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 Théologie de la libération

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Cécile



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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 07:20

François Pignon a écrit:
Simon a écrit:
Il est au désarroi parce que son fils est au FN... Et s'il avait rejoint l'EI ?

Ce serait moins grave, en France c'est comme ça ...

Réfléchissez un peu avant de dire une telle sottise !
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Dragna Din



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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 08:34

Cécile a écrit:
François Pignon a écrit:
Simon a écrit:
Il est au désarroi parce que son fils est au FN... Et s'il avait rejoint l'EI ?

Ce serait moins grave, en France c'est comme ça ...

Réfléchissez un peu avant de dire une telle sottise !

Il peut pas : au FN pour entrer il faut laisser sa cervelle au vestiaire. Les seuls réels personnes d'intérêt - je veux dire réellement éduquées et avec la culture qui va bien - ne sont pas ici ; ils sévissent ailleurs comme propaganda staffel. Sur ce forum on a droit aux clowns du FN, rien de plus, mais lassant.
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Loup Ecossais



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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 08:47

Dragna Din a écrit:
Cécile a écrit:
François Pignon a écrit:
Simon a écrit:
Il est au désarroi parce que son fils est au FN... Et s'il avait rejoint l'EI ?

Ce serait moins grave, en France c'est comme ça ...

Réfléchissez un peu avant de dire une telle sottise !

Il peut pas : au FN pour entrer il faut laisser sa cervelle au vestiaire. Les seuls réels personnes d'intérêt - je veux dire réellement éduquées et avec la culture qui va bien - ne sont pas ici ; ils sévissent ailleurs comme propaganda staffel. Sur ce forum on a droit aux clowns du FN, rien de plus, mais lassant.

Un geste fraternel tien... :bisou:
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adamev



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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 10:26

Dans un monde idéal, c.à.d uniquement peuplé d'agneaux ayant tous lu et compris les Evangiles la Théologie de la Libération n'aurait pas lieu d'être.
Le problème c'est que ce monde peut être rêvé mais n'est que le refuge de ceux qui ne veulent pas voir la réalité en face.
Ce monde est peuplé de loups, de loups déguisés en agneaux et bien gardés dans leurs enclos d'agneaux dont un grand nombre crève de froid, de faim, de soif... aspire à plus de liberté, d'éducation, de bien-être pour eux et leurs enfants...
Les loups-agneaux leur expliquent qu'il faut espérer, remercier le ciel de ce qu'on a.... et leur balancent les évangiles à tour de bras.
Parmi les agneaux il y en quelques uns (qualifiés de progressistes, de communistes, de révolutionnaires.... et pourchassés) qui disent "suffit" rejoints par quelques loup qui ont compris que le système en jeu est profondément injuste (genre Roméro, alors montrés du doigt et humiliés). C'est eux qui ont "inventé" la "Théologie de la Libération" qui porte deux volets. L'un qui s'appelle "justice sociale", l'autre qui s'appelle "fraternité" qualifiées alors de progressiste, de révolutionnaire de communiste..... parce que récusant l'ordre des loups.
C'est lorsque la revendication "justice sociale" est bafouée, réprimée et la "fraternité" bafouée que survient "l'action" qui ne peut que dériver en "action violente" qui fait exploser tous les discours bisounounours.
Pourquoi Jésus prend-il un fouet contre les marchands du temple si ce n'est pour stigmatiser l'abus de biens des uns et l'empêchement pour les autres d'accéder au bien (matériel et spirituel)?
Croyez-vous que la Rév89 serait advenue si la société française d'alors avait été vraiment secourable aux plus modestes? Que le communisme lénino-stalinien aurait existé si la société russe n'avait pas été un absolutisme absolu (le monarque étant prêt à des réformes... empêché par la caste cléricale et nobiliaire). Que les FARC et autres mouvements révolutionnaires d'Amérique du Sud....
Mais on sait très bien que les révoltes même les plus pacifiques sont toujours noyées dans le sang et l'homme est ainsi fait que ces mouvement ne peuvent que dériver... lorsque les agneaux se transforment eux-mêmes en loups... parce qu'il faut bien se défendre contre les loups et ensuite les attaquer pour changer l'ordre des choses. Hélas.....
Ventre affamé n'a pas d'oreille... et il arrive toujours un moment où les agneaux n'entendent plus les pasteurs.
Vous feriez bien de vous informer objectivement au lieu de vous enfermer dans des discours on ne peut plus conservateurs et complices de l'idéologie des loups.
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Loup Ecossais



