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 Transsexualisme, bioéthique et témoignage

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Jenny



Féminin Messages : 61
Inscription : 22/09/2014

MessageSujet: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 13:07

Bonjour à toutes et à tous !

Suite à cette vidéo :



J'aimerais réagir, et apporter mon témoignage. Je suis une jeune femme transsexuelle, et mes recherches m'ont menée sur cette vidéo de Monsieur Arnaud Dumouch. J'ai personnellement apprécié la vidéo, même si je ne suis pas d'accord sur certains points. Cependant, tout a été dit dans le respect, ce que je trouve rare. Alors que je respecte le point de vue de ce monsieur, qui s'exprime très bien.

J'avais cependant des interrogations. Vous dites qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Mais peut-on réellement prévenir en cas de transsexualisme, sachant que le corps médical s'accorde à dire une chose. Il s'accorde pour dire que le transsexualisme est le résultat de l'inné et de l'acquis. Que pourrait-on faire contre l'inné ?

Une chose qui m'interpelle également, est que vous précisez qu'il vaut mieux prévenir que guérir, mais qu'après un certain temps il est "trop tard". Vous êtes cependant contre les traitements. (corrigez-moi si je me trompe)

Je souhaiterais aussi préciser qu'il existe, si on peut dire, deux grandes catégories de personnes trans :

Les transgenres, qui sont des gens qui se sentent homme, femme, les deux, ou rien. Ils demandent une hormonothérapie, mais ce n'est pas toujours le cas. Leur sexe ne leur gêne pas

Les transsexuels, qui se sentent homme ou femme, et dont leur corps est source d'un profond mal être, sexe compris. On leur prescrit une hormonothérapie, des chirurgies et des chirurgiens génitales. La fin de la transition s'accompagne des changements des papiers de l'état civil et autre.

Quand vous dites que le corps est détruit, j'ai été assez d'accord avec vous. On ne peut plus avoir d'enfant, car le traitement hormonal nous rends stérile. On ne peut pas arrêter les hormones et on doit en prendre tous les jours, matin et soir, car notre corps en est devenu dépendant ; pour les seins par exemple, les cellules,... Et l'opération de changement de sexe est en effet une mutilation, pas une réelle création d'un sexe fonctionnel avec utérus, ovaire, etc... (je n'aime quand même pas dire que c'est une mutilation, le but n'étant pas de faire n'importe quoi, et de plus c'est esthétique). C'est le même pour les hommes transsexuels.

J'aimerais apporter mon témoignage.

J'ai reçu de mes parents beaucoup d'amour, mais aussi de l'autorité. On m'a élevée dans le respect de soi et des autres. J'appréciais cependant beaucoup plus la part d'amour venant de ma maman. J'étais très proche d'elle autant que je le pouvais.

J'ai su que j'étais différente à l'âge de 4 ans. Je voyais que l'on parlait différemment aux filles et aux garçons, même si je ne savais pas trop ce que ça voulait dire... J'étais triste... Je me pensais comme les autres petites filles et je préférais leur compagnie.

Quand je suis entrée en maternelle, je ne jouais jamais avec les autres garçons. Si ils jouaient aux ballons, je trouvais ça trop violent parce qu'ils frappaient dedans... Je préférais jouer avec les filles, à la poupée si je pouvais. Mon moment préféré était quand j'allais dans la salle de jeu, j'avais à disposition beaucoup de jouet pour fille ; bébés, poupées, corde à sauter, etc.

J'étais presque exclusivement entourée de filles. Et je me sentais bien. Les institutrices voyaient que j'étais différente, mais ne disaient rien. Sans doute pensaient-elles que je me cherchais. Un moment que je détestais était celui de la gymnastique. Souvent, les filles étaient séparées des garçons, et je ne comprenais pas pourquoi j'étais avec les garçons... alors je ne m'investissais pas. J'étais rêveuse, très naïve et pleins d'émotions.

Les garçons ne m'aimaient pas trop, et ne voulaient pas me voir près de leurs jeux, parce que j'étais "comme les filles"
A l'époque, j'étais élevée avec une autre fille, que je considérais comme ma soeur. J'avais aussi un frère. Je me souviens qu'un jour, on a comparé nos corps avec ma soeur, nous étions très petites. Il n'y avait rien de sexuel. Mais on voulait comprendre pourquoi on nous appelait fille ou garçon... Je me suis sentie très mal après ça, car j'ai compris. Mais je restais convaincue que je serais une fille normale moi aussi.

Quand on m'achetait des jouets pour garçons, je les démontait, sans exceptions. Je préférais voir comment ils fonctionnaient plutôt que de jouer avec.
Je dessinais des fleurs à l'école, pendant que les garçons jouaient aux soldats. J'aimais bien dessiner, et les institutrices disaient que j'avais du talent.
C'est vrai que j'étais différente. Je me rappelle une conversation de ma maman, qui disait que j'étais différente. Que comparé aux autres garçons, j'étais comme un ange. J'étais pure, je ne pensais pas comme les garçons. Elle était fière de moi, de ma gentillesse, mais parfois inquiète.

Un jour, j'étais chez la maman de ma "soeur". Et elle ne voyait pas d'inconvénient à ce que je prenne mon bain avec elle. Nous étions très petites. Ma maman s'y était opposée, mais a accepté. Elles n'avaient pas peur, parce que c'était "moi" Tout s'est évidemment très bien passé. J'étais contente parce que je me sentais considérée comme une petite fille.

Je devenais cependant un peu à part des enfants, et petit à petit je me retrouvais seule. Les institutrices ne comprenaient pas, et elles ont décidé de me faire sauter une année...

Je me suis retrouvée en primaire, avec un an de moins que les autres. Là, j'aimais de tout : le français, les mathématiques, la religion, ... J'avais l'impression que c'était de mon niveau. Mais les choses ont très vite changées. Les autres enfants me trouvaient bizarre. Un jour, une fille s'est rapprochée de moi, et m'a embrassée. Je me suis sentie mal, et j'ai été courir dans la cour de récréation pour me cacher... Je ne comprenais pas pourquoi elle pensait que j'étais un garçon. L'année s'est bien terminée, mais je me sentais mal. Je voulais qu'on me parle comme aux filles.

Vers la troisième année, mes résultats ont chuté... L'institutrice était un plus violente avec moi, et je n'appréciais pas. Elle comparait les résultats à ceux de mon frère, et voulait que je prenne exemple sur lui. Ma matière préférée, c'est quand on parlait de science, de l'univers, des planètes... J'avais l'impression que je pouvais m'évader dedans. Moi qui était si naïve et absente... On a commencé à écrire dans mon bulletin que j'étais très distraite au cours. Un jour, j'ai vu un film, qui racontait l'histoire d'amour d'une jeune garçon et d'une jeune fille...  J'aimerais bien retrouver ce film... Je me sentais à la place de la fille, et j'avais envie d'être aimée.

Les autres enfants me trouvaient de plus en plus bizarre, et ne m'appréciaient pas. Les filles disaient que je marchais bizarrement, comme les filles. Les garçons m'insultaient de "PD", mais je ne savais pas ce que c'était. J'ai commencé à me sentir mal avec les gens. Ils n'aimaient pas ma façon d'être.

Je me souviens d'un parent qui ne voulait plus que j'approche son enfant... Et qui a même eu des problèmes avec mes parents à propos de ça. A cette époque, je reçois beaucoup d'amour de ma maman, mais qui sait aussi m'encadrer. Bien que ce soit ses calins que je préfère. Mon papa aussi mettait des limites.  Elle m'a parlée une fois, comme savait le faire, pour m'expliquer des choses de la vie. Et elle m'a dit qu'elle avait remarqué que j'étais différente. Mais que je n'avais pas à m'inquiéter parce qu'elle m'aimait beaucoup. Ma maman à cette époque s'investissait dans pas mal d'associations, croix rouges, handicap, etc... Elle m'enseignait à respecter les personnes handicapées, et a toujours aider les autres.

Je me souviens un jour, nous étions à la pêche, mais j'étais trop jeune pour pêcher. J'avais cependant trouvé mon bonheur avec un autre jeune garçon, qui avait un handicap mental. Comme on me l'avait enseigné, je le respectais beaucoup, et comme il semblait triste, j'ai joué à cache cache avec lui. On a beaucoup joué. Et on s'est rapproché. Étrangement, il me considérais une comme fille. Je me sentais bien. On a failli s'embrasser après s'être beaucoup regardé. Mais on a du partir, j'étais triste, et lui aussi. Je savais que je ne le reverrais plus jamais, lui qui me considérait comme une fille...

Ma maman ma prise à part, pour me dire qu'elle était fière de moi, d'avoir donné le sourire à ce jeune garçon. Et qu'il fallait toujours que je respecte les gens.

Arrivée en 5 ème primaire, je suis toujours une enfant très naïve et distraite, mais peureuse.  C'est la première fois que j'ai un homme comme professeur, et il était très autoritaire... je considérais ça comme de la violence. Il était un ancien enseignant dans un pays pauvre, et avait une certaine façon de s'y prendre avec les enfants. Je suis souvent engueulée parce que je suis distraite. A la piscine, je me sens très mal. J'attends que les autres garçons finissent de s'habiller pour moi faire de même... Je suis gênée et je ne veux pas qu'ils me voient nue. Je comprends sans comprendre pourquoi je suis avec les garçons. Je les trouve pervers, sales, insultants...

Mes résultats scolaires baissent, parce que je me sens mal. Chez moi, je trouve une robe de ma taille. je l'essaye, je me sens bien... Je me regarde dans le miroir et je me trouve belle. Mais je suis triste de ne pas pouvoir jouir de cette sensation à l'école et dehors. Je ne comprends pas ce qu'il se passe dans ma tête... Je suis une fille, je le sais. Mais les cours de biologie me disent que non. J'ai eu des cours de sexologie, et j'ai compris que jamais je ne le serais. Je suis devenue malheureuse. Je ne dis plus rien en classe, moi qui était déjà calme et distraite. Je le suis encore plus, mais tellement je me sens mal.

