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 La mondialisation est-elle vraiment finie ?

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MessageSujet: La mondialisation est-elle vraiment finie ?   Lun 07 Oct 2013, 15:45

Dans son nouveau livre "La fin de la mondialisation", François Lenglet prévoit le déclin du libre-échange globalisé et le retour à un protectionnisme raisonné. Une analyse partagée par les économistes du FMI et de la banque Morgan Stanley.



Atlantico : Dans son dernier livre (voir ici), l'économiste François Lenglet pronostique "La fin de la mondialisation" tandis que Christine Lagarde, la patronne du FMI, évoque de nouvelles transitions économiques globales. Sommes-nous à la fin d'un cycle ? Quels sont les signes qui annoncent cette mutation ?


François Lenglet :
Oui, c'est manifeste. Dans l'Histoire, la mondialisation n'a rien d'inexorable. Elle connaît des éclipses même si ces dernières se produisent après des cycles longs. On peut le voir à travers les évolutions de la société. Celle-ci est de moins en moins libérale. Elle est en demande de protection bien plus que de liberté comme le montrent les questions de justice, de sécurité ou d'immigration. Dans tout ces domaines, la société a expérimenté les dégâts que produisent l'excès de liberté. Cela se traduit par un ressentiment contre les riches qui est devenu universel. Il y a une contestation des libertés abusives, qui ont permis à certains de s'enrichir de manière outrancière grâce à une économie mondialisée. De même, la montée en puissance du thème des frontières dans l'offre politique est un indice.

Sur le plan purement économique, on constate un mouvement de renationalisation de la finance. Les mouvements transfrontaliers sont beaucoup moins importants qu'auparavant avec de premières réinstallation de contrôle des capitaux à la fois dans les marchés émergents et en Europe avec Chypre. Les négociations commerciales patines et l'OMC qui était une créature de la mondialisation est sur le point de disparaître.

Sur le plan macro, on constate que les excédents commerciaux des deux machines à mondialiser qu'étaient la Chine et l'Allemagne vont se tarir pour des raisons évidentes. La machine à exporter allemande va subir les conséquences du rééquilibrage des comptes publics de l'Europe du Sud. De même pour la Chine. Celle-ci vend plus au reste du monde que le reste du monde ne lui vend, ce qui  signifie que le reste du monde, notamment les Etats-Unis et l'Europe, s'endette vis à vis d'elle. Il y a un flux d'endettement symétrique qui ne peut plus durer. Par ailleurs, les délocalisations dans les pays émergents sont moins intéressantes sur le plan économique. C'est compliqué d'aller en Chine : il y a des problèmes de transport, de sécurité, de logistique et les Chinois copient les produits. D'où le mouvement de relocalisation qu'on observe aux Etats-Unis et qui devrait arriver en Europe. L'éclatement de la chaîne de production internationale va se terminer et on va re-nationaliser les chaînes de production.

Sur le plan social comme sur le plan économique, il y a donc une série de petits faits porteurs d'avenir qui ressemble beaucoup à ce qui s'est produit à chaque éclipse de la mondialisation.

Alexandre Delaigue : Il faut préciser de quoi l'on parle. La mondialisation est l'intégration des économies nationales sous l'effet de flux de capitaux, de marchandises et de services, de personnes et d'idées. Ce processus peut être selon les époques favorisé ou défavorisé par des facteurs économiques et techniques (progrès dans les transports, dans les communications, abaissement des droits de douane...) et institutionnels et politiques (paix entre les nations, institutions internationales de régulation, cosmopolitisme). La période de l'après-guerre a été très favorable à la mondialisation : réduction des tarifs douaniers au GATT puis à l'OMC, intégration de plus en plus de pays dans ce processus, progrès dans les transports (Le conteneur, une histoire de la mondialisation) et dans les techniques de communication. Or certains de ces éléments touchent à des limites automatiques : quand les droits de douane sont arrivés à zéro, il devient difficile de les réduire encore; quand près de 160 pays sont membres de l'OMC, il n'y en a plus beaucoup à rajouter. Quand les firmes ont exploité toutes les opportunités de décomposition de leurs processus productifs, les échanges commerciaux vont cesser d'augmenter au même rythme. On pourrait ajouter la hausse du coût de l'énergie, qui peut réduire les transports. Et les Etats semblent aujourd'hui moins avides d'amplifier la libéralisation financière que dans les années 90.