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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 11:46

Tu as raison. Il faut tuer les loups. Ils sont déjà en voie d'extinction, d'extermination, car c'est une bête du diable. Tu tiens le même discours que l'on nous serine depuis 40 ans. Communiste oui, mais dirigeant, avec les privilèges y afférant. Qui sont donc les pauvres dans ce pays, sinon les retraités et autres travailleurs en précarité ?

Une demeurée d'une ONG, grassement subventionnée, avec une partie de mes impôts, avait été kidnappée, parce qu'elle a voulu jouer les samaritaine en Afrique. Bilan, rançon au frais du contribuable pour la faire libérer, sans compter les moyens logistiques. Nous aurions dû la laisser à son sort...
Au lieu d'aller faire le mariole à l'étranger. Que ces prétendues ONG s'occupent d'abord de la misère dans ma patrie, qui visiblement n'est pas la leur, avant de vouloir sauver les autres...
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Dragna Din



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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 12:09

Loup Ecossais a écrit:
dans ma patrie, qui visiblement n'est pas la leur, avant de vouloir sauver les autres...

Bel exemple de votre soumission aux diableries du démiurge : les patries divisent les enfants de Dieu au lieu de les rassembler sous une seule houlette... Les patries sont les royaumes offerts par le diable à Notre Seigneur Jésus, qui a eu, Lui, la force de refuser.
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Jonas et le signe



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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 12:34

Dragna Din a écrit:
Loup Ecossais a écrit:
dans ma patrie, qui visiblement n'est pas la leur, avant de vouloir sauver les autres...

Bel exemple de votre soumission aux diableries du démiurge : les patries divisent les enfants de Dieu au lieu de les rassembler sous une seule houlette... Les patries sont les royaumes offerts par le diable à Notre Seigneur Jésus, qui a eu, Lui, la force de refuser.

Notre-Seigneur a été emmené sur un point élevé d'où le démon lui a montré tous les royaumes de ce monde; "Je te donnerai toutes ces choses, si, te prosternant, tu m'adores" dit-il.
Votre argument pèserait son poids s'uil s'agissait là de telle ou telle "patrie"... mais non: il s'agit bien de "tous les royaumes" de ce monde: c'est le gouvernement mondial que satan prétend donner contre le fait d'être adoré!

Moi aussi je me suis posé la question, ... mais non, les patries ne divisent pas les enfants des hommes, c'est satan qui le leur fait croire; en réalité les patries sont la véritable diversité voulue par Dieu (et non pas celle, artificielle du mélange des cultures et de l'abandon d'icelles au profits d'autres, abusivement considérées sur le même plan.
La Tour de Babel a été châtiée en son temps parce qu'elle était une première tentative de l'homme pour se passer de Dieu. Ce bas- monde sans patries, serait celui de l'Antéchrist, ni plus ni moins.
Si ce sont les patries qui sont fauteuses de guerre, autant dire alors que c'est pour les besoins des familles qu'on a institué le divorce.
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Loup Ecossais



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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 12:36

Dragna Din a écrit:
Loup Ecossais a écrit:
dans ma patrie, qui visiblement n'est pas la leur, avant de vouloir sauver les autres...

Bel exemple de votre soumission aux diableries du démiurge : les patries divisent les enfants de Dieu au lieu de les rassembler sous une seule houlette... Les patries sont les royaumes offerts par le diable à Notre Seigneur Jésus, qui a eu, Lui, la force de refuser.