Un jour, je vois le film "Ma vie en rose"



Je me rends compte qu'il existe d'autre gens comme moi... je suis heureuse. Je me sens bien. Mes parents on vu le film. Mon frère se moquait du "garçon-fille"

Moi j'affichais un sourire heureux... Les enfants s'éloignent de plus en plus de moi, et les professeurs disent que j'ai un problème .
Dans la cours de récréation, j'explique à un garçon que je ne suis pas un garçon, et qu'il peut me faire confiance. Je me rapprochais de lui, j'avais envie qu'il m'aime comme une fille... Je ne l'ai plus revu, je ne sais pas pourquoi. Les autres enfants sont violents avec moi. Je ne suis qu'avec des filles. J'ai une amie qui est Témoin de Jéhovah. Ça inquiète un peu mes parents, ils m'en parlent. Mais je leur dit que c'est juste une amie. Ils me surveille quand même et se rendent compte qu'il n'y a pas de danger.

J'ai une "copine" à cette époque, mais je ne veux pas l'embrasser. Je la considère comme une amie, pas elle. Je me sens bizarre...
Une fille m'a maquillée une fois, j'ai beaucoup aimé, je me sentais bien. Mais je me sentais mal en même temps...

Et puis, ma maman a eu un accident dans sa tête... elle devient handicapée, ne peut plus marcher. Je suis très triste, je l'aide. Je me rapproche d'elle encore plus. La vie chez moi a changé à tout jamais. je redescends sur terre, je sais maintenant que le mal existe...

Me voilà en première secondaire. J'y rencontre mon meilleurs ami, mais aussi ma chute vers l'enfer. Mon corps commence à changer, je le sais. Cela m'attriste beaucoup. Heureusement, je ne suis pas très viril. Mes résultats scolaires sont catastrophiques.  Je suis trop perturbée par les changements scolaires, et les autres se moquent de moi parce que je suis différente.

On me traite de "PD" "Tapette" "Gay". Parfois on me frappe. Je vais doubler cette année-là. En gymnastique, j'attends que tout le monde s'habille pour ensuite m'habiller... je me sens mal. Moi la fille entre les garçons, je ne comprends pas "pourquoi moi". Pour un travail scolaire, j'utilise l'ordinateur de la maison. C'est un vieux packard bell. J'en profite pour chercher après le film "Ma vie en rose" dont j'avais oublié le titre.

Et je tombe sur un article qui parle de transsexualisme. Il y a aussi une émission. Et là c'est un soulagement pour moi, je sais enfin poser un nom sur ce que je ressens. Je comprends tout. Et je comprends pourquoi je suis différente. Je me sens un peu mieux ce soir là... je sais qu'il existe une solution. Je sais que je ne suis pas seule. Mais j'ai peur.

J'ai peur d'en parler, parce qu'instinctivement, je sais qu'on va me considérer comme anormale... Alors je ne dis rien. je cache, je me cache. Le soir, dans la glace, je me regarde. Tous les soirs. Et je pleure, souvent... Je vois me corps changer, je ne le supporte pas. j'ai envie de mutilations.
Je me dis que ça passera peut être, mais je sais bien que non. Alors je tiens. Je m'évade, je dessine. je joue parfois aux jeux quand j'en ai l'occasion. J'incarne toujours un personnage féminin (même dans des rôles play sur table)

Je lis la bible, mais je ne crois pas en Dieu. Je suis devenue agnostique. Je m'intéresse à la science. Je ne suis pas athée, parce que je trouve le point de vue des athées incohérents. L'univers étant tellement calculé, qu'il n'existe presque aucune chance de hasard... Comme je sais qu'il n' y a pas de hasard au fait que je suis transsexuelle. Je n'ai de préjugés sur rien, ou alors, j'essaye de m'approcher pour m'enlever ces préjugés.  Je m'intéresse à la physique. Je déteste biologie, parce qu'on parle de sexe.

Je me sens tellement mal cependant : mon corps,ma maman handicapée dont je m'occupe quand je peux, mes soirées entières à me regarder dans la glace, parfois nue. Comme si j'espérais voir un changement vers un profil plus féminin. On me stigmatise toujours, mais j'en prends l'habitude... Je commence à devenir dépressive. Une dépression qui ira en s'aggravant, pendant toute ma scolarité. Mon papa qui devient dépressif aussi. On est une famille pauvre qui plus est.

Une fois, je surprends ma maman qui parle des transsexuels. Elle avait vu une émission TV. Elle n'est pas contre. Je prends ça comme une chance. Mon papa lui n'en dit rien.

J'ai parfois des disputes avec mes parents, que je regrette. Mais je me sens tellement mal sans pouvoir l'exprimer.  Nos disputes ne sont pas violentes, nous échangeons des propos. Je prends toujours maman dans mes bras pour la réconforter.

Je vais doubler ma première année. Je me rapproche de mon meilleur ami l'année suivante, mais je ne suis pas moi même. Je n'ose donc pas être moi même, de peur de rejet. C'est cependant mon seul ami. Ma deuxième année sera comme la précédente.

En troisième année, ça s'aggrave. je suis la cible de moquerie parce que je suis plutôt féminine dans ma façon d'être, pas à l'aise quand on parle de sexe, et pas viril physiquement. J'y rencontre ma meilleure amie qui est lesbienne, et elle même cible d'attaque. Je vais me rapprocher d'elle. Je sens que pour la première fois, je vais pouvoir expliquer ma situation à quelqu'un sans qu'on me donne des coups, ou qu'on m'insulte.

Elle me considère comme une fille. Je suis un peu soulagée. Je vais en section art avec elle. Ma maman est heureuse parce que je suis avec une fille. Elle pense au début qu'elle sera ma petite amie. Je lui dit que non, elle se met à réfléchir. Elle ne dit rien. Elle a un sourire en me voyant.
Et puis un jour elle m'appelle. Elle veut que je sois seule avec elle.

Elle me demande "Qu'est-ce que tu as ?" Je ne réponds pas, je suis gênée, j'ai les joues rouges. Et un peu de larmes aux yeux. Je sais que ça va être l'instant... Elle me demande ensuite, avec un sourire au lèvre, et une voix apaisante, sans jugement :

"Tu veux devenir une fille ?"

Mon coeur explose... mais je ne dis rien. Ma maman a compris que c'était un oui. Ma maman savait qu'elle allait mourir dans pas longtemps, je ne le savais pas, j'étais encore trop naïve. Elle a dit à mes tantes de faire attention à mon frère, et à son "spécial". Elle parlait de moi.
Et puis un jour ma maman décède d'une crise cardiaque... mon papa tente un massage cardiaque, moi aussi. Ce n'est pas un succès. Je la vois mourir dans mes bras pendant que j'essaye un bouche à bouche... Ma fleur chérie est morte.

Le soir même, j'ai le réconfort de ma meilleure amie... Elle a été très gentille. J'ai aussi le réconfort d'une amie que j'ai rencontré en art, qui est témoin de Jéhovah. Je vais vers tout le monde, peut importe les religions, ce qu'ils ont fait. Quand on y pense, on se fera toujours stigmatiser pour quelque chose.

Cette année se passe très mal. L'art que je produis n'est que morbide... Je tombe dans une grande dépression. Les cours ne m'intéressent plus, la vie ne m'intéresse plus. Mon propre corps ne m'intéressais déjà pas... Je n'ai qu'une envie, rentrer chez moi, ne rien faire et dormir. Il n'y a qu'en dormant que je suis libérée de ce monde. Je passe des nuits blanches. je me met à préférer la nuit au jour, parce que je suis seule. Je manque parfois des cours.

Mon professeur de gym, a toujours été compréhensif. Il sait que je suis mal. Il sait aussi que je suis mal dans les sports de garçons. C'est pourquoi il me laissait parfois aller faire gym avec les filles. Je l'en remercie. Il me demande aussi si je ne veux pas me défouler pour me libérer des pensées sur la mort de maman. Mais je réponds que non... Je vais bien trop mal. je suis on ne peut plus mal dans ma vie. J'ai tout perdu.

J'ai décidé de ne pas abandonner cependant... j'explique à ma famille que je suis transsexuelle, à l'aide de ma meilleure amie. C'est le choc...Mais ils l'acceptent. Je le dis à mon père par email, qui semble lui aussi l'accepter. Mais je n'ai pas reçu d'aide. Sauf une prise de sang de mon médecin, qui a révélé un problème dans mes hormones, au niveau de la testotérone, des oestrogènes (trop élevé) et d'une autre hormone dont je ne sais plus le nom...
J'arrive en 5 ème. En gymnastique, je n'y vais plus. J'ai pu obtenir un certificat médical de mon médecin pour l'année entière. Mon professeur me demande ce que j'ai. je lui réponds que c'est personnel. J'aimerais lui dire. Mais j'avais peur. Je pense le revoir et lui expliquer un jour...

L'annonce de ma transsexualité tombe mal. Mon père pense que c'est à cause du décès de ma maman. Ils ne me parle plus. Ou plus de la même façon. Peut être pense-il que c'est de sa faute. Peut être a-t-il peur que je ressemble trop à ma maman.

La personne qui le prends le mieux, est ma grand mère du côté maternelle. Je suis surprise. Pour elle je suis déjà sa petite fille. Elle veut savoir le prénom que j'ai choisis. Je lui dit que c'est Jenny. Elle dit que ce sera notre secret.

Je veux aller mieux, c'est pourquoi j'écris un courrier à mon école, pour annoncer que je compte changer de sexe. C'est une école catholique. La direction est compréhensive. Ils m'envoient chez une psy. Mais ça en change rien. elle n'est pas spécialiste des transsexuelles. Je me sens mal en classe. J'écris "Jenny" sur mes feuilles comme prénom. Ma titulaire vient me voir pour m'expliquer que, administrativement, je ne peux pas. Je me sens très mal. Je suis incomprise de tous. Eux qui ne m'appelle même pas par mon prénom. Eux qui me disent "il".

Ensuite est venu l'enfer. Je ne sais pas si l'école a mis au courant les élèves, mais ils l'ont su... On m'insultait, on me frappait. Sur le chemin de l'école, je compte mes pas. Sur le chemin du retour, je compte mes pas et je prie de revenir en vie à la maison. En vie, parce que j'ai envie d'essayer de vivre.
On m'a humiliée à de nombreuses reprises en publique. Il y avait des rumeurs comme quoi j'étais hermaphrodite... Alors les gens me coinçaient dans les toilettes pour "vérifier". On m'insultait. Les phrases comme "femme à bite" "Attention il elle va t'enculer" "sale transsexuelle" "sale monstre" étaient courantes.

