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 Carême

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Cécile



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MessageSujet: Re: Carême   Lun 31 Mar 2014, 13:07

Le texte de la méditation du Père Dubois


L’appel est pressant. A plusieurs reprises, la Dame demande à Bernadette si elle veut bien pratiquer des gestes de pénitence : "Est-ce que vous voudriez bien baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ?" Que de déférence ! Est-ce que vous voudriez bien... La politesse de la Dame ne cache pas cependant le caractère absolu de l’appel, sa nécessité impérative. Marie renouvellera sa demande. Elle répète l’injonction elle-même par trois fois : "Pénitence ! Pénitence ! Pénitence !", au point que Bernadette le répètera à son tour avec la même insistance. L’enfant saisit la nécessité à laquelle nul ne peut et ne doit échapper : faire pénitence pour soi-même et pour les pécheurs... L’essentiel de ce que fait Bernadette, au cours de ces temps de rencontre avec la Belle Dame, est bien, outre la prière, de poser ces gestes de pénitence : baiser la terre, marcher sur les genoux et boire à la source, s’y laver, ainsi que manger un peu de ces herbes amères qui poussent là. En clair, on ne peut avoir accès à ce ciel, que la Dame promet à la troisième apparition : " …Pas le bonheur en ce monde mais dans l’autre", si on ne fait pas pénitence. La pénitence serait donc le chemin du paradis ?

Avons-nous vu un virtuose parvenir à jouer de son instrument sans travail ? Connaissons-nous un ébéniste qui ne peine pas pour arriver à produire un joli meuble ? Même la méthode Assimil, dite sans peine, pour apprendre une langue, ne nous dispense pas d’un gros effort de persévérance pour arriver à parler la langue étrangère en question. On n’a rien sans rien, dit le proverbe populaire. Nous sommes à l’ère du zapping, du tout tout de suite, du jetable et du relatif en tout. Il nous est difficile, plus qu’à une autre époque peut-être, de concevoir les efforts à fournir pour parvenir à un sommet de notre vie humaine, quel qu'en soit le domaine.

Lorsque la Vierge Marie fait contempler à Bernadette le ciel à travers sa propre personne, elle lui montre ce que dit saint Paul dans son épître aux Ephésiens : "Béni soit le Dieu et Père … qui nous a comblés au ciel dans le Christ de toutes les bénédictions spirituelles ... pour que nous soyons saints et immaculés en sa présence" (Eph 1, 3-4). Pour parvenir à cette joie, à ce bonheur infini et éternel, à cette transfiguration d’amour, il nous faut correspondre en engageant notre liberté. Il nous faut nous tourner vers Dieu, c’est cela la conversion ou la pénitence. Il nous faut engager notre vie dans une vie morale de charité pour Dieu et pour notre prochain qui soit à la hauteur de cette Lumière inouïe que contemple pour nous Bernadette. Il ne s’agit pas moins qu’ailleurs de dire qu’il n’y aura pas ici d’effort à fournir. En amour d’alliance avec Dieu ou avec son prochain, il va falloir peiner, afin que notre personnalité soit à la hauteur du défi, que nos actes prouvent une vraie décision pour Dieu.

Or voilà bien la difficulté : nous nous excusons facilement, sûrs que nous ne pouvons pas changer parce que notre nature est ainsi faite. Nous ne pouvons rien à nos défauts de tempérament. Dieu nous aurait-il créés tordus ? Non, dit la Genèse "Dieu vit que cela était bon" (Gn 1, 10). C’est le péché originel et notre péché tout court qui ont défiguré la création. Mes défauts sont le fruit, peut-être d’un héritage familial et éducatif, mais aussi des mauvaises décisions ou des mauvais plis que j’ai pris à ne pas vouloir décider selon le bien. Le doux saint François de Sales avait un tempérament colérique. A force de prière et de pénitence, à force d’aimer, il a réussi à maîtriser son tempérament.

Si Bernadette ne pouvait pas toujours maîtriser le premier mouvement de sa nature vive et orgueilleuse, elle nous apprend que, dans un deuxième mouvement, elle cherchait toujours à se corriger par une réaction d’humilité. Elle a appris à l’école de Marie à baiser la terre afin de ne pas garder la nuque raide ou l’orgueil de ses bonnes raisons. Nous venons de la terre et nous avons à apprendre, en baisant la terre, à nous recevoir du ciel en tout ce que nous faisons. En allant à la source, Bernadette nous montre le chemin de la purification par les sacrements de Jésus "sans lequel nous ne pouvons rien faire" (Jn 15, 5). En marchant sur les genoux et en mangeant des herbes amères, Bernadette nous apprend à assumer les difficultés de nos vies, non comme un mur infranchissable, mais comme un tremplin vers l’amour pour les autres dans le dépassement continuel de notre égoïsme. Voilà les efforts spirituels qui vont assouplir nos cœurs endurcis.

La grâce du Christ ne nous manquera jamais pour déplier notre cœur comme on déplie les faux plis d’un vêtement, pour tourner notre cœur vers l’Amour et la Vérité de notre vocation pour les autres. Amis, joie de la pénitence et de tous ses efforts qui vont rendre à notre cœur la légèreté d’aimer.

Bon et joyeux carême !
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Espérance
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MessageSujet: Re: Carême   Mar 01 Avr 2014, 09:42

mardi 1er avril

Un temps pour tout ?


La parole de Dieu


Il ne vient pas de Dieu, cet homme-là,
puisqu'il ne respecte pas le jour du Sabbat.

Évangile selon saint Jean, chapitre 9, verset 16

La méditation

Le long, le morne égrènement du livre de l'Ecclésiaste : « un temps pour enfanter, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher le plant, un temps pour …, un temps pour … » (*) À Jésus comme à l'aveugle, on explique très sérieusement qu'il y a des jours à miracle, et des jours sans. Et, oui, cet aveugle qui a l'indécence de se faire guérir en plein sabbat, et devant le Temple en plus ! Jésus l'aurait fait exprès, il ne s'y serait pas pris autrement. Cet aveugle, donc, il pourrait au moins rentrer dans le rang et courber la nuque ! Mais si notre homme, superbe sous l'insulte, culbute, allègre, les bienséances, c'est pour mieux tomber à genoux devant le Fils de l'homme. Parce qu'ils savent, tous deux, ô combien dans leur chair, qui est le plus grand. Alors, un temps pour tout ? dit autrement, parfois : « je commence demain ; ou je ne suis pas encore capable. » À ce compte-là, serai-je jamais capable, commencerai-je un jour ? Certes, bonne est la règle, sûr, le précepte, et la prudence, nécessaire. Mais le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat (**), et quand il y a urgence ? « C'est maintenant, le moment favorable, c'est aujourd'hui, le jour du salut. » (***) C'est maintenant que le pauvre a faim devant ta porte, que le malade attend ta visite, que tu peux donner ne serait-ce qu'un verre d'eau au plus petit de tes frères, c'est aujourd'hui que le Seigneur t'y montre son visage ; la conversion à chaque aujourd'hui recommencée, notre vie comme une suite ininterrompue de maintenant.

* Livre de l'ecclésiaste, chapitre 3, verset 18.
** Évangile selon saint Marc, chapitre 2, verset 27
*** Première lettre aux Corinthiens, chapitre 6, verset 2

Pour aller plus loin avec la Parole


Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense.

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 10, versets 38-42

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Espérance
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MessageSujet: Re: Carême   Mer 02 Avr 2014, 06:01

mercredi 2 avril

C'est l'intention qui compte ?




La parole de Dieu


Dans la mesure où vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits,
à moi non plus vous ne l'avez pas fait.


Évangile selon saint Matthieu, chapitre 25, verset 45

La méditation

Maintenant, aujourd'hui, … et si l'intention est bonne, cela suffirait, n'a-t-on pas déjà fait bien plus que de dire « je suis aveugle » ? Mais on dit aussi de l'enfer qu'il est pavé de bonnes intentions. Un jour, j'ai offert un sandwich à un homme qui dans la rue m'avait demandé une pâtisserie : l'intention était bonne ? Ce n'était simplement pas ce qu'on m'avait demandé.
En définitive, le seul don, c'est celui de Dieu : lui-même. Donner non comme un riche, mais comme Dieu : donner, si parfois en pure perte, toujours prodigue comme le père de la parabole (*). Donner sans expliquer à l'autre quoi ou comment recevoir, sans attendre un merci ou un sourire, en serviteur quelconque du Royaume. Le grand don, le don total, c'est celui qui n'attend pas de savoir s'il va être reçu. Impossible ? « Rien n'est impossible à Dieu. » (**)
Dieu s'est donné à moi, sans attendre que je le reçoive. Dieu s'est donné à moi, il ne tient qu'à moi, à mon tour, de me donner aux autres. Et ce n'est pas faveur, ce n'est que justice : si l'autre est plus grand que moi, c'est qu'il est le Christ pour moi, aujourd'hui.
Se mettre à la bonne hauteur : s'asseoir ou s'agenouiller plutôt que de rester debout ; mais plonger à ras du sol, c'est monter vers le Père. Silence ; et, avant de juger, regarder et comprendre, vouloir embrasser dans le regard de Dieu. Ensuite, le temps de parler et d'agir pour se relever l'un avec l'autre, l'un par l'autre. En grec, dans l'Évangile, cela se dit : ressusciter.

* Évangile selon saint Luc, chapitre 15, versets 11-32
** Évangile selon saint Marc, chapitre 10, verset 27

Pour aller plus loin avec la Parole

Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection.

Première lettre de Saint Jean, chapitre 4, versets 9-12

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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 03 Avr 2014, 09:39

jeudi 3 avril

Le bon Dieu ?


