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 Carême

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Cécile



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MessageSujet: Carême   Sam 01 Mar 2014, 12:41

La retraite de Carême du pape aura lieu hors du Vatican


27/2/14 - 15 H 13

Le pape François se retirera avec les cardinaux de la Curie en dehors du Vatican, pour les exercices de Carême, entre le 9 et le 14 mars prochains, a indiqué jeudi 27 février la salle de presse du Saint-Siège. Ainsi, le pape ne sera pas dans le petit État pour le premier anniversaire de son élection, le 13 mars 2013. Généralement les retraites de Carême avaient lieu au Vatican.

Pendant cette période les audiences seront suspendues au Vatican.

La retraite aura lieu à Ariccia, un petit village des collines des Castelli Romani, au sud-est de Rome.

Le jeudi 17 octobre, il avait été annoncé que la retraite de Carême 2014 du pape et des membres de la curie romaine se tiendrait à la Casa Divin Maestro, lieu de retraite situé en face du lac d’Albano, près de Castel Gandolfo, résidence d’été des papes proche de Rome, et qu’elle serait prêchée par Mgr Angelo de Donatis, curé de l’église romaine de Saint-Marc du Capitole et présenté par le Vatican comme le « guide spirituel de nombreux prêtres ». Le nom du prédicateur n’a cependant pas été confirmé jusqu’à présent.

Chemin de croix au Colisée le Vendredi Saint

En 2013, le cardinal Gianfranco Ravasi avait assuré la prédication, et l’année précédente, ce fut au tour de l’archevêque de Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya.

Le Vatican a rendu public le programme des activités du pape pendant toute la période du Carême jusqu’à Pâques, le 20 avril, et la double canonisation de Jean-Paul II et de Jean XXIII, le 27 avril sur la place Saint-Pierre.

Il n’y a pas de changements notables dans le programme, dont un des points culminants reste le chemin de croix au Colisée, le Vendredi Saint au soir.

Le programme n’indique pas où le pape François compte célébrer la messe du Jeudi Saint commémorant le dernier repas de Jésus, au cours de laquelle il doit procéder au lavement des pieds, en mémoire du geste que le Christ, selon la tradition, a lui-même fait à ses disciples.

L’an dernier, le pape François s’était rendu dans une prison pour mineurs de la périphérie de Rome, où il avait lavé les pieds de jeunes détenus chrétiens et musulmans.

La Croix
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Espérance
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MessageSujet: Re: Carême   Dim 02 Mar 2014, 16:05


« Entrons dans le Carême, avec un esprit d'adoration et de solidarité fraternelle »


2014-03-02 Radio Vatican

Selon le Pape François, se trouve au centre de la liturgie de ce dimanche 2 mars, « une des vérités les plus réconfortantes » : la Divine Providence.

S’inspirant de la lecture du livre d’Isaïe et de l’Evangile de Matthieu, le Pape assure aux milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre pour la prière de l’angélus que « Dieu n’oublie personne d’entre nous, ni notre nom, ni notre prénom. Il t’aime et ne t’oublie pas. Quelle belle pensée ! », s’est-il exclamé.

Ce dimanche, le Pape est revenu sur une thème qui lui est cher : la figure de Dieu comme celle d’un bon Père qui pourvoit aux besoins de ses enfants. François reconnait que les paroles de l’Evangile de ce jour peuvent paraître « abstraites voire illusoires » « à toutes les personnes qui vivent dans des conditions précaires ou même dans une misère qui blesse leur dignité ».

Elles sont pourtant d’actualité, a affirmé le Pape. En effet, pour François, elle nous rappelle qu’on ne peut pas servir deux patrons : Dieu ou la richesse.

« Un cœur occupé par la soif d’avoir, est un cœur vide de Dieu »

« Tant que chacun cherche à accumuler pour soi, il n’y aura jamais la justice ».

Par deux fois le Pape répète cette phrase, avant d’expliquer qu’au contraire « si on se fie à la Providence de Dieu et que nous cherchons ensemble son règne, alors là personne ne manquera du nécessaire pour vivre dignement »

Le Pape appelle les milliers de fidèles, peu visibles sous leurs parapluies, à mettre de côté leur propre bien-être pour se montrer généreux. « Un cœur occupé par la soif d’avoir, est un cœur vide de Dieu ».
Voilà qui explique pourquoi Jésus gronde souvent les riches parce que, pour eux, le risque qu’ils résument leur sécurité à leurs possessions de ce monde est grand. « Dans un cœur possédé par les richesses, il n’y a plus beaucoup de place pour la foi ».
En revanche, poursuit le Pape, « si on laisse à Dieu la place qui est la sienne, à savoir la première, alors son amour nous pousse à partager aussi les richesses, à les mettre au service de projets de solidarité et de développement ».
Ainsi la providence de Dieu passe par notre service rendu aux autres, a conclu le Pape qui a répété une formule qui lui vient de sa grand-mère, comme il confiait au début de son pontificat : « un linceul n’a pas de poche ! ».

La Providence de Dieu passe le service rendu aux autres

Et si cela peut sembler peut réaliste, au regard de la mentalité générale et aux problèmes dus à la crise économique, « si vous y pensez bien », a relevé le Pape, cela nous fait revenir à la « juste échelle de valeur ». « Pour faire en sorte que personne ne vienne à manquer de pain, d’eau, de vêtement, maison, travail ou santé, il faut que tous nous nous reconnaissions comme fils du Père qui est au ciel et donc frères entre nous, et que nous comportions en conséquence ».

Enfin avant de quitter les pèlerins, le Pape s’est exprimé sur le prochain temps de Carême, « un chemin de lutte contre le mal accompli grâce aux armes que sont la prière, le jeûne et la miséricorde ».
L’humanité a besoin de justice, de réconciliation et de paix, a dit le Pape, et pourra en disposer seulement en se recentrant sur Dieu, qui en est la source.

« Entrons dans le carême, avec un esprit d’adoration de Dieu et de solidarité fraternelle avec ceux qui ces temps-ci sont les plus éprouvés par l’indigence et de violents conflits ».

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Hillel31415



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MessageSujet: Re: Carême   Dim 02 Mar 2014, 16:09

Cécile a écrit:
au cours de laquelle il doit procéder au lavement des pieds, en mémoire du geste que le Christ, selon la tradition, a lui-même fait à ses disciples.
selon les textes sacrés
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neophyte



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MessageSujet: Re: Carême   Dim 02 Mar 2014, 23:02

Hillel31415 a écrit:
Cécile a écrit:
au cours de laquelle il doit procéder au lavement des pieds, en mémoire du geste que le Christ, selon la tradition, a lui-même fait à ses disciples.
selon les textes sacrés

... qui viennent de la tradition et sont la tradition.
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MessageSujet: Re: Carême   Mer 05 Mar 2014, 10:01

MERCREDI DES CENDRES (carême dans la ville)


Laisse Dieu entrer chez toi



La parole de Dieu


Toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 6, verset 6

La méditation



Le cycliste va s'élancer et l'enfant sur sa trottinette est en quête du premier élan. Et comme eux, c’est à moi de me lancer aujourd’hui sur le chemin. Peut-être suis-je déjà en équilibre, ou peut-être pas. Mais mon appui, je le connais : par élans successifs, la Parole de Dieu me fera avancer, je la laisserai me tenir debout, m’entraîner plus loin.
Aujourd'hui, vous allez peut-être jeûner. Ou peut-être pas. Vous allez éventuellement célébrer l’entrée en Carême par cette liturgie qui nous rappelle que nous sommes petits devant la vie, petits devant Dieu. Ou peut-être pas non plus. Parce que c'est loin, parce que c'est un peu étrange ou inhabituel. À l'autre bout du Carême, à Pâques, une autre liturgie nous rappellera que nous sommes grands. Très grands même car appelés à vivre de grandes choses avec Dieu. L'important aujourd'hui, c'est d'entendre cet appel à monter dans la chambre intérieure, celle où l'on trouve le secret et le silence.
« Entre dans ta chambre la plus retirée » nous dit Jésus. Mais suis-je bien familier du chemin qui y mène ? N'ai-je pas un peu peur d'y trouver ce que je ne voudrais pas trop y voir : la trop claire conscience de mes fermetures, de mes œillères ? Si bien sûr ! Et c'est pour cela que Dieu nous y donne rendez-vous. Ce qui est caché en nous, ce dont nous ne sommes pas trop fiers, voilà ce que Dieu veut venir façonner à nouveau.
Heureusement il n'y a pas que cela, car s'y trouve aussi tous ces souvenirs heureux de la présence réciproque dans la prière, nos étonnements devant l'attention de Dieu, la reconnaissance pour sa patience face à notre péché. De cela aussi, nous faisons bien de nous remémorer. Ces belles réalités appartiennent aussi à notre histoire personnelle.
Alors entrons. L'intimité de la prière nécessite que je me retire : là, je ne suis pas en représentation, j'enlève mes masques. « Verrouille ta porte » : une fois entré dans ma cellule intérieure, dans cette petite chambre de l'âme, il ne me faut pas rester seul, mais laisser Dieu entrer. Cette porte verrouillée doit s'ouvrir, mes murailles intérieures doivent tomber. Dieu sera chez lui chez moi.

Pour aller plus loin avec la Parole


Moi, tous ceux que j’aime, je leur montre leurs fautes, et je les corrige. Eh bien, sois fervent et convertis-toi. Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon Trône, comme moi-même, après ma victoire, j’ai siégé avec mon Père sur son Trône.

Livre de l'Apocalypse, chapitre 3, versets 19-21


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Cécile



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MessageSujet: Re: Carême   Mer 05 Mar 2014, 10:44

A l'école de Bernadette de Lourdes.

Le texte de la méditation du Père Dubois


Que s’est-il passé en ce carême 1858 à la Grotte de Massabielle ? 156 ans plus tard on continue de venir Du monde entier en si grand nombre. Dans la majorité des pays de la planète la grotte de Lourdes est représentée. Le nom de Notre Dame de Lourdes est fréquemment donné à des paroisses, des sanctuaires ou des mouvements d’Eglise. Nul homme, fut-il d’Eglise, n’a imaginé Lourdes et son pèlerinage ?

Lourdes, son rocher, sa source et sa grotte nous dépassent tous. Il nous faut tous incliner la tête et le cœur pour comprendre et entrer dans le mystère de ce lieu où la grâce nous surprend toujours et continue de faire des merveilles.

Nous aussi, entrons dans ce carême avec la simplicité et le naturel de Bernadette. Les textes liturgiques de ce mercredi des Cendres nous invitent à la conversion c’est-à-dire à la vérité du cœur. L’Evangile de saint Matthieu nous parlent par trois fois d’être en secret, seul à seul devant Dieu, pour prier, jeûner et vivre la charité. Quittons la salle des miroirs, où nous faisons le beau devant nous-mêmes et devant les autres, pour être à Dieu seul, notre Père à tous, qui voit dans le secret ce que vaut notre cœur, comment il est tourné, vers qui ou vers quoi il est tourné. Un homme vaut ce qu’il vaut devant Dieu et rien de plus, disait saint François d’Assise.

Voilà bien ce que Bernadette vit en ces jours de misères qui la conduisent à la Grotte de Massabielle. Un lieu de misères où elle se rend pour soulager un peu de sa misère. Or voilà que Bernadette va voir ce lieu tout rempli de lumière. Elle va y boire une joie inexprimable et imprenable. Elle va découvrir où est la vraie misère plus terrible que la faim qui la tenaille et l’asthme qui la ronge... Misère du péché qui fait que notre cœur est détourné de Dieu pour être tourné vers nous, vers nos seules satisfactions ou ambitions personnelles, la plupart du temps au détriment des autres.

La lumière et la joie qui surprennent Bernadette au matin du 11 février 1858 prennent son cœur pour l’attirer dans ce bonheur infini du ciel venu à elle à travers cette belle Dame sortie du Rocher dans un coup de vent semblable à celui de la Pentecôte. La joie de la rencontre est joie de la conversion. Le cœur de Bernadette entre dans la joie de son cœur qui se tourne vers Dieu. C’est cela la conversion : se tourner vers Dieu. C’est cela la pénitence : tourner son cœur vers Dieu. Rien d’autre, rien de moins et rien de plus mais pas moins que cela.

Que c’est difficile pour nous de tourner notre cœur vers Dieu ? Nous sommes tellement plein de nous-mêmes. Comment garder notre cœur aimanté, fasciné par la beauté du ciel et par les merveilles que Dieu nous offre avec surabondance dans sa création comme dans sa Parole. Son Verbe est est allé jusqu’à se faire chair, à se faire petit enfant, de crainte de nous effrayer, et pour nous apprivoiser ?

Bernadette est de la même race des pécheurs que nous. Elle est surprise par cette visite du ciel qui désormais oriente son cœur vers la Grotte, dont elle dira que c’était son ciel. Mais comment un trou lugubre et sombre de misères peut-il devenir le ciel pour une enfant qui restera pauvre et malade ? Comment ce qui reste un trou humide malgré tous les aménagements peut-il faire espérer tant de monde depuis la venue de la Belle Dame.

La joie qui jaillit de cette grotte obscure en ce jour et tous les jours de rencontre est le secret de Bernadette. C’est la joie de la conversion. La joie de tourner son cœur vers la joie promise du ciel pour changer de vie, pour quitter ses habitudes orgueilleuses et égoïstes, pour tourner son cœur vers l’Amour en personne qui nous visite par Marie notre Mère.

Nous aussi, chers amis, durant ce carême osons tourner notre cœur vers Dieu pour changer de vie et connaître avec Bernadette la joie de la conversion. Prenons le temps régulier de la prière silencieuse afin de nous tenir dans le secret du cœur sous le regard de notre Père du ciel, non pour nous isoler de nos semblables. Dieu nous invite à goûter la joie de la conversion, la joie d’un cœur aimanté par lui parce que lui, Dieu, est aimanté par nous. «Nous sommes tout pour lui» et nous l’ignorons.
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MessageSujet: Re: Carême   Mer 05 Mar 2014, 10:55

TWITTER @PONTIFEX_FR
5 mars 2014

Le Carême est un temps approprié au renoncement. Privons-nous de quelque chose chaque jour pour aider les autres.

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MessageSujet: Re: Carême   Mer 05 Mar 2014, 18:53

Le Carême, chemin de conversion et de redécouverte de notre Baptême
2014-03-05 Radio Vatican

C’est sous un beau soleil que le Pape a tenu ce mercredi son audience générale place Saint-Pierre.

En ce premier jour de Carême, le Saint-Père a rappelé le sens de cette montée vers Pâques, « un temps fort, a-t-il souligné, qui peut favoriser en chacun de nous le changement et la conversion, pour sortir des habitudes et de l’accoutumance paresseuse au mal qui nous piège »

"La conscience des merveilles que le Seigneur a opéré pour notre salut prépare notre esprit et notre cœur à une attitude de gratitude envers Dieu, pour tout ce qu’Il nous a donné, ce qu’il a accompli pour son peuple et pour l’humanité tout entière. C’est de là que part la conversion", a rappelé le Pape, qui est la réponse reconnaissante au superbe mystère de l’amour de Dieu »

Ne pas s'habituer aux comportements non chrétiens

Outre la conversion, la période de Carême nous adresse une autre invitation, celle de vivre notre Baptême de manière plus engagée, a poursuivi François.
Ceci implique de ne pas s’habituer aux situations de dégradation et de misère que nous rencontrons, dans nos villes et dans nos pays.
Il y a le risque, a averti le Pape, d’accepter certains comportements, de ne plus s’étonner de la triste réalité qui parfois nous entoure.
Et de dénoncer la violence à laquelle nous nous sommes habitués, "celle de ne plus s’étonner de voir des gens dormir dans la rue, de voir que les réfugiés recherchent dignité et liberté.

Nous nous habituons aussi à vivre dans une société qui prétend évacuer Dieu, dans laquelle les parents n’apprennent plus à leurs enfants à prier ni à faire le signe de croix.

Cette accoutumance aux comportements non chrétiens et confortables nous anesthésie le cœur !" a-t-il lancé à la foule.

Voici la synthèse de la catéchèse du Pape en français :

Chers frères et sœurs, aujourd’hui, Mercredi des Cendres, commence le temps du Carême qui nous conduira au Triduum pascal, mémoire de la passion, de la mort et de la résurrection du Seigneur, cœur du mystère de notre salut.

