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 Décès du P. Marie-Dominique Philippe

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jo zecat
Invité



MessageSujet: DEPART VERS LE PERE (père M.D Philippe)   Sam 26 Aoû 2006, 15:35

C'est avec grande tristesse que je vous annonce que le père Marie-Dominique PHILIPPE, père-fondateur de la communauté Saint Jean est décédé cette nuit ! Sad cheers
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jo zecat
Invité



MessageSujet: Re: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Sam 26 Aoû 2006, 16:14

Marie-Dominique Philippe est un prêtre dominicain (o.p.) né 1912 à Cysoing. Il fonda en 1975 la communauté de Saint-Jean à Fribourg.


En 1982, cette communauté a institué des ordres féminins.

Marie-Dominique Philippe est l'auteur notamment d'exegèses de l'evangile de Saint Jean.

Considéré comme l'un des grands penseurs contemporains, il est l'auteur de nombreux ouvrages philosophiques.

* Introduction à la philosophie d'Aristote. Éditions universitaires, Paris, 1991.
* Une philosophie de l'être est-elle encore possible? 5 fascicules.
* Philosophie de l'art. 2 tomes, Éditions universitaires, Paris, 1991.
* L'être. Essai de philosophie première, deux tomes (le second en 2 volumes). (Prix Bordin de l'Académie française), Téqui, Paris 1972-1974.
* De l'être à Dieu. De la philosophie première à la sagesse.
* Lettre à un ami. Itinéraire philosophique.
* Le manteau du mathématicien, Entretiens avec Jacques Vauthier.
* De l'amour. Mame, Paris, 1993.
* Retour à la source. Tome I. Pour une philosophie sapientiale. Fayard, Paris, 2005.
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Jesus Christ est mon Dieu



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MessageSujet: Re: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Sam 26 Aoû 2006, 20:20

une pensée pour lui.
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Invité



MessageSujet: Re: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Sam 26 Aoû 2006, 21:44

Dieu ait son âme! par le Christ, Notre-Seigneur, amen! sunny


Nous prions pour son salut, soyez-en assurée. I love you
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Clotilde
Invité



MessageSujet: Re: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Sam 26 Aoû 2006, 22:48

Que le Seigneur l'accueille dans son amour! sunny
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Cécile



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MessageSujet: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Lun 28 Aoû 2006, 13:08

Je viens d'apprendre le décès du Père Marie-Dominique Philippe, fondateur des Frères et Soeurs de Saint Jean.

Je crois qu'Arnaud l'aimait beaucoup... Il a été son élève en théologie...

Nous serons sûrement plusieurs à prier pour tous les deux.
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jo zecat
Invité



MessageSujet: Re: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Lun 28 Aoû 2006, 13:15

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Cécile



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MessageSujet: Re: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Lun 28 Aoû 2006, 13:18

Désolée, je n'avais pas vu...
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helenelydie



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MessageSujet: DEPART VERS LE PERE   Lun 28 Aoû 2006, 15:26

Seigneur donne-lui le repos éternel, et que la lumière sans fin brille sur lui. Qu'il repose en paix. Amen
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marvel



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MessageSujet: Re: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Lun 28 Aoû 2006, 21:59

La messe des funérailles sera célébrée ce samedi 2 septembre à 10h30 dans la Primatiale Saint-Jean à Lyon. Elle sera présidée par le Cardinal Philippe Barbarin. Dans l’après-midi le père Marie-Dominique sera inhumé au cimetière de Rimont (Saône-et-Loire), dans l’intimité de la Famille Saint-Jean (frères, sœurs et oblats).

Le Père Marie-Do m'a beaucoup apporté par ses écrits et si je ne l'ai que croisé quelques fois je lui dois beaucoup. Je serai à son enterrement, si d'autres du forum y sont qu'ils me fassent signe, c'est l'occasion de faire connaissance (J'aurais un arrosoir dans la main gauche...).


