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 Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen

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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 04 Aoû 2014, 11:40

La langue de Jésus : Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen
août 03, 20148




http://www.europe-israel.org/2014/08/la-langue-de-jesus-jesus-parlait-et-enseignait-en-hebreu-et-non-en-arameen/
Image à la Une : Jésus Christ par Rembrandt. 
Par le biais d’une analyse historique et étymologique, le propos de cet article est de réfuter l’allégation (pseudo innocente et objective) selon laquelle la langue de Jésus était exclusivement l’araméen. Il est aussi de révéler – à part le substrat linguistique par lequel les différents rédacteurs des Evangiles canoniques ont initialement rédigé leurs textes -, l’usage que faisait Jésus de l’hébreu dans son parler courant et surtout dans quelle langue spécifique a-t-il dispensé à ses disciples son enseignement, donc son message et sa « Bonne Nouvelle » ?
 

  1. LES LANGUES Á L ’EPOQUE DE JESUS


 
Á l’époque de Jésus, période de crise, politique, spirituelle, et sociale, quatre langues se « côtoyaient » en terre d’Israël (Judée, Pérée, Samarie, Galilée, Golan). Les voici, selon leur ordre chronologique : l’hébreu, l’araméen, le grec et le latin.
Choisir de s’exprimer dans une de ces langues plutôt que dans l’autre était forcément une façon de se positionner face à l’occupant romain.

- Le latin était en effet la langue du nouvel envahisseur.
L’administration romaine, qui se mit rapidement en place, faisait naturellement usage de sa langue latine. Cette dernière était probablement parlée, ou tout du moins comprise, par les hauts fonctionnaires judéens et des hautes instances de Jérusalem (comme le Sanhédrin).

En revanche, il est douteux qu’en si peu de temps (une ou deux générations), le latin ait pu pénétrer dans les couches les plus défavorisées de la population hébreue indigène. En Galilée particulièrement, province reculée et fief de la plus farouche résistance anti-romaine, le latin exécré n’avait pas « droit de cité ».
En effet, les patriotes hébreux (francs-tireurs sicaires, rebelles zélotes et autres « ultras »), se chargeaient à coup d’embuscades et guet-apens, d’interdire aux légions romaines toute ingérence dans leur vie. Or, faut-il le rappeler, les surnoms des premiers compagnons de Jésus, laissent penser qu’ils se recrutaient parmi ces « ultras » (ainsi « Simon le roc », « Simon le zélote », « Judah le glaive » ou encore « Jacob l’éclair »). D’autant plus que ces disciples, campagnards bourrus et modestes pêcheurs, étaient, selon les Actes des Apôtres (4, 13), des gens peu lettrés.
Par quel miracle, auraient t-ils su manier le latin aussi bien que l’hameçon ou la faucille ?! Jésus sortait-il du lot ? Serait-ce sa connaissance du latin qui impressionna ses disciples et lui octroya son charisme ? On a du mal à le croire.
 
Ce qui, lors du Sermon sur la Montagne (Matthieu, 7, 28) séduisit Simon, Jean, ou André ainsi que tous les villageois de la contrée, était sa connaissance de la Torah et des Livres des Prophètes, sa façon directe et populaire d’en déduire une éthique et un comportement social (à la différence des méandres de l’exégèse pharisienne), et surtout sa prise de position en faveur des pauvres, des indigents et des opprimés.
Cela n’a pas empêché Jean-Claude Barreau (Biographie de Jésus. Paris, Edition Plon, 1993. p 29) d’affirmer que Jésus n’a pas eu besoin de traducteur lors de sa discussion philosophique, quasi précieuse, avec Pilate le préfet romain de Judée. Or cette célèbre scène (Jean 23, 33-38) est justement une des rares à faire l’unanimité parmi les chercheurs modernes qui la considèrent tous comme non–historique, voyant mal Jésus converser en latin avec Pilate ! L’unique rapport que pouvait avoir à cette époque le fils d’un modeste charpentier galiléen avec « l’administration » romaine, était lors de la levée forcée des impôts. La trique et le son de la monnaie étaient, entre les percepteurs et les villageois galiléens, plus courantes que de virtuelles discussions existentielles sur la rédemption de l’humanité.

 
- Le grec fit son intrusion brutale en Israël cent cinquante ans avant le latin, avec les conquêtes d’Alexandre de Macédoine.
Les livres des Macchabbées relatent la guerre d’indépendance et de libération que mena victorieusement le peuple d’Israël contre Antiochus, un des successeurs d’Alexandre. A la différence cependant du latin, qui fut toujours identifié comme la langue de l’oppresseur, la traduction de la Bible en grec (« La Septante  » ) octroya à la langue de l’envahisseur ses lettres de noblesse parmi « l’intelligensia » et les classes dirigeantes judéennes.
Il était de bon ton de converser en grec pour se démarquer de la plèbe qui était encore fidèle à l’hébreu. Presque tous les dirigeants judéens adoptèrent ainsi, à côté de leurs prénoms hébreux, des noms propres tels que « Aristobule », « Hyrcan », « Antigone » etc… Et même Alexandre ! (voir les deux noms du roi hasmonéen : Alexandre Yanaï.
Des dizaines de mots grecs ont ainsi pénétré dans le vocabulaire hébreu, à tel point qu’aujourd’hui les Israéliens sont persuadés que « Sanhédrin » ou « Guématria » sont du pur hébreu alors qu’ils sont d’origine grecs (les chefs Macchabées doivent, c’est le cas de le dire, se retourner dans leurs tombes !).

Nonobstant un succès indéniable dans la Diaspora juive, le grec ne put cependant, à l’époque de Jésus, se répandre parmi les couches populaires indigènes. La syntaxe grecque, étant très différente de l’hébreu ou de l’araméen, les ruraux de Galilée devaient  « s’y cassaient les dents » ( à la différence des aristocrates et des citadins de Jérusalem, rompus depuis longtemps à l’emploi du persan – classé avec le grec parmi les langues dites indo-européennes ). Il faut également imputer le « rejet » des masses au grec à une cause politique : l’amalgame que la conscience hébraïque collective faisait entre le grec, langue devenue quasi officielle dans l’Empire Romain en Orient, et le latin exécré. Seuls quelques noms propres grecs mais latinisés furent adoptés, sans doute grâce à leur résonance hébraïque Dans les Evangiles par exemple, certains disciples de Jésus avaient des noms grecs : « Bar Talmaï », parce qu’il calquait à l’hébreu « Telem », ou « Andraï » parce qu’il traduisait « ishaï », un nom hébreu très prisé qui signifiait « don » mais était entendu comme « homme ».

Paysage des bords de la mer de Galilée – Lac Tibériade
- L’araméen bénéficie d’un a priori. Admise par nombre de chercheurs comme la seule langue courante au temps de Jésus, elle aurait été une sorte de « lingua franca de l’Asie Mineure sémitique » (sic !).
Il est évident que les Evangiles – bien qu’ils ne nous soient parvenus qu’en Grec -, sont truffés de mots et d’expressions en langue araméenne tels que Abba (= Père), Bar (=Fils), Talitha qumi (= Fillette, lève-toi) etc… Et il est aussi évident que Jésus et ses disciples savaient très bien l’araméen, langue proche de l’hébreu.
Mais cet a priori fait cependant fi de certaines considérations idéologiques, politiques et linguistiques cruciales :
L’araméen était lui aussi une langue d’occupant. On pourrait même dire, la langue d’un double occupant. Celle de l’occupant extérieur araméen puis assyro-babylonien qui, six siècles environ avant Jésus, avait détruit les royaumes d’Israël et de Judée. Mais aussi la langue d’un « occupant intérieur » : le judaïsme pharisien.
Les adeptes du judaïsme pharisien, ces émigrés de Babylone, ces nouveaux-venus aux yeux des hébreux autochtones, méprisaient les samaritains et les galiléens, à qui ils accolèrent le sobriquet de « cuthéen », de « culs-terreux » (= « bour ve am haaretz ») de « phénicien », de « cananéen » etc… Ils voyaient dans leur patoi hébreu, qu’ils comprenaient mal d’ailleurs à cause d’une différence de prononciation et d’accentuation entre leur hébreu biblique fossilisé et le  « charabia » samarito-galiléen, la preuve de la supériorité de leur culture judéo-babylonienne.
Le fossé s’élargit d’autant plus que le judaïsme babylonien changea même la calligraphie des lettres hébraïques et adopta ce qu’il est d’usage de nommer  » écriture carrée  » par opposition à « l’écriture saccadée » originelle de l’hébreu.

Tout patriote hébreu (y compris Jésus et ses compagnons) était donc loin de considérer l’araméen comme sa langue maternelle chérie. Et bien qu’ils l’employaient couramment, ces hébreux galiléens savaient, « sentaient », qu’elle n’était pas la leur.
S’il nous est permis de faire un parallèle avec la situation actuelle en Algérie, nous dirions qu’un « kabyle » qui revendique son berbérisme, ne considèrera jamais l’arabe comme sa langue. Tout en parlant parfaitement l’arabe, un  Amazigh  autochtone cherchera toujours la moindre occasion pour « placer son mot » en langue berbère, si possible et souvent par défi, justement lorsqu’un arabophone se trouve dans les parages. De plus, on sait aujourd’hui, de par nombreuses découvertes archéologiques, que les Samaritains n’ont jamais cessé d’utiliser l’hébreu comme langue vivante et pas seulement liturgique. Or Jésus le galiléen était bien proche (au moins géographiquement) de ses voisins samaritains (voir dans les Evangiles « La parabole du bon samaritain », ou « La femme samaritaine »  et ses nombreuses rencontres avec eux). Quelle était donc cette frontière invisible qui faisait qu’un village samaritain parlait l’hébreu, et qu’un village galiléen situé à deux pas parlait uniquement l’araméen ? Absurde !

