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 L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya

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Alexandre



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MessageSujet: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mar 18 Juil 2006 - 21:20

Cher Samkhya,

je vous ai vu à de multiples reprises, critiquer les points de vue affirmant la simplicité de Dieu, en affirmant que vous ne voyiez pas comment le Multiple pouvait « être issu » de l’Un. J’imagine que par Multiple, vous entendez la multiplicité des êtres créés, spirituels ou matériels.

Or, en ce qui concerne le monde matériel, la réponse à votre question est apportée par la physique. En effet, la physique tend à y répondre, en la traitant en quelque sorte dans l’autre sens : elle part du Multiple pour aller vers l’Un.

Ceci se constate actuellement, mais était aussi vrai à l’époque de Thalès, et des philosophes Milésiens. En effet, à la question « de quoi est faite la matière ?» Thalès et ses successeurs (Anaximandre, Anaximène, etc …) répondent par l’idée qu’elle est constituée d’une substance unique : pour l’un, c’est l’air, pour l’autre l’eau, pour un autre, une substance différente de toutes les substances connues. Peu importe, l’idée fondamentale est lancée : au-delà de la multiplicité des phénomènes et des apparences, il y a unicité et permanence de la « substance première ». Toute cette première phase de la philosophie grecque est dominée par cette question de l’Un et du Multiple.

La même idée reste sous-jacente et fondamentale pour la physique moderne : les champs de force apparaissent comme multiples et différents, mais en fait, ils sont comme les différentes manifestations d’une réalité unique et simple.

Ainsi, Maxwell unifie deux champs de forces qui semblaient distincts à ses prédécesseurs : magnétisme et électricité. Dans son jeu d’équations, il n’existe plus qu’un unique champ « électromagnétique », dérivant d’un unique potentiel.

Plus tard, Weinberg et Salam recevront le prix Nobel pour leur théorie d’unification du champ électromagnétique, avec le champ nucléaire faible, en un seul champ dit « électrofaible ». Leur théorie prévoit l’existence de certaines particules massives, qui seront effectivement détectées au CERN, dans les années 80, ce qui confirme la théorie.

Par la suite, les physiciens ont continué leurs travaux, essentiellement motivés par la recherche du « champ unique », incluant les forces nucléaires fortes et la gravitation.

Il en va de même pour les particules, qui, à priori sont toutes issues d’une même et unique substance primordiale. La physique ne cesse d’ailleurs de tout unifier, puisqu’elle traite aussi sur un pied d’égalité champs et particules.

Rien ne semble donc arrêter la physique dans son processus d’unification et de simplification. Ceci ne signifiant pas bien sûr, que la physique soit simple à comprendre.

Il est possible qu’au moment de la singularité initiale, l’Univers ait été simple, c’est à dire, sans étendue, et non composé de parties. Cela ne l’a pas empêché de passer du simple au multiple.

Mais vous vous rendez compte vous-même de la difficulté qu’il y a à comprendre ce processus.

Si donc ce processus est si difficile à comprendre dans l’ordre du matériel (il y faut plus que toute la science des physiciens actuels), ne vous attendez pas à ce qu’il soit plus simple dans l’ordre du spirituel.

D’où tout le problème de votre question : elle ne peut attendre une réponse qui soit plus facile à comprendre que la physique elle-même !

Autrement dit, n’attendez pas de la philosophie, de la métaphysique ou de la théologie, qu’elles vous donnent une explication complète de Dieu et du Monde.
(N’oubliez pas le fameux « tout cela n’est que paille, Reginald !)

Il ne s’agit que de lumières partielles, que Dieu nous a donné parce qu’Il souhaite être connu par nous, et c’est pour cela qu’Il nous a donné à la fois l’intelligence rationnelle, la Révélation et l’Eglise. Ce qui ne signifie pas que nous soyons à même de tout comprendre, tout de suite.

Alexandre
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Sâmchat



Messages : 991
Inscription : 20/05/2005

MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mar 18 Juil 2006 - 23:20

Cher Alexandre,

Ma position est un peu plus subtile. Quand je parle de «multiple», je me réfère d'abord à la composition intrinsèque des êtres. On parle ici de composition de principes métaphysiques, et non de particules physiques. Je fais référence à l'acte et la puissance, la matière et la forme, la substance et l'accident, l'essence et l'esse, la substance et ses facultés, la substance et ses opérations.

Comment un être simple (métaphysiquement) peut-il créer un être composé? Comment un être qui est fait d'une chose à 100% peut-il créer une chose différente de celle dont il est fait sans s'appuyer sur rien d'autre? Si Dieu est acte pur, d'où vient la puissance?

Si pourtant on réussit à prouver l'existence de Dieu de telle sorte que celui qui la nie se contredirait, alors on pourrait reprendre à notre compte cette remarque de Voltaire: il y a un mystère dans l'affirmation de Dieu, mais une contradiction dans sa négation.
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marc



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MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mar 18 Juil 2006 - 23:57

[il y a un mystère dans l'affirmation de Dieu, mais une contradiction dans sa négation.]

Moi ça me va...

Marc
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Pierre-Nicolas



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MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mer 19 Juil 2006 - 5:04

Bonjour,

J'ai déjà réfléchit à cette question et on trouve la réponse chez saint Thomas. Ce n'est pas si complexe que cela, mais cela demande beaucoup de réflexion. Je me permets de copier l'article en question. Si cela vous intéresse vraiment et que vous n'avez pas le courage de tout lire, je vais en écrire un résumé.

Questions disputées sur la puissance
Question 3, article 16

Article 16: La pluralité peut-elle procéder d'un premier être unique?

Il semble que non[1].

Objections.
1. Car de même que Dieu est bon en soi, et par conséquent le Bien suprême, de même, il est par soi souverainement un. Mais de lui en tant qu'il est bon, ne peut provenir que le bien. Donc de lui ne peut venir qu'un effet[2].

2. Le bien est convertible avec l'être, l'un aussi[3]. Mais, dans ce que sont les êtres, il faut considérer la ressemblance de la créature à Dieu, comme on l'a dit ci-dessus (a. 15). Donc dans la bonté comme dans l'unité, il faut que la créature ressemble à Dieu, à savoir qu'elle soit une à partir de l'un.


3. Le bien et le mal sont opposés dans le particulier; si on les considère en commun, bien qu'ils soient contraires, alors ce sont des différences de manière d'être; de la même manière l'un et le multiple sont opposés[4], si on les prend dans le particulier, comme cela paraît en Métaphysique, (X, 1056 b 32[5]). Mais en aucune manière, nous disons que le mal procède de Dieu, mais il vient de la défaillance des causes secondes. Donc on ne doit pas penser que Dieu soit la cause de la pluralité.