Marvel
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Lun 28 Aoû 2006, 23:48

c'est vrai que le titre de ce fil est plus clair que "départ vers le Père" !
moi aussi je pensais en parler.
Je me demande si Arnaud ira à la cérémonie ? à peine arrivé de vacances, va-t-il repartir ?
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Mer 30 Aoû 2006, 08:03

Le Père Marie-Dominique Philippe

Citation :
La mort du Père Marie-Dominique Philippe - au matin du 26 août au prieuré de St-Jodard (Loire) - est pour nous l’occasion de nous recueillir en faisant mémoire d’un grand et beau serviteur de l’Eglise. Ce religieux de l’ordre de saint Dominique aura, sa vie durant, témoigné, selon sa propre expression, des trois sagesses dont il avait reçu le don : sagesse philosophique d’un disciple d’Aristote rompu aux affrontements modernes, sagesse théologique dans la tradition de saint Thomas, sagesse mystique dans la proximité de saint Jean l’évangéliste. La force intellectuelle, spirituelle du fondateur des Frères de Saint-Jean s’explique par ce profond enracinement ecclésial. N’était-il pas déjà tributaire de l’héritage, dès sa naissance et son baptême, d’une famille chrétienne du Nord, dont les nombreux enfants se consacrèrent presque tous à la vie religieuse ? Nous ne pouvons dissocier son souvenir de celui de son frère Thomas qui fonda l’Arche aux côtés de Jean Vanier. L’exemple de leur oncle, le Père Dehau, fut déterminant pour l’éveil de leur vocation et l’essor de leur pensée. Ils étaient prêts, l’un et l’autre, à répondre aux appels inattendus de l’Esprit à un moment de malaise - et pourquoi ne pas le dire ? - de désarroi dans une Eglise qui, à peine sortie de Vatican II, recevait de plein fouet les effets d’une crise interne alimentée par une crise de civilisation.
Les épreuves n’ont pas manqué au Père Marie-Do comme on l’appelait familièrement. Epreuves d’une maladie acceptée courageusement. Ceux qui ont entendu sa voix brisée mais néanmoins audible grâce au micro qui la faisait vibrer, ne l’oublierons jamais. Epreuve aussi de l’incompréhension ou de l’opposition véhémente. Il acceptait tout sans polémiquer, en sachant s’en remettre à l’autorité légitime, qu’elle s’incarne dans le Père Abbé de Lérins ou dans l’évêque d’Autun. La récompense visible d’une pareille abnégation fut l’essor des “petits gris”, les frères et les sœurs, présents aujourd’hui dans bien des diocèses de France mais aussi sur les autres continents. Certains d’entre eux ne se préparent-ils pas à la mission pour d’énigmatiques pays communistes d’aujourd’hui ?
Le Père Marie-Dominique Philippe est resté jusqu’au bout fidèle à
l’ordre où il avait prononcé ses vœux. N’est-ce pas sur les conseils de son supérieur général qu’il avait fondé une autre famille, dont le vif essor était un signe de renouveau, alors que les ordres anciens avaient peine à surmonter les ruptures des années 60-70. Il affirmait qu’il ne se serait pas lancé dans pareille aventure - à 60 ans passés ! - si Marthe Robin ne l’y avait vivement encouragé. Comment ne pas se rappeler aussi de sa belle amitié avec Jean-Paul II rencontré avant qu’il ne soit Pape à l’université de Fribourg ? Les deux hommes, philosophes de métier, se comprenaient intimement, et leur connivence fut manifeste durant toutes les années du pontificat. S’il me faut rappeler un souvenir personnel, ce serait celui du beau rassemblement des jeunes à St-Quentin-sur-Indrois, où le fondateur des “petits gris” donnait l’envoi à ces milliers de visages fervents. Comment ne pas rendre grâce pour tant de fécondité, qui, d’évidence, se prolongera dans le sillage du témoin du Seigneur parmi nous ?