Dans une note à ses clients, la banque d'affaires Morgan Stanley rappelle que le premier âge d'or de la mondialisation s'est terminé en 1913 et s'est soldé par deux guerres mondiales. La transition qui s'annonce va-t-elle être aussi brutale ou plus progressive ? Quelles peuvent être les conséquences de cette mutation ?


François Lenglet : Il y a deux scénarios très différents. Celui des années 30 que redoute Morgan Stanley et qui se traduirait par la montée des extrémismes et le retour d'un nationalisme outrancier. Mais, il y a aussi un scénario possible plus optimiste : celui de 1870. Après le krach boursier de 1873, on rétablit les frontières et on purge les dettes en quelques années après une longue période de croissance zéro exactement comme aujourd'hui. A cette époque, les dettes sont héritées du boom technologique extravagant qu'a causé la chute des frontières politiques après le printemps 1848 et l'extraordinaire essor du rail qui transforme complètement l'économie beaucoup plus que la bulle internet. Les pays qui en sorte sont ceux qui rétablissent le protectionnisme les premiers : l'Allemagne, l'Autriche et les Etats-Unis. Ce scénario permet de reconstruire la demande progressivement et débouche sur la Belle époque. Il est beaucoup plus réjouissant et tout à fait envisageable dans le contexte actuel, même si la reprise n'est pas pour demain.

Alexandre Delaigue : Le processus de mondialisation peut soit accélérer; soit continuer de s'amplifier mais moins vite qu'au cours des deux dernières décennies; soit se stabiliser; soit ralentir un peu; soit s'effondrer comme il l'a fait avec la première mondialisation de la fin du 19ème siècle. Il faut être bien présomptueux pour savoir à coup sûr ce qui va se passer, surtout pour imaginer que le scénario de 1913 va se reproduire ! Il faut se méfier du raisonnement de système qui imagine qu'il y a de grands cycles historiques qui se reproduisent. Cela fait de bons sujets de livres spéculatifs, ou de discussions alcoolisées, mais pas de la très bonne analyse.

Au début du 20ème siècle la mondialisation avait commencé à ralentir par rapport à son rythme très rapide d'avant, comme l'ont montré les historiens Findlay et O'Rourke : (voir ici) . Mais la "démondialisation" entre 1914 et 1945 a été uniquement causée par la Première guerre mondiale et ce qui a suivi. Et s'il est tout à fait possible qu'un tel conflit mondial se reproduise, ce n'est pas certain. Les armes nucléaires rendent les conflits entre grandes puissances plus difficiles; les sociétés contemporaines sont plus âgées; le nationalisme n'a pas la forme de l'époque. Bref, le contexte est très différent.

Quels sont les secteurs qui pourront bénéficier de cette évolution ? Quels sont ceux qui risquent d'être impactés négativement ?
François Lenglet :

Les secteurs exposés à la concurrence, à commencer par l'industrie, devraient bénéficier de cette évolution. L'Industrie en Europe du Sud, et notamment en France, est actuellement sous-compétitive à cause d'une monnaie, l'Euro, qui est surévaluée. Si on rétablit, notamment vis à vis de la Chine, un certain nombre de protections, notre industrie pourrait redevenir compétitive. On peut imaginer que l'Industrie cesse de détruire des emplois et même qu'elle en crée.

Alexandre Delaigue : Si l'on imagine une période de stabilité, cela ressemblera beaucoup à la période actuelle ! On peut envisager que l'évolution technologique, en particulier la robotisation et la hausse du coût des transports si le carburant devient plus coûteux, ramène les productions manufacturières dans les pays développés. Les restrictions de la libéralisation financière bénéficierait aux grandes institutions installées, les grandes banques. La convergence de nombreuses personnes dans les pays émergents vers le niveau de vie des pays riches crée un marché très différencié, qui bénéficie à des entreprises à l'identité forte et de taille moyenne, comme BMW ou Apple. Si la polarisation de l'économie mondiale se poursuit, la destinée sera très déterminée par l'endroit où l'on se situe : les petits pays aux institutions stables sont bien partis de ce point de vue.

Faut-il vraiment regretter la phase aiguë de mondialisation qui a suivi la chute du mur de Berlin ? L'idée d'une planète unifiée par le libre-échange était-elle une utopie ? Le retour du protectionnisme est-il forcément négatif ?

