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 Le mariage selon la loi naturelle

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Thy Kingdom come
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MessageSujet: Le mariage selon la loi naturelle   Lun 16 Déc 2013, 14:05

Synode des évêques : IIIème Assemblée générale extraordinaire
Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation
Document de préparation (Cité du Vatican, 2013)

2. Sur le mariage selon la loi naturelle
Quelle place occupe la notion de loi naturelle dans la culture civile, tant au niveau institutionnel, éducatif et académique, qu’au niveau populaire? Quelles conceptions de l’anthropologie sont à la base de ce débat sur le fondement naturel de la famille?

La loi naturelle n’a pas bonne presse dans la société civile car elle a l’air de rabaisser l’être humain à un niveau indigne de lui. Par exemple, on pourrait confondre cette ‘loi naturelle’ avec la loi de la jungle où l’animal le plus fort l’emporte sur le plus faible. Ou, pour rappeler la célèbre définition du juriste Ulpien, reprise par Thomas d’Aquin, la loi naturelle des humains équivaudrait à celle des animaux en ce qui concerne tant le rapprochement des sexes que l’engendrement et l’éducation des petits. Dès lors, lorsque l’enseignement officiel de l’Eglise se réfère à la ‘loi naturelle’ (comme par exemple dans l’encyclique Humanae Vitae), le réflexe du peuple chrétien (et des hommes de bonne volonté) est de rejeter cette référence qui paraît beaucoup trop ‘biologique’.

Il faut donc reprendre à nouveaux frais cette question de la nature, non pas pour l’évacuer, car cette tradition qui la porte depuis l’Antiquité contient en elle une intuition juste, mais pour en montrer la richesse proprement humaine.

Disons, en gros, que la nature renvoie l’agir humain (et donc l’éthique) à un en-deçà qui précède la liberté. Il s’agit tout ensemble de la naissance (dont la racine latine a donné le mot nature) et du rapport au corps. Lorsque l’être humain s’interroge sur l’action qu’il peut ou doit poser, il ne peut pas oublier que sa liberté n’est pas à l’origine d’elle-même : il s’est reçu d’un acte d’engendrement, par l’union de l’homme et de la femme, ses parents. Son corps symbolise comme tel cette origine ineffaçable. L’enfant né de cette union est lui-même sexué, annonçant ainsi la promesse des générations futures. C’est ce rapport fondamental à l’origine, et donc cette condition corporelle, qu’il s’agit de lire pour ne pas se tromper dans l’ajustement de l’éthique. Peut-être est-ce là le soi dont parle Benoît XVI dans Caritas in veritate : « nous savons tous que nous sommes donnés à nous-mêmes, sans être le résultat d’un auto-engendrement. En nous, la liberté humaine est, dès l’origine, caractérisée par notre être et par ses limites. Personne ne modèle arbitrairement sa conscience, mais tous construisent leur propre ‘moi’ sur la base d’un ‘soi’ qui nous a été donné» (n° 68).

Or notre monde contemporain, privilégiant la part de culture par rapport à la nature de l’homme, préfère insister sur la liberté qu’ont prise les sujets par rapport aux déterminismes provenant, soit du monde, soit de la société. Le monde, en effet, ne s’impose plus à nos contemporains comme une fatalité puisque la science en découvre chaque jour les secrets, augmentant d’autant la maîtrise de l’humanité sur ses conditions d’existence, y compris sur ses propres données spécifiquement corporelles. Quant à la société, elle n’apparaît plus comme une donnée naturelle, ainsi que le pensaient les Anciens, mais comme le résultat d’un Contrat (social) passé entre les sujets isolés les uns des autres en leur ‘état de nature’. A cette liberté est d’ailleurs adjointe, à titre de corollaire, l’égalité de tous les sujets entre eux.
Nos contemporains, du moins dans la société occidentale, éprouvent donc plus de difficultés qu’autrefois à se réconcilier avec leur condition corporelle et sociale : c’est que le lien qui les relie à leur propre corps d’une part, à leurs proches au sein de la famille d’autre part, leur apparaît comme une contrainte qui les entrave tant dans leur liberté que dans leur égalité. Les lois dites bioéthiques, formulées dans ce contexte, ont alors pour but d’augmenter l’une et l’autre, souvent d’ailleurs en invoquant les ‘droits de l’homme’ (droits à l’autonomie de la vie privée, à la non-discrimination, etc.) : liberté de la femme à l’égard du fœtus qu’elle porte, égalité des couples homosexuels et hétérosexuels, opposition de l’idéologie du gender à ce qui apparaît comme le déterminisme corporel, dissociation de la personne et de ses capacités reproductives dans les procréations médicalisées (dons de sperme ou d’ovules, gestation pour autrui), etc.
Faudra-t-il qu’à l’avenir l’Eglise abandonne, dans son enseignement éthique, toute référence à la nature, vu l’ambiguïté du concept ? Peut-être, mais ne serait-il pas illusoire, voire contradictoire, de vouloir trouver, pour définir l’indépassable en-deçà de la liberté humaine, un concept ‘clair et distinct’ issu tout droit de notre raison abstraite ? Car c’est peut-être dans cette Origine première que se cache le mystère du couple humain. Et de Dieu. Xavier Dijon, S.J.
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