Gérard Leclerc
La messe des funérailles du Père Marie-Dominique Philippe sera célébrée ce samedi 2 septembre à 10h30 dans la Primatiale Saint-Jean à Lyon. Elle sera présidée par le Cardinal Philippe Barbarin. Dans l’après-midi le père Marie-Dominique sera inhumé au cimetière de Rimont (Saône-et-Loire), dans l’intimité de la Famille Saint-Jean (frères, sœurs et oblats).

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Ven 01 Sep 2006, 16:42

sur KTO TV!

Messe des funérailles du père Marie-Dominique Philippe
Retransmission de la messe des funérailles du père Marie-Dominique Philippe, o.p., fondateur de la Communauté Saint-Jean depuis la Primatiale Saint-Jean à Lyon, présidée par le Cardinal Philippe Barbarin.

Voir en direct le 2 septembre à 10h30

http://www.ktotv.com
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jo zecat
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MessageSujet: Re: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Mar 05 Sep 2006, 16:28

Messe des funérailles du père Marie-Dominique Philippe

Présentation
Retransmission de la messe des funérailles du père Marie-Dominique Philippe, o.p., fondateur de la Communauté Saint-Jean depuis la Primatiale Saint-Jean à Lyon.
La messe est présidée par le Cardinal Philippe Barbarin.

Commentaires : Philippine de Saint Pierre

ARCHIVE VIDEO :

http://www.ktotv.com/video_data.php3?numero=1263



Message de condoléances du Pape Benoît XVI

Le Saint-Père informé du décès du Père Marie-Dominique Philippe, Fondateur de la Famille Saint-Jean a chargé le Cardinal Secrétaire d'Etat de faire parvenir en son nom au père Jean-Pierre-Marie, Prieur général de la Congrégation Saint-Jean, le message de condoléances suivant :

Vatican 26 août 2006

« Père Jean-Pierre-Marie
Prieur général de la Congrégation Saint-Jean

Informé du décès du Père Marie-Dominique Philippe, le Pape Benoît XVI s'unit dans la prière à tous ceux qui sont dans la peine, notamment aux proches du défunt ainsi qu'à la Famille Saint-Jean tout entière, dont il fut le fondateur. Le Saint-Père demande au Seigneur d'accueillir dans son Royaume celui qui, durant de longues années, guida et forma de nombreuses personnes à l'école du Christ, dans l'esprit du ‘disciple bien-aimé, les enracinant dans un amour profond de l'Eglise et dans la fidélité au Successeur de Pierre. Sa Sainteté rend grâce pour la vie du Père Marie-Dominique, entièrement donnée au Seigneur et à ses frères, enracinée dans la méditation de la Parole de Dieu, dans la recherche et dans la contemplation passionnée de la vérité. Puisse son témoignage donner à tous ceux qu'il a guidés l'élan nécessaire afin que l'Evangile du Christ soit toujours annoncé, accueilli et vécu ! Vous confiant, ainsi que tous les membres de la Famille Saint-Jean et toutes les personnes qui participent aux obsèques du Père Marie-Dominique, à la Vierge Marie, Reine des Apôtres, à saint Jean et à saint Dominique, le Saint-Père vous accorde à tous, en gage de réconfort, une particulière Bénédiction apostolique.

Cardinal Angelo Sodano
Secrétaire d'Etat de Sa Sainteté »
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Mar 05 Sep 2006, 20:50

Dans la longue histoire de la vie religieuse de l’Eglise, le Père Philippe occupe d’ores et déjà une place très originale, bien que parfaitement cohérente avec la logique de création et d’adaptation de ses institutions.
par Gérard LECLERC


Citation :
On peut dire que le Père Philippe est à la fois un fondateur et un réformateur. Un fondateur, dans la ligne d’un Dominique, d’un François ou d’un Ignace, un réformateur, dans l’esprit d’un Bernard, d’une Thérèse d’Avila, d’un Jean de la Croix. Mais pour le comprendre, il importe de revenir aux années post-conciliaires, pendant lesquelles le Père Marie-Dominique va se trouver - contre lui-même - provoqué par le cours des choses, la sollicitation d’un groupe de ses élèves et des encouragements aussi déterminants que ceux de Marthe Robin, à prendre une initiative décisive.