En ce temps, l’Église nous adresse deux invitations pressantes : prendre une conscience plus vive de l’œuvre rédemptrice du Christ et vivre notre Baptême de manière plus engagée.

Notre conversion est la réponse reconnaissante au mystère merveilleux de l’amour de Dieu.

Vivre pleinement notre baptême signifie ne pas nous habituer aux situations de dégradation et de misère que nous rencontrons sur nos routes.

Le carême est un temps providentiel pour changer de cap, pour réagir face à la réalité du mal qui nous défie toujours. C’est le temps favorable pour nous rapprocher de Dieu et nous convertir à l’amour envers le prochain.

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MessageSujet: Re: Carême   Mer 05 Mar 2014, 23:30

"Le carême est un voyage spirituel et sa destination est Pâques" (Alexandre Schmemann, théologien orthodoxe, 1921-1983)  Thumright 
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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 06 Mar 2014, 10:03

Jeudi 6 mars Carême dans la ville

Laisse Dieu rejoindre ta chair      


La parole de Dieu


Jésus étendit la main, toucha le lépreux et lui dit : « Je le veux, sois purifié ! » À l'instant, il fut purifié de sa lèpre.  

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 8, verset 3  

La méditation

Dans sa chambre, un enfant est fiévreux. Sa sœur s'approche de lui, et d'un geste brusque, il la met à distance. La main posée sur le front, sa mère, elle, s’inquiète de son état. Son geste est douceur, elle effleure et comprend tout. Le geste n'est pas magique, et pourtant la relation est apaisante : quelle paix dans cette main !
Un autre met-il la main sur moi ? Voilà bien souvent la première crainte qui m'assaille devant un possible contact que je n'ai pas prévu. Les réflexes font irruption pour me protéger. Ils m'isolent également. Parfois, d'un geste, d'une pensée, je peux refuser Dieu comme s’il allait m’agresser, moi qui me veux autonome. Pourtant, la main délicatement posée sur la main d'un souffrant, la tête posée sur l'épaule de son amoureux, les embrassades des amis qui se retrouvent après un éloignement ou une réconciliation, tous ces contacts sont des signes très sensibles de la présence paisible de l'autre. Comme si le contact accepté devenait la marque de la relation de confiance, de l'attention et du respect de la personne dans tout son être.
Jésus touche les langues, les oreilles, les yeux, les mains. Il touche nos corps dans les sacrements par les gestes accompagnant les paroles. Jésus continue ces contacts qu'il a initiés. Ce ne sont pas des gestes magiques. Nul fluide, nulle énergie biochimique ne s'échappent de son corps. Mais la présence change tout. Pourra-t-elle dénouer mes peurs et me libérer de la solitude de mon autodéfense ?

 Pour aller plus loin avec la Parole  


Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ; mais les disciples les écartèrent vivement. Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. » Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.
 
 Évangile selon saint Marc, chapitre 10, versets 13-16

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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 06 Mar 2014, 11:16


En mars, goûtez les saveurs du carême

P. Jacques Nieuviarts

Et si le Carême était un temps pour redécouvrir la saveur des choses : celle d’une nourriture plus frugale, celle de l’amitié partagée, de l’environnement à préserver, du silence, ou encore du temps, occupé différemment ?Nous en “manquons” souvent.

Le Carême nous rappelle l’urgence de l’essentiel, l’urgence de la parole de Jésus. Lui se retire au désert, où il demeure 40 jours. C’est là que nous sommes appelés, pour le temps d’un renouveau ou d’une maturation intérieure, d’un enracinement en terre profonde de Dieu.

Il nous faut [ré]apprendre, à la manière de Jésus, l’intimité avec le Père. Comme pour d’autres grands événements de nos vies, nous devons donc nous déterminer sur la façon de vivre ce temps.

Et consentir au dépouillement, rappelle le pape François dans son message pour le Carême. Il y médite longuement la parole de Paul : “Vous connaissez la générosité de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté” (2 Co 8, 9).

“Dieu, commente le pape François, ne se révèle pas par les moyens de la puissance et de la richesse du monde, mais par ceux de la faiblesse et la pauvreté.” Ainsi, le dépouillement nous rapproche de Dieu et la pauvreté nous fait rejoindre le cœur de Dieu.

Ils nous permettent aussi de regarder autrement, ils nous rendent sensibles à ceux qui sont dans la misère. Car la misère, ajoute le pape, c’est “la pauvreté sans confiance, sans solidarité, sans espérance” ! Voilà donc un maître mot pour le Carême : “pauvreté”. Elle nous rapproche du cœur de Dieu… et des autres.

Ce qui fait le Carême, c’est le cœur que l’on y met et le chemin auquel il ouvre : apprendre à suivre Jésus, à goûter sa parole, à marcher avec lui. Jésus donne sa vie. Il nous faut donner la nôtre, pour goûter à la joie de Pâques.

P. Jacques Nieuviarts, conseiller éditorial de Prions en Église

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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 06 Mar 2014, 11:24


Des Cendres à la Pentecôte

P. Emmanuel Schwab

C’est trop court de viser Pâques quand on entre en Carême ! Il faut viser la Pentecôte.

L’œuvre du Carême est de quitter – définitivement ! – ce qui appartient à l’homme ancien pour entrer dans une “nouveauté de vie” (Rm 6, 4). On voit là que la tâche à accomplir n’est pas celle d’un effort temporaire, mais bien celle d’une transformation de la vie du baptisé qui se dispose ainsi à partager “la gloire du Royaume”. L’effort de conversion fait durant le Carême aura à être “stabilisé” durant le temps pascal en apprenant progressivement à jouir d’une faculté acquise ou retrouvée.

Si l’on prend l’analogie avec les exercices scolaires, sportifs ou artistiques, le but est bien d’acquérir une capacité nouvelle que l’on mettra ensuite en œuvre – de plus en plus naturellement – lorsqu’on en aura besoin. Le dimanche de Pâques, on ne ferme pas la parenthèse du Carême. Pour s’exprimer en termes pauliniens, Pâques nous voit “libérés de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu” (Rm 8, 21).

La pâte est pétrie, lève et cuit

Une autre manière de regarder cet ensemble Carême-Temps pascal, c’est de prendre l’analogie du pain. Durant le Carême, on pétrit la pâte; durant le Temps pascal jusqu’à l’Ascension, on la laisse lever; dans les derniers jours du Temps pascal, elle est cuite au feu de l’Esprit Saint.

C’est pour cela qu’il me semble important de prendre ensemble les 96 jours qui vont du mercredi des Cendres au dimanche de Pentecôte.

Modelés avec la poussière du sol, il nous faut passer par le mystère pascal pour être vivifiés par l’Esprit Saint qui fait de nous des vivants.

Père Emmanuel Schwab, curé de la paroisse Saint-Léon (Paris)

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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 06 Mar 2014, 18:11

Au début du Carême, le pape dénonce les « luttes de pouvoir » dont il est témoin

6/3/14 - 11 H 56
     

Au cours de l’homélie inaugurant le 5 mars le temps liturgique du Carême, mercredi des Cendres, sur la colline romaine de l’Aventin, le pape François a mis en garde contre les « luttes de pouvoir », dont il est témoin de la part de ceux qui se prennent pour « Dieu créateur ».

« Ces gens ne se rendent-ils pas compte qu’ils ne sont pas Dieu ? », s’est-il interrogé de la même manière que, il y a un an, pour la messe des Cendres célébrée de façon inhabituelle dans la basilique Saint-Pierre, Benoît XVI avait lui aussi dénoncé les divisions au sein de l’Église.

« Nous vivons dans un monde toujours plus artificiel, a souligné le pape François, dans une culture du “faire”, de “l’utile”, où nous excluons Dieu de notre horizon sans nous en rendre compte. » À ses yeux, le Carême vient ainsi rappeler les hommes à leur condition de créatures.

« La valeur de la vie ne dépend pas de l’approbation des autres »

Le pape a invité les croyants à s’ouvrir aux autres. « C’est uniquement lorsque les difficultés et les souffrances de nos frères nous interpellent » que commence la conversion, a-t-il souligné.

Évoquant l’entrée dans le Carême, période de 40 jours menant à la fête de Pâques, le pape a médité sur les éléments de ce chemin spirituel : la prière, le jeûne et l’aumône. À ses yeux, tous trois impliquent la nécessité de ne pas se laisser dominer par les choses qui apparaissent.

Pour lui, ce qui compte, ce n’est pas l’apparence. « La valeur de la vie ne dépend pas de l’approbation des autres ou du succès, mais de ce que nous avons à l’intérieur », a-t-il insisté.

Imposition des cendres

Avant la messe, le pape François s’était rendu en milieu d’après-midi à l’église Saint-Anselme, sur la colline de l’Aventin, où il a présidé une brève prière. Il est ensuite allé en procession jusqu’à la basilique Sainte-Sabine, à 200 mètres de là, accompagné de plusieurs cardinaux et prélats, de moines bénédictins et de dominicains.

Dans l’église Sainte-Sabine, dont les origines remontent au Ve siècle, le pape s’est vu imposer les cendres par le cardinal polonais Jozef Tomko, titulaire de la basilique, avant de les imposer lui-même aux cardinaux, évêques, moines, religieux et à quelques fidèles.

Apic/I.Media
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neophyte



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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 06 Mar 2014, 18:50

Un très saint carême à toutes et à tous.
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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 06 Mar 2014, 19:14

neophyte a écrit:
Un très saint carême à toutes et à tous.

 Thumright 
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MessageSujet: Re: Carême   Ven 07 Mar 2014, 10:04

vendredi 7 mars

Laisse ta foi se partager

La parole de Dieu

Abandonnant tout, Lévi se leva ; et suivit Jésus. Il donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ; il y avait là une foule nombreuse de collecteurs d'impôts.

Évangile selon saint Luc, chapitre 5, versets 28-29

La méditation


Parler de sa foi à ses amis, ce n’est pas trop difficile. Ce sont nos amis, après tout ! Mais parler du Christ, de ma foi, de ma prière à mes collègues, voilà qui est plus délicat. Vont-ils me comprendre ? Une barrière se dressera-t-elle après entre nous ou au contraire une proximité déroutante ?
Matthieu, autrement appelé Lévi, fait cette rencontre avec Jésus lorsque le Seigneur l'appelle. Il se laisse toucher au cœur. Il a reconnu où se trouve la vraie vie. Je vous propose de nous attarder sur le premier acte de cette vie nouvelle : Lévi fait un grand festin pour Jésus et y invite… non pas tous les disciples du Maître, mais ses propres collègues. Une assemblée de petits. Ceux avec qui il veut se réjouir de son changement radical, ceux probablement à qui il veut présenter celui qu'il vient de rencontrer. Et ils en sortiront immanquablement grandis.
Au moment où nous essayons de maîtriser le plaisir de notre table, en ce vendredi, réjouissons-nous de ce festin où la joie ne vient pas seulement de ce qui est mangé, mais plus encore d'une vie retrouvée, à nouveau savoureuse … et partagée !

Ma relation à Dieu dans le recueillement paraît m'isoler. En réalité, la présence à moi-même et à Dieu ne développe-t-elle pas une irrésistible envie de partage ? Elle me renvoie à la prière et à la communion. La prière de plusieurs, de la communauté, tel le grand festin de Lévi, est la manière d'élargir l'expérience individuelle de la vie spirituelle. Et si je portais davantage dans la prière ceux avec qui je vis ?

Pour aller plus loin avec la Parole


Si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “ Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue ! ” Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit.


Évangile selon saint Luc, chapitre 15, versets 8-10


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MessageSujet: Re: Carême   Sam 08 Mar 2014, 09:57

samedi 8 mars

Laisse la joie te porter



La parole de Dieu



Arrivent des gens qui amènent à Jésus un paralysé porté par quatre hommes. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »

Évangile selon saint Marc, chapitre 2, versets 3-4

La méditation


J'ai trouvé une astuce pour gagner immanquablement au loto. Bien sûr, si je vous la révèle, elle tombe à l’eau. Je préfère la tenir bien secrète.
Mais j’ai un autre trésor, bien plus réel : la prière. J’ai tout à gagner à diffuser cette richesse-là. Quand j'expérimente le trésor de la patience de Dieu devant mon péché, je veux faire connaître cette joie de le recevoir. Quand je mesure que la présence de Dieu me relève, je désire transmettre cette force qui vient de lui.
Transmettre, faire connaître la relation à Dieu dans la prière, son pardon sans condition, annoncer le trésor du surgissement de la vie et du relèvement de chaque personne. Non seulement rien ne me sera retiré de ce don reçu, mais la joie me pousse à le faire découvrir. Ces « gens » qui portent un paralytique ont été touchés par la force de Jésus. Et ils ne se retournent pas tout tristes mais reviennent, pleins d'audace pour que ce trésor touche aussi cet autre qui semble en avoir autant besoin qu'eux : un petit appelé à la même grandeur.
Ma relation d'intimité avec Dieu, présence de Jésus au plus près de moi, s'élargit si je peux la partager. C'est l'expérience de la prière en commun. C'est l'expérience de ne pas garder pour soi les grâces, les dons que nous recevons.
Puis éprouver comme la joie un peu folle de mille bambins, heureux, filant sur leur trottinette, un matin de printemps vers le soleil qui se lève.

Pour aller plus loin avec la Parole


Or il y avait quelques scribes, assis là, qui raisonnaient en eux-mêmes : « Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Percevant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils se faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : « Tes péchés sont pardonnés », ou bien lui dire : « Lève-toi, prends ton brancard et marche » ? Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. » Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »


Évangile selon saint Marc, chapitre 2, versets 6-12


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MessageSujet: Re: Carême   Dim 09 Mar 2014, 10:26

dimanche 9 mars

Un jour, il ouvrira la porte

La parole de Dieu



Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable.

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 4, verset 1

La méditation

Cette semaine, les détenus des prisons de Lille, accompagnés par le frère Franck et l’aumônerie des prisons, nous donnent leur témoignage.

Je ne sais pas où mon enfer a commencé, ce parcours du combattant, un supplice, ce désert. Seuls me reviennent en mémoire les souvenir de ce corps vide, meurtri, fané dans lequel je vivais ou plus exactement j’errais. Je me suis laissée happer par des tentations multiples, par la course de ce monde : quels étaient mes désirs authentiques, mon projet de vie ? Rendus muets, noyés, asphyxiés, enfouis dans le tourbillon des normes préétablies de nos sociétés.
Dans cette course folle, j’ai perdu mon identité, tel un mouton de Panurge avec sa camisole, j’ai suivi tête baissée le funèbre cortège. Je n’ai pas su me poser, prendre du recul, le temps de discerner quels étaient mes valeurs, mes intérêts, ce que j’en faisais. Et dans l’abîme, je me suis jetée, entraînée, aspirée. Dépressive, ma souffrance fut telle que seule la mort semblait en être le remède : encore un coup porté. Tant d’épreuves parcourues seule, dans le noir que je broyais, inconsciemment je me renfermais et je m’enlisais. Il m’aura fallu pas moins de quarante années avant d’estimer ce merveilleux trésor qu’est la vie, tellement belle que je la souhaite éternelle.
Et c’est avec vous, oui grâce à vous que je me suis réveillée de cette hypnose sournoise, par cette éclosion me voici libérée. En ouvrant grand mon regard et mon esprit, mon cœur aussi, sur vous, sur vos vies, sur la Vie. A travers vos actes, j’ai lu, appris ; de vos échecs, de vos réussites qui pourraient être les miens, je suis ressortie grandie. Sur vos reflets je me suis appuyée, et ils m’ont sauvé. Ex-solitaire, car non jamais plus je ne veux vivre sans les autres, j’ai tant besoin de ce partage précieux, unique, irremplaçable. Vos bonheurs, vos joies, votre gaîté, votre amabilité, vos rires, votre charité sont autant de beautés qui illuminent mes journées. Simplement un regard, une parole, juste un sourire, ces « petits riens » qui resplendissent telles des étincelles : une lumière qui chaque fois jaillit dans ma vie. Je les reçois comme des écrins protecteurs autour de mon cœur.
Aujourd’hui, j’ai la foi. Je marche d’un pas neuf et éclairé. Que Dieu me pardonne tout le mal que j’ai fait. À travers vous : ses témoins, je L’ai rencontré : « Je suis avec vous tous les jours » (*), c’était donc vrai. Il m’aura fallu du temps, mais j’ai enfin compris que notre Seigneur Jésus a réellement vécu, revêtu notre condition humaine, parmi nous. Il est pleinement habilité à nous enseigner. Ses Paroles sont Vérité. De ses graines semées, je me suis nourrie, en moi elles ont germé et porté du fruit.
« Aimez-vous les uns les autres » (**) nous a-t-il demandé, cet Amour, je l’ai ressenti. À mon tour, humblement, permettez-moi de vous offrir le mien. Dieu, lui, ne nous tente pas, ne nous dupe pas. Il ne nous présente pas de leurres, de pierres ou de funestes desseins. C’est pour toujours son Amour gratuit, inconditionnel, son Pardon, sa Miséricorde, qu’Il nous donne. Libre à chacun de nous de l’accueillir sans plus tarder.
C’est bien à regrets que je dois vous laisser. Puisqu’il me faut conclure, ce ne sera pas avant, s’il vous plaît, de vous avoir convié à lire ou à relire ce bel Évangile qui m’est cher : Luc chapitre 16, versets 19 et suivants (***) et de vous redire sincèrement : Merci.


