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 MOURIR D'AMOUR

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jo zecat
Invité



MessageSujet: MOURIR D'AMOUR   Mar 5 Sep 2006 - 1:45

Arnaud citait dans un fil :
Citation :
"Nul ne peut me voir sans mourir (à soi-même)"

Je me demandais si c'était cela mourir d'amour ? C'est ce que Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus souhaitait quand elle écrivait :

Citation :
Vivre d'Amour !...


Vivre d'Amour, c'est te garder Toi-Même Verbe incréé, Parole de mon Dieu, Ah ! tu le sais, Divin Jésus, je t'aime L'Esprit d'Amour m'embrase de son feu

C'est en t'aimant que j'attire le Père Mon faible cœur le garde sans retour. O Trinité ! vous êtes Prisonnière De mon Amour !.....

Vivre d'Amour, c'est vivre de ta vie, Roi glorieux, délice des élus. Tu vis pour moi, caché dans une hostie Je veux pour toi me cacher, ô Jésus ! A des amants, il faut la solitude Un cœur à cœur qui dure nuit et jour Ton seul regard fait ma béatitude Je vis d'Amour !...

Vivre d'Amour, ce n'est pas sur la terre Fixer sa tente au sommet du Thabor. Avec Jésus, c'est gravir le Calvaire, C'est regarder la Croix comme un trésor!...

Au Ciel je dois vivre de jouissance Alors l'épreuve aura fui pour toujours Mais exilée je veux dans la souffrance Vivre d'Amour; Vivre d'Amour, c'est donner sans mesure Sans réclamer de salaire ici-bas Ah ! sans compter je donne étant bien sûre Que lorsqu'on aime, on ne calcule pas !... Au Cœur Divin, débordant de tendresse J'ai tout donné.... légèrement je cours Je n'ai plus rien que ma seule richesse Vivre d'Amour.

Vivre d'Amour, c'est bannir toute crainte Tout souvenir des fautes du passé. De mes péchés je ne vois nulle empreinte, En un instant l'amour a tout brûlé.....

Flamme divine, ô très douce Fournaise ! En ton foyer je fixe mon séjour. C'est en tes feux que je chante à mon aise : « Je vis d'Amour !... »

Vivre d'Amour, c'est garder en soi-même Un grand trésor en un vase mortel Mon Bien-Aimé, ma faiblesse est extrême Ah je suis loin d'être un ange du ciel !...

Mais si je tombe à chaque heure qui passe Me relevant tu viens à mon secours, A chaque instant tu me donnes ta grâce Je vis d'Amour.

Vivre d'Amour, c'est naviguer sans cesse Semant la paix, la joie dans tous les cœurs Pilote Aimé, la Charité me presse Car je te vois dans les âmes mes sœurs La Charité voilà ma seule étoile A sa clarté je vogue sans détour J'ai ma devise écrite sur ma voile: « Vivre d'Amour. »

Vivre d'Amour, lorsque Jésus sommeille C'est le repos sur les flots orageux Oh ! ne crains pas, Seigneur, que je t'éveille J'attends en paix le rivage des cieux.... La Foi bientôt déchirera son voile Mon Espérance est de te voir un jour La Charité enfle et pousse ma voile Je vis d'Amour !...

Vivre d'Amour, c'est, ô mon Divin Maître Te supplier de répandre tes Feux En l'âme sainte et sacrée de ton Prêtre Qu'il soit plus pur qu'un séraphin des cieux !... Ah! glorifie ton Église Immortelle A mes soupirs, Jésus, ne sois pas sourd Moi son enfant, je m'immole pour elle Je vis d'Amour.

Vivre d'Amour, c'est essuyer ta Face C'est obtenir des pécheurs le pardon O Dieu d'Amour! qu'ils rentrent dans ta grâce Et qu'à jamais ils bénissent ton Nom....

Jusqu'à mon cœur retentit le blasphème Pour l'effacer, je veux chanter toujours : « Ton Nom Sacré, je l'adore et je l'aime Je vis d'Amour !... »

Vivre d'Amour, c'est imiter Marie, Baignant de pleurs, de parfums précieux, Tes pieds divins, qu'elle baise ravie Les essuyant avec ses longs cheveux... Puis se levant, elle brise le vase Ton Doux Visage elle embaume à son tour. Moi, le parfum dont j'embaume ta Face C'est mon Amour !..