Faut-il rappeler encore le climat de ces années qui ont suivi Vatican II et qui, malheureusement, semblait démentir l’annonce d’un nouveau printemps de l’Eglise ? Le cardinal Ratzinger observait qu’il en avait presque toujours été de même dans le passé. Un concile est toujours une épreuve pour l’Eglise, même si, par ailleurs, il formule les principes d’une nouvelle phase de l’évangélisation et d’une réforme nécessaire. On peut ajouter que lorsqu’un concile permet de résoudre un grave différend doctrinal, celui-ci peut rebondir, comme avec l’arianisme, et plus encore amplifier l’onde de choc de l’hérésie jusqu’à en prolonger l’effet sur plusieurs siècles. La nature de Vatican II est quelque peu atypique puisque, selon la volonté formelle de Jean XXIII, le concile avait renoncé à reprendre la formule traditionnelle des anathèmes et des récusations doctrinales. Il s’agissait d’énoncer de façon positive toutes les richesses du christianisme et ainsi promouvoir “un nouvel âge de l’histoire”. Cette volonté n’a pas empêché, dès la clôture, à des courants se réclamant du progressisme ambiant de mettre l’essentiel en péril au point d’attrister Paul VI qui dénonçait une autodestruction de l’Eglise, ou les pères Daniélou et de Lubac s’insurgeant contre les “assassins de la foi”.

Cette tempête intérieure était relayée, sollicitée et amplifiée par une crise de civilisation rendue manifeste par l’explosion de l’année 1968. Pour illustrer d’une image la réalité d’un moment, on rappellera le scandale d’un de Lubac et d’un Fessard assistant à la fuite des novices de la Compagnie qui allaient rejoindre les manifestants des barricades. Ce n’aurait été que demi-mal, s’il ne s’était agi que d’un phénomène de génération. Le drame c’est que tout cela aboutissait à l’apostasie pratique, la désertion généralisée et la récusation de la vie religieuse. Comment l’opposition traditionaliste n’en aurait-t-elle pas été confortée, alors qu’elle reportait toute la responsabilité du désastre sur Vatican II et son désir d’ouverture au monde ? Au même moment, quels pouvaient être les sentiments d’un Marie-Dominique Philippe alors que le drapeau rouge flottait sur le Saulchoir et que les A.G. révolutionnaires s’y succédaient ? Tenir bon en poursuivant son enseignement à l’université catholique de Fribourg était un vrai gage de résistance, avec la certitude que la solidité de la tradition thomiste triompherait.

Mais était-ce suffisant ? Fallait-il se résoudre à l’amplification du phénomène lefebvriste et à l’attirance qu’exerçait sur les jeunes en conflit avec le progressisme doctrinal et pratique le séminaire d’Ecône. Les voies de recours semblaient fermées. Les ordres traditionnels étaient tous plus ou moins chamboulés, leurs noviciats peu disposés à accueillir des candidats en désaccord avec leurs lignes de conduite. De plus, il fallait répondre de façon précise aux sollicitations intellectuelles et spirituelles. L’enseignement d’un Père Marie-Do à Fribourg, y répondait d’une façon propre à lui attacher des esprits en quête d’un réel équilibre. La synthèse thomiste réactualisée ne fondait-elle pas un humanisme chrétien qui correspondait toujours à la requête de l’intelligence et de la foi ?

Comment le dominicain n’aurait-il pas été reconnu comme un maître au sens le plus légitime ? Alors que par ailleurs tout semblait flotter au gré des modes et des engouements, il y avait là un pôle solide d’identification. Evidemment, il n’était pas le seul. Fort heureusement, dans l’Eglise des années 70, d’autres expériences se font jour avec, notamment, l’apparition des communautés charismatiques. D’ailleurs, malgré la différence des styles et des spiritualités, une cohérence et une complicité profonde va s’établir entre toutes ces familles que réunissent - sous le regard de Marthe Robin - le souci d’un réenracinement biblique et celui d’évangéliser son prochain.