Un jour, trois garçons m'ont agressée. Deux me tenait et un avait une arme à feu. Je ne sais pas si elle était vraie, mais très convaincante. ils m'ont dit "alors c'est toi la femme dont on a entendu parler" il voulait que je lui donne tout ce que j'avais. Je pleurais. Il m'a donnée un coup dans le vendre avec son arme. Il me traitait de "transsexuelle". J'étais près d'un cours d'eau. Il a ensuite chargé l'arme et a tiré sur ma tempe. Rien n'est sorti, c'était calculé. Mais le coup suivant serait le bon. Il a dit qu'il allait me tuer. Des ouvriers qui ont vu la scène ont pu intervenir, et les garçons ont fui. Je suis rentrée chez moi, je n'ai plus osé sortir avant un petit temps. Quand je voyais des groupes de gens en allant à l'école j'avais peur. Je faisais demi tour. Je me cachais. j'arrivais tous les jours en retard, on m'engueulait, on ne me comprenait pas.

J'allais au toilette entre deux cours, c'était interdit..; mais c'était le seul moyen que j'avais pour qu'il ne m'arrive rien dans les toilettes. On m'engueulait. J'ai décidé de me priver de toilette. j'allais au temps de midi en ville dans un toilette publique pour ça. J'allais au plus possible dans les toilettes femme.

J'arrivais en retard à l'école, on m'engueulait...

En gymnastique, même si j'avais un certificat, je devais être présente. J'allais près des filles. Mon professeur ne disait rien. Mais la prof de gym des filles un jour s'est mise en colère. Elle savait pourtant  ma situation. Elle m'a dit que j'"étais "un garçon" et je n'avais rien à faire là. Que je serais un garçon encore. J'ai eu une remarque dans mon bulletin "Arrête d'embêter les filles en gymnastique"


Je ne faisais rien, je ne faisais que m'asseoir, c'est tout. Je ne dérangeais pas le cours. Mon prof de gym avait l'air de comprendre.
Je réussis mon année de justesse. Je suis en infographie.

Un jour, je me sens tellement mal que j'envisage de me mutiler et de me suicider. J'écris un message sur internet. La police est alertée et ils sont venus chez moi à 2. Ils disent qu'il recherchent quelqu'un qui s'appelle ***** et qui veut se trancher les veines. Je dis que je ne sais rien. Ils n'ont pas l'air de me croire. Ils partent. Ils reviennent plus tard dans la soirée, alors que j'avais mal à la tête et que je me sentais mal.  Ils ont la preuve via mon facebook que c'est moi. Ils sont 4, avec armes. Ils me demandent de me lever, et de venir voir sur mon ordinateur. Je ne refuse pas, je n'ai rien à cacher. Ils comprennent vite. Ils ne vérifient pas mon ordinateur. Un des policiers commencent à me parler. Il me demande si je me moque de lui. je lui dit que non... il ne comprends pas. Il me dit : c'est toi ***** ? Je dis oui. Il me regarde. Ils veulent m'emmener au poste en garde à vue. Pendant ce temps, un des policiers est un communication avec un psychiatre.

Le policier me demande dans quoi je vie. Parce que je n'ai pas l'air de vivre sainement. Je ne réponds pas. Je le regarde dans les yeux. Il me dit qu'il sait que j'ai un problème. Il me demande si je suis homosexuel. Je réponds, non avec un peu de mal. je suis impressionnée et j'ai peur, peur de cette autorité qui est sensée me protéger. Mais cette autorité commencent à m'humilier. Non je ne suis pas homosexuel. Il me demande si je veux devenir une fille. Je pleure, je lui dit que oui. Il commencent à me dire qu'ils ont amené avec eux tous les papiers de psychiatres nécessaire.

Ma tante parle à un des policiers. Elle explique que je suis quelqu'un de sensible, qui ne bois pas, ne se drogue pas, qui ne fume pas... qu'elles vont s'occuper de moi.

Le policier me dit qu'il ne veut pas savoir ce qu'on m'a fait pour que je devienne "comme ça". "Je ne veux pas savoir, viol, pédophilie, je ne veux pas savoir" J'en ai assez, je suis rouge et j'ai envie de verser des torrents de larmes. Une personne de ma famille intervient et dit que ce n'est pas nécessaire de m'emmener. Ils ont cédés, et sont partis...

J'ai passé une très mauvaise nuit. je me sentais, encore plus incomprise du monde. Je me sentais une fille seule. Je veux mourir. Ces policiers pensaient m'avoir sauvée, mais ils ont influencé ma tentative de suicide.

L'année suivante devait être concluante, je devais obtenir mon CESS pour avoir accès aux études supérieures. Mais les insultes les coups, les humiliations l'ont emporté sur moi... je quitte l'école, je suis déscolarisée. Je m'inscris après au forem.

Je suis mal dans ma peau comme jamais. Mes amies sont aussi mal dans leur peau. Ma meilleure amie devient anorexique. Elle m'abandonne à mon sort un jour... Parce qu'elle est très mal aussi dans sa vie. On ne se voit plus. Tout s'effondre, car je perds une des dernières personnes chères en mon coeur. Je n'ai plus qu'un ami. Je ne le voit presque plus. Je reste chez moi, je ne fais rien, je dors. Mes connaissances m"ont tourné le dos.
J'en ai assez. Ce soir là, je prends un couteau et je m'ouvre les veines. Je reste là, mon bras dans le sceau, à regarder ma vie partir... Je commence à m'évanouir... Je décide de mourir dans mon lit. Au matin, surprise, je me réveille. Je ne suis pas morte. Je ne comprends pas. Je me sens très mal cependant. La housse de mon matelas est rempli de sang. La housse a empêché que je me vide de mon sang. Ma plaie n'était aussi sans doute pas suffisamment grande. J'ai le bras rouge, j'ai de la fièvre. J'ai si froid... Je décide d'aller chez mon meilleur ami et de lui dire ce que j'ai fait. J'ai le tournis, je me semble tellement faible... Mon bras me fait horriblement mal, j'ai mis une bande.

Je parle à mon meilleur ami, et je lui montre mon bras. Il est compréhensif, mais en colère en lui même. Il m'a soutenue toute la journée et m'a fait rire... J'ai regardé des épisodes de Kaamelot avec lui. Je me sentais bien. Mon ami savait que j'étais une fille dans moi même.

J'ai décidé d'essayer de me relever encore une fois... Je cherche de l'emploi, mais je ne trouve rien. Mes maigres diplômes ne donnent accès à aucun débouchés... 2 ans passe...

Je commence à voir une psy, à l'hôpital de Gand, pour ma transsexualité. Je me sens soulagée... Enfin, j'entame des démarches... Je sais que ça va être long. Je décide de reprendre l'école en promotion sociale. Je tombe sur des professeurs sympas, et une chouette classe. Je parle à mon titulaire, je lui dit que je compte entamer un changement de sexe. Il se révèle très compréhensif. J'avais très peur, j'étais blanche comme un linge en lui parlant... Après 1 an et demi, presque deux ans, j'ai vu un endocrinologue à l'hôpital de gand, sous l'aval de ma psy. Je voyais une autre psy en parallèle pour mes problèmes sociaux, et elle c'était pour le transsexualisme.

J'ai pu commencer un traitement d'hormone il y a presque 5 mois maintenant. Et j'ai rendez-vous avec le chirurgien en janvier, pour discuter des opérations. Ma classe m'a très vite acceptée, j'ai eu une nouvelle vie. J'ai pu reparler à ma meilleure amie il y a peu, et renouer avec elle. Elle a pu m'expliquer pourquoi elle était partie. Je suis heureuse. Je sais que je vais vers le bonheur enfin... Ma photo de profil montre mon sourire...

Voici deux autres photos assez récentes.

Spoiler:
 

Une photo de moi enfant :

Spoiler:
 


Dernière édition par Jenny Pans le Dim 31 Mai 2015, 18:08, édité 17 fois
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J&B



Féminin Messages : 1813
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 13:57

Citation :
J'aimerais réagir
A quoi ?

Je trouve bizarre cette époque, ces militants du LGBT
qui se mordent la queue (si je puis dire) en stigmatisant ce qu'ils veulent gommer : les différences et tout cela sur un ton moraliste et de chantage sentimental.

Il y a eu de tout temps des gens qui se sentaient plus à l'aise dans un comportement qui tenait plus du genre opposé, et ils n'en faisaient pas toute une histoire, parce que le sens de la vie ne résidait pas uniquement dans la vie sexuelle et l'image de soi.
Aujourd'hui la sexualité est  le créneau principal de la consommation.

Quand tout le monde se sera bien fait entuber (!), il y aura de nouveaux concepts à la mode et il ne restera que les yeux pour pleurer.


Bon, moi je vais aux champignons ! Smile
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 15:32

Chère J&B, pour votre première question, il s'agit simplement de réaction face à la vidéo de Monsieur Arnaud Dumouch.

Je ne suis pas militante du LGBT, je trouve d'ailleurs que ce groupe de militants ne fait pas grand chose pour les transsexuels et transgenres. Le T n'a en théorie d'ailleurs rien à faire avec les LGB, vu qu'il ne s'agit pas là d'orientation sexuelle. C'est pourquoi vous êtes dans le faux dans la suite de votre message.

Bien à vous.
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Invité
Invité



MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 16:17

Bienvenue, Jenny Pans !
Je prends compte de votre témoignage, dont je ne peux rien dire bien sûr.

Mon avis est radical concernant le LGBT, toutefois j'entends bien respecter la personne humaine. Si les vidéos de M. Dumouch vous intéressent alors vous pouvez en discuter librement. Son support théologique est admirable !
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 17:42

Merci Tabris Smile Oui je trouve en effet les vidéos de Monsieur Dumouch très intéressantes, c'est ce qui m'a motivée à réagir et écrire.
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Cécile



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 17:51

"Aujourd'hui la sexualité est le créneau principal de la consommation."


J&B, Jenny n'évoque pas sa sexualité, mais le fait que son corps n'est pas en harmonie avec sa tête.

Et elle n'est pas la première à l'avoir ressenti puisqu'elle était toute petite quand son entourage s'en est rendu compte.

Je vous souhaite de n'avoir jamais à faire du "chantage sentimental"...
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Thy Kingdom come
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 18:17

Bonjour,

Personnellement je vois une grande souffrance dans le parcours de cette jeune personne, particulièrement pendant l'enfance et l'adolescence qui est une période où on apprend à découvrir le monde, soi même et les autres. Et où certaines blessures, certains rejets de la part des autres, peuvent nous affecter très profondément et impacter toute notre vie adulte future.