La parole de Dieu


Nul n'est bon que Dieu seul

Évangile selon saint Marc, chapitre 10, verset 18

La méditation

Le bon Dieu, on le dit, on le répète, entre l'invocation et la méthode Coué. Bon, il l'est. Il est même le seul nous dit Jésus : bonté qu'il nous révèle en chacune de ses paroles, en chacun de ses actes, du fouet contre les marchands du Temple à la guérison de l'aveugle-né, de sa dureté à l'égard des pharisiens au pardon qui relève la femme adultère, de sa colère rentrée devant les cœurs lents à croire à ses larmes devant Jérusalem qui, bientôt, va le condamner. (*)
Le seul bon … autrement dit : nous ne savons pas ce qu'est la bonté. Alors ne pas trop vite juger de la bonté de Dieu à l'aune de la nôtre, au risque d'en faire un bon copain, ne pas trop vite prendre nos désirs et nos attentes pour mesure des dons qu'il devrait nous faire. Jugeons plutôt de ce que devrait être notre bonté à la mesure du seul bon.
Le bon Dieu. Père d'exigence qui demande tant et tout, qui attend tout, qui espère tout de nous, parce qu'il est Père des patiences qui nous donne tant et tout, et de quoi nous donner : son pardon qui relève de la chute et le corps de son Fils à l'autel, sur la route.

* Évangile selon saint Luc, chapitre 13, versets 34-35


Pour aller plus loin avec la Parole


Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! Heureux qui trouve en lui son refuge !
Saints du Seigneur, adorez-le : rien ne manque à ceux qui le craignent.
Des riches ont tout perdu, ils ont faim ; qui cherche le Seigneur ne manquera d'aucun bien.
Venez, mes fils, écoutez-moi, que je vous enseigne la crainte du Seigneur.
Qui donc aime la vie et désire les jours où il verra le bonheur ?
Garde ta langue du mal et tes lèvres des paroles perfides.
Évite le mal, fais ce qui est bien, poursuis la paix, recherche-la.

Psaume 33, versets 9-15


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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 03 Avr 2014, 10:24


Avril, le chemin du disciple


La date de Pâques est tardive cette année. Avril nous place ainsi, avec Jésus, sur le chemin de sa Passion. Il "monte" à Jérusalem et parle avec ses disciples de l’essentiel, du don qu’il fait de sa vie.

Mais les disciples peinent à comprendre et se refusent à entendre même, ce qu’il leur dit : le Fils de l’homme doit souffrir et mourir, et le troisième jour ressusciter d’entre les morts. Il leur semble qu’il parle une langue étrangère. Ils sont ailleurs, échangeant entre eux pour savoir qui est le plus grand.Distance abyssale entre eux et Jésus sur le chemin de sa Passion !

Tel est le mystère du Fils de Dieu quand il emprunte les chemins creux et parfois très rudes des hommes, tandis qu’eux rêvent seulement de grandeur ! Jésus entrera à Jérusalem, monté sur un ânon et acclamé par les petits et les pauvres. Par les pécheurs aussi, qui espèrent tout de lui, comprenant qu’il ouvre pour eux les chemins du pardon.

C’est ce long chemin d’abandon ou de don total que nous nous apprêtons à vivre dans quelques jours, le geste de Jésus rompant le pain et partageant la coupe en signe du don de sa vie. Il lave alors aussi les pieds de ses disciples, à ras de terre, dans le geste de l’esclave. Il s’est dépouillé pour cela de son vêtement, annonce déjà le dépouillement de la croix.

Le samedi saint, dans le silence total de la terre, ce sera le temps du mystère, le temps de la foi, avant que ne s’élève dans la nuit le feu nouveau et que ne jaillisse, peu à peu avec force, l’Exultet, le chant de la joie de l’Eglise et de toute la création fêtant la résurrection du Christ.

Ce mois d’avril est riche de ce chemin immense. Celui de la foi. Le temps du disciple.

P. Jacques Nieuviarts, conseiller éditorial de Prions en Église

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Cécile



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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 03 Avr 2014, 12:31

Le texte de la méditation du Père Dubois


Que fait-on à Lourdes ? On prie. Que font donc ces 250 personnes ce mercredi 24 février 1858, en attendant la venue de Bernadette ? Elles prient... Cela inquiète le commissaire de police et le Procureur, anime les conversations de cafés et remplit les colonnes des journaux français. Quelle agitation autour des événements lourdais ! On voudrait empêcher les foules de se rendre à la Grotte. Peine perdue... Ce sont 8000 personnes à la fin de la quinzaine ! On prie à Lourdes en ce mois hivernal de l’an 1858. La France entière du second Empire s’émeut. La Dame et Bernadette prient. Elles échangent comme une mère avec sa fille ou comme entre sœurs. La prière perturbe la cité bigourdane. Elle tient journalistes et politiques en haleine. Que faire contre une foule qui ne fait que prier en silence, tels, aujourd’hui, les veilleurs sur les places de France contre le totalitarisme de la pensée unique ?

Bernadette court à la tute aux cochons, ce jeudi 11 février 1858, pour soulager sa misère. Toinette, sa sœur, et son amie, Jeanne Abadie, vont ramasser du bois et des os. La vente leur permettra de manger un peu. Tout bascule soudainement avec l’apparition de la Dame. Tout bascule dans la prière et dans rien d’autre. Pour se rassurer, face à ce qui surgit à ses yeux hébétés, Bernadette veut faire le signe de la croix et prend son chapelet. La Dame sourit, la rejoint et l’apaise par un beau signe de croix. Elle l’attire dans sa prière. Bernadette ne prie plus alors pour se protéger ou se sortir de la misère possible d’une visite qui pourrait présentement être mauvaise. La prière de la Dame conduit la rencontre au sommet d’une joie très pure. Les deux jeunes filles, l’une du ciel et l’autre de la terre, égrènent ensemble leur chapelet. La visite s’est faite prière brûlante. Après la récitation toute intérieure du chapelet, Marie et Bernadette conversent souvent pour se dire ce qu’elles ont à se dire. Rien de ce dialogue ne sera dévoilé, hormis les paroles destinées à tous. La foule n’a droit à aucun merveilleux, aucun signe extraordinaire, aucune révélation fracassante ou inquiétante. La foule est conviée à la seule prière de Bernadette avec la Dame. La fille ainée des Soubirous en est si belle que tout le monde se met à son école ... en priant ! Nul n’a jamais vu le petit monde de Lourdes prier ainsi.

"Priez Dieu pour la conversion des pécheurs." C’est la demande de la Dame, plusieurs fois répétée. Prier, oui, mais pas n’importe qui : Dieu. Oui, mais pas n’importe quel Dieu ! Le Dieu de la Dame, le Dieu de Jésus-Christ, qui révèle le Dieu-Père, amoureux des hommes. Le Dieu qui, en Jésus par l’Esprit, veut transfigurer tout homme de la splendeur de sa Lumière. Le Dieu trois fois saint qui habille déjà la Dame de la plénitude de sa lumière.
Prier, c’est donc commencer toujours par accueillir cette présence divine que Bernadette accueille dans le silence et le recueillement de son chapelet avec la Dame. Prier, c’est avec Marie aller à la source de la divinité qu’est le Père, manifestée en Jésus son Fils et révélée par l’Esprit Saint.

La prière, c’est rendre les armes, et accueillir la présence ineffable de Dieu. Présence qui nous dépasse et nous habite par son Esprit-Saint. Présence du Royaume en nous, que malheureusement nous négligeons. Nous nous débattons avec notre misère pour chercher à la soulager. La prière, elle, nous plonge dans la source de Celui qui ne nous manque jamais, surtout pas si nous sommes démunis.

La prière avec Bernadette manifeste que nous sommes aimés. La prière nous fait voir le regard et le sourire de Marie. Elle nous ouvre au dialogue d’amitié avec elle, si du moins nous osons prier. Avons-nous remarqué que la Vierge Marie ne parle que d’une seule chose à demander à Dieu ? Il s’agit de ce qui seul occupe le cœur de Dieu : notre conversion.

Que fait Dieu dans son ciel ? Il pleure de nous voir malheureux à cause de notre péché. Jésus est en agonie jusqu’à la fin du monde. Il pleure, non sur lui-même, mais sur notre refus d’être aimé de lui. Il souffre du malheur dans lequel nous met notre manque de conversion, parfois à notre insu. Ah ! Si nous vivions en sa présence par la prière, devenant fils dans le Fils, nous habillerions la terre avec tous les feux de son amour.

"Priez Dieu pour la conversion des pécheurs." A Lourdes, la prière de Bernadette avec Marie est une porte du ciel qui s’ouvre pour nous dévoiler la folie d’amour de Dieu pour les pécheurs que nous sommes. C’est un appel à se laisser attirer par Dieu, envahir par Lui grâce à la prière. Nos péchés n’empêchent pas Dieu de nous aimer.

Amis auditeurs, "nous sommes tout pour Dieu" (Marthe Robin). La Vierge Marie nous le dit en ces simples mots : Priez pour la conversion des pécheurs. Faisons de notre prière un vrai cœur à cœur avec Dieu à l’école de Marie. Comprenons que par notre prière Dieu compte sur chacun de nous pour que tous soient sauvés en découvrant son amour. Comprenons que "seule la prière transforme le monde" (Padre Pio).

Bon et joyeux carême !
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MessageSujet: Re: Carême   Ven 04 Avr 2014, 10:09

vendredi 4 avril

Chacun sa croix ?


La parole de Dieu


Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même,
qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive

Évangile selon saint Marc, chapitre 8, verset 4

La méditation

Aveugles, nous ne voyons ni ne connaissons grand-chose, et d'abord, peut-être, nous-mêmes : et quand de chute en chute, tel événement jette une lumière plus crue, nous nous voyons, comme Adam et Ève, si nus (*), nous nous voyons si pauvres, que grande est la tentation de prendre la fuite et le masque. Mais ce que nous avons à porter, c'est une croix, la nôtre et pas une autre : chacun sa croix. Grande aussi, peut-être, la tentation de haïr ce visage à nous imprévu. Il y a la fausse lucidité de celui qui ne se paie pas de mots, qui croit trop bien savoir à qui il a affaire, la nausée au miroir.
Mais porter sa croix n'est possible qu'à celui qui s'aime, c'est-à-dire humblement, c'est-à-dire en sachant le pardon toujours offert. Notre vie, notre personne tout entière est en douleurs d'enfantements, parfois qui fléchit sous le poids de la croix. Mais notre vie, notre personne tout entière est à mesure dépouillée, libérée de tout ce qui l'entrave par le pardon de Dieu.
Chacun sa croix ? Chacun la sienne, car la porter ou non relève du libre choix de chacun. Mais croix que l'on ne peut porter que parce qu'un autre, avant nous, a porté la sienne et avec elle toutes les nôtres ; poids de notre croix dont un Simon de Cyrène, peut-être à nos côtés, saurait nous décharger un peu.
Chacun sa croix ? Chacun, surtout, sa personne et sa vie, plus capable qu'on ne veut parfois le croire d'amour, de beauté et de don ; chacun unique, chacun irremplaçable, chacun qui a du prix aux yeux du Seigneur : de relèvement en relèvement, recevoir peu à peu la grâce des grâces, l'amour de soi.