Toujours aussi inculte et stupide hein. J'ai les plus grandes inquiétudes en cas de conflit (qui arrive), quant à votre loyauté. Les gens qui n'ont pas de Patrie, sont des traîtres à icelle...
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Loup Ecossais



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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 12:38

Karl2 a écrit:

Notre-Seigneur a été emmené sur un point élevé d'où le démon lui a montré tous les royaumes de ce monde; "Je te donnerai toutes ces choses, si, te prosternant, tu m'adores" dit-il.
Votre argument pèserait son poids s'uil s'agissait là de telle ou telle "patrie"... mais non: il s'agit bien de "tous les royaumes" de ce monde: c'est le gouvernement mondial que satan prétend donner contre le fait d'être adoré!

Moi aussi je me suis posé la question, ... mais non, les patries ne divisent pas les enfants des hommes, c'est satan qui le leur fait croire; en réalité les patries sont la véritable diversité voulue par Dieu (et non pas celle, artificielle du mélange des cultures et de l'abandon d'icelles au profits d'autres, abusivement considérées sur le même plan.
La Tour de Babel a été châtiée en son temps parce qu'elle était une première tentative de l'homme pour se passer de Dieu. Ce bas- monde sans patries, serait celui de l'Antéchrist, ni plus ni moins.
Si ce sont les patries qui sont fauteuses de guerre, autant dire alors que c'est pour les besoins des familles qu'on a institué le divorce.

Thumright Thumright Thumright
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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 12:50

Karl2 a écrit:
Dragna Din a écrit:
Loup Ecossais a écrit:
dans ma patrie, qui visiblement n'est pas la leur, avant de vouloir sauver les autres...

Bel exemple de votre soumission aux diableries du démiurge : les patries divisent les enfants de Dieu au lieu de les rassembler sous une seule houlette... Les patries sont les royaumes offerts par le diable à Notre Seigneur Jésus, qui a eu, Lui, la force de refuser.

Notre-Seigneur a été emmené sur un point élevé d'où le démon lui a montré tous les royaumes de ce monde; "Je te donnerai toutes ces choses, si, te prosternant, tu m'adores" dit-il.
Votre argument pèserait son poids s'uil s'agissait là de telle ou telle "patrie"... mais non: il s'agit bien de "tous les royaumes" de ce monde: c'est le gouvernement mondial que satan prétend donner contre le fait d'être adoré!

Moi aussi je me suis posé la question, ... mais non, les patries ne divisent pas les enfants des hommes, c'est satan qui le leur fait croire; en réalité les patries sont la véritable diversité voulue par Dieu (et non pas celle, artificielle du mélange des cultures et de l'abandon d'icelles au profits d'autres, abusivement considérées sur le même plan.
La Tour de Babel a été châtiée en son temps parce qu'elle était une première tentative de l'homme pour se passer de Dieu. Ce bas- monde sans patries, serait celui de l'Antéchrist, ni plus ni moins.

Si ce sont les patries qui sont fauteuses de guerre, autant dire alors que c'est pour les besoins des familles qu'on a institué le divorce.

thumleft salut
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 12:53

Citation :

Moi aussi je me suis posé la question, ... mais non, les patries ne divisent pas les enfants des hommes, c'est satan qui le leur fait croire; en réalité les patries sont la véritable diversité voulue par Dieu (et non pas celle, artificielle du mélange des cultures et de l'abandon d'icelles au profits d'autres, abusivement considérées sur le même plan.
La Tour de Babel a été châtiée en son temps parce qu'elle était une première tentative de l'homme pour se passer de Dieu. Ce bas- monde sans patries, serait celui de l'Antéchrist, ni plus ni moins.

Si ce sont les patries qui sont fauteuses de guerre, autant dire alors que c'est pour les besoins des familles qu'on a institué le divorce.

En fait, le problème c'est l'orgueil. Le coeur de l'homme est malade et il peut faire de tout et de l'inverse de tout un instrument de mort.