«Vivre d'Amour, quelle étrange folie!» Me dit le monde. « Ah ! cessez de chanter, « Ne perdez pas vos parfums, votre vie, « Utilement sachez les employer !... »

T'aimer, Jésus, quelle perte féconde!... Tous mes parfums sont à toi sans retour, Je veux chanter en sortant de ce monde : « Je meurs d'Amour ! »

Mourir d'Amour, c'est un bien doux martyre Et c'est celui que je voudrais souffrir. O Chérubins ! accordez votre lyre, Car je le sens, mon exil va finir!... Flamme d'Amour, consume-moi sans trêve Vie d'un instant, ton fardeau m'est bien lourd Divin Jésus, réalise mon rêve : Mourir d'Amour !...

Mourir d'Amour, voilà mon espérance Quand je verrai se briser mes liens Mon Dieu sera ma Grande Récompense Je ne veux point posséder d'autres biens. De son Amour je veux être embrasée Je veux Le voir, m'unir à Lui toujours Voilà mon Ciel.... voilà ma destinée : Vivre d'Amour ! ! !....."


Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, Docteur de l’Eglise : Oeuvres (Février 1895)

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jo zecat
Invité



MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mar 5 Sep 2006 - 1:50

Mourir d'amour.....Est-ce mourir dans des transports ou mourir à soi-même ? :?
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En Christ



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MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mar 5 Sep 2006 - 1:55

Mourir à soi même voila le don d'amour.
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Mespheber



Masculin Messages : 674
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MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mar 5 Sep 2006 - 1:59

L'amour fait vivre. Mourir, c'est mourir tout simplement.
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Arnaud Dumouch
Administrateur


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MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mar 5 Sep 2006 - 7:02

Chère Jo,

Je pense que cette phrase "Nul ne peut voir Dieu sans mourir" indique la nécessité de mourir à tout ce qui est un désir profond, même légitime et noble, pour voir Dieu.


Cela peut effectivement se faire dans cet acte de mourir d'amour, mais pas à cause des transports (ça c'est plutôt vivre d'amour), à cause plutôt de l'impression que cet amour est perdu (nuit de l''esprit).

J'essaye d'expliquer pourquoi (c'est le sommet de la mystique) :

La cause de cela vient de la Trinité.

Elle est, par essence, don absolu. Le Père, dit saint Thomas, n'est que relation subsistante (il n'existe qu'en relation avec le fils). Cela peut paraître très théorique. En fait cela signifie que la Trinité ne vit que dans une perpétuelle "mort à soi-même" qui donne vie.

C'est ce qu'on signifie habituellement (et de manière maladroite car le mot ne va pas) par l'HUMILITE en Dieu.

Si Dieu est comme cela, la conséquence immédiate, c'est qu'il ne PEUT ÊTRE COMPRIS (donc vu) que par des gens qui sont comme cela. Et Dieu ne peut pas faire autrement. Le moindre retours sur soi, le moindre désir individuel (même légitime, même lié à la charité la plus sublime) et on ne peut voir Dieu.

Alors, pour préparer à tout homme un tel coeur (puisque c'est indispensable), Dieu procède de la manière suivante: il retire tôt ou tard à TOUTE PERSONNE ce qui constitue son trésor.

- Pour purifier l'avare, c'est facile: Dieu lui retire sa cassette d'or. C'est pour lui une vraie nuit de l'esprit, très efficac²e pour le disposer au salut (c'est la croix du mauvais larron).

- Pour purifier sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (dont le trésor est le Christ), Dieu lui retire le Christ (d'où sa terrible nuit de l'esprit jusqu'à sa mort).

- Pour purifier encore plus Marie, la Vierge immaculée, il est probable qu'on puisse imaginer cela:

http://eschatologie.free.fr/histoires/heuremort/5mortdeMarie.htm

Je ne sais pas si je suis bien clair... :oops:

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Arnaud
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jo zecat
Invité



MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mar 5 Sep 2006 - 8:17

ARNAUD dit :
Citation :
Je ne sais pas si je suis bien clair

Oui, très clair ! Smile mais succint ;) Existe-t-il des textes qui pourraient compléter ton résumé ?

Je lis ton lien, merci ! study
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Arnaud Dumouch
Administrateur


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MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mar 5 Sep 2006 - 8:21

Ceci ?

