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 Mort du Roi et destruction de l'ordre naturel - homélie prophétique ?

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Thy Kingdom come
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MessageSujet: Mort du Roi et destruction de l'ordre naturel - homélie prophétique ?   Dim 15 Fév 2015, 12:07

"Car en frappant le Roi, on frappait avec lui la famille. La famille et le roi sont en effet indissolublement liés : le roi – à la différence de la république, pure abstraction – est un être de chair, sexué, situé dans une filiation, fruit d’un passé, ouvert sur une descendance. Il n’y a pas de roi s’il n’y a pas de famille royale. Et parce que le roi est à chercher au sein d’une famille, il est aussi le garant de ce dont toutes les familles témoignent : la continuité dans l’histoire et la relation tant horizontale au niveau conjugal que verticale au niveau filial, relation qui porte le beau nom d’amour. Mise un jour à la tête d’un peuple par les circonstances, la famille royale représente à chaque moment du temps la nation, avec cette hauteur de vue propre à l’institution qui par essence transcende l’instant."




L'homélie magnifique de l'abbé Iborra, lors du requiem à l'occasion du 220ème anniversaire de la mort de Louis XVI, le 21 janvier 2013. Bien au-delà de l'évènement historique et de la nostalgie du passé, il plonge dans notre présent déboussolé.

L'homélie était si actuelle (et elle le demeure, car la famille n'a jamais été si attaquée qu'aujourd'hui) qu'elle a d'ailleurs été "censurée" par le diocèse de Paris : après sa publication sur le site de la paroisse Saint-Eugène - Sainte-Cécile, un des évêques auxiliaires de Paris demanda son retrait.
Elle est à ce jour encore disponible,heureusement, sur plusieurs sites dont celui-ci (www.schola-sainte-cecile.com/).

Il est intéressant de rappeler le contexte politique d'alors, en France: le 13 janvier 2013, une immense manifestation rassemblait à Paris plus d'un million et demi de personnes contre le projet de loi Taubira visant à légaliser le "mariage homosexuel". Chiffre scandaleusement réduit à 340 mille par le gouvernement socialiste.
Hasard (extraordinaire!!!) du calendrier, deux jours plus tôt, la France s'engageeait dans une improbable (et providentielle, pour un gouvernement dans les abysses des sondages) intervention militaire au Mali, l'opération Serval, qui avait très opportunément détourné l'attention des français.


Lire l'homélie : http://benoit-et-moi.fr/2015-I/actualites/mort-du-roi-et-destruction-de-lordre-naturel.html

Extrait :

Citation :
Ce sentiment de division que j’ai alors éprouvé, n’est pas, je crois, quelque chose d’accessoire, lié à un fait divers de l’histoire. C’est l’expression d’un événement fondateur.
La mort du Roi fut le principe durable de la division des Français. D’une France qui ne s’en est, à vrai dire, jamais complètement remise comme en témoigne l’instabilité institutionnelle, sociale et politique qui depuis la caractérise. Une division, donc, qui marque non seulement ceux qui en déplorent la cause, mais aussi, volens nolens, tous ceux qui s’en réjouissent ou qui lui sont devenus indifférents. Une division qui nous touche tous parce que la mort du Roi fut un parricide, un parricide qui alimente la mauvaise conscience comme on le voit par l’acharnement des oligarchies au pouvoir à nier les valeurs de l’ancienne France en cherchant à leur substituer, par mode d’incantation, les prétendues « valeurs républicaines » et leur douteuse esthétique.

Cette division opère à deux niveaux.

D’abord au niveau politique
, où elle a été pérennisée par les institutions. Vous le savez, depuis deux cents ans, les révolutionnaires n’ont eu de cesse d’abattre toute résurgence du principe monarchique sous quelque forme qu’il pût se présenter. Pour imposer un régime incapable, structurellement, de réconcilier les Français puisque fondé sur le principe majoritaire qui ostracise nécessairement la minorité. Comment un chef de parti peut-il soudain se déclarer président de tous les Français ? Par quelle magie peut-il incarner, lui, sorti du nombre, c’est-à-dire du même, quelque chose qui est au-dessus du nombre, qui relève de l’autre, de la transcendance ? Si d’aventure il s’essaie à vouloir tout embrasser, il mécontente les uns sans satisfaire les autres. Ce fut le sort pitoyable du précédent hôte de l’Elysée. Non, la division des Français ne peut se résorber en rendant un culte au Nombre, divinité capricieuse et funeste car, en évinçant la vérité, elle réduit tout l’ordre politique à ce qui est instantané, sans épaisseur, bref à ce qui est périssable et matériel, donc indigne de l’humanité de l’homme.