* Livre de la Genèse, chapitre 3, verset 10


Pour aller plus loin avec la Parole


À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples: « Amen, amen, je vous le dis: vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira. Vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l'enfant est né, elle ne se souvient plus de son angoisse, dans la joie qu'elle éprouve du fait qu'un être humain est né dans le monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l'enlèvera. En ce jour-là, vous n'aurez plus à m'interroger. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 16, versets 20-23


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MessageSujet: Re: Carême   Sam 05 Avr 2014, 09:55

samedi 5 avril

Quel lieu commun ?


La parole de Dieu


Père saint, garde-les dans ton nom que tu m'as donné,
pour qu'ils soient un comme nous

Évangile selon saint Jean, chapitre 17, verset 11

La méditation

Tour à tour pharisiens, aveugles lucides ou distants voisins, bien-pensant et mal-aimant, mal-aimés et méjugeant … divisés en nous-même et entre nous, qui, pour nous pacifier, qui, pour nous communier ?
Un seul nom qui sauve : Jésus, « il n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés. » (*) Jésus : par lui, le Salut, avec lui, mon amour, en lui, notre espérance. Jésus : en sa croix toutes nos croix, en sa Vie toutes nos vies. Jésus par l'Esprit de qui nous devenons capables de notre croix, et pouvons aider tel à porter la sienne. Un seul chemin à suivre : Jésus, « le chemin et la vérité et la vie » (**), chemin qui nous précède, nous enserre et devance. Jésus, chemin dont la grandeur est de tourner nos regards vers celle de son Père. Jésus, dont la croix glorieuse, plantée au centre du temps et de l'espace et en avant de nous, entraîne tout à sa suite, pour nous unir au Père : « une fois élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi. » (***) Chemin de croix que celui-là, et chemin de Résurrection.
Une seule vérité, un seul lieu commun : Jésus, le Verbe fait chair, tête de l'Église visible et invisible qui appelle sur le monde, profonde et durable, la Paix de Dieu.

* Livre des Actes des Apôtres, chapitre 4, verset 12
** Évangile selon saint Jean, chapitre 14, verset 6
*** Évangile selon saint Jean, chapitre 12, verset 32

Pour aller plus loin avec la Parole

Nous arrachant au pouvoir des ténèbres, Dieu le Père nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé : en lui nous avons la rédemption, le pardon des péchés. Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature : en lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. (…) Tout est créé par lui et pour lui. Il est avant toute chose, et tout subsiste en lui. Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Église : c’est lui le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin qu’il ait en tout la primauté. Car Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel.

Lettre aux Colossiens, chapitre 1, versets 13-20


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MessageSujet: Re: Carême   Dim 06 Avr 2014, 10:21

dimanche 6 avril

Marie, Marthe et Lazare, amis de Jésus          

La parole de Dieu


Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie,
le village de Marie et de sa sœur Marthe
 
Évangile selon saint Jean, chapitre 11, verset 1  

La méditation

Béthanie, un village proche de Jérusalem. Des amis accueillent Jésus avec ses disciples. Il aime à refaire ses forces dans la douceur de l’amitié auprès de Marthe, de Marie et de leur frère Lazare. Le partage des repas devient alors l’occasion d’enseignements sur le mystère de Dieu. Jésus n’a rien d’un extraterrestre ni d’un être virtuel. Il a du cœur, des sentiments. Ses amis l’estiment et il tient à eux.
La charité est une amitié. Déjà, dans l’Ancien Testament, les prophètes sont appelés amis de Dieu. Moïse s’entretenait avec Dieu sur le mont Sinaï comme un ami parle à son ami et son visage rayonnait de la lumière du Très-Haut. S’adressant à ses disciples, Jésus les appelle amis car la connaissance de Dieu tenue secrète dès avant la fondation du monde leur est révélée. Le dialogue et l’ouverture du cœur caractérisent l’amitié. Saint Thomas d’Aquin reprend l’expérience de l’amitié humaine pour présenter la charité de Dieu. Saint Augustin voyait dans les amis « deux corps et une âme ».
Au cours d’une messe, j’ai posé cette question aux enfants : « Que faites-vous quand vous aimez quelqu’un ? » Un temps de silence. Une petite fille lève la main pour répondre : « On lui parle. » Les amis se parlent. C’est leur joie et leur récompense ! Que serait la vie sans nos amis ? Le bonheur, la douceur, la consolation dans les épreuves ne nous viennent-ils pas de nos amis ? L’amitié ne peut pas s’acheter. Elle n’aime pas le vite-fait. Jésus prenait le temps d’échanger avec Marthe, Marie et Lazare. Son amitié ira plus loin : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (*) Jésus ne se paye pas de mots. Ce ne sont pas des « amis » comme on les désigne trop facilement en politique ou sur Facebook !
Apprenant la maladie de Lazare, Jésus souffre déjà de la souffrance de son ami. Les épreuves font le tri entre les relations, les faux amis et les vrais amis. L’ami véritable se manifeste dans les difficultés, quand la maladie et la mort viennent rappeler la fragilité foncière de notre existence. « Je me sens comme amputé », s’exclame parfois l’ami frappé par le départ de son ami.
Jésus pleure devant le tombeau de son ami Lazare : « Voyez comme il l’aimait ! », s’exclament les voisins. Le cœur de Jésus connaît le trouble et l’émotion. Ses entrailles frémissent. Miséricorde est un mot d’origine latine qui veut dire « avoir un cœur sensible à la misère ». La miséricorde de Dieu se rend visible en Jésus de Nazareth. Agissant en faveur de son ami Lazare, Jésus annonce la résurrection de ceux qui cherchent l’amitié de Dieu.
Seigneur Jésus, nous te rendons grâce pour ton amitié. Nous te louons pour les amis que tu nous as donnés. Nous te confions nos amitiés pour qu’elles grandissent dans l’amour et la vérité et nous te prions pour nos amis malades. Envoie sur eux ton Esprit Saint et inspire en nous des gestes et des paroles d’affection à leur égard.

* Évangile selon saint Jean, chapitre 15, verset 13


 Pour aller plus loin avec la Parole
 

La parole agréable attire de nombreux amis, le langage aimable attire de nombreuses gentillesses. De bonnes relations, tu peux en avoir avec beaucoup de monde ; mais des conseils, n'en demande qu'à un seul entre mille. Si tu veux acquérir un ami, acquiers-le en le mettant à l'épreuve ; n'aie pas trop vite confiance en lui. Il y a l'homme qui est ton ami quand cela lui convient, mais qui ne reste pas avec toi au jour de ta détresse. (…) Un ami fidèle est un refuge assuré, celui qui en trouve un a trouvé un trésor. Un ami fidèle n'a pas de prix, sa valeur est inestimable. Un ami fidèle est un élixir de vie que découvriront ceux qui craignent le Seigneur. Celui qui craint le Seigneur orientera bien ses amitiés, car son compagnon lui ressemblera.
 
 Livre de Ben Sirac le sage, chapitre 6, versets 5-17

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MessageSujet: Re: Carême   Lun 07 Avr 2014, 09:57

lundi 7 mars

Apprendre à aimer, apprendre à mourir



La parole de Dieu


Jésus dit aux disciples : « Notre ami Lazare repose mais je vais aller le réveiller »

Évangile selon saint Jean, chapitre 11, verset 11

La méditation

Jean l’évangéliste, l’ami de Jésus, nous parle de la mort et de l’amour. Jésus aime Marthe, Marie et Lazare. Mais c’est un amour cette fois-ci troublé par le deuil. Il y a la maladie et le cadavre de Lazare. Marthe et Marie courent. Jésus, bouleversé, pleure.
Pour beaucoup, la mort apparaît comme une dégringolade dans le néant. En expirant, l’homme perd tout. C’est le vide. Autant oublier et fuir ces moments absurdes.
Pour Dieu, dans la bible la mort n’est pas bonne. Le Père a envoyé son Fils vaincre la mort. Cet évangile nous enseigne qu’apprendre à aimer veut dire aussi apprendre à mourir. L’art d’aimer et de mourir ne font qu’un. Aimer ne consiste-t-il pas à mourir à son ego, à sa volonté de domination et de puissance pour faire de la place à l'autre dans son cœur et l'aimer pour lui-même ? Dans la lumière de la foi, la mort représente l’acte absolu d’amour et de confiance en Dieu. Dans cet instant de déchirure entre le corps et l’âme, le disciple de Jésus communie aux sentiments de son Maître en offrant sa vie au Père. La mort devient alors sommet d’une vie, perfection dans le don de soi-même, accomplissement de la volonté aimante de Dieu au cœur de la tragédie humaine. Avec Jésus, le croyant « remet son esprit entre les mains du Père. » (*)
Au cours de la messe, seul le prêtre prononce les paroles de la consécration. Comme Jésus à l’approche de la mort, le baptisé peut faire siennes ces paroles : « Voici mon corps livré pour vous. Voici mon sang versé pour vous. »
L’Eucharistie est le sacrement de l’amour qui célèbre la mort de Jésus pour passer des ténèbres à la lumière de la Résurrection.
Seigneur Jésus, apprends-moi à aimer, apprends-moi à mourir. Comme toi, par ta grâce.

* Évangile selon saint Luc, chapitre 23, verset 46


Pour aller plus loin avec la Parole


Toi, en toute chose garde la mesure, supporte la souffrance, fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère. Moi, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse.

Deuxième lettre à Timothée, chapitre 4, versets 5-8


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MessageSujet: Re: Carême   Lun 07 Avr 2014, 13:17

Le texte de la méditation du Père Dubois

"Allez à la source boire et vous y laver" dit la Dame à Bernadette le jeudi 25 février 1858, en plein milieu des apparitions. Depuis lors, de nombreux pèlerins viennent recueillir l’eau de la source jaillie des mains de Bernadette. On se rend aux piscines, espérant une guérison. Mais pense-t-on suffisamment à ce que représente cette source ?