J'ai moi même été pendant toute mon enfance objet de moqueries de la part de mes camarades de classe et pendant les heures de récré. Cependant mon cas est différent car j'ai toujours assumé ma masculinité même si je ne jouais jamais au foot avec les autres (dont j'ai toujours horreur aujourd'hui : du foot, pas des autres) ni aux voitures. J'étais plutot du genre solitaire et restais donc seul contre le mur en essayant d'éviter de recevoir le ballon dans la figure, ce qui arrivait souvent (un mystère de la gravité horizontale)

Je comprends donc en partie cette souffrance que vous avez vécue, bien que pour le reste cela reste mystérieux qu'un petit garçon se sente plus fille que garçon.

Pourquoi certains naissent de telle manière, avec tel handicap, ou timidité, introversion, ou encore avec un sentiment d'appartenance à un autre sexe ou... comme moi quand j'étais petit, à une autre planète. Dieu permet cela. Je n'ose pas me prononcer sur le pourquoi de cela, ni encore moins juger ceux qui traversent ce genre d'épreuves.

Je pense que généralement ce genre de sentiment identitaire est passager même si on en garde toujours des séquelles et des souffrances surtout si nous ne parvenons pas à assumer notre véritable identité. Mais la vérité est que notre identité ne se limite pas à notre sexe où à notre gros né, ou je sais pas... à notre jambe plus longue que l'autre.

Quant à choisir d'assumer son côté femme quand on est un homme (ou l'inverse) en allant jusqu'à changer de sexe je n'ose pas non plus juger mais je pense qu'avec la foi que j'ai aujourd'hui j'accepterais de porter cette souffrance en l'offrant à Dieu pour tous ceux qui ont des souffrances similaires ou parfois bien pire. Cela peut porter énormément de fruits et de grâce pour le monde je pense. Mais cette décision reste personnelle.

Dans tous les cas sachez que Dieu ne vous juge pas et vous aime tel (ou telle) que vous êtes, tout ce qui importe si vous êtes croyant(e) est d'offrir quotidiennement cette souffrance à Dieu en lui demandant de vous aider à comprendre son dessein d'amour pour vous, ce qu'Il attend concrètement de vous. Aurait il peut être une vocation pour vous, religieuse, missionnaire ou autre ? Ce qui vous aiderait à dépasser votre simple identité sexuelle et corporelle. (à ce niveau je rejoins les propos un peu maladroits de J&B : "parce que le sens de la vie ne résidait pas uniquement dans la vie sexuelle et l'image de soi.") Demandez tout cela à Dieu et je suis sûr que vous aurez un jour une réponse qui vous permettra enfin de vivre en conformité avec votre identité profonde, à savoir non pas homme ou femme mais enfant de Dieu.


Dernière édition par Philippe B. le Lun 22 Sep 2014, 18:27, édité 2 fois
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Cécile



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 18:24

salut
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 18:43

Je vous remercie, Philippe B.. Je ne suis pas croyante, mais agnostique. Cependant je passe mon temps à aider les autres, peut importe qui ils sont. Je sais que j'ai cette facilité à donner ce que je ne peux parfois pas m'offrir. J'aime le monde, j'aime l'univers.

Je suis agnostique parce que je pense qu'être athée, c'est faire fausse route... Nous ne pouvons avoir de preuves de l'existence ou de l'inexistence de Dieu, mais l'on peut percevoir sa pensée comme le disait Einstein. Je sais que l'univers n'est pas le résultat d'un hasard, mais d'une force bien plus supérieure à ce que nous pouvons comprendre... On peut l'appeler Dieu. Et je l'aime de tout mon coeur.
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boulo
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 18:50

Profondément ému et profondément reconnaissant pour votre témoignage , chère Jenny Pans .

Plusieurs forumeurs DA seront grandement honorés par votre choix de forum , j'en suis sûr .

_________________
" Faux départ . Enquête sur les EMI/NDE " , par Sonia Barkallah , se trouve dans " Témoignages ... " . Dernière réponse le 31/12/2015 1h33 .
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Thy Kingdom come
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 18:58

Bonsoir Jenny,

Si vous aimez aider les autres, le bénévolat est un très bon moyen aussi pour apprendre à découvrir qui nous sommes en profondeur. Le don de soi est la seule richesse qui grandit à mesure qu'on le répand autour de soi.

Concernant l'existence de Dieu détrompez vous, c'est justement quand on voit l'amour que certains ont pour nous (à coté de tout le mal qui règne dans ce monde) que nous découvrons l'existence de Dieu, c'est le plus belle preuve de son existence. Nous serions incapable d'aimer de façon désintéressée si Dieu n'était pas la source de cet amour.

Voyez quand telle catastrophe se produit, le nombre de personnes qui subitement sortent de leur égoïsme (bien humain...) pour aller porter secours aux victimes, ces personnes qui donnent leur vie pour sauver celles de parfaits inconnus. Je ne pourrais concevoir tout cela si Dieu n'existait pas Smile

J'aime à dire que les guerres, les conséquences des catastrophes naturelles (par exemple construire des maisons sur des zones à risque), les meurtres, etc. sont la faute des hommes et non de Dieu. Mais l'entraide et les secours qui s'ensuivent n'ont que Dieu pour origine.

Soyez attentive la prochaine fois que vous écouterez le JT, quand vous verrez un témoignage de solidarité lors d'une catastrophe (voir dans le sud est de la France actuellement), Dieu n'est pas loin !

Cela dit je ne suis pas là pour vous convaincre Smile
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 19:19

Dieu est comme qui dirait partout, en nous à travers une grâce ineffable !

Si nous sommes à son image, c'est parce que nous sommes capables d'aimer notre prochain. Si vous connaissez l'Amour c'est tout ce qui importe Jenny, quand on aime alors Dieu est en nous. thumleft
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 19:34

Je suis très reconnaissante de pouvoir partager mon témoignage ici, cher boulo. J'espère que, peut être, il pourra faire comprendre un peu ce qu'est le transsexualisme, hors des questions psychologiques...

Philippe B., je comprends votre foi, même si je ne peut y adhérer. Je respecte beaucoup les convictions religieuses. L'ironie étant que j'ai obtenu un prix de religion catholique quand j'ai obtenu mon CEB, avec une note de 18/20. J'ai toujours aimé ce cours qui prônait le respect de soi et des autres.

Tabris, je suis bien d'accord avec vous Smile
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J&B



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 21:16

Jenny Pans,


Oui, c'est vrai, mon propos était un peu maladroit et trop direct et si cela t'a choqué, veuille m'en excuser.
Je pense que ta génération est victime de manières de penser aussi perverses que subtiles.
Certains le voient et le disent clairement, mais ces jeunes ne peuvent plus l'entendre, ils sont déjà hypnotisés par la dictature de l'image et du bien-être à tout prix.
Non,  le bonheur ne vient pas du dehors !
Ce n'est pas un décalage entre la tête et le corps, mais c'est un problème de l'âme, qui s'oriente vers les apparences extérieures, éduquée qu'elle est par un monde en perte de spiritualité. La religion va dans le sens des émotions et n'éduque plus selon l'esprit.

Si je pense que tu es une militante LGBT, ou autres association, c'est parce qu'ils sont encouragés à écrire des témoignages émouvants dans les médias, les forums, les journaux,  pour qu'à force, cela devienne "normal". http://ai.eecs.umich.edu/people/conway/TSsuccesses/TSsuccesses-French.html

J'essaie de faire comprendre que c'est justement en stigmatisant ce qui n'aurait dérangé personne en d'autres temps, que cela devient "anormal".  

En ces autres temps, on disait : eh bien, c'est un garçon manqué, ou une fille manquée, c'était assez courant.
Ce n'était bien souvent qu'un passage.  Cela donnait sa particularité  à l'enfant et plus tard l'adulte. Tout comme la diversité qu'on peut trouver dans la nature.
Il y aurait eu peut-être beaucoup moins d'artistes, ou de grands penseurs, s'ils n'avaient pas transcendé leurs problèmes de mal-être.

On a tous été moqués à l'école pour une raison ou pour une autre, on le prenait sur nous, et ça nous rendait plus fort. On trouvait plus facilement sa voie. Souvent, la solitude et les larmes font grandir. Il y avait pire que nos petits malheurs ! Il n'y avait pas de réseaux sociaux pour les amplifier à l'infini.
Ce qui fait le drame, c'est que les adultes, les parents (aidé par le monde social qui dépend du monde économique) ont tellement peur de ne plus être aimés par leurs enfants, qu'ils n'osent plus leur parler vrai.

Mais si le monde des enfants et des ado est devenu à ce point malade et qu'ils sont prêts à tuer pour cela,  alors c'est trop tard, et c'est le LGBT qui a raison : il faut gommer toutes les différences, car il en va de la sécurité de l'espace public....

J'avoue que j'ai de la peine à comprendre ta démarche de témoigner dans un forum de religion, alors que tu es convaincue de ce que tu fais et que tu as entamé les démarches nécessaire à ta transsexualisation. J'aurais compris si tu avais eu des doutes, des questions relatives à Dieu, mais là non... C'est donc bien pour nous faire comprendre ce qu'est le transsexualisme....

Mais bon vent, quand même Smile
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Thy Kingdom come
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 21:48

Aujourd'hui c'est bien là le problème, toutes les minorités qui vivaient tranquilles jusqu'ici sont utilisées par des lobbies pour promouvoir leurs idéologies en tous genres (c'est le cas de le dire), soit disant pour leur venir en aide alors que le but non avéré est de transformer et faire basculer toute la société.

Toutes les idéologies actuelles, la promotion et banalisation de l'homoparentalité, de la GPA, de la bisexualité, de la transsexualité, du travestisme,  des trouples, de la polygamie, du polyamour, de la gérontophilie, ... et toutes sortes de perversions sexuelles, notamment par le cinéma et la publicité, mise en avant des cas extrêmement rares, comme les bébés hermaphrodites pour modifier la législation et permettre aux parents de ne plus avoir à définir le sexe à leur enfant à la naissance même s'il est clairement garçon ou fille, et j'en passe ont pour objectif la destruction de la société basée sur la famille, constituée d'un père, d'une mère et d'enfants, le but final étant le contrôle des population et de la natalité des citoyens (on sait tous que 2 hommes et 2 femmes ne peuvent avoir d'enfants, donc encourageons cela pour réduire la population mondiale, et incitons les jeunes à être les ambassadeurs de cette idéologie tant qu'à faire...)