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Arnaud
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Dragna Din



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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 12:59

Loup Ecossais a écrit:
Dragna Din a écrit:
Loup Ecossais a écrit:
dans ma patrie, qui visiblement n'est pas la leur, avant de vouloir sauver les autres...

Bel exemple de votre soumission aux diableries du démiurge : les patries divisent les enfants de Dieu au lieu de les rassembler sous une seule houlette... Les patries sont les royaumes offerts par le diable à Notre Seigneur Jésus, qui a eu, Lui, la force de refuser.

Toujours aussi inculte et stupide hein. J'ai les plus grandes inquiétudes en cas de conflit (qui arrive), quant à votre loyauté. Les gens qui n'ont pas de Patrie, sont des traîtres à icelle...
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adamev



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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 14:12

Karl2 a écrit:
Dragna Din a écrit:
Loup Ecossais a écrit:
dans ma patrie, qui visiblement n'est pas la leur, avant de vouloir sauver les autres...

Bel exemple de votre soumission aux diableries du démiurge : les patries divisent les enfants de Dieu au lieu de les rassembler sous une seule houlette... Les patries sont les royaumes offerts par le diable à Notre Seigneur Jésus, qui a eu, Lui, la force de refuser.

Notre-Seigneur a été emmené sur un point élevé d'où le démon lui a montré tous les royaumes de ce monde; "Je te donnerai toutes ces choses, si, te prosternant, tu m'adores" dit-il.
Votre argument pèserait son poids s'uil s'agissait là de telle ou telle "patrie"... mais non: il s'agit bien de "tous les royaumes" de ce monde: c'est le gouvernement mondial que satan prétend donner contre le fait d'être adoré!

Merci BXVI. Caritas in Veritate art 67...

Moi aussi je me suis posé la question, ... mais non, les patries ne divisent pas les enfants des hommes, c'est satan qui le leur fait croire; en réalité les patries sont la véritable diversité voulue par Dieu (et non pas celle, artificielle du mélange des cultures et de l'abandon d'icelles au profits d'autres, abusivement considérées sur le même plan.

C'est exactement ce que di le Recteur de la GM de Paris... pour justifier le djihad.

La Tour de Babel a été châtiée en son temps parce qu'elle était une première tentative de l'homme pour se passer de Dieu. Ce bas- monde sans patries, serait celui de l'Antéchrist, ni plus ni moins.
Si ce sont les patries qui sont fauteuses de guerre, autant dire alors que c'est pour les besoins des familles qu'on a institué le divorce.

Faudrait expliquer ça à AD qui a des idées sur le patriotisme et le nationalisme....
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Espérance
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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 14:20

Le pape François est-il un théologien de la libération ?
Henrik Lindell http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/le-pape-francois-est-il-un-theologien-de-la-liberation-26-03-2013-38378_16.php

Attentif aux pauvres, critique à l’égard du néolibéralisme, le pape François ressemble à un « théologien de la libération ». En réalité, il s’est opposé à ce mouvement que l’Institution catholique accusa longtemps d’inspiration marxiste et qui a tant influencé l’Eglise en Amérique latine.

L’élection du pape François a provoqué un débat qui dépasse largement son cas personnel. Dans certains médias, on s’interroge sur le comportement de l’ancien cardinal de Buenos Aires durant les années de la dictature militaire en Argentine (1976-1983). Celui qui était alors le Provincial des jésuites de son pays est accusé par certains de ne pas avoir défendu deux de ses frères emprisonnés et torturés par le régime. Cette information a été démentie par le premier intéressé et par d’autres témoins. Mais, il est certain que Bergoglio n’était pas connu ni comme un allié de la dictature, ni comme un franc opposant, contrairement à bien de ses compatriotes, dont des prêtres et des religieux, notamment jésuites. Le problème renvoie à la fois à l’histoire contemporaine de l’Argentine mais aussi à un clivage structurant qui marque profondément l’Eglise catholique en Amérique latine : celui qui s’est créé autour de « la théologie de la libération ».