Le problème est donc plus épineux qu’il ne paraissait de prime abord, et l’araméen n’est pas ce franc-parler pittoresque et inoffensif que l’on a bien voulu mettre dans la bouche de Jésus.
 
- L’hébreu était, originellement, la langue indigène de la contrée allant du Nil à
l’Euphrate. L’archéologie a prouvé que ce que l’on appelle le paléo-hébreu (nommé aussi proto-cananéen) date d’au moins cinq millénaires et qu’il englobait tous les « hébraïsants » : Israéliens et Judéens, Cananéens et Phéniciens (puis Carthaginois), Iduméens et Midianites, Moabites et Amonites, bref tous ses habitants autochtones.

Á chaque fois que ces peuplades ont eu à subir le joug d’un occupant étranger, leur première réaction fut de se raccrocher à leur langue hébraïque, comme à une bouée de sauvetage identitaire.
Mais cette langue  « nord ouest sémitique », selon la classification traditionnelle (mais peu scientifique), avait une proche « cousine » : L’araméen. le Père Marcel Jousse, en 1930 déjà, entrevoyait que derrière le « koïné », le grec populaire des Evangiles, se cachait un originel « sémitique » qu’il croyait être l’araméen.
Pourquoi l’araméen et non pas l’hébreu ? Sans doute parce que depuis le 16ème siècle, l’opinion générale supposait que l’hébreu était, déjà au temps de Jésus, une « langue morte » en Israël. En dépit de son anachronisme, cette assertion eut la vie dure…jusqu’à la découverte des manuscrits de la Mer Morte, dans la seconde moitié du XXème siècle, qui a relégué cette « évidence » au statut de fable pieuse.
Mais c’est surtout depuis les années 1980-90, avec les travaux de L’Abbé Jean Carmignac « La Naissance des Evangiles Synoptiques », et davantage avec « Le Christ Hébreu » de Claude Tresmontant, que l’on sait que « ce grec populaire » est en fait une « langue calque », un mot à mot à partir non pas de l’araméen mais de… l’hébreu !
Dans son ouvrage (« Le Christ Hébreu ». Edition Albin Michel. Paris. 1992), Tresmontant fait un examen minitieux, verset après verset, des textes évangéliques, et à chaque fois il trouve l’hébreu sous le calque grec.
Certains arguments lui ont été opposés : le fait que dans les Evangiles, la Bible est citée d’après la « Septante », cette traduction grecque en usage chez les Hébreux hellénophones. Et donc que les « hébraïsmes » des Evangiles ne prouvent pas forcément l’existence d’un substrat hébreu, puisque les auteurs des Evangiles pouvaient avoir retenu et copié des expressions hébraïsées de la Septante.
Selon Tresmontant, cette argutie ne tient pas compte du constat que la langue grecque des « Septante » était de qualité bien supérieure à celle des Evangiles. De plus, les « citations » des Evangiles ne sont pas fidèles, loin de là, à la traduction des « Septante » (pas plus qu’à la Pshitata, la traduction de la Bible en araméen).
 
De plus ni le grec et ni l’araméen ne peuvent expliquer clairement les paroles, les loggias et les paraboles (donc toute la pensée !) de Jésus. Ces deux langues (le grec évidemment plus que l’araméen) appauvrissent au contraire et même trahissent l’enseignement de Jésus en hébreu, qui était non seulement la langue écrite des « Saintes Ecritures », mais également une langue encore parlée.
Néanmoins, si Tresmontant ne se prive pas, à juste titre, d’égratigner ses collègues, spécialistes du Nouveau Testament grec « qui ne savent pas trois mots d’hébreu », sa démonstration pour réfuter ceux qui privilégient l’araméen au détriment de l’hébreu est moins mordante. Pourquoi ? Est-ce, comme le dit Lionel Rocheman (Jésus. Enigmes et Polémiques. Grancher. 2000. p 158) parce que « masqué par une langue calque, discriminer l’hébreu d’un araméen sous-jacent n’est pas chose aisée » ?!

Mais alors, serait-ce tout simplement que le grec des Evangiles serait une double traduction ?! Celle d’une traduction à partir d’un texte araméen lui-même pris d’un texte originel en hébreu ?!! C’est ce que nous allons nous attacher à prouver.
 

  1. METHODE DE RECHERCHE


Pour justement distinguer ces deux langues proches, l’hébreu et l’araméen, la méthode proposée est de sélectionner des dictons, des adages, des paraboles, et pourquoi pas des jeux de mots et des calembours, prêtés à Jésus, dans les Evangiles.
Ce choix, qui peut paraître arbitraire, découle cependant d’un certain bon-sens commun : Le cachet d’authenticité de ce qui est convenu d’appeler les « loggias » de Jésus pourrait ainsi « sauter aux yeux » de tout lecteur. Ainsi lorsque, par exemple, Claude Nougaro chante « Le corbeau croâsse et moi je crois », il est évident que le français est la langue d’origine de sa chanson. Ni l’Italien, ni le Portugais et ni l’Espagnol, pourtant proches du Français, ne sauraient retransmettre toute l’ironie « nougaresque ». Non seulement ce jeu de mots est intraduisible, voire incalquable, mais le rythme même des allitérations témoigne du substrat linguistique particulier. Néanmoins, il est aussi vrai qu’un bon traducteur de cette chanson par exemple en italien, essaiera toujours de trouver des équivalences, ne serait-ce que pour conserver une partie de la « saveur » du texte originel.

Il en est de même pour les jeux de mots de Jésus qui parsèment les Evangiles. Prenons un exemple : d’après l’Evangile de Matthieu (10, 34), Jésus aurait averti ses disciples qu’il n’est point venu apporter « La paix mais l’épée ! ».
Ce jeu de mots, qui n’existe pas en grec, n’est pas qu’une heureuse coincidence : bien que « glaive » aurait été plus précis, la plupart des traductions françaises lui ont, inconsciemment, préféré « épée ». Pourquoi ? A cause du jeu de mots « paix » et « épée ». Cette entorse au texte est due non au génie propre de la langue française, mais plutôt au penchant naturel de tout traducteur de préférer une bonne homonymie à une fidélité bornée à une translation littérale et au mot à mot (« traduttore = tradittore » ?).
Et si de tout temps et dans toutes les langues, les homonymes furent privilégiés par l’étymologie populaire pour créer ses propres jeux de mots, il semble que certains idiomes et certaines époques s’y prêtent mieux que d’autres.
Les langues dites « levantines » (et l’hébreu en particulier), de part la racine tri-consonantique de presque tous leurs mots et la faculté d’interversion de l’ordre des lettres (métathèse), sont une source inépuisable d’homonymes, donc de « bons mots ».

Le Lac Tibériade – Scène biblique – 1940 – Par Mane Katz
 
Examinons de près quatre exemples, parmi les innombrables « bons mots » parsemés dans les Evangiles.
 
1. Pharisiens et excréments.
Matthieu (Chap 15) et Marc (chap 7) nous relatent une scène haute en couleurs.
Des pharisiens, très soucieux de leur pureté rituelle (leur nom signifie principalement « séparés du peuple impur »), remarquent que les compagnons de Jésus rompent le pain du repas sans auparavant avoir fait l’ablution des mains. Ils vont voir Jésus et l’accusent d’enseigner à ses disciples le dédain de la tradition des Anciens. Jésus leur répond par un verset d’Isaïe, les accusant à son tour d’hypocrisie en primant le respect méticuleux de leurs traditions au mépris de la Foi.

Et c’est alors que Jésus prononce sa fameuse sentence :
« Ce n’est pas ce qui pénètre dans la bouche qui souille l’homme mais ce qui en sort ».

Les disciples, en apercevant les pharisiens extrêmement choqués des paroles de leur Maître, lui demandent l’explication de la parabole. Jésus les sermonne: « Etes-vous vous aussi des bornés ?! Ne comprenez-vous pas que ce qui pénètre dans la bouche descend dans le ventre et s’en va comme excréments aux lieux d’aisances, tandis que les paroles mauvaises qui sortent de la bouche proviennent du cœur, et elles, elles souillent l’homme ! »
En relisant toute cette scène, aussi bien en français qu’en grec ou même en araméen, on a du mal à saisir ce qui offusque tant les pharisiens et pourquoi Jésus traite-t-il ses propres disciples de bornés ! On aura aussi énormément de mal à expliquer pourquoi la simple juxtaposition de trois mots: pharisiens-excréments-paroles, déclenche instantanément chez les auditeurs de Jésus, le sentiment d’avoir été bafoués d’une part (chez les pharisiens), et … un fou rire général d’autre part (chez ses disciples galiléens).
J’en ai fait l’expérience en retraduisant en hébreu ce paragraphe à des Israéliens hébréophones. En effet, si en français, les mots « excréments », « paroles », et « pharisiens » ne rélèvent d’aucune homonymie, en hébreu par contre, ils dérivent tous d’une racine commune P-R-SH, qui étymologiquement indique « ce qui sort », « ce qui se sépare », donc à la fois les excréments (=P-Re-SH) qui sortent de l’orifice anal, les paroles ou encore « exégèses » (= P-Ru-SH) qui sortent de l’orifice buccale, et le pharisien (= P-Ro-SH) qui sort et se sépare du peuple avec son exégèse qui fait l’amalgame entre « excrément » et « parole », anal et buccal.
Par ce « calembour », Jésus rétorque donc aux pharisiens que la véritable souillure est leur exégèse méticuleuse et rebarbative de la Torah.

Certains trouveront l’humour assez vulgaire ou de mauvais goût, d’autres penseront qu’il ne manque pas de « suc ». Mais que l’on apprécie ou non, le sens caché de la parabole n’apparaît qu’en hébreu. Et tout cet épisode aurait été beaucoup moins percutant si Jésus s’était adressé aux pharisiens en araméen, puisque dans cette langue, parole/exégèse (pishra) s’associe bien à pharisien (proushi), mais pas aux excréments (mohraot).
 