L’Evangile nous dit : "Venus à Jésus, quand ils (les soldats) virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il sortit aussitôt du sang et de l’eau" (Jn 19, 34). Le cœur transpercé de Jésus en croix laisse couler le sang et l’eau qui offrent toute miséricorde. Sur la croix Jésus a versé jusqu’à la dernière goutte de sa vie pour que nous vivions en Lui, pardonnés et réconciliés. Et Jésus promet : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive, celui qui croit en moi ! ... De son sein couleront des fleuves d'eau vive" (Jn 7, 37-38).

A notre tour, nous devenons en Jésus des sources de pardon et de réconciliation. Je crois que nous avons soif de cela. Au plus secret de notre cœur, il y a une soif intangible de communion et de paix avec nos semblables. La source est là, enfouie en nous, inconnue de nous-mêmes, la plupart du temps, comme, au fond de la Grotte de Massabielle, la source cachée par la boue et les cailloux. Dieu est un sourcier. Il vient libérer notre soif d’être pardonné et notre soif de pardonner autant que d’être réconcilié. Et si la boue de notre orgueil bétonne notre soif de pardon et de réconciliation, la soif de Jésus en sera victorieuse.

Sur la croix, Jésus crie sa soif de nous attirer à lui. Il crie, non pas grâce à un mégaphone ou à une voix de stentor, mais avec son corps brisé par amour, avec son sang versé par tendresse miséricordieuse, avec son cœur transpercé par nos péchés. Tout homme, si bas tombe-t-il dans le péché et le reniement de Dieu, entend désormais Jésus lui crier qu’il est allé encore plus bas. Un homme n’est jamais perdu pour Dieu. Seul le refus de la main tendue de Jésus au plus bas de nos enfers peut nous perdre. Jésus, par son cœur transpercé d’amour, veut blesser notre cœur de sa soif d’aimer, de pardonner et de vivre la réconciliation.

Le pardon nous semble impossible ? Notre soif de pardonner ne sera donc jamais étanchée. Trop d’expériences nous le disent. Le pardon est divin. La vie nous l’apprend. Notre société permet tout, mais ne pardonne rien. L’Eglise a des exigences mais pardonne tout. Notre société se construit sans Dieu. Elle est dure. L’Eglise est divine. Elle est mère. Faite de boiteux, de cabossés et de pauvres types qui se savent pardonnés, l’Eglise a pour cœur le pardon divin. "Dieu seul peut pardonner les péchés", disent les Juifs à Jésus. Ils ont raison. Mais Dieu s’est fait homme.

Désormais avec Jésus le pardon de Dieu habite les fonds de notre humanité comme une source qui irrigue tout. Marie nous dit d’aller à la source des sacrements boire et nous y laver. Le baptême est pour le pardon des péchés, le sacrement de la réconciliation pour retrouver la beauté de la robe de notre baptême, l’Eucharistie pour communier à la miséricorde du corps livré et du sang versé. Oui, pauvres hommes que nous sommes assoiffés de paix, de justice et de pardon mais qui ressemblons à des aveugles-nés, à des handicapés à vie, à des borgnes et des boiteux de la vie, si nous n’allons pas à la source des sacrements pour y recevoir le cœur de Jésus. Ce cœur fera de nous des fous du pardon et de la réconciliation. Où donc les saints ont-ils puiser la force de pardonner à un frère, à une épouse adultère, à un mari volage, à un patron tyran, à des ennemis qui ont violé des enfants, sinon dans le cœur de Jésus ? Bernadette a vu briller le pardon sur le visage de l’Immaculée. Avec Jésus et en Lui, Marie a pardonné la mort de son Fils. Fille de la Miséricorde Marie est devenue, au pied de la croix, Mère de Miséricorde.

Pardonner, ce n’est pas se réconcilier : la réconciliation est le chemin qui tisse à nouveau les relations brisées grâce au pardon. Comme une mère tisse durant neuf mois la vie de son enfant en son sein, comme les années tissent l’adulte pour en faire un sage, la réconciliation est un chemin de longue haleine. Il y faudra parfois toute une vie. "Je ne vous promets pas le bonheur en ce monde mais dans l’autre", a prévenu Marie. Seuls peuvent vivre la réconciliation, ceux qui acceptent de vivre leur vie comme un long pèlerinage avec Dieu. Tel François d’Assise qui chante son Cantique des Créatures, mais seulement au terme de sa vie. Chant d’un homme réconcilié avec Dieu, avec ses semblables et avec lui-même. Fruit d’un long combat spirituel qui a mené François à la source qu’est Jésus dans sa Parole et ses sacrements.

Amis auditeurs, frères et sœurs en Jésus, allons en ce carême avec un cœur contrit et repentant à la source du pardon de Jésus que nous offre l’Eglise. Décidons d’entrer dans tous les chemins de réconciliation à vivre. Paix et Bien nous seront alors donnés en abondance.

Bon et joyeux carême !
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MessageSujet: Re: Carême   Mar 08 Avr 2014, 09:53

mardi 8 avril

Blessés-guérisseurs

La parole de Dieu

Les chefs des prêtres décidèrent alors de faire mourir aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s'en allaient, et croyaient en Jésus

Évangile selon saint Jean, chapitre 12, versets 10-11

La méditation

Vivant à Port-au-Prince au moment du séisme du 12 janvier 2010 en Haiti, je me rappelle les cris et les larmes d’une jeune religieuse exemplaire qui avait retrouvé une partie de sa famille ensevelie sous les décombres de sa maison. Elle tournait en rond en criant : « Pourquoi ? Pourquoi ? » Beaucoup étaient morts ou devenus handicapés. Pourquoi ai-je deux jambes alors que mon voisin a été amputé ? Pourquoi suis-je vivant alors que mes collègues sont morts après une longue agonie ?
Les survivants du tremblement de terre ont alors apprécié la vie quotidienne comme une grâce. Nombreux sont les chrétiens qui ont relu dans la lumière de la foi cette chance de la vie après l’hécatombe en se disant : « Si je suis vivant, c’est que Dieu a une mission pour moi sur la terre et je dois l’accomplir. » C’est ainsi que leur mentalité a changé accordant la priorité à Dieu, à la bienveillance et au service alors que précédemment la soif de réussite à tout prix les empêchait de voir les richesses humaines et divines cachées dans les gens simples et dans la vie quotidienne. Leur traumatisme a fortifié et transfiguré leur humanité la rendant davantage sensible au malheur d’autrui. Les blessés peuvent devenir des guérisseurs.
Dans l’Évangile, Lazare retiré de la mort devient témoin de Jésus au point que les autorités juives cherchent à le mettre à mort. Lazare aussi a dit Dieu au risque de sa vie.
Retiré de la mort, Lazare devient témoin de Jésus.
Seigneur Jésus, fais-moi sortir des pensées mortifères qui m’enferment, pour louer, aimer et témoigner de Toi !


Pour aller plus loin avec la Parole


Un homme possédé par des démons et habitant dans les tombeaux vint à la rencontre de Jésus. L’esprit impur s’était emparé de lui bien des fois. On le gardait alors lié par des chaînes, avec des entraves aux pieds, mais il rompait ses liens et le démon l’entraînait vers les endroits déserts. (…) Jésus commanda à l’esprit impur de sortir de cet homme alors l’homme demanda à Jésus de pouvoir être avec lui. Mais Jésus le renvoya en disant : « Retourne chez toi et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi. » Alors cet homme partit proclamer dans la ville entière tout ce que Jésus avait fait pour lui.

Évangile selon saint Luc, chapitre 8, versets 26-39


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MessageSujet: Re: Carême   Mer 09 Avr 2014, 10:28

mercredi 9 avril

Notre commune humanité avec Dieu

La parole de Dieu

Marthe dit à Jésus : « Tu es le Fils de Dieu,
celui qui vient dans le monde »

Évangile selon saint Jean, chapitre 11, verset 27

La méditation

J’aime poser une question aux gens : « Y a-t-il quelque chose de commun entre Dieu et les hommes ? » D’aucuns répondent : rien. D’autres évoquent la liberté, l’amour. En réalité, toute personne, indépendamment de sa race et de sa religion, a en commun avec Dieu son humanité. Par l’Incarnation, le Fils de Dieu s’est uni en quelque sorte à tout homme. Sainte Catherine de Sienne voyait en Jésus « le pont » qui relie l’humanité à Dieu. Ressuscité d’entre les morts la nuit pascale, Jésus n’a pas lâché son humanité mais il l’a transformée.
Au cœur de la Trinité, sainte et bienheureuse, resplendit l’humanité de Jésus-Christ, annonce de la glorification de notre propre humanité. Le bienheureux pape Jean-Paul II avait repris une belle formule venant des chrétiens d’Amérique :
« Jésus-Christ est le visage humain de Dieu et le visage divin de l’homme. » Dieu, personne ne l’a jamais vu, son Fils unique, Jésus le Christ, nous conduit à le connaître. (*) C’est cette humanité commune au Fils de Dieu et à chacun d’entre nous qui fonde la dignité sacrée de l’homme. Plutôt que de relever les différences entre les cultures, les races et les religions, nous avons à mettre en lumière notre commune humanité avec Dieu.Seigneur Jésus, fais que je voie en chaque homme, en chaque femme, en tout enfant, la splendeur de cette humanité qui est la tienne et que tu aimes.

* Évangile selon saint Jean, chapitre 1, verset 18


Pour aller plus loin avec la Parole


Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons. Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage : nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous. Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Or nous sommes, nous aussi, en communion avec le Père et avec son Fils, Jésus Christ. Et nous écrivons cela, afin que notre joie soit parfaite.