Citation :
"Avant que le monde n’existe, depuis toute éternité, il existe un Être unique, "quelqu’un" d’infini. Il vit totalement heureux, comblé par sa propre nature. Il est mystérieux puisque, tout en étant un seul être, trois personnes (comprendre sous le mot "personnes" trois jaillissements de lumière et d’amour) s’aiment et se contemplent en lui, le Père, le Fils et l’Esprit Saint . Il s’agit d’une inimaginable vie intime, faite de tendresse et de lumière inaccessibles.

On doit être ici particulièrement attentif. Il s’agit de l’Alpha (le fondement) du christianisme. Il explique aussi tout ce que nous dirons par la suite.

Dieu est Tout-puissant. Il est la Lumière infinie. Mais son cœur peut être résumé dans deux qualités, l’humilité et l’amour . Sans cesse, le Père, le Fils et le Saint Esprit se donnent à l’autre. Chacune des personnes de la Trinité met l’autre en avant, s’efface devant la contemplation et l’amour de sa grandeur. Cette vie trinitaire, ce don mutuel total, rayonne au point de constituer l’Être même de Dieu. Dieu est ainsi et nul ne peut le changer. On comprend que celui qui désire voir Dieu face à face doit garder bien en tête le nom de ces deux qualités.

La création des anges et des hommes
(Chose certaine)

Dans son éternité, Dieu conçut le projet suivant. Pourquoi ne pas faire partager son bonheur à d’autres êtres ? Pourquoi ne pas créer de nombreuses personnes, dotées d’intelligence et de liberté ? Elles seraient introduites au cœur des trois personnes. Bien sûr, il ne s’agirait pas de les introduire de force, mais selon le mode de leur nature, c’est-à-dire librement, dans un acte d’amour réciproque.
Dieu agit. Il créa d’abord les anges, de purs esprits sans corps . Puis il créa les hommes et les femmes, êtres spirituels et physiques. Anges et hommes étaient faits pour voir Dieu face à face.

L’humilité et l’amour
(Chose certaine)

Un problème se posait pourtant. Pour entrer auprès de Dieu, pour vivre du bonheur infini qui consiste à le comprendre et à l’aimer face à face, il était absolument nécessaire de devenir semblable à lui, à savoir tout humble et tout donné à l’amour. Ici se trouve la clef de tout. "Nul ne peut voir Dieu sans mourir à lui-même ", enseigne l’Ancien Testament. A cause de la pureté et de la délicatesse de Dieu, n’importe quel amour, n’importe quelle humilité ne suffisait pas mais seulement un amour total, dépouillé de toute recherche intéressée. Le moindre orgueil, le moindre égoïsme, et l’entrée face à Dieu devenait impossible, comparable à un viol alors qu’elle devrait être un mariage. Toute la vie de Jésus en est la révélation.
Il convient de faire ici une remarque importante. Dieu ne désirait pas créer un paradis où chaque personne, perdue dans sa contemplation, serait uniquement tournée face à lui. Son idée était de créer une Église, c’est-à-dire une communauté immense vivant en Lui dans une totale communion d’humilité et d’amour. C’est pourquoi, lorsque Jésus vint sur terre annoncer la Bonne Nouvelle, il ne donna pas un seul commandement mais deux qui, selon lui, ne faisaient qu’un :
Citation :
"Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Tu aimeras ton prochain comme toi-même."

Mais qui est comme cela ? Qui peut se targuer d’être humble et aimant au point d’être capable de donner sa vie pour autrui, de donner sa vie pour un ennemi ? L’image de l’amour nécessaire est visible à travers la vie de Jésus. Ceux qui l’ont mis à mort et qui se moquent de lui, il les aime au point qu’il les accueille à l’heure de leur mort et leur propose, sous condition de répentir et de conversion totale, la vie éternelle. Ces personnes ont sans doute été tellement surprises par une telle preuve d’amour qu’elles ont demandé pardon pour leur faute.
Concrètement, personne ne peut entrer dans la vie éternelle. Les conditions exigées sont impossibles à l’homme. Il est impossible de devenir humble et aimant à ce niveau là. Il suffit de considérer avec réalisme la petitesse de notre condition humaine. Mais, explique Jésus après une question de ses disciples sur ce thème , ce n’est pas impossible à Dieu.