Bref je m’emballe mais écoutez ceci et vous aurez compris ce qui guette nos jeunes, et sur ce point je rejoins tout à fait J&B :



Ce que cette jeune fille n'a pas compris c'est que l'escargot est certes hermaphrodite mais c'est en accord avec sa nature, la nature de l'homme c'est l'hétérosexualité.
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 22:30

Jenny Pans a écrit:
Je vous remercie, Philippe B.. Je ne suis pas croyante, mais agnostique. Cependant je passe mon temps à aider les autres, peut importe qui ils sont. Je sais que j'ai cette facilité à donner ce que je ne peux parfois pas m'offrir. J'aime le monde, j'aime l'univers.

Je suis agnostique parce que je pense qu'être athée, c'est faire fausse route... Nous ne pouvons avoir de preuves de l'existence ou de l'inexistence de Dieu, mais l'on peut percevoir sa pensée comme le disait Einstein. Je sais que l'univers n'est pas le résultat d'un hasard, mais d'une force bien plus supérieure à ce que nous pouvons comprendre... On peut l'appeler Dieu. Et je l'aime de tout mon coeur.

Very Happy I love you

Toute la Création manifeste l'existence et la grandeur du Créateur. Smile
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Lun 22 Sep 2014, 22:31

Philippe B. a écrit:
Bonsoir Jenny,

Si vous aimez aider les autres, le bénévolat est un très bon moyen aussi pour apprendre à découvrir qui nous sommes en profondeur. Le don de soi est la seule richesse qui grandit à mesure qu'on le répand autour de soi.

salut

http://docteurangelique.forumactif.com/t17884-faites-vous-du-benevolat
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Mer 24 Sep 2014, 08:24

Citation :
Non,  le bonheur ne vient pas du dehors !
Ce n'est pas un décalage entre la tête et le corps, mais c'est un problème de l'âme, qui s'oriente vers les apparences extérieures, éduquée qu'elle est par un monde en perte de spiritualité. La religion va dans le sens des émotions et n'éduque plus selon l'esprit.

Je n'écoute pas seulement mes pensées, j'écoute mes émotions. Et ses émotions me font me sentir bien comme je suis actuellement.

Citation :
Si je pense que tu es une militante LGBT, ou autres association, c'est parce qu'ils sont encouragés à écrire des témoignages émouvants dans les médias, les forums, les journaux,  pour qu'à force, cela devienne "normal". http://ai.eecs.umich.edu/people/conway/TSsuccesses/TSsuccesses-French.html

Lynn Conway ne représente pas le LGBT. C'est une des premières femmes trans à avoir réussi sa transition, dans le sens où elle a pu travailler et bien s'insérer socialement. C'est tout à fait logique qu'elle encourage d'autres transsexuels à le faire, pour montrer qu'au delà de ce que l'on peut voir dans les médias, nous sommes des gens qui peuvent s'en sortir très bien. Moi je suis venue de mon propre chef témoigner ici, parce que je voulais réagir, et que j'en avait envie, simplement.

Citation :
J'essaie de faire comprendre que c'est justement en stigmatisant ce qui n'aurait dérangé personne en d'autres temps, que cela devient "anormal".  

Il y avait déjà des trans' à la préhistoire, de récentes études l'ont montré. Ils étaient apparemment bien acceptés. Qu'est-ce qui fait qu'ils ne le sont pas aujourd'hui ? Je pense avoir la réponse. C'est simplement à cause des stéréotypes des temps modernes. Sur comment devrait être un homme, uniquement parce qu'il naît avec un pénis. Cette vision est tellement réductrice qu'elle oblige même certains parents d'hermaphrodite à opérer leur enfant, pour qu'ils deviennent dans "la norme". Au lieu de la laisser, simplement faire un choix (ou ne pas en faire).

Je ne me stigmatise pas, je lutte contre des préjugés et des stéréotypes dont j'ai été victime toute ma vie. Et je ne vais pas laisser les associations le faire pour moi.

Citation :
En ces autres temps, on disait : eh bien, c'est un garçon manqué, ou une fille manquée, c'était assez courant.
Ce n'était bien souvent qu'un passage.  Cela donnait sa particularité  à l'enfant et plus tard l'adulte. Tout comme la diversité qu'on peut trouver dans la nature.

Il y a une grosse différence entre un garçon manqué et un transsexuel. Et une grosse différence entre une fille manquée et une transsexuelle... En ces temps-là, il n'y avait pas de connaissances scientifiques, et sans doute que les transsexuels étaient assimilés aux travestis, ce qui est une erreur.

Citation :

On a tous été moqués à l'école pour une raison ou pour une autre, on le prenait sur nous, et ça nous rendait plus fort.

Je pense quand même avoir subi beaucoup plus que ça...

Citation :
Mais si le monde des enfants et des ado est devenu à ce point malade et qu'ils sont prêts à tuer pour cela,  alors c'est trop tard, et c'est le LGBT qui a raison : il faut gommer toutes les différences, car il en va de la sécurité de l'espace public....

Je ne pense pas qu'ils veulent gommer les différences, mais plutôt les rendre visibles pour qu'elles soient acceptées. Dans le cas des transsexuels, je trouve que les LGBT ne font pas bien leur travail.

Citation :
J'avoue que j'ai de la peine à comprendre ta démarche de témoigner dans un forum de religion, alors que tu es convaincue de ce que tu fais et que tu as entamé les démarches nécessaire à ta transsexualisation. J'aurais compris si tu avais eu des doutes, des questions relatives à Dieu, mais là non... C'est donc bien pour nous faire comprendre ce qu'est le transsexualisme....

Je n'ai pas caché que je voulais faire comprendre ce qu'est le transsexualisme. Mais je ne vient pas au nom d'une association. Je viens au nom de moi même, et de mon expérience de vie. Je trouve que les témoignages sont importants parce qu'ils permettent de comprendre les gens. Les comprendre au delà des questions psy, scientifiques, religieuses.

Citation :
Aujourd'hui c'est bien là le problème, toutes les minorités qui vivaient tranquilles jusqu'ici sont utilisées par des lobbies pour promouvoir leurs idéologies en tous genres (c'est le cas de le dire), soit disant pour leur venir en aide alors que le but non avéré est de transformer et faire basculer toute la société.

Je ne pense pas que les transsexuels vivaient tranquilles avant cela. Je me souviens d'articles qui montraient les expériences faites sur les transsexuels, quand aucun traitement n'étaient mis en place. Les psychiatres pensaient pouvoir, avec des psychothérapies et des électrochocs, changer la personne. Ca n'a jamais changé aucun cas... C'est pourquoi le transsexualisme est un problème pour les psys. Ils le considèrent comme une maladie mentale, mais c'est la seule "maladie" qui est aussi sa propre solution au bonheur...

Je trouve en effet que le LGBT ne me représente pas. Pire encore, ils véhiculent des clichés sur les transsexuels, en parlant de nous de manière stéréotypée. En montrant des films plus que médiocres,... Pour ça je trouve qu'ils ne nous font pas de cadeau. C'est pourquoi, je préfère, parler au nom de moi même. Personne que moi ne pourrait mieux décrire ce que j'ai ressenti et vécu...

Pour vous dire, l'association Genre Pluriels en Belgique milite pour que le terme transsexualité soit remplacé par transidentité, et transsexuel par transgenre.  Il y a quand même comme je l'ai évoqué, des différences, importantes, entre les transsexuels et les transgenres... Les premiers demanderont un traitement hormonal, et des chirurgies, surtout génitales. Ce qui n'est pas le cas des seconds... Les transsexuels sont vraiment rares comparé aux transgenres.

http://www.levif.be/actualite/belgique/en-20-ans-676-personnes-ont-officiellement-change-de-sexe-en-belgique/article-normal-51525.html

Il faut bien sûr, toujours rester prudent avec les chiffres Smile

Mais pour moi il est clair qu'il faut poser une attention particulière sur les transsexuels. Les opérations ne sont pas à prendre à la légère, car tout ceci est irréversible.

Et quand ces associations veulent cette fois-ci bien "gommer" les différences, comme le disait J&B, je suis contre. Les psychiatres savent très bien que la souffrance des transsexuels est bien plus profonde que les transgenres, et ils savent qu'il faut être prudent.

Je souhaiterais également parler des psychiatres... Pourquoi je suis restée 2 ans sans traitement hormonal, mais avec des rendez-vous psy ?

Ils veulent s'assurer que nous ne sommes pas : schyzophrène, psychopathe... Que nous n'avons pas de trouble bordeline, , ou que nous ne souffrons pas de perversions sexuelles qui pourraient être à l'origine de notre demande. Ils veulent aussi nous enlever les idées de suicide, de mutilations,... Ils veulent petit à petit que nous soyons un peu mieux dans notre vie sociale, pour pouvoir entamer sainement notre changement.

Et je trouve qu'ils ont raison... Le traitement hormonal en soi ne va pas changer positivement notre vie, il faut que nous soyons réintégrés socialement, c'est la clef de tout... Smile
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Cécile



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Mer 24 Sep 2014, 11:21

salut Quelle maturité ! Merci pour ce témoignage Jenny !


Faire reculer le rejet, et même la simple incompréhension, est très important.
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Mer 24 Sep 2014, 17:35

Merci Cécile ! Je suis bien d'accord avec toi Smile
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boulo
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Mer 24 Sep 2014, 23:34

Jenny Pans a écrit:
...


J'ai pu commencer un traitement d'hormone il y a presque 5 mois maintenant. Et j'ai rendez-vous avec le chirurgien en janvier, pour discuter des opérations. ...



Je n'arrive pas à croire qu'une opération chirurgicale soit indispensable dans tous les cas .

Par ailleurs , nourri par la lecture des ouvrages de Stanislaw Grof , je me dis que les expériences traumatisantes que vous avez vécues et décrites , n'ont pu que laisser des traces dans vos mémoires et qu'il serait indispensable de les effacer avant même que de régler le problème de votre transsexualité .

Dans sa pratique psychiatrique , Grof s'efforçait d'effacer les traces des traumatismes , dans l'ordre chronologique inverse de leur survenance .

Il existe de nombreux témoignages de résultats douteux en matière de transsexualité , même après une hormonothérapie et une opération chirurgicale .


Dernière édition par boulo le Jeu 25 Sep 2014, 07:43, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Mer 24 Sep 2014, 23:41

boulo a écrit:
Je n'arrive pas à croire qu'une opération chirurgicale soit indispensable.

Vous feriez comment si vous voulez devenir une femme des pieds à la tête ? Mr.Red
C'est sûr que pour un observateur extérieur, ça doit pas être réjouissant d'éprouver cette angoisse de castration.
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boulo
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 00:03

Tabris a écrit:
...