Cette division opère ensuite au niveau anthropologique, où elle est sans cesse élargie par les coups répétés portés contre le socle de la loi naturelle que la civilisation chrétienne avait heureusement remise à l’honneur.
Les auteurs de ce bouleversement ?
Le cardinal Ratzinger les identifiait en 1985 dans son Entretien sur la foi : « une classe moyenne supérieure, la nouvelle bourgeoisie du tertiaire, avec son idéologie libéralo-radicale, de type individualiste, rationaliste, hédoniste ».

Les causes de ce mouvement, où la France s’est malheureusement illustrée, sont à chercher, là aussi, sur la place de la Concorde. Car en frappant le Roi, on frappait avec lui la famille. La famille et le roi sont en effet indissolublement liés : le roi – à la différence de la république, pure abstraction – est un être de chair, sexué, situé dans une filiation, fruit d’un passé, ouvert sur une descendance. Il n’y a pas de roi s’il n’y a pas de famille royale. Et parce que le roi est à chercher au sein d’une famille, il est aussi le garant de ce dont toutes les familles témoignent : la continuité dans l’histoire et la relation tant horizontale au niveau conjugal que verticale au niveau filial, relation qui porte le beau nom d’amour. Mise un jour à la tête d’un peuple par les circonstances, la famille royale représente à chaque moment du temps la nation, avec cette hauteur de vue propre à l’institution qui par essence transcende l’instant. Elle représente le peuple, qui se comprend alors comme famille de familles, partageant le même enracinement – souvent par le sang versé – et tourné vers le même destin. La transcendance symbolique de la famille royale fait ressortir la transcendance de la nation, sa profonde unité, dans la diversité des individus et des communautés qui la constituent, dont la plus importante, la plus fondamentale, est la société familiale, matrice de tout l’ordre social par les valeurs propres qu’elles véhiculent et dont la première est la charité, société antérieure même à l’Etat qui se doit d’être au service de la communauté que forment toutes les familles d’une nation.

(...)

En frappant le Roi, on a frappé la famille à sa tête, et depuis on s’acharne sur ses membres.
L’indifférenciation sexuelle véhiculée par la théorie du genre en est le dernier avatar, avec ses conséquences monstrueuses que sont déjà la PMA et bientôt la GPA. Ce nouveau projet s’inscrit en effet dans un ensemble qui dure depuis des décennies, voire depuis le début pour certains de ses éléments : fragilisation de la famille par le divorce, par la diffusion de la contraception, par un féminisme idéologique ; agression contre ses membres par le culte de la drogue, par l’avortement, par l’eugénisme et par l’euthanasie. Chaque jour davantage – et nous constatons l’accélération du processus au cours de ce quinquennat – la dignité et l’indisponibilité de la personne se voient bafouées.

(...)

Mais ne nous y trompons pas : le combat que nous avons à mener est spirituel avant tout. Car la cause de cette dénaturation est profonde. Fondamentalement, elle est diabolique. Derrière Sanson, derrière Robespierre, se tenait Satan, comme il se tient aujourd’hui derrière les associations qui ont pris en otage des politiciens décervelés, avides de pouvoir, indifférents à la vérité et au bien. Satan l’Accusateur, qui à travers les Fouquier-Tinville, les Vychinski, les Freisner de l’histoire, s’acharne sur les justes. Satan le Diviseur, qui promeut l’amour de soi jusqu’au mépris des autres. Satan le Mensonger, qui fait de la liberté, de l’égalité et de la fraternité des sophismes dissimulant une entreprise d’asservissement, de discrimination et de haine. Satan l’Homicide, qui non content de tuer les corps cherche aussi à tuer les âmes en les recourbant sur elles-mêmes.

Citation :
Le 21 janvier 1793 ses séides ont décapité le Roi : ils ont séparé la tête du corps. Acte doublement symbolique : la tête de la nation du corps de son peuple, mais plus profondément : la tête (le Christ) de son corps mystique (l’Église). En découronnant le Roi, ils cherchaient à découronner le Christ. En tuant Louis, celui qui les manipulait visait Jésus. Jésus qui vivait en Louis, comme nous l’a rappelé si admirablement son Testament.
Ces nains – et ceux qui prétendent nous gouverner après eux – n’étaient pas à la hauteur de ce géant.
Avec Jésus, Louis pouvait leur dire : « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Comme Jésus face à Pilate, Louis ne faisait pas nombre avec eux, il était au-dessus. C’est pourquoi nous sommes ici, ce soir, à honorer sa mémoire.
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