* Évangile selon saint Matthieu, chapitre 28, verset 20
** Évangile selon saint Jean, chapitre 13, verset 34
*** Évangile selon saint Luc, chapitre 16, versets 19-31


Pour aller plus loin avec la Parole


Le pauvre Lazare mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : « Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. » « Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. »

Évangile selon saint Luc, chapitre 16, versets 22-25


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MessageSujet: Re: Carême   Lun 10 Mar 2014, 09:46

lundi 10 mars

La Solitude


La parole de Dieu


Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, Jésus eut faim.

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 4, verset 2

La méditation



Cette semaine, les détenus des prisons de Lille, accompagnés par le frère Franck
et l’aumônerie des prisons, nous donnent leur témoignage.

Jésus, seul, sur cette grosse pierre. Jésus pense après son jeûne de quarante jours. Il est épuisé. Mais dans sa tête il pense, comme nous pensons aussi quand on est au bord du gouffre. On pense à ce que l’on doit faire, mais aussi à ce que l’on a déjà accompli. Comme nous, il revoit son enfance, son adolescence défiler ; et il se demande ce qui est bien, moins bien, mal, très mal. Il pense à son peuple et à tout ce qui lui reste à faire, et comment le faire aussi.
Il se pose pas mal de questions, car il est humain, comme nous, même s’il est Dieu aussi. Quelquefois, ce fut très dur pour lui, car il y avait beaucoup de tentations, de fatigue : la soif, la faim, l’envie de ne plus obéir, le souhait d’une vie plus ordinaire.
Avec du mal, il a dû surmonter tout cela, mais en restant toujours lui-même. Il n’a pas dépassé les règles qu’il s’était donné. Et alors il se tournait vers son Père, pour lui demander de l’aide, pour pouvoir continuer l’œuvre de son Père, aller jusqu’au bout pour racheter nos péchés.
Nous, nous sommes loin d’être comme lui. Mais en écoutant et en lisant ses Paroles, très attentivement, nous apprenons à le connaître. Si nous savons parler à Jésus de tout notre cœur, il nous écoutera. On peut avoir confiance en Dieu. En regardant les gens qui nous réconfortent et nous tendent un sourire, c’est comme si Dieu était là et nous réconfortait en nous disant : « Vas-y sans crainte, je suis avec toi ! »

Pour aller plus loin avec la Parole


Il n’y a pas de crainte dans l’amour, l’amour parfait bannit la crainte ; car la crainte implique un châtiment, et celui qui reste dans la crainte n’a pas atteint la perfection de l’amour. Quant à nous, nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier. Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. Et voici le commandement que nous tenons de lui : celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère.

Première lettre de saint Jean, chapitre 4, versets 18-21


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MessageSujet: Re: Carême   Lun 10 Mar 2014, 10:26

Pape François :

« Renonçons à Satan, pour marcher sur le sentier de Dieu »

2014-03-09 Radio Vatican

« Renonçons à Satan et à ses tentations, pour marcher sur le sentier de Dieu » : c’est le cœur du message du Pape, délivré aux fidèles réunis place Saint-Pierre, sous un beau soleil printanier ; des fidèles venus en nombre, une fois encore, pour ce rendez-vous dominical.

L’Evangile de ce premier dimanche de Carême présente, comme chaque année, l’épisode de la tentation de Jésus au désert, en Saint Matthieu. Jésus vient de recevoir le baptême des mains de Jean-Baptiste au Jourdain ; l’Esprit Saint descend sur lui et le pousse à affronter ouvertement Satan au désert, après un jeûne de quarante jours, avant de commencer son ministère public.

Les trois tentations de Jésus

« Le tentateur cherche à détourner Jésus du projet du Père, du chemin du sacrifice et de l’amour, affirme le Pape, pour une voie facile, celle du succès et du pouvoir ». Le démon en effet présente à Jésus les fausses espérances messianiques : « le bien-être matériel, avec la possibilité de transformer les pierres en pains ; la dimension spectaculaire et miraculeuse, avec l’idée de se jeter du haut du Temple de Jérusalem, et d’être sauvé par des anges ; et enfin la voie du pouvoir et de la domination, en échange d’un acte d’adoration à Satan ». Des tentations que nous connaissons tous, souligne le Pape.

L'arme du Christ : la Parole de Dieu

Mais Jésus repousse ces tentations, et « réaffirme sa ferme volonté de suivre le chemin du Père, sans faire de compromis avec le péché et la logique du monde ». « « Mais vous noterez, fait remarquer le Pape, que Jésus ne dialogue pas avec le démon, parce qu’on ne peut pas dialoguer avec Satan, il est trop rusé ! ». Jésus a donc choisi son arme : la Parole de Dieu. « Souvenons-nous de cela dans nos tentations, et la Parole de Dieu nous sauvera », assure François.

Dans ses réponses à Satan, le Seigneur nous rappelle avant tout, que « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4; cfr Dt 8,3); et « ceci nous donne la force, précise le Pape, nous soutient dans la lutte contre la mentalité mondaine qui abaisse l’homme à ses besoins primaires, lui faisant perdre la faim de ce qui est vrai, bon et beau : la faim de Dieu et de son amour ».

Jésus nous rappelle également qu’il est écrit : « tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu », car, observe François, « le chemin de la Foi se fait aussi dans l’obscurité, le doute, et se nourrit de la patience et de l’attente persévérante».

Jésus nous rappelle enfin qu’il écrit : « c'est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c'est lui seul que tu adoreras». « Autrement dit, nous devons nous défaire de nos idoles, des choses vaines, et construire notre vie sur l’essentiel », lance François.

Le Carême : chemin de conversion

Ces paroles de Jésus trouveront par la suite leur plein accomplissement. « L’absolue fidélité (du Christ) au dessein d’amour du Père le conduira, après environ trois ans, à la confrontation finale avec le « Prince de ce Monde », à l’heure de la Passion et de la Croix, et là, Jésus remportera sa Victoire définitive, la Victoire de l’Amour ! ».

Et le Pape d’inviter une nouvelle fois les fidèles, à appréhender le Carême comme « un temps propice », pour « accomplir un chemin de conversion ».

« Renouvelons les promesses de notre baptême : renonçons à Satan, à toutes ses œuvres et ses séductions, pour marcher sur le sentier de Dieu et arriver ainsi à Pâques dans la Joie de l’Esprit Saint », conclut le Pape.

Après l'Angélus , le pape a demandé aux fidèles de prier pour lui et ses collaborateurs de la Curie romaine qui se retireront dimanche après-midi près de Rome pour des exercices spirituels jusqu'à vendredi.

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MessageSujet: Re: Carême   Lun 10 Mar 2014, 11:01

Le texte de la méditation du Père Dubois
Sanctuaires de Lourdes.

Avouons-le, nous n’aimons pas entendre parler de conversion et de pénitence. Ces mots résonnent comme quelque chose d’ennuyeux ou de franchement rébarbatif. Faire des efforts, renoncer à ceci ou à cela, autant de perspectives qui ne nous enchantent guère et nous font aborder tristement la religion. Quand bien même nous sommes partant, les bilans de nos décisions ou de nos résolutions nous découragent car elles ressemblent bien souvent à des pétards mouillés. Notre inconstance et notre inconséquence nous démoralisent.

A considérer l’histoire de Bernadette nous découvrons une autre perspective. Bernadette vit une joie profonde alors même qu’elle est dans la misère, qu’elle vivra sa vie dans la souffrance, et pratiquera avec amour des gestes de renoncement en réponse à l’appel de la Dame. D’où vient la joie de Bernadette si étroitement associée à ce que nous appelons la conversion ? Pourquoi Bernadette a désormais choisi la pauvreté pour ne plus la subir, pauvreté n’étant pas misère ? Pourquoi emprunter à son exemple le rude chemin de la Croix et de l’humilité de Jésus comme chemin de joie ?

Bernadette est surprise par Dieu. Elle n’a pas inventé cette rencontre. Elle n’a rien imaginé où cela la mènerait. Bernadette désarçonne les curieux comme les autorités. Pleine de bon sens pour répondre aux mille et une questions qui la pressent, Bernadette demeure la première étonnée, la première surprise de son aventure avec la Dame de Massabielle. Bernadette n’a eu aucune initiative en l’affaire. L’initiative est entièrement venue du ciel. En termes familiers autant que corrects disons qu’en ce matin banal du 11 février 1858 le ciel a « déboulé » dans la vie de Bernadette sans crier gare. Bernadette déboulera bientôt à son tour chez le Curé Peyramale pour lui jeter à la figure les mots de la Dame qu’elle ne comprend pas « Je suis l’Immaculée Conception ». Le Curé en pleure de bonheur. Le ciel vient de lui rentrer en plein cœur par sa petite paroissienne dont il ne doute pas.

L’initiative de toute conversion revient à Dieu. Grand savant et philosophe du 17ème siècle, Blaise Pascal vit une sécheresse intérieure abominable. Surpris par une nuit de feu il s’écrie : "Joie, Joie, Joie, pleurs de Joie". Dieu d’amour et non des philosophes ou des savants qui, de sa seule initiative, nous invite à la joie de son amour fou pour nous. Charles de Foucault, Alphonse de Ratisbonne, Paul Claudel et tant d’autres témoignent de ce jour où le ciel a déboulé à sa manière dans leur vie pour en faire des apôtres de la Lumière véritable et de la joie.

Toute la Bible le proclame. Ces quelques tribus de semi-nomades qui au 12ème siècle avant Jésus commencent à se fédérer pour former bientôt le peuple d’Abraham d’Isaac et de Jacob, tous ces "sortis d’esclavage" ont fait chacun à leur manière une expérience forte de l’irruption d’un Dieu inconnu dans leur vie. Un Dieu qui voulait farouchement leur bonheur en faisant alliance avec eux comme on fait alliance avec la plus tendre des épouses. Pour la première fois dans l’histoire des hommes Dieu était en personne avec l’homme. Ce n’était pas à l’homme d’être avec les dieux pour les rendre eux seuls heureux. Le bonheur des dieux descendait sur terre et humanisait l’homme. Dieu, qui se révélera pour les hébreux Unique et le seul, ne se lasse jamais de venir chercher son peuple élu, de lui pardonner ses péchés, de le ramener à la joie des épousailles dans l’unité et dans la paix. Patriarches, rois et prophètes en témoignent tout au long de l’histoire d’Israël.

Cette joie est si forte en Dieu qu’elle jaillira un jour de Noël semblable au buisson ardent qui ne se consume pas, non plus sur le Sinaï, mais dans le sein de la Vierge Marie. Et le Verbe s’est fait chair. « Ma joie nul ne pourra nous la ravir » proclamera Jésus (Jn 16, 22).

De façon nouvelle et ancienne la joie de Bernadette est de faire cette expérience que Dieu a toute l’initiative de nous inviter à la joie, non pas n’importe laquelle, la sienne, et ceci pour l’éternité.

Chers amis, faisons mémoire en ce début de carême de toutes les initiatives de Dieu dans nos vies, de tous ces moments où il nous a fait goûter sa joie nous invitant à la joie. Et puis, laissons nous surprendre alors même que nous sommes comme Bernadette des "peineux" qui cherchons chaque jour dans un trou de nos vies à soulager notre misère. Dieu est là, il nous attend, il veut nous surprendre d’amour... Se convertir c’est cela. C’est se laisser surprendre par la joie de Dieu dans nos vies.
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MessageSujet: Re: Carême   Mar 11 Mar 2014, 10:41

mardi 11 mars

Le pain


La parole de Dieu

Le tentateur s’approcha et dit à Jésus : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 4, verset 3

La méditation

Cela fait quatre ans, Jésus, que je prends le temps de lire et d'entendre ta Parole. Cela me rend heureuse. Des paroles que je sais par cœur, que je répète souvent. Aide-moi à demeurer dans ta Parole, pas seulement de mémoire, mais de cœur et d'esprit, dans ma façon, d'agir.
Je le découvre de jour en jour.
Je le connais de mieux en mieux.
Lui me libère, je me sens libre.
Lui m'a fait découvrir ce qu'est la liberté
et ce qui m'emprisonne : la peur de l'avenir, le poids du passé,
l'habitude, la contrainte des autres.
Aide-moi à être vraie, à être libre.
Ce ne sont pas les pierres du diable, c'est le pain de Dieu que je désire. Ce pain, c'est la vie. Un simple petit partage peut nous rendre heureux, et rendre les autres heureux. Une parole amicale, un sourire, qui, au fond de vous, vous remplissent de joie, vous redonnent espoir.
Ce pain, c'est aussi la Vérité, la Parole de Dieu, la seule qui mérite toute notre confiance, la seule que l’on peut croire, vraiment, car les paroles des hommes risquent toujours de décevoir. « Que votre oui soit oui ! » (*) Oui, je crois en Dieu, en sa Parole, solide comme le roc. Le pain de Dieu, ce ne sont pas les pierres du diable, c'est le Christ, mon Rocher.


* Évangile selon saint Matthieu, chapitre 5, verset 37

Méditation enregistrée dans les studios de RCF-Lille par deux aumôniers

Pour aller plus loin avec la Parole

Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi. Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais.


Évangile selon saint Matthieu, chapitre 5, versets 33-37


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MessageSujet: Re: Carême   Mer 12 Mar 2014, 10:01

mercredi 12 mars

Les pierres



La parole de Dieu


Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 4, verset 4

La méditation

Je connais aussi mes traversées du désert.
En plus des pierres, des leurres, il m’offre Lucifer.
Mais moi, dans la détresse, je n’ai pas réfléchi.
Trop tard ! Je les ai prises, au péril de ma vie.
Comme un enfant qui n’écoute pas ses parents,
Aveuglément, j’ai voulu jouer au plus grand.
Ces pierres, ces leurres, sont devenues des fardeaux,
Au lieu de secours, ils m’ont cassé le dos.
À terre, c’est Toi seul Père, qui vient me relever.
Patient, Miséricordieux, Tu m’as sauvée.
J’ai négligé tes Paroles de vérité.
Combien de fois faudra-t-il me le répéter ?
Par amour, Seigneur, Tu nous a créés libres.
Et si les hommes ont besoin des épreuves,
Pour réaliser le bonheur à vivre,
Prends-moi la main, et permets-moi de te suivre.
De Tes Saints Commandements, je n’ai rien compris.
Enfant rebelle, pensant que d’ordres il s’agit !
Mais ils sont Lumière et font Chemin de Vie.
Seigneur, je t’en prie, accueille-moi repentie.
Vers Toi seul, Dieu, désormais, je veux me tourner.
Toute en joie, et paix, débarrassée du péché.
Toi seul est mon roc, ma forteresse,
Rien qu’un peu de foi, pour tant de richesses.
Je voudrais témoigner, mes frères, aujourd’hui,
Vous exhorter à recevoir ce don gratuit :
L’amour inconditionnel de notre Père,
Priorité absolue, Salut sur la Terre.


Pour aller plus loin avec la Parole

Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger.