4. Il faut concevoir les causes proportionnellement à leurs effets, parce qu'il est évident que les singuliers sont causes des singuliers et les universels causes des universels, comme cela paraît chez le Philosophe (Physique, II, 3, 195 b 25[6]). Mais Dieu est la cause absolument universelle. Donc son effet propre est l'effet le plus universel, à savoir l'être. Mais le fait d'avoir l'être pour les choses, ce n'est pas la pluralité, puisque la diversité ou la différence en sont la cause. Mais tout se rencontre dans l'être. Donc la pluralité ne vient pas de Dieu, mais des causes secondes, qui établissent les conditions particulières des choses, selon lesquelles elles diffèrent.

5. Le propre de chaque effet est d'accueillir une cause qui lui est particulière. Mais il est impossible que l'un soit le propre du multiple. Donc il est impossible que l'un soit la cause de la pluralité.

6. Mais on pourrait dire que cela arrive dans les causes naturelles, mais pas dans les causes volontaires.– En sens contraire, l'artisan est la cause de son oeuvre par volonté. L'oeuvre procède de l'artisan selon la forme propre de cet art qui est en lui. Donc, même dans ce qui est volontaire, un effet quelconque requiert sa cause propre.

7. Il faut une conformité entre la cause et l'effet. Mais Dieu est tout à fait un et simple. Donc, dans la créature, qui est son effet, on ne doit trouver ni pluralité, ni composition.
8. Il ne peut y avoir directement un effet identique qui vient d'agents divers. Mais de même que la cause est appropriée à l'effet, l'effet l'est aussi à la cause. Donc plusieurs effets ne peuvent venir directement de la même cause, et ainsi de même que ci-dessus.

9. En Dieu, il y a une même puissance pour engendrer, spirer et créer. Mais la puissance d'engendrer n'est que pour un seul, de même pour la puissance de spirer: parce que, dans la Trinité, il ne peut y avoir qu'un Fils unique et un seul Esprit Saint. Donc la puissance de créer s'achève à l'un seulement.

10. Mais on pourrait dire que l'universalité des créatures est d'une certaine manière l'un en son ordre.– En sens contraire, il faut que l'effet ressemble à la cause. Mais l'unité de Dieu n'est pas une unité d'ordre, parce qu'en lui, il n'y a ni avant ni après, ni supérieur ni inférieur. Donc l'unité de l'ordre ne suffit pas pour que du Dieu unique puisse sortir une pluralité.

11. De l'un absolu ne découle qu'une action. Mais par une action, il n'y a qu'un seul effet. Donc de ce qui est un et simple ne peut procéder qu'un seul effet.

12. La créature procède de Dieu, non seulement comme l'effet de la cause efficiente, mais aussi comme l'image de l'exemplaire[7]. Mais pour une seule image, il n'y a qu'un seul modèle propre. Donc de Dieu ne peut procéder qu'une créature.

13. Dieu est la cause des créatures par son esprit[8]. Mais l'agent qui agit par l'intellect agit par la forme de celui-ci. Donc comme dans l'intellect divin, il n'y a qu'une forme unique, il semble que de lui ne peut procéder qu'une seule créature.

14. Mais on pourrait dire que, bien que la forme de l'intellect divin qui est son essence, soit unique en réalité, cependant on atteint là une certaine pluralité selon les rapports divers avec des créatures diverses; et ainsi il y a une pluralité de raison. – En sens contraire, ces relations sont plusieurs dans l'esprit divin, ou bien elles sont seulement en notre raison. Dans le premier cas, il découle donc que, dans l'esprit divin, il y aura une pluralité et non une totale simplicité. Dans le second, il en découle que Dieu ne produit des créatures différentes que par l'intermédiaire de notre raison; à partir de là, il faut qu'il produise diverses créatures par divers rapports aux créatures qui ne sont que dans notre raison; et ainsi on a cette affirmation que la pluralité ne procède pas directement de Dieu.

15. Dieu par la saisie de son esprit amène les choses à l'être. Mais en lui il n'y a qu'une seule saisie, parce que son esprit est son essence, qui est une. Donc il ne produit qu'une unique créature.

16. Ce qui n'a l'être qu'en raison n'a pas été créé par Dieu; parce que certains êtres de ce genre paraissent vains comme la chimère, etc.. Mais la pluralité n'existe qu'en raison; car elle est signifiée par l'abstraction à partir d'une multiplicité qu'on ne trouve pas dans la nature. Donc Dieu n'en est pas la cause.

17. Selon Platon (Le Timée), c'est au meilleur de causer le meilleur. Mais le meilleur ne peut être qu'unique. Donc comme Dieu est le meilleur, il n'y a qu'un être qui puisse être produit par lui.

18. Celui qui agit pour une fin, produit son effet le plus proche qu'il peut de cette fin. Mais Dieu, en produisant la créature, l'ordonne à sa fin. Donc il la crée la plus proche qu'il peut de la fin. Mais ce ne peut être fait que d'une seule manière. Donc Dieu ne produit qu'une créature.

19. Il est injuste d'attribuer des dons inégaux à certains, sinon à cause d'une inégalité qui précède les mérites ou de diverses conditions. Mais il n'y a pas de diversité qui précède l'opération divine, autrement il ne serait pas la cause première de tout. Donc dans la première création, il n'a pas fait de dons inégaux aux créatures. Mais la diversité des créatures et la pluralité sont atteintes selon ce qu'elles reçoivent en plus ou en moins, comme cela paraît au chapitre 4 de La hiérarchie céleste (P.G. 177 c). Donc dans la première création, Dieu n'a pas produit la pluralité.


20. Dieu communique sa bonté à ses créatures autant qu'elles sont capables [de la recevoir]. Mais la nature des créatures supérieures a été capable d'une telle perfection et d'une telle dignité, d'être cause des créatures inférieures. Car ce qui est plus parfait peut agir sur ce qui l'est moins que lui et lui communiquer sa perfection. Donc il semble que Dieu a produit les créatures inférieures par l'intermédiaire des créatures supérieures, et ainsi lui-même n'a produit immédiatement qu'un seule créature supérieure aux autres, quelle qu'elle soit[9].


