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 Le mystère de la résurrection de Jésus

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Espérance
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MessageSujet: Le mystère de la résurrection de Jésus   Jeu 16 Avr 2015, 09:52

Le mystère de la résurrection de Jésus

La foi en la résurrection est-elle aujourd'hui possible ? Le Père Bernard Sesboüé, jésuite et théologien, propose des éléments de réponse pour approfondir ce mystère.


Qu'est-ce qu'un corps humain ?

Qu'est-ce qu'un corps ? La réalité des corps peut être étudiée selon toute une échelle de points de vue scientifiques. Il y a les corps minéraux, dont on analyse la composition moléculaire et atomique. Il y a les corps vivants avec la double série du végétal et de l'animal, qui sont étudiés selon leurs composants biologiques. On enregistre déjà une différence de seuil entre le végétal et l'animal. La série animale, des protozoaires jusqu'aux singes supérieurs, telle qu'elle est expliquée dans l'interprétation de l'évolution, présente une série ascendante dans le domaine de la conscience et de la communication.

Un seuil nouveau et radical est franchi avec le corps humain. Sans doute celui-ci assume-t-il tous les "étages" inférieurs de l'être corporel. Nous sommes faits d'atomes, de molécules, de cellules, de systèmes végétatifs et nerveux. Notre corps obéit à toutes les lois de la biologie. Pourtant, il dépasse celles-ci de manière décisive par sa conscience réflexive, par sa raison, par la capacité de son langage. On ne peut ici séparer trop facilement le corps et l'âme. Car tout ce que nous vivons est indissociable de notre corps.

C'est par lui que nous travaillons et pouvons agir sur la nature et transformer le monde. C'est par lui que nous pensons et parlons, entrant ainsi en relation avec les autres. Notre parole est immatérielle quant à son sens mais très matérielle, puisque notre bouche articule des sons avec notre souffle. Quand nous écrivons, c'est encore par la médiation de notre corps que nous formons les lettres sur le papier ou que nous tapons sur les touches d'un ordinateur et l'écriture de quelqu'un est jugée suffisamment révélatrice de sa personnalité pour donner lieu à des investigations graphologiques. C'est avec notre corps que nous aimons. Les gestes de l'amour passent par lui, tout en exprimant un sentiment qui va bien au-delà du corporel. Plus généralement, c'est dans notre corps que nous éprouvons joie et plaisir. Notre visage a une mobilité constante qui nous permet de manifester toute une palette de sentiments délicats par le sourire ou le rire, les pleurs ou la joie. Pensons aussi à la beauté spirituelle du corps humain quand tous ses membres sont expressifs, en particulier dans certaines danses, ou certains exploits sportifs, où le corps apparaît comme transcendé.

Notre corps est aussi le lieu de notre souffrance, non seulement physique mais morale. Où est d'ailleurs la frontière exacte entre les deux ? L'angoisse intérieure, un grave échec sentimental ou professionnel ont des incidences corporelles. De son côté, l'épreuve de la maladie, qui est celle de tel ou tel organe ou fonction, est une souffrance authentiquement humaine, surtout quand elle met en cause notre espérance de vie. C'est pourquoi la mort, qui délie la relation intime que nous avons avec notre corps, est perçue comme une destruction de nous-mêmes.

A mesure que nous avançons en âge notre corps devient histoire. Il porte les traces des blessures physiques ou morales reçues. Bref, tout en notre corps est typiquement humain. Comme disait Péguy, le spirituel en nous est charnel et le charnel est spirituel. En vérité, nous n'avons pas un corps, mais nous sommes notre propre corps. Notre corps est un corps humain et donc un corps spirituel. L'anthropologie contemporaine parle volontiers de "corps-parlant" ou de "corps-signifiant". Elle souligne ainsi le fait que celui-ci est avant tout le lieu d'une existence personnelle, faite de langage et de communication. Le corps, c'est nous-mêmes.

De la mort à la sépulture

Après la mort de l'homme son corps devient cadavre et il est l'objet d'une sépulture. Ce changement de nom, mais aussi le respect qui lui est manifesté, traduisent qu'il ne s'agit plus et pourtant qu'il s'agit encore d'un corps humain. Le cadavre n'est plus corps du simple fait qu'il n'est plus parlant et signifiant. Demeure désormais inhabitée, il n'est plus le centre de relations d'une personne humaine. Il demeure cependant corps humain pour ceux qui ont connu et aimé l'être décédé. Il est pour eux le signe récapitulant toute son histoire et toutes les rencontres qu'ils ont eues avec lui. C'est pourquoi il reçoit une sépulture destinée à le respecter et à maintenir sa mémoire. L'homme est l'animal qui enterre ses morts, l'animal qui se souvient de ceux avec lesquels il a vécu et se rapporte à eux comme à des êtres qui existent encore de quelque façon.