Ces enjeux communs définissent une problématique qui n’a rien perdu de son actualité. Si l’on se fie au compte-rendu récent dans La Croix d’un colloque sur l’évangélisation, les discussions post-conciliaires sur les valeurs modernes, le ralliement des chrétiens à l’héritage des Lumières ont toujours cours. Ce n’est d’ailleurs pas les Lumières en soi qui sont en cause, avec l’exigence kantienne de rationalité rigoureuse, mais le style d’humanisme qui en découle. L’autonomie proclamée signifie-t-elle le déni d’ouverture au surnaturel sans lequel l’homme ne saurait se déployer, dans l’ordre de la charité, qui le surdétermine ? Clavel réagissait déjà avec indignation et colère à cet humanisme-là en rétorquant aux révérends qui s’en faisaient les apologètes : “en philo, zéro, dans l’armée, douze balles dans la peau”. Une certaine fascination pour le monde séculier aboutissait à ce réflexe fusionnel déjà discerné par Gaston Fessard au temps de l’attirance marxo-stalinienne. Le ralliement à l’esprit du temps mettait donc fin à toute idée d’évangélisation.
Autour du Père Marie-Do à Fribourg, le climat était très différent.

L’humanisme philosophique était ordonné au surnaturel et la flamme évangélisatrice était d’autant plus forte. Les étudiants qui demandaient instamment à leur professeur de répondre à leur appel au service de l’Eglise et à la consécration religieuse, le faisaient en connaissance de cause. Il était leur seule référence. Quitte à se faire violence, le philosophe devait se remettre en esprit au temps des fondateurs ou des refondateurs. Sa vocation l’avait naturellement appelé, dans l’ombre de son oncle le père Dehau, à devenir fils de saint Dominique, mais dès lors que les frères prêcheurs ne pouvaient accueillir de nouveaux candidats en raison de la conjoncture post-conciliaire, il y avait lieu de songer à fonder une autre famille religieuse dans une continuité réformatrice par rapport à l’Ordre auquel il était irréductiblement attaché.

Puisque ses supérieurs l’y incitaient, le Père Marie-Dominique ne pouvait plus se dérober à l’appel. La fondation des frères et des sœurs de Saint-Jean en 1975, l’année de la publication de Evangelii nuntiandi par Paul VI, puis des sœurs contemplatives en 1982 et apostoliques en 1983, allait marquer une époque dans les suites de Vatican II, comme initiative propre à répondre à la véritable intention formatrice et évangélisatrice du Concile, fût-ce à contre-courant de ce qui était imaginé à l’aune de “l’Esprit du Concile”. C’était aussi le signe que le progrès pouvait s’élaborer à partir de la Tradition fermement respectée. Nous ne ferons pas ici l’histoire - qui n’est que trentenaire - des “petits gris”, sauf à nous concentrer sur trois points importants.

Le premier concerne la période des fondations, juste après la décision. Le passage par l’abbaye de Lérins, avec l’appui de cinq évêques français et suisses, puis l’accueil du diocèse d’Autun grâce au courage de Mgr Lebourgeois, sont significatifs d’un enracinement ecclésial. L’humilité des commencements avec les risques encourus s’est trouvée encadrée par d’autres institutions ecclésiales solidaires. C’est que, dans l’Eglise, il y a bien solidarité de tout le corps, dans la complémentarité des charismes, le neuf s’ajoutant à l’ancien, l’ancien ne se révélant pas caduc, mais au contraire affirmant lui-même d’étonnantes facultés de renaissance. Il faut aussi noter la rapidité de l’essor des frères et des sœurs de Saint-Jean qui correspondaient à une exigence et à une attente indéniables. Les demandes épiscopales de fondations de couvents qui s’ensuivirent, et l’envoi des frères et des sœurs aux quatre coins du monde attestaient de la vocation universelle d’une communauté vouée au service de toutes les Eglises.