2. Pierre et fils de pierre.
Qui ne connaît ce passage de l’Evangile de Matthieu (16, 17-19):
« Heureux sois-tu, Simon fils de Jonas… Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ».
De prime abord, le jeu de mots est clair, un peu facile et simplet dira-t-on. Pourtant une étude linguistique est à même de nous révéler une toute autre complexité.
A l’époque le surnom\prénom Pierre n’existait ni en Grec ni en Latin. En araméen, « pierre » se dit « kaïfa » et en hébreu « eben ».

Si nous retraduisons ce passage de Matthieu en hébreu (en lettres latines), voilà ce que cela donne : « ashreikha shim’on benyona… atah eben veal eben zo ebneh benyani. »
Un simple coup d’œil nous montre que les consonnes bn qui en hébreu se trouvent aussi bien dans le mot « fils » que dans celui de « pierre », reviennent pas moins de cinq fois !
Or, les mêmes mots dits en araméen sont loin de présenter une telle allitération : au lieu de benyona c’est baryona, kaïpha à la place de eben, et kenishti pour benyani.
Bien peu en effet, comparé à l’hébreu dont le clavier sonore enrichit l’allitération en englobant, de façon extrêmement sophistiqué, à la fois le surnom de Simon, le nom de son père (lui-même homonyme du verbe bâtir), le verbe bâtir, la matière première sur et avec laquelle on bâtit, et le but final de cette charade !

Par le biais de cette allitération\charade, Jésus a ainsi fait de Simon-Pierre son premier disciple, l’héritier, tel un fils, de son message, ainsi que le « bâtisseur » des générations futures. D’autant plus que « benyona » signifie en hébreu « fils de la colombe » (= « esprit saint » !), que Pierre est le surnom du Dieu d’Israël  (Eben Israël), et que « bâtir » évoque que c’est sur cette pierre que s’est jadis édifié le Sanctuaire de Yahweh !!!
 
3. Pain et Chair, Vin et Sang
Les trois Evangiles synoptiques nous rapportent ce qu’il est d’usage d’appeler « La Cène », en réalité le repas de Pessah (La Pâque), à partir de laquelle s’instaurera la cérémonie chrétienne de l’Eucharistie. En raison de sa briéveté, citons Marc 14, 23-24 : « Il (Jésus) prend un pain, bénit, partage, leur donne et dit : Prenez, mangez. Ceci est ma chair. Il prend une coupe de vin, rend grâces, et leur donne… Il leur dit : Ceci est mon sang… ».
Cet épisode donna lieu à de graves contre-sens. Certains exégètes juifs rabbiniques ont voulu voir dans cette « Cène », non seulement une grave entorse à la Bible (et au Talmud), mais de surcroît un ersatz païen (de nécrophagie?!), aux antipodes de la Pâque juive. Et à l’opposé, se répandit dans le monde chrétien une même accusation de nécrophagie contre les juifs avec l’odieuse calomnie de « crime rituel » et « d’usage traditionnel de sang chrétien dans la confection des pains azymes » (sic !). Que de malentendus entre juifs et chrétiens auraient été épargnés, combien de pogroms et de persécutions auraient pu être évités si Jésus avait été lu dans sa langue originelle : l’hébreu.

Voici, grâce à l’hébreu, le sens reconstitué exprimé par Jésus lorsqu’il fit usage de ces quatre mots « pain », « chair », « vin », sang :
Pain = LeHeM; Chair = LeHeM; Vin = aDoM; Sang = DaM.
Le premier tandem, de racine LHM, est à la fois homonymique et synonymique.
Entre parenthèses, le mot « guerre » est construit en hébreu à partir de la même racine (= « miLHaMah), ce qui dit bien ce qu’elle est : Un lieu de « carnage » (du latin carnis = chair), ou encore un moyen de s’approprier le pain (le blé et la terre) d’autrui.
Le second tandem, de racine DM, est une homonymie doublé d’une métonymie (comme d’ailleurs en français dans l’expression « gros rouge » pour un vin de qualité médiocre), évoquant ici la couleur rouge du sang.

En d’autres termes, en évoquant l’homonymie et la synonymie de « Pain et Chair » et « Vin et Sang », de la langue hébraïque Jésus ne fait pas que répéter en ce soir du repas de Pâque ce que sait chaque hébréophone, il livre également à ses disciples ses réflexions profondes avant sa mort prochaine : que la coutume du sacrifice de l’agneau pascal, avec toutes les connotations qu’elle renferme de violence et de sang versé, doit être abrogée par la commémoration de sa propre mort, et par là-même, il sublime la Torah.
Il est à noter qu’une fois de plus l’araméen est inadéquat à contenir toute la parole symbolique de Jésus. Dans cette langue, pain se dit « lahma », et « chair » se prononce « bifra »; quant à sang, c’est « damma » et vin est « hamra ». Il n’y a donc ici ni homonymie, ni métonymie, et la pensée de Jésus s’en trouve sensiblement appauvrie.
 

 Jésus apparaît à ses disciples par la mer de Galilée – Gravure 1873
4. Eli et Elahi
« Eli, Eli, lama sabachtani ?  » (« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? « )
Ces célèbres derniers mots qu’aurait prononcés Jésus sur la croix (Matthieu 27, 46), se trouvent aussi chez Marc (15, 34) :  » Elahi, Elahi, lama sabachtani ?  »

Ce « lama sabachtani » étant en araméen, des exégètes en ont conclu que l’araméen était donc la langue maternelle de Jésus. De prime abord, on imagine mal en effet quelqu’un, aux ultimes instants de sa vie, pousser un dernier soupir dans une langue qui ne soit pas la sienne.
Les choses sont pourtant plus compliquées. En réalité, ces mots de Jésus ne sont pas de son cru. Ils sont la traduction de l’original hébreu (Voir la Bible – Psaumes. 22) :  » Eli, Eli, lamma ‘azavtani ?  « .
Ce verset a-t-il été dit par Jésus dans la langue originelle (en hébreu), et alors ce seraient les Evangélistes qui pour leurs besoins, et ceux de leurs lecteurs ou auditeurs, l’auraient traduit en araméen ? Ou bien est-ce Jésus lui-même qui l’aurait prononcé, en traduction simultanée pourait-on dire, en araméen ? Mais pourquoi donc ? Ce verset biblique était connu par tous et lu à la synagogue des centaines de milliers de fois. Pourquoi Jésus qui se présentait au peuple tel un prophète aurait-il fait une telle entorse à son « image de marque » en prononçant un verset si prophétique non pas dans la « langue sainte » hébreue des Psaumes, mais en araméen ?
Avant d’extrapoler, remarquons qu’il y a entre Matthieu et Marc un changement, presque imperceptible à l’œil nu : le « Eli » en hébreu de Matthieu est translittéré en « Elahi » araméen chez Marc.  Ce « Eli » de Matthieu et ce « Elahi » de Marc sont en fait la clé de voûte de toute l’énigme.
 
Pour savoir ce qu’a réellement prononcé Jésus, et en quelle langue, il suffit de prolonger un peu la lecture du texte. Il est raconté en effet que des témoins de la scène crûrent que Jésus adressait sa supplique au prophète Elie. Or une telle confusion est impensable si Jésus avait prononcé « Mon Dieu » (« Elahi ») en araméen, puisque l’homonymie entre « Eli » (= « Mon Dieu ») et « Elie », le nom du prophète, n’existe qu’en hébreu !
Cela montre donc que Jésus a prononcé ce verset en hébreu, et que le jeu de mots de Matthieu n’a pu être construit que pour des hébréophones. Mais lorsque son jeu de mots fut ultérieurement traduit en araméen, il perdit toute sa saveur.
 
Dans les quatre exemples mentionnés ici (et il y en a encore des dizaines !), une réponse claire se profile à l’horizon : la prépondérance de l’hébreu chez Jésus au détriment de l’araméen. Seule une référence à l’hébreu permet de comprendre exactement non seulement les paroles de Jésus, mais encore les réactions qu’elles suscitèrent.
Les Evangiles abondent de paraboles et d’expressions (comme par exemple celle du grain de sénevé (Math. 13, 31-32), du levain (Math. 13, 33) et de l’ivraie (Math. 13, 24-30), ou encore des « cheveux tous comptés « (Math. 10, 30), ou la parole de Jean-Baptiste (Jean, 1, 29) sur « l’Agneau qui porte (le péché) » = « Ha seh ha noseh « , toutes typiquement hébraïques et qui ne sont susceptibles de livrer leur sens qu’en cette langue.
 
On peut donc conclure que même si Jésus connaissait bien l’araméen, il privilégia systématiquement la transmission de son enseignement en hébreu biblique archaïque, quitte à ne pas toujours être compris par tous. Il incombait alors aux disciples d’expliciter au peuple (parfois en hébreu populaire et parfois en araméen), le sens caché de ses paraboles.
C’est probablement dans un tel contexte qu’il faut comprendre la raison pour laquelle « Les disciples s’approchent et lui disent : pourquoi est ce en paraboles que tu leur parles ? » (Math 13, 10-15 ; Marc 4, 10-12 ; Luc 8, 9-10), et Jésus de répondre :
« Rien de caché qui ne sera découvert, rien d’obscur qui ne sera compris. Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le dans la lumière, ce qu’à l’oreille vous percevez, clamez-le au dessus des toits! » (Math. 10, 26).