Pour résumer, il peut être plus simple de comprendre les choses ainsi :
Parce que Dieu est infinie délicatesse de l’humilité et de l’amour, nul ne peut le voir et être heureux de son bonheur que s’il l’épouse. C’est un mariage d’amour où il est exigé de la fiancée (nous-mêmes) d’être comme Dieu : tout humble et tout amour . Sans ces qualités du cœur, nul ne peut épouser Dieu car nul ne peut alors comprendre quoique ce soit de Dieu.


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Arnaud
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jo zecat
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MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mar 5 Sep 2006 - 8:54

ARNAUD dit :

Citation :
Marie est vraiment morte[1]. Je l’ai trouvée un matin, endormie dans sa chambre. Elle était comme lovée autour du calice qu’elle tenait contre elle. Je crois qu’elle n’a pas survécu à l’absence de celui qui était présent auprès d’elle. Elle a été usée, je crois, par le mystère de l’eucharistie. Jésus y était trop silencieux. »


Je ne suis pas d'accord avec cette phrase " Elle était comme lovée autour du calice qu’elle tenait contre elle."

Ca me rappelle ma grand-mère qui serrait ainsi la photo de mon grand-père décédé sur son coeur ! Very Happy .....et encore qu'elle n'était pas "lovée"

"elle méditait ces choses en son coeur" Marie était intérieure. Jésus a non seulement été incarné en chair mais il était incarné mystiquement en elle.

Si effectivement, elle a participé à l'eucharistie. C'est en elle qu'elle s'est perdue pour retrouver Jésus et cette absence douloureuse n'était pas extérieure mais intérieure.
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jo zecat
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MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mar 5 Sep 2006 - 9:00

Je suis tout-à-fait d'accord avec ce qui précéde. Ce que je cherche c'est une descrition à la fois concrète et mystique de cette "mort d'amour"
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jo zecat
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MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mar 5 Sep 2006 - 9:09

Anne-Catherine Emmerick décrit une Marie (qui n'arien à voir avec la Vierge Marie) considérée comme folle par son entourage parceque complètement retirée du monde, absente et perdue en elle. Jésus a infiniment de tendresse pour elle.
Cela ressermble d"avantage à la nuit de l'Esprit. Il faudrait que je retrouve le passage......
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jo zecat
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MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mar 5 Sep 2006 - 10:21

Sainte Anne-Catherine Emmerick (à propos de la Vierge Marie au moment de l'incarnation)

"Après la disparition de l'ange, je vis la sainte Vierge dans un profond ravissement et toute recueillie en elle-même ; je vis qu'elle connaissait et adorait l'incarnation du Sauveur en elle, où il était comme un petit corps humain lumineux, complètement formé et pourvu de tous ses membres Ici, à Nazareth, c'est tout autre chose qu'à Jérusalem : à Jérusalem, les femmes doivent rester dans le vestibule, elles ne peuvent pas entrer dans le temple, les prêtres seuls ont accès dans le sanctuaire ; mais à Nazareth, c'est une vierge qui est elle-même le temple, le Saint des saints est en elle, le grand prêtre est en elle, et elle est seule près de lui Combien cela est touchant, merveilleux, et pourtant simple et naturel ! Las paroles de David, dans le psaume 45, sont accomplies : " Le Très Haut a sanctifié son tabernacle ; Dieu est au milieu de lui, il ne sera pas ébranlé ! "
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jo zecat
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MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mar 5 Sep 2006 - 10:57

Sainte Anne-Catherine Emmerick (à propos de la Vierge Marie)


A droite de cet oratoire, était la cellule où reposait la sainte Vierge, et, vis-à-vis de celle-ci, à gauche de l'oratoire, un autre petit réduit où étaient disposés ses vêtements et ses effets. De l'une à l'autre de ces cellules, était tendu un rideau qui cachait l'oratoire placé entre elles. C'était devant ce rideau que Marie avait coutume de s'asseoir quand elle lisait ou travaillait.
...........
La sainte Vierge habitait seule avec une personne plus jeune, qui la servait et qui allait chercher le peu d'aliments qui leur étaient nécessaires. Elles vivaient dans le silence et dans une paix profonde. Il ne se trouvait pas d'hommes dans la maison. Souvent, un disciple en voyage venait les visiter.
............
Je vis Marie, dans les derniers temps de sa vie, toujours plus silencieuse et plus recueillie ; elle ne prenait presque plus de nourriture. Il semblait que son corps seul fût encore sur la terre, et que son esprit fût habituellement ailleurs. Dans les semaines qui précédèrent sa fin, je la vis faible et vieillie ; sa servante la soutenait et la conduisait dans la maison.
.............
Je vis la sainte Vierge très affaiblie par l'âge ; il n'y avait pourtant en elle d'autre signe de la vieillesse que l'expression du désir qui la consumait et qui la poussait en quelque sorte à sa transfiguration. Elle avait une gravité ineffable. Je ne l'ai jamais vue rire, mais seulement sourire avec une expression touchante. Plus elle avançait en âge, plus son visage paraissait blanc et diaphane. Elle était maigre, mais je ne lui vis pas de rides ni aucune marque de décrépitude : elle était devenue comme un pur esprit.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mer 6 Sep 2006 - 5:09