Ce mouvement a pour traits caractéristiques l’engagement radical auprès des pauvres et le rejet du capitalisme. Ses représentants étaient aussi connus pour leur engagement politique. Parce qu’il se méfiait de la politique et qu’il ne prit guère part dans les luttes sociales de l’époque, le pape François n’est généralement pas considéré comme un théologien de la libération. Même si l’ancien cardinal cultive, lui aussi, le souci des pauvres et même s’il est connu pour critiquer le néolibéralisme.

Pour y voir plus clair, rappelons ce que fut cette « théologie ». Citons un de ses grands théoriciens, le théologien systématique Leonardo Boff, dans son ouvrage De la libération (1979), qui résume le phénomène ainsi : « La théologie de la libération cherche à articuler une lecture de la réalité à partir des pauvres et en vue de la libération des pauvres ; elle utilise en fonction de cela les sciences de l’homme et de la société, elle médite théologiquement et postule des actions pastorales qui facilitent la marche des opprimés. » Dans ces locutions se trouvent rassemblées les principaux éléments de cette « théologie » que l’on dit souvent contextuelle et prophétique : elle se fait à partir des pauvres et elle utilise les sciences humaines, toujours dans l’objectif de libérer les personnes de l’oppression économique et politique.

Il faut comprendre ce que ces principes représentèrent il y a 50 ans, en Amérique latine, où l’Eglise était souvent associée au pouvoir dans des sociétés où régnait une injustice économique et politique dont on peine à imaginer la dureté aujourd’hui. L’expression « théologie de la libération » a été forgée par Gustavo Gutiérrez, prêtre péruvien, dans un livre du même nom, publié en 1971. Le terme se réfère à la situation sociale. Il s’agit d’un « corrélat de la ‘dépendance’ », un terme qu’on utilisait dès les années 60 en économie internationale.

Pour l’Eglise dans son ensemble, le moment le plus important était la Conférence de l’épiscopat latino-américain à Medellin en 1968, où l’on utilisa allègrement le terme libération. Selon Leonardo Boff, cette époque était marquée par « une indignation éthique devant la pauvreté et la marginalisation de grandes masses ». D’où la nécessité d’une théologie vécue et écrite « de l’envers de l‘histoire », d’après l’expression de Gustavo Gutiérrez. De très nombreux religieux, des prêtres, prirent fait et cause pour les classes paupérisées, n’hésitant pas à joindre des mouvements sociaux et politiques. Ils mirent en place la création des communautés ecclésiales de base, organisèrent des systèmes d’éducation populaires.

Maints leaders populaires issus de conditions modestes, comme l’ancien président Lula au Brésil, ont été formés par les théologiens de la libération. Au Brésil, au Chili, au Pérou, en Amérique centrale, mais aussi en Argentine, ces chrétiens de la libération rejoignirent aussi les mouvements de la résistance contre les juntes militaires au pouvoir dans les années 70 et 80. Plusieurs évêques devinrent des héros populaires. Ainsi Dom Helder Camara (1909-1999), l’archevêque d’Olinda et de Recife au Brésil qui résuma d’une seule phrase l’enjeu : « Je nourris un pauvre et l’on me dit que je suis un saint. Je demande pourquoi le pauvre n’a pas de quoi se nourrir et l’on me traite de communiste. » Autre figure populaire, le salvadorien Oscar Romero, né en 1917, assassiné en pleine messe le 24 mars 1980 pour avoir dénoncé la répression de l’armée et l’oligarchie au pouvoir.

Quand on cherche à découvrir la « théologie » particulière dont il est question ici, on risque d’être déçu. Car il n’y a pas forcément de théologie particulière. Plus précisément, les théoriciens comme Gutiérrez et Boff présupposent une expérience de foi contextualisée (sur la révélation et le salut chrétiens) et aussi une option politique, qui est systématiquement celle de la préférence pour les pauvres. Cette position est défendue officiellement par les évêques catholiques latino-américains à partir de 1979 (lors de leur conférence à Puebla) et on considère qu’elle fait partie de la doctrine sociale de l’Eglise catholique. Pour fonctionner, la théologie de la libération utilise une « médiation socio-analytique », en l’occurrence les sciences sociales. Elle exige aussi une utilisation de la « médiation herméneutique ». C’est-à-dire, elle interprète l’Ecriture à partir d’une situation politique et sociale déterminée, jamais abstraite. Elle exige enfin une « médiation pastorale » conséquente, une action. Concrètement, cela revient à mettre en œuvre le célèbre triptyque « voir, juger, agir ».