21. Plus certaines formes sont immatérielles, plus elles sont actives, comme plus éloignées de la puissance. Car chacune agit selon qu'elle est en acte, non selon qu'elle est en puissance. Mais les formes des choses qui sont dans l'esprit de l'ange sont plus immatérielles que celles qui sont dans les choses naturelles. Donc comme les formes naturelles sont causes de formes qui leur sont semblables, il semble que celles qui sont dans l'esprit de l'ange ont avec plus de force produit les formes naturelles qui leur sont semblables. Mais la diversité des choses et par conséquent la pluralité, vient de la forme. Donc il semble que la pluralité n'a procédé de Dieu que par l'intermédiaire des créatures supérieures.

22. Tout ce que Dieu fait est un. Donc, de lui, ne vient que l'un et ainsi il ne sera pas cause de la pluralité.


23. Dieu n'a qu'une pensée, parce qu'il ne pense rien hors de lui, comme on le prouve en Métaphysique,(XII, 9, 1074 b 34[10]). Mais lui-même est cause des créatures par son esprit. Donc il n'est cause que d'une (créature).

24. Anselme (Monologium ch. VIII) dit que l'essence créatrice est créature en Dieu[11]. Mais elle n'est qu'une. Donc la créature aussi est seulement une en Dieu. Mais de cette manière, la créature est causée par Dieu selon qu'elle existe auparavant en lui. Donc par Dieu il n'y a qu'une seule créature. Et ainsi la pluralité ne procède pas de Dieu.
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Pierre-Nicolas



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MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mer 19 Juil 2006 - 5:05

En sens contraire:
1. On lit en Sg. 11, 21: "Tu as tout disposé, Seigneur, en nombre, poids et mesure." Mais il n'y a pas de nombre sans pluralité. Donc celle-ci procède de Dieu.

2. Le pouvoir de Dieu précède celui de n'importe quelle chose. Mais un seul point peut être le principe de nombreuses lignes. Donc, quoique Dieu soit un, il peut être le principe de nombreuses créatures.

3. Ce qui est propre à une chose, en tant qu'unité, convient tout à fait à ce qui est tout à fait un. Mais le propre de l'unité est d'être le principe de la pluralité. Donc il convient parfaitement à Dieu d'être l'Un suprême, parce que de lui procède la multiplicité.

4. Boèce dit au début de l'Arithmétique (ch. 2), que Dieu a amené les choses à l'être selon l'exemplaire du nombre. Mais l'image est conforme à l'exemplaire. Donc il a produit les choses sous la pluralité et le nombre.

5. Dans le Ps. 103, 24, on dit: "Tu as tout fait avec sagesse". Mais comme le propre de la sagesse c'est d'ordonner, il faut que ce qui est fait avec sagesse, ait l'ordre et par conséquent la pluralité. Donc celle-ci provient de Dieu.

Réponse:
Que beaucoup de choses ne puissent procéder d'un seul principe immédiatement et en propre, cela semble venir de la limitation de la cause par l'effet; par elle il semble nécessaire que, s'il y a telle cause, il en provienne tel effet. Les causes sont au nombre de quatre, dont deux, c'est-à-dire la cause matérielle et la cause efficiente, précèdent l'effet selon l'être interne. Mais la fin, même si elle ne concerne pas l'être, concerne l'intention; la forme (ne la concerne) en aucune manière, en tant que telle, parce que, comme l'être est causé par elle, elle existe en même temps que l'être de l'effet; mais dans la mesure même où elle-même est la fin, elle est avant dans l'intention de l'agent. Et quoique la forme soit la fin de l'opération, à laquelle celle de l'agent se termine, toute fin n'est pas une forme. Car il y a une fin de l'intention au delà de la fin de l'opération, comme cela paraît dans une maison. Car sa forme est la fin qui termine l'opération du bâtisseur; cependant son intention ne se termine pas là, mais à une fin ultérieure qui est l'habitation; de sorte qu'on dit que la fin de l'opération est la forme de la maison, mais celle de son intention c'est l'habitation.


Un tel effet nécessaire de l'être ne peut venir de la forme en tant que telle, parce que, ainsi, elle accompagne l'effet; mais [il peut venir] du pouvoir de la cause efficiente, de la matière ou de la fin, soit que ce soit la fin de l'intention ou la fin de l'opération. Mais on ne peut pas dire qu'en Dieu son effet a un dû d'être de la matière[12]. En effet, comme lui-même est auteur de tout l'être, rien ayant l'être de quelque manière n'est présupposé à son action, de sorte qu'ainsi, par la disposition de la matière, il soit nécessaire de dire que son effet est tel ou tel. De la même manière, il ne peut venir de la puissance effective (efficiente) non plus. Car comme sa puissance active est infinie, elle ne se termine à l'un que pour ce qui lui serait égal, ce qui ne peut convenir à aucun effet.

C'est pourquoi, s'il est nécessaire de produire un effet qui lui soit inférieur, sa puissance, pour ce qui est d'elle, ne se finit pas à telle ou telle distance, de sorte à être obligée de produire tel ou tel effet. par son pouvoir actif.

De la même manière, cela ne vient pas de la fin intentionnelle. Car cette fin est la bonté divine qui n'est en rien accrue par la production des effets. Et en plus par les effets il ne peut être représenté totalement ou communiqué totalement à eux, de sorte qu'on puisse dire qu'il est nécessaire qu'il y ait tel ou tel effet pour recevoir en totalité la bonté divine, mais il est possible que l'effet la reçoive de nombreuses manières. C'est pourquoi la nécessité d'aucun d'eux ne vient de la fin. Ainsi la nécessité vient de la fin quand son intention ne peut être accomplie, ou totalement ou d'une manière inconvenante, que par l'existence de ceci ou cela.


Il reste donc que ce qui est dû dans les oeuvres divines ne peut exister que de la forme qui est la fin de l'opération. En effet, comme elle n'est pas infinie, elle possède des principes déterminés, sans lesquels elle ne peut exister; et un mode déterminé d'être, comme si on disait que, supposé que Dieu ait l'intention de faire un homme, il doit nécessairement lui conférer un dû qui est l'âme rationnelle et un corps organique sans lesquels il ne peut pas exister. Et nous pouvons dire la même chose pour l'univers. Car que Dieu ait voulu constituer une tel univers, ce n'est ni nécessaire ni dû à cause de la fin, de la puissance de l'efficience, ni de celle de la matière, comme on l'a montré.


Mais supposé qu'il ait voulu produire une tel univers, il lui a été nécessaire de produire telles ou telles créatures, desquelles surgirait une telle forme de l'univers. Et comme la perfection de l'univers demande la pluralité et la diversité des créatures, parce qu'elle ne peut pas y être trouvée dans l'une de ces créatures seulement, parce qu'elle est loin de la perfection de la bonté première, il a été nécessaire, en supposant cette forme recherchée, que Dieu produise des créatures nombreuses et diverses, certaines simples, d'autres composées, certaines corruptibles, d'autres incorruptibles.