Vous feriez comment si vous voulez devenir une femme des pieds à la tête ? Mr.Red
...

Est-ce vraiment souhaitable dans tous les cas ? Les opérations précoces et systématiques des hermaphrodites ne sont plus conseillées et certains hermaphrodites ne veulent pas choisir .
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 00:12

Pour les hermaphrodites, je n'en sais rien le débat est ouvert pour déterminer si cela constitue un vrai dilemme dans la bioéthique. Je comprends la démarche des parents dans tous les cas… Jenny Pans quant à elle est bien transsexuelle avec un sexe défini à la naissance. C'est différent !
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boulo
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 07:36

Oui , bien sûr . Mais que veut-elle  vraiment devenir ? Est-elle si sûre de son choix ?
Dans l'affirmative , j'aimerais qu'elle me définisse la féminité ( car moi , je ne sais pas bien ce que c'est ) et qu'elle se fixe à elle-même le pourcentage de féminité qu'elle veut obtenir ( étant entendu que nous sommes tous un mélange de féminité et de masculinité , comme nous le disent la plupart des psychologues ) .
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 10:42

Citation :
Je n'arrive pas à croire qu'une opération chirurgicale soit indispensable dans tous les cas .

Cette opération n'est pas indispensable dans la majorité des cas, au contraire. Les transgenres sont majoritaires, largement plus nombreux que les transsexuels.

Citation :
Par ailleurs , nourri par la lecture des ouvrages de Stanislaw Grof , je me dis que les expériences traumatisantes que vous avez vécues et décrites , n'ont pu que laisser des traces dans vos mémoires et qu'il serait indispensable de les effacer avant même que de régler le problème de votre transsexualité .

Cher boulo, j'ai passé 2 ans dans le département "Centrum voor Seksuologie en Genderproblematiek" de l'Hôpital Universitaire de Gand. J'y vais encore, le prochain rendez-vous étant d'ailleurs pour bientôt. Pendant ces deux ans, il a été question de discuter de mon ressenti, mais également des problèmes de ma vie, que je discute encore. Je voyais une psychologue en plus sur Namur, pour mes problèmes sociaux du à mes expériences traumatisantes. Ce n'est que quand j'ai été mieux, et après avoir beaucoup discuté que j'ai pu entamer un traitement hormonal.

Citation :
Oui , bien sûr . Mais que veut-elle  vraiment devenir ? Est-elle si sûre de son choix ?

Ma réponse se trouve plus haut, je suis sûre de mon choix parce que j'ai passé la majorité de ma vie à y penser, pour ensuite en discuter à l'Hôpital Universitaire de Gand. Pour l'opération, c'est discuté aussi avec la psy avant de voir un chirurgien.

Citation :
Dans l'affirmative , j'aimerais qu'elle me définisse la féminité ( car moi , je ne sais pas bien ce que c'est ) et qu'elle se fixe à elle-même le pourcentage de féminité qu'elle veut obtenir ( étant entendu que nous sommes tous un mélange de féminité et de masculinité , comme nous le disent la plupart des psychologues ) .

Cette même question m'a été posée à Gand. Et cette question reste souvent sans réponse, comme définir pourquoi on se sent garçon.  Ma réponse avait été simple, tout d'abord de part mon caractère, qui est "dit" plus féminin, de part ma douceur par exemple. Mais c'est tout simplement que je ne veux pas vivre socialement comme un homme. Cette idée me terrifie et me dégoûte. Je suis d'accord avec vous que nous avons tous une part de féminin et de masculin. Vous devez donc la ressentir. Dans mon cas, celle-ci est dominante. Je me ressens comme une femme, et je sais que mon corps ne correspond pas. Il n'y a pas de meilleure réponse à cette question.

Pour le pourcentage de féminité, je trouve cette question sans intérêt... Je veux tout simplement vivre en femme dans la société, être acceptée comme telle, et régler mon corps en conséquence.

Posez la question à une femme non trans, elle ne saura pas vous répondre pourquoi elle se sent femme. Elle vous dira sans doute que c'est parce qu'elle est née comme ça.
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boulo
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 10:50

Un grand merci , chère Jenny Pans .

Il me reste une certaine crainte de la chirurgie ( indépendante de l' " angoisse de castration " qu'évoquait Tabris ) .

Les chirurgiens ne sont pas tous honnêtes et compétents , comme en témoignent les victimes de certaines chirurgies esthétiques .

Je vous souhaite " tout le bonheur du monde , pour aujourd'hui comme pour demain " .

Mais je vous demande quand même de considérer la méthode Grof , qui établit une hiérarchie dans les traumatismes
( vous en avez subi plusieurs ) et utilise des thérapies non-verbales en plus des entretiens ( LSD tant qu'il était autorisé et musicothérapie depuis qu'il est interdit ) .

Bonne chance .

_________________
" Faux départ . Enquête sur les EMI/NDE " , par Sonia Barkallah , se trouve dans " Témoignages ... " . Dernière réponse le 31/12/2015 1h33 .


Dernière édition par boulo le Jeu 25 Sep 2014, 11:11, édité 1 fois
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 10:59

De rien Smile Pour le chirurgien, je n'ai pas à m'inquiéter. L'Hôpital Universitaire de Gand est le premier centre européen de changement de sexe. Je vais rencontrer le très réputé docteur Monstrey, si ce nom vous dit quelque chose...

Merci pour le bonheur souhaité, je vous en souhaite de même Smile

Pour ce qui est des problèmes, je travaille dessus sans problème avec ma psy, je vais vraiment beaucoup mieux !
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 11:07

Jenny Pans a écrit:
le très réputé docteur Monstrey, si ce nom vous dit quelque chose...

Bizarrement, ce nom ne m'inspire pas du tout confiance ! affraid
Faites gaffe, on dirait presque un mauvais remake trans de Frankenstein.
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 11:10

Il s'agit de ce monsieur :



Il y avait eu une émission très intéressante là dessus, si ça intéresse quelqu'un :

http://www.dailymotion.com/video/x18xo1_sante-1_news
http://www.dailymotion.com/video/x18yaa_sante-2_news

La dame dit par contre que pour la phase hormonal, on doit prendre des anti hormones, et ensuite des hormones. C'est déconseillé, moi j'ai les deux en même temps, et c'est irréversible. Voilà pourquoi il faut être sûre.
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Cécile



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 13:31

Tabris a écrit:
Jenny Pans a écrit:
le très réputé docteur Monstrey, si ce nom vous dit quelque chose...

Bizarrement, ce nom ne m'inspire pas du tout confiance ! affraid
Faites gaffe, on dirait presque un mauvais remake trans de Frankenstein.

Question Question Question Question
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 15:32

Cécile a écrit:
Question Question Question Question

Ne cherchez pas, Cécile !
Seuls les esprits loufoques peuvent comprendre. siffler
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scholasate



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 15:52

Bonjour Jenny. Merci pour votre beau témoignage. Pouvez-vous me conseiller ? Je suis enseignant et je dois parfois aborder ces questions avec mes élèves (15-16 ans). Je veux lutter contre la stigmatisation de l'homosexualité mais en même temps éviter de l'encourager, surtout à cet âge, où il faut choisir "son camp".
A la suite d'Arnaud Dumouch, quand j'aborde l'homosexualité, j'essaie de distinguer trois cas:
- une homosexualité purement physique, hormonale (défaut de testostérone pour un garçon, excès pour une fille); il me semble que c'est votre cas, et vous avez raison de préférer le terme "transsexualité", car le terme homosexuel a une connotation de choix libre, vous, vous n'avez pas choisi, vous êtes psychologiquement une femme dans un corps d'homme.
- une homosexualité "sentimentale", découlant d'une éducation biaisée, un excès d'autorité paternel dans le cas d'une fille (qui va lui faire préférer des filles aux garçons), un excès de tendresse maternelle dans le cas d'un garçon (qui va lui faire préférer des garçons aux filles). Il semble y avoir de cela aussi dans votre cas.
- une homosexualité perverse, résultant d'une volonté pervertie par la luxure. Il n'y a rien de tel dans votre cas.

Arnaud Dumouch suggère, dans le premier cas, qu'il suffirait de corriger avec des médicaments l'excès ou le défaut de testostérone, au moins si cela peut être décelé assez tôt, encore dans le ventre de la maman... dans le cas contraire, je crois que cela peut avoir un effet cancérigène, et, une fois l'enfant venu au monde, il est sans doute trop tard pour récupérer le déséquilibre hormonal. Dans le second cas, ce qu'il faudrait corriger, c'est l'attitude des parents. De toutes façons, dans les deux premiers cas, l'homosexualité n'est pas coupable, elle est subie, elle est une épreuve, et ce n'est pas à nous de faire la leçon, mais d'écouter avec empathie ces témoignages terribles parfois, comme vous le racontez quand vous étiez à l'école.
Il y a donc là un vrai travail de sensibilisation à la "cause homosexuelle" à faire à l'école. Cela étant dit, comme Boulo, je n'arrive pas à croire qu'une opération chirurgicale puisse être une solution. J'ai en mémoire le cas de Nathan Verhelst, qui a obtenu l'accès à l'euthanasie il y a un an, en octobre 2013...
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 16:33

Bonjour scholasate, je vous remercie de m'avoir luie.

Je vous déconseille d'assimiler le transsexualisme à l'homosexualité. Une ou un homosexuel ne va pas rejeter son propre corps. Dans le cas d'une femme par exemple, elle préférera les femmes, et voudra rester femme elle même également.

Un argument qui fait tomber aussi la pensée qu'une transsexuelle ou un transsexuel est un homosexuel refoulé est simple : il existe par exemple, des femmes transsexuelle qui sont strictement lesbiennes. Elles ont donc changé de sexe, pour vivre en femme, et aime les femmes. Il me semble avoir vu une étude qui prouvait d'ailleurs que c'était majoritairement le cas... mais il n'y a pas beaucoup d'études malheureusement.

Même si j'ai une préférence pour les garçons, je ne me ressens pas comme homosexuel. Que du contraire, j'en souffre même si un garçon pense ça de moi. Il existe beaucoup de gens qui ont des problèmes hormonaux et qui ne sont pas homosexuels. Je pense par exemple aux hommes de caryotypes XXY. Ils ont un déficit de testostérone, et sont stériles. Mais ils ne sont pas pour autant forcément homosexuels, et pourtant ils naissent ainsi.