Face à cet engagement social débordant, l’Institution n’est pas restée les bras croisés. Si elle approuve les fondements bibliques de la proximité avec les pauvres, elle reste critique à l’égard des méthodes. En 1984, la Congrégation pour la doctrine de la foi, présidée par un certain cardinal Ratzinger, accuse la théologie de la libération d’introduire, sans recul critique, l’analyse marxiste à l’intérieur du discours théologique. « Cet emprunt à l’idéologie totalisante du marxisme a pour conséquence une perversion de la foi chrétienne », explique Mgr Ratzinger, en faisant référence à la politisation radicale des affirmations de la foi (Jésus aurait été un leader révolutionnaire) et aux jugements théologiques, notamment la théorisation de l’Eglise du peuple de Dieu comme Eglise de classe.

Néanmoins, cette sévère instruction vaticane reconnaît l’aspiration des peuples à la libération. Gutiérrez rejette totalement la critique : « Dans l’étude de la réalité sociale on fait usage, certes, des sciences sociales, mais pas de ce que l’on appelle ‘l’analyse marxiste’ ». Leonardo Boff est plus nuancé : « En tout et pour tout le marxisme a toujours été utilisé comme une médiation au service de quelque chose de plus grand : la foi avec ses exigences historiques ; il a servi à éclairer et à enrichir certains notions significatives de la théologie. » Mais sur cette question précise, personne ne semble d’accord avec personne. Ainsi, Michael Löwy, sociologue qui se dit « lié à la tradition marxiste » et auteur d’un des meilleurs livres jamais écrits sur le sujet (La Guerre des dieux. Religion et politique en Amérique latine, Editions du Félin, 1998), explique : « Les théologiens de la libération (…) ne se limitent pas à utiliser les sources marxistes existantes. Ils vont aussi innover et reformuler, à la lumière de leur culture religieuse, mais aussi de leur expérience sociale, certains thèmes fondamentaux du marxisme. Dans ce sens, on peut les considérer comme des "néo-marxistes"(…) ».

Une autre instruction vaticane a été publiée en mars 1986 sur le thème « Liberté chrétienne et libération ». Assez curieusement, cette instruction est très positive pour la théologie de la libération. En avril 1986, Jean Paul II dira même dans une lettre adressée à l’épiscopat brésilien, que « la théologie de la libération est non seulement opportune, mais utile et nécessaire » !

Il n’empêche, le Vatican a condamné et rétrogradé plusieurs théologiens de la libération. Généralement pour leur engagement politique. Ainsi les prêtres Ernesto et Fernando Cardenal et le missionnaire Miguel d’Escoto, tous les trois ministres dans les premiers gouvernements sandinistes au Nicaragua après la révolution socialiste en 1979. Le pape Jean-Paul II, lors de sa visite au Nicaragua en 1983, apporta son soutien aux évêques « conservateurs » et exigea que les prêtres ministres se démettent de leurs fonctions. Ce qu’ils refusèrent. Ils furent suspendus.

Autre « condamné » spectaculaire : Leonardo Boff, qui a été invité par Mgr Ratzinger en 1985 à « faire silence » pour son livre Eglise : Charisme et Pouvoir. Le théologien a quitté l’ordre franciscain en 1992 auquel il appartenait, avant de se marier. Un des derniers « crossés » est le théologien Jon Sobrino, accusé par la Congrégation pour la doctrine de la foi en 2007 de « divergences notoires avec la Foi de l’Eglise », notamment sur la divinité de Jésus-Christ et la relation entre Jésus-Christ et le royaume de Dieu. Sobrino a été interdit d’enseignement.

