’une et l’autre Églises, aux sept généralement reçus dans nos Églises ;
Que l’Église catholique, en raison de la valeur normative et dogmatiquement irréformable du Credo de 381, n’utilise que le texte grec original dans ses traductions pour usage catéchétique et liturgique ;
Que l’Église catholique, suite à un consensus théologique grandissant, et en particulier suite aux paroles de Paul VI, déclare que la condamnation du 2e Concile de Lyon (1274) de « ceux qui ont l’audace de nier que le Saint-Esprit procède éternellement du Père et du Fils » ne s’applique plus.

Nous proposons ces recommandations à nos Églises, convaincus que nous sommes, grâce à une étude et des échanges intensifs, que les manières différentes de nos traditions de comprendre la procession du Saint-Esprit, ne doivent plus nous diviser. Nous croyons plutôt que notre profession de l’antique Credo de Constantinople doit pouvoir devenir, grâce à un même usage et à nos nouvelles tentatives de compréhension réciproque, le fondement d’une unité plus consciente dans la foi commune, que toute théologie essaie simplement de clarifier et d’approfondir. Bien que notre expression de la vérité que Dieu révèle de son Etre propre ne peut que rester toujours bornée par les limites de l’entendement humain et de nos mots, nous croyons que c’est vraiment « l’Esprit de vérité » que Jésus souffle sur son Église, qui demeure jusqu’à présent avec nous pour « nous conduire dans la vérité toute entière » (Jn 16 ,13). Nous prions pour que la compréhension qu’ont nos Églises de l’Esprit cesse d’être pour nous un scandale ou un obstacle à l’unité dans le Christ. Puisse l’unique vérité vers laquelle l’Esprit Saint nous conduit, être vraiment un « lien de la paix » (Eph 4, 3), pour nous et pour tous les chrétiens.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 16:57

Oculus a écrit:
Arnaud a écrit:
M'enfin, Le Credo de Nicée a toujours été reconnu ! Un Credo incomplet n'est pas faux ! Il est juste incomplet. De même, le Credo de Vatican II, qui est le plus complet, sera encore complété  l'avenir par d'autres Conciles.Par contre, si vous rejetez une des précisions ajoutées formellement par le dogme de la foi, vous entrez dans l'hérésie, par définition.
Mais non Gaston, le Credo de Nicée a été formellement tenu pour hérétique depuis 900 ans

et reconnu comme légitime depuis 20 ans , en catimini... chutt...



Vous racontez n'importe quoi ici !

Il a toujours été récité dans l'Eglise, avec le filioque à partir du 9° s.

L'étalage de tant de contrevérité, avec un ton péremptoire, est ici étonnant.

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Arnaud
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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 17:00

Oculus, qu'est ce qu'on en à foutre de vos commissions?

Vous ne voulez pas croire au credo : c'est votre droit.
Mais encore une fois soyez honnète : dite que vous n'etes pas catholique. Mais cela il n'en est pas question. Eh bien ce n'est pas honnète. Pourquoi voulez vous vous prétendre catholique?

Et arretez de nous abreuver de textes de commisions de théologiens - c'est à dire de guignols car les seuls vrai théologiens ce sont les saints- pour tenter de nous faire douter
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Hillel31415



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 18:43

Qui s'approprie donc des qualificatifs de manière malhonnête ?

Les catholiques qui se prétendent les chrétiens universelles ou les orthodoxes qui du coup se prétendent les chrétiens dans la vraie doctrine.


Laissez moi rigoler 2 minutes devant votre candeur. :mdr:

Oculus est bien plus catholique que vous puisqu'il reconnaît le crédo d'avant le schisme de la chrétienté.
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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 19:09

Argument traditionnel des protestants. De mauvaise foi en plus parceque vous avez très bien que c'est un des points de discordes entre catholique et orthodoxe. Si Oculus est orthodoxe qu'il le dise.

de toutes façons, c'est plus général : il y en a certains qui se disent chrtiens ou catho alors qu'ils ne le sont pas! Cela s'appelle des loups déguisés en brebis.

Et si quelqu'un veut se dire catholique alors qu'il croit comme l'orthodoxie, il y a quelque chose qui ne va pas! Et vous le savez très bien!
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Hillel31415



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 19:20

Oh, moi, je ne sais pas, René, c'est vous parliez de guignols...
Moi je vois deux groupes de guignols qui s'excommunient l'un l'autre par leur propre dénomination.

Il y en a forcément au minimum un des deux qui à tord...

Mais à mon avis il est plus que probable que ce soit les deux, puisque Jésus lui-même a prié pour l'unité des chrétiens (jean 17:22) et que tout ce qu'il demande au Père est accordé.(jean 11:42)

Alors, reconnaissez que la vraie Eglise est Catholique et Orthodoxe et qu'elle n'est pas votre petite clocher romain ou orthodoxe.


Dernière édition par Hillel31415 le Sam 02 Jan 2016, 19:24, édité 1 fois
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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Le Filioque est-il une hérésie ?   Sam 02 Jan 2016, 19:24

Pour les guignols, je parlais des théologiens.

Si vous y allez comme cela vous pourrez dire que ceux qui ne croient pas que Jésus est ressucité sont des chrétiens.
Les mots ont un sens précis. Quand on veut leur faire dire autre chose que ce qu'ils veulent dire, ce n'est jamais bon!
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Le Filioque est-il une hérésie ?
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