D'ailleurs, le syndrome XXY se diagnostique quand un homme veut un enfant avec sa compagne, et qu'il se révèle stérile.

Il existe cependant une thèse d'un développement de la transsexualité lors du stade foetus, avec un déficit ou un trop plein d'hormones, qui développe le corps en fonction du caryotype, et le cerveau dans l'autre sens. Je ne sais pas si on peut dans ce cas venir apporter des hormones, sachant que c'est la maman qui devrait les prendre. Peut être que ça serait dangereux. Encore faut-il pouvoir diagnostiquer le transsexualisme sur un foetus... Une étude en faveur des hormones était que la plupart des transsexuels soient gauchers. C'est mon cas, je suis gauchère. Même strictement gauchère (j'utilise la souris de l'ordinateur de ma main gauche par exemple)  J'utilise mon oeil gauche aussi en priorité.

Voici pourquoi je pense qu'on ne pourrait pas corriger les manque ou les trop pleins d'hormones :

Je dois prendre un anti testostérone, accompagné d'hormone féminine. Mais l'anti testostérone est clairement contre indiqué pour les femmes enceinte. Les effets secondaires de ce médicaments sont horribles. Fatigue, maux de tête, perte de concentration... stérilisation si pris pendant plusieurs mois (mon cas)

La prise d'hormone féminine n'est pas sans conséquence non plus ; bouffées de chaleur, agit sur les graisses du corps, la peau, la pilosité, régule les cycles dans le cas d'une femme non trans... infuence aussi sur la qualité des os...

Donc je ne sais pas si ce genre de pratique verra le jour, il faudrait l'avis de médecin et d'endocrinologue sur la question. Il y aussi une autre question d'éthique : nous naissons comme ça, devrait-on essayer de nous changer ? L'autre question se pose également, sur : devrait-on changer notre corps ? Il semble que l'on soit pris dans une spirale sans fin...

Je me rappelle de Nathan. En effet, c'est très triste d'en arriver à demander une euthanasie. Mais il faut quand même préciser plusieurs choses :

C'est un des rares cas d'échec
Nathan était un transsexuel, qui voulait être un homme socialement. Dans ce type de cas, les opérations sont beaucoup moins bien réussies, aussi bien niveau "pratique" qu'esthétique. C'est en progrès mais il faut reconnaitre que les opérations pour créer un pénis ne sont pas aussi abouties que pour créer une vulve et un vagin.
Un troisième point était aussi que Nathan était rejeté de sa famille, dans un cadre familial que j'avais trouvé assez douteux : rejet totale de sa mère, qui ne voulait que des garçons. Sa mère qui, officiellement, n'a même pas éprouvé un seul remord à la mort de Nathan... Il y a des exemples de réussites, prenez Erwan de Secret Story ; il a une vie de couple, un travail, et est opéré.

Il faut éviter que ce genre de situation se répète, c'est certain. Ca m'a fait mal au coeur de voir aussi une euthanasie aussi facilement acceptée. Je n'ai pas la prétention de me mettre à la place de Nathan, loin de là... Mais je sais que pendant les pire moments où je pensais aussi à me suicider, ce que j'ai fini par presque réussir, il y avait une solution. Mais la clef de notre mieux être n'est pas qu'esthétique. Tout ces changements, hormonaux, physique, doivent s'accompagner d'une réussite sociale, j'en suis convaincue.

Pour l'homosexualité, je trouve qu'il ne faut pas tomber dans un piège : dire que la personne en souffre. Ce n'est que rarement que le cas, et quand c'est le cas, c'est non pas à cause de l'homosexualité, mais de la non acceptation par la société que la personne souffre. C'est peut être plus là dessus qu'il faudrait insister Smile

Un homosexuel ou une homosexuelle... au final, ce sont des humains. Qui peuvent aussi bien être responsables, comme non responsables... Criminels comme non criminels... je pense que c'est plutôt de ça qu'il faut parler.
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scholasate



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 19:07

Au sujet de la prise d'hormones, on est d'accord que cela peut avoir un effet cancérigène ?
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 19:24

Je ne suis pas sûre, mais je pourrais demander à mon endocrinologue (je le vois le mois prochain)
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scholasate



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 21:40

Jenny Pans a écrit:
Une étude en faveur des hormones était que la plupart des transsexuels soient gauchers. C'est mon cas, je suis gauchère. Même strictement gauchère (j'utilise la souris de l'ordinateur de ma main gauche par exemple)  J'utilise mon oeil gauche aussi en priorité.
S'agit des transsexuels masculins, féminins ou des deux ? Les trans masculins n'ayant pas assez de testostérone, le côté gauche, qui est du côté de la tendresse, des émotions et du féminin, prendrait l'avantage sur le côté droit, qui est du côté de la force, du cérébral et du masculin. Pour les trans féminins, qui ont trop de testostérone et qui se sentent hommes, cela ne jouerait plus, ils devraient être plutôt droitiers...
Jenny Pans a écrit:

Il y aussi une autre question d'éthique : nous naissons comme ça, devrait-on essayer de nous changer ? L'autre question se pose également, sur : devrait-on changer notre corps ? Il semble que l'on soit pris dans une spirale sans fin...
Ces questions sont importantes, mais nous vivons une époque où tout devient possible, pour le meilleur et pour le pire. Si vous avez tellement souffert des autres et de leur regard, vous avez bien le droit de profiter de ces méthodes actuelles, d'autant plus si c'est remboursé par la sécurité sociale...
Jenny Pans a écrit:

Pour l'homosexualité, je trouve qu'il ne faut pas tomber dans un piège : dire que la personne en souffre. Ce n'est que rarement que le cas, et quand c'est le cas, c'est non pas à cause de l'homosexualité, mais de la non acceptation par la société que la personne souffre. C'est peut être plus là dessus qu'il faudrait insister Smile
Là vous touchez le point important. Je suis d'accord qu'il faut faire de la prévention auprès des jeunes pour éviter l'homophobie, mais en même temps il ne faut pas encourager l'homosexualité. Car il y a une homosexualité perverse, qui peut s'insinuer à l'adolescence, ou déjà durant l'enfance, quand la personne a peur de s'ouvrir à la différence, quand elle se replie sur elle-même (pour de bonnes raisons parfois), quand elle préfère aller vers la personne qui lui ressemble. C'est une cause possible d'homosexualité qu'il faut combattre en même temps que l'on dénonce l'homophobie.
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boulo
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 25 Sep 2014, 22:08

Dans la première video que vous aviez proposée , chère Jenny Pans , en présentation du sujet , il a été fait allusion à une hypothèse étiologique relevant de la psychologie ,  parmi d'autres plus matérialistes , à savoir : " le  désir des parents d'un enfant de l'autre sexe " .


J'ai dû au cours de ma vie deviner l'influence des pensées de quelques mères enceintes sur l'enfant qu'elles portaient .

Mais je n'ai jamais pu le prouver . Les mères ne dévoilent pratiquement jamais à leur enfant devenu adulte , le secret de leurs pensées au moment où elles étaient enceintes .
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scholasate



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Ven 26 Sep 2014, 09:41

Je le crois aussi. Le sentiment d'abandon d'une femme enceinte peut mener à des difficultés relationnelles entre l'enfant, qui l'a ressenti dans le ventre de sa mère, et son papa, malgré tous les efforts qu'il pourra faire ensuite.

Est-ce que tu penses, boulo, que c'est la cause unique, principale, du transsexualisme ?
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J&B



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Ven 26 Sep 2014, 11:09

Boulo,

La question serait donc : pourquoi les femmes veulent-elles générer des filles plutôt que des garçons ?
Par  revanche du paternalisme, qui a fait tourner le vent au féminisme et non pas ce qu'on pourrait appeler "maternalisme" ?
On ne génère plus aujourd'hui des futures mères au foyer, mais au contraire, des femmes d'affaires, des top-model et des actrices.
Bref,notre jugement doit en rester à l'aune du paraître, du rêve social, bref, d'un nouveau cliché.

"On" a réussit à injecter dans la société la honte d’être une mère au foyer, qui se dépêtre entre les torchons de cuisine et les couches-culotte, ses gâteaux aux pommes pour les enfants qui rentrent de l'école. Le cliché.
Mais maintenant, il n'y a plus de risque que l'homme devenu femme se retrouve un jour empêtré(e) dans les torchons de toutes sortes.

Je me souviens de ma grand-mère, avec mes yeux d'enfants je la voyais comme la lumière et la joie incarnée, c'est peut-être grâce à elle que je ne suis jamais tombée dans les pièges féministes.
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Mak6



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Ven 26 Sep 2014, 12:06

Vous êtes une personne admirable Jenny. Sans exagéré et avec sincérité je vous trouve très jolie. Avant même de lire votre témoignage, en voyant votre photo du profil, c'est ce que j'ai pensé. Mais je vous rassure on a presque le même âge, je ne suis pas un vieux pervers qui traine sur le net Laughing

Je dis Amen à votre témoignage. Il impose le respect. Sans moralisme anti-chrétien, sans slogan LGBT, sans reproche, véridique. L'incompréhension des autres et de vous-mêmes vous a donné une grande humilité et une grande ouverture d'esprit. Vous ne semblez pas juger ou condamner. Continuez ainsi et vous serez plus proche du royaume de Dieu que beaucoup de ceux qui se disent chrétiens.

Petit point cependant, votre cas confirme (une fois de plus) qu'il n'est pas question de choix de préférence mais de déterminisme génétique. Une sorte de déphasage entre le matériel organique et les messagers psychiques (hormones). Et cela doit rester ainsi. Chez vous c'est naturel, vous n'en avez pas eu la maîtrise. C'est en ce sens qu'il faut éduquer les enfants qui sont dans votre situation. Comprenons bien qu'il n'y a aucun respect et aucune tolérance à avoir pour la propagande LGBT qui dans les écoles encourage des enfants à adopter des attitudes ou des pratiques contraires à leurs besoins naturels.

Soyez bénie !
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boulo
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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Ven 26 Sep 2014, 19:30

scholasate a écrit:
...

Est-ce que tu penses, boulo, que c'est la cause unique, principale, du transsexualisme ?

Je ne peux vraiment pas le dire . Pour l'instant , c'est juste un soupçon .

L'évangile constate , par exemple , que c'est un malheur pour la femme d'être enceinte en temps de guerre .

C'est donc probablement qu'il y a influence des sentiments ou des pensées de la mère sur le fœtus .