 
Comme il est dit précédemment, les Evangiles sont truffés de loggias et de paraboles de Jésus dans lesquelles son message est en quelque sorte « crypté » en hébreu biblique.
Un tel penchant pour le sens caché des paraboles n’est pas le fruit d’un ésotérisme gratuit de la part de celui qui, paradoxalement, se voulait si proche du petit peuple. Mais ce penchant de Jésus révèle qu’il était bien plus proche que l’on ne le pense des tenants d’un retour à l’identité hébraïque « dure » et d’un activisme patriotique révolutionnaire, tels que celui des zélotes et des sicaires.
Ces rebelles et ces résistants qui luttèrent contre l’occupant romain, choisirent délibérément non seulement de ne parler qu’en hébreu, mais encore de réutiliser les lettres de l’alphabet originel (comme le montrent les pièces de monnaie frappées par les mouvements révolutionnaires hébreux de cette époque).
Cela signifierait-il que, en octroyant son enseignement uniquement en hébreu, Jésus oeuvrait à sa façon non seulement pour la libération du pays contre le joug de l’envahisseur romain, mais également contre l’aliénation culturelle introduite par les précédents occupants, qu’ils soient des étrangers extérieurs à son peuple ou des « occupants » internes comme l’establishment pharisien qui lui privilégiait l’araméen ?
Déterminer la langue dans laquelle Jésus enseigna devient alors indispensable non seulement pour en comprendre la substance, mais également pour saisir la portée de l’engagement qu’un tel choix représentait, à cette époque.

L’apôtre Paul lui-même ne s’y est pas trompé : la voix qu’il entendit sur le chemin de Damas était celle de Jésus. Or cette voix, Paul le mentionne spécifiquement, lui parla en hébreu ! Citons le passage en entier (Actes, 26, 14):
« Nous sommes tous tombés à terre et j’ai entendu une voix me dire en hébreu : Shaoul, Shaoul, pourquoi me persécutes-tu?…

Mais je dis : Qui es-tu, Seigneur ? Le Seigneur dit : Je suis Yeshoua que toi tu persécutes »…
Jésus appela Paul de son nom hébreu : Shaoul, qui signifie « l’appelé », nom prédestiné semble t-il ! On peut voir là une volonté de notifier une chaleur humaine et une familiarité fraternelle de Jésus à l’égard de Paul. Tandis que pour Paul, le fait même de témoigner que Jésus lui parla en hébreu, et dans aucune autre langue, attribuait à la voix une autorité prophétique quasi divine.

Toute la complexité de cette relation Jésus-Paul ne peut être appréhendée que dans la langue hébraïque et en aucune manière en araméen ! Il est bon aussi de remarquer que l’hébreu parlé de Jésus était le rugueux parler galiléen distinct du judéen officiel et « policé » de Jérusalem, parsemé de mots grecs, ce qui dénote bien de l’état d’esprit révolutionnaire de ce groupuscule dont Jésus était le meneur.
 

  1. DE L’ARAMEEN SOUS L’HEBREU ?


Devant l’évidence de ce témoignage paulinien, certains « exégètes » chrétiens, aveuglés par leur anti-hébraïsme forcené, persistent à voir de l’araméen même lorsque c’est de l’hébreu. Sur quoi se base leur opinion ? La voici en substance (mise en italiques) :
Des passages du Nouveau Testament font en effet allusion à la langue hébraïque. Mais il ne faut pas se méprendre sur le sens du mot « hébraïque ». Il ne s’agit pas de l’hébreu classique mais de l’araméen. L’apôtre Paul connaissait sûrement l’hébreu, mais dans la vie courante, il parlait grec ou araméen. Et l’apôtre Jean, dans son Evangile, lorsqu’il mentionne des mots « hébreux », entend par là des mots « araméens ». Il est donc clair que lorsque le Nouveau Testament parle de « langue hébraïque » ou d’« hébreu », il faut comprendre « araméen ».
En résumé, les données du Nouveau Testament ne confirment pas sa rédaction en hébreu, suivie d’une traduction en grec. La langue usuelle de la « Palestine » (sic!) au 1er siècle était l’araméen et à Jérusalem même, une forte minorité de la population parlait le grec. On voit mal pourquoi, les auteurs du Nouveau Testament auraient rédigé en hébreu pour traduire en grec ! Comme nous l’avons vu, il semble que Matthieu ait rassemblé les paroles de Jésus en araméen.
Certes Papias et d’autres Pères de l’Eglise ont soutenu que la rédaction de l’Evangile de Matthieu s’est faite en hébreu :  « Matthieu réunit donc en langue hébraïque les paroles (de Jésus) et chacun les traduisit comme il en était capable ». (Eusèbe, Histoire de l’Eglise, III, 39, 15-16).
Jérôme (†419), l’auteur de la Vulgate, traduction de la Bible en latin, va également dans le même sens ( » Primus omnium Mattheus… qui evangelium in Judaea hebraeo sermone edidit »). Mais nous sommes ici très loin des origines et il semble que la source de Jérôme soit la même que Papias, Origène et Irénée (qui parlent tous d’un original en hébreu).
On est donc toujours ramené à des suppositions difficiles à prouver et l’hypothèse d’un Evangile de Matthieu rédigé en hébreu reste fragile.
Notons que Papias, qui écrivait vers 130 ne dit pas que tout le Nouveau Testament a été écrit en hébreu. Il ne dit pas non plus que l’Evangile de Matthieu a été écrit en hébreu. 
Tout ce que l’on sait d’après lui, c’est que Matthieu a mis par écrit en hébreu les « paroles » de Jésus. Or nous savons que pour les anciens le mot « hébreu » signifie araméen (double sic !). Matthieu aurait donc rédigé un recueil de paroles du Seigneur dans sa langue originale – l’araméen.

En résumé, les données fournies par les Pères de l’Eglise, ne permettent pas d’affirmer que tout le Nouveau Testament a été écrit « en hébreu par les premiers disciples juifs de Yéshoua ». Tout au plus, et ce n’est pas certain, peut-on penser que Matthieu a mis par écrit en araméen les paroles de Jésus. Quoi qu’il en soit ce document est perdu. C’est donc une pure hypothèse qui ne repose que sur le témoignage douteux de Papias… Il est donc impossible de prouver qu’un seul livre du Nouveau Testament ait été rédigé en hébreu avant d’être traduit en grec.

 Le bateau de Jésus (ou datant de cette époque) – Découvert dans la mer de Galilée. Exposé au Musée du Kibboutz Ginosar au  bord du Lac Tibériade (Kinneret).
 
 

  1. OU DE L’HEBREU SOUS L’ARAMEEN ?


En lisant la prose de ces hébréophobes, on ne peut qu’être sidérés devant tant de mauvaise foi (dans tous les sens du terme) et de malhonnêteté intellectuelle ! Voici des chrétiens qui non seulement mettent en doute et falsifient le témoignage des Pères de l’Eglise, mais les prennent pour des ignares qui ne savent pas distinguer l’hébreu de l’araméen. Pour eux, même Jean l’évangéliste et Paul, l’ancien rabbin polyglotte versé aussi bien dans la Bible que dans l’enseignement oral des pharisiens, étaient des analphabètes qui mélangent hébreu et araméen !
Or, pour être cousines, ces deux langues sont aussi éloignées l’une de l’autre que peuvent l’être le français et l’italien. Un locuteur en hébreu « n’entend » pas l’araméen et vice-versa. Les élèves israéliens laïques aujourd’hui, ne comprennent rien au Talmud enseigné dans les séminaires religieux, en araméen.
 
Toutefois, avant de répondre à leurs exemples pris sur l’Evangile de Jean, contentons nous d’une remarque : Le nom « Palestine » n’apparaît pas une seule fois dans toute la Nouvelle Alliance (Nouveau Testament) ! Les noms usités sont « Pays d’Israël » ou « Terre d’Israël » ou encore « Judée ».
Pour les successeurs du mouvement de Jésus et ses disciples (trop longtemps taxé de « pacifiste » et « apolitique », alors qu’en réalité il fallait y voir une résurgence hébraïque « subversive » aux yeux de l’occupant romain comme à ceux de l’establishment judaïque !), l’usage du terme « Palestine » aurait été impensable, en tant qu’injure au peuple hébreu.  Ce qui n’empêche pas aujourd’hui certains pseudo- chrétiens, alliés aux propagandistes islamo-palestinistes, de parler de « Jésus le palestinien » (sic!), sans jamais se poser la question pourquoi les évangélistes se sont interdits l’usage du terme « Palestine », considéré comme un affront et symbolisant l’oppression romaine, alors que l’expression « Terre d’Israël » était fièrement arborée ! Pourquoi donc ces exégètes ne respectent-ils pas, à tout le moins, la terminologie des Evangiles ? Est-ce pour des raisons « anti-sionistes » inconscientes ?
 
Parlons à présent de certains mots en araméen relevés dans l’Evangile de Jean. Jean n’était pas un ignare et savait pertinemment distinguer l’hébreu de l’araméen. Alors pourquoi dit-il que des mots en araméens sont en hébreu ? N’est-ce pas parce que son Evangile écrit par lui originellement en hébreu, a d’abord été traduit par un quelconque scribe en araméen avant d’être traduit en grec ?! CQFD !
L’Evangile de Jean est d’ailleurs le seul (avec celui de Luc) qui nous révèle le contenu de l’inscription gravé sur l’écriteau, le titulus, placé au dessus de la tête de Jésus lors de sa crucifixion (« Jésus Nazaréen Roi des Juifs », et en latin « Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum », les célèbres initiales INRI présentes dans toutes les églises. Entre parenthèses « Nazaréen » n’a ici aucun lien avec la ville de Nazareth, mais vient de la racine hébraïque NTsR qui signifie « garder », « défendre » etc….
ישוע הנצרי ומלך היהודים
(Yeshoua Hanotsri Wemelekh Hayehoudim =
Jésus le défenseur et le roi des juifs)
IESUS NAZARENUS REX IUDAEORUM
IESOUS NAZORAIOS BASILEUS TON IOUDAION
 
Cette inscription était en trois langues : hébreu, grec, latin, d’après Jean. L’ordre chez Luc diffère (grec, latin, hébreu). Mais c’est toujours ces trois langues. L’araméen n’y est pas mentionné ! Comment imaginer d’ailleurs que quelqu’un ait pu privilégier l’araméen, au détriment de l’hébreu, la langue scripturaire et sacrée par excellence ?
Et s’il s’agissait en réalité de l’araméen et non de l’hébreu, pour quelle raison Jean lui aurait-il donné la primauté et la prépondérance par rapport au grec et au latin ? N’est-ce pas plutôt parce que le scribe polyglotte de Jean s’adressait principalement à de nouveaux convertis chrétiens, des « Gentils » d’origine grecque, romaine ou autre, et non à des « Hébreux messianiques de souche ». Il lui importait alor que ces convertis sachent ce qu’ils doivent à la culture hébraïque et au peuple hébreu. Et qu’ils n’oublient pas, pour reprendre la parabole de Paul, qui est l’olivier d’Israël et qui est la greffe sauvage :  » Or si la racine est consacrée, les branches le sont aussi. Mais si quelques-unes des branches ont été retranchées, si toi, l’olivier sauvage, tu as été greffé parmi eux, et rendu participant avec eux de la racine nourricière de l’olivier, ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu fais le fier, sache que ce n’est pas toi qui portes la racine, mais que c’est la racine qui te porte. » (Rom, 11, 16-18).
En d’autres termes, c’est l’olivier des Hébreux qui porte la branche des « Gentils » convertis au christianisme et pas le contraire ! Et c’est pourquoi, selon l’apôtre Paul, tout authentique chrétien se doit de respecter son aîné Hébreu !
 