Le second point concerne le fondateur lui-même. Que le père Marie-Dominique Philippe ait été l’objet, de la part des frères et des sœurs, d’une véritable vénération, n’est pas niable. A condition que l’on sache vraiment ce qu’on entend par là. Parler d’idolâtrie comme on l’a parfois fait est absurde et ridicule. Il suffit d’avoir approché tant que soit peu le Père Philippe pour savoir qu’il n’avait rien d’un gourou et que son ethos le rendait rebelle à toute subordination et à tout effet de fascination déraisonnable. Il exerçait une réelle paternité spirituelle, son magistère intellectuel était incontesté. Mais sa parfaite aménité, sa délicatesse et son respect à l’égard de tous, le prémunissait des débordements. La façon dont il a préparé sa suite, avec nomination d’un supérieur de son vivant, les étapes de sa fin de vie, révèlent la profonde pédagogie de qui veut donner toutes ses chances à ce qui lui survivra. Bien sûr, il ne faut pas se cacher l’épreuve qu’est pour une communauté toute jeune la disparition d’un fondateur si présent et si indispensable. Mais la force de l’héritage témoignera en faveur du fondateur. S’il a réellement fondé sur le roc, son œuvre parlera pour lui.

Enfin, les épreuves n’auront pas manqué, du vivant du Père Marie-Do. Comment en aurait-il été autrement ? Les institutions d’Eglise n’échappent pas aux aléas du temps, aux heurts des caractères, à la faiblesse des uns ou des autres. Pourquoi ne pas le dire ? Les “petits gris” ont connu des manques de maturité, des difficultés parfois sérieuses. L’autorité a été obligée d’intervenir pour rappeler certaines règles. Mais si des campagnes de presse se sont parfois acharnées contre eux, ce n’est sûrement pas parce qu’ils avaient démérité ou failli. Le traitement de choix dont ils furent l’objet, et auquel ils ne surent pas toujours bien faire face, s’explique par, outre des blessures personnelles respectables, beaucoup plus souvent par des motifs idéologiques. Quand on ne veut pas “encadrer” cette famille de pensée, on ne refuse pas l’aubaine d’un “scandale” pour la mieux enfoncer. On a mis en avant la simple indignation morale, ou la déontologie de l’information, voire le combat anti-sectes en prenant pour cible cette communauté particulière, jeune et dynamique, mais n’est-ce pas tout simplement parce qu’elle est jalousée pour son rayonnement et son influence sur les nouvelles générations ?
On a sans doute raison d’insister sur les caractéristiques fragiles d’un ordre religieux commençant, qui ne dispose pas de l’expérience acquise des ordres anciens. Mais à ce compte, il ne faudrait rien oser ni commencer dans l’Eglise ? Le Père Marie-Dominique a su oser, alors qu’apparemment il n’avait pas été préparé pour cela. Sa famille spirituelle dans la peine lui exprime sa reconnaissance. Comment n’y pas joindre la nôtre... Dans la crise des années post-conciliaires, il aura été un très beau témoin du renouveau possible.

Gérard LECLERC

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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Décès du P. Marie-Dominique Philippe   Mar 05 Sep 2006, 23:16

(Synthèse de sa pensée)



Le Père Marie-Dominique Philippe,

philosophe pour notre temps





Citation :
Enseignant la philosophie depuis 1939 au Saulchoir puis à l’Université de Fribourg de 1945 à 1982, enfin aux Frères et Sœurs de la Famille Saint-Jean dont il est le fondateur, le Père Marie-Dominique Philippe a consacré sa vie à la recherche de la vérité. Son approche philosophique apparaît au sein de la philosophie contemporaine un peu paradoxale : elle est à la fois un retour aux sources de la réflexion occidentale et une confrontation incessante aux questions de l’homme contemporain.