Première lettre de saint Jean, chapitre 1, versets 1-4


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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 10 Avr 2014, 10:03

jeudi 10 avril

Les « si » de notre vie

La parole de Dieu

Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort »

Évangile selon saint Jean, chapitre 11, verset 21

La méditation

Nous interprétons souvent notre existence avec des « si ». « Si » j’étais né dans une autre famille je ne serais pas là où je me trouve maintenant. « Si » j’avais été davantage soutenu dans mon travail j’aurais réussi au lieu de sombrer dans l’échec. « Si » j’avais eu un autre curé j’aurais fait des progrès spirituels. Si, si, si…
Avec cette mentalité, nous risquons fort de ressasser des pensées négatives et paralysantes au point de nous considérer comme des victimes qui attendent passivement leur revanche.
Nos « si » conditionnels nous rappellent des « si » de l’Évangile. Dans l’Évangile de la résurrection de Lazare, Marthe et Marie s’adressent à leur ami avec des « si » : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Jésus y répond non pas avec un « si » géographique mais avec le « si » de la foi : « Ne t’ai-je pas dit que si tu crois tu verras la gloire de Dieu ? »
En réalité, les grandes œuvres s’accomplissent dans la contradiction. Saint François d’Assise a composé son Cantique des créatures alors qu’il était devenu aveugle. Beethoven, devenu sourd, a créé sa Neuvième Symphonie. Saint Jean de la Croix, enfermé dans la prison d’un carmel, a laissé jaillir de son âme de sublimes enseignements sur l’union mystique avec Dieu.
Seigneur Jésus, libère-moi des « si » qui m’empêchent d’accomplir ce que je pourrais faire par l’énergie de ton Esprit Saint !

Pour aller plus loin avec la Parole

Mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion. Car si quelqu’un écoute la Parole sans la mettre en pratique, il est comparable à un homme qui observe dans un miroir son visage tel qu’il est, et qui, aussitôt après, s’en va en oubliant comment il était. Au contraire, celui qui se penche sur la loi parfaite, celle de la liberté, et qui s’y tient, lui qui l’écoute non pour l’oublier, mais pour la mettre en pratique dans ses actes, celui-là sera heureux d’agir ainsi.
Mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion. Car si quelqu’un écoute la Parole sans la mettre en pratique, il est comparable à un homme qui observe dans un miroir son visage tel qu’il est, et qui, aussitôt après, s’en va en oubliant comment il était. Au contraire, celui qui se penche sur la loi parfaite, celle de la liberté, et qui s’y tient, lui qui l’écoute non pour l’oublier, mais pour la mettre en pratique dans ses actes, celui-là sera heureux d’agir ainsi.

Lettre de saint Jacques, chapitre 1, versets 22-25


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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 10 Avr 2014, 13:01

Le texte de la méditation du Père Dubois

L’Eucharistie, ou plus communément la messe, n’est-elle pas devenue une habitude ?  Soit nous y allons régulièrement et nous la vivons par habitude, soit nous nous sommes habitués de ne plus y aller. Si ce n’est pas le cas, tant mieux ! Mais gardons-nous bien de l’habitude qui devient routine, elle tuerait le trésor qu’est l’Eucharistie source et sommet de notre vie ? Une dame que je visitais fortuitement, me dit : «Mon père, je ne vais plus à la messe, car pour moi c’est du folklore tout cela». Je lui répondis sans hésiter : «Je vous comprends. Car si la messe se réduit pour vous à du folklore, on fait mieux dans le genre». J’ai ajouté aussitôt : [b]«Mais je vous promets que le jour où vous réaliserez que la messe c’est l’événement des événements qui a transformé l’histoire du monde, vous y viendrez tous les jours».

Bernadette n’était pas habituée. A l’âge de 14 ans, elle n’avait toujours pas fait sa première communion.  A Bartrès, chez son ancienne nourrice, elle était une bouche de moins à nourrir pour papa et maman Soubirous. Elle devait aussi y apprendre son catéchisme en vue de faire sa première communion. Elle préfère revenir au Cachot et manger un pain de misère avec sa famille. Mais c'est surtout qu'à Lourdes, il y a des prêtres, alors qu’à Bartrès l’abbé vient de partir pour devenir moine. En ce mois de Janvier 1858 l’affection des siens, malgré la misère, et la soif du pain de l’Eucharistie poussent donc Bernadette à reprendre le chemin du cachot.

Sur ce chemin du retour à Lourdes, le ciel vient à la rencontre de Bernadette pour la conduire à la source de la Vie. Car la source, dont la source de Massabielle est le symbole, c’est l’Eucharistie, source et sommet de la vie de l’Eglise, dit le Concile Vatican II. Marie nous conduit toujours à Jésus, source d’eau vive.

Le cœur de la fille ainée des Soubirous est aimanté par le Pain Vivant qu’est Jésus. Le catéchisme ne lui rentre pas dans la tête. Qu’à cela ne tienne, la Vierge Marie se fait la catéchiste de Bernadette. Comment donc va s’y prendre Marie ? Comme on le fait en Eglise, car Marie est de l’Eglise.

Marie à travers sa personne découvre à Bernadette la lumière qui éclaire et ouvre l’intelligence autant que le cœur des disciples d’Emmaüs. En Marie, Bernadette lit et relit les Ecritures. Elle contemple le plus beau fruit de l’accomplissement des Ecritures. Cette lecture des Ecritures à travers Marie fait grandir Bernadette dans la foi en Jésus, la préparant à la communion eucharistique.

La prière longue et silencieuse que Bernadette vit à chaque apparition lui apprend à être en véritable dialogue d’amour avec Jésus, Lumière et Vie de celle qu’elle contemple. L’amour vécu dans cette prière transfigure Bernadette. Cela touche le cœur des spectateurs au point qu’ils se mettent à prier eux aussi.
La confession, que vit Bernadette spontanément après avoir rencontré une première fois la Belle Dame, purifie le cœur. Le sacrement du pardon prépare la voyante à prendre place à la table du Seigneur qui est le sommet de toutes ses rencontres avec Marie.

Les gestes de pénitence, baiser la terre, marcher à genoux et manger des herbes amères, préparent Bernadette à vivre la communion eucharistique en hostie vivante, elle aussi offerte pour les pécheurs. La mission, qu’elle accomplit avec amour, d’aller trouver les prêtres pour qu’ils construisent ici une chapelle, prépare Bernadette à vivre sa mission. Bernadette sera toute sa vie témoin du message de Lourdes. La communion eucharistique nous envoie en mission pour dire Jésus dans et par notre vie.

Ainsi les nombreuses rencontres avec la Vierge Marie permettent à Bernadette de vivre sa première communion, le 3 juin 1858, quelques semaines avant la dernière apparition. Les apparitions et la communion eucharistique, ce sont deux choses différentes, dira Bernadette, mais elles vont ensemble. Bernadette sera heureuse dans les deux.

A l’école de Marie, Vierge devenue Eglise, Bernadette est soigneusement préparée à recevoir Jésus Eucharistie. La lecture assidue de la Parole de Dieu, la prière persévérante et silencieuse du cœur, la confession sacramentelle, les gestes de pénitence et la charité ont contribué à préparer Bernadette à recevoir, dans l’Eucharistie, le cœur de Jésus livré pour nous. L’Eucharistie vient transfigurer éternellement nos vies. Que la routine ne vienne pas ternir l’éclat d’un tel trésor. L’Eucharistie, sommet de notre vie et source de chacune de nos journées n’est pas obligatoire, elle est super nécessaire. Elle est le cœur de notre cœur.

Chers amis, que chaque Eucharistie, vécue comme Marie l’a enseigné à Bernadette, nous fasse goûter la joie de Pâques que nul ne pourra nous ravir.

Bon et joyeux carême !
[/b]
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MessageSujet: Re: Carême   Ven 11 Avr 2014, 10:34

vendredi 11 avril

Vivre en ressuscités

La parole de Dieu

Jésus dit à Marthe : « Moi, je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra »

Évangile selon saint Jean, chapitre 11, verset 25

La méditation

La résurrection, comme la vérité, n’est pas une idée mais une personne vivante : Jésus, le Christ. Sa résurrection ne ressemble pas à celle de Lazare qui revient à la vie mortelle pour mourir de nouveau. Dans la nuit de Pâques, Jésus, lui, sortira victorieux du tombeau pour retrouver la gloire qui était la sienne dès avant la fondation du monde.
Par le baptême, le chrétien est déjà ressuscité. (*) La résurrection n’est pas pour demain. Dès maintenant, le fidèle jouit de l’énergie de la résurrection de Jésus car là où Jésus est, là se trouve aussi sa puissance de vie. Notre foi en la résurrection suscite un style de vie. C’est pourquoi nous pouvons nous donner sans crainte dans le service de nos frères. Nous croyons que ce n’est pas la mort qui a le dernier mot, mais le Christ. Toute la mystique chrétienne se trouve dans le mystère de Pâques. Pour recevoir tout, il faut lâcher prise, renoncer à tout. Saint Jean de la Croix parlait en espagnol de « todo y nada » (« tout et rien »). Seulement celui qui accepte de se vider de lui-même sera comblé de la vie de Dieu.
Il nous arrive d’expérimenter cela. Quand nous pensons que tout est perdu, après avoir beaucoup travaillé pour un projet qui nous semblait bon et que nous nous apprêtons à jeter l’éponge, voilà que Dieu agit dans notre néant pour nous rappeler que le maître de la création, « la résurrection et la vie », c’est Lui et non pas nous. Nous entrevoyons alors la puissance de la résurrection dans nos passages humains de la mort à la Vie.
Seigneur Jésus, je crois en toi, augmente en nous la foi !

* Lettre aux Colossiens, chapitre 3, verset 1


Pour aller plus loin avec la Parole


Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire. Faites donc mourir en vous ce qui n’appartient qu’à la terre : débauche, impureté, passion, désir mauvais, et cette soif de posséder, qui est une idolâtrie.