Certains philosophes[13], qui n'ont pas pris en compte ces considérations, ont dévié de la vérité de diverses manières.

A) Car certains ne comprenant pas que Dieu est l'auteur de l'univers ont pensé que la matière n'existait pas par un autre (que lui[14]), que la diversité des créatures était produite par sa nécessité, qu'ils n'apportaient la diversification selon la rareté ou la densité de la matière, comme les plus anciens des philosophes Naturalistes qui n'ont découvert que la cause matérielle, ou selon l'action d'une cause efficiente qui, selon la diversité de la matière, produisait des effets divers, comme Anaxagore qui a pensé que l'esprit divin produisait diverses choses, en extrayant ce qui était mélange dans la matière; et comme Empédocle qui pensait que par l'amitié et le procès, il y avait, selon la diversité de la matière, divers effets distincts ou conjoints sous un mode varié.

Leur erreur apparaît de deux manières.:


a) Du fait qu'ils ne pensaient pas que tout être découle de l'être premier et suprême, ce qui a été montré dans une autre question.

b) Parce que, selon eux, il en découlait que la distinction des parties de l'univers et leur ordre venaient du hasard, et parce qu'il était nécessaire à cause de la nécessité de la matière.


B) D'autres ont pensé que la pluralité des choses et leurs modes divers venaient de la nécessité de la cause efficiente, comme Avicenne (Métaphysique, tr. IX, c. 4[15]) et ses successeurs. Car il a pensé que l'être premier, en tant qu'il se pense (intelligit) lui-même, produit seul un effet qui est l'Intelligence première, il était nécessaire qu'elle manque de la simplicité du premier être, vu que, autant la potentialité commence à être mêlée à l'acte, autant l'être qui reçoit d'un autre n'est pas son être propre, mais d'une certaine manière puissance pour lui[16]. Et ainsi dans la mesure où le premier être pense (intelligit), il en découle une autre intelligence qui lui est inférieure, mais dans cette mesure où elle pense sa puissance, le corps céleste qu'elle meut, procède d'elle dans la mesure où elle pense son acte, l' âme du premier ciel procède d'elle et par conséquent, les diverses choses sont multipliées par les nombreux intermédiaires.

Mais même cette position n'est pas valable non plus. D'abord, parce qu'il pense que la puissance divine se termine à un seul effet, qui est l'intelligence première. Deuxièmement, parce qu'il pense que des substances autres de Dieu sont créatrices d'autres êtres, ce qui est impossible, on l'a montré dans une autre question, article 4. Il découle aussi de cette opinion comme pour les premières, que la beauté de l'ordre universel serait due au hasard; par là, il n'ajoute pas la diversité des choses en vue de leur fin, mais au terme des puissances actives pour leurs effets.


.
C) D'autres se sont trompés à propos de la nécessité de la cause finale, comme Platon, et ses successeurs. Car il a pensé qu'il serait nécessaire à la bonté de Dieu, comprise et aimée par lui, de produire un tel univers, pour qu'ainsi le meilleur produise le meilleur. Ce qui peut être vrai, si seulement nous regardons ce qui est, mais non pas si nous regardons ce qui peut être. Car cet univers est le meilleur de ceux qui existent, et qu'il soit ainsi le meilleur, il le tient de la suprême bonté de Dieu. Cependant celle-ci n'a pas été liée à cet univers de sorte qu'elle aurait pu faire un autre univers meilleur ou moins bon.


D) D'autres qui ne font pas attention à ce qui est nécessaire à la cause formelle, mais seulement à ce qui est nécessaire à la divine bonté, se sont trompés, comme les Manichéens. Comme ils considéraient que Dieu était le meilleur, ils ont cru que venaient de lui seulement ces créatures, qui sont les meilleures parmi les autres, c'est-à-dire, les créatures spirituelles et incorruptibles; mais ils attribuèrent les créatures corporelles et corruptibles à un autre principe.

Et c'est de la même source que provient l'erreur d'Origène (Peri archon, I, 7 et 8) bien qu'elle leur soit contraire. Car il a considéré que Dieu était le meilleur et juste; c'est pourquoi, il pensa que d'abord seules les meilleures des créatures ont été créées, par lui d'abord seules et égales c'est-à-dire les créatures rationnelles. Celles-ci ayant opéré suivant leur libre arbitre de différentes manières en bien ou en mal, il disait qu'il en découlait que divers degrés étaient constitués dans l'univers, ajoutant: ces créatures rationnelles qui se sont tournées vers Dieu, ont été promues à la dignité d'ange, en différents ordres, selon qu'elles méritèrent plus ou moins; il dit qu'à l'inverse les autres créatures rationnelles qui péchèrent suivant leur libre arbitre, ont glissé dans les créatures inférieures et ont été liées à des corps; quelques-unes au soleil, à la lune et aux étoiles, celles qui péchèrent moins; quelques-unes aux corps des hommes, certaines ont été transformées en démons.


Les deux erreurs, dans leur considération, semblent détruire l'ordre de l'univers, en ne tenant compte que de ses parties particulières. Car la raison de l'univers peut apparaître de son ordre même: d'un principe unique sans différence antérieure de mérites, il fallut instituer différents degrés de créatures, pour que l'univers soit une perfection (l'univers représentant les modes multiples et variées des créatures, ce qui existe de façon simple et sans distinction, dans la bonté divine); de même que la perfection de la maison et celle du corps humain a besoin de la diversité de ses parties. Mais ni l'un ni l'autre ne seraient complets, si toutes les parties existaient sous un seul état; ainsi si tous les organes du corps humain étaient l'oeil, le rôle des autres parties manquerait. Et semblablement si toutes les parties de la maison étaient le toit, la maison ne serait pas complète et n'atteindrait pas sa fin pour, par exemple, pouvoir protéger des pluies et de la forte chaleur.

Ainsi donc il faut dire que la pluralité et la diversité des créatures a procédé d'un seul être premier, non à cause de la nécessité de la matière, de la limitation de sa puissance, ni de sa bonté, ni de l'obligation de sa bonté, mais de l'ordre de la sagesse, pour que la perfection de l'univers consiste dans la diversité des créatures.
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Pierre-Nicolas



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MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mer 19 Juil 2006 - 5:06

Solutions:
# 1. De même que Dieu est un, de même, il a produit l'un, non seulement parce que chacun en soi est un, mais encore, parce que tout d'une certaine manière est unité parfaite qui requiert la diversité des parties, comme on l'a montré[17].