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 11, versets 27-30


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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 13 Mar 2014, 10:27

jeudi 13 mars

Le désert


La parole de Dieu



Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 4, verset 41

La méditation


Tout au long de ma vie, je n’ai pas pu éviter de marcher sur ces pierres, dont était parsemé mon chemin. Hélas, ces pierres étaient de plus en plus glissantes, au point de me faire trébucher et de m’amener jusqu’où je suis aujourd’hui. Les murs de la prison sont des pierres contre lesquelles nous nous heurtons à longueur de journée. Le cœur peut devenir une prison, une vraie pierre qui nous rend égoïste, plein de rancœur.
Pourtant, au fond de ma cellule, dans le noir, je suis sûr que j’arriverai à trouver une pierre plus grosse que toutes les autres. Une pierre qui me permettra de m’élever, afin de mieux voir le malheur de chacun ; de m’élever plus près du Seigneur qui me donnera la force de combattre pour apporter un peu de réconfort à chacun, par un sourire, une poignée de main
ou par un simple regard chaleureux.
Partout on peut en trouver,
Il suffit de les éviter.
Et pourtant, l’une d’elle peut
Retracer un chemin heureux.
Remontons le chemin lentement,
En avançant vers notre Dieu aimant.

Alors, oui, le désert est un désert de pierres, où le cœur peut s’assécher, se durcir par l’isolement et la rancune. Mais tout désert a ses oasis. Avancer dans le désert que peut être la prison, c’est se diriger peu à peu vers une oasis que le Seigneur a placé intentionnellement sur la route.

Dans cette aride étendue,
Existe néanmoins une étoile inattendue.
Seul, tu te crois perdu, sans espoir,
Elle brillera pour toi, chaque soir.
Regarde la briller pourtant,
Tu trouveras en elle ton Dieu aimant


Pour aller plus loin avec la Parole


Quand je me tiens sous l'abri du Très-Haut et repose à l'ombre du Puissant,
je dis au Seigneur : « Mon refuge, mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »
Oui, le Seigneur est ton refuge ; tu as fait du Très-Haut ta forteresse.
Le malheur ne pourra te toucher, ni le danger, approcher de ta demeure :
il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins.
Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres.

Psaume 90, versets 1-2 ; 9-12


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Cécile



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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 13 Mar 2014, 10:55

Le texte de la méditation du Père Dubois

Si nous parlons de conversion nous craignons d’y perdre notre liberté. Au 19ème siècle la religion pouvait être synonyme de superstition. Au 21ème siècle elle semble assimilée à la perte de la liberté. Etre croyant et être un homme de raison, être croyant et libre, impossible. Qu’est-ce que la liberté ? Seulement la capacité de choisir entre un objet plutôt qu’un autre ? Être libre n’est-ce pas plutôt cette formidable capacité de pouvoir se livrer tout entier par amour à une personne, à une juste cause, jusqu’à la mort, pour grandir en humanité ? L’officier SS qui recule devant le Père Maximilien Kolbe parce que celui-ci s’avance librement pour donner sa vie à la place d’un père de famille, cet officier n’est pas libre. Il est libre de tuer, mais empêché d’aimer, prisonnier qu’il est de son idéologie mortifère. Ainsi Jésus, plus libre que les gardes qui l’arrêtent à Gethsémani "Qui cherchez vous ?" leur dit-il. "Jésus  le Nazôréen." - "Je vous ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez ceux-là s'en aller." (Jn 18, 7-8) Jésus vit ce qu’il dit : « Ma vie nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne » avait-il dit (Jn 10, 17-18).

Le principal enjeu de notre vie est là : devenir des hommes libres. Que faut-il pour être libre sinon de nous laisser toucher par la grâce, de mouiller à la grâce selon l’expression de Péguy. Seule la grâce divine nous rendra libre. Lorsque la Belle Dame surprend Bernadette elle commence par ne dire mot. Les deux premières apparitions sont faites de silence et de joie, de beauté et de lumière. Seule domine la prière du cœur, dans un cœur à cœur pétri de la prière du chapelet dit en chœur par Bernadette avec et au rythme de la Dame. La prière du chapelet, ce sont les paroles mêmes de l’ange à la Vierge. Parole du Père qui annonce la venue du Fils. Mots du dessein d’amour de Dieu Père sur l’humanité à travers l’Incarnation de son Verbe dans l’Esprit Saint. Bernadette ne sait pas son catéchisme mais elle contemple silencieusement et longuement l’inhabitation de la Trinité Sainte en celle qui est la Mère de Dieu. Bernadette contemple en Marie la réalisation des paroles de l’ange Gabriel à Marie...

La Dame est la grâce dans toute sa splendeur, la plénitude de grâce qui se dévoile à Bernadette à travers une incomparable beauté autant qu’une extrême bonté. Tout cela dans un profond silence. Entre les deux jeunes filles aucune autre parole que la Parole faite chair annoncée dans les paroles de l’archange Gabriel, mots répétés avec amour par Bernadette et accueillis dans le silence de la rencontre par Marie. La Dame égrène son chapelet pour être avec Bernadette mais ne peut dire les paroles qui s’adressent à Elle. La Dame, elle, accueille les paroles de l’Ange dans la liberté souveraine de la grâce de ses paroles pleinement accomplies en elle. Pleine de grâce... La Dame est plénitude de la Vie de Dieu... Le Seigneur est avec vous... Oui, voici la Femme de l’Apocalypse revêtue de soleil qui a la lune sous les pieds, si splendidement lumineuse que Bernadette ne pourra jamais trouver sur terre une représentation ou quelqu’un d’un tant soit peu comparable, car le Seigneur est pleinement avec elle... Rien ne peut dire pleinement Dieu sur terre car Dieu dépasse tellement sa création qui pourtant le révèle. La Dame dit Dieu car en elle, la terre et le ciel sont un dans un échange total de grâce et de liberté.

A la troisième apparition, la Dame donne trois paroles admirables qui ouvrent à Bernadette le chemin de la liberté véritable. « Ce n’est pas nécessaire. » Inutile qu’elle dise son nom. La liberté de la rencontre avec quelqu’un ne se prouve pas, elle s’éprouve dans la marche avec la personne en question. « Voulez vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours. » Aucune contrainte dans l’appel. Une grande déférence dans la demande. La liberté est réponse hors de tout utilitarisme ou contrainte. « Si tu veux... » dit Jésus dans l’Evangile. « Viens et vois... » A cette expression de la grâce qui suscite correspond une exigence de durée qui rend responsable et invite à dépasser l’enfermement dans les seuls bonheurs terrestres. « Je ne vous promets pas le bonheur en ce monde mais dans l’autre. » N’est vraiment libre que celui qui se donne entièrement dans le sérieux d’un engagement de lui-même sur la durée pour apprendre à aimer le donateur plus que ses dons. La création est à l’homme pour aller à Dieu non pour s’y arrêter. Là est le rude chemin de notre conversion qui devra nous arracher à toute forme d’égoïsme et d’orgueil pour nous tourner librement vers Dieu, pour nous livrer chaque jour à l’emprise de son Esprit Saint.

Voilà l’école de la liberté par la grâce qui commence à Massabielle. Bernadette va apprendre à participer par une authentique conversion à la lumière de ce qu’elle contemple.
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MessageSujet: Re: Carême   Ven 14 Mar 2014, 09:37

vendredi 14 mars

Le pas


La parole de Dieu

Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas.

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 4, verset 6


La méditation


Jésus recule, au bord du gouffre. Un pas en arrière, pour un autre pas, en avant. C’est avec humilité que je vous parle de ma vie qui n’a pas été de tout bonheur. Mais je pardonne à ces personnes qui m’ont fait très mal.
Enfance, battue pour des riens qui m’ont entraîné à voler, à mentir. Au moins les coups, je les recevais pour quelque chose, c’est ce que je me disais. Bien sûr, cet acte que j’ai commis j’en avais conscience, mais aucune volonté de lutter, de dire non. C’est vrai que cela n’est pas une excuse. Mais depuis toutes ces années, je me remets chaque jour en question. À force de travailler sur moi-même, maintenant, je suis capable de me dire qu’il ne faut plus me laisser manier comme une poupée, car j’ai appris à m’affirmer, à savoir ce que je voulais faire de ma vie sans qu’on me la dicte. Je sais dire non sans méchanceté mais avec fermeté et je compte continuer sur ce chemin même si autour de moi, tous ne comprennent pas.
Car je veux prouver que je ne suis pas cette femme qui a fait très mal. Mon repentir est très grand, et c’est ici que j’ai pris conscience de ma faiblesse. Ce n’est pas une excuse pour les faits que j’ai commis, mais j’ai appris beaucoup de ces fautes impardonnables.
Je demande pardon. Dans le fond de mon cœur je n’oublierai jamais ce mal que j’ai fait et qui me ronge chaque jour. Mais je peux dire aujourd’hui que mon regard sur la vie qui me reste à vivre sera tout autre. Dieu m’a aidé à faire un pas en arrière, pour en faire un autre en avant.


Pour aller plus loin avec la Parole


Cette loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. Elle n’est pas dans les cieux, pour que tu dises : « Qui montera aux cieux nous la chercher ? Qui nous la fera entendre, afin que nous la mettions en pratique ? » Elle n’est pas au-delà des mers, pour que tu dises : « Qui se rendra au-delà des mers nous la chercher ? Qui nous la fera entendre, afin que nous la mettions en pratique ? » Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur.

Livre du Deutéronome, chapitre 30, versets 11-15


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MessageSujet: Re: Carême   Sam 15 Mar 2014, 10:08

samedi 15 mars


La montagne




La parole de Dieu


Le diable emmène Jésus sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde avec leur gloire.

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 4, verset 8

La méditation


Jésus, tu n'es pas en haut de la montagne, mais en haut de notre prison. Le démon, lui, est dans nos murs. Ne nous laisse pas retomber, éclaire-nous et sauve-nous de cette vie de débauche. Je suis à côté de toi sur la croix, et je veux être comme ce bandit repenti. Il dit à la dernière minute : « Tu es vraiment le Fils de Dieu », et tu lui dis : « Tu seras avec moi, ce soir, près de mon Père, au Paradis. » (*) Oui, je suis comme lui, je te l'avoue.
Je ferai tout pour ne plus te décevoir. Maintenant, j'ai compris : j'ai une place dans mon cœur pour Dieu, car je sais que Dieu a une place dans son cœur pour moi.
Mais en fait, je suis déjà au paradis. Car j'ai une fille. Et depuis quelques temps, en sachant que je m'étais remis à prier, elle a commencé, elle aussi. Depuis lors, elle et moi, nous sommes sur le même chemin. Merci, mon Dieu, de lui avoir redonné la foi. Là haut sur la montagne,
Jésus, seul, admirable.
À côté de lui, Satan.
En bas tout le monde l'attend.
Va-t-il bien vouloir sauter ?
Ou va-t-il se casser le nez ?
On le verra à l’arrivée.
Satan va-t-il réussir ?
Je crois bien qu'il soupire.
Va-t-il devoir le pousser,
Ou va-t-il l'envoûter ?
Jésus est le Fils de Dieu.
Sur lui, je rive les yeux.
Il a su résister,
Mais moi je suis tombé.
J’ai donc été tenté,
Dans ses bras j'ai basculé.
Oui Belzéboul a su m’avoir,
Il a un sacré pouvoir.
Mais maintenant, je suis heureux.
Je suis dans les bras de Dieu,
Et rien ne pourra m'y arracher.
Venez, vous aussi, vous y réfugier.

* Évangile selon saint Luc, chapitre 23, verset 43 (« Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »)


Pour aller plus loin avec la Parole


Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »

Évangile selon Saint Matthieu, chapitre 11, versets 2-6


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MessageSujet: Re: Carême   Dim 16 Mar 2014, 09:41

dimanche 16 mars

Notre transfiguration


La parole de Dieu


Votre corps est un temple du Saint-Esprit

Première épître aux Corinthiens, chapitre 6, verset 19

La méditation


Lorsqu’un homme est totalement donné à Dieu, totalement disponible à Dieu, et Jésus seul l’a été, cela transparaît sur son visage et dans son corps. C’est peut-être une expérience de cet ordre qui est à l’origine du récit de la Transfiguration.
Lorsque Jésus se met en prière sur la montagne, les trois disciples le voient autrement, entouré de lumière (*). La tradition chrétienne a connu, et nous peut-être aussi, des regards, des visages de saints d’où émanait à certains moments une « lumière incréée », comme le disent les orthodoxes, une lumière qui manifeste quelque chose de la vie d’union avec Dieu qui habite ce corps.
Et pourtant ce corps a tout en commun avec le nôtre. C’est dans une chair semblable à la nôtre que se manifeste la gloire de Dieu. Ce que nous pourrions prendre pour une manifestation exceptionnelle de ce qu’est cet homme unique, Jésus, est tout autant une révélation de ce qu’est le corps humain, lorsqu’il se laisse habiter par la présence de Dieu : un temple. Le temple dont parlait Jésus, c’était son corps (**), souligne saint Jean, et saint Paul en tirera pour nous les conséquences : « votre corps est un temple du Saint-Esprit ».
Ne regardons donc pas la scène de la transfiguration comme un prodige qui ne concernerait que Jésus. Osons la regarder comme la révélation de ce qu’est le corps humain dans le projet de Dieu : un temple. Mon corps est un temple, le lieu où Dieu est adoré, où il est présent. La communion au corps du Christ, à la messe, nous rappelle cela de manière particulièrement forte : le tabernacle, le lieu de la présence sacramentelle du Christ, c’est aussi mon corps après la commnunion, c’est aussi le corps de mon voisin.
Au centre de la scène, au sommet de la montagne, Jésus, le plus grand, Jésus, le Fils bien aimé, qu’il nous faut écouter. Sa transfiguration est un signe majeur de ce qui nous lie définitivement à Dieu : un corps humain a été habité par la présence de Dieu, par la lumière de Dieu. Et tous les corps de tous les hommes en ont été transfigurés. Ils y ont retrouvé leur dignité.
Et cela nous invite à percevoir, à contempler plus qu’à comprendre, que désormais, le chemin vers Dieu, ce que nous appelons la vie spirituelle, n’est pas un chemin de fuite du corps, ou d’élévation, mais un chemin d’incarnation. Comment considérer mon propre corps comme le temple du Saint-Esprit, sans mépris, mais sans effroi ? S’il est un temple, c’est qu’il n’est pas un dieu ou une idole, mais simplement le lieu où Dieu m’a rejoint en son Fils bien-aimé.


* Évangile selon saint Matthieu, chapitre 17, verset 2
** Évangile selon saint Jean, chapitre 2, verset 21


Pour aller plus loin avec la Parole


Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 17, versets 1-5


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MessageSujet: Re: Carême   Lun 17 Mar 2014, 10:00

lundi 17 mars

Tu m’as façonné un corps



La parole de Dieu


Tu n’as voulu ni sacrifice, ni oblation, mais tu m’as façonné un corps. Alors j’ai dit : Voici, je viens, pour faire, Ô Dieu, ta volonté

Lettre aux Hébreux, chapitre 10, verset 5

La méditation


Je viens faire ta volonté : la lettre aux Hébreux place ces paroles dans la bouche du Christ qui entre dans le monde. Par son Incarnation, il assume notre condition d’homme, il a un corps façonné par Dieu.
Et c’est ce corps qui est lieu du don, à la place des sacrifices d’animaux pratiqués au temple de Jérusalem. Je viens, Ô Dieu, faire ta volonté, dans ce corps de chair qui est ton œuvre.
Pourquoi entend-on souvent la volonté de Dieu comme une parole qui ne dirait que la mort et la souffrance ? Me donner à Dieu en mon corps, pas seulement dans la privation et la maladie, mais tout autant dans l’affection et la paix. Aujourd’hui, dans la banalité de ma vie au long de cette journée, Dieu attend de moi une disponibilité qui est bien plus que celle d’un serviteur. Il m’appelle à faire de mon corps, de mes gestes, un don. Si c’est Dieu qui m’a façonné un corps pour faire sa volonté, n’attend-il pas que ce corps soit dans le monde, modestement, un signe de qui est Dieu ? Si mes yeux, mes mains, mes lèvres, manifestent quelque chose de la bonté de Dieu, si je m’approche de l’autre avec respect, comme Dieu le fait lui-même, je viens faire sa volonté, en mon corps.
Un jour viendra, où il me faudra approcher de la mort et en faire le lieu du don ultime de moi-même. Ce jour-là, que Dieu me fasse la grâce de lui faire confiance, pour que je puisse lui dire, dans la paix : me voici.



Pour aller plus loin avec la Parole


Tu as fait pour nous tant de choses, toi, Seigneur mon Dieu !
Tant de projets et de merveilles : non, tu n'as point d'égal !
Je les dis, je les redis encore ; mais leur nombre est trop grand !