Car si la mort de l'être cher apparaît comme une séparation absolue et définitive, l'ensevelissement respectueux trahit cependant l'espérance que tout n'est pas fini. Suivant les traditions religieuses, les survivants se laissent aller à penser que le défunt vit toujours, même s'il s'agit d'une existence diminuée. Ils essaient de préserver au maximum son corps de la désintégration (embaumements, momification). Ou bien ils estiment qu'il continue à vivre dans la conscience de sa famille ou de son peuple par les traces que son action a laissées.

Quel corps ressuscite ?

Parler de la résurrection des corps, ce n'est porter aucun jugement sur le sort des atomes, des molécules et des cellules. Autrefois, un apologiste chrétien du II° siècle, Athénagore d'Athènes, s'était laissé aller à répondre à des objections ridicules par leur matérialisme. Il évoquait le cas suivant. Il arrive à des poissons de manger des corps humains de naufragés. Mais les hommes mangent à leur tour les poissons. Supposons qu'un homme ait mangé la chair d'un poisson qui avait lui-même mangé la chair d'un homme. A la résurrection à qui cette chair appartiendrait-elle ? La question est ridicule. L'attitude de l'Eglise vis-à-vis de la crémation montre bien que la résurrection n'a rien à voir avec l'état de conservation d'un cadavre.

Mais la tentation de rendre compte de la résurrection au plan matériel nous guette toujours. Il y a peu, un homme de science posa dans des conférences la question suivante : "Les données de la science moderne permettent-elles de croire à la résurrection suivant le dogme catholique ?" L'auteur entend ramener la résurrection à un phénomène comme un autre, en l'abordant sous l'angle scientifique et en la considérant comme un phénomène, au même titre que la cristallisation ou la dilatation des métaux. La faille radicale d'une telle position est que la résurrection est ici pensée à l'intérieur de notre continuum spatio-temporel, sans doute comme un passage à une nouvelle perfection corporelle, mais qui conduit finalement à une vie du même ordre que la précédente. Or la résurrection n'est précisément pas un phénomène. La science n'a pas plus à dire que l'histoire sur la discontinuité radicale qui demeure entre notre monde et ce que le bon sens populaire appelle "l'autre monde", c'est-à-dire le monde de la vie en Dieu. Aucune discipline scientifique n'a de pertinence pour "prouver" la possibilité de la résurrection.

La discontinuité du ressuscité n'est en effet pas représentable. Nous n'avons aucune image de ce que peut être un corps ressuscité dans un univers qui est au-delà du temps et de l'espace. Nous pouvons seulement percevoir quelques signes donnés de cette discontinuité à partir des récits évangéliques sur Jésus ressuscité. Encore, ceux-ci sont-ils des "pédagogies" adaptées à des hommes non ressuscités.

Selon la foi chrétienne, affirmer une résurrection du corps, c'est maintenir une forme de continuité à travers la discontinuité radicale entre corps mortel et corps ressuscité. Cette continuité concerne le corps humain en tant qu'il est humain, en tant qu'il a été inséparable de notre condition humaine et qu'il est la récapitulation de toute une histoire et l'expression d'une personnalité complète.

Il nous est dit en même temps que ce corps sera désormais un "corps spirituel", "un corps glorieux" et incorruptible, par opposition à notre "corps animé" et "corruptible". Cela peut paraître une contradiction dans les termes : ce qui est esprit n'est pas corps et ce qui est corps n'est pas esprit, comme ce qui est vers n'était point prose pour monsieur Jourdain. Mais toute l'analyse proposée ci-dessus a montré que notre corps charnel est déjà spirituel à plus d'un titre. Il le sera alors complètement. Mais nul ne peut en dire plus, tout simplement parce que nul sur terre n'est encore ressuscité. Mais nous affirmons ainsi une réalité d'espérance et de foi qui va bien au-delà de la notion de l'immortalité de l'âme.

Tel est le contenu du message de la résurrection de Jésus. Celui-ci se manifeste à ses apôtres comme le même, celui qu'ils ont connu mais qu'ils "reconnaissent" sous une forme tout autre, puisque le mode de communication qu'ils ont avec lui a complètement changé. Jésus n'est plus soumis aux limites de l'espace et du temps : il les transcende et les domine complètement. Sa présence vient désormais d'ailleurs, elle vient du monde divin de Dieu.

Dès les origines, ce message a fait difficulté, en particulier aux païens comme on le voit dans la scène des Actes des apôtres, où Paul annonce la résurrection devant l'Aréopage d'Athènes : (Ac 17, 32). Bien entendu, le message de la résurrection fut souvent à travers les siècles une pierre d'achoppement pour la foi chrétienne. Mais il fut aussi son levier le plus puissant.

La foi en la résurrection est-elle aujourd'hui possible ?


L'homme moderne garde-t-il encore la capacité de croire en la résurrection ? Une telle idée fait-elle partie du "croyable disponible" de notre temps ? Le concept de résurrection n'apparaît plus, à première analyse, culturellement porteur de l'espérance humaine. La perspective rationaliste de notre modernité relègue volontiers cette idée au grenier des projections mythologiques du désir humain. Mais tout est-il dit par là ?