Lorsque je me débattais dans mes troubles émotionnels , j'avais interrogé ma mère à ce sujet .
Elle n'a jamais voulu me répondre mais elle a accepté de participer à la thérapie expérimentale d' Alfred Tomatis , qui faisait écouter à certains de ses patients des enregistrements de la voix de leur mère , filtrés en passe-haut à 8000 Hz pour imiter la voix déformée qu'entend le fœtus .

Pour enregistrer sa voix à traiter , ma mère a lu ... des recettes de cuisine . Fine intuition , car en 1942 en Belgique , le gros problème était celui du ravitaillement . Je suis devenu adulte un grand gourmand .

Les successeurs de Tomatis n'utilisent plus volontiers cette technique , pourtant remarquable pour ce qui concerne les progrès scolaires  . Mais elle peut avoir des effets secondaires indésirables . En tout cas , pour Jenny Pans , elle aurait été vraiment contre-indiquée si sa mère souhaitait une fille tout en faisant un garçon ( ce qu'on ne saura jamais ) .


Dernière édition par boulo le Dim 28 Sep 2014, 22:28, édité 1 fois
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scholasate



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Ven 26 Sep 2014, 20:53

Je ne connais pas Alfred Tomatis, mais pour visiter son passé, depuis la conception et même avant dans son arbre généalogique, je peux conseiller les retraites Agapè au Puy-en-Velay:
http://agape-lepuy.fr/
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aristote



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Mar 30 Sep 2014, 10:55


Jenny,

je ne vous jette pas la pierre loin de là. Mais il me faut vous mettre en garde. Un sentiment n'est absolument pas suffisant pour changer notre identité profonde. Etant donné que votre sentiment d'être une femme ne correspond pas avec votre identité biologique, peut-être que le sentiment lui-même devrait être réévalué, au lieu de l'identité biologique. Me comprenez-vous ?
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Mer 01 Oct 2014, 13:25

Citation :
S'agit des transsexuels masculins, féminins ou des deux ?

Il s'agit des deux :

http://www.doctissimo.fr/html/sexualite/dossiers/transsexualite/5018-transsexuels-gauchers.htm

Citation :
Dans la première video que vous aviez proposée , chère Jenny Pans , en présentation du sujet , il a été fait allusion à une hypothèse étiologique relevant de la psychologie , parmi d'autres plus matérialistes , à savoir : " le désir des parents d'un enfant de l'autre sexe " .

Oui il s'agit d'une hypothèse encore d'actualité, mais non prouvée.

Citation :
Mais maintenant, il n'y a plus de risque que l'homme devenu femme se retrouve un jour empêtré(e) dans les torchons de toutes sortes.

Ce n'est pas pour ça qu'il existe des transsexuels. Je connais encore pleins de mère qui s'occupent de la maison de famille, et je n'ai rien contre ça. Après pour moi il est évident que si elles ont aussi envie de s'investir dans autre chose, pourquoi ne le pourraient-elles pas ?

Citation :
Vous êtes une personne admirable Jenny. Sans exagéré et avec sincérité je vous trouve très jolie. Avant même de lire votre témoignage, en voyant votre photo du profil, c'est ce que j'ai pensé. Mais je vous rassure on a presque le même âge, je ne suis pas un vieux pervers qui traine sur le net Laughing

Je dis Amen à votre témoignage. Il impose le respect. Sans moralisme anti-chrétien, sans slogan LGBT, sans reproche, véridique. L'incompréhension des autres et de vous-mêmes vous a donné une grande humilité et une grande ouverture d'esprit. Vous ne semblez pas juger ou condamner. Continuez ainsi et vous serez plus proche du royaume de Dieu que beaucoup de ceux qui se disent chrétiens.

Petit point cependant, votre cas confirme (une fois de plus) qu'il n'est pas question de choix de préférence mais de déterminisme génétique. Une sorte de déphasage entre le matériel organique et les messagers psychiques (hormones). Et cela doit rester ainsi. Chez vous c'est naturel, vous n'en avez pas eu la maîtrise. C'est en ce sens qu'il faut éduquer les enfants qui sont dans votre situation. Comprenons bien qu'il n'y a aucun respect et aucune tolérance à avoir pour la propagande LGBT qui dans les écoles encourage des enfants à adopter des attitudes ou des pratiques contraires à leurs besoins naturels.

Soyez bénie !

Je vous remercie, ce que vous me dites me touche beaucoup ! Personnellement, je n'aime pas trop le mouvement LGBT. Le T ne devraient pas se trouver avec le reste, puisqu'il ne s'agit pas là d'orientation sexuelle... De plus il s'agit d'un groupe de personne qui parle en notre nom, et qui pourtant ne font pas avancer les choses pour les transsexuels je trouve. Ils diffusent même des films qui rassemblent tous les clichés nous concernant...

Citation :

Jenny,

je ne vous jette pas la pierre loin de là. Mais il me faut vous mettre en garde. Un sentiment n'est absolument pas suffisant pour changer notre identité profonde. Etant donné que votre sentiment d'être une femme ne correspond pas avec votre identité biologique, peut-être que le sentiment lui-même devrait être réévalué, au lieu de l'identité biologique. Me comprenez-vous ?

Je n'ai pas simplement un sentiment. Mon identité profonde est celle d'une femme. On ne peut pas réévaluer le sentiment d'être dans notre cas. On sait ce que ça a donné : des taux de suicides élevés, des échecs cuisants. C'était du meurtre silencieux...

De plus, j'ai passé toute ma vie à réfléchir à ce dont vous faites référence, et 2 ans à l'évaluer à l'Hôpital Universitaire de Gand. Je suis sûre de ce que j'ai besoin Smile

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Vincent01



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Mer 01 Oct 2014, 17:35

J'ai pas tous lu, par contre ce que je peux dire c'est simplement que nous Chrétiens nous devons être ouvert à tous le monde.

Votre histoire n'a rien de dramatique ni de triste , vous étiez un garçon mais vous vous sentiez "fille" aujourd'hui j'ai juste envie de dire, vivez sans aucune honte ce que vous êtes.

Vous faites partie d'une minorité qui est rejeté par le monde et malheureusement aussi par des Chrétiens.

Sachez que vous êtes comme nous tous une personne humaine, qui a le droit de vivre, et votre différence vous semble peut être une fragilité mais en fait c'est une force. D'ailleurs Saint Paul l'avait très bien compris, c'est dans nos faiblesses que nous tirons la force.

Ceux qui vous critiquent et surtout les Chrétiens, non rien compris aux messages du Christ.

La souffrance que tous êtres humains vit en son coeur à sa source de guérison : LE CHRIST.


Je vous souhaite simplement une belle vie, car c'est en étant heureux qu'on rend les autres heureux et qu'on peut ainsi mieux évangéliser le message du CHrist.

Thumright
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aristote



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Mer 01 Oct 2014, 17:40

Jenny a écrit:
aristote a écrit:
Jenny,

je ne vous jette pas la pierre loin de là. Mais il me faut vous mettre en garde. Un sentiment n'est absolument pas suffisant pour changer notre identité profonde. Etant donné que votre sentiment d'être une femme ne correspond pas avec votre identité biologique, peut-être que le sentiment lui-même devrait être réévalué, au lieu de l'identité biologique. Me comprenez-vous ?

Je n'ai pas simplement un sentiment. Mon identité profonde est celle d'une femme. On ne peut pas réévaluer le sentiment d'être dans notre cas. On sait ce que ça a donné : des taux de suicides élevés, des échecs cuisants. C'était du meurtre silencieux...

De plus, j'ai passé toute ma vie à réfléchir à ce dont vous faites référence, et 2 ans à l'évaluer à l'Hôpital Universitaire de Gand. Je suis sûre de ce que j'ai besoin

Mais peut-être que l'on devrait chercher notre identité dans la nature (donnée) plutôt que dans la conquête et la maîtrise des moyens qui nous mèneraient à sembler "être" conformément à un ressenti... Il y a bien une origine psychologique à votre sentiment (même profond et sincère) d'être une femme ?

Jenny a écrit:
Mon identité profonde est celle d'une femme

Vous faites ici un saut un peu rapide : vous passez du sentiment à l'être, mais ici précisément le sentiment crée la fracture avec l'être, il ne le crée pas, et même ne le reconnaît pas. Je vous ai lu avec infiniment de tristesse : ce que vous avez vécu est terrible, peut-être que si aujourd'hui vous êtes persuadé d'être une femme, c'est que d'autres ont très habilement inséminé cette idée en vous, alors que vous étiez dans un désarroi profond. Non, définitivement, la sincérité n'est pas la vérité...
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Mer 01 Oct 2014, 20:25

Citation :
Je vous souhaite simplement une belle vie, car c'est en étant heureux qu'on rend les autres heureux et qu'on peut ainsi mieux évangéliser le message du CHrist.

Je suis bien d'accord avec cette phrase, il faut s'aimer soi même pour pouvoir aimer les autres Smile

Citation :
Mais peut-être que l'on devrait chercher notre identité dans la nature (donnée)

On ne connaît hélas par grand chose du transsexualisme. Mise à part quelque théories, dont une qui concerne le foetus. Le cerveau se développerait sous influence d'hormones dans le sens opposé du corps. Si c'est vrai, ma nature est ainsi faite, je ne peux pas la changer. Aucun psychiatre n'a jamais réussi à faire accepter à un transsexuel ou une transsexuelle son corps biologie.

Citation :
Vous faites ici un saut un peu rapide : vous passez du sentiment à l'être

Je me suis peut être mal exprimée, mais quand je parle d'un sentiment, ce n'est pas un petit sentiment d'être femme accompagné de doute... Je me ressens entièrement comme une femme. Je ne pense pas que ça soit une saut rapide.
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Mer 01 Oct 2014, 22:32

Jenny Pans a écrit:
Citation :
Je vous souhaite simplement une belle vie, car c'est en étant heureux qu'on rend les autres heureux et qu'on peut ainsi mieux évangéliser le message du CHrist.

Je suis bien d'accord avec cette phrase, il faut s'aimer soi même pour pouvoir aimer les autres Smile

Mais une personne qui veut changer de sexe ne le fait-elle pas parce qu'elle ne s'aime pas dans son corps ? neutral
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Jenny



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MessageSujet: Re: Transsexualisme, bioéthique et témoignage   Jeu 02 Oct 2014, 14:54

C'est exact, mais je le fais justement pour être mieux avec moi même. Et je remarque que ça paye, mes relations sociales sont bien mieux aujourd'hui Smile
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Transsexualisme, bioéthique et témoignage
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