Pour en revenir à l’inscription de l’écriteau au dessus de la tête de Jésus – trop souvent représentée, reconstituée et traduite de manière fantaisiste dans les sites d’internet -, elle donnerait en araméen : « Yeshoua’ Nazara Malka Di Yehoudaia » – initiales comportant 5 lettres (YNMDY), qui ne veulent rien dire dans cette langue !
Alors qu’en hébreu, cela donne:  « Yeshoua Hanotsri Wemelekh Hayehoudim », donc les initiales du Tétragramme divin : YHWH ! (le « W » qui rend ici le « et » de la coordination est indispensable en hébreu pour une expression dénuée de verbe). Traduite littéralement en français, elle donne : « Jésus le défenseur (ou gardien de l’alliance ?) et le roi des juifs« .
Voici comment, par haine anti-hébraïque, certains (pseudo) exegètes chrétiens, affidés au palestinisme, préfèrent déprécier et diminuer la portée de l’Evangile de Jean qui élève Jésus-Yeshoua au statut d’incarnation de Yahweh !
 
CONCLUSION
 
Par le biais de « Jésus le palestinien parlant l’araméen » (« parlant l’arabe », n’est qu’une question de temps !), la récupération politique du personnage de Jésus par la propagande islamo- palestiniste est un subtil subterfuge visant à déposséder le peuple hébreu de son patrimoine culturel et historique.
Car, ne l’oublions pas, Yeshoua-Jésus (qu’il soit historique ou une figure légendaire, thèse à laquelle personnellement je m’oppose) ne fut pas le seul condamné à la crucifixion. Des milliers d’autres « rebelles » Hébreux appartenant à des mouvements révolutionnaires de résistance contre l’occupant romain, furent crucifiés !
Le mouvement de Jésus s’inscrit en droite ligne avec les autres mouvements de libération du peuple Hébreu qui l’ont précédé et qui l’ont succédé, depuis celui de Bar-Kokhba au IIème siècle après J.-C. et jusqu’au XXème siècle avec le sionisme qui a prôné la « résurrection » de la langue et du peuple hébreu, sa détermination à se libérer de ses oppresseurs et occupants (y compris palestinistes arabo-islamiques), et son aspiration nationale de retour au pays de ses ancêtres et à sa terre où un certain Yeshoua’ Ben Yossef, surnommé Yeshoua’ bar Abba (Jésus Barabbas = Jésus fils du Père) naquit, vécut et mourut pour ses idées.
N’en déplaise aux propagandistes palestinistes islamo-palestinistes et de leurs acolytes de tous poils, Jésus était notre frère, un Hébreu qui parlait l’hébreu.
 
David BELHASSEN

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 04 Aoû 2014, 12:15

Intéressant mais Jésus devrait être le frère de tout homme, et surement parlant en langues, avec l'esprit, de coeur à coeur.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 04 Aoû 2014, 12:43

Non, pas encore. Il parlera de cette façon là lors de son apparition dans la gloire, à l'heure de la mort.

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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 04 Aoû 2014, 13:47

Il faudra attendre la Pentecôte ....mais ça change quoi au message christique la façon de parler?
Il parlait latin à Pilate et hébreu ou araméen aux autres
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 04 Aoû 2014, 13:49

Mister be a écrit:

Il parlait latin à Pilate et hébreu ou araméen aux autres
Ca me paraît évident.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 04 Aoû 2014, 14:57

Connaitre la langue originelle peut être utile pour comprendre le sens exact, mais le christianisme ne s'étant pas focalisé sur une langue formelle exclusive, la forme extérieure du langage m'y apparait moins importante que l'hébreu pour le judaïsme ou l'arabe pour l'islam, dans lesquels il y a une alliance intime entre la langue employée, le vécu religieux, et le sens spirituel. Le latin ou le slavon ne sont que des langues liturgiques assurant une certaine fixité et permanence du sens, mais pas des langues de révélation.
Un maitre spirituel parle autant par sa présence que par sa parole. Néanmoins si un message doit être transmis aux générations ultérieures, il faut bien qu'il y ait un support de transmission.

http://www.aleteia.org/fr/international/video/le-pape-francois-corrige-benjamin-netanyahu-sur-la-langue-maternelle-de-jesus-5834707786792960
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 04 Aoû 2014, 15:35

Mister be a écrit:
Il faudra attendre la Pentecôte ....mais ça change quoi au message christique la façon de parler?
Il parlait latin à Pilate et hébreu ou araméen aux autres

On ne sait pas s'il parlait latin. L'avait-il appris ?
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Mister be



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 04 Aoû 2014, 20:31

ben Israël pays conquis devait imposer sa langue....On parlerait Allemand si l'Allemagne n'avait pas été vaincue

Mais l'Hébreu reste la langue de la Bible, la langue sacrée....
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_Bruno_



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 04 Aoû 2014, 21:17

C'est le Grec qui était utilisé par les élites romaines dans l'Empire et particulièrement en Orient, comme langue "internationale".
Sans rentrer trop dans les détails, il semble que dans l'évangile de Jean, une bonne partie des dialogues entre Pilate et les les accusateurs juifs de Jésus soient parfaitement authentiques, des paroles retenues puis notées telles quelles par un témoin. Pilate les aurait prononcées dans un Grec approximatif, celui d'un "latinisant". Je vous invite à lire ceci pour en savoir plus.

Au passage,  l'auteur de ce travail mérite un grand coup de chapeau et mériterait, à mon sens, d'être diffusé sur des sites tel que "docteur angélique".
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DelpheS



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Mar 05 Aoû 2014, 12:00

Cela dépend de l'auditoire et des interlocuteurs d'origine, mais ce qui reste des paroles et ce sur quoi on raisonne dépend aussi des transcripteurs qui ont écrit les Evangiles, lesquels ne contiennent pas tout ce qui a été dit, ni tout (il me semble) dans la forme qui a été employée, si un orateur maitrise plusieurs langues, parle a des auditeurs divers et moi-même un nombre de langues inférieures ou une seule, si je transcris pour un auditoire qui se trouve dans une situation analogue à la mienne, le résultat sera autant le reflet de notre situation  linguistique actuelle qu'un reflet exact de la langue ou des langues qui ont été employées à l'origine.
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Mister be



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Mar 05 Aoû 2014, 12:45

C'est vrai aussi les dichotomies linguistiques sont nombreuses...
On pense en français et on parle en flamand...
exemple biblique pour moi...alma est devenue parthenos, ce qui a donné le dogme de la Vierge...
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_Bruno_



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Mar 05 Aoû 2014, 13:52

Ne sous estimons pas la capacité qu'avaient les sociétés de tradition orales, comme l'étaient les sociétés proche-orientales à l'époque, à mémoriser et transmettre les paroles reçues au mot près. C'est avec l'écrit que tout commence à se compliquer Smile (d'autant plus quand il s'agit de toucher de nouveaux publics aux traditions et langues très différentes).


Mister be a écrit:
exemple biblique pour moi...alma est devenue parthenos, ce qui a donné le dogme de la Vierge...

Petite digression qui pourrait vous faire changer d'opinion  ou tout au moins la nuancer fortement sur le dogme rabbinique du dogme de la Vierge (Smile): c'est ici

À noter que c'est déjà ce que disait Drach* (rabbin converti) dès la première partie du XIXè siècle sur la valeur toute relative du texte massorétique et de la tradition rabbinique (je ne veux pas dire qu'ils n'ont pas de valeur, mais cette valeur est loin d'être absolue comme une tendance actuelle voudrait nous le faire croire, car non exempt de certains présupposés irréductibles comme "les disciples de Jésus ne peuvent avoir raison", ce qui est tout à fait dogmatique également).

*à lire absolument, en particulier si vous êtes hébraïsant
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DelpheS



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Jeu 07 Aoû 2014, 10:43

Je m'en tiens à l'hypothèse de trois langues dans la pratique, araméen pour les gens du peuple (et de Galilée), grec pour le commerce et les gens lettrés, hébreu pour les confrontations avec les autorités religieuses. Mais il faut sortir ce débat des revendications nationalistes actuelles, l'arabe est aussi presque aussi éloigné de l'hébreu que de l'araméen, même si ces trois langues ont une origine commune et partagent de nombreuses racines.