François Lenglet :

La mise en concurrence des systèmes par la mondialisation a abouti à une dépression de la demande et une progression de l'endettement. Nos problèmes macro-économiques s'expliquent en partie par le libre-échange non tempéré qu'on a connu depuis la fin des années 90. Aux Etats-Unis, même les chantres de la mondialisation heureuse ont changé de pied. A l'exception des années 30, dans un contexte très particulier, le protectionnisme n'a jamais ralenti le commerce. Il a simplement rééquilibré un certain nombre d'excès. Il n'y a pas de raison de ne pas réagir face à des pays qui ne jouent pas le jeu. L'immobilisme est à la fois moralement répréhensible et socialement coûteux.

Alexandre Delaigue : A la limite, la mondialisation signifie un état mondial, une monnaie unique mondiale, des règles identiques dans tous les pays, une langue véhiculaire... Bref une sorte de Suisse mondiale. On peut qualifier cela d'utopie, ou trouver cela épouvantable, mais surtout se dire que cela n'est guère plausible. On peut parler de grandes catégories floues comme "protectionnisme" ou "libre-échange" mais peu de monde a envie de vivre dans un grand état mondial unifié, et bien peu de gens ont envie de vivre en Corée du Nord. La réalité est, et a toujours été, une question de curseur. Le choix de l'ouverture aux échanges dans certains domaines a été pour l'essentiel pragmatique : cela apportait plus que cela ne coûtait.

Peut-on pour autant parler de "démondialisation" comme le font certains politiques ?

François Lenglet : Je ne suis pas pour un protectionnisme universel, mais pour une protection sélective et ponctuelle. Il ne s'agit pas de faire de l'idéologie, mais d'avoir du bon sens. La liberté a aussi sa raison d'être dans l'économie. Ce n'est pas parce qu'il faut rétablir les frontières sur certains sujets qu'il faut donner tout pouvoir à l’État. Il y a une tempérance à trouver entre la protection et la liberté.

Alexandre Delaigue : Encore une grande catégorie floue : (voir ici). Depuis des années la mondialisation est présentée en France comme une gigantesque compétition mondiale qui nous obligerait à liquider le système social pour rester "compétitif" face aux bas salaires de hordes de chinois morts de faim. Le procédé est transparent : pour les uns, la mondialisation est le prétexte tout trouver pour réduire un système social qui leur déplaît. Pour les autres, une façon de ne pas se poser la question de la soutenabilité de ce système social, en disant que toutes les difficultés qu'il rencontre sont liées aux méchants étrangers, et qu'il suffirait de sortir de la mondialisation pour le préserver. Il est peu probable qu'on sorte de ce genre de grand débat stérile sur "plus ou moins de mondialisation" qui n'ont guère de sens.


http://www.atlantico.fr/decryptage/mondialisation-est-elle-vraiment-finie-francois-lenglet-et-alexandre-delaigue-859347.html


François Lenglet et Alexandre Delaigue

François Lenglet officie depuis 2012 sur la chaîne France 2 où il dirige le service France. Il est également éditorialiste dans l'hebdomadaire Le Point. Son dernier livre, La fin de la mondialisation, est paru en septembre 2013 aux édition Fayard.

Alexandre Delaigue est professeur d'économie à l'Ecole militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. Il est le co-auteur avec Stéphane Ménia des livres Nos phobies économiques et Sexe, drogue... et économie : pas de sujet tabou pour les économistes (parus chez Pearson). Son site : econoclaste.net


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MessageSujet: Re: La mondialisation est-elle vraiment finie ?   Sam 19 Oct 2013, 20:09


La leçon de notre seul nobel en économie

L’éclatante faillite du nouveau credo (1999), par Maurice Allais, Prix Nobel






Le nouveau credo nous avait assuré qu’un fonctionnement libre de tous les marchés entraînerait nécessairement la prospérité pour chaque pays et pour chaque groupe social, dans un monde libéré de ses frontières économiques.

Mais, pour qui analyse objectivement les faits, la réalité, toute différente, est éclatante.