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j'ai dit : « Voici, je viens. »

Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j'aime : ta loi me tient aux entrailles. »
J'annonce la justice dans la grande assemblée ;
vois, je ne retiens pas mes lèvres, Seigneur, tu le sais.

Psaume 39, versets 6-11


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MessageSujet: Re: Carême   Lun 17 Mar 2014, 14:01

Le texte de la méditation du Père Dubois


La Dame, qui est-elle ? Que veut-elle ? Les questions et les imaginations vont bon train dans le petit monde de Lourdes en ces premiers jours de février 1858. Bernadette ne participe pas à ces conversations bavardes. L’enfant raconte les faits bruts. Elle ne fait aucun commentaire qui serait fruit de son imagination. La rencontre entre les deux jeunes filles est une rencontre de silence et de prière, d’amitié, de pur et simple rire. Nul discours, mais des paroles d’amitié partagée comme entre deux sœurs très chères ou entre une mère aimante et sa fille. Expression sans fards d’une amitié qui a ses secrets gardés jalousement par Bernadette, reflet authentique de l’amitié de Dieu pour tout homme depuis Abraham. La Parole est venue chez les siens dit l’apôtre Jean, mais les siens ne l’ont pas reçue (Jn 1, 10-11). Dieu toutefois ne pouvant se résoudre d’abandonner les siens, le Verbe s’est fait chair. La Parole de Dieu a pris corps en notre monde dans le sein de le Vierge Marie. « Nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1, 14) Voilà que « de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce » (Jn 1, 16)

Bernadette contemple la pleine de grâce, la toute habitée par le Verbe de Dieu, la toute transfigurée par Dieu en son âme et en son corps. Marie est Arche d’Alliance. L’Arche des Hébreux était une sorte de « marche pied » signifiant que là Dieu posait ses pieds et se maintenait présent à son peuple. Signe que si Dieu est présent parmi nous, on ne l’enferme dans aucun temple, ni dans aucun objet religieux. L’Arche ne contient pas la présence mais elle en est le signe. On y déposait seulement les tables de la Loi, les dix paroles à vivre par le peuple pour être en Alliance avec cette divine présence dont l’Arche est le symbole.

Marie est plus que l’Arche d’Alliance des hébreux : elle est tout habitée par la présence du Verbe qui accomplit la Loi de Moïse. En Elle, la Parole de Dieu a pu faire sa demeure. En Elle, resplendit toute la Parole de Dieu et la plénitude de cette vie divine que l’on appelle la grâce. Bernadette, en contemplant la Dame de Massabielle, est en train de lire à Bible ouverte dans cette beauté indescriptible de Marie de l’Evangile, Marie de la Parole de Dieu, Marie Arche de la Parole. Bernadette boit et se lave à cette source qu’est Marie qui lui donne l’eau de la Parole. La Dame lui demande d’aller à la source boire et s’y laver. L’eau pure des montagnes qui va jaillir des mains de Bernadette au fond de la Grotte est le signe de cette eau pure que Bernadette boit en contemplant l’Immaculée. Marie fait voir à travers sa lumineuse personne le but de notre vie humaine, le terme de notre pèlerinage: la transfiguration de notre vie par le Verbe fait chair, par la Parole de Dieu incarnée qu’est Jésus Christ.

Pourquoi donc avons-nous si peu soif de boire à la source de l’Evangile ? Pourquoi avons nous si peu d’ardeur pour entrer dans une vraie connaissance de la Bible au point que celle-ci devienne notre livre de chevet, notre bibliothèque de famille ? N’avons nous pas compris qu’à travers toutes les écritures « nous avons tous reçu, et grâce pour grâce » pour entrer un jour « par notre plénitude dans toute la plénitude de Dieu. »

« Ignorer les Ecritures c’est ignorer le Christ » dit saint Jérôme. Comment pourrions nous être transfigurés par la Parole sans la connaître en vérité dans toute sa largeur, sa profondeur et sa hauteur ? Ou bien nous sommes des ignorants qui s’ignorent ? Ou bien nous sommes sourds à l’appel de Notre Dame de Lourdes qui nous dit : « Allez à la source boire et vous y laver. » Prière et pénitence... Persévérance dans la recherche inlassable de Dieu par une prière du cœur, mais une prière faite d’une vraie conversion où l’on se détourne de tout ce qui nous empêche d’être à l’écoute de la Parole de Dieu dans son ampleur et sa profondeur pour la laisser transformer nos vies. La joie de la conversion, c’est la joie de se laisser illuminer par la Parole de Dieu que nous transmettent les Ecritures Saintes et la Tradition de l’Eglise, pour vivre sa vie d’homme dans la lumière de Dieu comme un long pèlerinage. Au terme, nous entrerons dans la plénitude du bonheur promis par Marie à Bernadette lors de la troisième apparition.

« Accorde-nous, Dieu tout-puissant, tout au long de ce Carême, de progresser dans la connaissance de Jésus Christ, et de nous ouvrir à sa lumière par une vie de plus en plus fidèle.» Telle est la prière de l’Eglise au début du carême. Marie à Massabielle en ce carême 1858 a percuté le cœur des Bigourdans pour que ceux-ci se convertissent et ouvrent la Bible afin de mieux connaître le Seigneur Jésus.

A vos bibles !
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MessageSujet: Re: Carême   Mar 18 Mar 2014, 09:16

mardi 18 mars

Mon corps est ton œuvre


La parole de Dieu


C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère, je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis

Psaume 138, versets 13-14.

La méditation


Dans le récit de la Transfiguration, il nous est dit que « le visage de Jésus en prière a resplendi comme le soleil ». Le visage, aspect éminemment humain de notre identité. Visage qui manifeste que nous sommes uniques au monde, mais en même temps visage que nous avons en commun avec tous les humains, hommes et femmes. Visage que nous avons en commun avec Jésus.
Lorsque le matin nous nous regardons dans la glace, souvent sans enthousiasme, que se passerait-il si nous nous disions : « Tiens, voilà quelqu’un qui ressemble à Jésus… » ? Il est difficile d’aimer nos proches. Plus difficile de nous émerveiller de ce qu’ils sont, que d’être obsédés par leurs défauts. Plus difficile encore de nous aimer nous-mêmes, de nous regarder nous-mêmes avec bienveillance, comme des créatures façonnées par Dieu. Le matin, pourtant, il regarde mon visage avec bonté, car mon visage lui rappelle tellement celui de son Fils.
Alors faut-il vraiment que je continue à rêver d’avoir une autre tête, ou à dissimuler mon visage derrière toutes sortes de masques ? Je ressemble au Fils, car il s’est fait homme, car son corps est l’œuvre de Dieu, comme le mien. Mon regard peut apporter dans le monde et sur moi-même un peu de la bonté qui animait le sien, car son Esprit habite en moi, parce que mon corps est le Temple de sa présence.

Pour aller plus loin avec la Parole


Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !
Tu sais quand je m'assois, quand je me lève ;
de très loin, tu pénètres mes pensées.
Que je marche ou me repose, tu le vois,
tous mes chemins te sont familiers.
Avant qu'un mot ne parvienne à mes lèvres,
déjà, Seigneur, tu le sais.
Tu me devances et me poursuis,
tu m'enserres, tu as mis la main sur moi.
Savoir prodigieux qui me dépasse,
hauteur que je ne puis atteindre !

Psaume 139, versets 1-6


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MessageSujet: Re: Carême   Mer 19 Mar 2014, 09:36

mercredi 19 mars

La gloire et la souffrance


La parole de Dieu


Thomas dit alors : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. »

Évangile selon saint Jean chapitre 20, verset 25


La méditation

Quand Jésus prie sur la montagne, il ne quitte pas notre condition humaine. C’est son corps qui est irradié de lumière. Est-ce à dire qu’à la Transfiguration, les disciples ont contemplé par avance le corps de gloire, le corps du Christ ressuscité ? Non, car il y a une grande différence entre le corps transfiguré et le corps du Ressuscité, une différence que nous n’aurions jamais inventée si les évangiles n’en témoignaient. Le corps transfiguré n’est pas le corps glorieux, car il n’est pas porteur des stigmates, des marques de la passion. La résurrection n’effacera pas ces traces de la souffrance ; bien au contraire, c’est avec elles que le Christ entrera dans la gloire du Père.
Premier né d’une multitude de frères (*), il atteste que nous n’avons pas à avoir honte des traces de nos souffrances, que nous n’avons pas à rêver qu’elles disparaîtront par la grâce de Dieu. Ce que nous vivons de difficile ou de douloureux sera transfiguré, sera accueilli dans la lumière de Dieu.
Le salut n’est donc pas un coup de baguette magique qui ferait comme si nous n’avions pas souffert. En son Fils, Dieu vient partager la souffrance humaine et la porter dans sa miséricorde. Et les traces laissées par la Passion, traces qui auraient pu être des pièces à conviction pour reprocher aux disciples leur trahison, deviennent des points d’appui pour la foi de Thomas qui s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ». (**)
Nous aimons rêver à la disparition de toute souffrance, Dieu vient nous sauver en l’accueillant en lui.

* Lettre aux Romains, chapitre 8, verset 29
** Évangile selon saint Jean, chapitre 20, verset 27



Pour aller plus loin avec la Parole


Les autres disciples disaient à Thomas : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 20, versets 25-29


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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 20 Mar 2014, 09:48

jeudi 20 mars

Glorifiez Dieu dans votre corps

La parole de Dieu

Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ ? Glorifiez donc Dieu dans votre corps.

Première lettre aux Corinthiens chapitre 6, versets 13 et 20

La méditation

Dans la tradition chrétienne, si l’on peut parler de la gloire du corps humain, ce n’est pas à la façon des publicités pour les produits de beauté ou pour les salles de sport. S’il y a gloire du corps, c’est parce qu’il a été créé par Dieu, parce que nous l’avons en commun avec Jésus, et parce qu’il est destiné à entrer dans la gloire de Dieu. Loin de pousser au mépris du corps, la foi chrétienne nous donne à percevoir, si nous le voulons bien, sa dignité. Un jour, c’est avec notre propre corps, en notre corps, que nous paraîtrons devant Dieu. Un concile a affirmé, en 1215 : « tous ressusciteront avec leur propre corps qu’ils ont maintenant ».
Et ceci est la source d’une radicale exigence. Si le corps humain n’est pas une enveloppe jetable, une condition passagère, mais le temple du Saint-Esprit, il nous faut le considérer avec respect, en prendre soin sans en faire une idole. Si je méprise mon corps, je rejette en moi l’humanité que j’ai en partage avec le Christ. En Jésus, un corps humain a pu manifester ce qu’est Dieu : « Qui m’a vu a vu le Père. » (*)
Et mon propre corps, que donne-t-il à voir ? Mes angoisses, mon rêve d’être quelqu’un d’autre ? Les traces de mes excès ? La liberté que suscite la confiance en Dieu ? Une bonté qui trouve sa source dans celle du Père ? Si la beauté d’un geste ou un sourire inattendu peuvent avoir quelque chose de saisissant, si la noblesse exprimée par un corps peut imposer le silence, n’est-ce pas parce qu’alors un reflet du salut, de la libération par Dieu, transparaît dans la chair ?
L’essentiel n’est pas de chercher à être beau, mais d’être bon. Nous en serons transfigurés.

* Évangile selon saint Jean, chapitre 14, verset 9



Pour aller plus loin avec la Parole


« Tout m’est permis », dit-on, mais je dis : « Tout n'est pas bon ». « Tout m’est permis », mais moi, je ne permettrai à rien de me dominer. Le corps n’est pas pour la débauche, il est pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi. Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Celui qui s’unit au Seigneur ne fait avec lui qu’un seul esprit. Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.

Première lettre aux Corinthiens chapitre 6, versets 12-20


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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 20 Mar 2014, 11:15

Le texte de la méditation du Père Dubois

«Je ne vous promets pas le bonheur en ce monde, mais dans l’autre» dit la Belle Dame à Bernadette. Les premiers mots de la visiteuse du ciel sont une invitation au pèlerinage, un appel au réalisme de notre vie humaine. Le réalisme c’est peut-être la chose la plus difficile de notre vie. Des défauts majeurs de notre humanité il en un qui est de vivre dans le déni. Nous vivons comme des borgnes qui voient d’un œil et sont aveugles de l’autre. On ne veut pas voir ce que pourtant nous voyons fort bien. On sait qu’on va mourir, mais on vit la plupart du temps comme si cela ne devait pas arriver. L’art de vivre ne serait-ce pas l’art de mourir ? On meurt comme on a vécu, disent les personnes qui ont la noble tâche d’accompagner les mourants. La plupart du temps la mort d’un homme révèle sa vie.

Or tant d’expressions par rapport à nos défunts dénotent un manque de réalisme et de foi de notre part. Elle a perdu son mari dit-on de l’épouse qui devient veuve. Ils ont perdu leur enfant dans un accident de voiture, dirons-nous d’une autre personne. Perdons-nous nos défunts ou les gagnons nous pour l’éternité ? Quelle est la foi qui nous habite quand nous parlons ainsi ? Et quand au seuil de la nouvelle année nous présentons nos meilleurs vœux... surtout la santé, n’est-ce pas ? Je ne vous dirais pas que la santé n’est pas un bien précieux pour lequel nous n’aurions pas raison de nous battre. Mais que veut dire cette focalisation à outrance sur notre santé et le bonheur terrestre qui va avec ? Quelle est l’âme de nos vies ? Où est l’essentiel, le cœur, la source de nos actions et de la façon dont nous gouvernons nos biens et nos personnes ?

La Vierge Marie est d’un réalisme foncier. D’emblée elle engage la rencontre avec Bernadette en lui rappelant cette exigeante et merveilleuse réalité : le bonheur non dans ce monde mais dans l’autre. Non qu’il n’y ait pas du bonheur à mener notre vie en ce monde, mais la plénitude des sommets ce n’est que pour après, dans l’autre monde, quand nous serons passés par la mort après une vie remplie d’amour et de vérité.

Marie ne rappelle pas cette vérité pour écraser Bernadette et nous écraser avec elle, mais pour la responsabiliser en face du don de la vie. Cette vie humaine que nous partageons tous est pour l’éternité. Le temps de notre vie sur terre est le passage pour une éternité de joie infinie. Ce qui fera dire à la petite Thérèse : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie. » La mort du chrétien est un « enciellement », une naissance au ciel. Ce qui fait que l’Eglise célèbre la mémoire d’un saint au jour anniversaire de sa mort, c’est-à-dire de l’arrivée à la plénitude de son pèlerinage sur terre et de sa naissance au ciel. Ainsi notre vie sur terre n’est qu’un passage, un pèlerinage. Ou bien nous intégrons cette réalité pour vivre en plénitude et aimer jusqu’à la démesure, ou bien nous subissons le sort des mortels que nous sommes et nous cherchons à nous distraire en de multiples occupations et loisirs jusqu’au jour fatal du mur de la mort.

La pédagogie extraordinaire de la Vierge Marie à l’égard de Bernadette pour lui enseigner cette vérité fondamentale et l’appeler à la vivre en plénitude, c’est de commencer à la rencontrer sans parole. Nul sermon, nul discours, nul reproche moral, nulle réprimande ou exhortation pieuse, nul enseignement enflammé. La Belle Dame apparaît à la petite Bigourdane par deux fois le jeudi 11 février et le dimanche 14 février sans rien dire. Un profond silence qui arrache Bernadette à tous les ébats de ces compagnes, à tous les bruits de la terre. Toute la beauté de la personne de la Dame, la prière intérieure et doucement profonde vécue avec cette petite enfant de la terre, la lumière pleine de tendresse qui pétrit cette rencontre marquent tout de suite au cœur de Bernadette un bonheur ineffaçable et ineffable. La Vierge Marie commence par faire goûter à Bernadette le bonheur du ciel auquel nous sommes tous promis. Au soir de le première apparition, quand au cachot Bernadette reprend son chapelet, elle en pleure de joie. Ce n’est que dans un deuxième temps que Marie va éduquer Bernadette à demeurer dans les attitudes fondamentales qui lui permettront de vivre son pèlerinage sur terre comme une montée, une ascension progressive, un pèlerinage vers la plénitude de ce bonheur divin et infini.