# 2. La créature ressemble à Dieu dans l'unité, dans la mesure où chaque chose est une en soi, et où toutes sont unes par l'unité de nature, comme on l'a dit.

# 3. le mal[18] consiste totalement dans le non être. Mais la pluralité est causée à partir de l'être. Car la différence même par laquelle les êtres sont divisés entre eux, est un certain être. C'est pourquoi, Dieu n'est pas le créateur de ce qui tend au non-être mais le créateur de tout être. Il n'est pas le principe du mal, mais celui de la pluralité. Mais il faut savoir que l'un est double:

a) A savoir ce qui est convertible avec l'étant, qui ne lui ajoute rien sinon l'indivision; et ce "un" supprime la pluralité, dans la mesure où elle est causée par la division; non la pluralité extrinsèque que l'un a constitué comme partie; mais la pluralité intrinsèque qui est opposée à l'unité. Car ce n'est pas de ce que quelque chose est dit un, qu'est nié que quelque chose soit hors de lui qui constituerait la pluralité avec lui; mais sa division est niée dans le multiple.

b) L'autre un est ce qui est principe du nombre, qui ajoute la mesure à la nature de l'être; et la pluralité de cette unité est privation, parce que le nombre se fait par la division du continu. Cependant la pluralité n'écarte pas totalement l'unité, puisque la partie indivise demeure encore quand tout est divisé, mais elle éloigne l'unité du tout. Mais le mal, quant à lui, éloigne la bonté, en ne la constituant en aucune manière, et il n'est pas constitué par elle.

# 4. L'étant, pour ce qui est contenu sous lui, se comporte d'une autre manière que l'animal ou n'importe quel autre genre vis-à-vis de leurs espèces. Car l'espèce ajoute au genre, comme l'homme à l'animal, une différence qui est hors de l'essence du genre. Car l'animal désigne seulement la nature sensible qui ne contient pas le rationnel; mais ce qui est contenu sous l'étant ne lui ajoute rien qui soit hors son essence; c'est pourquoi, il ne faut pas que ce qui est cause de l'animal en tant qu'animal, soit cause du rationnel en tant que tel. Mais il faut que ce qui est cause de l'étant en tant que tel, soit cause de toutes ses différences, et par conséquent de toute la pluralité des étants.

# 5. L'appropriation de la cause à l'effet est atteinte par la ressemblance de l'effet à la cause. Mais l'assimilation de la créature à Dieu est atteinte selon que la créature achève ce qui la concerne dans l'intellect et la volonté de Dieu; ainsi les oeuvres artificielles ressemblent à l'artisan dans la mesure où s'exprime en eux la forme de l'art, et la volonté de l'artisan se montre au sujet de leur constitution. Car de même que la chose naturelle agit par sa forme, de même, l'artisan agit par son esprit et sa volonté. Donc Dieu est ainsi la cause propre de chaque créature, dans la mesure ou il pense (intelligit) et veut que chaque créature existe. Mais ce qu'on appelle le même ne peut être le propre de plusieurs, il faut comprendre quand se fait l'appropriation par l'adéquation[19]; ce qui ne concerne pas notre propos.

# 6. La solution paraît dans ce qui vient d'être dit.


# 7. Bien qu'il existe une certaine ressemblance de la créature à Dieu, il n'y a cependant pas une adéquation; c'est pourquoi, il ne faut pas, si l'unité de Dieu manque de toute pluralité et de composition, qu'à cause de cela, il faille qu'il existe une telle unité pour la créature.

# 8. Bien que l'effet ne puisse pas dépasser sa cause, cependant celle-ci peut dépasser l'effet, et ainsi bien que plusieurs effets puissent procéder d'une cause unique, cependant un seul effet unique ne peut pas procéder immédiatement de plusieurs causes

# 9. Bien que la puissance de Dieu soit la même en réalité pour engendrer et créer, cependant on ne comprend pas le même rapport pour l'un et l'autre; la puissance d'engendrer comprend un rapport à ce qui procède par nature, et c'est pourquoi il faut seulement un seul être, mais la puissance de créer apporte un rapport à ce qui procède par volonté; c'est pourquoi il ne faut pas qu'il soit un.

# 10. Il ne faut pas, comme on l'a dit, qu'une telle unité soit dans la créature et en Dieu, bien que la créature imite Dieu dans son unité.

# 11. Quoique l'action de Dieu soit une et simple, parce qu'elle est son essence; il ne faut cependant pas qu'il y ait un seul effet, mais de nombreux effets; parce que l'effet procède de l'action divine selon l'ordre de la sagesse et le libre arbitre de la volonté.

# 12. Quand l'effet représente parfaitement l'exemplaire, il n'y a qu'un effet sauf accident, dans la mesure où les effets sont distingués matériellement. Mais les créatures n'imitent pas parfaitement leur exemplaire. C'est pourquoi, elles peuvent l'imiter de diverses manières, et il y a différentes images. Mais le mode d'imitation parfait est unique; et à cause de cela, le Fils, qui imite parfaitement le Père, ne peut être qu'unique.

# 13. Bien que la forme de l'esprit divin soit une seulement en réalité, elle est cependant multiple en raison, selon les divers rapports à la créature, naturellement selon qu'on comprend que les créatures imitent de diverses manières la forme de l'esprit divin.

# 14. Ces différents rapports à la créature non seulement sont dans notre esprit, mais aussi dans l'esprit divin. Cependant certaines [créatures], à qui Dieu pense (intelligit) ne sont pas différentes en son esprit, parce qu'il pense seulement dans l'unité qui est son essence; mais elles y sont nombreuses, en tant que pensées par lui. Car de même que nous pensons que la créature peut imiter Dieu de multiples manières, Dieu le pense aussi, et par conséquent, il pense les différents rapports de la créature à lui.

# 15. De même que Dieu pense (intelligit) tout par l'un, de même il le pense en un seul concept aussi. Car il faut que l'acte de l'intellect soit un ou multiple, selon l'unité ou la pluralité du principe par lequel il est pensé.

# 16. Bien que la pluralité, au-delà de nombreuses choses, ne soit qu'en raison, cependant en beaucoup elle est aussi dans leur nature; ainsi même l'animal commun n'existe qu'en raison, cependant sa nature animale est dans des individus particuliers, et c'est pour cela qu'il faut ramener à Dieu la pluralité et la nature de l'animal comme à sa cause.

# 17. L'univers, produit par Dieu, est le meilleur par rapport à ce qui existe, non cependant par rapport à ce que Dieu peut faire.