Les rouleaux de Qumran sont majoritairement en hébreu, mais il y a quelques textes en araméen, ce qui prouve que même dans cette communauté nationaliste cette langue n'était pas ignorée. Des passages importants de l'Ancien Testament au regard de l'Evangile sont des passages en araméen (vision de Daniel).
Beaucoup de juifs ne comprennent pas l'hébreu, beaucoup de tombes portent des inscriptions en araméen.
En Galilée : pas beaucoup d'indices suggérant un emploi généralisé de l'hébreu. L'araméen était devenu la langue officielle de la Galilée depuis le VIème siècle av.JC. A Sepphoris ville importante de Galilée, et proche de Nazareth, il est très probable que le grec était employé.

Quelle importance ? Parce que d'une langue à l'autre même en utilisant les mêmes mots le sens peut être différent. Et plus on s'éloigne de l'original plus les changements de sens peuvent se produire.
Un bibliste donne l'exemple suivant, traduction en français de Mt 3 : 2 : "le royaume des cieux est proche". La compréhension habituelle est le lieu, l'état dans lequel nous serons après la mort va venir rapidement. Mais dans l'araméen le terme traduit  par royaume signifie aussi autorité du roi, règle, il s'agirait alors de l'autorité du roi, l'autorité du roi serait proche (et non le royaume dans lequel nous serons après la mort). Sans compter que si je prends en français : "l'autorité (le pouvoir) du roi est proche", je peux comprendre dans un sens temporel, que son pouvoir va venir dans un proche, très proche, avenir, mais je peux aussi comprendre que son pouvoir est déjà là, même s'il n'est pas apparent.
Cela ne veut pas dire qu'il faut éliminer l'autre sens, mais que l'autre sens perçu originellement se perd dans la traduction. Si la langue cible ne contient pas de mot synthétisant tout ce que contient le mot traduit, il faut choisir, interpréter dans un sens plus restreint.
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libremax



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Ven 08 Aoû 2014, 20:51

Que fait-on des lectures synagogales traduites en araméen -les Targoums- qui montrent bien que le peuple juif ne comprenait plus l'hébreu des Ecritures?
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DelpheS



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Mar 26 Aoû 2014, 09:51

Une critique de la thèse :

http://www.lemessieetsonprophete.com/annexes/Mt_intro_langues.pdf
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humanlife



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Ven 16 Oct 2015, 15:44

J'ai retrouvé ce sujet car en ce moment je cherche une approche pour comprendre la structuration de la langue hébreu
Est-ce que vous sauriez expliquer de façon claire simple et explicite les caractéristiques de la structuration de la langue hébreu
je m'adresse aux spécialistes et aux amateurs qui ont réfléchis sur la question
les langues m'intéressent beaucoup comme mr Jourdain faisait de la prose sans le savoir nous sommes tous traversés par les traditions de langue de nos pays d'origine mais aussi par les influences plus ou moins lointaines liées aux influences des mouvements historiques et culturels
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scholasate



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Ven 16 Oct 2015, 21:30

J'ai lu un petit bout du texte cité et j'ai vite arrêté, devant une erreur aussi monstrueuse: LeHeM ne veut pas dire "chair", il y a un mot pour cela en hébreu, c'est BaSaR, comme dans le langage des sacrifices "manger de la chair et boire du sang" (Ez. 39, 17, etc.). BaSaR est, par ailleurs, en résonance avec le verbe BaSeR, annoncer la bonne nouvelle, l'évangile (Is. 61, 1).

A éviter.
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 01:16

humanlife a écrit:
J'ai retrouvé ce sujet car en ce moment je cherche une approche pour comprendre la structuration de la langue hébreu
Est-ce que vous sauriez expliquer de façon claire simple et explicite les caractéristiques de la structuration de la langue hébreu
je m'adresse aux spécialistes et aux amateurs qui ont réfléchis sur la question
les langues m'intéressent beaucoup comme mr Jourdain faisait de la prose sans le savoir nous sommes tous traversés par les traditions de langue de nos pays d'origine mais aussi par les influences plus ou moins lointaines liées aux influences des mouvements historiques et culturels

Salut,

Voici une piste audacieuse,  je vois déjà venir les critiques mais selon mon point de vue c'est par là qu'il faut passer, c'est la source.
Si tu veux plus d'infos tu trouveras un sujet sur le forum nommé l'Égypte antique aux sources du monothéisme.
Bonne nuit.






Les Symboles Des Égyptiens Comparés À Ceux Des Hébreux Broché
Pierre Paul Frédéric Baron De Portal
Les Symboles des Égyptiens est une étude linguistique, philologique et symbolique, établissant les relations qu'entretiennent les symboles égyptiens, trouvés sur les monuments, et les racines hébraïques qui leurs correspondent. Ces liens ancestraux sont confortés par les langues coptes et grecques. C'est pourquoi ce livre représente un apport essentiel à la connaissance fondamentale des symboles.








Israël = fils de Râ
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DelpheS



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 09:04

Fabre d'Olivet, très intéressant, il donne pour LHM : tout ce qui sert d'alimentation, un autre dictionnaire donne : pain. Autre sens : combat
On retrouve la racine dans Beth Lehem.

http://kabbale.cc/file/view/7515/fabre-dolivet-antoine-la-langue-hebraique-restituee-i-edition-numeriquepdf

Les deux racines B CH R et L H M existent en arabe avec des sens voisins, LHM s'y retrouve avec viande, chair, boucher, idée de combat...
et B CH R : homme, gaité, bonne nouvelle, forme extérieure du corps, épiderme...
Certains ont même été plus loin, et ont affirmé que par l'Egypte, qui a au moins une trace certaine dans la Bible, certains éléments atlantéens avaient été incorporés, en traversant le continent africain...
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 16:29

Effectivement, les travaux de Fabre d'Olivet méritent une attention particulière .
Ses recherches son corroborées et validées par d'autres chercheurs.
Concernent l'Atlantide je fais confiance à Platon, ce qui est intéressant c'est de voir les spécialistes dire que Platon "a raison sur tout sauf sur l'Atlantide qui est un mythe ..."
Si l'Aflantide a réellement existé, les égyptiens de l'antiquité en sont les dépositaires, Albert Slosman ne dit pas autre chose ...
Pour revenir au sujet, l'hébreu est bien une langue sacrée d'exception car elle est directement connectée à l'idiome hiéroglyphique...
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 18:44

LCDSM -  AUTEUR DE  la fameuse devise de la République française : Liberté, Égalité, Fraternité.




EXPLICATIONS - SUITE:
 
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Mister be



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 18:46

scholasate a écrit:
J'ai lu un petit bout du texte cité et j'ai vite arrêté, devant une erreur aussi monstrueuse: LeHeM ne veut pas dire "chair", il y a un mot pour cela en hébreu, c'est BaSaR, comme dans le langage des sacrifices "manger de la chair et boire du sang" (Ez. 39, 17, etc.). BaSaR est, par ailleurs, en résonance avec le verbe BaSeR, annoncer la bonne nouvelle, l'évangile (Is. 61, 1).

A éviter.
thumleft
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DelpheS



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 18:57

Guénon dit que les langues sacrée reproduisent dans leur structure et leur signification la langue adamique.
Le soufi marocain abd al azîz dabagh dit que cette langue "suraniyya", solaire, langue des anges, circule dans toutes les langues comme la sève dans les arbres, elle est constituée de syllabes isolées. Si elle est présente dans les langues profanes, elle l'est encore plus dans les langues support d'une révélation.
Il y a dans l'ésotérisme juif et dans l'ésotérisme musulman une "science des lettres" qui repose sur des principes analogues : chaque lettre est à la base une sorte de hiéroglyphe (signe sacré synthétique), chaque lettre est aussi un nombre, mais au sens pythagoricien, pas uniquement au sens quantitatif, par exemple le Alif, Aleph est le un, l'unité, le Ba Beith le 2, la dualité etc cette signification symbolique apparait ou apparaissait dans leur forme originale visuelle, elle a pu disparaitre ou être simplifiée dans certains cas.
Cette science des lettres est attribuée d'une manière spéciale au Christ par l'Islam.
Comment concilier cette science des éléments de base du langage humain que sont les phonèmes en nombre limité que peut prononcer un homme avec son appareil vocal avec des langues ultérieures plus ou moins complexes comprenant des lois de morphologie, des prononciations variées ?
L'idée qui me vient en ce moment ce serait un cuisinier qui travaillerait toujours avec des éléments bruts, naturels (langues sacrées) et un autre qui travaillerait avec des matières déjà transformées (langues profanes, qui se construisent sur des modifications incessantes et des altérations d'éléments précédents). Ce n'est qu'une image mais elle me permet en ce moment de réconcilier l'idée d'une science sacrée concernant une langue mère, ses sons racines et leur portée spirituelle/intellectuelle avec cette circulation de ces sons et de cette langue mère dans toutes les langues, ce qui permet avec une langue profane résultant de multiples dérivations de parvenir à parler des choses sacrées et primordiales, sinon la perte de cette langue rendrait impossible tout discours spirituel, ce qui n'enlève rien au fait que cette langue profane sera moins directe.