Amis, nous sommes appelés au bonheur de Dieu. Mais cette joie dont Jésus nous dit que personne ne pourra nous la ravir, acceptons d’en prendre le chemin en vivant notre vie comme un long pèlerinage vers la réalisation de la Promesse divine, donc d’entrer jour après jour dans le mystère de la foi jusqu’au jour où la foi disparaîtra pour laisser place au seul bonheur du face à face.
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MessageSujet: Re: Carême   Ven 21 Mar 2014, 09:47

vendredi 21 mars

Arrêter le temps


La parole de Dieu


Dressons trois tentes

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 17, verset 4

La méditation

Quand on voit quelqu’un faire un beau geste, prendre une belle attitude, on pourrait avoir envie que tout s’arrête, pour rester à contempler. Mais si tout s’arrête, ce n’est plus un geste humain, c’est quelqu’un qui prend la pose. Le récit de la Transfiguration met particulièrement en œuvre cette tentation d’arrêter le temps devant la beauté. « Dressons trois tentes » s’écrie Pierre contemplant Jésus en compagnie de Moïse et d’Élie. Dressons trois tentes, et arrêtons tout, faisons en sorte que cela dure le plus longtemps possible.
C’est justement ce désir d’arrêter le temps qui fait que l’expérience s’arrête et qu’ils se retrouvent en présence de « Jésus seul », en présence de Jésus comme d’habitude. Pierre a voulu prolonger l’expérience spirituelle indicible dans laquelle ils étaient plongés en étant témoins de la prière de Jésus, spectateurs de sa relation avec son Père : cela a suffi pour que son expérience passe. Elle était nécessairement fugitive, vouloir la prolonger l’a interrompu.
Dans notre prière, il peut arriver que nous soyons saisis par un mot, ou par un silence particulièrement profond. Rendons grâce à Dieu pour ces moments là, mais ne nous arrêtons pas pour les déguster avec gourmandise. Et n’imaginons pas que ce sont les seuls moments où Dieu nous accompagne. Jésus a partagé la vie quotidienne des trois disciples tous les jours durant plusieurs années, et ceci a tout autant nourri leur foi que l’expérience unique sur la montagne de la Transfiguration.


Pour aller plus loin avec la Parole


Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 17, versets 1-5


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MessageSujet: Re: Carême   Sam 22 Mar 2014, 10:00

samedi 22 mars

Lui, Jésus, seul : le plus grand

La parole de Dieu

Et eux, levant les yeux, ne virent plus personne que lui, Jésus, seul

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 17, verset 8


La méditation


La Transfiguration de Jésus est présentée par Matthieu en étroite connexion avec les révélations reçues au Sinaï par Moïse et Élie, le premier étant la figure de la Loi, le second celle des Prophètes. Jésus vient accomplir la loi et les prophètes. Il ne les abolit pas, et c’est pourquoi il s’entretient avec Moïse et Élie, mais il est « le plus grand », car il est le Fils, celui qu’il faut écouter, et non pas celui qui se contente de transmettre une parole reçue. Il est l’auteur de la Loi, de la loi nouvelle et définitive.
Après avoir contemplé en Jésus l’accomplissement de la Loi et des prophètes, les disciples ne voient plus que lui, Jésus, seul. Il nous faut scruter les Écritures, lire la Bible pour y percevoir la voix de Dieu, puis laisser le Livre et nous tenir en présence de lui, Jésus, seul. Car pour des chrétiens, la référence ultime de leur vie et de leurs actes n’est pas un texte mais une personne, lui, Jésus, seul. C’est dans la relation de chacun et chacune d’entre nous avec lui que nous pouvons discerner ce qui est bon. (*)
Reconnaître cette absolue primauté du Christ, ce n’est pas mépriser Moïse et Élie, l’enseignement des Prophètes et des Apôtres. Ce n’est pas non plus considérer les autres religions de haut. C’est lui « le plus grand », ni la Bible, ni l’Église. D’une manière mystérieuse, il est médiateur du salut pour tous les hommes, même pour ceux qui ne le connaissent pas.

* Épître aux Romains, chapitre 12, verset 2.


Pour aller plus loin avec la Parole


Moïse demeura sur le Sinaï avec le Seigneur quarante jours et quarante nuits ; il ne mangea pas de pain et ne but pas d’eau. Sur les tables de pierre, il écrivit les paroles de l’Alliance, les Dix Paroles. Lorsque Moïse descendit de la montagne du Sinaï, ayant en mains les deux tables du Témoignage, il ne savait pas que son visage rayonnait de lumière depuis qu’il avait parlé avec le Seigneur. Aaron et tous les fils d’Israël virent arriver Moïse : son visage rayonnait. Comme ils n’osaient pas s’approcher, Moïse les appela. Aaron et tous les chefs de la communauté vinrent alors vers lui, et il leur adressa la parole. Quand il eut fini de leur parler, il mit un voile sur son visage. Et, lorsqu’il se présentait devant le Seigneur pour parler avec lui, il enlevait son voile.

Livre de l’Exode, chapitre 34, versets 28-34


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MessageSujet: Re: Carême   Dim 23 Mar 2014, 09:50

dimanche 23 mars

Au bord du puits



La parole de Dieu


Jésus, fatigué par la route, s’était assis là au bord du puits. Il était environ midi. Arrive une femme de Samarie qui venait puiser de l’eau.

Évangile selon saint Jean, chapitre 4, verset 6

La méditation

Le décor est planté : Jésus, un puits, une femme.
Nous sommes près de la terre que Jacob a donnée à son fils Joseph. Jacob y a dressé un autel et invoqué le Dieu d’Israël. Le lieu est donc chargé de tout un passé de prière et d’adoration.
Il y a là un puits. Dieu, déjà, s’était manifesté près d’un puits, à Agar, la servante humiliée fuyant devant sa maîtresse. Le Seigneur la relève en lui annonçant que l’enfant qu’elle porte sera le père d’un grand peuple. Le puits est là comme promesse d’une surabondance de vie.
Les puits sont des lieux de rencontres et aussi de préludes aux fiançailles comme pour Isaac et Rebecca.(*) La sollicitude de Rebecca puisant de l’eau pour l’étranger la désigne comme l’épouse choisie par Dieu pour Isaac. Le puits, lieu de fécondité est, de même, le signe de l’alliance conjugale, de l’échange dans l’amour où l’un puise l’eau dont l’autre a soif.
Il est midi. C’est l’heure de la rencontre amoureuse dans le Cantique des cantiques. (**) C’est l’heure de la visite de Dieu à Abraham près du chêne de mambré. C’est l’heure de la révélation divine dans tout son éclat comme le soleil brûlant de toute sa splendeur. Et cette révélation est promesse de vie quand Dieu annonce la naissance d’un fils au vieux couple stérile. (***)
Jean, avec cette mise en scène, nous invite à découvrir Jésus comme le véritable époux annoncé par les prophètes, le Seigneur, le Dieu vrai et unique.
La femme qui s’approche se sent sans doute assez loin de tout cela. Elle vient au puits comme tous les jours et si l’image nous paraît poétique, la réalité l’est sans doute moins pour elle.
Jésus, lui, est fatigué par la route. Le Fils de Dieu a voulu partager en tout notre faiblesse. Le Seigneur dont la grandeur et la magnificence dépassent notre entendement prend le visage de l’homme indigent et pauvre. Qui saura qui est le plus grand dans ce dessein de l’amour ?
Jésus fatigué, Jésus sur la route n’est-ce pas l’image de la vie humaine que Dieu a assumée dans sa totalité ? Dieu, en Jésus, se fait proche, Il vient à notre rencontre. Cela vaut peut-être la peine de s’arrêter au bord d’un puits.
C’est en sollicitant le don, dans sa faiblesse que Jésus va inaugurer la rencontre.
Pouvons-nous imaginer que nos réalités les plus quotidiennes, voire nos corvées, sont les lieux où Jésus vient à nous ?
Pouvons-nous imaginer que nos amours déçus, ce profond de notre cœur où justement nous n’avons pas envie d’aller, c’est cela qu’il vient toucher par sa parole qui fait la vérité dans un amour d’une délicatesse infinie ?
Pouvons-nous nous imaginer nous-mêmes comme un puits où une eau vive est en train de naître quand nous nous laissons approcher ?
Il est midi, Jésus est assis près d’un puits, une femme arrive…
Si tu savais le don de Dieu !

Sœur Sylvie et ses sœurs

* Livre de la Genèse, chapitre 24 versets 1 à 27
** Cantique des cantiques, chapitre 1, verset 7
*** Livre de la Genèse, chapitre 18, verset 1



Pour aller plus loin avec la Parole


Saraï, la femme d’Abram, ne lui avait pas donné d’enfant. Elle dit à Abram : « Écoute-moi : le Seigneur ne m’a pas permis d’avoir un enfant. Va donc vers ma servante ; grâce à elle, peut-être aurai-je un fils. » Celui-ci alla vers Agar, et elle devint enceinte. Quand elle se vit enceinte, sa maîtresse ne compta plus à ses yeux. Alors Saraï humilia Agar et celle-ci prit la fuite.
L’ange du Seigneur la trouva dans le désert, près d’une source, celle qui est sur la route de Shour. L’ange lui dit : « Agar, servante de Saraï, d’où viens-tu et où vas-tu ? » Elle répondit : « Je fuis ma maîtresse Saraï. » L’ange du Seigneur lui dit : « Je te donnerai une descendance tellement nombreuse qu’il sera impossible de la compter. Tu es enceinte, tu vas enfanter un fils, et tu lui donneras le nom d’Ismaël (c’est-à-dire : Dieu entend), car le Seigneur t’a entendue dans ton humiliation. »

Livre de la Genèse, chapitre 16, versets 1-11








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MessageSujet: Re: Carême   Lun 24 Mar 2014, 09:50

lundi 24 mars

Quand l'eau manque : quelle soif ?


La parole de Dieu


Jésus lui dit : « Donne-moi à boire »
La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau ».

Évangile selon saint Jean, chapitre 4, versets 7 et 15


La méditation

Jésus est fatigué de cette route qu’il a parcourue à ma recherche. Et me voici avec ma cruche, vide pour n’avoir pas trouvé son eau ; mais non pas désespérément vide car, la gorge altérée, j’aspire, bien que confusément, à l’improbable source. Nous sommes au puits, Lui n’a rien pour puiser. Il est seul, je suis seule ; cependant pour Jésus il y a ses frères, les Apôtres, qui vont revenir et pour moi, ma famille, mes voisins, mon milieu de vie.
Le puits est profond. Un Juif, une Samaritaine : on ne se fréquente pas, on s’ignore ! Infranchissables, les montagnes qui nous séparent : pour le peuple fidèle, le mont du Temple, où le Seigneur Lui-même vient au-devant de ses adorateurs, à mille lieues la montagne de Samarie, où le peuple déchu se perd dans les cultes qu’il rend aux idoles. Pourtant, si notre soif inassouvie, à l’un et à l’autre, pouvait être la clé de la rencontre proprement impensable !…
« Femme, donne-moi à boire. » Ainsi, Lui, le plus grand infiniment, l’inaccessible, se veut le mendiant de ma pauvreté, de mon indigence, car c’est de moi que son amour a soif. Et voici : mon amour à moi ira, je le sais, jusqu’à la Croix de Jésus, puisque mon eau est la vie du Ressuscité. J’abandonne à l’Esprit Saint la tâche, toujours à reprendre, de désencombrer mon cœur et j’offrirai à l’Aimé la joie du don.
Puisse ma vie vibrer dans la tonalité majeure de son amour désarmé.

Sœur Paule et ses sœurs


Pour aller plus loin avec la Parole


Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. » Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.

Évangile selon saint Jean, chapitre 19, versets 25-30


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MessageSujet: Re: Carême   Lun 24 Mar 2014, 12:08

Le texte de la méditation du Père Dubois

La Vierge Marie apparaît à Bernadette Soubirous en ce siècle où la révolution industrielle bat son plein. Les esprits dominants sont remontés contre l’Eglise. La philosophie du temps arrache les citoyens à la foi chrétienne. Paul Claudel est un farouche anticlérical. La tendresse de Dieu chantée dans un Magnificat de Noël en fera le chantre de la joie de Dieu. Joie, dont il dira qu’elle est le premier et le dernier mot de l’Evangile.

L’Eglise est faite d'humain, donc n’est pas exempte de défauts qui lui méritent certains reproches. Le rigorisme janséniste est encore bien prégnant. L’autoritarisme n’épargne pas les clercs. Néanmoins c’est la tradition judéo-chrétienne qui a forgé les pays européens. Qui assument l’enseignement et le soin des malades, sinon pour une large part les chrétiens ? La foi chrétienne était vécue et transmise au Moyen-âge par imprégnation dans la simple participation à la vie ecclésiale. L’homme moderne s’en est émancipé accédant à la conscience de soi pour devenir autonome, puis indépendant de la tutelle de l’Eglise. Après Voltaire, la religion devient synonyme d’obscurantisme. Les découvertes scientifiques se multiplient et contribuent à l’amélioration des conditions de vie. On proclame la fin de la religion. Celle-ci serait une invention humaine pour expliquer ce que l’on ne pouvait comprendre jusqu’alors. Le monde va livrer tous ses secrets grâce à la science et à un progrès infaillible et incontournable. Du moins, le croit-on. Un nouveau dogme pousse politiques et mouvements sociaux à un anticléricalisme agressif et combatif.

Et voici que du fond de la France, la Vierge Marie apparaît par 18 fois à une petite Bigourdane pour dire Dieu. La source coule aussi simple qu’un ruisseau de montagne pour rafraîchir l’atmosphère du siècle. Les journaux français s’en emparent pour rire ou crier à l’hallucination. La raison scientifique n’a plus rien à voir avec ce surnaturel, dit-on au Café français de Lourdes.

Dieu, lui, regarde l’histoire avec la patience d’un père dont l’amour peut tout, sauf forcer les hommes à croire en Lui. Son imagination amoureuse crée les témoins capables de désarçonner les plus récalcitrants. La lutte se poursuivra au-delà des apparitions de Lourdes. Lutte farouche, pour ne pas dire féroce, entre le monde rationaliste de la science positiviste et le monde de la foi chrétienne. La foi cependant est portée par les Eglises jusque dans les tranchées des guerres. Cléricaux et anticléricaux se retrouvent côte à côte pour la liberté des nations. Au 20ème siècle, la rivalité demeure par-delà même la mort des idéologies pour se fourvoyer dans le relativisme absolu. L’homme prétend désormais par sa seule raison déterminer temporairement ce qui est valable. Il a décrété, au vu des drames du siècle, que tout est relatif, qu’il n’y a pas de vérité absolue, sauf celle que tout est relatif. Le bien ne se distingue plus du mal. On nomme l’un pour l’autre. Conséquence ultime d’une raison divinisée ayant rangé le vrai Dieu au rayon du privé qui ne peut et ne doit influencer en rien le cours de l’histoire.

Et la source de la Grotte de Massabielle, plus forte que tous les pronostics savants et cérébraux sur la marche de l’histoire, continue de couler attirant les foules de partout. Dieu est plus têtu en amour que nous dans la résistance à son amour. Voici ses témoins stupéfiants sur ce champ de ruines de l’homme contemporain qui s’autoproclame sa propre mesure. Le Pape Benoît XVI, pèlerin de Lourdes en 2008, offre, au collège des Bernardins de Paris, un enseignement magistral, à un parterre d’autorités françaises, laissant celles-ci pantois : au Moyen-âge, dira-t-il, les moines ont posé, dans la méditation de la Parole de Dieu, les fondements de la civilisation européenne. Or c’est bien au changement de ces fondements que nos législateurs actuels travaillent.

Aujourd’hui dans nos familles et nos cercles de vie, croire n’est pas au goût du jour. Enfants du rationalisme et du scientisme, comme du relativisme, il nous importe seulement le mesurable, le quantifiable, le vérifiable et les plaisirs. L’individualisme est roi. Tout se vaut, pourvu que l’on ne gène pas le voisin. La raison, victime de ses succès, se perd sans la foi autant que la foi peut se perdre sans la raison. Nos derniers papes l’ont enseigné avec grandeur. Se convertir, c’est donc réconcilier en notre monde le cœur et la raison, le croire et le comprendre. C’est avoir le souci de nous mettre à l’école de Bernadette autant qu’à l’école des grands maîtres de la Tradition. Notre paresse intellectuelle qui nous fait ignorer le très riche enseignement de l’Eglise est coupable autant que dommageable. Après ses rencontres avec la Belle Dame, Bernadette a beaucoup travaillé pour se former chrétiennement.