# 18. Cette raison est valable, quand ce qui est en vue d'une fin, peut totalement et parfaitement atteindre la fin par son mode d'adéquation, ce qui ne concerne pas notre propos.

# 19. Cette raison vient d'Origène (Peri Archon I, 7 et 8) et n'a pas grande efficacité. Car ce n'est pas contre la justice de donner ce qui est inégal à ce qui est égal, sinon quand on rend à quelqu'un ce qui lui est dû: on ne peut pas le dire de la première création. Car ce qui est donné par pure libéralité, peut l'être plus ou moins selon le libre arbitre de celui qui donne, et selon que sa sagesse le requiert.

# 20. Bien que les autres créatures soient inférieures à l'ange, cependant leur production requiert un pouvoir infini du créateur, dans la mesure où elles sont amenées à l'être par création, vu qu'elles ne sont pas créées d'une matière préexistante. Et c'est pourquoi, de toutes les créatures qui n'ont pas été faites d'une matière préexistante, on doit dire qu'elles ont été créées sans intermédiaire par Dieu.

# 21. Comme la création se termine à l'être comme à son effet propre, il est impossible de dire que ce qui est créé par Dieu, reçoit des anges sa forme, puisque tout être vient par la forme.

# 22. Bien que, tout ce que Dieu fait soit un en lui, cependant cette unité, comme on l'a dit, n'exclut pas toute pluralité, mais demeure celle dont l'un est une partie.

# 23. La parole du Philosophe, quand il dit que Dieu ne pense (intelligit) rien hors de lui, ne doit pas être comprise comme si Dieu ne comprenait pas ce qui est hors de lui-même, mais parce que ce qui est hors de lui, il ne le voit pas hors de lui, mais en lui, parce qu'il connaît tous les autres êtres par son essence.

# 24. On dit que la créature est en Dieu de deux manières:

a) Comme dans la cause qui gouverne et conserve l'être de la créature, et ainsi on présuppose que l'être de la créature est différent du Créateur du fait qu'on dit que la créature existe par Dieu. Car on ne comprend que la créature soit conservée à l'être, sinon selon qu'elle l'être a déjà dans sa propre nature, en tant que selon que l'être de la créature est distingué de Dieu. C'est pourquoi la créature qui existe en Dieu, de cette manière, n'est pas essence créatrice.

b) On dit que la créature est en Dieu[20] comme dans le pouvoir de la cause efficiente, ou comme dans celui qui connaît, et ainsi la créature en Dieu est l'essence même de Dieu, comme on le dit (Jn 1, 3) "Ce qui a été fait était la vie en lui". Quoique, de cette manière, la créature qui existe en Dieu soit l'essence divine, cependant de cette manière, il n'y a pas là seulement une créature, mais de nombreuse créatures. Car l'essence de Dieu est un intermédiaire suffisant pour connaître les différentes créatures, et son pouvoir est suffisant pour les produire.

--------------------------------------------------------------------------------

[1] Ia, qu. 47, a. 1 – CG II, 39-46; III, 97– Pot 3, 1 ad 9 – Compendium. 71, 72, 102, – Métaphysique, XII, lectio 2,– De causis, prop. 24

[2] Les deux arguments s'oppose à l'opinion d'Avicenne.

a) Dieu seul crée Pot. qu. 3, a. 4 c. Pour Avicenne d'autres substances que Dieu sont créatrices.

b) Selon cela l'universalité des êtres ne viendrait pas de l'intention de l'agent, mais du concours de nombreuses cause, c'est-à-dire du hasard.

[3] . Cf. Ia, qu. 11, a. 1. "L'un n'ajoute rien à l'étant, mais seulement la négation de la division: car l'un ne signifie rien d'autre que l'être non divisé. Et de là paraît qu'il est convertible avec l'étant." Cf. Quodl 6, 1, 1, c.. Autre démonstration: chaque chose en tant qu'une est un étant. C'est pourquoi l'étant et l'un sont convertibles. (Ia, 28, 2 - I Sent. d33a1 – CG 4, 14, – Pot 8, 2, Compendium. 54, 66, 67.

[4] Comparaison des transcendentaux.

[5] Thomas n° 2087.

[6] Thomas n° 197.

[7] Dieu est la cause exemplaire des créatures, le modèle à l'image de qui est faite la créature. L'exemplaire, ce sont les idées en Dieu. L'exemplatum est ce qui dépend de l'exemplaire, son effet, son image dans la réalité.

[8] C'est la science de Dieu qui est la cause des créatures (Ia, qu. 14, a. 8). Sa science dépend de son intellection.

[9] C'est la théorie d'Avicenne.

[10] "L'Intelligence suprême se pense donc elle-même, puisqu'elle est ce qu'il y a de plus excellent et sa Pensée est pensée de pensée." Thomas, 12, lect. 11, n° 2614-2615. J. Tricot, p. 701 et note p. 702.

[11] Il s'agit de l'idée en Dieu, qui deviendra réalité. L'argument semble supposer une seule idée en Dieu. (Cf. De veritate, qu.3, a. 2 où le problème est longuement traité).

[12] . Cf. CG. II, 40, § 3: "Ce qui vient de l'intention de l'agent n'est pas dû à la matière comme à sa cause première" (Trad. C. Michon). La cause efficiente lui est antérieure comme cause, car la matière ne devient cause en cate que selon qu'elle est mue par un agent.

[13] La lecture de Ia, qu. 47, a. 1 c, apporte quelques précisions supplémentaires sur cet historique.

I. Certains: ceux qui n'ont découvert que la cause matérielle.

a. Les anciens naturalistes qui ne connaissaient que la cause matérielle: Thalès, Anaximandre, Anaximène, Démocrite, cités en Ia, qu. 47.

b. Anaxagore: les principes matériels sont en nombre infini, mêlés, confus, l'intellect les sépare pour établir la distinction des choses. (CG. II, 40, § 7).

II. Distinction attribuée aux agents seconds;

a) Avicenne: production de l'Intelligence; Dieu en se connaissant lui-même produit une première intelligence; en elle, parce qu'elle n'est pas son être, commence la composition de puissance et d'acte.

b) Empédocle.

[14] C'est-à-dire qu'elle était incréée, éternelle.

[15] Avicenne dit: "Dieu en se connaissant lui-même, produisit une Intelligence première, laquelle, parce qu'elle n'est pas son propre être, est nécessairement composée de puissance et d'acte (Cf. Ia, a. 2, ad 3). Ainsi cette première intelligence dans la mesure où elle comprend la cause première, produisit une seconde intelligence, en tant que se comprend selon qu'elle est en puissance, il produisit le corps du ciel, qu'elle met en mouvement, en tant qu'elle se comprend selon ce qu'elle a en acte, il produisit l'âme du ciel.