Pour Platon, quand il utilise le mythe, c'est pour parler de choses que la raison dialectique ne peut pas atteindre, mais dans le cas de l'Atlantide, sa description est trop précise, trop "géographique" pour que j'y vois simplement un mythe, sachant que les mythes ne sont pas des inventions humaines, mais une forme d'expression de réalités indicibles.
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Miles Templi



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 19:07

Pour avoir un aperçu de ce qu'évoque DelpheS sur le symbolisme du langage on peut consulter le livre de Luc Benoist "la cuisine des anges".
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Mister be



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 19:10

voilà une belle introduction au mythe de la Tour de Babel....
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 19:53

DelpheS a écrit:
Guénon dit que les langues sacrée reproduisent dans leur structure et leur signification la langue adamique.
Le soufi marocain abd al azîz dabagh dit que cette langue "suraniyya", solaire, langue des anges, circule dans toutes les langues comme la sève dans les arbres, elle est constituée de syllabes isolées. Si elle est présente dans les langues profanes, elle l'est encore plus dans les langues support d'une révélation.
Il y a dans l'ésotérisme juif et dans l'ésotérisme musulman une "science des lettres" qui repose sur des principes analogues : chaque lettre est à la base une sorte de hiéroglyphe (signe sacré synthétique), chaque lettre est aussi un nombre, mais au sens pythagoricien, pas uniquement au sens quantitatif, par exemple le Alif, Aleph est le un, l'unité, le Ba Beith le 2, la dualité etc cette signification symbolique apparait ou apparaissait dans leur forme originale visuelle, elle a pu disparaitre ou être simplifiée dans certains cas.
Cette science des lettres est attribuée d'une manière spéciale au Christ par l'Islam.
Comment concilier cette science des éléments de base du langage humain que sont les phonèmes en nombre limité que peut prononcer un homme avec son appareil vocal avec des langues ultérieures plus ou moins complexes comprenant des lois de morphologie, des prononciations variées ?
L'idée qui me vient en ce moment ce serait un cuisinier qui travaillerait toujours avec des éléments bruts, naturels (langues sacrées) et un autre qui travaillerait avec des matières déjà transformées (langues profanes, qui se construisent sur des modifications incessantes et des altérations d'éléments précédents). Ce n'est qu'une image mais elle me permet en ce moment de réconcilier l'idée d'une science sacrée concernant une langue mère, ses sons racines et leur portée spirituelle/intellectuelle avec cette circulation de ces sons et de cette langue mère dans toutes les langues, ce qui permet avec une langue profane résultant de multiples dérivations de parvenir à parler des choses sacrées et primordiales, sinon la perte de cette langue rendrait impossible tout discours spirituel, ce qui n'enlève rien au fait que cette langue profane sera moins directe.

Pour Platon, quand il utilise le mythe, c'est pour parler de choses que la raison dialectique ne peut pas atteindre, mais dans le cas de l'Atlantide, sa description est trop précise, trop "géographique" pour que j'y vois simplement un mythe, sachant  que les mythes ne sont pas des inventions humaines, mais une forme d'expression de réalités indicibles.

Oui les langues profanes sont dégradées mais leur source est sacrée, le lien originel n'est pas rompu.

Concernant Guénon, voici une citation pour les lecteurs :



Nb. Certains exégètes utilisent la guématrie sur des textes en grec.
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omajoie



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 19:59

S'agissant directement du sujet, lire les ouvrages de Pierre Perrier :"Les colliers évangéliques", "Evangiles de l'oral à l'écrit"
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Mister be



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 20:17

François Pignon a écrit:
Nb. Certains exégètes utilisent la guématrie sur des textes en grec.

Et ça fonctionne?
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Miles Templi



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 20:20

Aucune chance.
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 20:27

Mister be a écrit:
François Pignon a écrit:
Nb. Certains exégètes utilisent la guématrie sur des textes en grec.

Et ça fonctionne?

Difficile à dire, personnellement je n'ai jamais vérifié la validité.
L'hébreu reste la base indiscutable.
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 17 Oct 2015, 20:46

Étant donné que les nombre sont intimement liés aux lettres (mots/noms) selon cette science hébraïque,  quel est le nom le plus important dans la Torah ?  C'est le Tétragramme ...
Abraham Aboulafia ( loin d'être le seul à le dire), grand kabbaliste, nous dit que toute la Torah est contenue dans le Nom ineffable.
Je posterai un passage plus tard.
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boulo
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Dim 18 Oct 2015, 09:56

Mister be a écrit:
François Pignon a écrit:
Nb. Certains exégètes utilisent la guématrie sur des textes en grec.

Et ça fonctionne?

D'après Bardet , cela ne peut pas fonctionner : le digamma a disparu et la valence des lettres n'est pas la même qu'en hébreu , car l'ordre traditionnel des lettres a été perturbé en grec . Il faut une correction préalable pour que " cela fonctionne " .


Dernière édition par boulo le Mar 20 Oct 2015, 06:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Dim 18 Oct 2015, 16:19

François Pignon a écrit:
Étant donné que les nombre sont intimement liés aux lettres (mots/noms) selon cette science hébraïque,  quel est le nom le plus important dans la Torah ?  C'est le Tétragramme ...
Abraham Aboulafia ( loin d'être le seul à le dire), grand kabbaliste, nous dit que toute la Torah est contenue dans le Nom ineffable.
Je posterai un passage plus tard.


Voici:



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Dim 18 Oct 2015, 16:55

DelpheS a écrit:

Cette science des lettres est attribuée d'une manière spéciale au Christ par l'Islam.

Bonjour,

Pouvez-vous développer ? merci.
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DelpheS



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 19 Oct 2015, 09:13

Il y a un lien, voire une identité, entre "le souffle du Miséricordieux", "nafas arrhamân", la Parole divine créatrice du monde, et le verbe christique "parole d'Allah".



Lire ce texte de Michel Vâlsan : " Références islamiques du "Symbolisme de la Croix""

http://esprit-universel.over-blog.com/michel-v%C3%A2lsan-r%C3%A9f%C3%A9rences-islamiques-du-%C2%AB-symbolisme-de-la-croix-%C2%BB

Extrait:
" En outre, il est important de savoir, dans l'ordre de nos considérations, que cette conception des dimensions axiales de l'existence universelle est une caractéristique de la science propre aux initiés musulmans dont le type prophétique particulier est Sayyidunâ Aïssâ (Jésus) en tant qu'une des formes du Verbe universel incluses dans les possibilités du Maqâm muhammadien
Cette science initiatique s'appelle d'ailleurs la « science aïssawie », mais elle est plus exactement la « science des Lettres » ce par quoi il faut entendre avant tout la connaissance du souffle générateur des « lettres » tant du côté divin (Nafas ar-Rahmân = le « Souffle du Tout-Miséricordieux ») que du côté humain (15). Les lettres transcendantes donnent naissance aux Paroles divines (Kalimât) et aux Noms des choses (Asmâ'), et l'homme les reçoit à la fois comme une connaissance en soi, comme un moyen de réalisation et comme un pouvoir de gouvernement du macrocosme et du microcosme. Cette science est aussi celle du « souffle de vie » par laquelle Jésus ressuscitait les morts ou animait les oiseaux d'argile qu'il avait façonnés lui-même. Un des Soufis les plus marquants qui ont possédé cette science et dont le cas sera pour nous particulièrement intéressant ici, fut le fameux Al-Hallâj. C'est ce que précise bien le maître par excellence du Tasawwuf, le Cheikh al-Akbar Ibn Arabî, dans les lignes suivantes de ses Futûhât :
« Cette science (la « science aïssawie ») est celle qui se rapporte aux notions de « hauteur » (tûl) et de « largeur » (‘ard) du monde, entendant par cela, d'une part, le monde spirituel (al-‘âlam ar-rûhânî) qui est celui des Idées pures (al-Ma’âni) et du Commandement divin (al-Amr), d'autre part, le monde créé ('âlam al-khalq) de la nature cosmique (at-tabî’a) et des corps (al-ajsâm), le tout étant à Allâh : « La Création et le Commandement ne sont-ils pas à Lui ? » (Cor. 7, 54). « Dis : l'Esprit fait partie du Commandement de mon Seigneur ! » (Cor. 17, 85). « Béni soit Allâh, le Seigneur des Mondes ! » (Cor. 7, 54). Ceci était la science d'Al-Hussayn ibn Mansour Al-Hallâj — qu'Allâh lui fasse miséricorde ! — Quand tu entendras quelqu'un des gens de notre Voie traiter des Lettres (Hurûf) et dire que telle « lettre » a tant de brasses ou d'empans en « hauteur » et tant en « largeur », comme l'ont fait Al-Hallâj et d'autres, sache que par « hauteur » il veut dire sa vertu opérative (fi’l) dans le monde des esprits, et par « largeur » sa force opérative dans le monde des corps : la mesure mentionnée alors en est la caractéristique distinctive. Cette terminologie technique a été instituée par Al-Hallâj » (16)."

Si vous cherchez vous trouverez d'autres articles à ce sujet.
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DelpheS



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 19 Oct 2015, 09:45

Fabre d'Olivet recommande l'étude de trois langues principalement, chinois, sanskrit et hébreu.
Si l'on retient ce que dit abd el azîz dabbâgh sur la langue solaire formée de syllabes isolées, c'est bien la langue chinoise qui est la plus ressemblante.
Abd ek azîz dabbâgh dit que les membres du Plérôme Suprême utilisent ces éléments simples et non des mots composés, parce que d'une part ces éléments sont très denses et synthétiques, et aussi parce qu'ils n'ont pas besoin d'expliquer en détail pour se comprendre, c'est presque comme si leur compréhension précédait la formulation.
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Miles Templi



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 19 Oct 2015, 09:55

DelpheS a écrit:
Il y a un lien, voire une identité, entre "le souffle du Miséricordieux", "nafas arrhamân", la Parole divine créatrice du monde, et le verbe christique "parole d'Allah".