Ce monde pétri par l’orgueil de sa seule raison attend de nous la joie d’une intelligence belle et bien formée et la joie d’un cœur lumineux pétri par le monde de l’Evangile dont Marie nous rappelle ici le chemin.
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MessageSujet: Re: Carême   Mar 25 Mar 2014, 09:58

mardi 25 mars

Quand l’eau vive est donnée


La parole de Dieu


L’eau que je lui donnerai deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle

Évangile selon saint Jean, chapitre 4, verset 14

La méditation


Il y a des eaux qui coulent, il y a des eaux mortes, immobiles. L’eau vive coule, elle est reliée à une source. On ne l’épuise pas quand on y puise, car elle se renouvelle. À cette femme, Jésus propose le don d’une eau qui se renouvelle, et lui offre, même, de devenir source d’eau. Comment devenir source de vie ? N’y a-t-il pas plusieurs degrés ? On peut donner une parole de vie à quelqu’un qui est découragé, on peut se donner soi-même, dans un travail ou une mission, pour la vie, enfin, on peut donner la vie, comme l’homme et la femme…Mais comment donner sans se vider, sans s’épuiser, comment donner ce que nous n’avons pas : ce qui dure, ce qui résiste au temps, à l’usure, au découragement ? La femme avait soif d’une eau qui puisse la désaltérer. Et Jésus a perçu son désir, il l’a comblé, il lui a donné au-delà de ce qu’elle pouvait imaginer. Est-ce que nous aussi, nous croyons que Jésus peut répondre à nos soifs, qu’il est la source d’eau cachée, au plus profond de notre cœur ? Que cette vie éternelle coule au-dedans de nous ? « Dieu a envoyé son fils unique pour que quiconque croit en lui ait la vie éternelle ». (*).
Est-ce que nous voulons nous désaltérer à la source, la vraie source, de son corps et de son sang ? Alors, il pourra, comme en cette femme, être en nous source d’eau jaillissant en vie éternelle, pour tous.

Sœur Myriam et ses sœurs

*Évangile selon saint Jean, chapitre 3, verset 16


Pour aller plus loin avec la Parole


Comme il n’y avait pas d’eau à boire au désert, le peuple chercha querelle à Moïse : « Donne-nous de l’eau à boire ! » Là, le peuple souffrit de la soif. Il récrimina contre Moïse et dit : « Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir de soif avec nos fils et nos troupeaux ? » Moïse cria vers le Seigneur : « Que vais-je faire de ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront ! » Le Seigneur dit à Moïse : « Passe devant le peuple, prends en main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil, et va ! Moi, je serai là, devant toi, sur le rocher du mont Horeb. Tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira ! » Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d’Israël. Il donna à ce lieu le nom de Massa (c’est-à-dire : Épreuve) et Mériba (c’est-à-dire : Querelle), parce que les fils d’Israël avaient cherché querelle au Seigneur, et parce qu’ils l’avaient mis à l’épreuve, en disant : « Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? »

Livre de l’Exode, chapitre 17, versets 1-7


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MessageSujet: Re: Carême   Mer 26 Mar 2014, 09:55

mercredi 26 mars

Quand nos sources sont embourbées

La parole de Dieu

La femme lui dit : «Seigneur donne-là moi cette eau que je n’aie plus soif et que je n’aie plus à venir puiser. Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. » La femme lui répliqua : « Je n’ai pas de mari. »

Évangile de Jean chapitre 4 versets 15 et 16

La méditation

Avez-vous déjà entendu parler d’une eau qui devienne en vous source d’eau jaillissante ? De quoi faire pâlir tous ceux qui font commerce d’eau minérale !
« Donne-la moi, cette eau. », une telle merveille, la samaritaine en voudrait bien pour régler ses problèmes de soif et de corvée d’eau.
Mais, est-ce vraiment d’une eau magique dont parle Jésus ?
Lui qui sonde les cœurs et les reins (*) ne reste pas à la surface de nos besoins quotidiens.
D’où sa demande surprenante : « Va, appelle ton mari et reviens ». Veut-il humilier cette femme juste là où réside sa souffrance ? Non. Mais, comme un sourcier, Jésus sait que là où il aperçoit de la boue peut se cacher une source. En touchant cette boue, il cherche la source cachée qui a été déposée en tout être humain. « Non, je n’ai pas de mari ». Voilà la parole vraie attendue par Jésus, une parole qui libère. Par la vérité de sa réponse, qui est comme le flot d’une eau pure, celle qui dialogue avec Jésus a chassé la boue qui obstruait la source de son cœur.
Femme de désir, cinq maris et un compagnon n’ont pu désaltérer ta soif d’amour, ils n’ont pu qu’embourber la source de ton désir. Reviens à l’unique source de l’amour, Dieu le Père qui t’a créée, lui qui aujourd’hui veut te faire renaître de l’eau et de l’Esprit. (**)
Aujourd’hui, Jésus nous propose à nous aussi l’eau vive. Il nous la propose entre autre dans le sacrement de réconciliation. Pourquoi, avec Lui, ne pas revisiter les lieux boueux de notre cœur ? N’avons-nous pas l’assurance de trouver en nous une source jaillissante ?

* Psaume 7, verset 10
** Évangile selon saint Jean chapitre 3, verset 5


Pour aller plus loin avec la Parole


Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, Dieu qui est fidèle et juste va jusqu’à pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice. Si nous disons que nous sommes sans péché, nous faisons de lui un menteur, et sa parole n’est pas en nous.

Première lettre de Jean, chapitre 1, versets 5-10


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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 27 Mar 2014, 09:59

jeudi 27 mars

Quand l’eau murmure en nous : « Père »

La parole de Dieu

Tels sont les adorateurs que recherche le Père

Évangile selon saint Jean, chapitre 4, verset 23

La méditation

Jérusalem ? La Mecque ? Rome ? Constantinople ? Où faut-il adorer ? C’est une très vieille question, toujours pas résolue, et qui a suscité bien des concurrences, des disputes, et jusqu’aux conflits les plus sanglants. Alors, Jésus intervient ou plutôt s’interpose : il le fait au nom de Dieu. Dieu est plus grand ! Vos lieux saints comme vos traditions les plus vénérables ne sauraient le contenir et vous le faire posséder. Ni ici, ni là, aussi bien ici que là : l’adoration véritable se fera « en esprit et en vérité », ce qui est le non-lieu par excellence. Car Dieu est plus grand, il « est Esprit » et « il cherche de pareils adorateurs ». (*)
Le renversement est stupéfiant : un Dieu si grand en quête d’adorateurs ! Mais où les trouver ? De fait, il n’en existe pas, aussi longtemps que l’Esprit ne vient jaillir dans un cœur comme une eau vive, pour chanter Dieu et l’exalter par la voix et par la vie.
Mais Jésus, peut-être, qui se tient là près de toi tel un passant inconnu, Jésus qui te parle d’eau vive, lui doit en connaître la source. Ne serait-il pas l’unique véritable adorateur ? Écoute-le te parler d’un Dieu Père, écoute-le prier : « Abba, Père ! » (**), approche-toi, unis-toi à lui puis fais silence. Il est lui, le vrai lieu de ta vraie adoration. En lui, l’Esprit commencera à murmurer en toi : « Père ». Pourquoi tarder encore ? N’a-t-il pas dit : « L’heure vient, et c’est maintenant » ? (***)

* Évangile selon saint Jean, chapitre 4, verset 23.
** Évangile selon saint Marc, chapitre 14, verset 36.
*** Évangile selon saint Jean, chapitre 4, verset 23.


Pour aller plus loin avec la Parole


Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : « Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié… »

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 6, versets 5-9


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MessageSujet: Re: Carême   Jeu 27 Mar 2014, 11:23

Le texte de la méditation du Père Dubois
Lourdes

André Frossard demande un jour à son ami le pape Jean-Paul II de répondre spontanément à la question suivante : "Quelle est la phrase de l’Evangile qui habite le plus votre cœur ?" Le pape répond sans hésiter : "La vérité vous rendra libres" (Jean 8,32). Pour avoir affronté avec sa nation deux totalitarismes (le nazisme et le communisme qui prétendaient avoir la vérité sur l’homme tout en envoyant des millions d’hommes au goulag ou en camp de concentration), pour avoir fait face durant son pontificat à la tyrannie du relativisme absolu prétendant que l’homme ne peut arriver à aucune vérité définitive sur lui-même (tout en faisant vivre à notre société une culture de mort), Jean-Paul II crie la Parole de Jésus : "Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera" (Jn 8,31-32).

Jésus est la Vérité, l’Unique, la seule, qui rende l’homme libre d’être lui-même. Jésus accomplit l’homme. Le Concile Vatican II dit que "le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné" (Vatican II. GS 27).

Le XIXe siècle prétend détenir toute la vérité en disant que la raison scientifique expliquera toute chose. A ce siècle qui a raison, et rejette la foi comme irraisonnable parce que non scientifiquement prouvable, la Vierge Marie apparaît et fait vivre à Bernadette la raison et les raisons de croire. Précisément parce qu’elle n’est pas instruite, Bernadette entre en enfant dans la relation avec la belle Dame. La terre de son cœur est vierge de toute idéologie. La vérité jaillit alors de Bernadette et la découvre plus libre que toutes les têtes pensantes à qui elle doit rendre compte (autorités de police, de justice ou ecclésiales). La vérité de son naturel et de son aplomb sans effronterie rend le commissaire Jacomet et le Procureur Dutour pantois, inefficaces pour s’opposer aux événements de la Grotte. A son curé, dubitatif autant que perplexe, Bernadette répond : "Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis chargée de vous le dire." Monseigneur Théas, s’adressant à un auditoire de savants, dira : "Messieurs, vous êtes instruits. Bernadette était éclairée."

La vérité, c'est que Bernadette, en rencontrant Marie, ouvre son cœur et son esprit autant que son intelligence à la Vérité qu’est Jésus, le Verbe du Père. Vérité incarnée qui transfigure la vie, le corps et l’esprit de la Mère de Dieu. Après les apparitions, Bernadette s’instruira. Mais cette instruction sera alors fécondée, illuminée par la rencontre vécue avec la Lumière véritable manifestée dans la beauté de Notre-Dame.

En philosophie, comme au quotidien de la vie ordinaire, prétendre avoir la vérité, sans entrer en relation, est mortel. On n’a pas la vérité comme on a un compte en banque, une voiture, une maison ou un smartphone. La vérité n’est pas d’abord et seulement dans ce que l’on dit, grâce à ce qu’un art nous apprend. La vérité est autant dans la façon dont on le dit que dans la relation avec ce que l’on dit et dans la relation avec la personne à qui on le dit. Quand l’Eglise dit garder le dépôt de la foi, en osant croire que c’est le sommet de la vérité, elle ne prétend pas avoir la vérité comme un compte en banque à défendre ou comme une vérité à asséner de force aux hommes, à l’exemple d’une oie que l’on gave.

La vérité de l’Eglise est un amour qui s’offre et qui souffre, chemin et vie de Dieu vers l’homme et de l’homme vers Dieu, relation amoureuse sans possessivité qui tue. Jésus n’a jamais dit : "J’ai la vérité" mais "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie" (Jn 14, 6). Il parle de garder la Parole, la sienne, comme des époux se gardent.

L’Eglise parle à propos de la liturgie d’entrer dans le mystère. On n’assiste pas à la messe comme on assiste à un match. Le "terrain" de l’Eucharistie est celui de l’Amour véritable, de l’action de grâce. On entre dans la vérité d’un Dieu qui se livre Parole et Corps. Jésus sacrifié par amour attend notre réponse par le sacrifice de nous-mêmes. La démesure de l’amour se donne ici dans la foi, au-delà de toute raison, n’ayant d’autres raisons que d’aimer en vérité.

Deux humanismes athées au XXe siècle ont fait plus de morts que toutes les Guerres de religion. Jean-Paul II nous a enseignés à y résister autant qu’à la tyrannie du relativisme absolu. Pour cela il est entré en relation avec tout homme (surtout avec les plus porteurs de ces idéologies mortifères). Relation d’amour du pape qui empruntait la route des hommes autant qu’il empruntait assidûment la route de Jésus-Christ dans une prière persévérante. A toute personne rencontrée, le cœur et l’intelligence de ce pape disent : La vérité vous rendra libres. Marie dit à Bernadette la Vérité qu’est Jésus. Mystère étonnant que le pèlerinage terrestre de ce grand pape se soit terminé précisément à Lourdes, en 2004.

Puissions-nous, amis, vivre ce carême comme une rencontre d’amour avec Celui qui est allé jusqu’au sacrifice de sa personne sur la croix en nous disant avec tous les crucifiés de la terre : quand dans nos vies amour et vérité se rencontrent, nous devenons des hommes libres.
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MessageSujet: Re: Carême   Ven 28 Mar 2014, 10:06

vendredi 28 mars

Quand l’eau désaltère la multitude


La parole de Dieu


Laissant là sa cruche, elle courut à la ville et dit aux gens ...

Évangile selon saint Jean, chapitre 4, versets 28-29

La méditation

Abandonnée la cruche ! Plantée là ! Pourtant, la Samaritaine l’a bien portée jusqu'ici, jusqu’au puits, afin de la remplir et de la ramener pleine, à la maison.
Mais la voilà délaissée, inutilisée, inutile… « cruche » !
C’est qu’une eau meilleure que celle du puits de Jacob a jailli et nul besoin de cruche pour la recueillir !
Comme Moïse pour Cippora, la jeune bergère qu’il délivre, avec ses compagnes, des bergers voulant les contraindre à puiser pour eux et qu’il épousera, inaugurant ainsi la tradition biblique des mariages autour du puits, le Christ a puisé lui-même pour cette femme. Il a fait couler sa vie en elle, abreuvé la terre asséchée et assoiffée de son cœur : « Ce Messie que tu attends, Je le suis, moi qui te parle. » (*)
Et la voilà transformée, éblouie, portant à son tour la source jaillissante, capable d’étancher toute soif : Ô changement inattendu ! Cette femme qui au commencement ne comprenait rien, voilà qu’elle enseigne les autres !
Alors… L’eau du puits, la cruche ! Voilà qui est bien loin de ses préoccupations !
Car ne compte plus désormais pour elle que la promesse de Jésus. Et elle va, offrant gratuitement ce qu’elle a reçu gratuitement : le don de cette Présence survenue au désert de sa vie.
Mais seule la vie donne la vie : puisse l’Esprit, par la parole de la femme de Samarie, nous ouvrir aujourd’hui à la Rencontre, qui nous fera nous aussi « source des jardins et puits d’eau vive ! » (**)

* Évangile selon saint Jean, chapitre 4, verset 26
** Cantique des cantiques, chapitre 4, verset 15


Pour aller plus loin avec la Parole


Moïse s’enfuit loin de Pharaon et habita au pays de Madiane. Il vint s’asseoir près du puits. Le prêtre de Madiane avait sept filles. Elles allèrent puiser de l’eau et remplir les auges pour abreuver le troupeau de leur père. Des bergers survinrent et voulurent les chasser. Alors Moïse se leva pour leur porter secours et il abreuva leur troupeau. Elles retournèrent chez Réouël, leur père, qui leur dit : « Pourquoi êtes-vous revenues si tôt, aujourd’hui ? » Elles répondirent : « Un Égyptien nous a délivrées de la main des bergers, il a même puisé l’eau pour nous et abreuvé le troupeau ! Moïse accepta de s’établir chez cet homme qui lui donna comme épouse sa fille Cippora. Elle enfanta un fils à qui Moïse donna le nom de Guershom (ce qui signifie : Immigré en ce lieu) car, dit-il, « Je suis devenu un immigré en terre étrangère. »

Livre de l’Exode chapitre 2, versets 15-22


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MessageSujet: Re: Carême   Sam 29 Mar 2014, 09:57

samedi 29 mars

Quand l’eau féconde la terre et fait mûrir les blés



La parole de Dieu


Le semeur se réjouit avec le moissonneur

Évangile selon saint Jean, chapitre 4, verset 36

La méditation

Scandale des disciples : le Maître là, au bord du puits, accosté par une femme étrangère ! « Ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : « Pourquoi parles-tu avec elle ? » (*) C’est qu’ils ignorent tout de cet instant où un désir d’infini s’est révélé, où une eau vivante a jailli… Et Jésus tait le secret.
À eux il parlera plutôt de semailles et de moisson : lui, le semeur, eux les moissonneurs. Mais des semailles à la moisson, il y a bien le mystère de l’eau, eau maternelle qui féconde et irrigue la terre. Il y a aussi son dur travail à lui, le semeur : préparer le terreau caillouteux de nos vies, y jeter la semence de la Parole et venir encore et encore y apporter l’eau vive de la grâce. Ainsi, au gré du temps, la Parole se fraie un chemin, ouvrant des brèches où la lumière peut s’engouffrer et l’eau apaisante couler et irriguer. Vivante et agissante, la Parole porte alors la promesse d’une vie dont les blés mûrs seront l’image.
Que vienne donc cet heureux temps de la moisson, nous appelant à une joie nouvelle, singulière et plurielle ! Que se lève cette joie dans nos moissons d’instants heureux, de partage et d’épreuves assumées ! Déjà, elle affleure dans le pur froment de la parole de Dieu et dans le précieux pain eucharistique de nos messes ? joie intérieure toute simple mais éternelle, comme au jour où enfin nous verrons Dieu tel qu’il est, face à face. Alors vraiment, le semeur se réjouira avec le moissonneur…

* Évangile selon saint Jean, chapitre 4, verset 27


Pour aller plus loin avec la Parole


Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie ; alors on disait parmi les nations : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !
Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie : il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence ; il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes.

