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 Détresse d'un grand père

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Cécile



Féminin Messages : 10442
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MessageSujet: Détresse d'un grand père   Mar 07 Oct 2014, 19:48

La détresse d’un grand-père face à l’appel au djihad

La fille d’Ivano Sovieri est partie le premier week-end d’octobre pour la Syrie, emmenant avec elle ses enfants de 4 et 6 ans.


Désespéré, ce grand-père déplore l’impuissance des pouvoirs publics face au départ des familles, a fortiori lorsque la vie d’enfants est en jeu.


Ivano se souvient de chaque détail du dernier dimanche passé avec sa fille Andrea (27 ans). C’était dix jours plus tôt. Quatre générations étaient réunies autour d’une même table. « C’était gai, chaleureux. Andrea était à côté de moi à table. Elle m’a serré un long moment dans ses bras. Je m’en souviens d’autant plus que c’était rare qu’elle agisse ainsi, se souvient Ivano, un habitant de Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Quelques jours après, le monde s’écroule chez les Sovieri. C’est d’abord un message posté par Andrea sur Facebook qui alerte les siens : elle et son époux Oussama se félicitent d’avoir rejoint la Turquie avec leurs deux enfants, Seylian (6 ans) et Nahel (4 ans). Destination finale : la Syrie. Objectif : le djihad.

Disparus… sauf sur les réseaux sociaux

Effaré par le message, Ivano se rue à l’école des petits… ils n’y sont pas. Il fonce à l’appartement… qu’il trouve totalement vide. La voiture familiale a été vendue quelques jours auparavant. À dater de ce jour, Andrea et son époux ne vont plus donner de nouvelles que sur les réseaux sociaux.

Après un passage par la Grèce, puis la Turquie, le couple fanfaronne dimanche matin sur Facebook : ils ont réussi à passer en Syrie. « J’espère que c’est faux, qu’ils disent cela pour se vanter », lance le père de famille, ne sachant plus à quoi se raccrocher. Andrea tente de rassurer les siens en les assurant – toujours sur Facebok – que ce qu’ils vivent sur place est « super » et leur demande, au passage, de respecter leur « choix ». De son côté, Oussama s’appuie sur Twitter pour entrer en contact avec des djihadistes sur place.

L’inaction des autorités

Ivano a pris langue avec le ministère de l’intérieur de Nice, la DCRI de Nice et même l’Ambassade de France à Istanbul. À chaque fois, on l’a longuement écouté. Mais rien de plus. « Les autorités turques ont localisé Andrea et les enfants à Antyaka, à la frontière avec la Syrie, mais on m’affirme qu’on ne peut rien faire de plus sur un plan légal, s’étrangle le grand-père, car on ne peut rien, juridiquement, à l’encontre d’une famille partie faire un voyage en Turquie… » Quand bien même les autorités auraient la preuve qu’ils sont en Syrie, ils n’interviendraient pas davantage.

Benjamin, le cousin d’Andrea, s’étonne de cette impuissance des autorités françaises, alors que le sort de très jeunes enfants est en jeu. « En l’état actuel du droit, on ne peut porter plainte ni pour enlèvement de mineurs, ni pour disparition inquiétante », déplore le jeune homme. Seule une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui pourrait être déposée, confirme le ministère de l’intérieur. Resterait ensuite à démontrer que les enfants sont réellement en danger et à demander aux autorités turques de collaborer.

L’histoire d’une conversion

Ivano, lui, plaide pour une « interdiction de sortie du territoire de tous ceux qu’on suspecte de vouloir faire le djihad en Syrie » – c’est d’ailleurs l’une des mesures phares du projet de loi antiterroriste actuellement débattu. Depuis dix jours, il se repasse en boucle l’enfance d’Andrea. Et sa dérive lente, mais inéluctable. « Avoir une fille qui se dit sunnite quand vous êtes, comme moi, descendant d’immigrés italiens, c’est peu commun ! Je ne comprends pas. Pourtant, on était passé par le baptême et tout… »

Après une enfance marquée par le décès précoce d’une mère chérie, Andrea se cherche. Notamment sur le plan religieux. « Un jour, j’ai découvert qu’elle faisait le Ramadan, mais c’était pour copier les copines », se souvient son père. À la fin des années 2000, un diplôme d’aide soignante en poche, la jeune femme rencontre Oussama, rapidement attend un enfant, se marie et se convertit dans la foulée. Et se voile. « Elle m’a bien fait comprendre que si je voulais la voir, c’était voilée, et pas autrement. »

Le tournant de l’affaire Merah

Mais tout bascule vraiment au moment de l’affaire Merah, en mars 2012. « À partir de là, Andrea et son mari se sont mis à baigner dans la mouvance islamiste », assure Ivano. Les relations deviennent tellement tendues entre Oussama et sa belle-famille qu’Andrea ne voit plus les siens que seule, ou avec ses enfants. « De notre côté, depuis que le drapeau de l’État islamique était accroché chez eux, on ne voulait plus y aller », renchérit Ivano.

Le contact ne sera jamais coupé avec sa fille… malgré une radicalité de plus en plus préoccupante. Un épisode récent a particulièrement marqué son père. « Un jour, je lui ai montré sur Internet des vidéos de djihadistes qui, en guise de victoire, mangeaient le cœur de militaires syriens tombés au combat. Et quand je lui ai demandé ce qu’elle pensait de ces gens qui, comme elle, se réclamaient du sunnisme, elle m’a simplement répondu :” Si on t’avait fait ce qu’on leur a fait, peut-être réagirais-tu ainsi”. » Des propos incompréhensibles pour son cousin. « Comme a-t-elle pu en arriver là, elle qui n’a jamais eu d’esprit guerrier ? », s’interroge Benjamin.

Cet été, ce sont les propos du petit Seylian (6 ans) qui avait laissé la famille sans voix. Lorsqu’on lui avait demandé ce qu’il voulait faire plus tard, il avait répondu : « Djihadiste. »

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Un millier de personnes impliquées dans le djihad en Syrie

Les pouvoirs publics estiment à près de 580 les personnes combattant ou ayant combattu pour le djihad. Au moins 36 Français ont déjà trouvé la mort en Syrie.

A ces combattants s’ajoutent que 174 personnes qui seraient en transit et 185 qui ont séjourné puis quitté la Syrie (dont 118 sont aujourd’hui de retour en France).

232 personnes ont été identifiées comme ayant manifesté des velléités de départ.

Ce chiffre d’un millier de personnes concernées correspond à une augmentation d’environ 70 % depuis le 1er  janvier.

71 procédures judiciaires relatives aux filières syriennes ont été ouvertes en 2014 : 114 personnes ont été interpellées et 78 ont été mises en examen, 53 écrouées et 22 placées sous contrôle judiciaire.

MARIE BOËTON
La Croix
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