Lettre aux Colossiens, chapitre 3, versets 1-5


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MessageSujet: Re: Carême   Sam 12 Avr 2014, 22:23

samedi 12 avril

Servir

La parole de Dieu

Jésus dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 11, verset 44

La méditation


Plus l’homme se rapproche de Dieu et plus il se rend proche de ses frères. Pourquoi opposer la prière et l’action ? Les grands saints étaient des hommes et des femmes de prière. Le secret de leur fécondité spirituelle se trouvait précisément dans le cœur à cœur avec Dieu. Saint Dominique passait ses nuits en prière. Don Bosco et Mère Térésa consacraient de longues heures à l’oraison pour que ce soit l’Esprit Saint qui agisse dans leur faiblesse.
Jésus demande aux proches de Lazare de le délier de ses bandelettes. Ils deviennent ainsi les coopérateurs du Sauveur. Jésus a voulu que le salut de l’homme passe par l’homme. Il a besoin de nous, même si nous nous en estimons indignes et faibles. La nouvelle évangélisation avancera si les chrétiens prennent au sérieux la prière et le service des pauvres. Autrement, les baptisés susciteront le rire et le mépris.
Je me souviens des gestes de mon père. Ils ont marqué ma vie de foi, de religieux dominicain et de prêtre. Le matin, quand nous prenions le train, il aimait à déposer dans un coin une cigarette de son paquet pour un clochard qui passait là dans la matinée. Quand la suie, à l’occasion des traversées des tunnels, venait à gêner l’œil d’un passager, mon père prenait son mouchoir et doucement la lui enlevait. L’expérience la plus forte eut lieu lors de l’explosion d’une bouteille de gaz dans notre immeuble. Les voisins regardaient derrière leurs fenêtres. Mon père sortit sans hésiter, il entra dans l’appartement sinistré et aida les gens à en sortir.
Les paroles instruisent. L’exemple entraîne.


Pour aller plus loin avec la Parole


Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres lequel d'entre eux allait livrer Jésus. Ils en arrivèrent à se quereller : lequel d'entre eux, à leur avis, était le plus grand ? Mais il leur dit : « Les rois des nations païennes leur commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel ! Au contraire, le plus grand d'entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert. Quel est en effet le plugrand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N'est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. »

Évangile selon saint Luc, chapitre 22, versets 23-27


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MessageSujet: Re: Carême   Dim 13 Avr 2014, 09:24

Dimanche des Rameaux

Où donc est Dieu ? : Il est dans ton regard

La parole de Dieu

Ils prirent des rameaux de palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël ! »

Évangile selon saint Jean, chapitre 12, verset 12

La méditation

Voilà que tu arrives au bout de ce carême. Après 40 jours passés dans le désert, peut-être moins, et tu es prêt, pour accueillir Celui qui vient. En fait, cela fait longtemps que tu l’attends. Et te voilà, avec des rameaux en mains, tout disposé à entrer dans Jérusalem en louant Dieu ! Mais, qui vas tu acclamer ? A qui feras-tu cortège ? Où est-il le roi tout puissant ? Où est-il le guerrier libérateur que tu attends ?
Celui que tu vois arriver est un humble prophète porté par un âne, avec des pieds poussiéreux, et une petite troupe de disciples disparates. À première vue, il ne paye pas de mine. On le dit ivrogne et glouton, possédé(*). Il n’a ni armée, ni solution définitive, ni promesse toute faite, ni vérité absolue. D’ailleurs, beaucoup ne voient en lui qu’un imposteur.
Mais toi, tu l’as reconnu. Et c’est cet homme, que tu acclames, parce que tu pressens, au fond de ton cœur, qu’il manifeste le véritable visage de Dieu. Ce Dieu livré, pacifique, amoureux de toute l’humanité, ce Dieu qui t’a touché, il y a si longtemps. Et qui te parle encore.
Ce que tu sais voir aussi, c’est que ce Fils de Dieu, comme on l’appelle, et qui sait bien qu’à Jérusalem on voudra le faire périr, il s’avance malgré tout avec confiance, sans autre désir que la fidélité à son Père et à ses amis. Et si tu l’acclames, c’est parce qu’il révèle ainsi à tous, le véritable visage de l’humanité. Caché sous les jugements du monde, Ton véritable visage. Non pas d’abord pêcheur, indigne, insuffisant, mais au contraire courageux, fidèle, généreux. Et fragile aussi. Cet homme bientôt crucifié, mais cet homme ressuscité, beaucoup l’acclament avec toi, parce qu’il inspire, à chaque femme, à chaque homme qui croit en lui, le prix et le sens qu’il peut donner à sa vie, quels que soient ses origines, son chemin, ses handicaps.
Cet humble roi est le plus grand, mais sans violence. Il n’occupe, dans ta vie, que la place que tu lui donnes. Ce paisible libérateur, n’a d’ailleurs d’autre plan de bataille, que la réconciliation de toi avec toi-même et, du coup, de toi avec les autres. C’est ce Dieu-là, l’Unique, qui se révèle à toi, rien moins qu’en assumant pleinement cette humanité qui nous est commune à tous, c’est ce messie-là, que tu acclames. C’est Lui, dis-tu, ton Sauveur et ton espérance.
Mais, tu le sais bien, ces rameaux, que tu agites avec les autres pour célébrer le Messie, deviendront bientôt les fouets qui feront couler son sang. Les acclamations et les chants vont se taire et laisser place à une cacophonie de haine, défigurant l’humanité de beaucoup. Car malgré la venue du Sauveur, l’esprit du monde ne cesse pas d’étendre ses ravages.
Alors, avec le Christ, c’est toi aussi qui traverses Jérusalem en affrontant la brutalité de ce monde. Mais n’aie pas peur des crachats et des insultes, ni d’être raillé et bousculé, n’aie pas peur de tomber avec Lui, continue de regarder devant toi, garde les yeux ouverts, car ce Dieu que tu sais voir, il est avec toi, à chaque instant, de la gloire à la croix. Et à la vie éternelle.

* Évangile selon saint Mathieu, chapitre 11, verset 19 et Jean, chapitre 8, verset 48



Pour aller plus loin avec la Parole


Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus, et ils disaient : « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, réprimande tes disciples ! » Mais il prit la parole en disant : « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront. » Lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant : « Ah ! Si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux. Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ; ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. » Entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs. Il leur déclarait : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » Et il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ; en effet, le peuple tout entier, suspendu à ses lèvres, l’écoutait.

Évangile selon saint Luc, chapitre 19, versets 37-48


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MessageSujet: Re: Carême   Lun 14 Avr 2014, 12:22

Le texte de la méditation du Père Dubois

«Vous mangerez de cette herbe qui est là». Quelle demande étonnante de la part de Marie à Bernadette ce jeudi 25 février 1858. La source vient de jaillir de ses mains. Bernadette boit de cette eau, peu claire encore. Elle se lave le visage avec la même eau, mal dégagée de toute trace de terre. Elle se met alors à manger un peu de cette herbe dure et mauvaise qui pousse au fond de la Grotte. Pour les centaines de personnes témoins, c’est trop. On l’interrogera souvent sur ce dernier geste. Bernadette répondra que nous mangeons bien de la salade !

La Vierge Marie est fille d’Israël. Les herbes qu’elle désigne à Bernadette renvoient au repas de la Pâque juive. Ce repas célèbre la libération d’Egypte. L’agneau pascal est bourré d’herbes amères pour rappeler l’amertume de la servitude d’Egypte. L’agneau est signe de l’action libératrice de toute forme d’esclavage. Le péché est le pire des esclavages. Etre esclave d’un autre peuple à cette époque, c’est être aussi esclave de ses dieux et de ses idoles. Donc n’être pas tourné vers le Dieu Unique. Le péché c’est tout ce qui nous détourne de Dieu, toutes nos mauvaises alliances pour notre seul intérêt et notre égoïsme. Marie renvoie donc Bernadette à l’Agneau véritable qui a livré sa vie pour le pardon des péchés. Manger des herbes amères c’est vouloir devenir agneau avec l’Agneau de Dieu pour la libération des pécheurs.

Entendons saint Paul nous parler de cette union du chrétien au Christ pour être dans le Christ un autre Christ libérateur du péché: «Je vous exhorte, frères, par la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu» (Rm 12, 1). Et encore : «En ce moment je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l'Eglise» (Col 1, 24). En soi, il ne manque rien à la Passion du Christ, car Jésus est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes. Seul Dieu peut libérer du péché. Mais si Dieu nous a créés sans nous, il ne peut nous sauver sans nous. Le mal continuera dans le monde de faire ses œuvres de mort tant qu’un homme, par sa liberté mal employée, lui ouvrira la porte. Le poids de la Passion de Jésus est suffisant pour faire basculer le monde entier dans le salut. Il y faut seulement notre consentement. Notre péché seul retient la Passion de Jésus d’opérer. Le péché ressemble au barrage de montagne qui retient l’eau si nécessaire à la vie.

Pour aider les hommes à briser leur cœur de pierre en consentant aux torrents de la Miséricorde divine, Dieu veut avoir besoin de nous, les membres de son corps. Nous recevons la vie par nos parents. Nous sommes nés à la vie divine par les prêtres dans les sacrements. Nous vivons en société les uns par les autres, les uns grâce aux autres. De même la dureté de notre cœur et notre obstination orgueilleuse à résister à Dieu ont besoin, pour disparaître, de la peine amoureuse des membres du corps du Christ. On ne sauve pas un noyé en restant sur la berge. Jésus s’est immergé dans notre péché. Il a mangé les herbes amères de la Pâque jusqu’à en transpirer sang et eau. Il s’est fait péché pour nous. «Sur la croix Dieu contre Dieu a pris le parti de l’homme», disent les pères de l’Eglise. Nous aiderons Jésus à faire basculer le monde dans sa Pâque libératrice en prenant nous aussi avec Lui les fardeaux de notre humanité.

Le péché, si ce n’est pas le mien, j’en suis solidaire, car moi aussi je suis pécheur. J’en suis solidaire plus encore parce que je suis par mon humanité solidaire de tout homme. Je ne peux vivre sans les autres. Et ce que je suis je le dois aux autres. Mystère de notre solidarité humaine dans le bien comme dans le mal. Alors quand la Vierge Marie demande à Bernadette «pour les pécheurs» de prier, de marcher à genoux, d’aller à la source, et de manger des herbes amères, elle lui demande ce que tout baptisé est appelé à vivre. Une union étroite de cœur et d’âme, une union cœur à cœur et corps à corps avec Jésus. Une union pour guérir d’abord de notre propre péché. Une union pour soulager aussi autant qu’on le peut les misères dues au péché des hommes. Enfin une union pour porter les amertumes si nombreuses de la vie en union avec Jésus rédempteur pour la libération des pécheurs.

Notre sacrifice dans le sacrifice du Christ ouvre une porte à la source de toute miséricorde... Qu’a fait Bernadette dans son couvent de Nevers ? Elle a beaucoup prié. Elle a soulagé la souffrance de ses sœurs malades en étant une aide-infirmière efficace, pleine de délicatesse autant que rieuse. Elle a porté courageusement les humiliations, les peines de son asthme et les contradictions de sa vie humaine. Elle l’a fait en sacrifice pour les pécheurs... On ne verra qu’au ciel tout ce que l’on doit pour notre conversion à Bernadette et à tant de nos amis les saints.