Des analyses récentes de l'espérance humaine arrivent en effet à de tout autres conclusions. Le théologien luthérien allemand Wolfhart Pannenberg, développant des réflexions du philosophe d'inspiration marxiste Ernst Bloch, estime que, selon une constatation universelle, la destinée naturelle de l'homme ne trouve pas son achèvement définitif dans la finitude de sa vie terrestre. La facilité étonnante, avec laquelle l'homme d'aujourd'hui semble vivre sans s'inquiéter de la question de la mort risque d'être trompeuse : "La superficialité n'est pas à elle seule une libération. Et l'étouffement ne donne pas à lui seul le sentiment d'une victoire". Plus précisément : la phénoménologie de l'espérance montre qu'il appartient à la nature de l'être humain conscient d'espérer par-delà la mort. [...] Cette interrogation sans fin de l'homme sur lui-même se traduit par les espérances portant sur l'au-delà de la mort et dont font partie aussi bien l'idée de l'immortalité de l'âme que celle d'une résurrection des morts. [...] La "vie par-delà la mort" ne peut plus être conçue sous la forme de l'immortalité de l'âme, mais seulement comme un autre mode d'existence de l'homme tout entier. Or c'est ce que contient l'image d'une résurrection des morts.

Ces analyses partent de l'expérience humaine la plus profonde. L'homme sait qu'il va mourir et il vit son existence comme une contradiction tragique entre son destin inéluctable et son désir de vivre de manière absolue. Dans cette situation il ressent un besoin radical de salut que l'on peut définir ainsi : être sauvé, c'est vivre, vivre tout entier, vivre absolument, vivre heureux dans l'amour, vivre toujours dans une réconciliation définitive avec soi-même, avec les autres, avec l'univers et avec Dieu. La parenté sémantique du terme de salut avec celui de santé traduit bien cette donnée. On dit d'un homme revenu d'une maladie à risque mortel qu'il est sauvé !

On peut donc dire que tout homme est habité par une espérance de sa propre résurrection, présente au fond de lui-même de manière incoercible. Elle est liée à notre "être-homme". Cette espérance est un trait de l'expérience décrite au début de ce livre. C'est elle qui nous permet de comprendre la résurrection de Jésus et d'y adhérer par la foi, puisque nous n'avons à notre disposition aucune expérience comparable. Il n'y a en effet pas de foi sans espérance, comme il n'y a pas d'espérance sans un minimum de foi.

Bernard Sesboüé, jésuite
Croire.com

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RenéMatheux



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MessageSujet: Re: Le mystère de la résurrection de Jésus   Jeu 16 Avr 2015, 10:49

Je crois que ne pas croire en la résurection est impossible!

La création de l'homme et de la femme (avec comme fruit de leur union, la merveille qu'est le bébé) est infiniment trop belle pour qu'il n'y aie pas un créateur!

Et c'est encore trop beau pour que cela se termine en poussière!
Il faut la résurection! Une telle beauté ne peut être détruite!



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Jonas et le signe



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MessageSujet: Re: Le mystère de la résurrection de Jésus   Jeu 16 Avr 2015, 11:26

RenéMatheux a écrit:
Je crois que ne pas croire en la résurection est impossible!

La création de l'homme et de la femme (avec comme fruit de leur union, la merveille qu'est le bébé) est infiniment trop belle pour qu'il n'y aie pas un créateur!

Et c'est encore trop beau pour que cela se termine en poussière!
Il faut la résurection! Une telle beauté ne peut être détruite!



Je partage cette façon de voir. Very Happy
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Arnaud Dumouch
Administrateur


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MessageSujet: Re: Le mystère de la résurrection de Jésus   Jeu 16 Avr 2015, 14:21

Saint Jean 63 ─ Résurrection : L’apparition à Marie Madeleine, Jean 20, 1-18 (55 mn).

Premier mystère glorieux du Rosaire : la Résurrection de Jésus, Matthieu 28, 1-4.
Jean 20, 1-18. Préalable : La Vierge Marie a-t-elle eu une apparition ? Mystère mais elle ne vient pas au tombeau... Les autres détails donnés par les témoignages de Luc, Matthieu et Marc. Le sens mystique : Comment Jésus fait passer Marie-Madeleine de l’amour humain à l’amour contemplatif. Sens moral et eschatologique : Comment Jésus transfigure et transfigurera nos bonnes actions humaines en vie surnaturelle.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Le mystère de la résurrection de Jésus   Jeu 16 Avr 2015, 14:40

« Les Apôtres ont été trompés, ou trompeurs ? L’un ou l’autre est difficile, car il n’est pas possible de prendre un homme pour être ressuscité.
Tandis que Jésus-Christ était avec eux, il les pouvait soutenir ; mais après cela, s’il ne leur est apparu, qui les a fait agir ? »
Blaise Pascal
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Jonas et le signe



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Inscription : 13/09/2006

MessageSujet: Re: Le mystère de la résurrection de Jésus   Jeu 16 Avr 2015, 15:25

c'est une belle citation que celle-ci, de Pascal.
seuls des gens "de mauvaise foi" peuvent y répondre par la négative
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Le mystère de la résurrection de Jésus
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