Chère Jo,

Merci pour cette magnifique Vision de la Vierge.

Voici, peut-être, et toujours, à cause de cette nécessité de mourir à soi-même pour voir Dieu, ce qui se passa en elle:

(Beaucoup détestent cette histoire car elle touche ce mystère ultime):

Citation :
Le secret de Jean
« À compter du jour où Jésus est monté au Ciel, après sa résurrection, j’ai vu Marie décliner peu à peu. Elle devenait diaphane à mesure que la vie s’échappait d’elle.
Elle m’a demandé de célébrer pour elle l’eucharistie. Je l’ai fait chaque jour. Mais elle n’en a pas été rassasiée.
Vers la fin de sa vie, nous étions retirés à Éphèse. J’avais aménagé dans sa maison une sainte Arche pour qu’elle ne soit jamais séparée de la Présence de son Fils, sous la forme du pain et du vin.
Un jour, elle m’a dit : « Je vais mourir, je crois. J’aimais tant l’aimer... »
- Mais, mère, il est là, dans l’eucharistie.
- Oui, mon fils, mais je ne peux pas. J’aimais trop l’aimer, je crois. Mon cœur et mon corps souffrent trop. Nos âmes, nos vies enlacées… »
- Il ne vous a pas abandonnée.
- Oui, il ne m’a pas abandonnée… C’est malgré moi… J’entends des chants anciens, des chœurs à deux. Et après je pleure. »

Marie est vraiment morte . Je l’ai trouvée un matin, endormie dans sa chambre. Elle était comme lovée autour du calice qu’elle tenait contre elle. Je crois qu’elle n’a pas survécu à l’absence de celui qui était présent auprès d’elle. Elle a été usée, je crois, par le mystère de l’eucharistie. Jésus y était trop silencieux. »

Le secret du Chérubin
« Je suis le chérubin chargé de veiller sur le paradis terrestre (Genèse 3, 24). C’est moi qui empêche l’homme d’approcher de l’arbre de vie, afin qu’il ne vive pas toujours sur cette terre. Mais il y avait une exception, sur ordre de Dieu. Une fillette virginale, Marie, était chaque jour nourrie des fruits de cet arbre, directement par Dieu, par grâce. Si bien qu’après environ soixante années passées sur la terre, elle était comme une jeune fille, de l’avis de tous ceux qui la voyaient . Contemplant Marie, je pensais qu’elle devait rester sur terre physiquement jusqu’à la fin du monde pour accompagner l’Église avec l’eucharistie. Et pourtant elle est morte, douze ans après Jésus. Celle-là devait vraiment aimer beaucoup et beaucoup souffrir pour mourir alors qu’elle était immortelle. »

Le secret de Jésus
« Marie, elle est pour la Trinité le jardin le plus précieux de la création. À chaque seconde de sa vie elle a été façonnée, et jamais on ne verra créature plus petite, plus humble, plus aimante.
Il existe cependant un secret bien scellé. Il le sera jusqu’à la fin du monde. Il n’y aura jamais de dogme sur ce point. Chacun verra ce fait un jour, mais uniquement de l’autre côté de cette vie.
Le voici :
Le jour de ma résurrection et les jours qui ont suivi, Marie ne m’a pas vu ressuscité.
Le jour de mon ascension, elle était là. Mes Apôtres m’ont vu dans toute ma gloire, et elle seule parmi eux, ne m’a pas vu.
Le jour de la Pentecôte, une flamme a surmonté son visage, mais elle n’a rien senti. Son esprit a été dans la nuit, qui ne l’a pas quittée.
Elle n’a pas émis une plainte, une protestation, se sachant indigne...