Retour aux sources

C’est face à une approche scolastique trop souvent incapable d’aborder les interrogations contemporaines et enfoncée dans le dédale d’arguties logiques et de conclusions infécondes qu’est né le désir de reprendre un travail sur les sources grecques de saint Thomas lui-même. La tentative, qui a longtemps été celle du thomisme, de dégager une philosophie de l’approche théologique de saint Thomas sans reprendre le travail de celui qu’il nomme « le Philosophe », revient à nier qu’il y a deux ordres radicalement différents : celui de l’homme croyant nourri de la Parole de Dieu, essayant d’exprimer le mystère de la foi à l’aide d’une intelligence saisie par son incapacité à parler adéquatement de ce qui le dépasse infiniment ; et celui de l’homme cherchant à comprendre l’homme à partir de l’expérience, pour découvrir progressivement ce qu’il est, dans toutes ses dimensions, et quelle est sa finalité personnelle, ce pour quoi il est.

Cette distinction — partir de la lumière divine de la Révélation ou partir de l’obscurité de l’expérience humaine — est en quelque sorte la clé de mise en œuvre de la double recherche philosophique et théologique que mène sans cesse, en parallèle et en dialogue, le Père Philippe.

Ce retour à Aristote, dans la différence avec le regard de saint Thomas, lui a permis une redécouverte du réalisme philosophique dans ce qu’il a de plus fort et de plus riche.

L’héritage d’Aristote apparaît chez le Père Philippe d’abord par le réalisme du jugement d’existence qui accueille le réel tel qu’il est et par l’interrogation confiante sur ce qu’il est, au-delà de ce qui conditionne sa manière d’être et son comment, mais à travers cette manière d’être et ce comment. L’héritage d’Aristote apparaît ensuite dans la distinction entre la philosophie pratique — partant des expériences du travail, de l’agir en vue du bonheur, de la vie dans la communauté humaine et politique — et la philosophie dite « spéculative » qui, au-delà des expériences de l’activité humaine, cherche à saisir l’homme lui-même et débouche sur une philosophie première : celle de l’être. Cet aboutissement de la recherche de la vérité dans un travail de discernement sur ce qu’est l’être dans ce qu’il a de fondamental et d’ultime est ce qui permet d’aborder le problème de la personne et son ouverture à la question de l’Etre premier transcendant.


Les dimensions de la personne humaine


Ainsi les recherches du Père Philippe se sont développées dans tous les domaines de la philosophie :
- la découverte de l’homme capable de transformer l’univers (philosophie de l’art), à partir de l’expérience du travail, de la réalisation d’une œuvre ;
- la découverte de l’homme capable d’aimer et d’être responsable d’un autre (philosophie éthique), à partir de l’expérience de l’amour d’amitié.
Ces deux développements pratiques de la philosophie sont, avec la philosophie politique, elle aussi pratique, et partant de l’expérience de la coopération, le point de départ de toute philosophie réaliste.
C’est à partir de là que peut se développer la philosophie dite « spéculative », qui cherche la vérité pour elle-même :
- dans une philosophie de la nature, qui cherche à connaître la matière au-delà de sa transformation par l’artiste dans le travail, et regarde l’homme comme partie de l’univers par son corps ;
- dans une philosophie du vivant, qui cherche à connaître l’homme comme vivant, au-delà de l’expérience de l’amour d’amitié qui peut être brisé par la mort.

Mais c’est en philosophie première (métaphysique) que le Père Philippe a remis en lumière l’importance capitale du jugement d’existence au point de départ. C’est à partir de cette recherche de philosophie première, qui se structure par la découverte inductive des principes propres de ce-qui-est, la substance (ousia) et l’être-en-acte, et qui s’achève avec le regard sur la personne humaine, qu’il a repris du point de vue proprement philosophique le problème des voies d’accès à l’existence d’un Etre premier que les traditions religieuses appellent Dieu, pour redécouvrir ainsi ce qu’est la sagesse et ce qu’est le jugement de sagesse philosophique : la découverte par le philosophe de l’exister de l’Etre premier, de cette Personne première ; la contemplation de ses manières propres d’exister, de sa vie propre de lumière et d’amour ; le problème de la relation de cette Personne première et de l’homme (la Création) ; le regard sur l’homme comme créature et capable d’adorer (jugement de sagesse).