Depuis maintenant vingt-cinq ans que l’Organisation de Bruxelles poursuit inexorablement une politique de libre échange mondialiste, l’économie française se caractérise, au travers de fluctuations conjoncturelles, par des tendances de fond: la destruction des emplois, la destruction de l’industrie, la destruction de la croissance. Quelle est la cause profonde de cette évolution ? C’est incontestablement la politique de libre-échange mondialiste mise en œuvre depuis 1974 par l’Organisation de Bruxelles, à la suite de l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun, le 1er janvier 1973. Personne à ce jour n’a été capable d’en donner une autre explication en accord avec les données de l’observation.
Les pays à bas salaires représentent aujourd’hui des milliards d’hommes et leur compétition dans un monde de libre-échange ne peut qu’entraîner dans les pays développés un nivellement des salaires vers le bas et une explosion du sous-emploi, la destruction de l’industrie et la destruction de la croissance.
La mondialisation de l’économie est certainement très profitable pour quelques groupes de privilégiés. Mais les intérêts de ces groupes ne sauraient s’identifier avec ceux de l’humanité toute entière. Une mondialisation précipitée et anarchique ne peut qu’engendrer partout instabilité, chômage, injustices, désordres et misères de toutes sortes, et elle ne peut que se révéler finalement désavantageuse pour tous les peuples.
Au regard de l’ensemble de l’évolution constatée en France de 1974 à 1997, soit pendant vingt-trois ans, on peut affirmer aujourd’hui que cette évolution se poursuivra si la politique de libre-échange mondialiste de l’Organisation de Bruxelles est maintenue.

Bien que le contexte d’aujourd’hui soit profondément différent de celui de l’entre-deux-guerres, les deux périodes 1918-1939 et 1974-1999 présentent de très grandes similitudes : une incompréhension totale des dirigeants politiques des questions essentielles, leur profonde inconscience des dangers réels, leurs oppositions dérisoires sur des questions mineures et la mise en œuvre incessante de politiques qui portent en elle mêmes leur propre condamnation et leur propre échec.

Que faire? Allons-nous donc laisser détruire l’économie française sans réagir ? Ne voyons-nous pas que cette évolution qui se poursuit chaque jour rend impossible de remédier aux misères de toutes sortes qui se constatent dans la société française et, tout particulièrement, à la situation des banlieues, à la situation précaire de plusieurs millions de Français, au nombre sans cesse accru des SDF ?

La grande prospérité de quelques groupes très minoritaires ne doit pas nous masquer une évolution qui nous mène au désastre. La question majeure d’aujourd’hui n’est pas seulement celle d’un sous emploi massif, c’est également la destruction de notre industrie et la destruction de la croissance de notre économie.

De l’ensemble des analyses de cet article et de ceux qui l’ont précédé résultent quatre conclusions tout à fait fondamentales :

- une mondialisation généralisée des échanges entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents aux cours des changes ne peut qu’entraîner finalement partout, dans les pays développés comme dans les pays sous-développés, chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Elle n’est ni évitable, ni nécessaire, ni souhaitable.
- une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux n’est possible, elle n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays économiquement et politiquement associés et de développement économique et social comparable.
- il est nécessaire de réviser sans délai les traités fondateurs de l’Union européenne, tout particulièrement quant au rétablissement d’une préférence communautaire.
- il faut, de toute nécessité, remettre en cause et repenser les principes des politiques mondialistes mises en œuvre par les institutions internationales et tout particulièrement par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
Trop longtemps, sur le plan international, et sous la pression de puissants groupes d’intérêt plus ou moins occultes, la France a signé n’importe quoi, n’importe comment. On en est arrivé aujourd’hui à une situation où, de toute nécessité, il faut repenser complètement la construction européenne, et où il faut remettre en cause la plupart des prétendus “acquis européens”. Rien n’est réellement irréversible. Un rôle tout à fait fondamental et décisif revient ici à la France.


La crise profonde qui se constate partout actuellement, le développement dans tous les pays d’un chômage massif, l’extension continue d’inégalités inacceptables, l’émergence d’une insécurité généralisée et de zones de non-droit, la disparition progressive des principes éthiques indispensables à la survie de toute société impliquent un réexamen total et profond des politiques mises en œuvre.

Il est bien certain que la France ne peut avoir d’avenir que dans le cadre européen, mais ce cadre ne saurait se réduire ni à la domination illimitée et irresponsable des nouveaux apparatchiks de Bruxelles, ni à la vaste zone de libre-échange mondialiste ouverte à tous les vents, ni à une domination de fait des Etats-Unis, eux-mêmes dominés par le pouvoir plus ou moins occulte, mais très puissant, des sociétés multinationales américaines.