Il fallait qu'elle passe par cette dernière épreuve. Si le grain de blé ne meurt pas à tous ses désirs, il reste seul. Et le trésor de Marie, c'était moi ...
Pour voir Dieu face à face, il faut avoir tout perdu. C'est le mystère de la Trinité. Dieu ne peut se changer.

Et, pas à pas, dans cette nuit, Marie a commencé à accompagner mon Église naissante, rapportant tous mes commandements, racontant à Luc mon enfance, à Jean les secrets les plus profonds. Elle était prête à rester 1000 ans sur terre pour me plaire, s’il l’avait fallu. »

« Se sachant indigne » ! Voilà pourquoi mon Père l’aime, Marie, la plus sainte des femmes, elle qui n’a jamais péché …

L’ange de la mort
Je suis l’ange gardien de Marie. À l’heure de sa mort, j’étais là. C’est moi qui étais aussi présent à l’agonie de Gethsémani, pour son Fils, Dieu fait Homme. Marie n’a pas désobéi en mourant avant que son Fils ne vienne la chercher. C’est son âme qui, brisée dans son tréfonds, n’a pu maintenir plus longtemps son emprise sur ce corps. Son cœur avait trop attendu.
Il existe dans la Bible un cantique qui ne parle que du secret de cette nuit-là (3, 1) : « Sur ma couche, la nuit, j'ai cherché celui que mon cœur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai pas trouvé ! Je me lèverai donc, et parcourrai la ville. Dans les rues et sur les places, je chercherai celui que mon cœur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai pas trouvé ! »
Marie s’est juste levée avec trop d’effort, et son corps n’a pas suivi son âme. Son âme s’est mise à chercher partout sur cette terre. Lorsqu’elle m’a rencontré, moi le gardien de la vie, elle m’a dit (Cantique 3, 3) : « Avez-vous vu celui que mon cœur aime? »
Je lui ai dit (Cantique 1, 8) : « Si tu ignores où il se trouve, ô la plus belle des femmes, suis les traces du troupeau, et mène paître tes chevreaux près de la demeure des bergers. »
Par cette phrase, je lui indiquais de prendre le chemin de tous les hommes à l’heure de leur mort. Marie est donc passée par le chemin que tous suivent. Elle a dû rester quelques jours sur terre. Elle est retournée sur les lieux de l’Évangile. Au Golgotha, tout était comme au fameux Jour, ce jour où son âme avait été transpercée… Elle a visité chacun des Apôtres, chacun des anciens, chacun des fidèles, là où ils étaient. Pour chacun, elle avait un mot, une caresse. C’est ainsi que Thomas l'Apôtre, mystérieusement prévenu de sa mort par un songe, s’est mis rapidement en marche du lieu où il était vers Éphèse. Il voulait la voir une dernière fois. Elle l’avait tant soutenu dans ses doutes !
Le troisième jour, je suis venu vers elle. Elle répandait tant de simple tendresse auprès de ceux qu’elle visitait de son âme, que je ne me lassais pas d’un tel spectacle. Je me suis dis que j’étais heureux d’avoir choisi Dieu au jour de ma création. Quelle Reine il me donnait !
À mon invite, Marie a franchi le seuil qui ouvre sur l’autre monde. Et, comme tous, elle a dû, avant toute chose, croiser le chemin de l’Ange de lumière.
Mais Marie connaissait la nécessité de cette dernière épreuve. Elle en avait averti elle-même saint Paul, qui en avait averti tous les chrétiens (2 Thessaloniciens 2, 1) : « Nous vous le demandons, frères, à propos de la Parousie de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui, ne vous laissez pas trop vite mettre hors de sens ni alarmer par des manifestations de l'Esprit, des paroles ou des lettres données comme venant de nous, et qui vous feraient penser que le jour du Seigneur est déjà là. Que personne ne vous abuse d'aucune manière. Auparavant doit venir l'apostasie et se révéler l'Homme impie, l'Être perdu, l'Adversaire, celui qui s'élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu ou reçoit un culte, allant jusqu'à s'asseoir en personne dans le sanctuaire de Dieu, se produisant lui-même comme Dieu. »