Dans ce contexte-là, le nouveau pape est-il un théologien de la libération ? Selon le jésuite américain Thomas Reese, qui le connaît bien, estime qu’il a « des réserves sérieuses à l’égard de la théologie de la libération ». A en croire l’Argentin Nicolás Panotto, membre de la Fraternité Théologique Latino-américaine à Buenos Aires, « on sait qu’il invite ses étudiants à rendre visite et à travailler dans les centres populaires. (…) Cela n’est naturellement pas la garantie d’une conscience critique au niveau social ou politique. Bergoglio est jésuite, mais d’une école conservatrice et traditionnelle dont la vision sociale est très assistancialiste. » Ce dernier point risque de semble rédhibitoire. « La position de Jorge Mario Bergoglio est celle, traditionnelle, de l'Eglise : les pauvres sont considérés comme un objet d'attention, de compassion et de charité » (…) « mais pas comme des acteurs », insiste Michael Löwy.

Néanmoins, comme tant d’autres prélats latino-américains, le cardinal Bergoglio est certainement influencé par la critique sociale utilisée par les théologiens de la libération. En 2011, dans une homélie, il a dénoncé les conditions des travailleurs sans-abris à Buenos Aires. Selon lui, ils sont les victimes d’un « esclavage structurel » contre lequel il faudrait se battre.




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Lapis-lazuli



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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Ven 06 Fév 2015, 23:48

François Pignon a écrit:
il est dég....

Le désarroi d'un père syndicaliste dont le fils est engagé au FN

Pour la seconde fois, Walter Broccoli, ex-syndicaliste FO d'Arcelor-Mittal, a raconté mercredi soir sur France 2 sa douleur d‘avoir vu son fils partir au Front national. Joint par Le Figaro, ce dernier refuse de parler.

Un «drame». C'est ainsi que Walter Broccoli, figure emblématique de la lutte ouvrière contre la fermeture des hauts-fourneaux à Florange, définit le ralliement de son fils au Front national en mars 2014. Depuis, l'ancien syndicaliste FO d'Arcelor-Mittal, qui s'est battu pendant deux ans et demi pour son usine, ne parle plus à son fils de 37 ans.
http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/insolites/2015/02/05/25007-20150205ARTFIG00376-le-desarroi-d-un-pere-syndicaliste-dont-le-fils-est-engage-au-fn.php

Cette terrible maladie qui touche les familles

Ce père est désemparé en raison de son fils. Qu'a fait ce dernier ? Converti à l'islam salafiste ? Délinquant ? Drogué ? Non, son fils est au FN.

Imaginez un instant le scandale si vous remplacez ce cas par un fils "homosexuel"...



C'est digne d'un sketch des Inconnus. C'est tellement caricatural que je ne résiste pas à vous mettre ce sketch :



(Source:Le salon beige)
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boulo
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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Sam 07 Fév 2015, 07:29

adamev a écrit:
...

Faudrait expliquer ça à AD qui a des idées sur le patriotisme et le nationalisme....

En tout cas , l'apparition à Amsterdam ne se dit pas " la dame de toutes les patries " mais
" la dame de tous les peuples " .

C'est encore plus troublant en néerlandais , langue originelle de la Fondation :
" De vrouwe van alle volkeren " . Le premier sens de " vrouw " est tout simplement : " femme " .

_________________
" Faux départ . Enquête sur les EMI/NDE " , par Sonia Barkallah , se trouve dans " Témoignages ... " . Dernière réponse le 31/12/2015 1h33 .


Dernière édition par boulo le Sam 07 Fév 2015, 07:34, édité 1 fois
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Théologie de la libération   Sam 07 Fév 2015, 07:33

Oui, car elle ne fait pas de politique elle sauve des peuples, chaque âme étant une personne unique, liée à sa famille et à son peuple davantage qu'à sa patrie.

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Arnaud
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Théologie de la libération
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