Métaphysique IX, 4 Le premier principe se pense lui-même. 402,15. – 404, 5 Il est donc clair que le premier des êtres existants... est numériquement un. Son essence et sa quiddité sont une, non dans une matière... le premier effet est une intelligence pure parce que c'est une forme qui ne se trouve pas dans la matière. B. c. Anawati p. 139. Suit la démonstration que ce n'est pas une forme matérielle.

[16] En Ia, qu. 47, a. 1, c., la phrase est simplifiée et plus claire:"L'intelligence première, du fait qu'elle n'est pas son propre être, est nécessairement composée de puissance et d'acte."

[17] Ia, qu. 47, a. 3 renvoie à cette solution. Il y démontre qu'il n'y existe qu'un seul monde.

[18] Thomas reprend en détail la comparaison de deux des transcendantaux, l'un et le bien.

[19] Comprendre par équivalence.

[20] Il s'agit des idées en Dieu.
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Pierre-Nicolas



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MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mer 19 Juil 2006 - 16:18

Cher Noel,

J'essaie d'en avoir aucune, car la pensée de saint Thomas est la vérité et qu'il explique les choses bien mieux que moi. C'est très moderne de vouloir avoir une pensée personnelle, mais c'est plus ou moins ridicule, car la majorité de votre manière de penser vient de la société.

bien cordialement,

Pierre-Nicolas
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manuel



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MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mer 19 Juil 2006 - 16:52

A pierre-nicolas,



Erreur! la philosophie est penser par soi-même. Ce qui inclut de savoir être critique envers soi aussi.



Citation :
J'essaie d'en avoir aucune, car la pensée de saint Thomas est la vérité et qu'il explique les choses bien mieux que moi. C'est très moderne de vouloir avoir une pensée personnelle, mais c'est plus ou moins ridicule, car la majorité de votre manière de penser vient de la société.

Cela était le véritable problème de la vieille scholastique.

De même que d'accuser "la majorité de votre manière de penser vient de la société" alors que vous ne prouvez rien mais vous en faites de même avec la pensée de Saint Thomas.


Arnaud est thomiste mais tente de penser par lui-même. Là est la différence.


M.
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Louis



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MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mer 19 Juil 2006 - 17:03

Pierre-Nicolas a écrit:
la pensée de saint Thomas est la vérité
Cher Pierre-Nicolas

Merci pour ce texte. Je n'arrive pas à lire tout ça sur écran mais j'essaierai de l'imprimer à l'occasion. (en attendant un petit résumé? Mr. Green )

Ceci dit, Saint Thomas a fait aussi des erreurs comme tout le monde. Mon Père Spirituel a l'habitude de dire sur les saints n'ont pas été canonisés pour l'ensemble de leur écrits. Ces textes ne sont donc pas "vérité", mais peuvent aider à y voir plus clair en théologie. :cool-blue:
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Pierre-Nicolas



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MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mer 19 Juil 2006 - 17:37

Cher Manuel,

Vous avez une conception assez moderne de la philosophie.

Vous dites :
Citation :
"Erreur! la philosophie est penser par soi-même. Ce qui inclut de savoir être critique envers soi aussi."

La philosophie est avant tout la recherche de la vérité. C'est tout. Si on se rend compte que la vérité est chez saint Thomas, il faut se défaire de sa pensée personnelle et adapter sa pensée à la vérité.





Vous dites :
Citation :
"Cela était le véritable problème de la vieille scholastique."
Je ne vois pas du tout le problème. C'est la manière de faire quand on sait ce qu'est la vérité.

Vous dites :
Citation :
"De même que d'accuser "la majorité de votre manière de penser vient de la société" alors que vous ne prouvez rien mais vous en faites de même avec la pensée de Saint Thomas."

Je ne prouve rien, car je suppose que ce sont des choses connues et que je manque un peu de temps. Mais si vous voulez des preuves, je peux élaborer un peu.

Par exemple, tout la majorité du monde pense que la démocratie est le meilleur régime, que la femme et l'homme doivent gouverner la famille en commun, que la liberté est la "valeur" suprême, que le bien et le mal n'existe pas, mais qu'on doit parler en terme de valeur, que tout le monde doit être égal, etc.

En science, que les espèces évoluent, que les trous noirs existent, qu'il y a du vide dans l'espace, que la théorie de la relativité est vrai, etc.

Cela façonne clairement notre manière de concevoir le monde. Or, ce sont toutes des affirmations qui ne sont pas évidentes par elles-mêmes, mais qu'on pense parce que tout le monde pense comme cela aujourd'hui. Je suggère que les femmes soient voilées à la messe par exemple. Or, je suis sûr d'avoir des tas de protestation, car cela ne correspond pas à la manière spontanée de penser.

Ce n'est pas nécessairement mauvais que tout le monde pense comme tout le monde. C'Est même normal, car sinon le savoir serait presque impossible. Il faut juste le savoir quelque fois. Un autre exemple, je ne sais pas si vous avez déjà fait de la science, mais moi oui. Or, quand je fais des expériences, cela fonctionne rarement parfaitement comme la théorie. Or, ce que je faisais, c'est que je me fiais au résultat du livre plutôt que de me fier à ma manière personnelle de penser, car je savais que c'était la vérité plutôt que ma petite expérience personnelle.

Pour la vérité de saint Thomas, cela dépend sur quel sujet. Mais prenez la peine de le lire et on s'en redonnera des nouvelles.


Citation :
Arnaud est thomiste mais tente de penser par lui-même. Là est la différence.

Pour être thomiste aujourd'hui, il faut sûrement penser par soi-même d'une certaine manière, car saint Thomas pense que la royauté est le meilleur régime par exemple. Or, ce n'est certainement pas la manière de penser habituelle...

Bien cordialement,

Pierre-Nicolas


M.
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Pierre-Nicolas



Messages : 191
Inscription : 06/10/2005

MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mer 19 Juil 2006 - 17:41

Cher Louis,

Cher Pierre-Nicolas

Citation :
Merci pour ce texte. Je n'arrive pas à lire tout ça sur écran mais j'essaierai de l'imprimer à l'occasion. (en attendant un petit résumé? Mr. Green )

J'avoue que c'est très long et j'ai eu de la difficulté à le faire entrer sur le forum. J'aimerais bien faire un résumé, mais ce n'est pas une matière facile. Cela demande de la concentration, de la patience et du temps. Mon problème est que je pars pout Ottawa demain matin et que je travaille ce soir. Cela me fatigue d'aborder ce sujet, mais je vais essayer d'en faire un résumé avant de partir. Sinon, je vais en faire un résumé en revenant, car j'imagine de toute manière que peu de gens prendront le temps de tout lire le texte.