Moi, Je suis Lucifer
« Moi, je suis Lucifer. J’étais donc là, pour elle seule, sûr de moi plus que jamais, ayant aiguisé mes armes décisives pour l’entraîner à jamais loin de Dieu. Puisqu’elle avait résisté à la révolte au jour de la Croix, c’est par la désespérance que je me préparais à attaquer cette femme, sachant qu’il n’y a pas beaucoup de distance entre l’humilité et le désespoir. Mais, un certain doute subsistait : il existe un tel chemin entre le désespoir (ce sentiment de définitive perte) et la désespérance comme péché contre l’Esprit (cette volonté, libre, consciente, choisie de définitive perte)... J’ai donc pris la parole en regardant Marie droit dans les yeux :
« Je suis Lucifer. Je suis l’ange de la vérité, celui qui discerne les intentions du cœur. Et j’ai vu aujourd’hui une chose inédite, une chose qu’on ne voit pas chez les amis de Dieu. J’ai cherché un exemple dans les Écritures. Il n’y en a pas. A-t-on jamais vu un serviteur de Dieu devancer l’heure de sa mort ? Est-il permis de franchir les portes de la mort sans y être invité ? »
Marie se tenait là, debout devant moi. Elle contemplait face à face cette vérité que je lui assénais. Elle ne nia pas. Elle ne se défendit pas. Elle ne se justifia pas.
Puis elle murmura, dans la direction invisible de son Dieu qu’elle attendait et qu’elle ne voyait toujours pas : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir. Mais dis seulement une parole et je serai guérie. »

Ce fut tout.

Et je me dois de témoigner pour Marie, une seule fois, bien qu’il m’en coûte : Cette créature est décidément trop puissante : elle transforme en humilité jusqu’à l’amour extrême !

Je suis Jésus
« Marie m’a en quelque sorte forcé à revenir pour elle. Comme Joseph l’Égyptien vis-à-vis de ses frères (Genèse 45, 1), je me tenais jusqu’ici dans l’obscurité, caché, méconnaissable. Et je brûlais de déchirer pour elle les voiles de cette eucharistie où je me dissimulais. J’attendais cependant, voulant la conduire plus loin encore sur ce chemin. Mais, lors de sa rencontre avec Lucifer, au spectacle de son âme, de tant d’amour humble, je n’ai pu me contenir devant tous les gens de ma suite et je me suis écrié, déchirant le ciel : « Je suis Jésus ». Et personne ne put comprendre l’intensité de ce qui se passa pendant que je me faisais reconnaître de Marie. Et je pleurais tout haut, et tout le Ciel entendit, et la nouvelle parvint jusqu’au palais de la Trinité. Et la Trinité ne put attendre plus longtemps. Sur son ordre, on cassa pour Marie toutes les règles. Les anges furent brusqués. Par leur action immédiate, le précieux corps de Marie fut littéralement évaporé de la planète Terre à travers la tombe que Jean venait de fermer. Il rejoignit son âme sans plus attendre. Car ce jour-là, la Trinité voulut habiter toute entière et face à face en Marie, et visiter sans obstacle ce jardin secret, dans sa plénitude, corps et âme.
On entendit juste deux phrases, comme une colombe au creux du rocher, dites par la Trinité : « Je t’attendais. Je désirais tant t’aimer. »

Le secret de Thomas, Apôtre
J’ai mis quatre jours pour rejoindre Éphèse. J’avais été averti en songe de la mort de Marie. Je voulais la voir, la remercier une dernière fois. Lorsque je suis arrivé, elle était déjà en terre et les Apôtres, qui avaient tous été avertis comme moi en songe par Marie elle-même, me racontèrent sa mort, son corps vêtu d’une robe blanche, son enterrement, et la joie de tous, à cause de la certitude de sa joie à elle : « Elle est avec son Dieu. Elle n’attendait que cela. »
Mais je les suppliai tant et tant, je leur fis tellement de prières, voulant voir une dernière fois son visage, qu’ils acceptèrent de rouvrir pour moi sa tombe. Elle était enterrée selon la coutume romaine, dans un sarcophage de calcaire et dans le sol.
Lorsqu’on ouvrit le sarcophage, il était vide. La robe était là, comme affaissée, et les fleurs intactes. Mais le corps de Marie avait disparu.

J’ai vu cela de mes yeux. Et cette fois, j’ai cru. Je crois que Marie est au Ciel, avec son corps, dans la vision de Dieu. Et je crois qu’elle ne cesse de nous visiter, un à un, sur terre et dans tous les purgatoires que nous traversons, comme au jour de sa mort, mais dans l’intégrité de son corps.