Face à l'homme de notre temps

A l’inverse d’une pensée systématique, ce travail de recherche sur chaque dimension de la personne humaine permet un dialogue et une confrontation vivante avec les questions de notre époque. Le retour aux sources grecques et la distinction nette entre la problématique théologique chrétienne et l’approche philosophique sont ce qui donne à la réflexion du Père Philippe la possibilité de mieux situer la philosophie contemporaine et les interrogations auxquelles elle cherche à répondre.

En effet, la philosophie post-cartésienne et a fortiori post-hégélienne n’a cessé de vouloir soit récupérer le dogmatisme théologique, soit s’y opposer, et souvent elle a fait de même par rapport à la vision chrétienne et religieuse qui fait le fond de la civilisation occidentale (comme le font les idéologies athées). Autrement dit, la plupart des problèmes de la philosophie moderne et contemporaine — de Leibniz à Feuerbach, de Freud à Heidegger — sont liés au regard chrétien ou théologique. La redécouverte du réalisme aristotélicien permet au Père Philippe, d’une part de distinguer ce qui relève des questions strictement théologiques ou de questions ultimes en philosophie réclamant un regard de sagesse auquel on n’accède qu’au terme d’un lent et long labeur d’analyse, et d’autre part de rejoindre avec acuité certaines des intuitions les plus profondes de la philosophie contemporaine lorsqu’elle cherche la vérité. La mise en lumière de l’expérience et du jugement d’existence vient converger avec le retour au réel prôné par la phénoménologie. La redécouverte de l’être en philosophie première demeure très proche des interrogations de Heidegger dans L’être et le temps, et de Merleau Ponty dans Le visible et l’invisible. Le caractère déterminant de la découverte d’autrui à travers un véritable lien personnel répond à la recherche d’Emmanuel Levinas. Et enfin, l’importance du « Je suis » dans l’expérience que la personne a d’elle-même, qui vient cristalliser la démarche métaphysique autour de la personne, croise le travail de Karol Wojtyla dans Personne et acte.

Mais l’œuvre du Père Philippe se veut aussi à l’écoute des questions posées au philosophe par l’homme contemporain. Ainsi, la philosophie de l’activité artistique et du travail aborde, face à Nietzsche et Marx, les problèmes de la créativité, du monde de l’économie et de l’entreprise. La philosophie éthique, à partir de l’expérience de l’amour d’amitié, permet de situer les questions nouvelles posées par la bioéthique et met en lumière la responsabilité et la liberté de l’homme dans son activité, au-delà des modes éthiques. La philosophie du vivant, en rappelant la découverte de l’âme spirituelle, peut recevoir l’apport propre de la biologie à la connaissance du vivant et situer dans la croissance de l’homme l’épanouissement que la psychologie décrit au niveau qui est le sien. Enfin, la philosophie première et son aboutissement en théologie naturelle et en sagesse seront la clé d’une réflexion sur les questions existentielles dont la philosophie contemporaine se fait l’écho et qui traversent notre civilisation post-chrétienne.

Cependant, face aux angoisses de notre humanité d’aujourd’hui, dans ce moment charnière que l’Eglise vit depuis Vatican II, c’est en théologie mystique que l’apport du Père Philippe est le plus profondément en prise sur la vie humaine et chrétienne. Ayant toute sa vie travaillé les écrits johanniques (l’Evangile, la Première Epître et l’Apocalypse), formé par la rigueur du regard théologique de saint Thomas et la théologie de la miséricorde à laquelle invite sans cesse une vie d’apôtre et de contemplatif, c’est par l’élaboration d’une théologie centrée sur le mystère du Christ crucifié et glorieux et sur le mystère de Marie que, à l’ombre de saint Jean, il contribue le plus au renouveau spirituel de l’Eglise.


Frère Samuel Rouvillois

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Arnaud
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Décès du P. Marie-Dominique Philippe
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