Chers amis, l’Eglise est fondée sur les apôtres et les martyrs. Ayons l’audace, pour bien vivre cette semaine sainte, de demander à Dieu la science de la Croix. L’Esprit Saint et la Vierge Marie sauront nous l’enseigner.

Bon et joyeux carême !
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MessageSujet: Re: Carême   Lun 14 Avr 2014, 17:13

Lundi de la Semaine Sainte

Où donc est Dieu ? Il est dans ton débordement.  
 
La parole de Dieu

Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, pour les donner aux pauvres ?  

Évangile selon saint Jean chapitre 12, verset 5  

La méditation

Avant sa Passion, Jésus cherche le réconfort à la table des amis. Alors il vient chez toi.
Bien sûr, tu veux l’honorer d’un repas, tu veux le servir, tu ne veux pas l’accueillir comme un hôte ordinaire. Tu veux que ça sente bon, que ce soit beau, que tout ton amour soit versé, là, maintenant. À chaque fois comme si c’était la dernière. Parce qu’il t’aime, parce que tu l’aimes. Alors, tu donnes sans compter, comme on verse un parfum.
Des gens te diront peut-être que tu en fais trop, qu’il y a des choses plus urgentes, plus importantes. Certains pensent, en effet, que la vie doit être rentable ! Ils comptent, le nombre de pauvres à soulager, le coût de leurs bonnes actions, tout ce qu’on leur doit, tout ce que Dieu leur doit. Accaparés par leurs calculs, ils donnent ce qu’ils croient devoir donner mais, rarement se laissent prendre ce dont l’autre a véritablement besoin. Leur foi, leur vie, leur amitié même, ressemblent alors à ces beaux services de table, qu’on ne sort jamais du placard pour ne pas les abîmer, ou à ces canapés de cuir qu’on recouvre de plastique pour ne pas les user. Tout à leur économie, ils oublient simplement d’être à la vie, d’être à Dieu, d’être au monde. Quel gâchis !
Mais toi, reste fidèle à toi-même. Car ton cœur ne demande qu’à déborder sans compter, c’est ta nature profonde, puisque tu es à l’image de Dieu. Peut-être l’as-tu oublié, mais c’est en toi : le débordement, la gratuité, la spontanéité du cœur, la générosité, l’amour en somme. Tout ce que Dieu aime retrouver chez ses amis.

 Pour aller plus loin avec la Parole  

Jésus se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds. Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds. Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montrer peu d’amour. » Il dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »
 
 Évangile selon saint Luc, chapitre 7, versets 44-50

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MessageSujet: Re: Carême   Mar 15 Avr 2014, 10:34

mardi de la Semaine Sainte

Où donc est Dieu ? Il est dans ta nudité.


La parole de Dieu

Pierre se souvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit : « Avant que le coq ait chanté aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois ». Et sortant dehors, il pleura amèrement.

Évangile selon saint Luc, chapitre 22, versets 61-62

La méditation

En surface, tu ris, à gorge déployée, on te considère, parfois même on t’admire. Tu es une mère attentive, un patron efficace, une fille hyper cool, une grand-mère impeccable. Tu es un homme vaillant. Tout va si bien dans ta vie… Oh oui ! Tout va si bien dans ta vie !
Mais quelle vie ? Entends-tu, au fond de toi ?
Une âme pleure les blessures accumulées, les besoins d’amour déçus, les confiances trahies, et tous ces jugements qui pèsent comme un fardeau trop lourd (*) ! Et elle meurt (cette âme), de n’être pas reconnue pour elle-même, refoulée ! Comme une lépreuse sur le bord de ta vie : « Non, non, je ne connais pas cet homme ! » Trop imparfait, trop différent, trop fragile !
Sous les coups de tes reniements, ton âme d’enfant de Dieu se meurt, peut-être, de ne jamais s’entendre dire un vrai JE T’AIME. Telle qu’elle est. Tel que TU es.
Comme nous tous, tu es nu et vulnérable, mais ce n’est pas ce qui te blesse. Ce qui te blesse, c’est le refus de t’accueillir tel que tu es, et de jouer à être un autre. C’est le jeu des masques. Sans eux, crois-tu, tu n’es pas aimable. Or, est-ce bien vrai que tu n’es pas aimable ? Non. C’est le mensonge du Malin, qui depuis toujours défigure l’homme pour défigurer Dieu (**). Et ce mensonge ancien crevasse ta vie. Ce jeu des masques est un jeu mortel.
Sur la croix, Dieu dévoilera bientôt son visage et ce visage c’est justement cette humanité que tu caches. Nue, sans artifice. Fragile et sacrée. Comprends que cela signifie que tu es, tel que tu es, sans tous tes masques, toi aussi, un beau, un véritable reflet du Père.

* Évangile selon saint Luc, chapitre 11, verset 46
** Livre de la Genèse, chapitre 3, versets 1-10


Pour aller plus loin avec la Parole


Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? » La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.” » Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »
La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea.

Livre de la Genèse, chapitre 3, versets 1-6


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MessageSujet: Re: Carême   Mer 16 Avr 2014, 10:16

mercredi de la Semaine Sainte

Où donc est Dieu ? Il est dans ta parole.

La parole de Dieu


En cette heure-là, Jésus dit aux foules : « Comme pour un hors-la-loi vous êtes partis avec des épées et des bâtons, pour vous saisir de moi ! Chaque jour j'étais dans le temple assis à enseigner, et vous ne m'avez pas arrêté. Mais tout cela est arrivé pour que s'accomplissent les écrits des prophètes. » Alors les disciples l'abandonnèrent tous et prirent la fuite.

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 26, versets 55-56

La méditation

Comme Pierre, qui avait pourtant affirmé qu’il n’abandonnerait pas Jésus, tu te demandes peut-être si tu es assez fiable pour porter une parole véritable. Mais tu aurais tort de disqualifier trop vite ta capacité de témoigner en vérité et de te réfugier dans un mutisme tout emprunt de pureté. Comme ces prêtres, qui font croire qu’une parole peut souiller la sainteté de Dieu et qui s’empressent de la condamner ! Car, si les gardes s’emparent de Jésus, c’est en effet pour le faire taire. Et ce refus de la parole est pire que toutes les trahisons.
Mais la parole n’est pas soumise à ceux qui « tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme » (*). En effet, bien que rendu muet par la douleur, c’est par son être même, son souffle jusqu’au bout, que Jésus, continuera de témoigner de la grandeur de l’homme Parole de Dieu. Cette vérité-là est invincible. Elle est universelle. Au-delà de « toutes langues, peuples et nations » (**), l’humanité ainsi livrée s’adresse à tous les hommes, à tout l’homme, à chacun. Même aux païens ! L’ultime de la Parole, la langue la plus sacrée par laquelle Dieu se dit au monde, c’est l’humanité elle-même. Voilà la folle révélation de la croix. Et, à la suite du Christ, tout homme, toute femme, est désormais la chair de cette parole adressée au monde.
Toi aussi donc. Il suffit que tu sois, et déjà la parole est prête à surgir. Et si tu es porté par le souci de tes frères, tu te découvres parole de Dieu. Alors, même dans ta fragilité, tu peux devenir parole d’éternité.

* Évangile selon saint Matthieu, chapitre 10, verset 27-28
** Livre de l’Apocalypse, chapitre 5, verset 9

Pour aller plus loin avec la Parole

Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Or, comment l’invoquer, si on n’a pas mis sa foi en lui ? Comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame ? Comment proclamer sans être envoyé ? Il est écrit : Comme ils sont beaux, les pas des messagers qui annoncent les bonnes nouvelles! Et pourtant, tous n’ont pas obéi à la Bonne Nouvelle. Isaïe demande en effet : « Qui a cru, Seigneur, en nous entendant parler ? » Or la foi naît de ce que l’on entend ; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ.

Lettre aux Romains, chapitre 10, versets 13-17


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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 17 Avr 2014, 09:59

Jeudi Saint

Où est Dieu ? Il est dans tes mains.

La parole de Dieu

Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.

Évangile selon saint Jean chapitre 13, versets 14-15

La méditation

Parfois j’entends dire « Pour moi la vie chrétienne c’est surtout de ne faire de mal à personne ! ». Mais franchement, c’est le minimum de la vie chrétienne ! « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse à toi-même » (*) : Il s’agit juste de ne pas faire de vague, pour rester, tout tourné vers soi, bien tranquille dans son coin ! Même le plus petit dans le Royaume ne s’en contenterait pas ! Car ça ne suffit pas pour édifier le Royaume. Jésus, tu le sais, te demande beaucoup plus : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le, de même, pour eux » (**). C’est ça la règle d’or. La suite du Christ, ce n’est pas de ne « pas faire le mal », c’est de faire le bien, de servir. Nuance ! D’ailleurs, je ne sais pas si tu es frappé comme moi par le « je confesse à Dieu », qu’on dit parfois à la messe. On y trouve une progression dans la gravité : j’ai pêché par pensée, par parole, par action, et par omission. Le plus grave, ce n’est pas d’avoir fait mal, c’est de ne pas avoir fait bien, d’avoir omis de faire le bien. De n’avoir pas fait ! Oui, dans ta vie chrétienne, c’est un devoir de faire le bien, de porter secours, de soulager, mais aussi de créer, de partager les dons que tu as reçus, et de servir ainsi la communauté des hommes. C’est ça aimer ! Car attention ! Aimer, comme laver des pieds… ça ne se fait pas à distance. D’abord, il te faut approcher de l’autre, il te faut prendre ce risque, il te faut même le toucher, avec délicatesse bien sûr, dans une proximité pudique. Et pour atteindre cette intimité évangélique, il faut t’abaisser, te mettre à genoux. C’est par en bas que tu dois commencer à servir. Non par la tête et les belles idées, non par le cœur et ses élans, mais par les pieds ! C’est-à-dire, ce qui, en l’autre, a besoin de tes soins. Servir c’est mettre ta tête, ton cœur, au niveau des pieds de l’autre. Même quand, parfois, ces pieds ne sentent pas très bon. Alors, bien qu’à genoux, tu es plus grand, puisque, à la suite du Christ, tu es les yeux, le sourire et les mains de Dieu.