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Arnaud
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jo zecat
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MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mer 6 Sep 2006 - 11:36

[quote="Arnaud Dumouch"]Chère Jo,

Merci pour cette magnifique Vision de la Vierge.

Voici, peut-être, et toujours, à cause de cette nécessité de mourir à soi-même pour voir Dieu, ce qui se passa en elle:

(Beaucoup détestent cette histoire car elle touche ce mystère ultime):

Citation :
Le secret de Jean


Marie est vraiment morte . Je l’ai trouvée un matin, endormie dans sa chambre. Elle était comme lovée autour du calice qu’elle tenait contre elle. Je crois qu’elle n’a pas survécu à l’absence de celui qui était présent auprès d’elle. Elle a été usée, je crois, par le mystère de l’eucharistie. Jésus y était trop silencieux. »
Cette phrase me gène :" Elle était comme lovée autour du calice qu’elle tenait contre elle."

Ca me rappelle ma grand-mère qui serrait ainsi la photo de mon grand-père décédé sur son coeur ! Very Happy .....et encore qu'elle n'était pas "lovée"

"elle méditait ces choses en son coeur" Marie était intérieure. Jésus a non seulement été incarné en chair mais il était incarné mystiquement en elle.

Si effectivement, elle a participé à l'eucharistie. C'est en elle qu'elle s'est perdue pour retrouver Jésus et cette absence douloureuse n'était pas extérieure mais intérieure.
________________
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jo zecat
Invité



MessageSujet: Re: MOURIR D'AMOUR   Mer 6 Sep 2006 - 13:02

Jo a écrit:
Anne-Catherine Emmerick décrit une Marie (qui n'arien à voir avec la Vierge Marie) considérée comme folle par son entourage parceque complètement retirée du monde, absente et perdue en elle. Jésus a infiniment de tendresse pour elle.
Cela ressermble d"avantage à la nuit de l'Esprit. Il faudrait que je retrouve le passage......

Ca y est, je viens de retrouver un des passages de "Marie la silencieuse" :
Citation :
Marie la Silencieuse parlait d'elle même comme d'une prisonnière. Son corps lui paraissait une prison. Elle ne savait pas que c'était là la vie, et elle désirait ardemment retourner dans sa maison. Tout était étroit ici et personne ne la comprenait ; ils étaient comme des aveugles. Elle se résignait pourtant volontiers à rester : elle voulait attendre tranquillement : certainement elle ne méritait pas mieux.
Jésus lui parla très affectueusement : il la consola et lui dit : " Tu retourneras dans la patrie après la Pâque, lorsque je reviendrai ici. "Ensuite il lui donna sa bénédiction, qu'elle reçut à genoux. Il lui imposa les mains, et il me sembla qu'il lui versait quelque chose sur la tête avec une fiole : je ne sais pas bien si c'était de l'huile ou de l'eau. J'eus l'idée confuse que c'était un baptême. Mais je n'en puis rien dire : cela est resté obscur pour moi, et je crois maintenant que peut être je ne dois pas le savoir. " Après un intervalle de silence, la narratrice continua en ces termes : " Marie la Silencieuse était une très sainte personne. Nul ne la connaissait et ne la comprenait ; elle vivait entièrement absorbée dans des visions touchant l'oeuvre de la Rédemption que personne ne pressentait, mais qu'elle comprenait d'une façon tout à fait na've. On la croyait idiote. Lorsque Jésus lui fit connaître l'époque où elle mourrait, et lui dit qu'elle sortirait alors de sa prison pour retourner dans sa demeure, il lui fit une onction sur le corps en vue de sa mort. On peut induire de là que le corps a plus de valeur que beaucoup de gens ne le croient. Jésus prit pitié de Marie la Silencieuse, qui, étant considérée comme aliénée, ne devait pas être embaumée. Sa sainteté était un secret. Jésus congédia Marie la Silencieuse, et elle retourna dans son appartement.
..........
. Je vis Marie la Silencieuse recevoir réellement de la main d'un ange un aliment pris sur la table du Sauveur. Je vis l'ange près d'elle, et elle reçut ce qu'il lui apportait avec la simplicité d'un enfant. Elle avait vu constamment toutes les souffrances et les tentations de Jésus ; sa vie se passait à les contempler et à y compatir, et elle n'éprouva aucune surprise
Cela ressemble assez à la nuit de l'esprit......
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