Psaume 125, versets 1-6


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MessageSujet: Re: Carême   Dim 30 Mar 2014, 10:28

dimanche 30 mars

Lieux communs


La parole de Dieu


Qui de lui ou de ses parents a péché pour qu'il naisse aveugle ?

Évangile selon saint Jean, chapitre 9, verset 2

La méditation

Et ça cancane, et ça jacasse et ça bavasse sur la place du marché et au café du Temple, jusque dans la salle du Trésor, ou dans les ruelles voisines, pieuses dames, bons bourgeois et saints clercs de Jérusalem : « vous savez, l'aveugle, celui qui fait la manche ? … Ce n'est pas possible, ce doit être un autre … oui, un sosie. » Notre homme a beau protester : « c'est bien moi ! » On va quand même demander aux parents, parce que, tout de même, lui qui ne s'est jamais vu, comment pourrait-il se reconnaître ? Il aurait le mauvais goût, en plus, d'avoir un avis sur qui l'a guéri : un prophète ! Qu'est-ce qu'il en sait, des prophètes ? On en a suffisamment tué, des prophètes, pour savoir les reconnaître. Et le bavardage s'enfle, la rumeur d'un scandale.
Il avait sa place, on l'y tolérait, ce mendiant, dehors le Temple, dehors nos cercles. Et on murmurait derrière lui, comme s'il ne pouvait pas entendre, on soupçonnait son péché, on imaginait celui de ses parents, l'obscure hérédité. Mais à présent, il voit ; pire : il parle ! Jésus ne lui a pas seulement donné des yeux qui voient, il lui a aussi délié la langue ; alors il en use, magnifique d'ironie et de liberté, confondu de reconnaissance non pour ses faux bienfaiteurs d'hier, mais pour celui-là qui seul a su le regarder et lui parler.
« Qui de lui ou de ses parents a péché, pour qu'il naisse aveugle ? Ni lui ni ses parents, mais c'est pour que soit manifeste l'œuvre de Dieu en lui. »
Dieu à l'œuvre aussi à la marge, aussi en celui à qui d'avance on a assigné son rôle et la limite à ne pas franchir, parce qu'on sait mieux que lui, parce que ce n'est pas lui qui va nous expliquer, parce qu'on a toujours fait comme ça … Qui prend vraiment au sérieux cette parole du Christ au sujet de prostituées et de publicains qui nous précèdent dans le Royaume (*) ? Ne nous a-t-on pourtant pas dit que c'était eux, les plus grands ?
Dieu à l'œuvre, qui nous prend à rebrousse-poil, qui s'attache, avec infiniment de patience, à faire vaciller nos certitudes, qui nous arrache, avec extrême douceur, à nos lieux très communs. Combien y en a-t-il, de ces lieux communs ? La question des disciples se décline, consciente ou non, dans nos vies en autant de "qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour mériter ça ?" : logique comptable qui n'est pas, qui ne sera jamais, celle du Père révélé en Jésus Christ.
Alors ? Tout au long de cette semaine, demandons au Seigneur de nous défaire de quelques-unes de nos évidences et fausses clartés. Et, si nous sommes de ces voyants aveugles qui disent "nous voyons" et dont le "péché demeure" (**), prions, pour voir : « Seigneur, éblouis-moi, aveugle-moi. »

* Évangile selon saint Matthieu, chapitre 21, verset 31
** Évangile selon saint Jean, chapitre 9, verset 41


Pour aller plus loin avec la Parole

Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 16, versets 13-19


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MessageSujet: Re: Carême   Lun 31 Mar 2014, 10:23

lundi 31 mars

Tous aveugles ?


La parole de Dieu

C'est pour un discernement que je suis venu en ce monde : pour que ceux qui ne voient pas voient et que ceux qui voient deviennent aveugles.

Évangile selon saint Jean, chapitre 9, verset 39

La méditation

On n'a pas regardé l'aveugle, et on n'a pas vu qui était Jésus : tous pécheurs. On n'a pas voulu écouter le Christ, pas plus que notre homme : sois pauvre et tais-toi. Et on ne voit pas ce qui, pourtant, crève les yeux : « si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » (*)
Alors, tous aveugles, vraiment ? Oui, mais pas tous de la même manière, il y a aveuglement et aveuglement : Jésus dit-il autre chose ? En effet, toi qui as prié hier « Seigneur, aveugle-moi » mais dont les yeux continuent à voir, oserais-tu te dire aveugle devant une personne qui l'est réellement ? Ou moi qui ai fait vœu de pauvreté, prétendrais-je devant celle qui mendie à la porte du couvent que je suis pauvre comme elle ? « Vous dites : "nous voyons" ; votre péché demeure » (**), mais dire je ne vois pas ne suffit pas, encore y faut-il la conversion, celle du cœur, non celle des lèvres. Sinon, l'aveugle serait sauvé par le seul fait d'être aveugle, pas par sa foi au Fils de l'homme. Dire je ne vois pas mais le dire pour voir ce qui ne va pas, ce qui en nous résiste à l'imprévisible grâce de Dieu. La grâce de Dieu, ce pourrait être le voir face à face : « que le Seigneur fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce ! que le Seigneur te découvre sa face et te donne sa paix. » (***) Il nous la découvre … à nous de vouloir la voir, et, pourquoi pas, dans le premier face à face de ce jour ?

* Évangile selon saint Jean, chapitre 9, verset 33
** Évangile selon saint Jean, chapitre 9, verset 41
*** Livre des Nombres, chapitre 6, versets 25-26


Pour aller plus loin avec la Parole


Écoute, Seigneur, je t'appelle ! Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m'a redit ta parole : « Cherchez ma face. »
C'est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face.
N'écarte pas ton serviteur avec colère : tu restes mon secours.

Psaume 26, versets 7-9


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MessageSujet: Re: Carême   Lun 31 Mar 2014, 13:07

Le texte de la méditation du Père Dubois


L’appel est pressant. A plusieurs reprises, la Dame demande à Bernadette si elle veut bien pratiquer des gestes de pénitence : "Est-ce que vous voudriez bien baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ?" Que de déférence ! Est-ce que vous voudriez bien... La politesse de la Dame ne cache pas cependant le caractère absolu de l’appel, sa nécessité impérative. Marie renouvellera sa demande. Elle répète l’injonction elle-même par trois fois : "Pénitence ! Pénitence ! Pénitence !", au point que Bernadette le répètera à son tour avec la même insistance. L’enfant saisit la nécessité à laquelle nul ne peut et ne doit échapper : faire pénitence pour soi-même et pour les pécheurs... L’essentiel de ce que fait Bernadette, au cours de ces temps de rencontre avec la Belle Dame, est bien, outre la prière, de poser ces gestes de pénitence : baiser la terre, marcher sur les genoux et boire à la source, s’y laver, ainsi que manger un peu de ces herbes amères qui poussent là. En clair, on ne peut avoir accès à ce ciel, que la Dame promet à la troisième apparition : " …Pas le bonheur en ce monde mais dans l’autre", si on ne fait pas pénitence. La pénitence serait donc le chemin du paradis ?

Avons-nous vu un virtuose parvenir à jouer de son instrument sans travail ? Connaissons-nous un ébéniste qui ne peine pas pour arriver à produire un joli meuble ? Même la méthode Assimil, dite sans peine, pour apprendre une langue, ne nous dispense pas d’un gros effort de persévérance pour arriver à parler la langue étrangère en question. On n’a rien sans rien, dit le proverbe populaire. Nous sommes à l’ère du zapping, du tout tout de suite, du jetable et du relatif en tout. Il nous est difficile, plus qu’à une autre époque peut-être, de concevoir les efforts à fournir pour parvenir à un sommet de notre vie humaine, quel qu'en soit le domaine.

Lorsque la Vierge Marie fait contempler à Bernadette le ciel à travers sa propre personne, elle lui montre ce que dit saint Paul dans son épître aux Ephésiens : "Béni soit le Dieu et Père … qui nous a comblés au ciel dans le Christ de toutes les bénédictions spirituelles ... pour que nous soyons saints et immaculés en sa présence" (Eph 1, 3-4). Pour parvenir à cette joie, à ce bonheur infini et éternel, à cette transfiguration d’amour, il nous faut correspondre en engageant notre liberté. Il nous faut nous tourner vers Dieu, c’est cela la conversion ou la pénitence. Il nous faut engager notre vie dans une vie morale de charité pour Dieu et pour notre prochain qui soit à la hauteur de cette Lumière inouïe que contemple pour nous Bernadette. Il ne s’agit pas moins qu’ailleurs de dire qu’il n’y aura pas ici d’effort à fournir. En amour d’alliance avec Dieu ou avec son prochain, il va falloir peiner, afin que notre personnalité soit à la hauteur du défi, que nos actes prouvent une vraie décision pour Dieu.

Or voilà bien la difficulté : nous nous excusons facilement, sûrs que nous ne pouvons pas changer parce que notre nature est ainsi faite. Nous ne pouvons rien à nos défauts de tempérament. Dieu nous aurait-il créés tordus ? Non, dit la Genèse "Dieu vit que cela était bon" (Gn 1, 10). C’est le péché originel et notre péché tout court qui ont défiguré la création. Mes défauts sont le fruit, peut-être d’un héritage familial et éducatif, mais aussi des mauvaises décisions ou des mauvais plis que j’ai pris à ne pas vouloir décider selon le bien. Le doux saint François de Sales avait un tempérament colérique. A force de prière et de pénitence, à force d’aimer, il a réussi à maîtriser son tempérament.

Si Bernadette ne pouvait pas toujours maîtriser le premier mouvement de sa nature vive et orgueilleuse, elle nous apprend que, dans un deuxième mouvement, elle cherchait toujours à se corriger par une réaction d’humilité. Elle a appris à l’école de Marie à baiser la terre afin de ne pas garder la nuque raide ou l’orgueil de ses bonnes raisons. Nous venons de la terre et nous avons à apprendre, en baisant la terre, à nous recevoir du ciel en tout ce que nous faisons. En allant à la source, Bernadette nous montre le chemin de la purification par les sacrements de Jésus "sans lequel nous ne pouvons rien faire" (Jn 15, 5). En marchant sur les genoux et en mangeant des herbes amères, Bernadette nous apprend à assumer les difficultés de nos vies, non comme un mur infranchissable, mais comme un tremplin vers l’amour pour les autres dans le dépassement continuel de notre égoïsme. Voilà les efforts spirituels qui vont assouplir nos cœurs endurcis.

La grâce du Christ ne nous manquera jamais pour déplier notre cœur comme on déplie les faux plis d’un vêtement, pour tourner notre cœur vers l’Amour et la Vérité de notre vocation pour les autres. Amis, joie de la pénitence et de tous ses efforts qui vont rendre à notre cœur la légèreté d’aimer.

Bon et joyeux carême !
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MessageSujet: Re: Carême   Mar 01 Avr 2014, 09:42

mardi 1er avril

Un temps pour tout ?


La parole de Dieu


Il ne vient pas de Dieu, cet homme-là,
puisqu'il ne respecte pas le jour du Sabbat.

Évangile selon saint Jean, chapitre 9, verset 16

La méditation

Le long, le morne égrènement du livre de l'Ecclésiaste : « un temps pour enfanter, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher le plant, un temps pour …, un temps pour … » (*) À Jésus comme à l'aveugle, on explique très sérieusement qu'il y a des jours à miracle, et des jours sans. Et, oui, cet aveugle qui a l'indécence de se faire guérir en plein sabbat, et devant le Temple en plus ! Jésus l'aurait fait exprès, il ne s'y serait pas pris autrement. Cet aveugle, donc, il pourrait au moins rentrer dans le rang et courber la nuque ! Mais si notre homme, superbe sous l'insulte, culbute, allègre, les bienséances, c'est pour mieux tomber à genoux devant le Fils de l'homme. Parce qu'ils savent, tous deux, ô combien dans leur chair, qui est le plus grand. Alors, un temps pour tout ? dit autrement, parfois : « je commence demain ; ou je ne suis pas encore capable. » À ce compte-là, serai-je jamais capable, commencerai-je un jour ? Certes, bonne est la règle, sûr, le précepte, et la prudence, nécessaire. Mais le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat (**), et quand il y a urgence ? « C'est maintenant, le moment favorable, c'est aujourd'hui, le jour du salut. » (***) C'est maintenant que le pauvre a faim devant ta porte, que le malade attend ta visite, que tu peux donner ne serait-ce qu'un verre d'eau au plus petit de tes frères, c'est aujourd'hui que le Seigneur t'y montre son visage ; la conversion à chaque aujourd'hui recommencée, notre vie comme une suite ininterrompue de maintenant.

* Livre de l'ecclésiaste, chapitre 3, verset 18.
** Évangile selon saint Marc, chapitre 2, verset 27
*** Première lettre aux Corinthiens, chapitre 6, verset 2

Pour aller plus loin avec la Parole


Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense.

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 10, versets 38-42


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MessageSujet: Re: Carême   Mer 02 Avr 2014, 06:01

mercredi 2 avril

C'est l'intention qui compte ?




La parole de Dieu


Dans la mesure où vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits,
à moi non plus vous ne l'avez pas fait.


Évangile selon saint Matthieu, chapitre 25, verset 45

La méditation

Maintenant, aujourd'hui, … et si l'intention est bonne, cela suffirait, n'a-t-on pas déjà fait bien plus que de dire « je suis aveugle » ? Mais on dit aussi de l'enfer qu'il est pavé de bonnes intentions. Un jour, j'ai offert un sandwich à un homme qui dans la rue m'avait demandé une pâtisserie : l'intention était bonne ? Ce n'était simplement pas ce qu'on m'avait demandé.
En définitive, le seul don, c'est celui de Dieu : lui-même. Donner non comme un riche, mais comme Dieu : donner, si parfois en pure perte, toujours prodigue comme le père de la parabole (*). Donner sans expliquer à l'autre quoi ou comment recevoir, sans attendre un merci ou un sourire, en serviteur quelconque du Royaume. Le grand don, le don total, c'est celui qui n'attend pas de savoir s'il va être reçu. Impossible ? « Rien n'est impossible à Dieu. » (**)
Dieu s'est donné à moi, sans attendre que je le reçoive. Dieu s'est donné à moi, il ne tient qu'à moi, à mon tour, de me donner aux autres. Et ce n'est pas faveur, ce n'est que justice : si l'autre est plus grand que moi, c'est qu'il est le Christ pour moi, aujourd'hui.
Se mettre à la bonne hauteur : s'asseoir ou s'agenouiller plutôt que de rester debout ; mais plonger à ras du sol, c'est monter vers le Père. Silence ; et, avant de juger, regarder et comprendre, vouloir embrasser dans le regard de Dieu. Ensuite, le temps de parler et d'agir pour se relever l'un avec l'autre, l'un par l'autre. En grec, dans l'Évangile, cela se dit : ressusciter.

* Évangile selon saint Luc, chapitre 15, versets 11-32
** Évangile selon saint Marc, chapitre 10, verset 27

Pour aller plus loin avec la Parole

Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection.

Première lettre de Saint Jean, chapitre 4, versets 9-12


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