En aucun cas, la participation de la France à la construction européenne ne doit la conduire à se dissoudre dans un ensemble où ses intérêts fondamentaux seraient méconnus, où elle ne pourrait que se détruire, et où finalement elle perdrait son âme.


Une exigence incontournable. Pour lutter efficacement contre un sous-emploi massif, pour arrêter la destruction de l’industrie et rétablir la croissance, il faut redonner à nouveau l’Union européenne sur la préférence communautaire, sur laquelle reposait le Marché commun jusqu’en 1974.

En fait, le principe d’une préférence communautaire a une validité universelle. Seul, en effet, l’établissement d’une préférence communautaire sur des bases libérales peut permettre à chaque organisation régionale de s’assurer une indispensable protection contre les perturbations extérieures et contre les effets pervers d’une mondialisation excessive des échanges.

Un objectif raisonnable serait que, par des mesures appropriées, et pour chaque produit ou groupe de produits, un pourcentage minimal de la consommation communautaire soit assuré par la production communautaire. La valeur moyenne de ce pourcentage pourrait être de l’ordre de 80%. C’est là, au regard de la situation actuelle, une disposition fondamentalement libérale qui permettrait un fonctionnement efficace de l’économie communautaire, à l’abri de tous les désordres extérieurs tout en assurant des liens étendus et avantageux avec tous les pays tiers.

Refuser le désastre. Les adversaires de la doctrine libre-échangiste mondialiste sont considérés aujourd’hui comme de pauvres ignorants, animés de misérables et dangereux préjugés nationalistes, voire xénophobes, et méconnaissant totalement leurs propres intérêts.

Mais la réalité est tout autre. Les ignorants, les sectaires aveugles et fanatiques ne sont pas ceux-là qui sont dénoncés chaque jour, mais ceux-là mêmes qui se présentent indûment comme des champions éclairés de la science et des intérêts de l’humanité tout entière.

La doctrine simpliste du libre-échangisme, et son application brutale, est une des plus funestes erreurs qui ont dominé les politiques des vingt-cinq dernières années. Jamais la constatation de Rabelais n’a eu plus de sens : “L’ignorance est mère de tous les maux”.

C’est cette ignorance qu’il nous faut dénoncer et qu’il faut combattre partout où elle s’affirme, dans toutes les universités, dans tous les pays, et dans toutes les organisations internationales.

Les faits sont éclatants. L’analyse économique les confirme et les explique. Les faits, tout comme la théorie, permettent d’affirmer que, si la politique de libre-échange mondialiste de l’Organisation de Bruxelles est poursuivie, elle ne pourra que nous mener au désastre.

La situation présente ne peut pas durer. Elle ne doit pas durer. Il est dérisoire de ne remédier qu’aux effets. C’est aux causes qu’il faut s’attaquer.

Et ce combat doit être poursuivi en fonction d’un seul principe, qui doit transcender tous les autres: l’économie doit être au service de l’homme et non l’homme au service de l’économie.

Ce dont il s’agit, c’est de faire voir les aveugles et de faire entendre les sourds. Pour redresser une situation que certains jugent irréversible, il n’est pas trop tard. Il n’est jamais trop tard.

Maurice Allais, Prix Nobel – Le Figaro 27/12/1999.

http://www.les-crises.fr/allais-l-eclatante-faillite/
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MessageSujet: Re: La mondialisation est-elle vraiment finie ?   Dim 27 Oct 2013, 19:14

Paru en 10/2013




Ce livre part d'un paradoxe : la mondialisation "dissout" les Etats. Or, la crise de cette même mondialisation rappelle leur nécessité. Les peuples réclament plus d'Etat contre les dérégulations venues d'ailleurs. Ce que l'on prenait pour l'agonie du vieil Etat-nation dissimulerait-elle, en vérité, sa renaissance ? "Les Etats reviennent au coeur du projet politique des peuples", écrit Michel Guénaire, parce que ceux-ci "aspirent à une défense de leurs intérêts et veulent retrouver leur identité dans la marche du monde".
Dans ce livre qui est une fresque historique et politique, l'auteur analyse les types culturels des grands ensembles étatiques qui renaissent. Avec ses vertus. Avec ses risques (retour du souverainisme, litanies anti-européennes, etc.).
Ce livre se propose surtout de "remettre à l'heure" les horloges de nos débats intellectuels, lesquels en sont encore à faire l'éloge de la mondialisation alors que cette question est d'ores et déjà dépassée.
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