* Livre de Tobie, chapitre 4, verset 15
** Évangile selon saint Matthieu, chapitre 7, verset 12

Pour aller plus loin avec la Parole


Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, Jésus se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. (…) Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites.

Évangile selon saint Jean, chapitre 13, versets 1-17


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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 17 Avr 2014, 15:16

Le texte de la méditation du Père Dubois

«Allez dire aux prêtres qu’on construise ici une chapelle et qu’on y vienne en procession». La mission, reçue par Bernadette lors de la 13eapparition, concerne les prêtres, collaborateurs des évêques, apôtres avec eux. Envoyés de Jésus, les ministres de l’Eglise ont mission en son nom d’enseigner, de sanctifier et de gouverner le Peuple de Dieu.

Après une dizaine de rencontres, Marie envoie Bernadette aux prêtres. Or, aussitôt après la première apparition, Bernadette est allée voir un prêtre : l’abbé Pomian, vicaire de la paroisse. Elle se confessera pour la première fois et lui demandera d’être son père spirituel. Un seul sourire, une seule vision de la lumière éclatante ont suffi à tourner le cœur de Bernadette vers Jésus, à travers un prêtre. Certes, entre elle et la Dame, il y eut ce jour-là un signe de croix tracé comme jamais et un long chapelet prié avec recueillement. C’est peu et beaucoup. Il n’en faut pas plus à Bernadette pour aller, de son propre chef, trouver un prêtre. Cela en dit long déjà sur la nature de l’apparition, mais aussi sur Bernadette, son sens de l’Eglise et des prêtres. Bernadette ne connaît pas son curé. L’abbé Pomian lui est familier avec l’un ou l’autre prêtre déjà rencontré. L’abbé dispense le catéchisme à l’hospice. Bernadette peut avoir confiance. Il en faut pourtant davantage pour aller ainsi, après une aventure aussi insolite que surprenante, se confier, remettre son âme pour le pardon de ses péchés et demander d’être guidée dans les voies du Seigneur.

La Belle Dame demande donc une chapelle et qu’on vienne ici en procession. Bernadette est familière du bâtiment église de sa paroisse. Quant au bon peuple, il n’a pas tardé à processionner à la Grotte. Très vite, des centaines, puis des milliers viennent y prier. Des courageux aménagent même les lieux. Marie amplifie le mouvement en demandant aux prêtres la chapelle et les processions.

Educatrice de la prière, mère pédagogue en vie de pénitence, mère attentive à conduire à la source de la Vie, mère délicate qui sourit et pleure pour que tous trouvent la voie du salut, la Vierge Marie, après avoir longuement rencontré Bernadette et lui avoir donné les clés de ces rencontres lumineuses de prière et d’échanges, Marie envoie sa messagère aux prêtres. A eux de poursuivre le mouvement. Aux prêtres d’éduquer à la prière, de conduire à la source de la Parole et des sacrements, aux prêtres de pardonner les péchés et de conduire les processions, afin que tous se convertissent.

Un grand théologien contemporain, repris par le bienheureux Jean-Paul II, dit que l’Eglise a deux visages : le visage marial et le visage pétrinien. Visage de la Vierge Marie, mère du Christ et de l’Eglise. Visage des apôtres que Pierre représente tous. Mère du Seigneur et disciples de Jésus, réunis au Cénacle : « Tous ils étaient assidus à la prière... », nous disent les Actes des Apôtres (Ac 1, 14). La Vierge Marie est inséparable de l’Eglise et de sa prière. Elle est inséparable de la vie de tout disciple du Christ, plus encore de tout ministre du Christ.

Bernadette ne fera rien sans les prêtres, avant même d’avoir un ordre explicite de mission. Cet ordre donné par la Dame, elle ira le répéter à son curé, l’abbé Peyramale. Le curé et ses prêtres, l’évêque de Tarbes, n’auraient rien fait si la Dame n’avait pas commencé quelque chose de simplement divin dans ce petit trou du Gave. Marie les a déroutés autant que confortés dans leur ministère. Car, de prétendues apparitions qui ,conduisent une enfant de 14 ans à tant de naturel, de confiance, de prière et d’humilité, ce n’est pas banal. Quand, de surcroît, le mouvement que provoque involontairement cette enfant devient prière silencieuse et confession de carême comme on en n’a jamais entendu dans la paroisse, on ne peut que s’interroger. N’y aurait-il pas un petit vent de Dieu qui souffle là et qui sent bon l’Esprit-Saint ? Marie ! L’Esprit-Saint ! L’Eglise ! Les prêtres ! Tout cela respire la bonne odeur de Jésus-Christ.

Jésus est venu par Marie : il continue de venir, par sa Mère, nous dispenser toute grâce de conversion. A ses apôtres il a confié de le donner au monde. Les prêtres peuvent le faire seulement, parce qu’ils sont les envoyés de Jésus. Aussi ne doivent-ils accomplir leur mission qu’à l’exemple de leur Maître. Or Jésus, de Cana à la Croix, n’a rien vécu sans Marie, nouvelle Eve à côté du Nouvel Adam, disait saint Irénée de Lyon. Jésus a donné, sur la Croix, Marie à Jean son apôtre. Comme Jésus et en lui, le prêtre est appelé à donner le cœur du Père du Ciel à travers son propre cœur. Le prêtre est père par délégation. « Qui vous accueille m’accueille, qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé » (Jn 13, 20).

Chers amis, en ce beau jeudi saint où Jésus institue l’Eucharistie, et où les prêtres naissent de ce repas pascal par la volonté de leur Maître, écoutons la Vierge Marie nous demander d’aller aux prêtres pour boire au cœur de Jésus et nous laver dans son sang versé pour nous.

Bonne montée vers Pâques !
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MessageSujet: Re: Carême   Ven 18 Avr 2014, 09:49

Vendredi Saint

Où est Dieu ? Il est dans la nuit de ta prière.


La parole de Dieu


Tu ne réponds rien ? Vois tout ce dont ils t’accusent ! Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate était étonné.

Évangile selon St Marc, chapitre 15, versets 4-5

La méditation


Tu es là, au pied de la croix où notre Seigneur est suspendu comme un brigand, et la réussite du Serviteur de Dieu, annoncée par le prophète Isaïe, ne te paraît pas franchement éclatante.Hier encore, Jésus nous partageait le pain et le vin, enseignant, exhortant, préparant chacun de nous à la venue du Royaume. Aujourd’hui il s’est tu, comme un agneau qu’on mène à l’abattoir. Tu aimerais qu’il te rassure, qu’il se révèle de façon spectaculaire, qu’il condamne les méchants… « Vas-y maintenant, montre leur à tous que tu es bien le Messie, ne nous laisse pas tomber !». Mais non, il ne se défend même pas. Il ne dit presque rien. Le temps n’est plus aux paroles mais à l’accomplissement de La Parole. Et c’est si difficile à comprendre ! « Oh, notre Dieu, pourquoi nous as-tu abandonnés ? » Et sous tes yeux incrédules, en même temps que Jésus agonise, c’est ton espérance qui flanche lentement sur le bois, déchirée, défigurée. Avec Marie, tu es là, au pied de la croix, interloqué, humilié. Sans voix. Que dire d’ailleurs, qui n’ajoute à l’horreur de l’obscénité ou du cynisme ? Faut-il que tu cries ? Faut-il que tu ries ? Faut-il que tu pleures ? Et pleurer comment ? Pleurer de dépit, pleurer de rage, pleurer d’amertume de t’être fait rouler par ce Roi-Messie qui t’a fait tant de belles promesses et qui finit lamentablement écorché sur le bois ? Faut-il que tu pries ? Sans doute. Tu peux t’abandonner à la folie de cette Passion, fermer un instant les yeux du monde et ouvrir les yeux de la foi. Pour voir dans la croix, non pas d’abord le signe de la violence dont nous sommes capables, mais surtout le témoignage de l’amour fou de Dieu, qui, définitivement, nous rachète. Qui te libère. Oui, tu peux prier en cette heure sombre, et ainsi accompagner Jésus qui meurt, pour que, toi aussi, tu puisses ressusciter, avec Lui, dans la lumière.


Pour aller plus loin avec la Parole


Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. » Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez.

Évangile selon saint Jean, chapitre 19, versets 25-35


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MessageSujet: Re: Carême   Sam 19 Avr 2014, 10:39

Samedi Saint

Où donc est Dieu ? : Il est dans ton cœur


La parole de Dieu


On le descendit, le roula dans un linceul et le mit dans une tombe taillée dans le roc où personne encore n’avait été placé. C’était le jour de la préparation et le Sabbat commençait à poindre.

Évangile selon saint Luc, chapitre 23, versets 53-54

La méditation


C’est la fin de la journée. Lentement le soleil s’éteint et la chaleur écrasante laisse place à une légère douceur. Des odeurs de chlorophylle montent du sol rafraîchi. Le bruit a cessé, les cris ont cessé, les pleurs ont cessé, les coups de fouets, les injures, les supplications… tout est plus silencieux. La Parole de Dieu est morte. Dieu est mort. Et c’est la même chose, puisque, si Dieu ne parle plus aux hommes, les hommes ne sauront pas qu’il est. Les disciples, les femmes, les prêtres, la foule, tout le monde est parti. On entend à nouveau le chant des insectes, le vent dans les oliviers, le murmure lointain de la fête qui se prépare dans les maisons de Jérusalem. Dieu est mort mais, surprise, la vie continue, indifférente, et têtue. Ce que Dieu a donné ne nous est pas repris. La lumière dorée du soir caresse les écorces, les feuillages et les pierres. Tout redevient beau. Et même les soldats, postés là pour garder le tombeau, quittent leurs masques de violence pour retrouver leur visage de père, de mari ou d’amant. Tout est paisible maintenant. C’est le Sabbat qui commence, le jour du repos. Où est Dieu désormais ? La terre où on l’a mis, le tombeau qui l’accueille, c’est le cœur de chacun. C’est de ton cœur aussi qu’il doit ressusciter et, si tu y consens, c’est de ton cœur encore qu’il se dira au monde.


Pour aller plus loin avec la Parole


Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 11, versets 20-27


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