Citation :
Ceci dit, Saint Thomas a fait aussi des erreurs comme tout le monde. Mon Père Spirituel a l'habitude de dire sur les saints n'ont pas été canonisés pour l'ensemble de leur écrits. Ces textes ne sont donc pas "vérité", mais peuvent aider à y voir plus clair en théologie. cool-blue

Je suis d'accord qu'il peut avoir fait des erreurs, mais sa pensée est la vérité dans son ensemble. Il solutionne la majorité des problèmes en éthique, métaphysique, théologie, philosophie de la nature, etc.

C'est pour cela qu'il est le docteur des docteurs de l'Église.

Bien cordialement,

Pierre-Nicolas
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johnny



Masculin Messages : 2
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MessageSujet: donner votre âmes a satan   Mer 19 Juil 2006 - 17:55

au lieu de dir que dieux et un saint dites plutot quil vaut rien car ila banis satan aux enfer alore si dieux pardonne a tous il lui a pas pardonner a satan ni a eve qui a mordut dans la pomme
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Clotilde
Invité



MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mer 19 Juil 2006 - 18:02

johnny a écrit:
au lieu de dir que dieux et un saint dites plutot quil vaut rien car ila banis satan aux enfer alore si dieux pardonne a tous il lui a pas pardonner a satan ni a eve qui a mordut dans la pomme

Bonjour Johnny et bienvenue sur le forum DA. Smile
Je crois que tu vas avoir besoin des services de Krystyna...elle est super bonne en ortographe... Mr. Green
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spidle33



Masculin Messages : 4540
Inscription : 24/03/2006

MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mer 19 Juil 2006 - 18:03

Johny est un troll.
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Clotilde
Invité



MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mer 19 Juil 2006 - 18:06

vous vous connaissez? ;)
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spidle33



Masculin Messages : 4540
Inscription : 24/03/2006

MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mer 19 Juil 2006 - 18:09

euh depuis peu :

johnny a écrit:
dit tu etudie quoi la mort de jesut sur sa petite croix
ou
le nombre de cadavre quil faut sacrifier pour invoquer
un supo de satan

Je ne suis pas supra intelligent, mais des trolls comme ca, je les repère !
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Clotilde
Invité



MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mer 19 Juil 2006 - 18:14

spidle33 a écrit:
euh depuis peu :

johnny a écrit:
dit tu etudie quoi la mort de jesut sur sa petite croix
ou
le nombre de cadavre quil faut sacrifier pour invoquer
un supo de satan

c'est de la provoc en bonne et dû forme Laughing mais pleine de fautes ... affraid .....on peut sûrement quelque chose pour lui, tout au moins au niveau ortographique... :DD
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Pierre-Nicolas



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MessageSujet: Re: L’Un et le Multiple – réponse à Samkhya   Mar 25 Juil 2006 - 2:59

Cher Noel,

désolé du temps que cela m'a pris pour vous répondre, j'étais parti.


Citation :
Vous dites :"Chercher la vérité c'est formuler soi-même une hypthèse. C'est aussi la confronter avec celle des autres qui peuvent être ses contemporains (qu'en pensent mes amis, mes opposants...) ou des anciens, qu'en ont dit les auteurs? Seulement à partir de là infléchir sa propre réflexion."

Non, ce n'est pas formuler des hypothèses... C'est très moderne ce que vous dites... Si je vous dis que 2+2=4, ce n'Est pas une hypothèse et je n'ai pas besoin de perdre mon temps à le confronter avec quelqu'un d'autre. Même chose pour le principe de non-contradiction. Cela ne pourra même pas être une hypothèse. On peut confronter notre pensée avec d'autres, mais cela dépend des sujets.

Citation :
Thèse, antithèse, synthèse, conclusion... Ne rien prendre pour vrai qu'on ait vérifié soi-même. Faire des dénombrement et des recoupements aussi nombreux que nécessaire pour être sûr de ne rien oublier....
C'est la base de la méthode scientifique... Non?

C'Est totalement impossible ce que vous dites. Je crois bien que la terre est ronde, mais je ne l'ai jamais vérifié par moi-même. Je crois bien que c'Est la terre qui tourne autour du soleil et non l'inverse, même si cela semble le contraire. La méthode scientifique n'Est pas de la philosophie de toute manière et fonctionne justement par hypothèse...


Citation :
Ceci étant on peut toujours affirme que STD'A est la vérité... jusqu'à ce que Christophe Colomb retourne l'oeuf... Ce n'est bien sûr qu'une image.

Aucun rapport. La philosophie de saint Thomas est encore vrai sur 99% des points.

Citation :
Même Churchil, qui s'est beaucoup battu pour sauvegarder la démocratie anglaise et européenne contre le nazisme pensait que "la Démocratie est le pire des système mais qu'on n'en a pas inventé de meilleur" (Mémoires de guerre).
Quand j'étais enfant les femmes allaient sur le banc de gauche et les hommes sur celui de droite et elles se voilaient les cheveux. Par respect disait-on... jusqu'à ce qu'un vieux curé explique que ça venait de l'époque où les églises étaient ouvertes de jour comme de nuit. Que les oiseaux et les chauves-souris y entraient librement et qu'ils pouvaient se prendre dans les chevelures féminines ce qui troublait grandement le offices. Voila comment une simple mesure d'ordre est devenue une prescription impérative religieuse!!! Je vous laisse en trouver d'autres.

C'est Saint Paul qui demande aux femmes de se voiler les cheveux. Ensuite, pour la démocratie, je doute que vous sachier ce que c'Est vraiment. Seriez-vous prêt à ce que votre voisin gouverne votre pays. Pas moi en tout cas. Le but de la démocratie est la liberté, comme si tous les citoyens étaient égaux. Cela ne fonctionne pas du tout. C'Est pour cela que nous ne sommes pas dans une vrai démocratie de toute manière. Et heureusement. Nous sommes dans une sorte d'aristocratie, mais qui est plutôt déviée en oligarchie.

Mais cela n'a pas rapport avec le sujet de l'un et du multiple de toute manière. Si vous voulez, vous pouvez créer un autre fil pour parler de tout cela, même si je n'ai pas beaucoup de temps. Sinon, on est mieux de se concentrer sur le problème.

Bien cordialement,

Pierre-Nicolas
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