Lire ce texte de Michel Vâlsan : " Références islamiques du "Symbolisme de la Croix""

http://esprit-universel.over-blog.com/michel-v%C3%A2lsan-r%C3%A9f%C3%A9rences-islamiques-du-%C2%AB-symbolisme-de-la-croix-%C2%BB

Extrait:
" En outre, il est important de savoir, dans l'ordre de nos considérations, que cette conception des dimensions axiales de l'existence universelle est une caractéristique de la science propre aux initiés musulmans dont le type prophétique particulier est Sayyidunâ Aïssâ (Jésus) en tant qu'une des formes du Verbe universel incluses dans les possibilités du Maqâm muhammadien
Cette science initiatique s'appelle d'ailleurs la « science aïssawie », mais elle est plus exactement la « science des Lettres » ce par quoi il faut entendre avant tout la connaissance du souffle générateur des « lettres » tant du côté divin (Nafas ar-Rahmân = le « Souffle du Tout-Miséricordieux ») que du côté humain (15). Les lettres transcendantes donnent naissance aux Paroles divines (Kalimât) et aux Noms des choses (Asmâ'), et l'homme les reçoit à la fois comme une connaissance en soi, comme un moyen de réalisation et comme un pouvoir de gouvernement du macrocosme et du microcosme. Cette science est aussi celle du « souffle de vie » par laquelle Jésus ressuscitait les morts ou animait les oiseaux d'argile qu'il avait façonnés lui-même. Un des Soufis les plus marquants qui ont possédé cette science et dont le cas sera pour nous particulièrement intéressant ici, fut le fameux Al-Hallâj. C'est ce que précise bien le maître par excellence du Tasawwuf, le Cheikh al-Akbar Ibn Arabî, dans les lignes suivantes de ses Futûhât :
« Cette science (la « science aïssawie ») est celle qui se rapporte aux notions de « hauteur » (tûl) et de « largeur » (‘ard) du monde, entendant par cela, d'une part, le monde spirituel (al-‘âlam ar-rûhânî) qui est celui des Idées pures (al-Ma’âni) et du Commandement divin (al-Amr), d'autre part, le monde créé ('âlam al-khalq) de la nature cosmique (at-tabî’a) et des corps (al-ajsâm), le tout étant à Allâh : « La Création et le Commandement ne sont-ils pas à Lui ? » (Cor. 7, 54). « Dis : l'Esprit fait partie du Commandement de mon Seigneur ! » (Cor. 17, 85). « Béni soit Allâh, le Seigneur des Mondes ! » (Cor. 7, 54). Ceci était la science d'Al-Hussayn ibn Mansour Al-Hallâj — qu'Allâh lui fasse miséricorde ! — Quand tu entendras quelqu'un des gens de notre Voie traiter des Lettres (Hurûf) et dire que telle « lettre » a tant de brasses ou d'empans en « hauteur » et tant en « largeur », comme l'ont fait Al-Hallâj et d'autres, sache que par « hauteur » il veut dire sa vertu opérative (fi’l) dans le monde des esprits, et par « largeur » sa force opérative dans le monde des corps : la mesure mentionnée alors en est la caractéristique distinctive. Cette terminologie technique a été instituée par Al-Hallâj » (16)."

Si vous cherchez vous trouverez d'autres articles à ce sujet.

Je rajoute les deux notes en bas de page de cet extrait:

(15) Nous avons déjà eu l'occasion d'en parler et en signaler l'intérêt dans le chapitre III : « sur le Cheikh Al-Alâwî ».

(16) Futûhât, ch. 20. — Nous donnons en annexe de notre article la traduction intégrale de ce chapitre. — Ce que dit le Cheikh al-Akbar dans la dernière phrase du texte que nous citons, concerne seulement l'application des notions de tûl et ‘ard dans le domaine de la science des Lettres, car en tant que « dimensions » symboliques de la conception intellectuelle on les trouve déjà avant Al-Hallâj (mort en 309 H.), chez un Jâhidh (mort au milieu du 3eme siècle H.) par exemple.
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humanlife



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 19 Oct 2015, 15:56

oui en fait c'est une question qui est bien plus profonde qu'il semblait quand je l'ai ressortie dans mon questionnement
alors j'ai fait une étude ce week-end et il s'est révélé qu'en effet c'est une question fondamentale pour la théologie
et il semble qu'en effet jésus était bien de l'héritage de la langue hébreu
comme quoi si on prend la peine de se pencher sur l'intériorité de nos pensées (ce qui est un phénomène rare à la base et actuellement en voie de disparition) on atteint l'esprit car souvent nos pensées sont bien loin de nos aspirations spirituelles
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 19 Oct 2015, 19:56

DelpheS a écrit:
Il y a un lien, voire une identité, entre "le souffle du Miséricordieux", "nafas arrhamân", la Parole divine créatrice du monde, et le verbe christique "parole d'Allah".



Merci.

Dans mes archives j'ai des sources similaires, des connexions avec ce que vous venez de dire (en guématrie hébraïque Davar YHWH = YHWH -"en valeur numérique totale des 4 écritures" ainsi que d'autres connexions avec la lumière)
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humanlife



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 26 Oct 2015, 14:52

la langue c'est l'identité d'un peuple
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Lun 26 Oct 2015, 15:15

humanlife a écrit:
la langue c'est l'identité d'un peuple

Chaque langue a la particularité de donner une image du monde en fonction de sa spécificité.
Un chinois ne raisonne pas comme un français, mais ces particularismes ont tendance à disparaître au profit d'une perception plus universelle .
C'est pour cela que certains parlent d'histoire post-moderne ou de fin de l'histoire.
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DelpheS



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Mar 27 Oct 2015, 11:37

Le passage de l'univers purement sémite ou gréco/sémite à l'univers grec, puis gréco/latin puis latin a entrainé des modifications dans la pensée. Les mêmes mots employés en hébreu ou en araméen prennent un autre sens en grec, c'est le problème des traductions.
Exemple connu et toujours sensible à cause de ses implications théologiques :  les frères et soeurs de Jésus, dans les langues sémitiques le mot cousin n'existe pas, on emploie frère, en spécifiant éventuellement fils de,  alors que le grec différencie le cousin du frère par des mots distincts, les textes du Nouveau Testament, qu'on admette ou non une source sémitique antérieure ont été écrits en grec, si Marc n'est pas très bon, le grec de Luc est un grec classique et maitrisé, il ne pouvait pas ignorer la nuance.
Le sens que l'on donnera au mot proviendra des comparaisons, du contexte, de la théologie.
Le bibliste Meier, sans se prononcer sur l'aspect théologique, mais uniquement en historien, pense que le plus probable est qu'il s'agisse de frères et soeurs au sens restreint.
Son livre "Un certain juif, Jésus" a d'ailleurs été qualifié par le précédent pape de"modèle d'exégèse historico-critique".
"Fils de Dieu", "Messie", "Seigneur" , existaient auparavant, avec le christianisme ils ont pris un nouveau sens.

Pour revenir à la langue des anges, langue solaire, Abd el Azîz Dabbâgh dit que les esprits, il en était de même pour Adam  et Eve, se comprennent presque sans mots, d'une manière spirituelle, les sons ont juste une fonction  de rappel, de signe déclencheur qui n'a pas besoin de développement. Cela rappelle le mode d'enseignement appelé en arabe "Ishâra", c'est un signe subtil, une allusion brève qui éveille/réveille une connaissance chez celui qui la perçoit, l'Ishâra peut n'être qu'un signe muet, un geste du corps sans parole.
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Mar 27 Oct 2015, 15:42

Dans le cas de la traduction du mot frère, le problème du grec est précisément d'être précis: adelphos signifie frère de sang, ou bien frère adoptif, et anepsios signifie cousin, fils du frère d'un parent.

L'araméen n'a pas cette précision, et couvre un champ sémantique ignoré des deux termes grecs, parce que lié à une culture qui n'est pas grecque : il s'agit du parent de même ascendance, qui appartient à la même tribu, ou bien qui vit sous le même toit.
Le traducteur grec choisit de traduire par adelphos, parce que, des deux, c'est lui qui traduit davantage l'idée de proximité familiale et qui, malgré tout, permet aussi une compréhension plus ouverte. Luc et Matthieu ont beau maîtriser le grec, ils maîtrisent parfaitement l'araméen aussi.
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humanlife



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Mar 27 Oct 2015, 16:55

le problème dans ces période c'est les luttes d'influence pour imposer des modèles de langage
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DelpheS



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Mer 28 Oct 2015, 09:02

On peut se demander ce qui précède, ce n'est pas forcement le langage, ce peut-être une influence politique, religieuse ou économique (comme pour l'anglais actuellement, et ici  à travers l'économie, c'est aussi un modèle social et culturel qui s'impose).
Tout dépend de ce qui "fait" le langage.
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humanlife



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Mer 28 Oct 2015, 10:27

c'est ça actuellement on peut dire que les luttes d'influence sont à leur paroxysme
à cause des idéologies de mondialisation on doit se soumettre à des influences
même si les peuples les refusent donc là on a une perte de liberté
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Mer 28 Oct 2015, 11:58

Le mots précédent la pensée ou c'est l'inverse ?
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humanlife



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 31 Oct 2015, 10:02

c'est à dire que surtout j'aurais aimé avoir la possibilité d'une réflexion plus précise sur une analyse du langage (voir des infos sur la transmission des écritures en grec puis en latin)
mais bon les cerveaux ont l'air d'avoir été plongés dans un tel coma par je ne sais quel procédé..
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DelpheS



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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 31 Oct 2015, 10:27

Tu peux aussi chercher par toi même, il y a des ressources sur internet.
Il y a plusieurs hypothèses :  écriture directe en grec, ou écriture à partir d'une source Q (Quelle=source en allemand), dont on n'a pas l'original.
Il y a des toute façon des sémitismes, des expressions qui sont calquées sur l'hébreu ou l'araméen.
Voilà ce que je trouve en quelques instants,  juste un exemple, il y a surement des centaines de pages, toi  aussi tu as un cerveau et des mains :

http://fdier.free.fr/rolland.pdf

http://st.symphorien.metz.free.fr/html/Sommaire/10-ecole_superieure_de_theologie/8_st_marc2.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Source_Q

http://www.interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2008/clb_080125.html
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MessageSujet: Re: Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen   Sam 31 Oct 2015, 10:33

oui mais le type d'information que je cherche ne correspond pas à ce type d'étude
je cherche des éléments plus concrets de théologie alors je sais que je parle un peu dans le vide
(le vide culturel sidéral de notre époque) mais ça m'aide à rester concentré
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Jésus parlait et enseignait en hébreu et non en araméen ! Par David Belhassen
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